Crépuscule
Tu venais de pénétrer à l’intérieur de la volière. Le soleil commençait à décliner, et la pièce était baignée dans la lumière du soir, douce et orangée. La température descendait lentement -sans doute car on était encore en hiver ; tu t’étais emmitouflée dans une grosse écharpe Gryffondor, avais enfilé des bottes en fourrure et n’avais pas oublié la magnifique cape blanche comme la neige que tes parents t’avaient offert à Noël. Tu étais venue poster une lettre à ton frère. Il te manquait terriblement, et tu aurais tout donné pour l’avoir à tes côtés. Seulement, tu ne pouvais que te contenter de lui écrire, ce que tu faisais régulièrement. En grattant le papier à l’aide de ta plume, tu t’imaginais ce visage réjoui, enfantin, celui d’un petit garçon de neuf ans aux cheveux bruns et aux yeux pétillants.
Tu venais souvent ici pour écrire. Etrangement, tu avais moins de mal à rédiger une lettre dans la froideur de la volière que dans ta salle commune. Tu y étais beaucoup plus tranquille. Surtout en fin d’après-midi. C’est pourquoi tu t’assis dans un coin de la pièce, produisant une fumée blanche à chaque nouvelle respiration.
@Edmund Long
Tu venais souvent ici pour écrire. Etrangement, tu avais moins de mal à rédiger une lettre dans la froideur de la volière que dans ta salle commune. Tu y étais beaucoup plus tranquille. Surtout en fin d’après-midi. C’est pourquoi tu t’assis dans un coin de la pièce, produisant une fumée blanche à chaque nouvelle respiration.
Tu jetas un coup d’œil aux hiboux qui voletaient en tout sens, cherchant l’inspiration. Ton regard se posa sur une magnifique chouette des neiges, majestueuse et distinguée. Elle ne bougeait pas, mais semblait te regarder droit dans les yeux. Tu lui souris. C’était à elle que tu confierais ta lettre quand tu aurais terminé de l’écrire.A mon super-héros préféré, Ethan.
Coucou, Eth ! C’est Ella ! Dis, dans quelques semaines… ça ne serait pas ton anniversaire ?Tu es déjà devenu un grand garçon ; 10 ans, c’est énorme ! Je te promets une petite surprise pour l’occasion…
@Edmund Long
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Crépuscule
@Ella Davis
Edmund marchait rapidement le long du chemin escarpé menant à la grande tour de pierre qu'était la volière. Le temps s'était un peu adouci durant les derniers jours — les hivers ne duraient plus aussi longtemps que quelques années plus tôt — mais ce jour-là, le froid avait décidé de revenir à l'assaut. L'assaut était assez médiocre, mais le soir venant ajoutait à la fraîcheur de l'air.
Le garçon grimpait la colline rocheuse à grandes enjambées soucieuses, une épaisse cape d'hiver sur les épaules et autour du cou une écharpe jaune et noire aux airs de boa constrictor. Il venait pour la première fois dans cette tour et les flux d'oiseaux assaillant la structure le rendaient mal à l'aise. Il avait l'habitude de côtoyer ces animaux, notamment au petit-déjeuner, mais dans le soleil couchant, la masse qui se réveillait lentement lui paraissait comme un grouillement de cloportes sombres. Peut-être la tension de visiter l'endroit pour la première fois était-elle aussi pour quelque chose dans ce sentiment. La plupart des humains ont peur de l'inconnu après tout.
L'enfant s'arrêta un instant devant le court escalier menant à la porte du bâtiment, observant le pullulement des hiboux et des chouettes qui se levaient, s'ébrouaient et s'envolaient pour se détendre les ailes après s'être reposé pendant le jour. La plupart partaient seulement faire quelques tours autour de la tour, bien que quelques membres de l'essaim tourbillonnant partissent en direction des plaines ou de la forêt proches dans l'optique de se nourrir.
Impressionné mais aussi quelque peu intimidé par le spectacle des insectes à plumes, Edmund ressortit son enveloppe de la poche intérieure de sa cape, sentant une langue froide lui mordiller le torse à l'ouverture de son vêtement, puis entreprit de l'ouvrir. À l'intérieur du contenant de papier clair se trouvait une lettre soigneusement pliée en deux sur laquelle étaient tracées quelques lignes d'encre sombre soigneuses. Le garçon avait fourni de nombreux efforts et beaucoup de temps à la réalisation de sa correspondance afin de s'assurer qu'elle fût propre, exempte de rature et de tache importune.
Pour se donner quelques secondes de plus avant de devoir fatalement entrer dans l'édifice écrasant et grouillant, il relit une fois de plus le contenu de la lettre à la recherche d'erreurs qu'il aurait manquées.
Mince !Bonjour papa,
C'est ton fils (étonnant n'est-ce pas !) Comment vas-tu ? La vie n'est pas trop compliquée à la maison ? Tu m'avais dit qu'il y avait des problèmes dans le monde normal donc j'espère que tu vas bien.
Moi... ça va. Les cours se passent toujours relativement bien. J'ai toujours autant de mal en Défense contre les Forces du Mal et en Métamorphose mais je sens que je progresse un peu en Sortilèges. Ma baguette ne me paraît plus tout à fait aussi effrayante qu'avant et j'arrive à lancer quelques sort par moments. Mrs. Perkins est vraiment un très bon professeur et elle a à cœur notre réussite, ce qui rend la matière plus abordable que les deux autres — mais ça je te l'avais déjà dit. Je m'en sors toujours aussi mal en balais — je t'assure que JAMAIS je n'utiliserai ce moyen de transport, ils peuvent se brosser avec leurs Brossdur chépakombien ! — mais j'ai l'impression que le professeur a fini par l'admettre et il se montre plus conciliant avec moi. Pour la Botanique, l'Astronomie, les Potions et l'Histoire de la Magie, je m'en sors toujours aussi bien ! À part un Effort exceptionnel que j'ai eu en Botanique parce que je me suis trompé de plante à étudier — il fallait faire une recherche rapide sur la mandragore et, tu sais à quel point je peux mal comprendre ce qu'on me dit parfois, j'en ai fait une sur la menthe dragon — je n'ai eu que des Optimal !
Je dis ça pour que tu le saches mais ne t'inquiète pas, c'était ponctuel et depuis tout va pour le mieux, mais il y a deux semaines j'ai refait une crise de panique. Je faisais un devoir en binôme en Histoire de la Magie avec une autre élève et il y a eu tout un concours de circonstances — avec notamment le fait qu'elle était franchement de mauvais poil — qui a causé ma crise, mais comme je l'ai dit avant, c'était très ponctuel. Pas de quoi s'inquiéter. Et on a malgré tout quand même eu un Optimal pour notre devoir — je dois admettre qu'elle est soigneuse dans son travail.
Si tu veux me répondre quelque chose je pense que tu peux utiliser ce hibou pour me transmettre une lettre — sauf s'il est parti après l'avoir déposée ?
Je te fais plein de câlins !
Edmund
Le garçon rapprocha les yeux de l'objet, bien que cela ne fût nullement nécessaire pour observer les écrits. Il regardait un texte, pas une puce. Il n'en plaça pas moins le papier à quelques centimètres de son visage avant de se rendre compte qu'il voyait plus flou ainsi qu'auparavant, recula un peu la lettre et eut confirmation qu'il avait effectivement oublié un s, huit lignes après le début. Il n'avait malheureusement pas pensé à prendre de quoi écrire avec lui, il lui faudrait donc retourner dans son dortoir pour se saisir d'une plume et d'encre.
Bien évidemment, la lassitude l'emporta sur le perfectionnisme et il songea que cela donnerait à son père de quoi noircir quelques lignes dans sa réponse. Il pouvait se montrer très exigent quand il en venait à la correction de la langue.
L'enfant rangea le papier dans l'enveloppe au dos de laquelle on pouvait lire non pas une adresse pour la missive mais Loughborough, Queen's Park, creux du sapin à côté du lac : ils avaient convenu avec son père de ce lieu pour envoyer et recevoir les lettres pour éviter qu'un courrier intercepté ne pût les mettre en danger. Il leva son regard vers la structure de pierre aussi agitée qu'impressionnante. Il n'avait plus d'excuse pour ne pas entrer. Il aurait volontiers demandé à quelqu'un d'autre d'envoyer la lettre pour lui mais cela l'aurait forcé à admettre qu'il ne savait pas comment faire et qu'il avait peur. C'est nul d'avoir peur. Il gravit les marches dures menant à l'entrée de la tour et ouvrit résolument la porte de bois menant à l'intérieur.
Comme on pouvait se le figurer depuis l'extérieur, la volière était immense. Pas de la même façon que la grande salle — elle était à des lieues d'être aussi large ou longue — mais tout en hauteur. En levant les yeux, Edmund voyait un escalier en colimaçon monter, monter et monter aussi haut que son regard pouvait se porter. Et sur les murs, des trous étaient répartis régulièrement, chacun habité par une chouette ou un hibou — ou plutôt c'était ce qu'Edmund supposait, une grande quantité d'entre eux étant parti chasser ou se dégourdir les ailes comme il avait pu le dénoter plus tôt.
Après s'être ainsi oublié, le garçon se souvint de ce qu'il était venu faire et redescendit au niveau du sol, chose plus pratique quand il s'agissait de marcher sans se cogner. En regardant les alentours plus à sa hauteur, il put voir, assise dans un coin de la pièce, une fille qui écrivait. Elle lui tournait le dos, aussi ne sut-il pas s'il la connaissait ou non, mais le rouge et or de son écharpe laissaient penser qu'il était peu probable qu'il se fussent déjà rencontré — Edmund parlait peu et a fortiori peu aux élèves des autres Maisons. Il entreprit donc de laisser la gryffonne rédiger sa lettre dans le froid de la volière et se mit à la recherche d'un oiseau auquel il pourrait confier son message.
Bon, d'accord, j'ai peut-être menti la dernière fois. Peut-être que j'ai effectivement tendance à trop écrire
Dernière modification par Edmund Long le 3 mars 2021, 21:36, modifié 4 fois.
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Poufsouffle Vult !
Crépuscule
Tu inspiras longuement, et te concentras sur ton parchemin. Ethan allait être tellement content ! Enfin, tu l’espérais. Tu avais passé toute l’année à mettre de côté encore et encore la même carte Chocogrenouille, la seule qu’il collectionnait car il n’avait pas encore de collection à proprement parler. Cette seule et unique carte, il en possédait une quinzaine, et tu aimais voir son visage s’illuminer quand tu revenais du magasin, après l’école, avec un nouvel exemplaire.
Cela te mettait du baume au cœur ; savoir qu’il était heureux et que dans sa vie, tout allait bien. Tu n’avais malheureusement pas eu cette chance, et tu voulais qu’il vive la vie la plus merveilleuse et magique possible. Tu faisais tout pour ne pas avoir de répercussions négatives sur lui. Tu désirais plus que tout au monde qu’il soit épanoui et confiant ; cela t’était égal de ne pas l’être, tu te serais sacrifiée mille fois pour lui.
Des bruits de pas te tirèrent en dehors de tes pensées. Tu n’étais plus seule dans la volière. Les pas s’arrêtèrent non loin de toi, et tu restas silencieuse, en espérant que la personne ne t’ait pas remarquée. De toute façon, cette même personne allait poster sa lettre et repartir ; tu n’avais pas de soucis à te faire. De toute façon, tu étais de dos. Alors tu continuas à réfléchir, les yeux dans le vague. Les pas se déplacèrent plus loin, et tu pus te tordre le cou vers eux sans que la personne ne te voie.
Enveloppé dans une cape d’hiver, la personne -le garçon, à priori- te tournait le dos. Il arborait fièrement une écharpe laissant deviner qu’il était à Poufsouffle, et à la taille, il devait avoir ton âge. Malgré ses cheveux bruns et décoiffés, tu n’arrivas pas à le reconnaître. Malheureusement pour toi, cela devait faire un bon bout de temps que tu le fixais, car il se retourna vivement.
Tes yeux s’agrandirent de stupeur. Yeux bleus, nez pointu, taille extrêmement petite.
Ça ne pouvait qu’être Edmund Long.
@Edmund Long
Cela te mettait du baume au cœur ; savoir qu’il était heureux et que dans sa vie, tout allait bien. Tu n’avais malheureusement pas eu cette chance, et tu voulais qu’il vive la vie la plus merveilleuse et magique possible. Tu faisais tout pour ne pas avoir de répercussions négatives sur lui. Tu désirais plus que tout au monde qu’il soit épanoui et confiant ; cela t’était égal de ne pas l’être, tu te serais sacrifiée mille fois pour lui.
Des bruits de pas te tirèrent en dehors de tes pensées. Tu n’étais plus seule dans la volière. Les pas s’arrêtèrent non loin de toi, et tu restas silencieuse, en espérant que la personne ne t’ait pas remarquée. De toute façon, cette même personne allait poster sa lettre et repartir ; tu n’avais pas de soucis à te faire. De toute façon, tu étais de dos. Alors tu continuas à réfléchir, les yeux dans le vague. Les pas se déplacèrent plus loin, et tu pus te tordre le cou vers eux sans que la personne ne te voie.
Enveloppé dans une cape d’hiver, la personne -le garçon, à priori- te tournait le dos. Il arborait fièrement une écharpe laissant deviner qu’il était à Poufsouffle, et à la taille, il devait avoir ton âge. Malgré ses cheveux bruns et décoiffés, tu n’arrivas pas à le reconnaître. Malheureusement pour toi, cela devait faire un bon bout de temps que tu le fixais, car il se retourna vivement.
Tes yeux s’agrandirent de stupeur. Yeux bleus, nez pointu, taille extrêmement petite.
Ça ne pouvait qu’être Edmund Long.
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@Ella Davis
Le nombre absurdement élevé de chouettes et de hiboux vivant dans la volière laissait au garçon l'embarras du choix concernant le messager à choisir. Cependant, loin de l'aider, cet océan animal de possibilités le laissait complètement indécis. Celui-ci était trop petit. Celui-ci trop grand. Celui-là trop loin. Cet autre encore trop clair. Il les regardait un à un et les éliminait tous les uns après les autres selon des critères de plus en plus ridicules. Il voulait trouver le bon hibou. Mais quelles qualités faisaient un bon hibou voyageur ? Il n'en avait aucune idée. Un peu comme un conducteur ayant tout juste reçu son permis de conduire tourne dans le parking vide en ne sachant pas où se garer, Edmund tournait sur lui-même dans le bâtiment en ne sachant pas où regarder.
Qu'est-ce qui pouvait donc faire un bon hibou voyageur ?
Le garçon sourit à cette expression. Voilà un jeu de mots que les sorciers — il était aussi un sorcier — que les nés-sorcier ne comprendraient pas. Cela ne l'en rendait que plus amusant. Rien n'est aussi rafraîchissant qu'une subtile allusion que l'on est le seul à comprendre. Sauf peut-être une subtile allusion répliquée par quelqu'un qui a compris la nôtre et répond donc dans le même ton.
Mais cela n'arrangeait pas son problème de chouette. Résistant à l'envie de faire une blague manquant clairement de recherche avec la dénomination de cette espèce aviaire, le Poufsouffle s'en retourna à sa scrutation aussi ennuyeuse qu'infructueuse des oiseaux de la volière. Puisqu'il n'avait aucune idée de ce qui faisait d'une chouette un bon messager, il n'avait plus qu'à en prendre une au hasard et lui donner sa lettre. Voilà une solution qui lui paraissait bonne. S'en remettre à la chance.
L'enfant ferma les yeux, tourna deux fois sur lui-même, s'arrêta brusquement et fixa son regard sur la première chouette qu'il voyait. Il s'agissait d'une petite chevêche d'Athéna au visage rond et au bec étonnamment peu recourbé. Ses ailes étaient petites et marron clair, ses yeux deux sphères jaunes curieuses. Bon, celle-ci était manifestement trop petite pour effectuer un trajet aussi long que Poudlard-Loughborough. Il doutait même qu'elle pût porter l'enveloppe tant la bête était petite. Il choisirait celle juste à la gauche de cette dernière.
Edmund tourna son regard vers la gauche et vit une grande effraie gris clair aux serres acérées et au regard mauvais. Ses pupilles noires étaient étrécies, comme celles d'un chat surprenant une proie et qui s'apprêtait à bondir toutes griffes dehors pour la déchiqueter de ses crocs aiguisés. L'oiseau ouvrit alors le bec et bougea sur ses pattes, ouvrant et refermant ses serres, comme pour insister sur la dangerosité de ses armes naturelles. L'animal d'encore plus à gauche serait certainement moins enclin à déchiqueter le pauvre garçon...
C'est trois rapaces plus loin que le blaireau admit enfin que s'en remettre au hasard ne fonctionnait qu'à condition de s'en remettre à lui. Cela semble assez intuitif n'est-il pas ? Il s'apprêtait ainsi à tourner de nouveau sur lui-même, résolu à ne plus questionner le choix de la chance, avant de se poser une toute petite question. La chouette choisie, comment ferait-il pour envoyer son courrier ? Il se doutait qu'il faudrait accrocher l'enveloppe à l'aide d'une petite cordelette à la patte de l'animal, il avait vu que c'était ainsi que les lettres étaient fixées aux rapaces délivrant le courrier tous les matins au petit-déjeuner. Mais une fois la ficelle enroulée, comment indiquerait-il à l'oiseau où se rendre et à qui délivrer la missive ? Savait-il seulement se repérer dans le monde des non-maj ? Heureusement Edmund n'avait indiqué aucun nom dans sa lettre, mais imaginez que le messager se trompât de foyer et qu'une correspondance provenant de toute évidence d'un sorcier fût trouvée et lue par des non-maj par les temps qui couraient ? Cela pourrait causer nombre de problèmes ! À commencer par une potentielle molestation de la pauvre chouette assez malheureuse pour avoir délivré un courrier à la mauvaise adresse. Quand on voyait ce que certains non-maj avaient fait à des sorciers, à d'autres humains, qui savait ce qu'ils pourraient faire à un oiseau ?
Le garçon était stupéfait de la naïveté avec laquelle il était venu dans la volière, sans rien savoir de son fonctionnement. Quelle stupidité ! Quelles catastrophes il aurait pu causer s'il ne s'était pas arrêté à l'instant pour se poser ces questions ! Il fallait impérativement qu'il demandât à quelqu'un qui savait se débrouiller avec tout ce système postier pour ne pas commettre d'impair.
Edmund repensa à la gryffonne qui écrivait quelques minutes plus tôt dans le coin de la pièce. Il lui semblait qu'elle n'était pas encore partie. Il pourrait lui demander de l'aide. Il se retourna vers l'endroit où il se souvenait l'avoir vue et fut surpris de l'apercevoir le dévisageant de façon appuyée. Qu'avait-elle donc à le fixer ainsi ? C'est en la regardant en retour qu'il comprit : grande — pour lui — des cheveux bruns cascadant jusqu'au milieu de son dos, de grands yeux marrons pétillant de lumière malgré l'obscurité ambiante, une peau claire sans être maladive.
Ella Davis.
Il avait oublié ce nom auparavant, mais à cet instant il lui était revenu en mémoire à la vitesse d'une balle de fusil. Ou plutôt d'un 500 S&W Magnum. Suite à leur première rencontre il était impossible qu'il ne se souvînt de ce nom. Lui qui d'habitude avait du mal à se rappeler des appellations des personnes qu'il rencontrait, celle-ci était gravée au fer rouge et or dans sa mémoire.
La question que le garçon voulait poser à la fille avait été oblitérée par la réalisation de qui elle était. Il resta donc là, immobile, la bouche physiquement fermée mais mentalement grande ouverte, les yeux écarquillés et les sourcils relevés dans une moue de parfaite stupeur. Aussi statique que celle qui lui faisait face, il aurait pu se faire la réflexion que le temps semblait s'être figé si son cerveau n'avait pas été gelé. Mais, me direz-vous, si son cerveau avait été en état de fonctionner, il se serait rendu compte que seuls eux deux étaient immobiles, alors que dans la volière dansaient encore les ballerines de plume sous les frondaisons de pierre.
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Crépuscule
Il n’avait pas changé depuis votre dernière « rencontre ». Mais, contrairement à la dernière fois, tu ne ressentais plus cette pointe d’agacement en l’apercevant. C’était peut-être car ta culpabilité avait pris le dessus. Ou tout simplement parce qu’il n’avait pas encore ouvert la bouche, et se contentait de te fixer, les yeux grands ouverts et les sourcils relevés ; tu ne comprenais toujours pas. Certes, vous ne vous étiez pas très bien entendus. Pour ne pas dire pas du tout, et tu avais conscience de ne pas t’être comportée de façon très aimable -lui non plus.
Mais tu arrivais parfaitement à décrypter les émotions de tes camarades en analysant leur visage, leur façon de se tenir… Et tu aurais parié qu’Edmund n’était pas ravi de te voir. Pour ne pas dire paralysé à l’idée que tu te tiennes dans la même pièce que lui. Tu avais l’impression que cela faisait une éternité que vous restiez ainsi, sans bougez, pourtant tu ne savais pas quoi dire. Tes cheveux, qui avaient beaucoup poussé depuis le début de l’année, volaient au vent qui traversait la volière, et le coucher de soleil teintait vos visages d’une lumière rougeâtre.
Dis quelque chose. N’importe quoi.
- Salut, tu finis par articuler.
Salut ? Qu’est-ce que tu pouvais trouver de pire qu’un « salut » ?! Ne sachant pas quoi faire d’autre, le visage rouge de honte, tu rabattis ta capuche d’un blanc immaculé sur ta tête et te mis à écrire le plus rapidement possible -pour avoir l’air occupée. Puis, tu pris conscience de quelque chose ; même si tu te retrouvais en compagnie de quelqu’un qui te mettait mal à l’aise -tu avais un tout petit peu honte d’avoir éclaté en sanglots suite à ce qu’il ait quitté la table en courant- tu te devais de l’affronter. Comme une vraie Gryffonne. Tu relevas la tête, et, les yeux flamboyant dans la pénombre, enleva ta capuche.
- Si tu ne sais pas quel hibou choisir, je te conseille celui-ci, murmuras-tu en pointant du doigt un hibou grand-duc aux plumes marrons qui t’avais servi à poster des lettres à ton frère à plusieurs reprises, il est très rapide et super gentil.
Voilà. C’était dit. Espérant qu’il n’interprète pas tes paroles comme un piège, tu te plongeas dans la contemplation de ta plume.
@Edmund Long
Mais tu arrivais parfaitement à décrypter les émotions de tes camarades en analysant leur visage, leur façon de se tenir… Et tu aurais parié qu’Edmund n’était pas ravi de te voir. Pour ne pas dire paralysé à l’idée que tu te tiennes dans la même pièce que lui. Tu avais l’impression que cela faisait une éternité que vous restiez ainsi, sans bougez, pourtant tu ne savais pas quoi dire. Tes cheveux, qui avaient beaucoup poussé depuis le début de l’année, volaient au vent qui traversait la volière, et le coucher de soleil teintait vos visages d’une lumière rougeâtre.
Dis quelque chose. N’importe quoi.
- Salut, tu finis par articuler.
Salut ? Qu’est-ce que tu pouvais trouver de pire qu’un « salut » ?! Ne sachant pas quoi faire d’autre, le visage rouge de honte, tu rabattis ta capuche d’un blanc immaculé sur ta tête et te mis à écrire le plus rapidement possible -pour avoir l’air occupée. Puis, tu pris conscience de quelque chose ; même si tu te retrouvais en compagnie de quelqu’un qui te mettait mal à l’aise -tu avais un tout petit peu honte d’avoir éclaté en sanglots suite à ce qu’il ait quitté la table en courant- tu te devais de l’affronter. Comme une vraie Gryffonne. Tu relevas la tête, et, les yeux flamboyant dans la pénombre, enleva ta capuche.
- Si tu ne sais pas quel hibou choisir, je te conseille celui-ci, murmuras-tu en pointant du doigt un hibou grand-duc aux plumes marrons qui t’avais servi à poster des lettres à ton frère à plusieurs reprises, il est très rapide et super gentil.
Voilà. C’était dit. Espérant qu’il n’interprète pas tes paroles comme un piège, tu te plongeas dans la contemplation de ta plume.
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@Ella Davis
Comme toujours, ce fut un son qui brisa la fixité de la scène. Deux syllabes, prononcées plus doucement que le chuchotement du vent dans les branches d'un arbre. Et pourtant ce furent elles et non la violence du ballet aviaire qui réveillèrent son esprit.
« Salut. »
Edmund cligna plusieurs fois des yeux puis les frotta avec le revers de ses mains. Quand il regarda de nouveau devant lui, Ella était de nouveau en train d'écrire, ses doigts décrivant des courbes rapides et serrées en serrant la plume qu'ils tenaient. Le garçon était abasourdi par le salut simple et désinvolte de la fille. Elle le saluait comme une vieille connaissance le ferait, sans aucune animosité, aucune rancune ni aucune forme de rancœur. Simplement. Calmement. Salut.
Le sang-mélé aurait beaucoup aimé pouvoir afficher un calme aussi courtois, une telle facilité dans le contact. La plupart du temps, il parvenait à agir plutôt normalement avec les autres en s'enfermant dans ses pensées. Observer le moins possible, informer le moins possible. Réfléchir afin de communiquer de la façon la plus efficace possible pour minimiser les temps d'échanges de paroles. Plus il restait seul avec lui-même, plus les risques de panique étaient faibles. Bien sûr il avait rencontré quelques personnes avec lesquelles il s'était senti plus à l'aise, avec lesquelles il avait pu laisser ressortir ses émotions et avoir des échanges moins professionnels et plus personnels. Ella avait été une de ces personnes. Pas dans le bon sens malheureusement. Et à cause de cela, les émotions qui l'assaillaient à sa vue — honte et culpabilité d'être parti en courant, la laissant seule pour achever le devoir, énervement qu'elle souhaitât modifier ses habitudes de travail bien huilées, tristesse de l'avoir déçue en oubliant son nom — étaient difficiles à réprimer.
La brune releva soudainement la tête vers lui et fixa ses iris dans les siens, des gestes brusques en contradiction avec le petit filet de voix qui sortit de sa bouche :
« Si tu ne sais pas quel hibou choisir, je te conseille celui-ci, il est très rapide et super gentil. »
Elle avait prononcé cette phrase en désignant un hibou grand duc plus loin dans la volière dont la case était à peu près à la hauteur de la bouche d'Edmund. Le garçon ne s'attarda pas longtemps sur l'oiseau et retourna son regard vers la gryffonne pour découvrir qu'elle était retournée à la conception de sa lettre. Ne souhaitant pas la déranger dans sa tâche, il entreprit alors de marcher vers le rapace qu'elle lui avait désigné. Arrivé au niveau de l'oiseau, il se retourna de trois quarts et, non sans mal, articula un merci avant de détailler le hibou. Il était très grand — Edmund ne s'y connaissait pas beaucoup en hiboux mais il se disait qu'il devait appartenir à une des plus grandes espèces de la famille de rapaces — et avec un regard doux. Il agitait les ailes avec une certaine vigueur et, à défaut d'être gracieux, il présenta une grande force dans ses mouvements. Il serait parfait pour le long trajet que représentait un aller-retour de Poudlard à Loughborough.
Cependant, cela ne réglait pas le problème majeur d'Edmund. L'adresse. Comment indiquer l'adresse de livraison au hibou ? Il ne lisait probablement pas — ou en tout cas c'était ce qu'il espérait sans quoi il se tromperait d'adresse vu que celle de l'enveloppe était factice — ainsi il ne savait pas comment lui indiquer où amener sa lettre. L'enfant resta donc devant le grand hibou qui l'observait de ses yeux calmes et qui se demandait certainement pour quelle lubie l'humain devant lui restait ainsi immobile. Il allait falloir que le Poufsouffle demandât à Ella comment faire.
Et il y a aucun problème à ça n'est-ce pas ? Elle t'a conseillé le hibou donc c'est qu'elle doit plus t'en vouloir non ? Ou plus trop. À moins qu'elle ait fait ça pour que je décampe plus vite... Dans tous les cas si je peux pas indiquer l'adresse au grand duc alors j'en ai pour un moment avant de quitter la volière, donc même si elle veut juste me voir déguerpir elle y gagnera à répondre à ma question. Voilà, c'est une situation gagnante pour elle dans tous les cas. Donc elle a aucune raison de me reprocher de lui poser une toute petite question !
Étant — presque — réussi à se convaincre que l'échange qu'il allait devoir amorcer avec Ella ne pourrait que se finir positivement, il fit un demi-tour et marcha à petites enjambées mesurées vers la Gryffondor — il ne voulait pas paraître agressif en lui courant dessus. Avant de prendre la parole, il entreprit de regarder ce que faisait la sorcière pour éviter de l'interrompre en plein milieu d'une phrase ou d'une idée. Les idées parties se perdent parfois quand on les laisse seules trop longtemps, et il savait combien cela peut être agaçant.
Ella n'était plus en train d'écrire mais son visage était toujours tourné vers la lettre posée sur ses genoux. Cela voulait certainement dire qu'il pouvait lui parler non ? Dans le doute, il le fit tout de même.
« Euh... Ella ? Merci encore pour le conseil. Avec le grand duc. Je suis un peu perdu avec autant d'oiseaux, j'ai pas l'habitude. La poste c'est plus simple. Tu mets la lettre dans une boîte et puis le facteur s'en occupe lui-même. Enfin bref. Ce que je voulais dire c'est que euh... je sais pas trop comment poster la lettre ? Dans le sens où je sais pas comment indiquer au hibou où il doit aller et à qui il doit donner l'enveloppe. Si ça te dérange pas tu voudrais bien me dire comment faire ? Je sais que tu es occupée là donc si tu préfères finir ce que tu fais avant de m'aider c'est bon, je... j'attendrai un peu plus loin. Et si tu veux pas du tout je demanderai à quelqu'un d'autre demain. »
Il avait dit tout cela avec les yeux sur l'épaule droite de la sorcière dans un geste de gêne assez commun et en tortillant les doigts sur sa pauvre enveloppe qui commençait à se gondoler sous la pression continue. Ses iris n'osant remonter vers le visage de la Gryffondor par peur d'être une fois de plus submergé par les émotions, il ne savait même pas si elle s'était retournée vers lui ou si elle fixait toujours sa plume.
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Crépuscule
Tu ne t’attardas pas sur le remerciement d’Edmund ; tu étais déjà repartie à la conception de ta lettre.
Te rendant compte que tu t’étais perdue dans tes pensées, tu jetas un coup d’œil à Edmund pour t’assurer qu’il n’en avait pas profité pour se sauver en courant. Monstre. A ta grande surprise, il n’avait pas bougé d’un poil, bien qu’étant vraisemblablement en plein conflit intérieur. Tu avais remarqué que cela lui arrivait souvent, même si tu n’arrivais toujours pas à le cerner complètement.
Tu avais pourtant cette étrange capacité à ressentir les émotions des autres à travers leur regard, expression, posture. Mais Edmund était comme un casse-tête impossible à résoudre. A chaque fois que tu pensais avoir trouvé la bonne combinaison, il te démontrait que tu te trompais complètement. Il était là sans être vraiment présent. Comme absorbé dans ses pensées.
Celui-ci, comme s’il t’avait entendu, se retourna vers toi d’un air hésitant. Crache-le morceau ! tu pensas.
- Euh... Ella ? Merci encore pour le conseil. Avec le grand duc. Je suis un peu perdu avec autant d'oiseaux, j'ai pas l'habitude. La poste c'est plus simple. Tu mets la lettre dans une boîte et puis le facteur s'en occupe lui-même. Enfin bref. Ce que je voulais dire c'est que euh... je sais pas trop comment poster la lettre ? Dans le sens où je sais pas comment indiquer au hibou où il doit aller et à qui il doit donner l'enveloppe. Si ça te dérange pas tu voudrais bien me dire comment faire ? Je sais que tu es occupée là donc si tu préfères finir ce que tu fais avant de m'aider c'est bon, je... j'attendrai un peu plus loin. Et si tu veux pas du tout je demanderai à quelqu'un d'autre demain.
Le Poufsouffle avait dit tout cela d’une traite, ce qui t’arrachas un sourire amusé -non pas que tu te moques de lui, au contraire, il était tellement mal à l’aise qu’il fixait un point à côté de toi tout en torturant son enveloppe. Il fallait que tu y remédies. Vous n’étiez pas partis du bon pied, et tu ne tenais pas à te faire des ennemis à Poudlard. Peut-être, un jour, tu aurais le courage de lui présenter tes excuses. S’il en faisait de même, tss ! Tu t'étais sentie affreusement mal après qu'il ait fui de la bibliothèque.
- C’est simple, tu n’as qu’à écrire le destinataire sur l’enveloppe. Comme si tu allais la poster à la poste, commenças-tu d’une voix qui se voulait assurée, il trouvera tout seul.
@Edmund Long
Ton frère allait te trouver un peu excessive, mais cela t’importait peu. Tu voulais t’assurer qu’il était entouré de gens qui l’aimaient et qui tenaient à lui. Tu n’as pas eu cette chance… En écrivant, tu t’imaginais Ethan, assis sur la moquette de sa chambre, les yeux pétillants. Quand vous étiez petits, vous adoriez observer les astres de sa fenêtre. Tu aurais tant voulu utiliser un portoloin pour pouvoir le rejoindre.Tu t’amuses bien à l’école ? Est-ce que tous tes amis vont bien ? Joues-tu toujours à Pokémon avec Damian ? Rentres-tu toujours de l’école avec Gabriel ? Vas-tu toujours goûter chez Mary ? Martin est-il rentré de France ? Julie t’a-t-elle montré le géant camion-citerne de son père dont elle t’avait parlé ? Et ton ami scandinave (dont je ne me souviens toujours pas le nom), lui as-tu rendu le bonnet qu’il avait oublié chez nous ?
Te rendant compte que tu t’étais perdue dans tes pensées, tu jetas un coup d’œil à Edmund pour t’assurer qu’il n’en avait pas profité pour se sauver en courant. Monstre. A ta grande surprise, il n’avait pas bougé d’un poil, bien qu’étant vraisemblablement en plein conflit intérieur. Tu avais remarqué que cela lui arrivait souvent, même si tu n’arrivais toujours pas à le cerner complètement.
Tu avais pourtant cette étrange capacité à ressentir les émotions des autres à travers leur regard, expression, posture. Mais Edmund était comme un casse-tête impossible à résoudre. A chaque fois que tu pensais avoir trouvé la bonne combinaison, il te démontrait que tu te trompais complètement. Il était là sans être vraiment présent. Comme absorbé dans ses pensées.
Celui-ci, comme s’il t’avait entendu, se retourna vers toi d’un air hésitant. Crache-le morceau ! tu pensas.
- Euh... Ella ? Merci encore pour le conseil. Avec le grand duc. Je suis un peu perdu avec autant d'oiseaux, j'ai pas l'habitude. La poste c'est plus simple. Tu mets la lettre dans une boîte et puis le facteur s'en occupe lui-même. Enfin bref. Ce que je voulais dire c'est que euh... je sais pas trop comment poster la lettre ? Dans le sens où je sais pas comment indiquer au hibou où il doit aller et à qui il doit donner l'enveloppe. Si ça te dérange pas tu voudrais bien me dire comment faire ? Je sais que tu es occupée là donc si tu préfères finir ce que tu fais avant de m'aider c'est bon, je... j'attendrai un peu plus loin. Et si tu veux pas du tout je demanderai à quelqu'un d'autre demain.
Le Poufsouffle avait dit tout cela d’une traite, ce qui t’arrachas un sourire amusé -non pas que tu te moques de lui, au contraire, il était tellement mal à l’aise qu’il fixait un point à côté de toi tout en torturant son enveloppe. Il fallait que tu y remédies. Vous n’étiez pas partis du bon pied, et tu ne tenais pas à te faire des ennemis à Poudlard. Peut-être, un jour, tu aurais le courage de lui présenter tes excuses. S’il en faisait de même, tss ! Tu t'étais sentie affreusement mal après qu'il ait fui de la bibliothèque.
- C’est simple, tu n’as qu’à écrire le destinataire sur l’enveloppe. Comme si tu allais la poster à la poste, commenças-tu d’une voix qui se voulait assurée, il trouvera tout seul.
@Edmund Long
| Avatar réalisé par ~ en commun avec ~ l'incroyable Eugène Harlow. "Laissez passer les queen !" |
Crépuscule
« C’est simple, tu n’as qu’à écrire le destinataire sur l’enveloppe. Comme si tu allais la poster à la poste, il trouvera tout seul. »
Edmund releva les yeux et vit que la Gryffondor la regardait. Ses iris étaient clairs malgré l'obscurité grandissante de la soirée et, tout comme sa voix, affichaient une sincérité simple et dénuée de mauvais sentiment. Le jeune garçon était surpris qu'elle semblât aussi amicale mais n'en fut pas ennuyé le moins du monde : s'il pouvait éviter le conflit alors il en était comblé. Il demeurait néanmoins méfiant de cette apparente neutralité. La fille lui semblait calme, voire même sympathique, mais il savait qu'il pouvait être un très mauvais juge de caractère. Il était tout à fait possible que la gryffonne désirât simplement qu'il s'en allât pour être seule et qu'il prît pour de la gentillesse ce qui était en fait de la politesse. Les gens sont si complexes, si difficiles à comprendre.
Le sorcier en herbes afficha un sourire maladroit, hocha roidement la tête dans un geste de remerciement aux connotations asiatiques aussi incongru que burlesque et articula poliment un Merci beaucoup. Il fit un demi-tour et s'approcha du grand duc qui était toujours nonchalamment posé au même endroit. Alors que l'enfant se plaça devant le hibou et tendit une main hésitante vers lui, ce dernier resta calmement immobile, comme devinant les craintes que l'humain nourrissait à son égard. Le garçon ne doutait pas une seconde que l'animal fût plus à même de comprendre Ella qu'il ne l'était lui, bien qu'il n'eût pas l'avantage de partager la même langue que la sorcière. Lui aurait certainement su quelles étaient les vraies intentions de la jeune fille. Edmund caressa légèrement le plumage de l'oiseau qui n'entama aucun geste à son égard puis posa son enveloppe sur un rebord en pierre pour sortir une petite ficelle et une punaise de sa cape d'hiver. Pendant qu'il perçait un trou dans l'enveloppe et qu'il y glissait la ficelle il se mit à parler au hibou, dans un murmure presque inaudible.
« Ella a raison, tu es très gentil. Et t'as l'air de bien comprendre les humains. En tout cas t'as tout de suite compris que j'étais mal à l'aise et t'as su me détendre. À se demander lequel de nous deux est l'humain et lequel est l'animal. »
Edmund releva légèrement les yeux vers le grand duc qui le toisait maintenant d'un air renfrogné.
« Oui t'as raison pardon. L'intelligence n'est pas réservée aux humains. Et les humains aussi sont des animaux d'ailleurs, se reprit-il en commençant à enrouler le fil autour de sa patte. Désolé. »
À l'écoute de cette phrase, le hibou se mit à gratter nonchalamment son aile droite. Le garçon supposa que cela signifiait qu'il était pardonné pour ses propos et tâcha de nouer la ficelle à présent correctement enroulée. Une fois le courrier fermement attaché, il regarda le hibou droit dans les yeux et lui demanda toujours aussi bas :
« Avant de partir délivrer cette lettre à mon père, il y a quelque chose que je voudrais te demander. Je peux ? »
L'oiseau soutint son regard sans bouger, comme attendant la suite.
« Merci beaucoup, continua le Poufsouffle. Tu vois la fille, derrière moi ? Elle s'appelle Ella. Il y a deux semaines, on a travaillé ensemble mais ça s'est très mal passé, et j'étais plutôt convaincu qu'elle m'aimait pas. Et aujourd'hui elle m'a donné quelques conseils pour m'en sortir avec les hiboux. Normalement j'aurais pensé que c'était par pure politesse mais après notre séance de travail à la bibliothèque ça me semble pas trop compatible avec elle. Mais j'arrive pas à croire non plus qu'elle ait pu faire ça par bonté de cœur : ce serait bizarre si elle m'apprécie pas. Qu'est-ce que tu en penses ? »
Le hibou le fixa avec ses grands yeux dorés, une intelligence profonde semblant y pétiller, la tête inclinée comme s'il était en train de réfléchir, pendant plusieurs interminables secondes. Puis il se détourna d'Edmund et se gratta l'aile gauche. Il fallut encore quelques secondes au garçon pour comprendre que l'animal restait de toute évidence un simple oiseau et qu'il était impossible qu'il pût comprendre un traître mot de ce qu'il lui avait exposé. Il appuya sa tête sur le rebord de bois soutenant le hibou et se morigéna intérieurement. Avait-il réellement pensé que cette boule de plume aurait su le conseiller ? Il inspira profondément et exhala un long soupir. Le blaireau remercia le gros pigeon pour le voyage qu'il s'apprêtait à faire et le regarda décoller et partir en direction de la forêt interdite.
Pendant que l'animal disparaissait dans l'horizon, le sorcier se questionnait sur la démarche à suivre. Il pourrait simplement sortir de la volière, dire au revoir à Ella au passage et marcher jusqu'à sa salle commune pour profiter du peu de temps qu'il restait probablement avant le dîner. Ou alors il pourrait tenter de débuter une conversation avec la Gryffondor. Il grimaça légèrement à cette idée. Faire la conversation ? Il était très mauvais à ça. Parler pour ne rien dire était d'un ennui profond. Quitte à ne rien avoir à dire, autant ne rien dire du tout et profiter du silence. Cependant, il était possible que la fille l'eût aidée dans l'espoir d'aborder une relation plus neutre avec lui, auquel cas partir comme cela, presque comme un voleur, serait extrêmement malvenu de sa part. Et pour clore la complexité du tableau, il restait possible qu'elle l'aidât par simple politesse, et alors tenter de débuter une conversation pourrait l'ennuyer.
Pourquoi les humains sont-ils si compliqués ? se lamenta le pauvre collégien, sans réaliser que c'était en fait ses raisonnements à rallonge qui l'étaient réellement. Décidé à compliquer son entreprise le plus possible, il entreprit de trouver une phrase d'accroche — faisait-il une dissertation ? — qui permettrait à son interlocutrice de continuer facilement la conversation si elle le désirait tout comme de la terminer rapidement si elle ne voulait pas lui parler. S'il pouvait trouver une telle phrase alors son énigme se résoudrait d'elle-même et il n'aurait plus qu'à observer ce qui se passait pour en déduire la marche à suivre.
Cependant il n'est pas facile de trouver une telle phrase, d'autant moins pour une personne qui a évité les relations sociales pendant une grande partie de sa vie.
Le garçon demeura planté telle une plante verte pendant plusieurs minutes, les yeux fixés sur les pensées qui échappaient de son cerveau dans l'espoir d'en capturer une qui fît l'affaire. Il dut malheureusement se résoudre à admettre la dure vérité : il était incapable de trouver une idée qui convînt.
Le soleil était presque couché et la luminosité dans la volière était très faible. Il était vraisemblable que la Gryffondor avait achevé l'écriture de sa lettre, et si ce n'était le cas, elle allait certainement quitter la volière pour terminer sa missive dans un environnement plus éclairé. Il fallait donc qu'Edmund agît au plus tôt, sans quoi il risquait de devoir parcourir la route jusqu'au château aux côtés de cette fille qui l'appréciait probablement peu. En désespoir de cause, il se détourna de l'ouverture devant laquelle il était toujours, avança vers Ella et sans préambule lui dit la première chose qui lui passa par l'esprit.
« Pourquoi t'écris comme ça dans le froid ? »
Edmund releva les yeux et vit que la Gryffondor la regardait. Ses iris étaient clairs malgré l'obscurité grandissante de la soirée et, tout comme sa voix, affichaient une sincérité simple et dénuée de mauvais sentiment. Le jeune garçon était surpris qu'elle semblât aussi amicale mais n'en fut pas ennuyé le moins du monde : s'il pouvait éviter le conflit alors il en était comblé. Il demeurait néanmoins méfiant de cette apparente neutralité. La fille lui semblait calme, voire même sympathique, mais il savait qu'il pouvait être un très mauvais juge de caractère. Il était tout à fait possible que la gryffonne désirât simplement qu'il s'en allât pour être seule et qu'il prît pour de la gentillesse ce qui était en fait de la politesse. Les gens sont si complexes, si difficiles à comprendre.
Le sorcier en herbes afficha un sourire maladroit, hocha roidement la tête dans un geste de remerciement aux connotations asiatiques aussi incongru que burlesque et articula poliment un Merci beaucoup. Il fit un demi-tour et s'approcha du grand duc qui était toujours nonchalamment posé au même endroit. Alors que l'enfant se plaça devant le hibou et tendit une main hésitante vers lui, ce dernier resta calmement immobile, comme devinant les craintes que l'humain nourrissait à son égard. Le garçon ne doutait pas une seconde que l'animal fût plus à même de comprendre Ella qu'il ne l'était lui, bien qu'il n'eût pas l'avantage de partager la même langue que la sorcière. Lui aurait certainement su quelles étaient les vraies intentions de la jeune fille. Edmund caressa légèrement le plumage de l'oiseau qui n'entama aucun geste à son égard puis posa son enveloppe sur un rebord en pierre pour sortir une petite ficelle et une punaise de sa cape d'hiver. Pendant qu'il perçait un trou dans l'enveloppe et qu'il y glissait la ficelle il se mit à parler au hibou, dans un murmure presque inaudible.
« Ella a raison, tu es très gentil. Et t'as l'air de bien comprendre les humains. En tout cas t'as tout de suite compris que j'étais mal à l'aise et t'as su me détendre. À se demander lequel de nous deux est l'humain et lequel est l'animal. »
Edmund releva légèrement les yeux vers le grand duc qui le toisait maintenant d'un air renfrogné.
« Oui t'as raison pardon. L'intelligence n'est pas réservée aux humains. Et les humains aussi sont des animaux d'ailleurs, se reprit-il en commençant à enrouler le fil autour de sa patte. Désolé. »
À l'écoute de cette phrase, le hibou se mit à gratter nonchalamment son aile droite. Le garçon supposa que cela signifiait qu'il était pardonné pour ses propos et tâcha de nouer la ficelle à présent correctement enroulée. Une fois le courrier fermement attaché, il regarda le hibou droit dans les yeux et lui demanda toujours aussi bas :
« Avant de partir délivrer cette lettre à mon père, il y a quelque chose que je voudrais te demander. Je peux ? »
L'oiseau soutint son regard sans bouger, comme attendant la suite.
« Merci beaucoup, continua le Poufsouffle. Tu vois la fille, derrière moi ? Elle s'appelle Ella. Il y a deux semaines, on a travaillé ensemble mais ça s'est très mal passé, et j'étais plutôt convaincu qu'elle m'aimait pas. Et aujourd'hui elle m'a donné quelques conseils pour m'en sortir avec les hiboux. Normalement j'aurais pensé que c'était par pure politesse mais après notre séance de travail à la bibliothèque ça me semble pas trop compatible avec elle. Mais j'arrive pas à croire non plus qu'elle ait pu faire ça par bonté de cœur : ce serait bizarre si elle m'apprécie pas. Qu'est-ce que tu en penses ? »
Le hibou le fixa avec ses grands yeux dorés, une intelligence profonde semblant y pétiller, la tête inclinée comme s'il était en train de réfléchir, pendant plusieurs interminables secondes. Puis il se détourna d'Edmund et se gratta l'aile gauche. Il fallut encore quelques secondes au garçon pour comprendre que l'animal restait de toute évidence un simple oiseau et qu'il était impossible qu'il pût comprendre un traître mot de ce qu'il lui avait exposé. Il appuya sa tête sur le rebord de bois soutenant le hibou et se morigéna intérieurement. Avait-il réellement pensé que cette boule de plume aurait su le conseiller ? Il inspira profondément et exhala un long soupir. Le blaireau remercia le gros pigeon pour le voyage qu'il s'apprêtait à faire et le regarda décoller et partir en direction de la forêt interdite.
Pendant que l'animal disparaissait dans l'horizon, le sorcier se questionnait sur la démarche à suivre. Il pourrait simplement sortir de la volière, dire au revoir à Ella au passage et marcher jusqu'à sa salle commune pour profiter du peu de temps qu'il restait probablement avant le dîner. Ou alors il pourrait tenter de débuter une conversation avec la Gryffondor. Il grimaça légèrement à cette idée. Faire la conversation ? Il était très mauvais à ça. Parler pour ne rien dire était d'un ennui profond. Quitte à ne rien avoir à dire, autant ne rien dire du tout et profiter du silence. Cependant, il était possible que la fille l'eût aidée dans l'espoir d'aborder une relation plus neutre avec lui, auquel cas partir comme cela, presque comme un voleur, serait extrêmement malvenu de sa part. Et pour clore la complexité du tableau, il restait possible qu'elle l'aidât par simple politesse, et alors tenter de débuter une conversation pourrait l'ennuyer.
Pourquoi les humains sont-ils si compliqués ? se lamenta le pauvre collégien, sans réaliser que c'était en fait ses raisonnements à rallonge qui l'étaient réellement. Décidé à compliquer son entreprise le plus possible, il entreprit de trouver une phrase d'accroche — faisait-il une dissertation ? — qui permettrait à son interlocutrice de continuer facilement la conversation si elle le désirait tout comme de la terminer rapidement si elle ne voulait pas lui parler. S'il pouvait trouver une telle phrase alors son énigme se résoudrait d'elle-même et il n'aurait plus qu'à observer ce qui se passait pour en déduire la marche à suivre.
Cependant il n'est pas facile de trouver une telle phrase, d'autant moins pour une personne qui a évité les relations sociales pendant une grande partie de sa vie.
Le garçon demeura planté telle une plante verte pendant plusieurs minutes, les yeux fixés sur les pensées qui échappaient de son cerveau dans l'espoir d'en capturer une qui fît l'affaire. Il dut malheureusement se résoudre à admettre la dure vérité : il était incapable de trouver une idée qui convînt.
Le soleil était presque couché et la luminosité dans la volière était très faible. Il était vraisemblable que la Gryffondor avait achevé l'écriture de sa lettre, et si ce n'était le cas, elle allait certainement quitter la volière pour terminer sa missive dans un environnement plus éclairé. Il fallait donc qu'Edmund agît au plus tôt, sans quoi il risquait de devoir parcourir la route jusqu'au château aux côtés de cette fille qui l'appréciait probablement peu. En désespoir de cause, il se détourna de l'ouverture devant laquelle il était toujours, avança vers Ella et sans préambule lui dit la première chose qui lui passa par l'esprit.
« Pourquoi t'écris comme ça dans le froid ? »
@Ella Davis
Désolé du retard !
Désolé du retard !
couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !
Crépuscule
Tu soufflas sur tes mains dans l’espoir de leur redonner une couleur si possible éloignée du violet. Quand tu avais froid, tes mains se congelaient, et c’était comme si tu ne les sentais plus. Sensation très désagréable, par ailleurs.
Edmund hocha la tête et te souris, visiblement autant mal à l’aise que toi. Sans que tu puisses l’expliquer, il te paraissait bien plus inoffensif que lors de votre travail en commun qui avait viré au désastre. Plus timide. Moins borné. Tu avais conscience de t’être mal comportée, et même si tu avais pu le détester par moments, il ne t’inspirait plus rien de mauvais. Tu crus entendre sortir de sa bouche un vague merci, et regardas le petit garçon se diriger vers le hibou grand-duc que tu lui avais conseillé. Pour être petit, il était petit ! Tu devais faire une bonne tête de plus que lui, et tu ne pouvais t’empêcher d’être assaillie par un sentiment de supériorité dès que vous vous retrouviez l’un en face de l’autre. Mauvaise enfant.
Tu ne cherchais pas à faire ami-ami avec le Poufsouffle. Vous étiez sans doute bien trop différents pour vous supporter. Peut-être… N’étiez-vous pas si différents, en y repensant. Têtus. Pas vraiment sociables. Tu étais un loup solitaire. Tu avais réussi à te faire quelques amis cette année, mais tu aimais te réserver du temps pour toi, seule. Le silence restait ton meilleur ami.
Tu jetas un coup d’œil vers le jaune et noir ; cela faisait quelques minutes qu’il restait planté devant le hibou, et si étrange que cela puisse paraître, tu aurais presque cru l’entendre lui parler, ce qui te fit sourire légèrement. Les animaux te comprenaient bien mieux que les humains. Ils n’avaient pas besoin de combler les blancs en tentant de faire maladroitement la conversation. Ils étaient vrais, purs, sans mauvaises intentions.
Et parfois, tu avais même l’impression de pouvoir leur parler, rien qu’en les regardant dans les yeux. Les yeux ne sont-ils pas le miroir de l’âme ? Cette phrase t’inspirait tant. Edmund resta, durant un long moment, planté devant l’animal. Aimait-il, lui aussi, leur parler ? Tant de gens te connaissaient. Tant de gens ignoraient tout de toi.
Le Poufsouffle se retourna soudain et marcha dans ta direction d’un pas rapide. Tu haussas un sourcil, surprise, mais restas muette.
- Pourquoi t'écris comme ça dans le froid ?
Hein ? Essayait-il de… De faire la conversation ? Avec toi ? Dis quelque chose! Tu en restas bouche-bée, et tu eus peur pour ta mâchoire, qui manquas de se décrocher. Tellement de mensonges, tu aurais pu lui répondre. Néanmoins, ce fut la vérité qui sortit de ta bouche.
- Je… Je me sens bien, ici. Je veux dire, pour me concentrer, j’aime… j’aime bien être toute seule, sans les… sans tous les gens autour. Je ne suis pas très douée en relations humaines, on va dire. Et ici, c’est… beaucoup plus calme. Je peux rester moi-même.
Par peur que ton visage vire au cramoisi, tu serras les poings si fort que tes jointures en devinrent blanches. Quelle idiote ! Veux-tu arrêter de te ridiculiser à chaque fois que tu ouvres la bouche ?
Je peux rester moi-même, et puis quoi encore?!
Edmund hocha la tête et te souris, visiblement autant mal à l’aise que toi. Sans que tu puisses l’expliquer, il te paraissait bien plus inoffensif que lors de votre travail en commun qui avait viré au désastre. Plus timide. Moins borné. Tu avais conscience de t’être mal comportée, et même si tu avais pu le détester par moments, il ne t’inspirait plus rien de mauvais. Tu crus entendre sortir de sa bouche un vague merci, et regardas le petit garçon se diriger vers le hibou grand-duc que tu lui avais conseillé. Pour être petit, il était petit ! Tu devais faire une bonne tête de plus que lui, et tu ne pouvais t’empêcher d’être assaillie par un sentiment de supériorité dès que vous vous retrouviez l’un en face de l’autre. Mauvaise enfant.
Tu ne cherchais pas à faire ami-ami avec le Poufsouffle. Vous étiez sans doute bien trop différents pour vous supporter. Peut-être… N’étiez-vous pas si différents, en y repensant. Têtus. Pas vraiment sociables. Tu étais un loup solitaire. Tu avais réussi à te faire quelques amis cette année, mais tu aimais te réserver du temps pour toi, seule. Le silence restait ton meilleur ami.
Tu jetas un coup d’œil vers le jaune et noir ; cela faisait quelques minutes qu’il restait planté devant le hibou, et si étrange que cela puisse paraître, tu aurais presque cru l’entendre lui parler, ce qui te fit sourire légèrement. Les animaux te comprenaient bien mieux que les humains. Ils n’avaient pas besoin de combler les blancs en tentant de faire maladroitement la conversation. Ils étaient vrais, purs, sans mauvaises intentions.
Et parfois, tu avais même l’impression de pouvoir leur parler, rien qu’en les regardant dans les yeux. Les yeux ne sont-ils pas le miroir de l’âme ? Cette phrase t’inspirait tant. Edmund resta, durant un long moment, planté devant l’animal. Aimait-il, lui aussi, leur parler ? Tant de gens te connaissaient. Tant de gens ignoraient tout de toi.
Le Poufsouffle se retourna soudain et marcha dans ta direction d’un pas rapide. Tu haussas un sourcil, surprise, mais restas muette.
- Pourquoi t'écris comme ça dans le froid ?
Hein ? Essayait-il de… De faire la conversation ? Avec toi ? Dis quelque chose! Tu en restas bouche-bée, et tu eus peur pour ta mâchoire, qui manquas de se décrocher. Tellement de mensonges, tu aurais pu lui répondre. Néanmoins, ce fut la vérité qui sortit de ta bouche.
- Je… Je me sens bien, ici. Je veux dire, pour me concentrer, j’aime… j’aime bien être toute seule, sans les… sans tous les gens autour. Je ne suis pas très douée en relations humaines, on va dire. Et ici, c’est… beaucoup plus calme. Je peux rester moi-même.
Par peur que ton visage vire au cramoisi, tu serras les poings si fort que tes jointures en devinrent blanches. Quelle idiote ! Veux-tu arrêter de te ridiculiser à chaque fois que tu ouvres la bouche ?
Je peux rester moi-même, et puis quoi encore?!
Dernière modification par Ella Davis le 25 avr. 2020, 13:40, modifié 1 fois.
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Crépuscule
La fille fixa Edmund d'un air désemparé. Même si ses lèvres étaient toujours fermées, le Poufsouffle pouvait voir que sa mâchoire avait chu d'un ou deux centimètres, seulement rattrapée par les muscles labiaux qui enserraient la bouche comme un étau, vraisemblablement pour l'empêcher de béer stupidement. Quant aux yeux de la Gryffondor, ils le dévisageaient comme s'ils le voyaient pour la première fois, emplis d'incompréhension.
Edmund savait que sa question était directe, qu'il eût été préférable de proférer une quelconque formule de politesse au préalable afin de signaler sa présence et d'entamer la conversation d'une façon moins directe, moins straight to the point comme le lui avait expliqué son père. Mais il ne s'était pas attendu à ce que la gryffonne fût aussi déstabilisée par sa prise de parole. Était-ce réellement si incongru qu'il tentât de discutailler avec elle ? Il aurait aisément compris qu'elle affichât de l'ennui ou de la froideur si elle ne désirait pas qu'il la dérangeât, ou qu'elle affichât de l'enthousiasme si c'était au contraire ce qu'elle avait souhaité, mais il ne parvenait pas à saisir qu'elle fût décontenancée. Peut-être était-ce sa question qui posait problème à la fille ? Était-ce là un sujet sensible ? S'était-il montré trop intrusif ? Mais en quoi une question aussi simple pourrait-elle être intrusive ? J'aurais mieux fait de lui dire au revoir et de partir aussi sec... se lamenta-t-il.
À l'expression, interne heureusement, de cette pensée, et avant qu'il ne pût s'excuser et tourner les talons, Ella se décida à répondre. Ou plutôt à bégayer un empilement de tessons de phrases qui formait une réponse.
« Je… Je me sens bien, ici, débuta-t-elle d'une voix hésitante. Je veux dire, pour me concentrer, j’aime… j’aime bien être toute seule, sans les… sans tous les gens autour. Je ne suis pas très douée en relations humaines, on va dire. Et ici, c’est… beaucoup plus calme. Je peux rester moi-même. »
Ce fut au tour d'Edmund de fixer la jeune fille avec la grâce d'un merlan frit. Non pas qu'il était surpris qu'elle rencontrât les mêmes difficultés d'interaction avec les autres que lui — enfin si, c'était le cas, mais dans une moindre mesure — mais il avait du mal à croire qu'elle ait pu se confier ainsi à lui alors qu'ils se connaissaient à peine — et que le peu qu'ils connaissaient l'un de l'autre n'était pas flatteur. Lui qui souhaitait simplement engager une conversation afin de ne pas paraître rustre se retrouvait à présent projeté en plein cœur d'une discussion sérieuse et somme toute assez personnelle avec la même personne qu'il avait été bien prompt à ne surtout plus vouloir revoir. Et qui lui ressemblait visiblement plus qu'il ne l'aurait pensé. Il avait peut-être été trop hâtif à la juger, songea-t-il.
Il restait maintenant à lui répondre. Que dire ? Il ne s'était pas préparé à avoir une conversation aussi profonde ! Il ne pouvait pas prendre le risque de répliquer du tac au tac — si répondre après une poignée de secondes de silence pouvait être qualifié de tac au tac — agir hâtivement lui avait toujours apporté des problèmes. Mais il ne pouvait pas non plus prendre le loisir de réfléchir longuement aux potentielles conséquences que pourraient avoir chacune des réponses qui lui venaient à l'esprit, il avait tout de même un certain impératif de temps.
Edmund sortit du monde de sa psyché et jeta un œil attentif à l'état de son interlocutrice pour jauger le temps qui lui restait avant d'avoir à formuler quelque chose. Les jointures des mains de la gryffonne étaient blanches sous la pression qu'exerçaient le bout de ses doigts sur ses paumes et elle semblait en plein monologue intérieur. À cette vue, le Poufsouffle oublia tout son dilemme intérieur. À l'image d'Ella, assise dans un coin de la volière en plein Poudlard, se superposa celle d'un petit garçon au visage pâle de souffrance et aux doigts plus blancs encore, recroquevillé dans un fauteuil entouré de livres dans une librairie de quartier à Loughborough. Les réflexes de détente du corps qu'il s'était efforcé de prendre depuis plusieurs années l'embrassèrent aisément.
Inspire Edmund. Expire. Lentement. Bien. Maintenant, sors prendre l'air, du recul. Va dans la librairie, dans le coin sombre tout au fond où personne ne va jamais. Prends un livre. Lis un peu, lui rappela la voix de son père. Son sanctuaire de calme apparut devant lui et Edmund secoua doucement la tête. Non c'est bon, je vais bien. Ce n'est pas moi qui ai besoin d'aide aujourd'hui.
La vision s'estompa et l'enfant s'assit en tailleur sur le sol, serein. Il y avait des choses bien plus éprouvantes dans ce monde que de mener une conversation. Il ne savait pas si Ella était elle aussi sujette aux crises de panique ou si elle était simplement stressée à l'idée qu'il la jugeât — pourquoi penserait-elle cela ? — ou honteuse d'avoir avoué quelque chose d'aussi personnel. Il ne savait pas du tout et à vrai dire cela lui semblait peu important. Ils étaient assez semblables, l'un et l'autre. Ils parlaient peu. Ils étaient mal compris des autres. Ils avaient du mal à comprendre les autres. Mais justement parce qu'ils se ressemblaient en ces points Edmund était persuadé que quoi qu'il pourrait lui dire, elle saurait entendre ce qu'il pensait derrière. Il ne prit donc pas le parti de chercher un tact inexistant ou de la compassion dégoulinante de bonnes intentions. Il se contenta de faire ce qu'il faisait le mieux : dire ce qu'il pense sans aucune barrière.
« C'est vrai que les gens, c'est pénible. Ça grouille, ça pullule, ça fait du bruit, ça nous enjoint à faire du bruit — je crois qu'ils appellent ça "parler" ? — et par-dessus tout ça respire. C'est drôle comme une action aussi vitale et naturelle peut devenir dérangeante quand toute une ribambelle d'humanoïde souffle en même temps comme des bœufs. Edmund sourit à cette mention. Les humains, c'est bien quand il y en a deux ou trois, mais en troupeau c'est beaucoup moins agréable. Ça manque cruellement de calme. De silence. »
Il avait prononcé ses paroles en regardant Ella dans les yeux, comme le faisait son père quand il le rassurait durant ses angoisses. Quand la volière eut achevé d'absorbé ses mots entre ses froissements d'ailes et ses battements de plumes, Edmund sentit le fard lui monter aux joues. Il avait conscience que ce qu'il avait dit était profondément cliché et témoignait d'un point de vue particulièrement misanthrope, mais il songea que de toute manière l'opinion d'Ella à son égard pourrait difficilement empirer et que le but de cette intervention était de la distraire de son malaise, pas de l'amener à l'apprécier. Dans tous les cas, il supposait qu'une opinion aussi inhabituelle que celle qu'il venait d'exprimer pour ses semblables saurait faire l'affaire.
Edmund savait que sa question était directe, qu'il eût été préférable de proférer une quelconque formule de politesse au préalable afin de signaler sa présence et d'entamer la conversation d'une façon moins directe, moins straight to the point comme le lui avait expliqué son père. Mais il ne s'était pas attendu à ce que la gryffonne fût aussi déstabilisée par sa prise de parole. Était-ce réellement si incongru qu'il tentât de discutailler avec elle ? Il aurait aisément compris qu'elle affichât de l'ennui ou de la froideur si elle ne désirait pas qu'il la dérangeât, ou qu'elle affichât de l'enthousiasme si c'était au contraire ce qu'elle avait souhaité, mais il ne parvenait pas à saisir qu'elle fût décontenancée. Peut-être était-ce sa question qui posait problème à la fille ? Était-ce là un sujet sensible ? S'était-il montré trop intrusif ? Mais en quoi une question aussi simple pourrait-elle être intrusive ? J'aurais mieux fait de lui dire au revoir et de partir aussi sec... se lamenta-t-il.
À l'expression, interne heureusement, de cette pensée, et avant qu'il ne pût s'excuser et tourner les talons, Ella se décida à répondre. Ou plutôt à bégayer un empilement de tessons de phrases qui formait une réponse.
« Je… Je me sens bien, ici, débuta-t-elle d'une voix hésitante. Je veux dire, pour me concentrer, j’aime… j’aime bien être toute seule, sans les… sans tous les gens autour. Je ne suis pas très douée en relations humaines, on va dire. Et ici, c’est… beaucoup plus calme. Je peux rester moi-même. »
Ce fut au tour d'Edmund de fixer la jeune fille avec la grâce d'un merlan frit. Non pas qu'il était surpris qu'elle rencontrât les mêmes difficultés d'interaction avec les autres que lui — enfin si, c'était le cas, mais dans une moindre mesure — mais il avait du mal à croire qu'elle ait pu se confier ainsi à lui alors qu'ils se connaissaient à peine — et que le peu qu'ils connaissaient l'un de l'autre n'était pas flatteur. Lui qui souhaitait simplement engager une conversation afin de ne pas paraître rustre se retrouvait à présent projeté en plein cœur d'une discussion sérieuse et somme toute assez personnelle avec la même personne qu'il avait été bien prompt à ne surtout plus vouloir revoir. Et qui lui ressemblait visiblement plus qu'il ne l'aurait pensé. Il avait peut-être été trop hâtif à la juger, songea-t-il.
Il restait maintenant à lui répondre. Que dire ? Il ne s'était pas préparé à avoir une conversation aussi profonde ! Il ne pouvait pas prendre le risque de répliquer du tac au tac — si répondre après une poignée de secondes de silence pouvait être qualifié de tac au tac — agir hâtivement lui avait toujours apporté des problèmes. Mais il ne pouvait pas non plus prendre le loisir de réfléchir longuement aux potentielles conséquences que pourraient avoir chacune des réponses qui lui venaient à l'esprit, il avait tout de même un certain impératif de temps.
Edmund sortit du monde de sa psyché et jeta un œil attentif à l'état de son interlocutrice pour jauger le temps qui lui restait avant d'avoir à formuler quelque chose. Les jointures des mains de la gryffonne étaient blanches sous la pression qu'exerçaient le bout de ses doigts sur ses paumes et elle semblait en plein monologue intérieur. À cette vue, le Poufsouffle oublia tout son dilemme intérieur. À l'image d'Ella, assise dans un coin de la volière en plein Poudlard, se superposa celle d'un petit garçon au visage pâle de souffrance et aux doigts plus blancs encore, recroquevillé dans un fauteuil entouré de livres dans une librairie de quartier à Loughborough. Les réflexes de détente du corps qu'il s'était efforcé de prendre depuis plusieurs années l'embrassèrent aisément.
Inspire Edmund. Expire. Lentement. Bien. Maintenant, sors prendre l'air, du recul. Va dans la librairie, dans le coin sombre tout au fond où personne ne va jamais. Prends un livre. Lis un peu, lui rappela la voix de son père. Son sanctuaire de calme apparut devant lui et Edmund secoua doucement la tête. Non c'est bon, je vais bien. Ce n'est pas moi qui ai besoin d'aide aujourd'hui.
La vision s'estompa et l'enfant s'assit en tailleur sur le sol, serein. Il y avait des choses bien plus éprouvantes dans ce monde que de mener une conversation. Il ne savait pas si Ella était elle aussi sujette aux crises de panique ou si elle était simplement stressée à l'idée qu'il la jugeât — pourquoi penserait-elle cela ? — ou honteuse d'avoir avoué quelque chose d'aussi personnel. Il ne savait pas du tout et à vrai dire cela lui semblait peu important. Ils étaient assez semblables, l'un et l'autre. Ils parlaient peu. Ils étaient mal compris des autres. Ils avaient du mal à comprendre les autres. Mais justement parce qu'ils se ressemblaient en ces points Edmund était persuadé que quoi qu'il pourrait lui dire, elle saurait entendre ce qu'il pensait derrière. Il ne prit donc pas le parti de chercher un tact inexistant ou de la compassion dégoulinante de bonnes intentions. Il se contenta de faire ce qu'il faisait le mieux : dire ce qu'il pense sans aucune barrière.
« C'est vrai que les gens, c'est pénible. Ça grouille, ça pullule, ça fait du bruit, ça nous enjoint à faire du bruit — je crois qu'ils appellent ça "parler" ? — et par-dessus tout ça respire. C'est drôle comme une action aussi vitale et naturelle peut devenir dérangeante quand toute une ribambelle d'humanoïde souffle en même temps comme des bœufs. Edmund sourit à cette mention. Les humains, c'est bien quand il y en a deux ou trois, mais en troupeau c'est beaucoup moins agréable. Ça manque cruellement de calme. De silence. »
Il avait prononcé ses paroles en regardant Ella dans les yeux, comme le faisait son père quand il le rassurait durant ses angoisses. Quand la volière eut achevé d'absorbé ses mots entre ses froissements d'ailes et ses battements de plumes, Edmund sentit le fard lui monter aux joues. Il avait conscience que ce qu'il avait dit était profondément cliché et témoignait d'un point de vue particulièrement misanthrope, mais il songea que de toute manière l'opinion d'Ella à son égard pourrait difficilement empirer et que le but de cette intervention était de la distraire de son malaise, pas de l'amener à l'apprécier. Dans tous les cas, il supposait qu'une opinion aussi inhabituelle que celle qu'il venait d'exprimer pour ses semblables saurait faire l'affaire.
@Ella Davis
couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !