Bruits de couloir !
Le dernier cours avant les vacances de printemps vient de se terminer. C’est officiel, Eugene est en vacances. Il devrait s’en réjouir, n’est-ce pas ? Cependant, ce n’est pas le sentiment qui le traverse à cet instant. L’idée de rester bloqué à Poudlard durant les vacances ne l’enchante guère. Et c’est un euphémisme.
Il y a encore quelques mois, en août, avant qu’il ne franchisse les portes de Poudlard pour la première fois, si on lui avait dit qu’il voudrait rentrer chez lui à chaque vacances, il aurait ri. Pourquoi ? Il aurait, tout simplement, trouvé cette idée idiote. A l’époque, le jeune garçon était très enthousiaste à l’idée d’intégrer Poudlard. Certes, il était également stressé mais son excitation était telle que cette peur rationnelle n’avait que peu de valeur. Malheureusement, cette effervescence fut vite éteinte par les différentes péripéties qu’il vécut. Entre galères et moqueries, il vint rapidement à détester sa courte expérience de vie ici.
C’est enfermé dans ses pensées que le blondinet aux joues rondes quitte la salle du cours de métamorphose. Il a quatre étages à descendre. Rêveur et songeur, alors que ses jambes parcourent les marches une à une, franchissant même le premier palier, il s’imagine une alternative à la réalité. Il s’imagine pouvoir rentrer chez lui ! Quel doux rêve ! Pour quelle raison, me direz-vous ? Il ne le sait guère mais il va bien en trouver une en quatre étages. Le chat du voisin s’est fait écraser ? Hm. Souhaiter la mort d’un être n’est guère digne d’un bon magicien. Et ne parlons pas de la validité de cette excuse. Idée suivante. Sa sœur a un gros rhume ? Vraiment un gros rhume. Du genre… Gros rhume quoi. C’est déjà mieux car personne ne meurt dans cette histoire. Mais un rhume… En fait, non. Elle n’a pas qu’un rhume. Elle a aussi de la fièvre ! Beaucoup de fièvre ! Enfin pas trop quand même, la pauvre. Un peu de fièvre. Oui c’est bien un peu de fièvre.
Une partie de la raison était trouvée alors que les pieds enfantins battaient le sol du deuxième palier. Mais… En quoi, lui, son frère de onze ans serait utile à sa sœur ? Elle l’a demandé à côté de lui ? Moui. Pourquoi pas ! Maintenant, comment allait-on lui annoncer ? Qui déjà ? Un professeur forcément. Vu qu’il est en train de descendre, le Professeur Gribbs, qui descendrait lui de la tour d’astronomie ? Peu probable. Le professeur Lynch ! L’apprenti sorcier sort de son cours, après tout. Le professeur a oublié de dire à Eugene la nouvelle et il va le rattraper. Là, c’est logique. Oui mais non. Le professeur Lynch fait trop peur à Eugene. L’enfant imagine déjà une autre histoire où il suit le professeur de métamorphose dans sa salle de cours et ce dernier le transforme en chauve-souris. Non ! Pas le professeur Lynch. Professeure Perkins ? Ah oui. C’est une bonne idée. Eugene la trouve très belle, en plus. Ne jugez pas ! Quel enfant n’a jamais été amoureux d’un ou d’une de ses professeurs ? Oui mais c’est encore moins logique que le professeur Gribbs. Eurêka ! Le professeur Penwyn évidemment ! Directeur de Poufsouffle, donc de sa maison et en plus il est gentil. Oui, ça coule de source !
Le troisième palier est franchi. Comment le professeur Penwyn allait lui annoncer ? Lui annoncer quoi déjà ? Oui, que sa sœur avait un gros gros rhume. Avec de la fièvre. Et elle a demandé la présence de son frère. Il se remémore le début de son histoire fictive pour ne pas perdre le fil. Maintenant que c’est fait, Eugene reprend là où il en était. Comment le professeur Penwyn allait lui annoncer ? Devant l’entrée de la salle commune de Poufsouffle ? Non, trop de passage. Il ne faudrait pas que des élèves entendent la nouvelle et soient jaloux. Dans le petit salon de la salle commune ? Trop d’élèves encore. Dans le dortoir des garçons ? Idem. Dans son bureau. Oui, c’est bien. Et il allait lui annoncer à cet instant. Qu’allait-il dire ? Sûrement une phrase du style « Eugene, tu vas rentrer chez toi pendant les vacances. Ne t’inquiète pas, rien de grave. Ta sœur est malade mais ce n’est pas grave. Elle demande juste ta présence. Donc tu pars dès ce soir. Dépêche-toi d’aller préparer ta valise. ». Le sorcier en herbe imagine la suite. Il s’exécute rapidement, fait sa valise et attend qu’on vienne le chercher. Ou peut-être devrait-il retourner dans le bureau du professeur ?
Le talon de son pied gauche foule le quatrième palier. Oui, c’est mieux qu’il retourne dans le bureau du professeur. Ce dernier l’accompagnerait jusqu’à… la gare ? Non, il n’y aura pas de train ! En transplanant ? Non, merci. Pas en transplanant. Ou carrément en portoloin ?! Oh oui ! En portoloin ! Enfin, ferait-il vraiment un portoloin pour aller chez lui ? Cela est peu probable. Eugene cherche une autre solution mais avec un paramètre à prendre en compte. Le temps de transport serait le plus court possible… Il cherche, il cherche. Mais quand il atteint le cinquième palier, il n’a toujours rien trouvé donc il reste sur la solution du portoloin, même si elle ne lui convient pas parfaitement. Mais après le portoloin, il serait rentré chez lui, avec ses parents et sa sœur !
Un sourire commence à se dessiner sur son visage. Il se remémore toute l’histoire. Sœur. Rhume et fièvre. Demande que son frère soit là. Professeur Penwyn. Annonce la nouvelle dans son bureau. Valise à préparer. Retour dans le bureau. Portoloin. Le Poufsouffle rejoint sa famille. Cette histoire fictive et rêveuse lui a fait oublier toute sa tristesse le temps de sa construction. Et il va se la ressasser jusqu’à l’arrivée à sa salle commune. Qui ne doit plus être loin maintenant vu que quelques secondes auparavant, il a posé le pied sur le sixième palier. Le sixième palier. Le sixième…
Eugene chasse immédiatement ses pensées. Il regarde autour de lui, apeuré. Où est-il ? Il ne reconnait pas. Il est perdu dans les couloirs. La seule chose qu’il sait… C’est qu’il est au sous-sol ! Oh non… S’il y a bien un niveau qu’il n’aime pas par-dessus tout, c’est le sous-sol !
Il y a encore quelques mois, en août, avant qu’il ne franchisse les portes de Poudlard pour la première fois, si on lui avait dit qu’il voudrait rentrer chez lui à chaque vacances, il aurait ri. Pourquoi ? Il aurait, tout simplement, trouvé cette idée idiote. A l’époque, le jeune garçon était très enthousiaste à l’idée d’intégrer Poudlard. Certes, il était également stressé mais son excitation était telle que cette peur rationnelle n’avait que peu de valeur. Malheureusement, cette effervescence fut vite éteinte par les différentes péripéties qu’il vécut. Entre galères et moqueries, il vint rapidement à détester sa courte expérience de vie ici.
C’est enfermé dans ses pensées que le blondinet aux joues rondes quitte la salle du cours de métamorphose. Il a quatre étages à descendre. Rêveur et songeur, alors que ses jambes parcourent les marches une à une, franchissant même le premier palier, il s’imagine une alternative à la réalité. Il s’imagine pouvoir rentrer chez lui ! Quel doux rêve ! Pour quelle raison, me direz-vous ? Il ne le sait guère mais il va bien en trouver une en quatre étages. Le chat du voisin s’est fait écraser ? Hm. Souhaiter la mort d’un être n’est guère digne d’un bon magicien. Et ne parlons pas de la validité de cette excuse. Idée suivante. Sa sœur a un gros rhume ? Vraiment un gros rhume. Du genre… Gros rhume quoi. C’est déjà mieux car personne ne meurt dans cette histoire. Mais un rhume… En fait, non. Elle n’a pas qu’un rhume. Elle a aussi de la fièvre ! Beaucoup de fièvre ! Enfin pas trop quand même, la pauvre. Un peu de fièvre. Oui c’est bien un peu de fièvre.
Une partie de la raison était trouvée alors que les pieds enfantins battaient le sol du deuxième palier. Mais… En quoi, lui, son frère de onze ans serait utile à sa sœur ? Elle l’a demandé à côté de lui ? Moui. Pourquoi pas ! Maintenant, comment allait-on lui annoncer ? Qui déjà ? Un professeur forcément. Vu qu’il est en train de descendre, le Professeur Gribbs, qui descendrait lui de la tour d’astronomie ? Peu probable. Le professeur Lynch ! L’apprenti sorcier sort de son cours, après tout. Le professeur a oublié de dire à Eugene la nouvelle et il va le rattraper. Là, c’est logique. Oui mais non. Le professeur Lynch fait trop peur à Eugene. L’enfant imagine déjà une autre histoire où il suit le professeur de métamorphose dans sa salle de cours et ce dernier le transforme en chauve-souris. Non ! Pas le professeur Lynch. Professeure Perkins ? Ah oui. C’est une bonne idée. Eugene la trouve très belle, en plus. Ne jugez pas ! Quel enfant n’a jamais été amoureux d’un ou d’une de ses professeurs ? Oui mais c’est encore moins logique que le professeur Gribbs. Eurêka ! Le professeur Penwyn évidemment ! Directeur de Poufsouffle, donc de sa maison et en plus il est gentil. Oui, ça coule de source !
Le troisième palier est franchi. Comment le professeur Penwyn allait lui annoncer ? Lui annoncer quoi déjà ? Oui, que sa sœur avait un gros gros rhume. Avec de la fièvre. Et elle a demandé la présence de son frère. Il se remémore le début de son histoire fictive pour ne pas perdre le fil. Maintenant que c’est fait, Eugene reprend là où il en était. Comment le professeur Penwyn allait lui annoncer ? Devant l’entrée de la salle commune de Poufsouffle ? Non, trop de passage. Il ne faudrait pas que des élèves entendent la nouvelle et soient jaloux. Dans le petit salon de la salle commune ? Trop d’élèves encore. Dans le dortoir des garçons ? Idem. Dans son bureau. Oui, c’est bien. Et il allait lui annoncer à cet instant. Qu’allait-il dire ? Sûrement une phrase du style « Eugene, tu vas rentrer chez toi pendant les vacances. Ne t’inquiète pas, rien de grave. Ta sœur est malade mais ce n’est pas grave. Elle demande juste ta présence. Donc tu pars dès ce soir. Dépêche-toi d’aller préparer ta valise. ». Le sorcier en herbe imagine la suite. Il s’exécute rapidement, fait sa valise et attend qu’on vienne le chercher. Ou peut-être devrait-il retourner dans le bureau du professeur ?
Le talon de son pied gauche foule le quatrième palier. Oui, c’est mieux qu’il retourne dans le bureau du professeur. Ce dernier l’accompagnerait jusqu’à… la gare ? Non, il n’y aura pas de train ! En transplanant ? Non, merci. Pas en transplanant. Ou carrément en portoloin ?! Oh oui ! En portoloin ! Enfin, ferait-il vraiment un portoloin pour aller chez lui ? Cela est peu probable. Eugene cherche une autre solution mais avec un paramètre à prendre en compte. Le temps de transport serait le plus court possible… Il cherche, il cherche. Mais quand il atteint le cinquième palier, il n’a toujours rien trouvé donc il reste sur la solution du portoloin, même si elle ne lui convient pas parfaitement. Mais après le portoloin, il serait rentré chez lui, avec ses parents et sa sœur !
Un sourire commence à se dessiner sur son visage. Il se remémore toute l’histoire. Sœur. Rhume et fièvre. Demande que son frère soit là. Professeur Penwyn. Annonce la nouvelle dans son bureau. Valise à préparer. Retour dans le bureau. Portoloin. Le Poufsouffle rejoint sa famille. Cette histoire fictive et rêveuse lui a fait oublier toute sa tristesse le temps de sa construction. Et il va se la ressasser jusqu’à l’arrivée à sa salle commune. Qui ne doit plus être loin maintenant vu que quelques secondes auparavant, il a posé le pied sur le sixième palier. Le sixième palier. Le sixième…
Eugene chasse immédiatement ses pensées. Il regarde autour de lui, apeuré. Où est-il ? Il ne reconnait pas. Il est perdu dans les couloirs. La seule chose qu’il sait… C’est qu’il est au sous-sol ! Oh non… S’il y a bien un niveau qu’il n’aime pas par-dessus tout, c’est le sous-sol !