29 févr. 2020, 17:04
Chasse à l'homme
SOLO


1. Mein Herr


Je me tenais droit, les mains croisées dans mon dos, un élégant costume sur le dos. Je tenais mon menton bien haut, les épaules basses, et mon visage était fermé, dur. J’ai grandi, depuis la dernière fois que je vous ai parlé, et mes joues se sont creusées. Vater tournait autour de moi, m’inspectant sous toutes les coutures.

« Gut, sehr gut… faisait-il, pensif mais satisfait. »

Et puis, il s’arrêta de tourner et se posta face à moi, imitant ma position, comme un général militaire devant un lieutenant. Il me donna un grand coup de pied dans le ventre, comme ça, sans prévenir. J’aurais dû avoir mal, mais il m’avait appris à ne plus ressentir la douleur. La force du coup me fit reculer et rentrer le ventre, mais aussitôt encaissé, je repris ma position, comme une statue.

« Te sens-tu prêt ? demanda-t-il. »

Je savais que je n’avais pas d’autre choix : je devais être prêt. Pour lui, pour le servir, pour le rendre fier.

« Ja, Vater. »

Je vis l’éclat de son sourire dévorant ce qu’il ne restait déjà plus de mon âme, car elle était toute à lui.

« Qu’est-ce que la douleur ?
- Une illusion.
- Qu’est-ce que la peur ?
- Une faiblesse.
- La colère ?
- Ma force.
- La justice ?
- La vengeance.
- La mort ?
- Soumise à ma volonté. »

Il s’approcha un peu plus de moi, plongeant ses yeux dorés dans le bleu clair des miens, ses yeux entourés de cicatrices, son sourire griffé.

« Qui suis-je ?
- Mein Herr, Vater. »

Il se recula et se retourna, prenant une grande inspiration emplie d’autosuffisance.

« Qu’en pensez-vous, mon cher ? »

De lents applaudissements résonnèrent dans cette grande pièce vide, pleine de colonnes gigantesques. Des bruits de pas les accompagnaient. Alors, un homme assez petit apparut. Il portait un grand costume rouge, style impérial, avait des cheveux de jais et était typé asiatique. Il devait venir d’ici.

« Impressionnant. J’ai toujours admiré votre capacité à manipuler les cervelles comme s’il s’agissait d’argile. »

Je ravalai ma salive sans oser dire quoi que ce soit. Je n’aimais pas ce que cet homme pensait : ma cervelle n’était pas fait d’argile. J’étais fort, j’étais droit, puissant. Vater ne répondit pas à cet homme et se tourna vers moi, haussant un sourcil. Il m’encouragea à prendre la parole, et je l’en remerciai d’un regard.

« Ma cervelle n’est pas d’argile, dis-je, fier, une lueur de défi dans le fond de mes yeux. »

Vater me tapota sur l’épaule, content de ma réponse. Il me voulait obéissant, mais pas stupide, pas écrasé. Il était la seule personne à avoir le droit d’exercer son pouvoir sur moi. Il m’avait enseigné que je ne devais jamais fléchir face à qui que ce soit d’autre, et que c’était une condition nécessaire pour le rendre fier.

« Ne contrariez pas mon fils. Il a son petit caractère. »

Le sorcier inconnu esquissa un sourire provocateur.

« Vraiment ? Une si petite créature ? »

Vater serrait les dents : lui non plus n’aimait pas beaucoup l’attitude de cet homme à mon égard. Sa main droite fondit sur la gorge du sorcier et il serra fort, très fort. Je voulais qu’il serre encore plus, pour entendre le cou de cet homme craquer, et ne plus entendre son souffle du tout. Mais Vater recula brusquement sa main, laissant l’homme s’effondrer à genoux sur le sol. Il se massait le cou et ses yeux étaient exorbités.

« Eh-eh… bi…en… je crois… qu’il… tient de… vous… dans… ce cas… »

Je baissai mes yeux sur cet homme qui se tenait à genoux face à mon père et, de fait, face à moi. J’aimais beaucoup ce sentiment de puissance acquis à ses côtés. Il me faisait me sentir spécial, grand, important. Pas comme ma mère qui, tout au contraire, me considérait comme un élève lambda de son école d’abrutis. Je méritais d’être à part. Au-dessus. Avec Vater, c’était le cas.

« Puisque je te le dis, chien. Ne t’avise plus jamais de mépriser le sang de mon sang. »

Le dos toujours droit, j’esquissai un petit sourire en coin, sans doute un peu moqueur. Cet homme ne devait pas beaucoup connaître mon père, après tout. Il avait cru pouvoir entrer dans son jeu en me rabaissant, mais Vater était trop imprévisible. Il pouvait accepter une plaisanterie avec plaisir et, trente secondes plus tard, faire subir les pires sévices à celui qui aurait voulu continuer dans la blague plus longtemps qu’il ne fallait. Il fallait comprendre que Vater était imprévisible : alors, il était inutile d'essayer d'anticiper ses réactions. J'avais pourtant le sentiment grisant que moi seul réussissais à comprendre son mode de pensée, au moins un peu.

Le sorcier entreprit de se relever, époussetant sa grande cape rouge.

« Je suis content que vous soyez venu… Surtout après que la tête du petit ait été mise à prix par Tran Hong Dao… On ne sait plus vraiment à qui se fier… n’est-ce pas ? »

Je lançai un regard contrarié à mon père. Ma tête, mise à prix ? Il me fallut faire un effort surhumain pour me souvenir de ce nom : Tran Hong Dao… Il venait d’un passé que j’avais presque complètement oublié, d’un passé qui me semblait même n’avoir jamais existé. Et alors, quand j’eus compris d’où je tenais ce nom, je me demandai : pourquoi la grand-mère de Mei me cherche-t-elle ?

Vater fixait le sorcier asiatique sans bouger. Ils se regardaient tous les deux et moi je les regardais aussi, sans comprendre ce qui se jouait entre ces deux-là. Tout ce que je voulais, c'était rester aux côtés de Vater. Le sorcier à la cape rouge étira ses lèvres dans un grand sourire quand on entendit des grands coups venant de l’étage supérieur. Vater dit quelque chose à propos de la fille du sorcier asiatique et de ce qu’il ferait de son cadavre. Je déglutis : ses menaces étaient toujours terrifiantes et surtout, il mettait un point d'honneur à les réaliser.

« Comme c’est dommage, une si jolie chose… »

Un éclair vert jaillit et l’homme tomba raide mort. Vater me tira par le bras et nous nous mîmes à courir à toute vitesse pour quitter le bâtiment. De temps en temps, il se retournait et visait des colonnes pour les fragiliser. Je l’imitais à coups de Reducto, brisant tout ce que je voyais. Finalement, nous arrivâmes à l’extérieur et pûmes nous enfuir, parmi la foule et dans les méandres des rues blindées.

Siehst, Vater, du den Erlkönig nicht?
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif?

1 mars 2020, 01:18
Chasse à l'homme
2. La Légende de l'Aigle Rouge : du Brandebourg au Bhoutan


Au cours de l’année 2045, les moines bouddhistes d’une certaine région du Bhoutan commencèrent à observer un phénomène étrange : au cours des cérémonies d’inhumation céleste, un aigle pourpre géant volait au-dessus des cadavres et faisait résonner son cri dans le ciel. Certains pensèrent à une manifestation supérieure de la Nature elle-même. Les cadavres n’étaient plus dévorés par les vautours, mais emportés par l’aigle rouge. Une nouvelle croyance se développa alors : l’Aigle Rouge devait emporter les Morts vers un royaume céleste et les prochaines pluies ramenaient les âmes des Morts sur Terre pour leur réincarnation dans la Nature.

***


Nous avons quitté la Chine au plus vite, après cela. Je n’ai pas compris ce qu'il se passait, au début : mais nous avons conclu, Vater et moi, que ma mère avait profité de ses relations à l’international pour tenter de me retrouver. Et en Chine, il était difficile de refuser une offre de Tran Hong Dao : c’était la raison pour laquelle ce sorcier nous avait trahis. Fut un temps, j’aurais pu être flatté que ma mère pense enfin à moi et qu’elle mette tout en œuvre pour me retrouver… Mais j’ai vite pensé : à quoi bon ? Que se passera-t-il, si elle me retrouve, et si je retourne à Poudlard ? Serais-je à nouveau l’élève lambda que j’étais, quand nous nous sommes retrouvés pour la première fois ? Avec Vater, j’étais spécial. Je n’étais pas un élève de Poudlard : j’étais un vrai sorcier, une vraie personne. C’était ça, la différence. L’idée même de me retrouver coincé à Poudlard m’horrifiait : il n’y avait plus rien pour moi là-bas. J’étais passé à autre chose, ce n’était qu’une lointaine époque où tout ce qui importait était de faire voler une plume… c’était ridicule. Vater m’enseignait la force, la volonté. J’étais désormais libre d’utiliser ma baguette quand je le souhaitais et comme je le souhaitais. Mon sortilège favori avait pour formule Reducto : il me permettait de briser en plein de petits morceaux tout ce que je voulais. Lorsque je le lançais contre des objets plus gros, comme de la roche, j’étais capable de la craqueler comme si une pression s’exerçait soudainement sur celle-ci. Je comprenais Vater quand il me parlait de beauté dans la destruction. C’est une sensation agréable, le pouvoir de détruire.

Nous étions dans la montagne, complètement seuls. Il faisait très froid et on y respirait mal. La solitude de cet endroit me changeait de l’effervescence des grandes villes de Chine. Nous étions passés d’anonymes dans la foule à perdus dans un désert de roche. L’avantage, c’est que nous pouvions d’avantage nous exercer, ici. Personne ne pouvait deviner que nous étions là. Un jour, Vater me dit :

« Je veux reprendre mes activités. »

Enroulé dans une couverture, je levai les yeux vers lui. Il était songeur, presque contrarié. J’avais de la sympathie pour lui, quand il avait ce regard.

« Ici ? interrogeai-je. »

Je me doutais qu’il se sentait bloqué, lui aussi. Quand nous étions en Chine, il avait pris l’habitude de sortir le soir, prenant l’apparence de quelqu’un au hasard dans la foule. Vater aimait beaucoup les femmes, d’après ce qu’il me disait, et elles lui manquaient. J’ai toujours eu du mal à comprendre ce qu’était l’amour, mais il me l’a appris : aimer, c’est posséder et c’est contrôler. L’amour, ça se prend, et ça se jette quand on a tout vidé. Vater me parlait de ma mère, parfois, et me faisait part de sa frustration de ne pas l’avoir tout à fait contrôlée, et de ne pas l’avoir vidée de son énergie vitale. Elle me résistait, me disait-il. Je dois dire que cela me plaisait beaucoup, sur le coup, parce que je pensais qu’il serait encore plus grisant de l’avoir. Malgré cela, il avait été un grand romantique avec elle, et je crois qu’il l’a aimée plus que toutes les femmes qu’il a eues lors de notre séjour en Chine. C'est du moins l'impression que ça donne.

« Oui, ici… C’est l’endroit idéal, à vrai dire. On laisse traîner les cadavres, dans ce pays, attendant qu’ils se fassent dévorer par les vautours… Je ne suis pas un vautour, mais je saurai faire le travail. »

Stupéfait, je ne pus retenir un petit sursaut.

« Tu… ne vas pas les... dévorer, Vater…? »

Il se mit à rire et me regarda avec des yeux tendres.

« Voyons, fils, je ne suis pas un monstre ! »

Je souris un peu, accompagnant son rire. Et puis, son visage changea d’expression, alors je m’alignai sur la sienne. Il respirait la rage, à présent, et je craignis de le voir faire exploser quelque chose. Il arrivait qu’il passe ses nerfs sur ce qui l’entourait, et alors, je me prenais des éclats de ceci ou cela dans la peau. J’avais un sacré paquet de cicatrices sur les avant-bras et les cuisses, par exemple.

« Ils ont brûlé mes amis quand je me suis fait enfermer. Ils les ont tous cramés, ces enfoirés… Ils ont abîmé ma délicieuse Johanna… Non, ils l’ont fait fondre… »

Il entra dans toute une série de détails sur ce que le gouvernement magique allemand avait dû faire à Johanna, qui était la demi-sœur de Vater, tuée par lui-même il y a très longtemps et dont il avait fait un Inferius, c'est-à-dire un cadavre qui peut s'animer quand on veut et faire ce qu'il nous plaît. Bien sûr, j’ai été révulsé quand j’ai appris ce que Vater avait fait à cette femme… Mais c’est en me racontant cette histoire qu’il m’a enseigné ce qu’était l’amour. Parce que Johanna n’était pas seulement la demi-sœur de mon père : il en avait été fou amoureux, et il ne savait même pas qu’elle était de la même famille que lui. Quand il l’a appris, il s’est senti trahi, bafoué, leur amour était devenu impossible, et voilà : il l’avait tuée, presque sur un coup de tête. Mais il l’aimait tout de même, alors il l’avait ramenée à la vie, et en avait fait sa chose… Pour qu’elle reste avec lui pour l’éternité. C’est comme ça que mon père a commencé à vouloir percer les secrets de l’immortalité : par amour. C’est beau, quand même.

Lorsqu’il eut terminé de se parler à lui-même sur tout ce que Johanna avait dû subir, savourant les détails qu’il s’inventait, il donna un grand coup dans la roche et son poing fut bien entaillé. Mais il ne dit rien de plus, se contentant de sortir un mouchoir pour essuyer sa main. La douleur est une illusion.

« Je vais bien m’entourer. Et tu m’assisteras dans cette tâche. Je veux que tu voies l’œuvre de la vie de ton père. »

Je hochai la tête, au comble de la fierté. Vater me faisait participer à ses activités, à l’œuvre de sa vie : vous n'imaginez pas ce que cela représentait pour moi.

Siehst, Vater, du den Erlkönig nicht?
Den Erlenkönig mit Kron’ und Schweif?

23 avr. 2020, 18:39
Chasse à l'homme
3. Raise the Dead


Ils étaient une quinzaine, rampant autour de lui. Baldur Feuerbach les examinait, un sourire éclatant suspendu à ses lèvres, tandis qu'il fredonnait un air pop des années 1980 et se permettait quelques pas de danse, levant l'index en l'air, se pavanant au milieu de son armée de morts en devenir. You know I'm still standing better than I ever did - looking like a true survivor, feeling like a little kid! Il s'arrêta net, ses yeux examinèrent son environnement, son sourire disparut.

« Plus ! J'en veux plus ! s'écria-t-il en allemand. Mourez plus vite, enfoirés ! »

Les gens ne mourraient pas assez souvent, dans ces montagnes désertes, et Bal avait cédé à la tentation d'accélérer le rythme lui-même. Owen, concentré, s'occupait de nettoyer le visage d'une femme qui l'aurait implorée du regard si elle avait été vivante. Baldur s'approcha d'eux et glissa à l'oreille de son fils :

« Rends-la belle pour moi. »

Son regard fou rencontra celui de la morte, et il émit un jugement sévère, avant de faire s'élargir son sourire, dévoilant ses canines scintillantes. Il fit tendrement glisser le bout de son index sur la joue décharnée de celle qui fut une femme, et il s'en retourna en fredonnant à nouveau, tandis qu'Owen s'affairait mécaniquement, mais aussi bien vainement, à embellir le teint du cadavre. Baldur se laissa tomber dans un fauteuil créé à partir de la métamorphose d'un rocher, croisa les jambes et s'alluma une drôle de cigarette, probablement fourrée d'herbes dénichées dans la montagne, et observa son fils à l’œuvre, assez satisfait de ce qu'il en avait fait.

« Vater, dit Owen en relevant la tête vers lui. Peut-on vraiment ramener les morts ? »

Un long silence suivit, et les sourcils de Baldur se froncèrent. Il amorça un mouvement pour se lever et frapper cette bouche qui parlait trop, mais il préféra savourer chaque nuage de fumée qui descendait dans ses poumons, alors, il renonça.

« L'avantage des morts, c'est qu'ils ne posent pas ce genre de questions, répondit-il, un éclair dans les yeux. »

Owen baissa la tête. Crains-moi, mais sois fier, fils !, et Bal serra les dents.

« Celle que je voulais ramener, par-dessus tout, c'était Johanna. Elle aurait été ma reine. Ils ont anéanti mes espoirs, et je me vengerai, fils. Je les réduirai en cendres comme ils l'ont réduite en cendres. »

Il n'avait pas réellement eu l'intention de ramener tous ces morts à la vie : leur docilité était bien trop plaisante pour Baldur Feuerbach, qui adorait ce pouvoir qu'il avait sur eux, ce contrôle absolu. Une armée qui se pliait à la moindre de ses volontés : quel mage noir n'en aurait pas rêvé ? Mais Johanna était différente : il avait voulu la faire payer, la punir pour son sang, puis la faire sienne pour le restant de ses jours. Mieux : pour l'éternité. Tout ceci ne servait que lui, et lui seul : son plaisir et la possibilité de toucher du doigt l'immortalité étaient ses seuls objectifs. Il ne voulait pas combattre la mort pour autrui, pour le plus grand bien. Non, tout ce qu'il faisait n'avait pour fin que l'exaltation de sa propre personne, son élévation au-dessus de la condition humaine. Le reste n'était qu'expérience, tous les autres n'étaient que des cobayes, destinés, peut-être, à le faire avancer sur le chemin d'un savoir divin : celui de la vie et de la mort. Je serai un dieu.

« Combien de temps on va rester ici ? »

Owen essayait d'organiser quelques cheveux sur la tête de la femme. Il était appliqué, et Bal aimait ça. Il inspira une nouvelle bouffée de fumée et quand il la recracha, sa voix était déformée.

« Nous partirons quand j'en aurai assez. Tu m'aideras à organiser le déplacement de l'armée, mein kleiner General. Je rassemblerai de vieux amis pour m'assister. »

Owen s'autorisa un gonflement de fierté, malgré la légère jalousie qu'il éprouva à l'égard de ces fameux amis qui devaient, eux aussi, assister son père dans son projet de conquête. Baldur écrasa le bout de son cigare au sol et le désintégra d'un coup de baguette. Il se releva et patrouilla à nouveau parmi ses rangs, encore trop maigres. Un autre avantage des morts, c'est que lorsqu'ils étaient endormis, il n'en restait qu'un tas de chair et d'os aisément transportables pour un sorcier maîtrisant quelques sortilèges utiles aux déplacements.

« Et pour ma mère ? »

Les mâchoires de Baldur se contractèrent et son sourire fendu, cerclé de cicatrices, évoquait la gueule d'un chien enragé, tandis que ses yeux luisaient de la folie dévastatrice du dragon. D'un geste élégant, théâtral, il se tourna vers son fils, qui ne se doutait pas complètement de l'atout incroyable qu'il représentait pour son père, face à Kristen Loewy :

« Amusons-nous, veux-tu ? Pour l'instant, je n'ai besoin de rien de plus pour la rendre folle. »

Et il se déhancha, fredonnant l'air de sa future victoire.

Oh, it's a bad, bad ritual, but it calms me down