Insomnie O.S solo

4 septembre 2042


- Aïe !

Je lâche un petit couinement et mets instinctivement mon index gauche à la bouche afin de soulager mon doigt endolori. Maudit pigeon ! C’est bien ma veine encore, choisir un hibou qui pince. Rageusement je tire la langue et lance un regard mauvais au volatile et secoue ma lettre rageusement de l'autre main. 1 - 0 pour toi mais, crois moi, on n’en reste pas là. Je ne suis pas du genre à abandonner et il en faudra plus pour envoyer Charlotte Lewis à l’infirmerie. Déterminée, je m'approche une seconde fois de l'oiseau de nuit les yeux plissés et en alerte, prête à esquiver son attaque. C'est cependant sans compter le retour d'un autre congénère à la volière, qui vient alors perturber mon élan de dompteuse et provoque ainsi un sursaut de ma part et une belle chute.

Génial.

Je soupire. Ce n'est clairement pas ma journée je crois. Si ce matin je m'étais réveillée toute guillerette et prête à conquérir le monde, ce soir ma motivation est descendue dans mes chaussettes. Voir en dessous. J'ai enchainé les gaffes toute la journée et je n'ai pas été capable de me faire des amis. Il y a le temps je sais, mais je ne supporte pas cette solitude, vraiment pas. Et voilà que même à la volière je trouve le moyen de faire les choses de travers. Boudeuse et vexée, je m'assoie à même le sol, ma lettre entre les mains au milieu de l'arène. Il s'agit peut-être d'un signe après tout ? En suis-je vraiment digne ? Le destin ne veut peut-être pas que j'envoi de hibou pour annoncer la bonne nouvelle à grand-mère, ancienne Serpentard elle serait si fière.

Mon améthyste tombe de ma poche et vient rouler sur le sol de pierre avant de s'arrêter. Je saisis la pierre couleur prune et son contact m'apaise, il suffit à chasser les nuages. Non. Il faut que j'arrête avec les excuses. Je me relève brusquement, décidée, chassant les idées tristes de ma tête, la fatigue me rend morose. Le choixpeau m'a fait devenir une Serpentard c'est que je le suis, et rien ni personne ne m'arrêtera, encore moins une volaille ! Il faut que je rende fière ma maison et si je ne suis pas capable d'envoyer une lettre, je ne vais pas aller bien loin.

L'enveloppe entre les mains, je la tapote nerveusement des doigts.

A nous deux M. Hibou !


Bonjour grand-mère,

tout d'abord, j'espère que tu vas bien et que tu ne t'ennuies déjà pas trop de moi. Ici tout va bien pour l'instant, le château est immense et je m'y perds régulièrement. Je pense me faire un plan d'ici demain. J'arrête de faire milles et un détours, ça y est la répartition a eut lieu et je peux t'annoncer que mes yeux verts vont parfaitement avec mon blason. Oui, la relève est assurée.

Je t'embrasse,

Charlotte.

PS : Ne t'en fais pas, je suis sage et je pense à me couvrir dans les cachots.
PPS : Je ne savais pas la pagaille pour envoyer un hibou, mes lettres seront rares je crois.

Moond restera mon vilain bougre.