Entre amour et colère

3ème semaine, mars 2045

@Margaret Hunter
@Jacob Tramontane, si le coeur t'en dit ;)


Ce matin, à mon réveil, un hibou porteur de message était arrivé à la volière. Mon anniversaire était dans quelques jours et je me doutais qu'il s'agissait d'une lettre de papa ou maman, peut-être même qu'un mot d'Emma s'était glissé dans l'enveloppe. J'étais sur un nuage, je ressentais une grande excitation à l'idée de lire leurs mots.

C'est donc, d'un pas léger, que je parcourais l'escalier de vieilles pierres qui menait à la volière. Je n'aimais pas vraiment cet endroit. C'était sombre et sale. Je cherchais donc dans la boîte, la lettre qui m'était adressée. Je la trouvais et je sorti de la volière pour m'asseoir un peu en contrebas sur une marche. Il faisait beau ce matin, et les rayons du soleil donnaient une nuance jaune aux pierres du château, qui d'habitude se teintaient de gris. Avant d'ouvrir ma lettre, comme pour garder un peu en moi cet instant de doux bonheur, je caressais les lettres dessinées à l'encre.
J'avais toujours aimé l'écriture de maman. Les lettres étaient rondes et légères, régulières. Elles reflétaient la douceur, le calme et la bienveillance de maman.
Je ne pouvais plus contenir mon impatience, et je décachetais l'enveloppe en faisant craquer la cire froide et rouge sombre.

[font=glam queen]Lily, ma chérie,

Papa, Missy, et Zoé se joignent à moi pour te souhaiter un joyeux anniversaire ! Nuts aussi, te fait une lèchouille !
Ce sera le premier anniversaire que tu ne fêteras pas avec nous et j'en suis très triste. Mais je suis persuadée que tes amis (et Jacob... si j'en crois ce qu'Emma m'a dit...) sauront prendre soin de toi pour ce jour unique. Il faudra d'ailleurs que tu me racontes tout sur ce mystérieux jeune homme dans une prochaine lettre...
Pour aujourd'hui, je voulais partager avec toi ces quelques mots d'amour et t'annoncer, si tu ne l'a pas déjà entendu par tes professeurs que tu ne pourras pas rentrer à la maison pour les vacances de Pâques. J'en suis profondément navrée mais il y a beaucoup de tension ici et un peu partout dans le Royaume-Uni. Nous avons reçu un courrier de ton école il y a quelques jours nous informant qu'aucun élève ne serait autorisé à rentrer chez lui.
Ton père m'a interdit de t'en parler, mais je pense que tu es grande et en âge de comprendre le monde auquel tu appartiens... Il y a de nombreux conflits entre les sorciers et les non-sorciers. C'est la panique au travail de ton père. Les non-sorciers connaissent votre existence et ne le vivent pas très bien.
Quant à moi, le directeur de l'école m'a, disons, demandé de prendre un congé de quelque temps... Mais ce n'est pas grave, Zoé est contente car j'ai donc plus de temps pour faire plein de gâteaux avec elle. Elle commence également à apprendre le violon, comme toi !
Mais, je suis contente que tu sois en sécurité à l'école, continue à bien apprendre et à profiter de tes amis.
Je t'aime, le plus fort du monde,

Maman.
[/font]
J'avais beau lire et relire encore la lettre, je ne comprenais pas. Les mots n'avaient pas de sens. Ma joie lumineuse s'était métamorphosée en un sentiment noir de peine et d'angoisse. Noir comme l'encre qui coulait désormais sur le papier, emportée par mes larmes. Mes larmes qui dévalait mes joue comme un coureur fou pour venir s'écraser avec fracas sur le parchemin.
J'étais en colère. En colère contre ce monde. En colère contre ces gens qui ne pouvaient pas tolérer la beauté qui se trouvait en chacun, même si elle était différente pour tous. Mais surtout j'étais en colère contre moi-même. Je n'étais qu'une égoïste. Je n'avais que peu écrit depuis plusieurs mois. Je les avais abandonné. Je profitais du temps ici avec mes amis et Jacob sans penser que la souffrance avait gagné mon foyer. Maman avait toujours eu le don de voir la bonté dans chaque chose et de rendre à la noirceur du monde les couleurs de l'arc-en-ciel. Pourtant sous ses mots, je sentais la fatigue, le chagrin et la peur.
Je n'imaginais pas, ne pas les retrouver pour les vacances. Je voulais les voir, les serrer dans mes bras. Respirer leur odeur. Toucher leur peau. J'en avais besoin. Et ils avaient besoin de moi. Il fallait que nous soyons tous les cinq. Comme avant. Nos liens nous permettaient de tout affronter. Le bon comme le mauvais. Toujours. Ensemble.
J'avais envie de crier, de hurler à plein poumons jusqu'à en avoir la gorge qui brûle. Que mes larmes soient taries et que je ne puisse plus respirer. Ma colère devait sortir. Elle devait prendre forme comme un monstre hideux.

Mais le son ne sortait pas. J'avais toujours fait en sorte de tenir mes émotions en laisse. Et pourtant, ce monstre rouge de colère était là et ne demandait qu'à prendre sa place dans le monde.
Un premier poing s'abattit brusquement sur la pierre, puis dans un élan incontrôlable, un deuxième et un troisième... Je martelais la pierre sans cesse, je voulais qu'elle cède sous mes coups. Mes larmes se mélangeaient au sang rouge - comme le monstre de rage - qui coulait de mes mains. Je saignais mais je ne sentais pas la douleur. En tout cas, pas cette douleur là...

Préfète des Ventoulpes

Entre amour et colère
Meg n'avait toujours pas digéré le fait qu'elle ne puisse pas retourner chez elle pendant les vacances, mais elle essayait de l'oublier. De mettre ces sombres pensées concernant les deux semaines quelle aurait dut passer chez sa grand-mère, dans un petit coin de sa tête et de ne plus les en sortir avant longtemps. Pourtant, cette résolution n'avait pas marché bien longtemps. Depuis qu'elle avait appris la nouvelle, elle ne cessait d'y songer tristement et, même quand elle n'y pensait pas, son humeur était quand même plus sombre, moins gaie que d'habitude. Elle souriait moins, elle riait moins, tout lui semblait beaucoup moins divertissant qu'avant. Elle avait l'impression que, depuis l'annonce de cette nouvelle pas si horrible que ça mais qui l'avait attristée, il y avait comme un voile gris et sombre qui s'était abattu sur le monde autour d'elle et cachait les couleurs. Le seul espoir qui lui permettait de vivre à peu près normalement dans ce monde chamboulé et étrange s'était envolé d'un coup, et ça lui faisait très bizarre.

Je ne vais pas revoir maman avant les grandes vacances, ne cessait-elle de se répéter, essayant de chasser en vain cette phrase. Cette dernière tournait en boucles dans sa tête, douloureusement, alors qu'elle marchait sans grande conviction vers la Volière. Avait-elle réellement envie d'envoyer un hibou à sa mère ? Elle en doutait. Elle préférait rester loin de Millicent, loin de ses lettres de plus en plus courtes et inquiètes. Et pourtant, en ces temps si étranges et terrifiants, il valait mieux donner des nouvelles et en avoir de ses proches plutôt que de les laisser tomber. C'était pour cela que la jeune fille se dirigeait à pas lents vers la Volière, sans prêter grande attention à ce qui se passait alentours. Elle réfléchissait déjà à ce qu'elle allait écrire sur le parchemin qu'elle avait pris dans sa poche. Il n'y avait de grandes nouveautés, ou en tout cas pas de choses à raconter à sa mère. Mais il fallait qu'elle lui parle, qu'elle vérifie encore une fois que celle-ci allait bien.

Arrivée au bas des escaliers qui menaient à la Volière, Meg voulut poser un pied sur la première quand son regard, qui se baladait dans le vide jusque-là, tomba sur une jeune fille assise contre le mur du bâtiment, et qui semblait pleurer. Margaret releva la tête et plissa les yeux en voyant le visage ruisselant de larmes de la petite rouquine, dont les poings s'abattaient un à un contre la pierre. Que lui arrivait-il ? Alarmée, Meg retira son pied de la marche et s'approcha à pas timides de la jeune fille dont elle ne reconnaissait pas le visage. Elle devait être extrêmement triste pour en venir au stade de frapper la pierre pour se faire saigner, songea la brunette avec inquiétude.

Hé ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Ce fut seulement lorsqu'elle s'accroupit près de sa camarade qu'elle repéra le morceau de parchemin qui était tombé par-terre. Ah. Une mauvaise nouvelle.

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Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily

Entre amour et colère
Mes poings frappaient, avec une force que je ne me connaissais pas. Mais la pierre ne lâchait rien, pas un craquement, pas une fissure. Je ne cognais pas assez fort. J'étais à genoux, assise sur mes talons, le front écrasé contre le mur. J'aurais bien été incapable de me lever. Le sol était inondé de tâche rouges et de tâches transparentes. Un mélange de deux émotions. Mes phalanges étaient torturées. Mais c'était ma punition pour les avoir abandonné. Ils souffraient là-bas. Ils étaient en danger. Ils s'inquiétaient pendant que moi j'étais heureuse. Je savais qu'il y avait eu des incidents à Londres. Mais je n'avais pas pensé que ça les atteindrait. Je n'étais qu'une petite fille égoïste qui, maintenant se rendait compte du mal qu'elle faisait. Je repensais aux mots doux de maman. Même dans sa peine, elle voulait me protéger et me consoler. Je m'en voulais tellement de tout ce bonheur que j'avais loin d'eux.
Cogner. Frapper. Meurtrir. Jusqu'à ce que ça m'atteigne à l'intérieur. J'avais besoin d'eux. Et mes poing s'abattirent une dernière fois contre la pierre. Je posais mes mains, à plat, sur le mur chauffé par le soleil, de chaque côté de ma tête. Le sang qui s'échappait de mes phalanges mutilées ruisselait sur mes mains et venait se poser sur mon jean. Goutte à goutte. Les tâches formaient comme de petits filament qui s'insinuaient dans la fibre du tissu. C'était presque beau.

Mon corps se mit à trembler frénétiquement et un râle sorti de ma gorge. Un râle d'animal blessé.
Je senti une présence et une voix s'élever dans mes ténèbres. Mais je n'écoutais pas. Mon monstre prenait toute la place.
Je devais me résonner, je ne pouvait pas réagir comme ça. Maman aurait été folle en voyant mes mains.


Respire. 1.2.3. Chasse la peur.
Respire. 1.2.3. Chasse la honte.
Respire. 1.2.3. Chasse la colère.

Un poids vint se poser sur mon épaule et me sorti brutalement de ma transe. Je le repoussais dans un geste brusque et violent. Je m'écartais du mur. Ce poids, c'était celui d'une main, je pense. Et cette main appartenait à une fille. Une fille accroupie à côté de moi.
Quand mon regard brouillé par les larmes croisa son regard vert. J'eu honte. Je ne voulais pas lui faire peur. Elle avait un visage doux. Elle devait avoir un sacré courage pour s'approcher alors que je devais ressembler à une démente.

Ma respiration était hachée. Entre deux sanglots, j'essayais de le m'excuser...

"Je suis désolée, je ne voulais pas te faire peur ni te faire du mal. Je pensais être seule. Et je ne sais pas ce qui m'a prit... "

Préfète des Ventoulpes

Entre amour et colère
Meg, les sourcils toujours froncés, remarqua que la fureur rousse ne l'écoutait pas. Ne l'entendait même peut-être pas. Elle continuait à frapper le mur avec une violence qui surprenait la jeune fille, s'écorchant encore plus les mains. La brunette détestait la vue du sang, cela lui donnait la nausée et sa tête lui tournait. Quelqu'un qui se faisait saigner exprès, c'était soit quelqu'un complètement fou, à ses yeux, soit quelqu'un de si triste qu'il voulait avoir mal. Dans les deux cas, ce n'était pas très engageant. Pourtant, elle voyait bien que sa camarade avait besoin d'aide. Peut-être ne l'avait-elle même pas entendue, tant elle était concentrée à se faire du mal. Et il fallait qu'elle l'aide, c'était une nécessité pour Margaret : elle aurait eu la douleur de la rouquine sur la conscience en plus de son inquiétude et de sa propre tristesse.

Timidement, elle s'avança un peu plus près de sa camarade enfin calmée, qui restait appuyée contre le mur sans réagir. Elle tendit ses doigts tremblants et les posa sur l'épaule de la fille, avec la même prudence et la même douceur que ce qu'elle faisait avec Pelote lorsqu'il était terrorisé. Mais, dès que sa paume fut en contact avec le vêtement de sa camarade, celle-ci la repoussa brusquement. Surprise, n'ayant qu'un équilibre précaire sur la pointe de ses pieds, Meg tomba en arrière, assise. Elle papillonna des yeux, stupéfaite par la vitesse et la violence de la fille.

Mais celle-ci tourna la tête vers Meg, son visage plein de larmes qu'elle avait déjà croisé dans les couloirs ou en cours. Elle hoquetait, et cela faisait pitié à la jeune Hunter qui détestait voir les autres pleurer ou souffrir. Ignorant les larmes de compassion qui lui venait aux yeux, elle écouta sa camarade lui dire :

Je suis désolée, je ne voulais pas te faire peur ni te faire du mal. Je pensais être seule. Et je ne sais pas ce qui m'a prit...

Margaret sourit et attrapa le parchemin froissé qui traînait par-terre, le rendant à sa propriétaire présumée. Elle ne voulait pas la lire.

T'inquiètes, c'est pas grave. Mais... pourquoi tu es si triste ? C'est à cause de ça ? fit-elle en désignant la lettre.

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Entre amour et colère
Je m'étais adossée au mur dans un geste plus lent pour ne pas l'effrayer. Je n'étais pas sûre de pouvoir me maintenir assise seule. Je me calmais petit à petit. Le monstre de colère s'était enfui pour laisser la place à un autre monstre, celui de l'amertume et du regret. Je respirais. Ma respiration était sifflante, mais mon coeur semblait retrouver un rythme plus régulier.
La demoiselle assise à côté de moi y était certainement pour beaucoup. Son visage me fit penser à celui de maman. Il était doux et dénué de jugement. Il reflétait la bienveillance. J'eu un pincement au coeur en voyant son beau visage bordé de cheveux roux. Maman.
Je posais ma tête contre le mur et fermais mes yeux. Si je fermais les yeux, assez fort, tout ça disparaîtrait.
Puis la brunette posa sur mes jambes le parchemin.
Je rouvris les yeux et observa longtemps le papier tâché. L'encre avait coulé mais les mots étaient toujours là, douloureux.

Je me tournais alors vers elle. Elle m'avait demandé pourquoi j'étais triste, et franchement je n'étais pas certaine de pouvoir lui expliquer le tourbillon d'émotions qui m'avait submergé quelques minutes plus tôt. Et puis, en avais-je vraiment envie ? Lui parler rendait tout cela réel, je ne pouvais pas faire semblant d'être quelqu'un d'autre. Mais, choisir de me taire, était encore un choix lâche. C'est précisément cette lâcheté et cet égoïsme qui me consumaient maintenant. Et puis je pensais à Jacob, qui m'exhortait sans cesse au courage, lui, mon lion rugissant n'avait pas peur. Je devais affronter mes démons. Tirer une force de mes erreurs.
Je pris une profonde inspiration puis en essayant de poser ma voix encore lourde de sanglots, je lui désignais le parchemin posé sur ma cuisse.

" C'est ma mère. Elle m'a écrit. Mais ses mots m'ont fait mal. Je me suis rendu compte que je les avais abandonné en venant ici. Là-bas, ils sont en danger, et moi je profite tranquillement de mes amis...
Ma mère est institutrice, elle adore son métier, et le directeur de l'école l'a virée parce qu'elle est mariée à un sorcier. C'est n'importe quoi ! Les gens sont stupides et ne comprennent rien. Ils l'ont punie pour quelque chose qu'elle n'est même pas ! "
Je sentais la rage remonter. Et une douleur sourde me vrillait les entrailles." Malgré tout, elle garde toujours son humour et voit le bon côté dans chaque chose. Mais ce qui m'énerve le plus, c'est que je ne vaut pas mieux que son directeur. Je ne leur avais pas écrit depuis longtemps et je ne suis pas là au moment où on devrait être ensemble. Je ne suis pas là pour les soutenir. Et puis je m'inquiète pour mon père et mes petites soeur. Je savais qu'il se passait des choses terribles et j'ai préféré ne rien voir pour pas troubler mon petit quotidien si parfait ! " J'avais craché ces derniers mots comme un venin. Et je sentis de nouveau les larmes rouler sur mes joues. Mais ce n'était plus les larmes dévastatrices, juste des larmes de lassitude.

" Je suis vraiment désolée de t'avoir fait peur. Ce n'était pas mon intention... Merci. Et euh... Je m'appelle Lily... Lily Dempsey."
L'adrénaline retombait et une douleur lancinante se fit sentir. Je regardais mes mains dont les phalanges étaient littéralement déchiquetées. J'avais mal mais la douleur la plus vive était le manque. Ils me manquaient. Puis je pris conscience d'une chose...

" Je suis désolée, toi aussi, tu seras bloquée ici pour les vacances... Je suppose que tu n'es pas bien non plus."

Préfète des Ventoulpes

Entre amour et colère
En attendant que sa camarade ne se remette de ses larmes et ne réponde, Margaret se mit en tailleur. Son regard se perdit dans l'immensité du Parc qui lui faisait face. Le soleil matinal, qui s'était levé assez tôt en raison de la nouvelle saison, éclairait l'entièreté de l'endroit. Même la lugubre forêt Interdite semblait être plus rayonnante, plus accueillante que d'habitude. Et dire que ce beau temps, elle ne pourrait pas le partager avec sa mère, sa grand-mère et Pelote mais avec ses camarades, enfermées à Poudlard à cause de Moldus jaloux. Elle poussa un soupir, mais son regard revint rapidement vers la rouquine qui semblait avoir finit de sangloter.

C'est ma mère. Elle m'a écrit. Mais ses mots m'ont fait mal. Je me suis rendu compte que je les avais abandonné en venant ici. Là-bas, ils sont en danger, et moi je profite tranquillement de mes amis... Ma mère est institutrice, elle adore son métier, et le directeur de l'école l'a virée parce qu'elle est mariée à un sorcier. C'est n'importe quoi ! Les gens sont stupides et ne comprennent rien. Ils l'ont punie pour quelque chose qu'elle n'est même pas !

Que sa camarade déballe tout devant elle, lui confie ce qui l'attristait et la faisait tant pleurer fit plaisir à Meg. Mais la raison de sa camarade était la même que la sienne, la même qui la poussait à être triste, qui la faisait voir le monde en gris : le fait que les vacances soient annulées, que ses parents soient en danger, hors des murs de Poudlard... la brunette comprenait sa colère et sa tristesse et elle sentait donc les larmes venir, monter d'un coup à la fois par compassion mais aussi parce qu'elle se souvenait de sa situation... Elle-même, qui voyait le positif partout et ne pouvait pas se laisser facilement aller à la colère ou la tristesse, n'aurait pas réagit de cette façon, mais elle comprenait la jeune fille.

Quand celle-ci lui demanda pardon de lui avoir fait peur, et qu'elle ajouta qu'elle s'appelait Lily Dempsey, Meg releva la tête. Elle savait pourquoi sa camarade lui disait quelque chose, qu'elle avait déjà vu plusieurs fois ce visage ! Ce nom était celui de la fille dont Jacob parlait tout le temps ! Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire devant cette rencontre assez étrange avec la petite-copine de son ami. Elle demanda pourtant, pour être sûre :

La Lily Dempsey de Jacob, on est d'accord ? Au fait, moi je suis Meg.

Elle ne savait pas si Lily la connaissait, mais au moins les présentations étaient faites.
Mais son fou rire fut bien vite passé, chassé par la phrase de sa camarade "je suppose que tu n'es pas bien non plus". Meg eut un sourire contrit, et se força à répondre avec détachement :

Ma mère me manque beaucoup, c'est vrai, j'aurais préféré retourner avec elle... elle habite à côté des Moldus, je m'inquiète pour elle et ma grand-mère. Mais bon, faut voir le bon côté des choses : je vais avoir tout mon temps pour travailler et farfouiller dans le château !

@Jacob Tramontane

“She read about people she could never be and adventures she would never have”
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Entre amour et colère
J’étais si heureux d’avoir reçu une lettre d’Arthur que j’aurais pu étreindre le hibou dans mes bras. Cette lettre soufflait sur les braises d’une amitié que je pensais qu’il avait oublié, tout occupé par mes copains formidables aussi ici, par ma flamme pour Lily à la chevelure aussi rousse que le feu d’énergie qui m’animait, par les Gryffons ardents qui allaient bientôt affronter l’équipe de Serpentard au Quidditch. Chaque marche que je franchissais pour parvenir à la volière me rappelait un moment de ces huit années dans un éclair de mémoire et de joie : ce drôle de moment où nous avions chacun un oeil fixé sur un des cercles des jumelles, son imitation de la voix de Titi couplée à mon imitation de l’allure de Grosminet, les devinettes déguisés en farfadets…

L’âtre de la salle commune des Gryffondor ne valait pas que huit années d’amitié s’envolent en fumée. Ce matin, je lui avais écrit de ma plus belle plume, aux couleurs de phénix :
« Mon très cher Arthur,
Je te remercie infiniment pour ta lettre qui m’a fait immensément plaisir. Un sublime geai bleu est apparu en cours de métamorphose, il fait définitivement mesure d’oisillon gris comparé au hibou qui m’a apporté ta lettre. Je te dépose sur ce papier de la couleur clémentine du soleil beaucoup de sourires pour qu’ils t’atteignent depuis l’Ecosse. Le rouge me monte aux joues quand je repense à la couleur rouge de Londres, un rouge d’enthousiasme et d’émotion en t’imaginant illuminant Londres de ta bonne humeur inaltérable. J’aurais tellement d’anecdotes de batailles de polochons, de tournesol de lumière et d’aube illuminant les plages blondes à te raconter !
Mais je sais que les temps ne sont pas des plus faciles de ton côté, même si tu écris que ton sourire est aussi puissant que le rugissement du lionceau que tu ne doutes pas que je sois devenu. Mon petit-déjeuner avec un camarade (un Vert !) a ravivé ma conscience sur ce point. Aussi, à midi, quand le soleil était le plus haut dans le ciel, je suis monté dans la tour d’astronomie de Poudlard pour te faire de grands signes au loin, imitant le battement d’ailes du geai bleu apparu l’autre jour en cours de métamorphoses pour te souhaiter d’avoir autant de chance que l’oiseau bleu et de surmonter cette période trouble !
Malgré la guerre, malgré la situation avec mes parents que tu évoques toi-même, je voulais te réécrire que je serai toujours là pour toi.
Nos jeux me manquent, et peut-être aussi quelque chose d’autre, ou quelqu’un, mon meilleur ami.
Transmets un bonjour plein de chaleur et de lumière à tes parents,
En te faisant ce petit clin d’oeil plissé dont tu as le secret,
Jacob »
En me rappelant la lettre d’Arthur puis la mienne, le bonheur m’envahissait et c’est plein de ce sentiment de plénitude que je poussai la porte entr’ouverte de la volière que traversait les ardents rayons d’une après-midi radieuse. J’étais sur le point de fermer les yeux pour me laisser porter comme le geai bleu par l’enchantement de ce moment quand, à ma grande horreur, j’entendis des hoquètements troublés. Je fermai doucement la porte et découvrai deux filles, une Jaune et une Bleue. En temps normal, j’aurais souri et pensé à mon tableau préféré, un Kandinsky, Jaune-rouge-bleu, que je rêvais d’aller voir à Paris, la capitale d’un pays moldu. Mais dans cette situation exceptionnelle, je me précipitai vers les deux filles, l’une assise, l’autre appuyée contre le mur les mains couvertes de sang, qui avaient leurs yeux mouillés de larmes en partage. Mon chagrin aurait déjà été grand à ce spectacle, mais il l’était naturellement encore plus comme c’était Lily, si rayonnante à son habitude et Margaret, couramment resplendissante de bonne humeur, deux filles qui comptaient énormément pour moi.

Je n’avais rien vu arriver, ni le fait de croiser ma petite amie, ni le fait de la voir dans de telles souffrances, ni le fait de rencontrer Margaret, ni le fait de la voir pleurer, autant de coups successifs qui martelaient mon coeur. Je me ressaisis au plus vite, ouvris ma besace, en sortis ma petite boîte et les morceaux de tissu qu’elle contenait. J’avais reproduit beaucoup de fois le modèle d’une feuille que j’avais découpé dans des tissus dorés et rouges. Il s’agissait de représenter un arbre avec autant de feuilles que de lettres dans les prénoms des garçons de mon dortoir pour y mettre un peu de gaieté. Je comptais leur en faire la surprise. Mais au moment présent, la seule chose à laquelle je pensais était que la douceur du tissu tombait à pique pour les mains de Lily.

« Hello ma Lily ! Hello Margaret ! Quel plaisir j’ai de vous voir ! » commençai-je. Tendant la boîte à Lily, je lui dis : « Voilà, ce sont beaucoup de feuilles en tissu très doux, tu vois, le rouge peut être joli aussi, je suis sûr que tu peux faire la conversion : du sang au beau rouge automnal ». Et je m’approchai de Margaret en souriant : « Tu es assise dans la position de sérénité du Bouddha, rien ne peut t’arriver, je vais t’imiter ! »

Je m’assis près de mes deux amies, et continuai : « vous savez, vous êtes dans le lieu des oiseaux ici. Les pierres y sont dures *je regardais attentivement Lily avec des yeux un peu plus soucieux que je n’aurais voulu le laisser paraître en pensant aux pierres qui avaient entaillé sa peau si douce* mais elles sont comme des pierres sur le chemin de la libération de la parole. » Tout en parlant, j’avais sorti mon carnet orange dont j’arrachais deux pages que je tendis avec une plume à chacune des deux. « Que diriez-vous d’écrire votre trouble sur ces pages, je les plierai pour en faire de fins oiseaux de papier et nous pourrions les jeter par les fenêtres de la volière comme des plumes légères, prêtes à s’envoler ! Ou alors ces oiseaux seraient comme des voeux tournés vers le ciel, mais pas le ciel gris de Londres il y a quelques jours non, un ciel bleu outremer plein de lumière comme celui d’aujourd’hui. » Je ne voulais pas paraître trop léger mais la situation était critique et ce n'était pas dans cet état d'émotion que nous pourrions trouver des remèdes aux grands maux.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Entre amour et colère
La demoiselle se présenta. Elle s'appelait Meg.
Puis elle rit en prononçant mon prénom. Je ne comprit pas très bien pourquoi, jusqu'à ce que je fasse le rapprochement. Elle était Meg, Margareth, l'amie de Jacob. Il me parlait souvent d'elle, mais je ne l'avais jamais rencontrée. Je lui fit un petit sourire triste en pensant que notre rencontre n'était pas des plus gaie.
Meg me parla de sa mère et de sa grand-mère qu'elle ne verrait pas non plus pour les vacances.
Elle avait les yeux brillants qui perlaient de larmes.
J'avais beaucoup de mal à retenir les miennes lorsque je voyais quelqu'un pleurer. En plus, Meg me fit penser encore une fois à maman avec son éternel optimisme.
Les larmes ne tardèrent pas a retrouver leur chemin jusqu'à mes yeux.
Nous pleurions toutes les deux en silences.
Chacune comprenait la peine de l'autre.

Mes mains me faisaient mal et j'essayais en vain de faire partir le sang qui commençait à sécher. Quelle importance après tout, mon jean était aussi plein de tâches rouges. Rouge sur fond bleu.

Puis, sans que je ne sache d'où il venait, Jacob était arrivé face à nous.
Je ne voulais pas qu'il me voit comme ça, faible et lâche. Je voulais qu'il ne voit en moi que la fille capable de transcender la nuit avec ses notes. Qu'il ne voit que la fille suffisamment courageuse pour se mettre sur la pointe des pieds et lui voler un baiser. Pour Meg, c'était différent, je ne la connaissais pas. Il est toujours plus facile d'être soi-même, de laisser ses failles visibles face à un inconnu...
Et pourtant, le voir là me fit un bien fou. Jacob saurait lui. Il comprendrait. Ou pas.
Il me regarda avec ce qui me sembla être de la pitié, et il me tendit des carrés de tissus rouges qu'il avait sorti de son sac. Puis il s'assit en tailleur comme Margaret. C'était gentil il essayait de nous réconforter mais pour moi ça ne marchait pas. Je voulais qu'il me prenne dans ses bras, qu'il m'embrasse et qu'il me dise que tout irait bien.
Je sentis un vide immense en moi. Un vide de ma famille, un vide de Jacob.

Jacob nous tendit à Meg et à moi une feuille de son carnet ainsi qu'une plume. Il proposa de faire des oiseaux de papier et de les faire s'envoler depuis la tour.
Je voulais pas faire d'oiseaux de papier. Je voulais pas que quelque chose parte encore plus loin de moi. J'avais besoin quon me rechauffe, J'avais besoin qu'il stoppe ce feu glacé qui parcourait mes veines. J'avais besoin de sa chaleur. J'avais besoin de croire que je n'étais pas un monstre, j'avais besoin de ma famille.

Je me levais avec difficulté. Ma vue était brouillée par les larmes. Puis je fis un grand sourire à Meg. Je posais la feuille et la plume à coté de Jacob. Je me penchait pour l'embrasser. Ce baiser avait un goût doux-amer, il était salé.


" Merci Meg.
Je ne veux pas faire d'oiseaux, je veux juste rentrer chez moi. "


Puis je commençais à partir avec une sensation de solitude immense et les joues baignées de larmes.

Préfète des Ventoulpes

Entre amour et colère
Dans l’alacrité lumineuse qui m’animait, j’avais peut-être sous-estimé la gravité de la situation. Lily refusa d’écrire ce qui la tourmentait, elle était sur le point de partir. Laissant mes affaires en plan, je me levai précipitamment pour la rattraper. Je l’entourai de mes bras en la serrant fort contre moi. Je pris la parole : 

« Lily, je me fais beaucoup de souci, comprends-moi, j’arrive dans la volière et je te vois en sang ! Tu sais que je suis là pour toi, de tout coeur avec toi dans tes moments de joie et de peine ! » Avec sa mention de chez elle, j’avais entrevu ce qu’il se passait : elle avait dû recevoir de mauvaises nouvelles de sa famille, un parent moldu et un parent sorcier, ce devait être un incident en écho avec ses parents et avec la guerre par les temps qui courent : « Tu sais Lily, je vais te dire quelque chose sur moi : tu sais mon amie Dawn, que j’apprécie tant, je l’ai rencontrée à la volière en décembre, alors que je venais de recevoir une lettre de mes parents, elle a dû me prendre pour un enragé, je n’arrêtais pas de frapper de mes poings la boîte aux lettres et de hurler. J’en ai eu tellement honte alors qu’elle, elle restait si apaisée et douce. Mais peut-être est-ce aussi pour cela que notre amitié est née, parce que lorsque j’étais au plus bas, elle a été là pour me relever à sa hauteur. Pas pour me juger non, pour me laisser exprimer ce qui me déchirait. Pas pour remplacer la douleur non, pour lui offrir une voie. Parce que ce qui se passait en moi était au-delà de toute mesure. C’était inexplicable, irrationnel. Et en même temps, intérieurement, en rétrospective, je me suis rendu compte que tout Lion que j’étais, l’affronter tout seul aurait été plus difficile. » Je chuchotai : « Tu sais, pour relever les difficultés, rien ne vaut deux chercheurs d’étoiles réunis ensemble pour les affronter. »

Reprenant plus fort, je continuai : « Maintenant la cicatrice de l’interdiction formelle de mon père de rentrer à la maison jusqu’à nouvel ordre *je prononçais ces mots plus d’émotion que je n’aurais voulu en montrer et je sentis ma voix flancher l’espace d’un instant* est toujours aussi à vif dans mon coeur et j’ai toujours des crises dans lesquelles je la ressasse *je me repris avec plus d’assurance* mais tu vois, elle est comme celle d’Harry Potter, ma cicatrice est un lien avec les autres et je me dis qu’à travers elle un bout de moi est avec eux dans mes colères et qu’en agissant avec beaucoup de joie, c’était comme si j’agissais avec de la joie pour plusieurs, comme si je rendais hommage à la joie des personnes qui auraient pu en avoir et en sont privés. Lily, tout va mal chez les Moldus et je le sais, mais tu vois, nous ne pouvons faire autrement que de rester dans ces fichus bâtiments pendant que les difficultés s’abattent sur l’extérieur. Mais en restant dans cet établissement, et en mettant toute notre ardeur au travail, nous formerons les grands sorciers de demain, des décideurs qui empêcheront par tous leurs moyens les guerres et des hommes d’action qui limiteront par tous les moyens de pareils maux. Tes parents auront une source de tracas en moins s’ils te savent heureuse, sois-le pour eux, si tu ne peux l’être pour tes amis ou pour moi. »

Je resserrai un peu mon étreinte, doucement comme pour la réchauffer un peu, dans cette après-midi ensoleillée où son corps était si tremblant et froid.
Dernière modification par Jacob Tramontane le 30 avr. 2020, 09:58, modifié 1 fois.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Entre amour et colère
Je marchais dans le noir, parmi les ombres.
Je ne savais pas où j'allais aller, pour étouffer ma peine. Mais il fallait qu'elle cesse. Elle m'engloutissait.
Puis Jacob me ramena vers la lumière, il me rattrapa par le bras et me serra contre lui. Je posais ma tête au creux de son cou. J'entourais son corps de mes bras, comme j'aurais accroché une bouée de sauvetage en plein océan. Je respirais son odeur. Je comptais les battements de son coeur, régulier, comme un métronome.
Il était ma force, mon courage. Il avait raison, les épreuves se partageaient.
Et à ses mots, je sentis sa peine, lui aussi souffrait de la situation avec ses parents. Je savais qu'elle était compliquée mais jamais il ne m'avait vraiment expliqué.
Peut être que pour lui aussi, montrer ses failles, était plus facile face à des inconnus.
Il se montrait brave en tout temps. Et je ne l'en aimais que d'avantage. Mais j'avais mal pour lui, j'aurais voulu combattre ses démons avec mes petits poings.
J'aurais voulu être sa force, comme il était la mienne. Alors je resserrais mon étreinte. J'aggripait mes mains à ses epaules. Je l'embrassait dans le cou en nichant ma tête sous sa tignasse. Boucles brunes et boucles rousses.
Je murmurais doucement :

"Je suis là. Merci."

Je séchais une larme et me décalais pour faire face à Margaret. Je lui offris un sourire, et je tendis ma main vers elle pour quelle nous rejoigne. Elle aussi avait besoin de force. Et Jacob, me semblai-il en avait assez pour nous deux
À nous trois, nous pourrions nous tenir debout.
Puis je chuchotais à Jacob :


"Je sais maintenant pourquoi tu l'apprécies tant... "

Préfète des Ventoulpes