Cherche et trouve privé - Ulysse Mage

Août 2042

Ce matin là, Liya devait se rendre au chemin de traverse pour faire ses achats de rentrée. Malheureusement étant donné que ses parents avaient du travail au zoo et n'aspiraient pas à l'accompagner elle devait se débrouiller toute seule. Sa mère lui donna une clé et un plan de Londres venant des grands-parents afin que la petite fille trouve son chemin. La clé lui avait permis de retirer des sous donc elle ne se trouvait pas démunie.

En lisant la liste scolaire, la petite demoiselle vit qu'il lui fallait un certain nombre de livres. Elle se dirigea donc vers la librairie Fleury et Bott avec un peu d'appréhension car elle n'aimait guère les bains de foule. Elle poussa une grosse porte en bois qui se mit à grincer et frémit à l'idée de mettre ses pieds dans ce magasin. Par chance il était assez tôt et la librairie paraissait plutôt déserte ce qui soulagea la petite sorcière. Elle commença à vagabonder dans les rayons en admirant les étagères couvertes de livres de toute taille et de toutes les couleurs. Elle en aperçut quelques uns dont elle aurait besoin pour ses études.

L'atmosphère apaisante de cette boutique plaisait à Liya et déambuler un peu à l'aveugle semblait la détendre. Elle tomba alors sur un livre qui lui parut très intéressant.
*Vie et habitat des animaux fantastiques, voilà un livre qu'il va falloir que je lise tout de suite* pensa-t-elle. C'est alors qu'elle entendit la porte du magasin grincer de nouveaux, ainsi que quelques voix s'élever. Un petit groupe venait d'entrer.

Prise de panique, elle attrapa le livre et courut rapidement dans les rayons les plus reculés de la librairie. Elle trouva un renfoncement assez grand pour qu'elle puisse s'y glisser, plia ses genoux et y posa le livre qu'elle commença à lire. Recroquevillée dans sa cachette, elle se sentit en sécurité car il faudrait vraiment le vouloir pour la dénicher.

Les rêves sont la littérature du sommeil

Cherche et trouve privé - Ulysse Mage
J'ai toujours détesté les livres, comme certains détestent les araignées, les épinards ou encore leurs grands-mère. Depuis tout petit, j'avais une peur bleue des bouquins. Même s'ils n'étaient faits que de papier, avec trois pauvres phrases écrites dessus, je pensais qu'ils allaient me sauter dessus, me mordre. Alors que j'étais bien plus dangereux qu'eux. C'est pour ça que ce matin, escorté de ma famille, j'étais raide comme un piquet en entrant dans la boutique maudite. Dès que je posais mon pied gauche à l'intérieur, je me crispai tandis que milles parfums écœurant pénétraient dans mes narines. L'odeur du parchemin, de l'encre et de la poussière me donnaient envie de vomir, et je grimaçais. Achille vit bien que je ne n'étais pas à mon aise ici, et, pour me taquiner comme il savait bien le faire, il prit un gros livre rouge et me l'agita sous le nez. Je reculais en laissant échapper un petit cri apeuré.
Achille éclata d'un grand rire et dit :

"Alors Monsieur le Gros Dur a peur d'un simple... livre ?"

Rougissant jusqu'aux oreilles, je répliquais pour me défendre :

"Pas du tout, tu m'as juste surpris !"

Mes parents rigolèrent. Je savais qu'ils se moquaient de moi et de ma peur bleue des ouvrages. Secouant les épaules, je me dégageais de mon père et partis dans un coin, sans un mot. Derrière moi, j'entendis ma mère chuchoter au reste de ma famille :

"Quel caractère cochon, celui-là... Bon, qui a la liste de fourniture de Ulysse ?"
"Moi, déclara mon père."

Je m'étais éloigné trop d'eux et je n'entendais plus leur conversation. Tant mieux, ça m'empêcherait d'entendre leur commentaires peu sympathiques sur ma terreur des livres. Je m'approchais d'un endroit où il n'y avaient presque pas de manuels ni de romans, rien qu'une étagère où trois pauvres livres d'histoire se battait en duel (ou en triel, vu qu'ils étaient trois). Mes yeux firent le tour de la boutique, tandis qu'intérieurement je bouillonnais de colère envers mon frère, et de peur. Mon regard s'arrêta sur une petite fille qui était cachée dans un renfoncement, cachée derrière un livre. Surement que personne ne l'avait vu avant moi, car elle était bien planquée, derrière cette grande étagère. Mais moi, j'étais un vrai détective et rien ne m'échappais, pas même une fillette à l'air apeurée qui tentait de se cacher. Tel Sherlock Holmes ayant trouver des indices, je m'avançais vers cette fille. Je me plantais devant elle, et dit de ma voix la plus gentille et la plus ouce que je pouvais faire :

"Tu te caches de quelqu'un ? De qui ?"

Un génie sommeille en moi. Malheureusement, il dort tout le temps !
"He was an angel craving chaos. He was a demon seeking peace."

Cherche et trouve privé - Ulysse Mage
Liya ne pouvait s'empêcher de sourire en lisant ce livre qui abordait le sujet de créatures magiques. Le monde des sorciers semblaient abriter des animaux comme le monde des moldus. Mais ces espèces semblaient encore plus mystérieuse que les loups, les tigres et les panthères des neiges du zoo de ses parents. Elle se disait qu'elle pourrait peut-être avoir la même relation avec des créatures magiques, que celle qu'elle avait instaurée avec les carnivores et qui reposait sur la confiance.

La fillette était tellement absorbée qu'elle ne se rendait pas vraiment compte de ce qui se passait dans la boutique. C'est pourquoi lorsqu'elle se fit abordée par un garçon alors qu'elle était terrée dans les profondeurs de la boutique, elle sursauta et essaya de se fondre dans le décor histoire de ne pas être ennuyée par cet inconnu qui lui adressait la parole.

Liya se recroquevilla encore plus et se cacha derrière l'imposant ouvrage qu'elle était entrain de lire. Elle resta muette et le plus indifférente possible face à ce garçon brun qui ne semblait pas vouloir retourner sur ses pas.
*Après tous si je ne répond pas il se lassera et s'en ira*.

La petite demoiselle s'exécuta mais elle ne pouvait s'empêcher d'être mal à l'aise face à l'immobilité de ce garçon qui n'allait sans doute pas lâcher l'affaire comme ça. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire. Comment détourner l'attention de son interlocuteur dans l'espoir d'esquiver la conversation et se faufiler rapidement dans un autre coin de la librairie. Elle analysa vite fait la situation. Le garçon malgré sa voix douce semblait quelque peu en colère et ne portait aucun livre dans ses mains. Il y avait du monde dans le hall d'entrée, aucune échappatoire possible.

"Je ne me cache pas, je lis" dit-elle d'un ton peu assuré qui signifiait bien que le malaise était ailleurs.

Les rêves sont la littérature du sommeil