La Magie de Noël
[font=black jack]19 décembre 2044
Cher journal,
Ça faisait tellement longtemps que j'attendais ce moment : les vacances de Noël ! J'allais enfin revoir ma famille. J'avais tant de choses incroyables à raconter.
Le retour s'est passé très vite. À peine étais-je montée dans le Poudlard Express, non sans une petite pointe de regret, que j'étais déjà arrivée à destination. Sur le quai, les parents venus récupérer leur enfant s'entassaient. Je cherchai des yeux ma famille. Parmi la foule, je distinguai une queue-de-cheval rousse : ma mère. Je me faufilai entre les diverses familles et sautai dans les bras de ma maman. Sa douce odeur me rassura. Nous restâmes quelques instants, enlassées, puis je murmurai :
《 Où est Siara ? Et mon père ?
- Ils nous attendent devant la gare, dans la voiture. répondit-elle. Nous partons dès maintenant pour la France, ma chérie, chez tes grands-parents. 》
Sa voix, je ne l'avais pas entendue depuis longtemps. Sa belle voix, qui m'avait tant bercée, qui m'avait tant réconfortée. Quel bonheur. Partir loin nous rappelait les petits plaisirs du quotidien. Petits plaisirs qui font les grandes joies et les plus beaux souvenirs.
Notre voiture grise nous attendait effectivement dehors. Ma sœur en sortit en trombe et se jeta littéralement sur moi en riant. Mon père se tenait debout, non loin. Il me regardait, sans me voir. Les yeux dans le vide, le regard éteint. Je pouvais néanmoins distinguer un maigre sourire sur ses lèvres. À moins que ce n'était qu'une impression.
Je le serrai fort contre moi. Mon père. Pas mon papa. Mon papa a disparu. Depuis plus de trois ans. À mon grand désespoir.
Il faisait presque nuit quand nous sommes arrivés chez mes grands-parents. Ma mamie nous accueillit, affichant un beau sourire. Puis papy nous servit une soupe de légumes.
《 Comment ça va, depuis le temps ? demanda mon papy.
- Très bien. bailla ma maman.
- Comment trouves-tu ta nouvelle école, Lucy ? 》
J'allais répondre, quand ma mamie dit :
《 Je pense qu'ils sont fatigués, Steve. Laissons-les aller dormir, nous les harcèlerons de questions demain. 》
Je la remerciai par pensées car, oui, j'étais épuisée.
Ma maman m'aida à monter mes valises puis nous nous lavâmes les dents et nous nous mîmes en pyjama.
Je retrouvai la même chambre que j'avais laissée cet été. Même lit, mêmes rideaux, même bureau, même armoire. Je courus à la fenêtre. Même arbre. Il etait toujours là, "l'arbre magique".
Je m'étirai puis me laissai tomber sur le matelas bien douillet. De retour chez moi.
Mais malgré tout, Poudlard et ses merveilles commençait déjà à me manquer. Je repensai à la Répartition, au sourire du Choipeau, à Amandine et à la bibliothèque géante dans laquelle je passais la plupart de mon temps libre, à Améline, à Jeanne, à Adulith, à Émeline et à Louise, aux cours fabuleux, à Irene et à bien d'autres choses extrairdinaires.
《 Tu y retourneras bientôt, Lucy. songeai-je. Pour l'instant, profite juste de tes vacances et de ta famille. Repose-toi et sois heureuse. 》
Les étoiles brillaient, dehors. J'aimais bien laisser les volets ouvert pour voir le ciel nocturne. C'était beau. On pouvait des fois apercevoir de magnifiques dégradés. Et je m'amusais à inventer de nouvelles constellations. Les étoiles me rappellaient les fées étincelantes que j'avais involontairement créé le jour où j'ai découvert mes pouvoirs. Ce jour, jamais je ne l'oublierai.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
Ça faisait tellement longtemps que j'attendais ce moment : les vacances de Noël ! J'allais enfin revoir ma famille. J'avais tant de choses incroyables à raconter.
Le retour s'est passé très vite. À peine étais-je montée dans le Poudlard Express, non sans une petite pointe de regret, que j'étais déjà arrivée à destination. Sur le quai, les parents venus récupérer leur enfant s'entassaient. Je cherchai des yeux ma famille. Parmi la foule, je distinguai une queue-de-cheval rousse : ma mère. Je me faufilai entre les diverses familles et sautai dans les bras de ma maman. Sa douce odeur me rassura. Nous restâmes quelques instants, enlassées, puis je murmurai :
《 Où est Siara ? Et mon père ?
- Ils nous attendent devant la gare, dans la voiture. répondit-elle. Nous partons dès maintenant pour la France, ma chérie, chez tes grands-parents. 》
Sa voix, je ne l'avais pas entendue depuis longtemps. Sa belle voix, qui m'avait tant bercée, qui m'avait tant réconfortée. Quel bonheur. Partir loin nous rappelait les petits plaisirs du quotidien. Petits plaisirs qui font les grandes joies et les plus beaux souvenirs.
Notre voiture grise nous attendait effectivement dehors. Ma sœur en sortit en trombe et se jeta littéralement sur moi en riant. Mon père se tenait debout, non loin. Il me regardait, sans me voir. Les yeux dans le vide, le regard éteint. Je pouvais néanmoins distinguer un maigre sourire sur ses lèvres. À moins que ce n'était qu'une impression.
Je le serrai fort contre moi. Mon père. Pas mon papa. Mon papa a disparu. Depuis plus de trois ans. À mon grand désespoir.
Il faisait presque nuit quand nous sommes arrivés chez mes grands-parents. Ma mamie nous accueillit, affichant un beau sourire. Puis papy nous servit une soupe de légumes.
《 Comment ça va, depuis le temps ? demanda mon papy.
- Très bien. bailla ma maman.
- Comment trouves-tu ta nouvelle école, Lucy ? 》
J'allais répondre, quand ma mamie dit :
《 Je pense qu'ils sont fatigués, Steve. Laissons-les aller dormir, nous les harcèlerons de questions demain. 》
Je la remerciai par pensées car, oui, j'étais épuisée.
Ma maman m'aida à monter mes valises puis nous nous lavâmes les dents et nous nous mîmes en pyjama.
Je retrouvai la même chambre que j'avais laissée cet été. Même lit, mêmes rideaux, même bureau, même armoire. Je courus à la fenêtre. Même arbre. Il etait toujours là, "l'arbre magique".
Je m'étirai puis me laissai tomber sur le matelas bien douillet. De retour chez moi.
Mais malgré tout, Poudlard et ses merveilles commençait déjà à me manquer. Je repensai à la Répartition, au sourire du Choipeau, à Amandine et à la bibliothèque géante dans laquelle je passais la plupart de mon temps libre, à Améline, à Jeanne, à Adulith, à Émeline et à Louise, aux cours fabuleux, à Irene et à bien d'autres choses extrairdinaires.
《 Tu y retourneras bientôt, Lucy. songeai-je. Pour l'instant, profite juste de tes vacances et de ta famille. Repose-toi et sois heureuse. 》
Les étoiles brillaient, dehors. J'aimais bien laisser les volets ouvert pour voir le ciel nocturne. C'était beau. On pouvait des fois apercevoir de magnifiques dégradés. Et je m'amusais à inventer de nouvelles constellations. Les étoiles me rappellaient les fées étincelantes que j'avais involontairement créé le jour où j'ai découvert mes pouvoirs. Ce jour, jamais je ne l'oublierai.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
La Magie de Noël
[font=black jack]21 décembre 2044
Cher journal,
Noël approchait à grands pas. Et je n'avais rien à offrir à mes proches. Ce matin, j'ai donc prétexté que j'allais accompagner papy qui allait chercher du pain.
Il faisait très froid dehors. Un tapis de givre glissant recouvrait le trottoir. Emmitoufflée dans mon manteau prune, je marchais auprès de mon grand-père, en faisait bien attention où je posais mon pied à chaque pas.
《 Alors, cette école, elle te plaît ? lança-t-il pour engager la conversation.
- Oui. C'est génial là-bas. J'ai été répartie à Serdaigle, la maison de l'intelligence, de la créativité et de l'originalité.
- Ça te vas comme un gant !
- Moui... J'ai un peu l'impression de ne pas y être à ma place. Je me sens... isolée.
- Tu n'as pas d'amis ?
- Si, des amies géniales. Mais je... Je ne suis toujours pas très à l'aise pour parler aux autres.
- Ça viendra un jour ou l'autre. Tu as fait des progrès, déjà. Et, dis-moi franchement : où te sens-tu le mieux ? Ici ? Ou à Poudlard ? 》
C'était vrai ça. Où me sentais-je le mieux ? Au début, je pensais que c'était chez mes grands-parents. Sans hésiter. Mais était-ce vrai finalement ? J'aimais Poudlard, ses mystères et ses merveilles. Et puis j'avais des amies là-bas. Mais chez mes grands-parents, j'étais moins angoissée. Préférai-je vraiment passer ma vie ici ? Non. Je m'ennuierais et me sentirais seule. Et à Poudlard ? Peut-être. Je pouvais me faire des amies, rencontrer des gens, apprendre, m'amuser, lire...
《 À... à Poudlard. 》
Mon papy sourit. Il me donna une petite tape dans le dos et me dit :
《 Tu vois, même si tu as encore peur, tu préfères cette école. Tu y rencontres des gens qui ne font pas partis de ta famille, tu te fais des amis, des ennemis aussi, peut-être. Et un jour tu trouveras l'amour. 》
Pfff... L'amour ? Mon papy était très sympa, et je lui parlais beaucoup, mais il ne fallait surtout pas aborder ce sujet, sinon on doit supporter son long discourt sur...
《 Je me rappelle encore de la première fois que j'ai vu ta grand-mère... 》
La rue commerçante était juste devant. J'en profitai pour courir vers la boutique de jouets en bois, évitant en même temps le monologue ennuyant de mon papy.
《 Alors c'est pour acheter des cadeaux que tu es venues avec moi ? s'écria mon grand-père. Bon,
je te laisse faire tes achats, on se retrouve devant le vieux cinéma dans 20 minutes ! 》
La petit boutique de jouets proposait toutes sortes de petites figurines en bois. J'en c
pris une représentant une princesse, payai puis filai à la librairie-papeterie. Je choisis un roman fantastique pour ma mère, du beau papier pour ma mamie et un livre d'origami pour mon grand-père. Il ne restait qu'à trouver le cadeau pour mon père.
《 Qu'aimes-tu, à présent ? songeai-je amèrement. 》
Avant, c'était si simple de lui trouver un cadeau : un livre fantastique ou quelque chose en rapport avec la Magie suffisait à le rendre heureux. Mais depuis la mort de ses parents...
Trônant sur l'étagère des livres "à la une" je remarquai un magnifique ouvrage, dont le titre n'était autre que "Éternité". Je le saisis avec soin et lus le résumé, au dos.[/font]
[font=black jack]Mon papa aurait adoré ce livre. Mais pas mon père.
Je m'apprêtais à le reposer quand une idée me vint à l'esprit :
《 Peut-être que si mon père lisaot ce livre, cela lui rappellerait l'émerveillement que procurait la Magir et il redeviendrait comme avant. 》
Ce n'était qu'une hypothèse, mais je m'accrochais tant à l'espoir de revoir mon père joyeux que j'achetais mon livre.
J'arrivai devant le vieux cinéma avec cinq minutes d'avance. Heureusement mon papy avait, lui aussi, beaucoup d'avance.
《 Alors qu'as-tu pris ? me demanda mon grand-père en m'adressant un clin d'œil malicieux. 》
En réponse, je lui tirai la langue et cachai mon sac derrière mon dos.
《 Je vois. fit-il. C'est une surprise... 》
Nous nous mîmes en route vers la maison. Le givre recouvrait le moindre brin d'herbe, la moinde feuille morte et le vent glacial faisait voler mes cheveux châtains.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
Noël approchait à grands pas. Et je n'avais rien à offrir à mes proches. Ce matin, j'ai donc prétexté que j'allais accompagner papy qui allait chercher du pain.
Il faisait très froid dehors. Un tapis de givre glissant recouvrait le trottoir. Emmitoufflée dans mon manteau prune, je marchais auprès de mon grand-père, en faisait bien attention où je posais mon pied à chaque pas.
《 Alors, cette école, elle te plaît ? lança-t-il pour engager la conversation.
- Oui. C'est génial là-bas. J'ai été répartie à Serdaigle, la maison de l'intelligence, de la créativité et de l'originalité.
- Ça te vas comme un gant !
- Moui... J'ai un peu l'impression de ne pas y être à ma place. Je me sens... isolée.
- Tu n'as pas d'amis ?
- Si, des amies géniales. Mais je... Je ne suis toujours pas très à l'aise pour parler aux autres.
- Ça viendra un jour ou l'autre. Tu as fait des progrès, déjà. Et, dis-moi franchement : où te sens-tu le mieux ? Ici ? Ou à Poudlard ? 》
C'était vrai ça. Où me sentais-je le mieux ? Au début, je pensais que c'était chez mes grands-parents. Sans hésiter. Mais était-ce vrai finalement ? J'aimais Poudlard, ses mystères et ses merveilles. Et puis j'avais des amies là-bas. Mais chez mes grands-parents, j'étais moins angoissée. Préférai-je vraiment passer ma vie ici ? Non. Je m'ennuierais et me sentirais seule. Et à Poudlard ? Peut-être. Je pouvais me faire des amies, rencontrer des gens, apprendre, m'amuser, lire...
《 À... à Poudlard. 》
Mon papy sourit. Il me donna une petite tape dans le dos et me dit :
《 Tu vois, même si tu as encore peur, tu préfères cette école. Tu y rencontres des gens qui ne font pas partis de ta famille, tu te fais des amis, des ennemis aussi, peut-être. Et un jour tu trouveras l'amour. 》
Pfff... L'amour ? Mon papy était très sympa, et je lui parlais beaucoup, mais il ne fallait surtout pas aborder ce sujet, sinon on doit supporter son long discourt sur...
《 Je me rappelle encore de la première fois que j'ai vu ta grand-mère... 》
La rue commerçante était juste devant. J'en profitai pour courir vers la boutique de jouets en bois, évitant en même temps le monologue ennuyant de mon papy.
《 Alors c'est pour acheter des cadeaux que tu es venues avec moi ? s'écria mon grand-père. Bon,
je te laisse faire tes achats, on se retrouve devant le vieux cinéma dans 20 minutes ! 》
La petit boutique de jouets proposait toutes sortes de petites figurines en bois. J'en c
pris une représentant une princesse, payai puis filai à la librairie-papeterie. Je choisis un roman fantastique pour ma mère, du beau papier pour ma mamie et un livre d'origami pour mon grand-père. Il ne restait qu'à trouver le cadeau pour mon père.
《 Qu'aimes-tu, à présent ? songeai-je amèrement. 》
Avant, c'était si simple de lui trouver un cadeau : un livre fantastique ou quelque chose en rapport avec la Magie suffisait à le rendre heureux. Mais depuis la mort de ses parents...
Trônant sur l'étagère des livres "à la une" je remarquai un magnifique ouvrage, dont le titre n'était autre que "Éternité". Je le saisis avec soin et lus le résumé, au dos.[/font]
1987 : Le docteur John Kox tombe un soir dans un gouffre infini.
2003 : L'actrice Mary Hock est attirée vers le fond d'un lac.
2017 : Le détective Thomas Finsbury est coincée dans un immeuble en feu.
Ces trois personnes, venues d'années différentes, se retrouvent piégés dans un labyrinthe magique sans fin. Parviendront-ils à s'en sortir ?
2003 : L'actrice Mary Hock est attirée vers le fond d'un lac.
2017 : Le détective Thomas Finsbury est coincée dans un immeuble en feu.
Ces trois personnes, venues d'années différentes, se retrouvent piégés dans un labyrinthe magique sans fin. Parviendront-ils à s'en sortir ?
[font=black jack]Mon papa aurait adoré ce livre. Mais pas mon père.
Je m'apprêtais à le reposer quand une idée me vint à l'esprit :
《 Peut-être que si mon père lisaot ce livre, cela lui rappellerait l'émerveillement que procurait la Magir et il redeviendrait comme avant. 》
Ce n'était qu'une hypothèse, mais je m'accrochais tant à l'espoir de revoir mon père joyeux que j'achetais mon livre.
J'arrivai devant le vieux cinéma avec cinq minutes d'avance. Heureusement mon papy avait, lui aussi, beaucoup d'avance.
《 Alors qu'as-tu pris ? me demanda mon grand-père en m'adressant un clin d'œil malicieux. 》
En réponse, je lui tirai la langue et cachai mon sac derrière mon dos.
《 Je vois. fit-il. C'est une surprise... 》
Nous nous mîmes en route vers la maison. Le givre recouvrait le moindre brin d'herbe, la moinde feuille morte et le vent glacial faisait voler mes cheveux châtains.
Dernière modification par Lucy Light le 5 févr. 2020, 07:40, modifié 1 fois.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
La Magie de Noël
[font=black jack]23 décembre 2044
Cher journal,
Une ambiance de fête régnait dans l'air, ce matin. Ma mamie nous avait préparé un chocolat chaud avec des minis chamalows dedans. Je le dégustait tranquillement, en compagnie de ma sœur, qui ne tenait pas en place.
《 On le fait bientôt, la sapin ? n'arrêtait-elle pas de s'écrier. 》
Mon papy et mon père avaient rapporté un immense sapin, touffu et bien vert. Il trônait désormais dans un coin du salon, à côté des cartons remplis de guirlandes et autres décorations.
《 Lucy, dépèche-toi de finir ton chocolat ! ordonnait-elle.
-Du calme ma chouette des neiges, on va le décorer mais sois patiente ! 》
Tout le monde était rassemblé autour de l'arbre. Des aiguilles tapissaient déjà le parquet. Mon père se battait avec la guirlande lumineuse depuis cinq bonnes minutes déjà, et cela commençait à l'énerver.
Ma mère sorti de sa poche un long bout de bois fin : sa baguette. Elle fit un petit geste et la guirlande s'enroula autour du sapin toute seule. Mes grands-parents était émerveillés, mais pas mon père. Je vis bien le regard assassin qu'il jeta à ma maman. Celle-ci l'ignora et saisit une guirlande d'un bleu roi étincelant. Siara entreprit de disposer un peu partout des boules de Noël argentées, mon papy accrochait six grosses chaussettes bleues au mur et ma mamie disposait ses boules à neige de collection sur le meuble télé. Mon père, quand à lui, cherchait dans les cartons l'étoile à accrocher en haut du sapin. Les grelots tintaient en s'entrechoquant et des nuages de paillettes et de poussières s'échappaient des boîtes à chaque secousse.
Je saisis doucement une boule à neige et la secouai. Big Ben se retrouva alors en pleine tempête de neige, enfin, la petite reproduction qui se trouvait dans la boule. Je souris tristement. Quel dommage qu'il ne neige pas.
《 C'est bien comme ça ? fit ma petite sœur en désignant l'arbre garni de décorations bleues et argentées.
- Mais c'est... murmurai-je, un peu surprise.
- Ce sont les couleurs de Serdaigle, oui. dit ma mère en se plaçant à mes côtés pour regarder le résultat.
- C'est magnifique !
- Il ne reste qu'à accrocher cette merveille ! s'exclama mon grand-père en montrant la majestueuse étoile scintillante. Mon père allait la prendre, quand ma maman sortit sa baguette et fit léviter la décoration jusqu'au sommet du sapin. Quand l'étoile fut stable, la guirlande électrique se mit à scintiller da mille feux.
Tout était si joyeux, si fantastique, j'aurais tant voulu que ce moment dure une éternité. Mais mon père mit fin à ce bonheur :
《 N'utilisons plus la Magie !
- La Magie n'est pas une mauvaise chose ! s'emporta ma mère.
- Nous vivons parmi des gens sans pouvoirs, nous devons nous comporter comme eux ! 》
Pour échapper à leur dispute, je montai à grande vitesse les escaliers et m'enfermai dans ma chambre.
Pourquoi mon père n'aimait-il pas la Magie ? Parce qu'il était un Moldu, et qu'il était jaloux ? Non, cela ne lui ressemblait pas, ou du moins cela ne ressemblait pas à mon papa. La raison de sa "métamorphose" restait inconnue pour moi.
Mes parents se disputaient rarement, mais depuis que j'ai reçu ma lettre d'inscription à Poudlard, c'était... tendu.
J'entendis quelqu'un monter, et les éclats de voix s'étaient tus. On frappa à ma porte.
《 Entrez. 》
Ma mère apparut dans l'encadrement de la porte.
《 Pardon ma chérie... 》
Elle vint s'asseoir à côté de moi, sur le lit, un sourire triste sur son visage et une lueur désolée dans le regard.
《 C'est rien... ça n'arrive pas souvent. 》
Ma maman me serra dans ses bras. Son parfum délicat me replongea dans mes souvenirs, quand j'étais plus petite, les soirs où elle me consolait parce que je me sentais seule.
À Poudlard, je ne m'étais pas vraiment fais d'amis proches, mais je m'entendais bien avec mes copines de dortoir et Irene Gates, la capitaine de l'équipe de Quiddich de Sersaigle. Malgré cela, je passais la majorité du temps en solitaire. Cela ne me rendais plus vraiment triste. Je m'étais habituée.
《 Maman ? T'es où ? cria ma sœur du bas des escaliers.
- Je suis là ma chouette des neiges. J'arrive. 》
Elle me fit un bisous dans le cou et descendit, me laissant seule et pensive. Du tiroir de ma table de chevet, je sortis ma baguette. Elle mesurais 27,7 cm et étais en bois de châtaigner avec une ventricule de Snallygaster à l'intérieur. Sa poignée était noire et le reste marron clair avec quelques reflets roux et en bois ondulé.

Je me demandai comme mon père pouvait détester un objet aussi élégant, mystérieux et magique.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
Une ambiance de fête régnait dans l'air, ce matin. Ma mamie nous avait préparé un chocolat chaud avec des minis chamalows dedans. Je le dégustait tranquillement, en compagnie de ma sœur, qui ne tenait pas en place.
《 On le fait bientôt, la sapin ? n'arrêtait-elle pas de s'écrier. 》
Mon papy et mon père avaient rapporté un immense sapin, touffu et bien vert. Il trônait désormais dans un coin du salon, à côté des cartons remplis de guirlandes et autres décorations.
《 Lucy, dépèche-toi de finir ton chocolat ! ordonnait-elle.
-Du calme ma chouette des neiges, on va le décorer mais sois patiente ! 》
Tout le monde était rassemblé autour de l'arbre. Des aiguilles tapissaient déjà le parquet. Mon père se battait avec la guirlande lumineuse depuis cinq bonnes minutes déjà, et cela commençait à l'énerver.
Ma mère sorti de sa poche un long bout de bois fin : sa baguette. Elle fit un petit geste et la guirlande s'enroula autour du sapin toute seule. Mes grands-parents était émerveillés, mais pas mon père. Je vis bien le regard assassin qu'il jeta à ma maman. Celle-ci l'ignora et saisit une guirlande d'un bleu roi étincelant. Siara entreprit de disposer un peu partout des boules de Noël argentées, mon papy accrochait six grosses chaussettes bleues au mur et ma mamie disposait ses boules à neige de collection sur le meuble télé. Mon père, quand à lui, cherchait dans les cartons l'étoile à accrocher en haut du sapin. Les grelots tintaient en s'entrechoquant et des nuages de paillettes et de poussières s'échappaient des boîtes à chaque secousse.
Je saisis doucement une boule à neige et la secouai. Big Ben se retrouva alors en pleine tempête de neige, enfin, la petite reproduction qui se trouvait dans la boule. Je souris tristement. Quel dommage qu'il ne neige pas.
《 C'est bien comme ça ? fit ma petite sœur en désignant l'arbre garni de décorations bleues et argentées.
- Mais c'est... murmurai-je, un peu surprise.
- Ce sont les couleurs de Serdaigle, oui. dit ma mère en se plaçant à mes côtés pour regarder le résultat.
- C'est magnifique !
- Il ne reste qu'à accrocher cette merveille ! s'exclama mon grand-père en montrant la majestueuse étoile scintillante. Mon père allait la prendre, quand ma maman sortit sa baguette et fit léviter la décoration jusqu'au sommet du sapin. Quand l'étoile fut stable, la guirlande électrique se mit à scintiller da mille feux.
Tout était si joyeux, si fantastique, j'aurais tant voulu que ce moment dure une éternité. Mais mon père mit fin à ce bonheur :
《 N'utilisons plus la Magie !
- La Magie n'est pas une mauvaise chose ! s'emporta ma mère.
- Nous vivons parmi des gens sans pouvoirs, nous devons nous comporter comme eux ! 》
Pour échapper à leur dispute, je montai à grande vitesse les escaliers et m'enfermai dans ma chambre.
Pourquoi mon père n'aimait-il pas la Magie ? Parce qu'il était un Moldu, et qu'il était jaloux ? Non, cela ne lui ressemblait pas, ou du moins cela ne ressemblait pas à mon papa. La raison de sa "métamorphose" restait inconnue pour moi.
Mes parents se disputaient rarement, mais depuis que j'ai reçu ma lettre d'inscription à Poudlard, c'était... tendu.
J'entendis quelqu'un monter, et les éclats de voix s'étaient tus. On frappa à ma porte.
《 Entrez. 》
Ma mère apparut dans l'encadrement de la porte.
《 Pardon ma chérie... 》
Elle vint s'asseoir à côté de moi, sur le lit, un sourire triste sur son visage et une lueur désolée dans le regard.
《 C'est rien... ça n'arrive pas souvent. 》
Ma maman me serra dans ses bras. Son parfum délicat me replongea dans mes souvenirs, quand j'étais plus petite, les soirs où elle me consolait parce que je me sentais seule.
À Poudlard, je ne m'étais pas vraiment fais d'amis proches, mais je m'entendais bien avec mes copines de dortoir et Irene Gates, la capitaine de l'équipe de Quiddich de Sersaigle. Malgré cela, je passais la majorité du temps en solitaire. Cela ne me rendais plus vraiment triste. Je m'étais habituée.
《 Maman ? T'es où ? cria ma sœur du bas des escaliers.
- Je suis là ma chouette des neiges. J'arrive. 》
Elle me fit un bisous dans le cou et descendit, me laissant seule et pensive. Du tiroir de ma table de chevet, je sortis ma baguette. Elle mesurais 27,7 cm et étais en bois de châtaigner avec une ventricule de Snallygaster à l'intérieur. Sa poignée était noire et le reste marron clair avec quelques reflets roux et en bois ondulé.

Je me demandai comme mon père pouvait détester un objet aussi élégant, mystérieux et magique.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
La Magie de Noël
[font=black jack]24 décembre 2044
Cher journal,
C'est aujourd'hui. C'est le réveillon de Noël.
Ma mère fredonnait des chansons de Noël en remettant bien en place quelques décorations. Mes grands-parents s'activaient dans la cuisines : ils étaient soucieux de servir un bon repas, même si tout ce qu'ils servaient en général était délicieux. Ma sœur sautillait dans tout le salon en s'écriant :
《 On va ouvrir les cadeaux, on va ouvrir les cadeaux ! 》
Sous le sapin, une multitude de paquets colorés reposait. Siara s'en approcha, des étoiles dans les yeux et, sans toucher les présents - car on n'avait pas le droit de le faire avant qu'on nous l'y invite - , elle essaya de repérer lesquels étaient pour elle.
Je descendis des escaliers et posa délicatement mes cadeaux, que j'avais soigneusement emballé, parmi les autres. J'étais vêtue d'une délicate robe mauve pâle avec des petites étoiles, serrée à la taille et qui s'évasait en bas. Mon épaisse chevelure était retenue en un chignon bas, avec quelques mèches folles, agrémenté d'une barrette en forme d'étoile. Ma mère m'avait mis un peu de mascara. C'était exceptionnel. Mais ça fait tout bizarre. Et puis il ne faut pas que je me frotte les yeux sinon ça fait de grosses traces noires.
Mon père attendait debout à côté de la table, droit comme un I. Des bougies brillaient dans de jolis photophores, posés sur la tables. L'odeur du pain d'épice et de la dinde aux marrons flottait dans l'air. Tout semblait parfait, féérique, calme, joyeux. Mais la tension état palpable. Je ne sais pas pourquoi, et cela me dérangeait.
Ma sœur ne sentait pas cette tension, mais je voyais très bien que c'était le contraire pour les adultes : ils ne la remarquaient que trop. Donc, malgré cette agitation, chacun gardait le silence, gêné. Cela leur bloquait la gorge et leur faisait éviter de croiser le regard d'un autre. Et ça me faisait ça à moi aussi. Quand quelqu'un se tournait vers moi, je regardais mes chaussons pourpres. Cet affreux silence se brisa enfin quand ma mamie apporta le foie gras et que Siara s'exclama :
<< Moi j'aime pas le truc tout gras ! Je peux avoir des chips ? >>
Mon papy hocha la tête et partit en chercher un paquet pendant que nous nous mettions à table. L'intervention avait manifestement rendu la parole à ma famille car ma mère dit en souriant :
<< Chaque année, Noël est un vrai moment de bonheur, un vrai rêve. Et chaque année j'ai l'impression de revivre ce rêve.
- Ouais, Noël c'est génial car on a des cadeaux ! chantonna ma petite sœur.
- Pas seulement, dit mon papy en posant un bol rempli de chips au centre de la table, Noël c'est aussi génial parce que c'est un moment où toute la famille est réunie ! >>
Je pris une tranche de foie gras et un peu confis de figues dans une des belles assiettes décorées à la main que mes grands-parents ressortaient à chaque Noël. Je ne pus alors m'empêcher de penser :
<< Non, pas toute. >>
Mon autre mamie adorait cette vaisselle. Chaque année elle s'extasiait sur leur beauté. Mais c'était avant. Des fois, elle me manquait. Et mon papy aussi. Ils n'étaient hélas plus qu'un souvenir, depuis trois ans.
<< Elle est bien cette nouvelle école ? demanda ma mamie.
- Oui ! fis-je, rassurée de pouvoir parler de quelque chose qui me plaisait. Je suis à Serdaigle, la maison de l'intelligence, de la créativité et de l'originalité.
- J'étais sûre que tu irais là-bas. dit ma mère. >>
Mon père ne parlait pas. Je n'étais même pas certaine qu'il écoutait. Ce qui me brisa le cœur. Même si il n'aimait pas la Magie, ne pouvait-il pas se réjouir pour moi ?
<< Je dors dans le dortoir Imagination, avec Emeline Joyner, Louise Leench, Adulith Wen, Jeanne Tessier et Améline Pearce. >>
L'évocation de cette dernière me fit sourire. Cette fille avait un je-ne-sais-quoi qui m'inspirait confiance. Peut-être le fait qu'on se ressemblait un peu ? Car oui, Améline et moi étions toutes deux très timides. Ou bien peut-être que ses beaux yeux verts m'envoûtaient ?
<< Pour l'instant, on ne se parle pas trop. Mais je pense que ça va changer. >>
Je me tournait vers ma maman, assise à ma droite.
<< J'adore les cours de sortilèges. >>
Je savais que me mère appréciait beaucoup cette matière. Elle était une des meilleurs de sa classe à Poudlard. J'aurais bien voulu lui faire une petite démonstration mais je n'avais pas encore le droit de pratiquer la Magie en dehors de l'école.
<< Et je suis sûre que papy aurait adoré la botanique ! >>
Mon grand-père sourit. C'était un grand sourire, étincelant, qui le faisait un peu ressembler à un singe, et qui me faisait tant rire autrefois. Alors je souris à mon tour. Mais mon père ne souriait pas et il ne m'adressait toujours pas un regard.
<< La Magie, c'est fantastique. conclus-je, un peu déçue par la réaction de mon père. >>
Je baissais les yeux et pris une bouchée du fois gras. Je pensais qu'en me voyant heureuse en parlant des sorciers, il aurait changé. Et je n'avais pas tort. Sauf que le résultat n'était pas du tout celui que j'attendais.
Un gros bruit retentit : mon père venait de taper du poing sur la table en bois, la faisant vibrer. Il n'avait plus le même visage inexpressif qu'il affichait d'habitude : ses joues étaient rouges, se lèvres pincées et il me foudroya d'un regard assassin. Un regard que j'aurais préféré oublier. Mais impossible d'effacer cette terrible image de mon esprit.
<< La Magie n'a rien de fantastique ! tonna-t-il. >>
Je le dévisageai, incrédule. Pourquoi disait-il cela ? Il aimait tellement tout ce qui était en rapport avec le monde des sorciers avant ! Mais avant que je ne pus dire quoi que ce soit, ma maman intervint :
<< Arrête de dire ça, Florian, c'est faux !
- Non ! cria-t-il en se levant. >>
Ma maman se leva aussi, les larmes aux yeux.
<< Rassieds-toi ! >>
Mon père la fusilla du regard. Ses cheveux étaient en bataille, sa chemise froissée, il avait l'air d'un fou. Ma sœur et mes grands-parents restaient muets, impressionnés par cette soudaine dispute. C'était impossible, ça n'arrivait jamais avant. Je tremblait, non pas de froid, mais de tristesse, de colère et un peu de peur.
<< Pourquoi t'as changé ?! m'exclamai-je vers mon père, les yeux rougis. Pourquoi tu n'aimes plus la Magie ?!
- PARCE QUE LA MAGIE A TUÉ MES PARENTS ! me cracha-t-il au visage. >>
Je retombai sur ma chaise, livide. Je regardai la scène, sans comprendre.
<< Papy… mamie… morts… Magie ? pensai-je, perdue. >>
Ils n'étaient pas morts dans un accident de voiture ? Alors ma maman m'avait menti pendant 3 ans ? Que… Comment était-ce possible ?
Mon père monta et redescendit, sa valise à la main. Nous partions pour notre maison, à Brighton, dès le lendemain, alors nos valises étaient déjà prêtes. Il attrapa son manteau et sortit.
Ma mère, à moitié pétrifiée, bafouilla :
<< Ma… ma chérie, je… je peux tout t'expliquer... >>
Une bouffée de haine m'envahit. M'expliquer ?! Elle pensait vraiment que c'était le moment de m'expliquer ?!
Je sortis à mon tour, à la poursuite de mon père.
Dehors il faisait froid, très froid. Une pluie torrentielle s'abattait sur le jardin, me glaçant jusqu'aux os. Le vent violent détacha mes cheveux et les fit tourbillonner dans les airs. Pas une étoile n'était visible, de même que la lune. Je mis un petit moment avant d'apercevoir enfin mon père. Il mettait sa valise dans le coffre de la voiture.
<< Non, papa ! criai-je. >>
Mais il était déjà trop tard. Le temps que je parvienne au véhicule, le moteur était déjà en marche. Il disparut au loin. Je me laissai tomber à genoux. La bout salissait ma robe, mais je m'en fichais. Je voulais revoir mon père, je voulais me convaincre que ce n'était qu'un cauchemar. Je me mis à pleurer. Mes larmes coulèrent le long de mes joues rebondies, se mêlant aux gouttes de pluie. J'avais envie de courir, de le rattraper, mais je n'avais plus aucune force, et c'était impossible. Il était trop loin, maintenant. J'avais la sensation que mon cœur ne battait plus, qu'il avait réellement été brisé en mille morceaux. J'étais sale, j'avais froid, mais je m'en fichais.
<< Papa, reviens !!! hurlai-je au désespoir. >>
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
C'est aujourd'hui. C'est le réveillon de Noël.
Ma mère fredonnait des chansons de Noël en remettant bien en place quelques décorations. Mes grands-parents s'activaient dans la cuisines : ils étaient soucieux de servir un bon repas, même si tout ce qu'ils servaient en général était délicieux. Ma sœur sautillait dans tout le salon en s'écriant :
《 On va ouvrir les cadeaux, on va ouvrir les cadeaux ! 》
Sous le sapin, une multitude de paquets colorés reposait. Siara s'en approcha, des étoiles dans les yeux et, sans toucher les présents - car on n'avait pas le droit de le faire avant qu'on nous l'y invite - , elle essaya de repérer lesquels étaient pour elle.
Je descendis des escaliers et posa délicatement mes cadeaux, que j'avais soigneusement emballé, parmi les autres. J'étais vêtue d'une délicate robe mauve pâle avec des petites étoiles, serrée à la taille et qui s'évasait en bas. Mon épaisse chevelure était retenue en un chignon bas, avec quelques mèches folles, agrémenté d'une barrette en forme d'étoile. Ma mère m'avait mis un peu de mascara. C'était exceptionnel. Mais ça fait tout bizarre. Et puis il ne faut pas que je me frotte les yeux sinon ça fait de grosses traces noires.
Mon père attendait debout à côté de la table, droit comme un I. Des bougies brillaient dans de jolis photophores, posés sur la tables. L'odeur du pain d'épice et de la dinde aux marrons flottait dans l'air. Tout semblait parfait, féérique, calme, joyeux. Mais la tension état palpable. Je ne sais pas pourquoi, et cela me dérangeait.
Ma sœur ne sentait pas cette tension, mais je voyais très bien que c'était le contraire pour les adultes : ils ne la remarquaient que trop. Donc, malgré cette agitation, chacun gardait le silence, gêné. Cela leur bloquait la gorge et leur faisait éviter de croiser le regard d'un autre. Et ça me faisait ça à moi aussi. Quand quelqu'un se tournait vers moi, je regardais mes chaussons pourpres. Cet affreux silence se brisa enfin quand ma mamie apporta le foie gras et que Siara s'exclama :
<< Moi j'aime pas le truc tout gras ! Je peux avoir des chips ? >>
Mon papy hocha la tête et partit en chercher un paquet pendant que nous nous mettions à table. L'intervention avait manifestement rendu la parole à ma famille car ma mère dit en souriant :
<< Chaque année, Noël est un vrai moment de bonheur, un vrai rêve. Et chaque année j'ai l'impression de revivre ce rêve.
- Ouais, Noël c'est génial car on a des cadeaux ! chantonna ma petite sœur.
- Pas seulement, dit mon papy en posant un bol rempli de chips au centre de la table, Noël c'est aussi génial parce que c'est un moment où toute la famille est réunie ! >>
Je pris une tranche de foie gras et un peu confis de figues dans une des belles assiettes décorées à la main que mes grands-parents ressortaient à chaque Noël. Je ne pus alors m'empêcher de penser :
<< Non, pas toute. >>
Mon autre mamie adorait cette vaisselle. Chaque année elle s'extasiait sur leur beauté. Mais c'était avant. Des fois, elle me manquait. Et mon papy aussi. Ils n'étaient hélas plus qu'un souvenir, depuis trois ans.
<< Elle est bien cette nouvelle école ? demanda ma mamie.
- Oui ! fis-je, rassurée de pouvoir parler de quelque chose qui me plaisait. Je suis à Serdaigle, la maison de l'intelligence, de la créativité et de l'originalité.
- J'étais sûre que tu irais là-bas. dit ma mère. >>
Mon père ne parlait pas. Je n'étais même pas certaine qu'il écoutait. Ce qui me brisa le cœur. Même si il n'aimait pas la Magie, ne pouvait-il pas se réjouir pour moi ?
<< Je dors dans le dortoir Imagination, avec Emeline Joyner, Louise Leench, Adulith Wen, Jeanne Tessier et Améline Pearce. >>
L'évocation de cette dernière me fit sourire. Cette fille avait un je-ne-sais-quoi qui m'inspirait confiance. Peut-être le fait qu'on se ressemblait un peu ? Car oui, Améline et moi étions toutes deux très timides. Ou bien peut-être que ses beaux yeux verts m'envoûtaient ?
<< Pour l'instant, on ne se parle pas trop. Mais je pense que ça va changer. >>
Je me tournait vers ma maman, assise à ma droite.
<< J'adore les cours de sortilèges. >>
Je savais que me mère appréciait beaucoup cette matière. Elle était une des meilleurs de sa classe à Poudlard. J'aurais bien voulu lui faire une petite démonstration mais je n'avais pas encore le droit de pratiquer la Magie en dehors de l'école.
<< Et je suis sûre que papy aurait adoré la botanique ! >>
Mon grand-père sourit. C'était un grand sourire, étincelant, qui le faisait un peu ressembler à un singe, et qui me faisait tant rire autrefois. Alors je souris à mon tour. Mais mon père ne souriait pas et il ne m'adressait toujours pas un regard.
<< La Magie, c'est fantastique. conclus-je, un peu déçue par la réaction de mon père. >>
Je baissais les yeux et pris une bouchée du fois gras. Je pensais qu'en me voyant heureuse en parlant des sorciers, il aurait changé. Et je n'avais pas tort. Sauf que le résultat n'était pas du tout celui que j'attendais.
Un gros bruit retentit : mon père venait de taper du poing sur la table en bois, la faisant vibrer. Il n'avait plus le même visage inexpressif qu'il affichait d'habitude : ses joues étaient rouges, se lèvres pincées et il me foudroya d'un regard assassin. Un regard que j'aurais préféré oublier. Mais impossible d'effacer cette terrible image de mon esprit.
<< La Magie n'a rien de fantastique ! tonna-t-il. >>
Je le dévisageai, incrédule. Pourquoi disait-il cela ? Il aimait tellement tout ce qui était en rapport avec le monde des sorciers avant ! Mais avant que je ne pus dire quoi que ce soit, ma maman intervint :
<< Arrête de dire ça, Florian, c'est faux !
- Non ! cria-t-il en se levant. >>
Ma maman se leva aussi, les larmes aux yeux.
<< Rassieds-toi ! >>
Mon père la fusilla du regard. Ses cheveux étaient en bataille, sa chemise froissée, il avait l'air d'un fou. Ma sœur et mes grands-parents restaient muets, impressionnés par cette soudaine dispute. C'était impossible, ça n'arrivait jamais avant. Je tremblait, non pas de froid, mais de tristesse, de colère et un peu de peur.
<< Pourquoi t'as changé ?! m'exclamai-je vers mon père, les yeux rougis. Pourquoi tu n'aimes plus la Magie ?!
- PARCE QUE LA MAGIE A TUÉ MES PARENTS ! me cracha-t-il au visage. >>
Je retombai sur ma chaise, livide. Je regardai la scène, sans comprendre.
<< Papy… mamie… morts… Magie ? pensai-je, perdue. >>
Ils n'étaient pas morts dans un accident de voiture ? Alors ma maman m'avait menti pendant 3 ans ? Que… Comment était-ce possible ?
Mon père monta et redescendit, sa valise à la main. Nous partions pour notre maison, à Brighton, dès le lendemain, alors nos valises étaient déjà prêtes. Il attrapa son manteau et sortit.
Ma mère, à moitié pétrifiée, bafouilla :
<< Ma… ma chérie, je… je peux tout t'expliquer... >>
Une bouffée de haine m'envahit. M'expliquer ?! Elle pensait vraiment que c'était le moment de m'expliquer ?!
Je sortis à mon tour, à la poursuite de mon père.
Dehors il faisait froid, très froid. Une pluie torrentielle s'abattait sur le jardin, me glaçant jusqu'aux os. Le vent violent détacha mes cheveux et les fit tourbillonner dans les airs. Pas une étoile n'était visible, de même que la lune. Je mis un petit moment avant d'apercevoir enfin mon père. Il mettait sa valise dans le coffre de la voiture.
<< Non, papa ! criai-je. >>
Mais il était déjà trop tard. Le temps que je parvienne au véhicule, le moteur était déjà en marche. Il disparut au loin. Je me laissai tomber à genoux. La bout salissait ma robe, mais je m'en fichais. Je voulais revoir mon père, je voulais me convaincre que ce n'était qu'un cauchemar. Je me mis à pleurer. Mes larmes coulèrent le long de mes joues rebondies, se mêlant aux gouttes de pluie. J'avais envie de courir, de le rattraper, mais je n'avais plus aucune force, et c'était impossible. Il était trop loin, maintenant. J'avais la sensation que mon cœur ne battait plus, qu'il avait réellement été brisé en mille morceaux. J'étais sale, j'avais froid, mais je m'en fichais.
<< Papa, reviens !!! hurlai-je au désespoir. >>
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
La Magie de Noël
[font=black jack]25 décembre 2044
Cher journal,
Je ne pleurais plus. Je ne souriais pas non plus. Je ne ressentais rien. Je pensais trop et, étrangement, je ne pensais pas à grand chose. J'avais en moi une impression de... vide. De vide sombre, dévorant tout. Je n'étais nulle part pourtant je me trouvais toujours chez mes grands-parents, sur le canapé, enveloppée dans une couverture chaude, mais glaçée jusqu'aux os. Ma sœur, à côté de moi, somnolait, la télécommande dans la main, les yeux vaguement rivés sur l'écran qui s'animait alors que mes grands-parents et ma mère discutaient, accablés. J'étais tout près mais leurs voix me semblait si lointaines...
Je ne savais que penser. Mon père venait de l'abandonner mais ma mère m'avait menti pendant 3 ans. 3 longues années. Mon père ne voulait jamais parler de ses parents, et ma mère me disait toujours qu'ils étaient morts chez eux, paisiblement, dans leur sommeil... Elle m'avait menti. Alors que je lui faisais confiance, que je lui disais tout... Je me sentais trahie. Par mes deux parents.
Pourquoi ce si gros mensonge ? Pourquoi ne m'avait-elle pas dit que la Magie les avait tués ? Au fond de moi, je savais. Elle ne voulait pas que j'ai peur de la Magie, ou que je la déteste. Elle était sûre que j'irai à Poudlard, et que c'était le seul moyen pour elle de revoir la Magie, et de prouver à son mari qu'elle n'était pas si monstrueuse qu'il le pensait. Et si j'avais décidé de ne pas aller à l'école de sorcellerie, tout ça n'aurait jamais été possible. Hélas ça ne s'était pas passé comme elle l'avait prévu, et elle avait payé pour ça. Et moi aussi. Et ma sœur aussi.
Mais, finalement, pourquoi avons nous payé ? Parce qu'il était trop en colère et aveugle.
Avais-je encore envie de retourner à Poudlard ? Oui. Parce que là-bas, au moins j'étais heureuse, je pouvais oublier la terrible réalité. D'ailleurs je souhaitais y retourner le plus tôt possible. Partir, loin de cet enfer.
《 Nous allons rester quelques jours de plus ici, déclara ma maman, me tirant de mes pensées, pour attendre votre père, au cas où il reviendrait. Puis nous repartirons le 31 décembre chez nous, à Brighton, en empruntant la voiture de votre papy et votre mamie. Lucy, tu retournera à Poudlard le 1er janvier, comme prévu. 》
Je ne répondis pas. Que dire de toute façon ? "Oui, maman. On va tranquillement attendre papa. Après on retournera à l'école et on fera comme si de rien n'était."
Ma maman sembla sincèrement blessée par mon silence. Pensait-elle vraiment que j'allais oublier aussi vite son horrible mensonge ? Que j'allais en vouloir à mon père mais pas à elle ? Elle se trompait.
《 Qui veut ouvrir ses cadeaux ? lança-t-elle, d'un air joyeux-triste. 》
Elle m'écœurait. Je n'ignorerai pas ce qui s'est passé. Et si c'est ce que tous les autres vont faire ce soir, alors je préférais aller me coucher.
《 Je vais me coucher. Je suis fatiguée. dis-je en me levant. 》
Mes pieds me faisaient mal, mais cette douleur n'était rien face à ce qui se passait à l'intérieur de moi. Je montai, et claquai la porte de ma chambre derrière moi.
Il faisait sombre. Et froid. Le silence n'était interrompu que par le bruit de la pluie et du vent. Je m'avançai en silence, jusqu'à mon lit. Là, je me laissai tomber, et je pleurai, sans bruit. Je finis par m'endormir, dans mon lit inondé de larmes glacées.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
Je ne pleurais plus. Je ne souriais pas non plus. Je ne ressentais rien. Je pensais trop et, étrangement, je ne pensais pas à grand chose. J'avais en moi une impression de... vide. De vide sombre, dévorant tout. Je n'étais nulle part pourtant je me trouvais toujours chez mes grands-parents, sur le canapé, enveloppée dans une couverture chaude, mais glaçée jusqu'aux os. Ma sœur, à côté de moi, somnolait, la télécommande dans la main, les yeux vaguement rivés sur l'écran qui s'animait alors que mes grands-parents et ma mère discutaient, accablés. J'étais tout près mais leurs voix me semblait si lointaines...
Je ne savais que penser. Mon père venait de l'abandonner mais ma mère m'avait menti pendant 3 ans. 3 longues années. Mon père ne voulait jamais parler de ses parents, et ma mère me disait toujours qu'ils étaient morts chez eux, paisiblement, dans leur sommeil... Elle m'avait menti. Alors que je lui faisais confiance, que je lui disais tout... Je me sentais trahie. Par mes deux parents.
Pourquoi ce si gros mensonge ? Pourquoi ne m'avait-elle pas dit que la Magie les avait tués ? Au fond de moi, je savais. Elle ne voulait pas que j'ai peur de la Magie, ou que je la déteste. Elle était sûre que j'irai à Poudlard, et que c'était le seul moyen pour elle de revoir la Magie, et de prouver à son mari qu'elle n'était pas si monstrueuse qu'il le pensait. Et si j'avais décidé de ne pas aller à l'école de sorcellerie, tout ça n'aurait jamais été possible. Hélas ça ne s'était pas passé comme elle l'avait prévu, et elle avait payé pour ça. Et moi aussi. Et ma sœur aussi.
Mais, finalement, pourquoi avons nous payé ? Parce qu'il était trop en colère et aveugle.
Avais-je encore envie de retourner à Poudlard ? Oui. Parce que là-bas, au moins j'étais heureuse, je pouvais oublier la terrible réalité. D'ailleurs je souhaitais y retourner le plus tôt possible. Partir, loin de cet enfer.
《 Nous allons rester quelques jours de plus ici, déclara ma maman, me tirant de mes pensées, pour attendre votre père, au cas où il reviendrait. Puis nous repartirons le 31 décembre chez nous, à Brighton, en empruntant la voiture de votre papy et votre mamie. Lucy, tu retournera à Poudlard le 1er janvier, comme prévu. 》
Je ne répondis pas. Que dire de toute façon ? "Oui, maman. On va tranquillement attendre papa. Après on retournera à l'école et on fera comme si de rien n'était."
Ma maman sembla sincèrement blessée par mon silence. Pensait-elle vraiment que j'allais oublier aussi vite son horrible mensonge ? Que j'allais en vouloir à mon père mais pas à elle ? Elle se trompait.
《 Qui veut ouvrir ses cadeaux ? lança-t-elle, d'un air joyeux-triste. 》
Elle m'écœurait. Je n'ignorerai pas ce qui s'est passé. Et si c'est ce que tous les autres vont faire ce soir, alors je préférais aller me coucher.
《 Je vais me coucher. Je suis fatiguée. dis-je en me levant. 》
Mes pieds me faisaient mal, mais cette douleur n'était rien face à ce qui se passait à l'intérieur de moi. Je montai, et claquai la porte de ma chambre derrière moi.
Il faisait sombre. Et froid. Le silence n'était interrompu que par le bruit de la pluie et du vent. Je m'avançai en silence, jusqu'à mon lit. Là, je me laissai tomber, et je pleurai, sans bruit. Je finis par m'endormir, dans mon lit inondé de larmes glacées.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.