Voilée
Le mardi 24 janvier 2045
Après les cours – Fin de journée
Dans un escalier
2ème année

Il y a quelques minutes que j'ai quitté la salle de classe, celle d'Holloway. Il y a quelques minutes, j'ai passé le pas de sa porte pour m'en extraire. Difficilement, éreintée. *Chui crevée* marmonne mon esprit affaibli. Je n'ai plus très envie de me trouver là, assise à ce cours – qui a été très théorique – au milieu de tous ces gens. D'autres Gryffons, plusieurs autres, et des Serpents. Il y avait probablement William, ou encore Isaac. Deux des seuls serpents que je connais. J'ai bien vu la chevelure de la Fille-aux-cheveux-blancs et de certains de mes camarades Or et Rouge. *Mais j'veux m'éloigner* Oui. Je suis lasse de ce cours et de ces gens. Les mêmes que je verrais demain et les jours suivants. Mais j'en suis lasse. Infiniment lasse et terriblement fatiguée. Alors mes pieds tournent rapidement dans le couloir pour le parcourir dans toute sa longueur. Mes jambes me supportent difficilement, tremblantes parfois, cotonneuses toujours. Là, au bout de celui-ci ; un escalier.
Je m'arrête à ses pieds. Un instant, je le contemple. Il est 18h, alors il est emprunté, très. Je m'appuie au mur, à son angle, en regardant tous les sorciers qui y fourmillent. Inlassables, ils foulent le sol de leurs diverses chaussures. C'est elles que je regarde, en attendant patiemment que l'escalier se vide. Mais il est tellement foulé par des pieds divers qu'il en devient lassant, lui aussi. Mes yeux se perdent dans les vagues de la foule, mes oreilles absorbent le brouhaha de celle-ci. Le rythme des pas autant que celui des babillages est un flot continu. Comme une mer agitée, les vagues sont rapprochées et bruyantes.
Je soupire, les longues minutes à me poster là, les longues minutes à attendre que la mer d'élèves se calme. Mes jambes faibles meurent pour se reposer. Et puis, il y a quelque chose que je transporte dans mon sac de cuir, trop peu fiable cependant. Il me faut libérer la Chose de cette enveloppe. Elle y gît depuis bien trop longtemps, depuis les longues heures passées en cours. *Faut qu'y partent* pensé-je. Et effectivement, il faut qu'ils soient tous partis et qu'aucun élève ne foule plus l'escalier pour que je puisse finalement m'y asseoir. Après les vagues agitées que je constate – qui passent devant moi – en grimaçant, ce couloir ne sera pas réemprunté avant un moment, je le sais.
Le temps coule mais il me paraît long.
*Ouf* je souffle quand le flux s'arrête – finalement. Cependant, au bout du couloir, un groupe de petits sorciers est rassemblé. Peut-être devrais-je attendre qu'ils s'en aillent ? Je ne peux même pas les reconnaître, plantés trop loin de moi.
Je hausse les épaules, mes jambes cotonneuses sont toujours aussi lourdes et je sens le poids de la Chose sur mon épaule – celle où traîne mon petit sac. Alors je m'assied. Et mon séant me remercie, mes jambes aussi.
Je jette un autre coup d’œil curieux au groupe. *'Sont trop loin* me rassuré-je. Un sourcil arqué, je fais glisser mon sac jusque sur mes genoux. J'y plonge la main, mon cœur s'emballe. Entre les parchemins, et un manuel de Défense contre les Forces du Mal, mes doigts touchent la surface lisse de la Chose. Et mes yeux meurent pour son contact.
Son éclat m'apparaît dans un mouvement de mon poignet pour hisser la Chose hors de son enveloppe.
Après les cours – Fin de journée
Dans un escalier
2ème année

Il y a quelques minutes que j'ai quitté la salle de classe, celle d'Holloway. Il y a quelques minutes, j'ai passé le pas de sa porte pour m'en extraire. Difficilement, éreintée. *Chui crevée* marmonne mon esprit affaibli. Je n'ai plus très envie de me trouver là, assise à ce cours – qui a été très théorique – au milieu de tous ces gens. D'autres Gryffons, plusieurs autres, et des Serpents. Il y avait probablement William, ou encore Isaac. Deux des seuls serpents que je connais. J'ai bien vu la chevelure de la Fille-aux-cheveux-blancs et de certains de mes camarades Or et Rouge. *Mais j'veux m'éloigner* Oui. Je suis lasse de ce cours et de ces gens. Les mêmes que je verrais demain et les jours suivants. Mais j'en suis lasse. Infiniment lasse et terriblement fatiguée. Alors mes pieds tournent rapidement dans le couloir pour le parcourir dans toute sa longueur. Mes jambes me supportent difficilement, tremblantes parfois, cotonneuses toujours. Là, au bout de celui-ci ; un escalier.
Je m'arrête à ses pieds. Un instant, je le contemple. Il est 18h, alors il est emprunté, très. Je m'appuie au mur, à son angle, en regardant tous les sorciers qui y fourmillent. Inlassables, ils foulent le sol de leurs diverses chaussures. C'est elles que je regarde, en attendant patiemment que l'escalier se vide. Mais il est tellement foulé par des pieds divers qu'il en devient lassant, lui aussi. Mes yeux se perdent dans les vagues de la foule, mes oreilles absorbent le brouhaha de celle-ci. Le rythme des pas autant que celui des babillages est un flot continu. Comme une mer agitée, les vagues sont rapprochées et bruyantes.
Je soupire, les longues minutes à me poster là, les longues minutes à attendre que la mer d'élèves se calme. Mes jambes faibles meurent pour se reposer. Et puis, il y a quelque chose que je transporte dans mon sac de cuir, trop peu fiable cependant. Il me faut libérer la Chose de cette enveloppe. Elle y gît depuis bien trop longtemps, depuis les longues heures passées en cours. *Faut qu'y partent* pensé-je. Et effectivement, il faut qu'ils soient tous partis et qu'aucun élève ne foule plus l'escalier pour que je puisse finalement m'y asseoir. Après les vagues agitées que je constate – qui passent devant moi – en grimaçant, ce couloir ne sera pas réemprunté avant un moment, je le sais.
Le temps coule mais il me paraît long.
*Ouf* je souffle quand le flux s'arrête – finalement. Cependant, au bout du couloir, un groupe de petits sorciers est rassemblé. Peut-être devrais-je attendre qu'ils s'en aillent ? Je ne peux même pas les reconnaître, plantés trop loin de moi.
Je hausse les épaules, mes jambes cotonneuses sont toujours aussi lourdes et je sens le poids de la Chose sur mon épaule – celle où traîne mon petit sac. Alors je m'assied. Et mon séant me remercie, mes jambes aussi.
Je jette un autre coup d’œil curieux au groupe. *'Sont trop loin* me rassuré-je. Un sourcil arqué, je fais glisser mon sac jusque sur mes genoux. J'y plonge la main, mon cœur s'emballe. Entre les parchemins, et un manuel de Défense contre les Forces du Mal, mes doigts touchent la surface lisse de la Chose. Et mes yeux meurent pour son contact.
Son éclat m'apparaît dans un mouvement de mon poignet pour hisser la Chose hors de son enveloppe.
Animagus renard polaire
Post ASPIC
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Voilée
Quin était en pleine exploration du château. "C'est pas le tout d'avoir été accepté à Poudlard, mais il faut être capable de se repérer dans le château avant les cours sinon j'arriverais jamais à l'heure " s'était il dit plus tôt, l'amenant à visiter les moindre recoin qu'il avait la possibilité de voir. C'était sa quête comme il l'appelait, sa première aventure.
Il avait dû attendre un peu avant de pouvoir explorer le deuxième étage car il était tombé à un moment où il avait l'impression que tout les élèves de Poudlard s'était rassemblé au même endroit. Et Quin préférait largement avoir tout l'espace pour lui quand il se balade, c'est beaucoup plus agréable comme ça, pas besoin de se presser parce qu'on pousse derrière. Et juste quand il pensait à ça, il croisa un groupe d'élèves qui semblait discuter d'un cours qu'il venait d'avoir. " va falloir que je me fasse mon groupe moi aussi" se disait Quin.
C'est là qu'il la vit. Une fille était assise sur l'escalier, l'air assez fébrile et était en train de fouiller dans son sac. Elle était de Gryffondor. Quin se demanda alors ce qu'il devait faire, est ce qu'il devait faire semblant de ne pas la voir et continuer sa quête à travers le château ou est ce qu'il devait aller lui parler ? Quin hésita peut être une demie seconde, avant d'avancer confiant en direction de la fille, il allait enfin pouvoir discuter avec quelqu'un de Poudlard. Ainsi, il arriva à son niveau, elle l'avait pas encore vu, c'était sa chance. Il lança alors un grand " Salut". Il continua alors sur sa lancée avec un gigantesque sourire et dit d'une traite : " Ça va ? Ça a pas l'air. Moi c'est Quin Uan et toi ? Je suis de Serdaigle, toi de Gryffondor c'est ça ? Dis moi t'as quoi là dans ton sac ? C'est un objet magique ? Ou un objet moldu ? Ce serait cool, j'adore les objets moldus, tu sais que pour s'envoyer des messages ils utilisent ce qu'ils appellent des téléphones ? Ils utilisent pas de hibou, dingue hein ? C'en est un dans ton sac ? Un téléphone ? En plus apparemment ça fait plein de trucs. Ce serait cool que dans ton sac ce soit un téléphone, mais ce serait une sacrée coïncidence. Du coup t'as quoi ? Ah je suis bête, c'est peut-être un truc pour te remettre sur pied, vu que t'as l'air pas trop bien. Oh, eh, je suis pas trop envahissant j'espère, si ? C'est vrai que quand je commence je m'arrête plus, enfin bon, vas y je t'écoute. " Il s'assit alors à côté d'elle et attendit sa réponse.
Il avait dû attendre un peu avant de pouvoir explorer le deuxième étage car il était tombé à un moment où il avait l'impression que tout les élèves de Poudlard s'était rassemblé au même endroit. Et Quin préférait largement avoir tout l'espace pour lui quand il se balade, c'est beaucoup plus agréable comme ça, pas besoin de se presser parce qu'on pousse derrière. Et juste quand il pensait à ça, il croisa un groupe d'élèves qui semblait discuter d'un cours qu'il venait d'avoir. " va falloir que je me fasse mon groupe moi aussi" se disait Quin.
C'est là qu'il la vit. Une fille était assise sur l'escalier, l'air assez fébrile et était en train de fouiller dans son sac. Elle était de Gryffondor. Quin se demanda alors ce qu'il devait faire, est ce qu'il devait faire semblant de ne pas la voir et continuer sa quête à travers le château ou est ce qu'il devait aller lui parler ? Quin hésita peut être une demie seconde, avant d'avancer confiant en direction de la fille, il allait enfin pouvoir discuter avec quelqu'un de Poudlard. Ainsi, il arriva à son niveau, elle l'avait pas encore vu, c'était sa chance. Il lança alors un grand " Salut". Il continua alors sur sa lancée avec un gigantesque sourire et dit d'une traite : " Ça va ? Ça a pas l'air. Moi c'est Quin Uan et toi ? Je suis de Serdaigle, toi de Gryffondor c'est ça ? Dis moi t'as quoi là dans ton sac ? C'est un objet magique ? Ou un objet moldu ? Ce serait cool, j'adore les objets moldus, tu sais que pour s'envoyer des messages ils utilisent ce qu'ils appellent des téléphones ? Ils utilisent pas de hibou, dingue hein ? C'en est un dans ton sac ? Un téléphone ? En plus apparemment ça fait plein de trucs. Ce serait cool que dans ton sac ce soit un téléphone, mais ce serait une sacrée coïncidence. Du coup t'as quoi ? Ah je suis bête, c'est peut-être un truc pour te remettre sur pied, vu que t'as l'air pas trop bien. Oh, eh, je suis pas trop envahissant j'espère, si ? C'est vrai que quand je commence je m'arrête plus, enfin bon, vas y je t'écoute. " Il s'assit alors à côté d'elle et attendit sa réponse.
Dernière modification par Quin Uan le 16 avr. 2020, 15:19, modifié 1 fois.
C'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison.
Voilée
Tu ne supportes plus cette agitation. Les Autres qui se pressent, qui se bousculent, sans aucun égard pour leurs victimes. Tu ne supportes plus que l’on te pousse, que l’on ignore ton existence. Tu ne supportes plus les professeurs et leurs manies, leurs consignes et leurs éclats. Tu ne supportes plus ta langue qui ne se délie plus. Tu ne Te supportes plus.
Entraînée par cette masse anonyme, cet élan contre lequel tu ne peux rien, ce flot d’Autres, que tu ne peux plus remonter, tu marches. Les yeux baissés, la lanière de ton sac te cisaillant l’épaule, tu avances, un pas après l’autre. Un éternel recommencement qui t’apaise, sur lequel tu te concentres. Pour ne plus ressentir la rumeur de la foule qui s’agite autour de toi, contre toi, et qui résonne violemment jusqu’au plus profond de ton corps.
Un pas. Pied gauche. Un mètre.
Un pas. Pied droit. Un mètre.
Tes jambes s’animent, seules. Elles se dirigent vers cette destinée dont tu n’as jamais voulu, vers ces salles remplies d’Autres qui font mal, elles te poussent vers ton avenir et tu ne peux pas les arrêter.
Tes yeux fixés sur tes pieds, que tu contemples toujours sans vraiment les regarder, tu avances avec la certitude que tu te trouves dans un Monde qui n’est pas fait pour toi. Avec la pensée que c’est une erreur du destin, un échec de création, qui t’a menée là.
Qui t’a transformée en ce monstre que tu es à présent, qui ne parle pas et qui se contente d’Être, de vivre, sans se soucier de rien. Un monstre qui fait mal, qui Se fait mal, une ombre dont le cœur est envahi des ténèbres de la haine.
Une créature devenue violente, sans sentiments et sans remords. Un automate destiné à Briser.
Ton regard perdu dans un Ailleurs que tu ne reconnais pas, un Ailleurs vide de sens et de consistance, pas à pas, tu te diriges, inconsciente de ton Passé, ignorante de ton Avenir, vivant pleinement ton Présent. Coulée dans l’Instant, embarquée par cette force contre laquelle ; tu t’en rends compte désormais, tu ne peux rien.
*Avancer* ; toujours.
*Rester droite* ; pour l’éternité.
*Être forte* ; ne rien montrer.
Ne jamais dire que tu as mal.
Jamais.
Les pierres défilent sous tes pieds. Les courants d’air frôlent ta peau. Ta robe sombre bat tes chevilles. Tes chaussures noires, cirées, dans lesquelles tu es serrée, te paraissent fort inconfortables.
Et tu marches, tu marches, sans t’arrêter.
Les heures avancent, le Temps vole et ta vie file entre tes doigts. Les jours passent sans que tu ne prononces un mot ; les semaines se ressemblent, toutes identiques ; toutes silencieuses.
Et dans tes oreilles, toujours, la Rumeur des Autres. Leurs paroles, criées, murmurées ou pleurées, qui déchirent tes tympans comme autant de couteaux, leurs rires stupides et si futiles.
Leurs vies dont ils profitent pleinement. Ils ne réalisent pas qu’ils ne sont rien, en réalité.
Qu’ils sont des étoiles éphémères, qui disparaîtront du ciel leur heure venue, qui se feront oublier lorsqu’elles partiront.
Avec à l’esprit ces terribles idées qui rythment désormais ton quotidien, ces certitudes qui se forgent face à la dureté de ce monde qui n’est pas le tien, tu te laisses emporter par la marée humaine.
Mais c’est un fantôme qui sort ta conscience de son état endormi, qui la réveille. Un fantôme assis, sur une marche ; un fantôme de tes souvenirs.
Soudainement figée, sentant les Flots d’Autres qui se déroulent autour de toi, tu la fixes.
*Je… j’la connais.*
Presque à contre-courant, tu avances. Tu marches vers cette fille, vers celle qui contemple, avec, sous ces doigts, une chose qui paraît précieuse, trop précieuse.
Tu hésites lorsque tu vois un Gamin qui lui parle. Tu te stoppes, tentée de laisser les Autres t’emporter à nouveau.
*Depuis quand j’ai peur des Autres ?*
Tu te remets en marche.
Sa voix te fait mal, comme toutes les voix. Tu jettes au petit un œil noir, relèves la tête vers celle qui a déclenché la tempête dans ton esprit.
Lèvres liées, muette, tu la fixes.
Avec ce sentiment d’Incertitude qui fait battre ton cœur.
Entraînée par cette masse anonyme, cet élan contre lequel tu ne peux rien, ce flot d’Autres, que tu ne peux plus remonter, tu marches. Les yeux baissés, la lanière de ton sac te cisaillant l’épaule, tu avances, un pas après l’autre. Un éternel recommencement qui t’apaise, sur lequel tu te concentres. Pour ne plus ressentir la rumeur de la foule qui s’agite autour de toi, contre toi, et qui résonne violemment jusqu’au plus profond de ton corps.
Un pas. Pied gauche. Un mètre.
Un pas. Pied droit. Un mètre.
Tes jambes s’animent, seules. Elles se dirigent vers cette destinée dont tu n’as jamais voulu, vers ces salles remplies d’Autres qui font mal, elles te poussent vers ton avenir et tu ne peux pas les arrêter.
Tes yeux fixés sur tes pieds, que tu contemples toujours sans vraiment les regarder, tu avances avec la certitude que tu te trouves dans un Monde qui n’est pas fait pour toi. Avec la pensée que c’est une erreur du destin, un échec de création, qui t’a menée là.
Qui t’a transformée en ce monstre que tu es à présent, qui ne parle pas et qui se contente d’Être, de vivre, sans se soucier de rien. Un monstre qui fait mal, qui Se fait mal, une ombre dont le cœur est envahi des ténèbres de la haine.
Une créature devenue violente, sans sentiments et sans remords. Un automate destiné à Briser.
Ton regard perdu dans un Ailleurs que tu ne reconnais pas, un Ailleurs vide de sens et de consistance, pas à pas, tu te diriges, inconsciente de ton Passé, ignorante de ton Avenir, vivant pleinement ton Présent. Coulée dans l’Instant, embarquée par cette force contre laquelle ; tu t’en rends compte désormais, tu ne peux rien.
*Avancer* ; toujours.
*Rester droite* ; pour l’éternité.
*Être forte* ; ne rien montrer.
Ne jamais dire que tu as mal.
Jamais.
Les pierres défilent sous tes pieds. Les courants d’air frôlent ta peau. Ta robe sombre bat tes chevilles. Tes chaussures noires, cirées, dans lesquelles tu es serrée, te paraissent fort inconfortables.
Et tu marches, tu marches, sans t’arrêter.
Les heures avancent, le Temps vole et ta vie file entre tes doigts. Les jours passent sans que tu ne prononces un mot ; les semaines se ressemblent, toutes identiques ; toutes silencieuses.
Et dans tes oreilles, toujours, la Rumeur des Autres. Leurs paroles, criées, murmurées ou pleurées, qui déchirent tes tympans comme autant de couteaux, leurs rires stupides et si futiles.
Leurs vies dont ils profitent pleinement. Ils ne réalisent pas qu’ils ne sont rien, en réalité.
Qu’ils sont des étoiles éphémères, qui disparaîtront du ciel leur heure venue, qui se feront oublier lorsqu’elles partiront.
Avec à l’esprit ces terribles idées qui rythment désormais ton quotidien, ces certitudes qui se forgent face à la dureté de ce monde qui n’est pas le tien, tu te laisses emporter par la marée humaine.
Mais c’est un fantôme qui sort ta conscience de son état endormi, qui la réveille. Un fantôme assis, sur une marche ; un fantôme de tes souvenirs.
Soudainement figée, sentant les Flots d’Autres qui se déroulent autour de toi, tu la fixes.
*Je… j’la connais.*
Presque à contre-courant, tu avances. Tu marches vers cette fille, vers celle qui contemple, avec, sous ces doigts, une chose qui paraît précieuse, trop précieuse.
Tu hésites lorsque tu vois un Gamin qui lui parle. Tu te stoppes, tentée de laisser les Autres t’emporter à nouveau.
*Depuis quand j’ai peur des Autres ?*
Tu te remets en marche.
Sa voix te fait mal, comme toutes les voix. Tu jettes au petit un œil noir, relèves la tête vers celle qui a déclenché la tempête dans ton esprit.
Lèvres liées, muette, tu la fixes.
Avec ce sentiment d’Incertitude qui fait battre ton cœur.
• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée
Voilée
Mes sens sont en branle, mes doigts caressent la surface et s'en délectent avant même que mes yeux ne puissent la voir. Autour de moi plus rien d'autre n'a de sens, la Chose que je saisi et tire difficilement vers le haut pour l'extraire de mon sac m'aspire toute entière. Les chuchotements lointains qui m'apparaissaient ne sont plus. Mes oreilles sont comme remplie avec du coton. Je n'ai pas d’œillères mais c'est tout comme : plus rien ne peut me distraire. *Non rien* Je plisse les yeux en apercevant la lumière voilée qui m'apparaît, en la hissant entre manuel et parchemins.
Rien n'aurait pu me distraire.
Mais j'entrevois à peine la clarté de la sphère que ma main a saisie, qu'une voix brusque me surprend. *Merde !* pensé-je dans la panique qui m'enserre. Je suis déjà distraite.
Un salut bien mal avisé, bien trop lourd et bien trop bruyant. Dans un sursaut, mes doigts lâchent la Chose pour la laisser retourner au fond du sac. Mon cœur s'accélère et je lève la tête rapidement. Je n'aime pas beaucoup être surprise – surtout pas quand je m'apprête à faire une telle chose. Je grimace, en serrant mon sac contre moi, comme si c'était la plus précieuse de mes reliques. *Ça l'est* Mes yeux rencontrent le visage étrangement gai d'un garçon et cela ne fait qu'accentuer la grimace sur ma face. Ses traits sont tous joyeux, enfantins, caractéristiques de la naïveté des gamins.
Je me sens profondément contrariée.
Et les mots qu'il fait s'abattre sur moi en les débitant sont une lourde chape de plomb qui écrase mes épaules. Si lourds. Si denses.
Je n'arrive même pas à me concentrer, je ne peux que fixer sa face réjouie ; agaçante. Des mots qu'il me jette à la figure fort gentiment mais bien trop rapidement. Maladroit sûrement. Intrusif assurément. Je ronchonne mais je suis certaine qu'il ne s'en rend pas compte, trop occupé à déblatérer tout un discours sur lequel je suis incapable de me concentrer. Et je me rend compte que je suis bien fatiguée. Mes oreilles ne peuvent pas en entendre plus et mon cerveau ne peut pas analyser une phrase de plus. Ecouter Halloway pendant autant d'heures fut épuisant. Pas gênant. Mais les mots que lui me donne à écouter sont bien plus éreintants. Un bâillement menace d'ailleurs de pointer le bout de son nez. *Non non non* répété-je pour contenir cette marque trop évidente de ma fatigue.
« Vas y je t'écoute. » Tout ce que je saisi.
Il s'assied à côté de moi et cela lui vaut une autre grimace. Mon visage se déforme encore un peu plus – de l'agacement au désespoir. Je serre un peu plus mon sac contre moi, et entend battre mon cœur dans mes oreilles. Il va si vite. Probablement a-t-il hâte de se débarrasser de ce qui le gêne : un petit trop enjoué. Je meurs d'envie de continuer ce que j'entreprenais. Voir le petit disparaître et pouvoir replonger ma main dans la profondeur de mon sac – ridiculement ridicule – et regarder à nouveau la Chose. Mon cœur aussi meurt d'envie de continuer mon entreprise. Il s'agace.
Je tourne la tête pour suivre son mouvement, et tente de plonger dans ses yeux mais ils sont bien trop dissipés, incapables de se fixer sur un point et cela me donne le tournis. Je baisse les yeux vers mon sac. Il est ouvert mais la Chose n'est plus visible, son éclat est éteint par un vêtement qui traîne là : un pull ridicule. Mes doigts transpirent et mouillent le cuir dont est fait le sac.
Le silence plane. *Mince*
« Euh, quoi ? » je demande, sèchement.
Mes sourcils sont toujours froncés bien que mes autres traits – autour de ma bouche notamment – s'affaissent. Faibles, ils ne peuvent pas tenir une grimace aussi crispée bien longtemps. Épuisés autant que je le suis. Mes yeux sont fatigués et douloureux, je cligne encore et encore dans de nouveaux instants de silence qui s'installent. *C'pas si mal* je pense, parce que dans ce silence je me repose, parce que dans ce silence peut-être que j'oublierais l'intrus.
Mais non.
Non.
Tout ce que le silence me fait faire c'est lever les yeux ; et c'est le Chaos. La face assombrie d'une fille. Elle me fixe, toute droite sur ses pieds, arrêtée là. En bas des escaliers. Quelques mètres à peine la séparent de mon perchoir.
*Bordel, c'est...* Songe. *C'est ?* Rêve. *Merde* Délire.
Rien n'aurait pu me distraire.
Mais j'entrevois à peine la clarté de la sphère que ma main a saisie, qu'une voix brusque me surprend. *Merde !* pensé-je dans la panique qui m'enserre. Je suis déjà distraite.
Un salut bien mal avisé, bien trop lourd et bien trop bruyant. Dans un sursaut, mes doigts lâchent la Chose pour la laisser retourner au fond du sac. Mon cœur s'accélère et je lève la tête rapidement. Je n'aime pas beaucoup être surprise – surtout pas quand je m'apprête à faire une telle chose. Je grimace, en serrant mon sac contre moi, comme si c'était la plus précieuse de mes reliques. *Ça l'est* Mes yeux rencontrent le visage étrangement gai d'un garçon et cela ne fait qu'accentuer la grimace sur ma face. Ses traits sont tous joyeux, enfantins, caractéristiques de la naïveté des gamins.
Je me sens profondément contrariée.
Et les mots qu'il fait s'abattre sur moi en les débitant sont une lourde chape de plomb qui écrase mes épaules. Si lourds. Si denses.
Je n'arrive même pas à me concentrer, je ne peux que fixer sa face réjouie ; agaçante. Des mots qu'il me jette à la figure fort gentiment mais bien trop rapidement. Maladroit sûrement. Intrusif assurément. Je ronchonne mais je suis certaine qu'il ne s'en rend pas compte, trop occupé à déblatérer tout un discours sur lequel je suis incapable de me concentrer. Et je me rend compte que je suis bien fatiguée. Mes oreilles ne peuvent pas en entendre plus et mon cerveau ne peut pas analyser une phrase de plus. Ecouter Halloway pendant autant d'heures fut épuisant. Pas gênant. Mais les mots que lui me donne à écouter sont bien plus éreintants. Un bâillement menace d'ailleurs de pointer le bout de son nez. *Non non non* répété-je pour contenir cette marque trop évidente de ma fatigue.
« Vas y je t'écoute. » Tout ce que je saisi.
Il s'assied à côté de moi et cela lui vaut une autre grimace. Mon visage se déforme encore un peu plus – de l'agacement au désespoir. Je serre un peu plus mon sac contre moi, et entend battre mon cœur dans mes oreilles. Il va si vite. Probablement a-t-il hâte de se débarrasser de ce qui le gêne : un petit trop enjoué. Je meurs d'envie de continuer ce que j'entreprenais. Voir le petit disparaître et pouvoir replonger ma main dans la profondeur de mon sac – ridiculement ridicule – et regarder à nouveau la Chose. Mon cœur aussi meurt d'envie de continuer mon entreprise. Il s'agace.
Je tourne la tête pour suivre son mouvement, et tente de plonger dans ses yeux mais ils sont bien trop dissipés, incapables de se fixer sur un point et cela me donne le tournis. Je baisse les yeux vers mon sac. Il est ouvert mais la Chose n'est plus visible, son éclat est éteint par un vêtement qui traîne là : un pull ridicule. Mes doigts transpirent et mouillent le cuir dont est fait le sac.
Le silence plane. *Mince*
« Euh, quoi ? » je demande, sèchement.
Mes sourcils sont toujours froncés bien que mes autres traits – autour de ma bouche notamment – s'affaissent. Faibles, ils ne peuvent pas tenir une grimace aussi crispée bien longtemps. Épuisés autant que je le suis. Mes yeux sont fatigués et douloureux, je cligne encore et encore dans de nouveaux instants de silence qui s'installent. *C'pas si mal* je pense, parce que dans ce silence je me repose, parce que dans ce silence peut-être que j'oublierais l'intrus.
Mais non.
Non.
Tout ce que le silence me fait faire c'est lever les yeux ; et c'est le Chaos. La face assombrie d'une fille. Elle me fixe, toute droite sur ses pieds, arrêtée là. En bas des escaliers. Quelques mètres à peine la séparent de mon perchoir.
*Bordel, c'est...* Songe. *C'est ?* Rêve. *Merde* Délire.
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Assis, Quin remarqua une grimace dessinée sur le visage de la fille. Était ce parce qu'elle est mal en point ou à cause de lui ? Peut être qu'elle avait pas apprécié ses présentations ? ""Nooon" se dit-il "elle a vraiment l'air fatiguée c'est sûrement à cause de ça."
Il remarqua aussi qu'elle tenait fermement son sac et regardait souvent à l'intérieur, ce qu'il contient doit vraiment lui être précieux.
À ce moment précis elle lui adressa enfin la parole :
"Euh, quoi ?" dit-elle.
Mince, c'est pas vraiment la réponse à laquelle il s'attendait, mais bon pas grave, il sait bien qu'il a tendance a s'emporter et beaucoup parler, alors il reprend :
"Salut, moi c'est Quin, et toi ? T'es sûr que ça va ? T'as l'air malade ? Tu veux que je t'accompagne à l'infirmerie peut être ?faudra juste m'indiquer le chemin exact hehe. Ça a l'air vachement précieux ce qu'il y a dans ton sac dis donc, je peux voir ?"
Alors que Quin finissait son discours le sourire jusqu'aux oreilles, il vit une fille passer vers eux et les regarder fixement sans s'arrêter.
"Eh dis donc tu la connais toi ?"dit il à la fille à côté de lui, "parce que vu comment elle nous a regardé elle doit connaître l'un de nous deux et ça m'étonnerait vraiment que ce soit moi." Après avoir attendu sa réponse environ une seconde il rajouta : "Attends on va voir."
Il haussa alors le ton pour s'adresser à la fille qui s'est déjà éloignée : " Eh attends, t'en va pas, reviens ! Est ce que tu nous connais ? "
Il regarda alors la fille à côté de lui : " Voilà, en espérant qu'elle m'a entendu."
Il remarqua aussi qu'elle tenait fermement son sac et regardait souvent à l'intérieur, ce qu'il contient doit vraiment lui être précieux.
À ce moment précis elle lui adressa enfin la parole :
"Euh, quoi ?" dit-elle.
Mince, c'est pas vraiment la réponse à laquelle il s'attendait, mais bon pas grave, il sait bien qu'il a tendance a s'emporter et beaucoup parler, alors il reprend :
"Salut, moi c'est Quin, et toi ? T'es sûr que ça va ? T'as l'air malade ? Tu veux que je t'accompagne à l'infirmerie peut être ?faudra juste m'indiquer le chemin exact hehe. Ça a l'air vachement précieux ce qu'il y a dans ton sac dis donc, je peux voir ?"
Alors que Quin finissait son discours le sourire jusqu'aux oreilles, il vit une fille passer vers eux et les regarder fixement sans s'arrêter.
"Eh dis donc tu la connais toi ?"dit il à la fille à côté de lui, "parce que vu comment elle nous a regardé elle doit connaître l'un de nous deux et ça m'étonnerait vraiment que ce soit moi." Après avoir attendu sa réponse environ une seconde il rajouta : "Attends on va voir."
Il haussa alors le ton pour s'adresser à la fille qui s'est déjà éloignée : " Eh attends, t'en va pas, reviens ! Est ce que tu nous connais ? "
Il regarda alors la fille à côté de lui : " Voilà, en espérant qu'elle m'a entendu."
C'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison.
Voilée
(Petite précision : Kyana s’est arrêtée devant l’escalier en face d’Adaline et de Quin, elle ne poursuit pas sa route !)
Doutes. Hésitations.
Tes yeux de glace fixés dans son regard d’ombre, tu frémis.
Tu veux savoir. Tu veux des explications. Tu veux connaître son nom. Tu veux qu'elle se rappelle à ta mémoire.
Qui est-elle ? Pourquoi ton cœur, lorsque sa bouche s’est ouverte pour répondre à l’Autre, a-t-il si brusquement accéléré ? Comment se fait-il qu’elle soit là, face à toi ?
Tandis que ton intuition pencherait pour un coup du hasard, tu persistes à croire que si elle se trouve là haut c’est que quelque chose l’y a poussé.
Trop de questions. Trop d'Autres. Trop de bruit. Trop de pensées. Trop de terreurs.
Dans ses yeux scintille l’épuisement.
*« Elles sont bien noires, les pensées des nuits blanches. »*
Incertitude. Questions par milliers.
Le gamin à coté est un intrus. Il ne devrait pas être là. Tout en lui clame sa naïveté – sa stupidité. Ses mots sont insupportables, ses sourires te donnent envie de le frapper. Lui aussi, comme Petite Ombre avant lui, il Brise. Il détruit ce duel de pensées qui tourbillonnent ça et là, qui semblent vous assaillir. Il abîme les ténèbres qui t’embrasent, qui font jaillir de ton corps des flammes insupportables, qui réveillent enfin ta conscience.
Il te donne envie de fuir, loin, et d’oublier cette Autre qui te fait sombrer. Il te donne envie de partir en courant, de frapper, avec toute la violence dont tu es capable, les murs de pierres inébranlables. Il te donne envie de sentir sous tes phalange la dureté du roc, de voir le sang couler de tes doigts. Il te donne envie hurler, mais tu ne peux pas – tu ne peux plus.
Regards. Hurlements muets.
*T’ES QUI ? T’ES QUI, BORDEL ?*
Toujours immobile. Toujours muette.
Tu ne fixes plus l’Autre. Tes paupières se sont fermées sur ton regard torturé, se sont plissées sur l’hiver glacial qui brûle tout ce sur quoi il se pose. Lèvres serrées, tu observes l’univers noir et blanc qui éclate au centre de ta vision, qui entrave de ténèbres ton esprit.
Les souvenirs veulent te percuter de plein fouet, te malmener pour te faire mal, mais tu ne les vois même pas.
Trop concentrée sur les quatre lettres qui s’inscrivent, brûlant tout ton être au fer rouge.
Perdue dans les méandres de ton présent qui se distord et s’enroule, le monde tourne autour de toi. Les Autres deviennent oiseaux, volent, font résonner dans tes oreilles le battement insupportable de leurs ailes pleines de noirceur. Toi, clouée au sol par la force du destin, par le sadisme des éléments, tu ne peux que, sans pouvoir prononcer un seul mot, observer leur envol. Les voir grandir, tandis que tu restes une Gamine stupide.
Les Autres sont mauvais. Empoisonnés. Ils respirent le venin, et une aura affreuse émane d’eux, toujours. Ils se foutent de tout. Ils envahissent et ils font mal. Ils enfoncent des pieux dans le cœur des Naïfs comme toi, ils les tuent à petit feu, en utilisant leurs mots comme seul poison.
On perd tout pour eux. On donne tout pour eux. Et eux ils blessent.
Les Autres sont des serpents. Insidieux et vicieux. Ils attaquent en secret. Ils détruisent en silence.
La vérité va éclater. Elle va te sauter au visage. Elle va te faire fuir. Elle va te faire retomber, te faire sombrer de ce puits dont tu étais sortie.
Le froid te saisit. Il te donne envie de te recroqueviller, de dormir.
*La tour*
Tu rouvres les yeux. Entrouvres la bouche.
Fixes le regard sombre de l'Autre. Pour essayer de murmurer :
Mais ta bouche articule sans bruit. Ta voix ne répond plus, elle s’est perdue et ne revient pas.
Ton être hurle. Il siffle, pleure, hait. Il veut crier à Ange de dégager. De ne pas te rappeler cette soirée en haut de la Tour d’Astronomie, cette soirée où tu voulais affirmer que tu pouvais voler. De ne pas évoquer le froid des dalles et le vent qui courait sur ta peau.
Au lieu de cela, tu jettes un œil au petit. Il doit comprendre. Il le doit. Il ne faut pas qu’il reste là. Parce que ta violence pourrait se déchaîner sur lui.
Doutes. Hésitations.
Tes yeux de glace fixés dans son regard d’ombre, tu frémis.
Tu veux savoir. Tu veux des explications. Tu veux connaître son nom. Tu veux qu'elle se rappelle à ta mémoire.
Qui est-elle ? Pourquoi ton cœur, lorsque sa bouche s’est ouverte pour répondre à l’Autre, a-t-il si brusquement accéléré ? Comment se fait-il qu’elle soit là, face à toi ?
Tandis que ton intuition pencherait pour un coup du hasard, tu persistes à croire que si elle se trouve là haut c’est que quelque chose l’y a poussé.
Trop de questions. Trop d'Autres. Trop de bruit. Trop de pensées. Trop de terreurs.
Dans ses yeux scintille l’épuisement.
*« Elles sont bien noires, les pensées des nuits blanches. »*
Incertitude. Questions par milliers.
Le gamin à coté est un intrus. Il ne devrait pas être là. Tout en lui clame sa naïveté – sa stupidité. Ses mots sont insupportables, ses sourires te donnent envie de le frapper. Lui aussi, comme Petite Ombre avant lui, il Brise. Il détruit ce duel de pensées qui tourbillonnent ça et là, qui semblent vous assaillir. Il abîme les ténèbres qui t’embrasent, qui font jaillir de ton corps des flammes insupportables, qui réveillent enfin ta conscience.
Il te donne envie de fuir, loin, et d’oublier cette Autre qui te fait sombrer. Il te donne envie de partir en courant, de frapper, avec toute la violence dont tu es capable, les murs de pierres inébranlables. Il te donne envie de sentir sous tes phalange la dureté du roc, de voir le sang couler de tes doigts. Il te donne envie hurler, mais tu ne peux pas – tu ne peux plus.
Regards. Hurlements muets.
*T’ES QUI ? T’ES QUI, BORDEL ?*
Toujours immobile. Toujours muette.
Tu ne fixes plus l’Autre. Tes paupières se sont fermées sur ton regard torturé, se sont plissées sur l’hiver glacial qui brûle tout ce sur quoi il se pose. Lèvres serrées, tu observes l’univers noir et blanc qui éclate au centre de ta vision, qui entrave de ténèbres ton esprit.
Les souvenirs veulent te percuter de plein fouet, te malmener pour te faire mal, mais tu ne les vois même pas.
Trop concentrée sur les quatre lettres qui s’inscrivent, brûlant tout ton être au fer rouge.
Un A.
Perdue dans les méandres de ton présent qui se distord et s’enroule, le monde tourne autour de toi. Les Autres deviennent oiseaux, volent, font résonner dans tes oreilles le battement insupportable de leurs ailes pleines de noirceur. Toi, clouée au sol par la force du destin, par le sadisme des éléments, tu ne peux que, sans pouvoir prononcer un seul mot, observer leur envol. Les voir grandir, tandis que tu restes une Gamine stupide.
Un N.
Les Autres sont mauvais. Empoisonnés. Ils respirent le venin, et une aura affreuse émane d’eux, toujours. Ils se foutent de tout. Ils envahissent et ils font mal. Ils enfoncent des pieux dans le cœur des Naïfs comme toi, ils les tuent à petit feu, en utilisant leurs mots comme seul poison.
On perd tout pour eux. On donne tout pour eux. Et eux ils blessent.
Les Autres sont des serpents. Insidieux et vicieux. Ils attaquent en secret. Ils détruisent en silence.
Un G.
La vérité va éclater. Elle va te sauter au visage. Elle va te faire fuir. Elle va te faire retomber, te faire sombrer de ce puits dont tu étais sortie.
Le froid te saisit. Il te donne envie de te recroqueviller, de dormir.
*La tour*
Un E.
Tu rouvres les yeux. Entrouvres la bouche.
Fixes le regard sombre de l'Autre. Pour essayer de murmurer :
*« Ange. »*
Mais ta bouche articule sans bruit. Ta voix ne répond plus, elle s’est perdue et ne revient pas.
Ton être hurle. Il siffle, pleure, hait. Il veut crier à Ange de dégager. De ne pas te rappeler cette soirée en haut de la Tour d’Astronomie, cette soirée où tu voulais affirmer que tu pouvais voler. De ne pas évoquer le froid des dalles et le vent qui courait sur ta peau.
Au lieu de cela, tu jettes un œil au petit. Il doit comprendre. Il le doit. Il ne faut pas qu’il reste là. Parce que ta violence pourrait se déchaîner sur lui.
• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée
Voilée
À peine Quin avait il fini sa phrase qu'il vit que la fille devant eux venait de s'arrêter. Il lâcha alors un "Oups" peut-être un peu trop bruyant et attendit de voir comment cette dernière allait agir. Il patienta quelques secondes en regardant les deux filles l'une après l'autre, secondes pendant lesquelles personne ne parlait, ne laissant qu'un blanc entre eux.
Seulement la fille debout ne fit rien, enfin pas vraiment rien, elle était plantée là, devant eux, et les fixait, lui et la fille à côté de lui, comme si elle voulait dire quelque chose, comme si elle se souvenait de quelque chose d'assez peu agréable. Quin remarqua aussi que cette fille avait l'air plus intéressée par celle qui était à côté de lui que par lui. Il ajouta alors discrètement à la fille à côté de lui : " Elle te regarde vraiment beaucoup. Tu veux que je te dise ? Moi je pense qu'elle te connaît ou que tu ressembles à quelqu'un qu'elle connaît. Et à mon avis, tu lui rappelle pas que des bons souvenirs."
Quin se tourna alors vers l'autre fille debout devant eux et lui dit :
"Si tu veux dire un truc, vas-y ça a l'air de beaucoup te tracasser."
Il rajouta même un petit sourire en espérant que ça la ferait réagir d'une manière ou d'une autre.
@Adaline Macbeth
Seulement la fille debout ne fit rien, enfin pas vraiment rien, elle était plantée là, devant eux, et les fixait, lui et la fille à côté de lui, comme si elle voulait dire quelque chose, comme si elle se souvenait de quelque chose d'assez peu agréable. Quin remarqua aussi que cette fille avait l'air plus intéressée par celle qui était à côté de lui que par lui. Il ajouta alors discrètement à la fille à côté de lui : " Elle te regarde vraiment beaucoup. Tu veux que je te dise ? Moi je pense qu'elle te connaît ou que tu ressembles à quelqu'un qu'elle connaît. Et à mon avis, tu lui rappelle pas que des bons souvenirs."
Quin se tourna alors vers l'autre fille debout devant eux et lui dit :
"Si tu veux dire un truc, vas-y ça a l'air de beaucoup te tracasser."
Il rajouta même un petit sourire en espérant que ça la ferait réagir d'une manière ou d'une autre.
@Adaline Macbeth
C'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison.
Voilée
Je dégringole dans son regard de glace. Je dégringole parce que je n’entends même plus mon cœur battre, parce que mes poumons ne fonctionnent plus le temps d’un instant, parce que le sang dans mes veines se fige, parce que tous mes membres sont paralysés. Je dégringole foutrement.
Elle est là, et lui aussi. En moi se met à tourbillonner la tempête des sentiments.
Mes yeux ne veulent pas abandonner l’ombre de cette fille, mais mes oreilles sont forcées de l’écouter lui. Il parle, il parle. Il n’arrête pas de parler. C’est agaçant. C’est tout ce que j’arrive à penser, je fonctionne au ralenti. Ses mots m’écrasent, ils m’écrasent vraiment. Tellement que se sont mes épaules qui s’affaisse, et que mes jambes qui supportent mon sac – bien que peu lourds – se mettent à trembler tant qu’il faut que je pose mes deux talons à plat sur la pierre pour les empêcher de le faire. J’aimerais me sortir de là en claquant des doigts, en les voyant tous les deux disparaître dans une volute de fumée. L’une serait noire, je le lis dans ses yeux. L’autre, je n’en sais rien, je n’ai rien réussi à lire dans ses yeux ; seulement un grain de folie et la quintessence de la joie enfantine. Je refuse toujours de lui répondre, le temps qu’il met à me parler, et refuse aussi de le regarder.
*Bordel !* pensé-je quand ça devient plus sérieux. Quand il se met à la remarquer.
« Eh, dis donc, tu la connais toi ? »
Il l’interpelle. J’ai envie de lui hurler de se taire. Comme si son pied venait de franchir la limite de ce que je peux décemment accepter. Mais quelque chose me tord les boyaux : est-ce que j’ai vraiment le droit de poser des limites ? Sur la face de l’ombre qu’il a osé interpellé se met à planer un air mauvais. Tout juste si elle ne sort pas des crocs envenimés. Je frissonne, le froid de cette soirée là-haut retourne planter ses griffes dans mon dos.
« Est-ce que tu nous connais ? » lui demande-t-il.
Dans l’intonation si guillerette de sa voix m’apparaît sa gentillesse. Mince, il doit certainement être très gentil. Pourtant, le nous qu’il a osé prononcé me fait serrer les dents. Toute ma mâchoire se contracte et s’agace. Mon esprit est en branle et me crie de lui dire de dégager. Il n’y a pas de nous.
Je souffle bruyamment. J’espère que les signes de mon agacement lui apparaîtront comme je me rends compte qu’il est un gentil – assez gentil pour me laisser tranquille ? – et qu’il s’envolera de lui-même, en agitant ses ailes blanches comme elles le sont probablement, blanches d’innocence. Pourtant, je ne dis rien. Ma bouche est scellée et je ne sais pas quand je pourrais l’ouvrir à nouveau. Elle est scellée et mes yeux guettent avidement la réaction de la fille. Je n’ai même pas de nom à mettre sur son visage, ma mâchoire se contracte un peu plus. Quelque part, j’espère qu’il la fera parler sans que je n’aie à le faire. Mais les secondes défilent, les grains du sablier coulent, le temps passe. Mes épaules si affaissées se soulèvent brusquement quand je me penche en avant pour l’entendre ; sa bouche s’entrouvre.
Un grand rien.
« Elle te regarde vraiment beaucoup. Tu veux que je te dise ? Moi je pense qu'elle te connaît ou que tu ressembles à quelqu'un qu'elle connaît. Et à mon avis, tu lui rappelle pas que des bons souvenirs. »
*La ferme !* je me tourne brusquement vers lui, tout mon corps a bougé jusqu’à mes jambes qui ont manqué de faire tomber mon précieux sac, mes épaules sont crispées et mes mains rattrapent vulgairement la sacoche.
« Si tu veux dire un truc, vas-y ça a l'air de beaucoup te tracasser. » il lui dit.
Mon estomac se serre, comme un chiffon mouillé qu’on essore sans ménagement. Ma bouche s’ouvre et j’ai envie de lui crier de dégager, cette fois. J’en ai entendu assez. Mais pourtant, tout reste bloqué dans ma gorge et manque même de m’étouffer. Il faut que je me sorte de là. Je bafouille bêtement, les yeux plantés sur lui et sa face de gamin – même si j’ai sûrement la même.
« Me suis pas. »
Je me lève tout aussi brusquement que je me suis tourné vers lui. Mes yeux se détachent de son visage aussi violemment qu'ils s'y sont posés.
Je me détourne et dévale les escaliers. Dans mes mains toujours aussi affreusement moites, je tiens la lanière de mon sac en cuir. Mon pied se pose sur le palier, en bas des escaliers, au moment où ma main remet mon sac sur mon épaule.
Je me plante devant elle. Cette foutue ombre, avec ses cheveux tellement étranges – j'évite de les regarder parce que je ne les comprend pas, ils sont roux ? Ils sont foncés ? – et son regard si glacé. Sa robe de sorcier a l'air de lui être trop large. Et son visage est bien trop sombre. Pourtant, j'ose l'affronter en œillades silencieuses et effrayantes. J'ose l'affronter aussi bêtement que je l'ai laissée là-haut.
Quelques pas.
« Tu fais quoi ? »
Elle est là, et lui aussi. En moi se met à tourbillonner la tempête des sentiments.
Mes yeux ne veulent pas abandonner l’ombre de cette fille, mais mes oreilles sont forcées de l’écouter lui. Il parle, il parle. Il n’arrête pas de parler. C’est agaçant. C’est tout ce que j’arrive à penser, je fonctionne au ralenti. Ses mots m’écrasent, ils m’écrasent vraiment. Tellement que se sont mes épaules qui s’affaisse, et que mes jambes qui supportent mon sac – bien que peu lourds – se mettent à trembler tant qu’il faut que je pose mes deux talons à plat sur la pierre pour les empêcher de le faire. J’aimerais me sortir de là en claquant des doigts, en les voyant tous les deux disparaître dans une volute de fumée. L’une serait noire, je le lis dans ses yeux. L’autre, je n’en sais rien, je n’ai rien réussi à lire dans ses yeux ; seulement un grain de folie et la quintessence de la joie enfantine. Je refuse toujours de lui répondre, le temps qu’il met à me parler, et refuse aussi de le regarder.
*Bordel !* pensé-je quand ça devient plus sérieux. Quand il se met à la remarquer.
« Eh, dis donc, tu la connais toi ? »
Il l’interpelle. J’ai envie de lui hurler de se taire. Comme si son pied venait de franchir la limite de ce que je peux décemment accepter. Mais quelque chose me tord les boyaux : est-ce que j’ai vraiment le droit de poser des limites ? Sur la face de l’ombre qu’il a osé interpellé se met à planer un air mauvais. Tout juste si elle ne sort pas des crocs envenimés. Je frissonne, le froid de cette soirée là-haut retourne planter ses griffes dans mon dos.
« Est-ce que tu nous connais ? » lui demande-t-il.
Dans l’intonation si guillerette de sa voix m’apparaît sa gentillesse. Mince, il doit certainement être très gentil. Pourtant, le nous qu’il a osé prononcé me fait serrer les dents. Toute ma mâchoire se contracte et s’agace. Mon esprit est en branle et me crie de lui dire de dégager. Il n’y a pas de nous.
Je souffle bruyamment. J’espère que les signes de mon agacement lui apparaîtront comme je me rends compte qu’il est un gentil – assez gentil pour me laisser tranquille ? – et qu’il s’envolera de lui-même, en agitant ses ailes blanches comme elles le sont probablement, blanches d’innocence. Pourtant, je ne dis rien. Ma bouche est scellée et je ne sais pas quand je pourrais l’ouvrir à nouveau. Elle est scellée et mes yeux guettent avidement la réaction de la fille. Je n’ai même pas de nom à mettre sur son visage, ma mâchoire se contracte un peu plus. Quelque part, j’espère qu’il la fera parler sans que je n’aie à le faire. Mais les secondes défilent, les grains du sablier coulent, le temps passe. Mes épaules si affaissées se soulèvent brusquement quand je me penche en avant pour l’entendre ; sa bouche s’entrouvre.
Un grand rien.
« Elle te regarde vraiment beaucoup. Tu veux que je te dise ? Moi je pense qu'elle te connaît ou que tu ressembles à quelqu'un qu'elle connaît. Et à mon avis, tu lui rappelle pas que des bons souvenirs. »
*La ferme !* je me tourne brusquement vers lui, tout mon corps a bougé jusqu’à mes jambes qui ont manqué de faire tomber mon précieux sac, mes épaules sont crispées et mes mains rattrapent vulgairement la sacoche.
« Si tu veux dire un truc, vas-y ça a l'air de beaucoup te tracasser. » il lui dit.
Mon estomac se serre, comme un chiffon mouillé qu’on essore sans ménagement. Ma bouche s’ouvre et j’ai envie de lui crier de dégager, cette fois. J’en ai entendu assez. Mais pourtant, tout reste bloqué dans ma gorge et manque même de m’étouffer. Il faut que je me sorte de là. Je bafouille bêtement, les yeux plantés sur lui et sa face de gamin – même si j’ai sûrement la même.
« Me suis pas. »
Je me lève tout aussi brusquement que je me suis tourné vers lui. Mes yeux se détachent de son visage aussi violemment qu'ils s'y sont posés.
Je me détourne et dévale les escaliers. Dans mes mains toujours aussi affreusement moites, je tiens la lanière de mon sac en cuir. Mon pied se pose sur le palier, en bas des escaliers, au moment où ma main remet mon sac sur mon épaule.
Je me plante devant elle. Cette foutue ombre, avec ses cheveux tellement étranges – j'évite de les regarder parce que je ne les comprend pas, ils sont roux ? Ils sont foncés ? – et son regard si glacé. Sa robe de sorcier a l'air de lui être trop large. Et son visage est bien trop sombre. Pourtant, j'ose l'affronter en œillades silencieuses et effrayantes. J'ose l'affronter aussi bêtement que je l'ai laissée là-haut.
Quelques pas.
« Tu fais quoi ? »
Animagus renard polaire
Post ASPIC
Post ASPIC
Voilée
En toi combattent deux forces. Deux forces d’une puissance inouïe, qui remuent toute ton âme et qui t’empêchent de respirer correctement.
Deux cataclysmes qui t’étouffent mais contre lesquels tu ne peux rien.
Deux infinis plus violents que jamais. Elles se débattent, s’assaillent de mille coups de poignards qui te blessent. Personne pour venir à ton secours.
Il y a Lâcheté.
Elle hurle. Elle a plus peur que jamais. Elle voudrait que tu fuies, évidemment. Il est hors de question pour elle de tenir tête à l’Autre-qui-t’a-laissée-tomber. Elle ne peut pas t’autoriser à rester là, debout, à empêcher tes jambes de trembler. Tu n’as pas le droit de te tenir devant ce Gamin trop naïf. Tu n’as pas le droit de ficher tes yeux dans ceux de Celle qui t’a vu plus faible que jamais.
Lâcheté veut que tu baisses les épaules et que tu te laisses à nouveau emporter par le Flot d’Autres. Lâcheté veut que tu partes d’un pas vif, que tu oublies cette rencontre néfaste et que tu ailles t’installer dans ton lit.
Lâcheté ne veut pas que tu sois reconstruite ; elle veut seulement te voir effrayée, muette. Elle veut que tu pleures, tout simplement.
Et il y a Fierté.
Elle s’oppose. Elle pose son regard froid sur ta destinée et serre les lèvres. Fierté est ainsi, jamais elle ne tournerait le dos à ses adversaires. Elle t’ordonne de sa voix lente et presque inaudible de dresser le menton. De te sentir puissante – même si ce n’est pas le cas. Elle t’interdit de rebrousser chemin et d’autoriser tes souvenirs à envahir ton esprit.
*C’était mieux quand elle existait plus*
Tu préférais quand Ange avait disparu. Tu préférais quand elle n’était plus rien d’autre qu’une poussière d’étoile, un rêve oublié. C’était plus joli.
Le ciel était moins morne. Il n’y avait plus de débris de conscience éperdue de douleur, quand Ange n’était plus. Il n’y avait plus de cœur brisé en morceau et de Famille-qui-hait.
Mais quand elle est ici, face à toi, quand elle pose ses yeux sombres dans l’hiver de ton regard, tout revient.
Tout revient si violemment.
Tout te perce, tout t’assaille ; comme toujours.
Gamine à l’âme sensible. Gamine trop impuissante face à la vague que forme ses sentiments liés dans un étau inextricable. Gamine trop faible, Gamine pas assez combative.
Gamine qui devrait savoir se relever après être tombée, Gamine qui sait seulement se lamenter.
Tout revient pour te briser, sans que tu ne puisses faire rien contre.
Maë et sa lettre ; qui s’étaient presque évaporés, qui n’étaient plus qu’une simple brume grise dans ton esprit.
Ta voix qui ne prononce plus rien ; qui ne te dérangeait pas, là, alors que tu te laissais entraîner par les Autres dans ce couloir tumultueux.
Papa et sa maladie ; qui devrait, maintenant que tu y repenses, être guérie. Ou avoir pris une avance considérable, puis tué ton géniteur, sans que tu n’en saches rien.
La maison à Edimbourg ; qui fut un jour ta propre maison. Ton chez-toi. Le lieu qui était ton refuge, l’endroit où tu pouvais déverser tes larmes sans crainte.
Ton violon ; que l’Autre a touché, a serré contre elle.
Le Match. Le Match.
Ta défaite. Ta colère. Ta tristesse. Ta faiblesse. Ton inutilité.
« Lewis sert à rien », tu l’as lu. Dans Leurs regards. Dans Leurs expressions où tu décelais l’ironie et la moquerie. C’était si simple à discerner.
Et l’Explosion, surtout. Le soir même, après la fin de ton humiliation. L’Explosion qui t’a anéanti, qui a fait de ton âme, qui n’était déjà plus grand-chose d’autre qu’un champ de bataille bouffé par les bombes et les assauts répétés, un désert gris. Une étendue vide, sans saveur. Une plaine d’insensibilité, sans plus aucune empathie.
L’Explosion qui t’a fait déverser les larmes qu’il te restait. L’Explosion qui t’a coupé la parole aussi efficacement qu’un sortilège. L’Explosion qui t’empêche de prononcer le moindre mot, qui fait de toi une muette stupide. Seulement capable de hurler la haine à la Nuit, lorsque tombent les Etoiles.
Le Gamin parle. Il parle. Il vous balance ses paroles dénuées du moindre sens à la figure, il vous les offre avec son sourire naïf.
Il paraît si jeune. Si incapable de survivre au Monde. Il paraît tellement déplacé, au milieu de ces pierres brutes, de ces Autres suffisants et de ces courants d’air. Il n’est pas à sa place. Il n’a rien à faire ici. Il devrait rentrer chez lui, chez ses parents, attendre encore quelques années avant d’oser venir.
Il risque trop, à s’offrir ainsi. Il dévoile son innocence sans se soucier de ce qu’en pensent ceux autour. Il ouvre son cœur sans un seul regard pour les conséquences que cela aura. Il n’a pas peur, ou alors il ne s’en rend pas compte.
Et ni lui ni la Fille n’ont remarqué que tu étais incapable de parler.
Ange s’approche de son pas terrible, avance avec une détermination qui ferait trembler les Montagnes. Elle ébranle ta carapace, garde ses yeux plantés dans les tiens et ordonne au Gamin de rester à sa place. Qu’il ne bouge pas, qu’il ne Risque pas plus que ce qu’il a déjà exposé.
*Faut pas qu’elle parle, faut pas qu’elle parle, faut pas qu’elle…
« Tu fais quoi ? »
PARLE !*
Tes yeux s’ouvrent sur une surprise sincère, et tu restes immobile un instant.
Elle n’a pas le droit de demander aux Mots de venir. Elle n’a pas le droit de les forcer à sortir. Ce n’est pas elle qui commande. Elle ne peut pas faire ça, tu ne veux pas, non. Tu ne veux pas lui parler, à Elle. Tu ne veux pas admettre que tu étais faible, là haut, en haut de la Tour. Tu ne veux pas admettre que tu faisais pitié. Tu ne veux pas être avec elle.
Au lieu de lui répondre, tu baisses les yeux. Sur sa sacoche, qui pend au bout de son bras. Tu esquisses un mouvement, la pointes du menton, les sourcils relevés.
* « C’est quoi ? »*
Deux cataclysmes qui t’étouffent mais contre lesquels tu ne peux rien.
Deux infinis plus violents que jamais. Elles se débattent, s’assaillent de mille coups de poignards qui te blessent. Personne pour venir à ton secours.
Il y a Lâcheté.
Elle hurle. Elle a plus peur que jamais. Elle voudrait que tu fuies, évidemment. Il est hors de question pour elle de tenir tête à l’Autre-qui-t’a-laissée-tomber. Elle ne peut pas t’autoriser à rester là, debout, à empêcher tes jambes de trembler. Tu n’as pas le droit de te tenir devant ce Gamin trop naïf. Tu n’as pas le droit de ficher tes yeux dans ceux de Celle qui t’a vu plus faible que jamais.
Lâcheté veut que tu baisses les épaules et que tu te laisses à nouveau emporter par le Flot d’Autres. Lâcheté veut que tu partes d’un pas vif, que tu oublies cette rencontre néfaste et que tu ailles t’installer dans ton lit.
Lâcheté ne veut pas que tu sois reconstruite ; elle veut seulement te voir effrayée, muette. Elle veut que tu pleures, tout simplement.
Et il y a Fierté.
Elle s’oppose. Elle pose son regard froid sur ta destinée et serre les lèvres. Fierté est ainsi, jamais elle ne tournerait le dos à ses adversaires. Elle t’ordonne de sa voix lente et presque inaudible de dresser le menton. De te sentir puissante – même si ce n’est pas le cas. Elle t’interdit de rebrousser chemin et d’autoriser tes souvenirs à envahir ton esprit.
*C’était mieux quand elle existait plus*
Tu préférais quand Ange avait disparu. Tu préférais quand elle n’était plus rien d’autre qu’une poussière d’étoile, un rêve oublié. C’était plus joli.
Le ciel était moins morne. Il n’y avait plus de débris de conscience éperdue de douleur, quand Ange n’était plus. Il n’y avait plus de cœur brisé en morceau et de Famille-qui-hait.
Mais quand elle est ici, face à toi, quand elle pose ses yeux sombres dans l’hiver de ton regard, tout revient.
Tout revient si violemment.
Tout te perce, tout t’assaille ; comme toujours.
Gamine à l’âme sensible. Gamine trop impuissante face à la vague que forme ses sentiments liés dans un étau inextricable. Gamine trop faible, Gamine pas assez combative.
Gamine qui devrait savoir se relever après être tombée, Gamine qui sait seulement se lamenter.
Tout revient pour te briser, sans que tu ne puisses faire rien contre.
Maë et sa lettre ; qui s’étaient presque évaporés, qui n’étaient plus qu’une simple brume grise dans ton esprit.
Ta voix qui ne prononce plus rien ; qui ne te dérangeait pas, là, alors que tu te laissais entraîner par les Autres dans ce couloir tumultueux.
Papa et sa maladie ; qui devrait, maintenant que tu y repenses, être guérie. Ou avoir pris une avance considérable, puis tué ton géniteur, sans que tu n’en saches rien.
La maison à Edimbourg ; qui fut un jour ta propre maison. Ton chez-toi. Le lieu qui était ton refuge, l’endroit où tu pouvais déverser tes larmes sans crainte.
Ton violon ; que l’Autre a touché, a serré contre elle.
Le Match. Le Match.
Ta défaite. Ta colère. Ta tristesse. Ta faiblesse. Ton inutilité.
« Lewis sert à rien », tu l’as lu. Dans Leurs regards. Dans Leurs expressions où tu décelais l’ironie et la moquerie. C’était si simple à discerner.
Et l’Explosion, surtout. Le soir même, après la fin de ton humiliation. L’Explosion qui t’a anéanti, qui a fait de ton âme, qui n’était déjà plus grand-chose d’autre qu’un champ de bataille bouffé par les bombes et les assauts répétés, un désert gris. Une étendue vide, sans saveur. Une plaine d’insensibilité, sans plus aucune empathie.
L’Explosion qui t’a fait déverser les larmes qu’il te restait. L’Explosion qui t’a coupé la parole aussi efficacement qu’un sortilège. L’Explosion qui t’empêche de prononcer le moindre mot, qui fait de toi une muette stupide. Seulement capable de hurler la haine à la Nuit, lorsque tombent les Etoiles.
Le Gamin parle. Il parle. Il vous balance ses paroles dénuées du moindre sens à la figure, il vous les offre avec son sourire naïf.
Il paraît si jeune. Si incapable de survivre au Monde. Il paraît tellement déplacé, au milieu de ces pierres brutes, de ces Autres suffisants et de ces courants d’air. Il n’est pas à sa place. Il n’a rien à faire ici. Il devrait rentrer chez lui, chez ses parents, attendre encore quelques années avant d’oser venir.
Il risque trop, à s’offrir ainsi. Il dévoile son innocence sans se soucier de ce qu’en pensent ceux autour. Il ouvre son cœur sans un seul regard pour les conséquences que cela aura. Il n’a pas peur, ou alors il ne s’en rend pas compte.
Et ni lui ni la Fille n’ont remarqué que tu étais incapable de parler.
Ange s’approche de son pas terrible, avance avec une détermination qui ferait trembler les Montagnes. Elle ébranle ta carapace, garde ses yeux plantés dans les tiens et ordonne au Gamin de rester à sa place. Qu’il ne bouge pas, qu’il ne Risque pas plus que ce qu’il a déjà exposé.
*Faut pas qu’elle parle, faut pas qu’elle parle, faut pas qu’elle…
« Tu fais quoi ? »
PARLE !*
Tes yeux s’ouvrent sur une surprise sincère, et tu restes immobile un instant.
Elle n’a pas le droit de demander aux Mots de venir. Elle n’a pas le droit de les forcer à sortir. Ce n’est pas elle qui commande. Elle ne peut pas faire ça, tu ne veux pas, non. Tu ne veux pas lui parler, à Elle. Tu ne veux pas admettre que tu étais faible, là haut, en haut de la Tour. Tu ne veux pas admettre que tu faisais pitié. Tu ne veux pas être avec elle.
Au lieu de lui répondre, tu baisses les yeux. Sur sa sacoche, qui pend au bout de son bras. Tu esquisses un mouvement, la pointes du menton, les sourcils relevés.
* « C’est quoi ? »*
• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée
Voilée
Alors que Quin parlait à la fille devant eux, il vit que celle assise à côté s'était tournée vers lui, avant de se lever d'un coup en direction de l'autre. Au passage elle lui lâcha un "Me suis pas." d'un ton sec que Quin ne comprenait pas. Il lui manquait vraisemblablement des pièces du puzzle qu'il avait devant les yeux. Et le meilleur moyen de les rassembler c'était de faire ce que n'importe qui ferait à sa place - enfin selon lui - il allait la suivre. D'autant plus que le fait que la fille devant eux ne parle pas avait commencé à lui paraître assez étrange. Que ce soit pour l'envoyer promener ou pour répondre à son invitation à la discussion, n'importe qui de normal - encore une fois, selon lui - lui aurait répondu.
Quin se décida alors à se lever et à emboîter le pas de la Gryffondor dans l'espoir d'obtenir des réponses à ses interrogations. Lorsque cette dernière demanda à la (apparemment) muette ce qu'elle faisait, celle-ci ne répondit encore pas, ne faisant qu'accentuer les soupçons de Quin. D'ailleurs il s'était mis à la regarder pour voir sa réaction et ne vit que de l'étonnement sur son visage. Puis une nouvelle expression, que Quin ne comprenait pas à cause du manque d'expérience dû à son jeune âge, se dessina sur son visage. Il se mit alors juste derrière la Gryffondor et lui dit doucement :
"Il y a quelque chose qui cloche, je crois qu'elle parle pas."
Désolé pour le retard
Quin se décida alors à se lever et à emboîter le pas de la Gryffondor dans l'espoir d'obtenir des réponses à ses interrogations. Lorsque cette dernière demanda à la (apparemment) muette ce qu'elle faisait, celle-ci ne répondit encore pas, ne faisant qu'accentuer les soupçons de Quin. D'ailleurs il s'était mis à la regarder pour voir sa réaction et ne vit que de l'étonnement sur son visage. Puis une nouvelle expression, que Quin ne comprenait pas à cause du manque d'expérience dû à son jeune âge, se dessina sur son visage. Il se mit alors juste derrière la Gryffondor et lui dit doucement :
"Il y a quelque chose qui cloche, je crois qu'elle parle pas."
Désolé pour le retard
C'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison.