Entre amour et colère

Meg sentait les larmes monter dans ses yeux, et les inonder avec leur eau chaude et salée. Elle n'aimait pas pleurer. Pas qu'elle trouvait ça "ridicule", parce qu'elle n'avait pas peur du ridicule et d'être moquée, mais qu'elle trouvait simplement que pleurer voulait dire être triste, et qu'elle détestait la tristesse. Ce n'était pas une émotion qu'elle aimait ressentir, et pourtant, ces temps-ci, elle se sentait extrêmement triste - et elle détestait ça. Elle repoussa donc les prochaines larmes qui ne demandaient qu'à dévaler ses joues, essayant de ne pas regarder sa camarade. Elle aussi pleurait, et si Meg voyait des gens verser des larmes, elle se mettrait en mode "robinet", et pleurerait pendant longtemps. Elle était là pour réconforter Lilly, pas pour l'attrister davantage et se lamenter sur son propre sort, qui n'était pas si funeste que ça.

C'est ce moment-là que choisit Jacob pour débarquer dans la Volière. Meg leva les yeux, surprise, vers le nouveau venu et mit quelques secondes à le reconnaître. Ce fut sa voix qui, lui disant qu'elle était dans la position de Bouddha, lui rappela qui il était. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire qui évita que de nouvelles larmes ne coulent : lui seul pouvait parler de Bouddha et de proposer de faire des avions avec leurs problèmes alors que les deux jeunes filles pleuraient à cause de l'impossibilité de retourner chez elles. Il s'assit à côté d'elles et leur tendit une feuille de papier, que Lilly refusa. Meg en fit de même, n'étant pas sûre qu'elle voulait vraiment informer le ciel et les plantes de ses problèmes. D'autant plus que si un élève tombait sur ces petits avions de papier échoués, il les lirait et... elle n'aimait pas exposer ses problèmes au monde entier.

Sans toi, Jacob, je crois qu'on aurait noyé la volière, fit Margaret en souriant.

Elle essuya ses dernières larmes, avant de reprendre son habituel visage mi-souriant mi-lunaire. C'était loin d'être un masque pour cacher ses véritables sentiments, car elle était bien incapable de s'en composer un, simplement elle n'arrivait pas à rester longtemps triste ou en colère. Déjà, l'interruption de son ami la consolait et la faisait voir le monde un peu plus coloré qu'avant. Ce fut quand Lilly la remerciant qu'elle retrouva entièrement son sourire et sa joie de vivre. Voyant la jeune fille déjà sur le point de partir, la jeune Hunter se releva d'un bond et allait la suivre. Mais Jacob rattrapa la rouquine et commença à la serrer dans ses bras en lui parlant de quelque chose que Meg n'entendait pas.

Mal à l'aise, celle-ci commença à se dandiner d'un pied à l'autre. Les deux autres étaient amoureux, ils s'aimaient et se connaissaient très bien, s'aimaient et parlaient de choses qu'elle ne connaissait pas. Et elle, elle était en trop. Elle n'avait rien à faire là, rien à faire dans cette volière où ils seraient mieux tous les deux et d'où elle se sentait exclue. Meg n'avait pas l'habitude des "couples". Certes, elle en avait déjà croisé dans les couloirs, des élèves plus grands qui se tenaient la main, certes elle en avait aussi croiser dans ses livres, mais... jamais en vrai. Jamais quelqu'un de proche ne l'avait mise dans cette situation. Elle n'avait jamais vue sa mère avec un homme, ni sa grand-mère avec un vieux monsieur. Elle n'avait connus que des célibataires ou veuves depuis toute petite et, hormis les héros de livre qui finissaient toujours par sortir avec leur amoureux. Gênée, elle ne savait pas quoi faire.

C'est Lilly qui la sortit de sa gêne, en lui tendant sa main pour qu'elle les rejoigne. La brunette sourit, contente de ne pas être complètement à l'écart. La seule chose qu'elle parvint à dire, ce fut :

C'est pas une période très joyeuse, heureusement qu'il y a des gens pour soutenir les autres...

“She read about people she could never be and adventures she would never have”
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily

Entre amour et colère
J’étais encore déstabilisé par la situation qui m’était tombée dessus, sans prévenir. Il me semblait être sorti de moi-même dans le flot de paroles précédentes précipitées, comme une mécanique qui aurait tourné à toute allure pour réparer la béance d’une plaie plus grande que toutes les autres : une plaie émotionnelle. J’avais tout fait pour ne pas être aspiré à mon tour par les difficultés de Lily qui me faisaient l’effet d’un Portoloin, avec aller simple, sans étape vers Cambridge. J’avais parlé vite, dit de longues phrases qui m’empêchaient de penser, essayé de me détacher avec la plus grande neutralité possible de ce que je sentais s’effondrer sous moi. J’étais entré dans l’espace qui dépassait les confins de la magie : la magie ne m’avait permis ni de rester auprès des deux filles à la fois, ni de consoler. Une formule magique, toute puissante qu’elle soit, n’acquièrerait jamais l’humanité et ne vaudrait jamais un mot de réconfort moldu. Aussi je ne pus qu’acquiescer à la réflexion de Meg venue nous rejoindre, qui semblait à mon grand soulagement s’être quelque peu remise de ses émotions : « C’est pas une période très joyeuse, heureusement qu'il y a des gens pour soutenir les autres… ». 

Le sourire de Meg éclairait son visage dont les taches de rousseur scintillaient encore après le passage des larmes. J’étreignais Lily et Meg un instant, instinctivement, comme pour m’assurer que ce cercle amical était bien réel, solide. Je ne voulais penser à rien d’autre que ce moment - un dégradé Blond-Roux-Brun, un trio Jaune-Bleu-Rouge, les trois couleurs primaires réunies ensemble en une harmonie forte.

Cette union ne laissait pas de révéler, palimpseste redoutable, d’autres images, d’un noir et blanc cru, brillant. Les vestiges du Chaudron Baveur. La carcasse calcinée d’Apothic’herbes. Les ruines noires de suie du Ministère de la Magie. Les souvenirs qui y étaient associés m’entouraient dans une danse fallacieuse qui imitait l’étreinte qui m’unissait à Lily et Meg : la soupe frétillante de petits pois sauteurs [le souvenir est par ici], le savon mou d’oeufs de grenouille [par là], Tobias me portant à travers le bureau de la justice magique où il faisait son stage de fin d’études. Il semblait que le poids de ces bâtiments disparus retombait tout à coup sur mes épaules. Les corps lacérés des sorciers dans les rues moldues ne me quittaient plus. Noir. Blanc. Le poids des images excédait largement celui, assez léger en somme, de la Gazette du Sorcier.

Mes pensées tournaient en rond, comme une bobine de film dont la pellicule est au moins aussi grande que cette affiche où était l'inscription « ennemi public n°1 » et le portrait d'une sorcière. Trois mètres de long. C’était ma mine qui devait faire trois pieds de long. Je détestais résolument l’idée que les parents moldus soient en danger, mais celle que les sorciers le soient, je l’avais tout autant en aversion. Moi qui étais né-sorcier, et avais passé toute mon enfance dans le monde moldu à Cambridge, je me sentais tout à coup dans l’oeil du cyclone, entre les deux feux. Des compositions de Mondrian que j’avais eu à imiter dans mon cours d’art de mon école moldue, le rouge, le bleu et le jaune si vifs m’apparaissaient délavés et je ne voyais plus que cette grille noire sur fonds blancs qui semblait placer son sceau irréversible sur les pages blanches de mon carnet orange. Arrachées comme un morceau de moi-même avec la guerre. Celle-là, j’en avais déjà pris conscience. Mais son lien avec moi, il venait de traverser mon esprit, aiguisé comme une lame chauffée à blanc.

Quand je revenais à moi-même quelques instants après ces pensées, je me forçais à sourire, comme si cela allait rallumer en moi un grand feu de joie : étincelles jaunes, flammèches bleues puis flammes rouges. Mais le soleil qui dardait de rayons me rappelait désormais inexorablement le savon d’oeufs de grenouille. La merveille toute douce et mousseuse d’Apothic’herbes me semblait désormais lourde du jaune d’un oeuf avorté, qui ne promettait pour l’instant que des lendemains coassants.

Je me résolus ainsi à répondre à Meg, le regard plongé dans le vague savonneux : « Par Harry ! Oui ! ». Je n’avais pas le coeur à m'étendre en phrases, qui m’auraient bien trop rappelées les longs articles lugubres des dernières éditions de la Gazette du Sorcier.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Entre amour et colère
Meg qui était restée en retrait, nous rejoignit lorsque je lui tendit la main. Elle attrapa mon poignet, et vint compléter le trio. Je passais mon bras autour de ses épaules. Nous n'étions plus qu'un enchevêtrement de corps et de membres. Ma tête était nichée dans le cou de Jacob et j'offrit un sourire à Meg, face à moi, elle aussi contre Jacob. Il nous soutenait toutes les deux. Il nous soutenait dans notre douleur. Et pourtant, je sentais, aux battement de son coeur, qui se faisaient de moins en moins régulier et à sa respiration saccadée, que ce soutien, cette force qu'il nous donnait à Meg et moi, lui était aussi nécessaire qu'à nous. Nous étions tous dans la même situation. Tous privés de ce lien qui nous unissait à notre chaire. A notre famille. A ceux qu'on aimait. Les raisons n'étaient pas les mêmes pour Jacob. Je l'avais compris par quelques mots. Mais, j'aurais aimé qu'il me parle, qu'il me raconte. Là, je me sentais inutile. Il souffrait et je ne savais pas comment l'aider.
Je levais mes yeux vers son visage pour l'observer. Il était calme mais son visage trahissait une inquiétude, un regret. Je ne réussissait pas à déterminer ce qu'il ressentait. Mais la mélancolie était certaine. Ses yeux étaient dans le vague. Son regard était parti loin. Un endroit où il m'était impossible d'accéder. J'avais mal pour lui et je ne pouvais pas alléger son fardeau.
J'aurais voulu m'écarter, plaquer mes mains de chaque côté de son visage, l'obliger à me regarder dans les yeux. Lui dire qu'il pouvait me parler, que j'étais là et que je serais forte pour lui. Que je prendrais sa peine. Que je la détruirait, en mille morceaux.
Mais je ne fit rien de tout ça. A la place, je regardais Meg et son joli visage lumineux entouré de cheveux brun qui semblaient briller au soleil. Et je descendit ma main jusqu'à attraper la sienne, comme pour créer ce lien qui nous avait été arraché. Et de mon autre bras, j'enserrais le T-shirt de Jacob, dans mon poing.
Et comme dans un même élan, Jacob resserra sa prise autour de nous. Il confirma la remarque de Meg. Et je sentis un imperceptible relâchement de ses épaules. Comme si admettre l'évidence que nous étions là les uns pour les autres, lui avait permis de respirer de nouveaux.
Je levais mes yeux encore une fois pour croiser le regard de Margaret, qui était voilé mais toujours lumineux sur son visage pâle. Elle souffrait, elle aussi, elle n'avait peut-être pas essayé de se faire du mal pour apaiser sa douleur, mais elle souffrait. Je lui fit un sourire puis, je serrais sa main un peu plus fort. Elle était beaucoup plus grande que moi, je me mis sur la pointe des pieds et lui fit un bisou sur la joue. Nous ne nous connaissions pas et pourtant, elle avait eu le courage de venir à mon aide. Et alors même que je l'avais repoussée, elle était restée. Elle devait savoir que je serais là à mon tour. Pour elle.
Puis je me reculais pour faire face à Jacob et je déposais un baiser sur ses lèvres. Lui, il savait déjà que je serais toujours là. Mais ce baiser était mon lien à moi. Ma bouée.
Puis je regardais mes mains et annonça platement :


"Je crois que je vais devoir aller à l'infirmerie..."

Préfète des Ventoulpes

Entre amour et colère
Lily passa son bras par-dessus l'épaule de Meg, et celle-ci en fit de même. Ils étaient tous les trois réunis près de la porte, dans une étreinte un peu bizarre puisqu'ils étaient plusieurs, en se tenant la main et en se soutenant les uns les autres. La grande brune se sentait soudainement bien, comme chaque fois qu'elle s'arrêtait de pleurer et qu'elle se sentait de nouveau "heureuse". Heureuse ne serait pas le mot, puisqu'elle n'avait jamais sentit autant de tristesse et d'anxiété, mais elle était rassurée. Rassérénée. Consolée. Elle n'était pas seule, et ça lui rendait le sourire. Elle n'était pas la seule à être attristée et touchée par les récents évènements, elle n'était pas la seule à pleurer parce qu'elle ne pouvait pas rejoindre sa maison. Il y avait des gens, des élèves adorables, des amis, qui étaient comme elle et la soutenaient. Tous les trois, comme tous autres probablement, ils se soutenaient mutuellement face à cette horrible situation qui gâchait leur année.

Être en présence d'amis rassurait Meg. Même s'ils ne pourraient jamais la remplacer, Lily et Jacob pouvaient combler quelque peu le vide créé par l'absence de sa mère, calmer un peu l'inquiétude que la jeune fille avait vis-à-vis d'elle. Son regard passa d'abord sur le visage de Jacob, son ami, qui les avait sauvé - elle et Lily - d'une crise de larmes qu'elles n'auraient pas put éviter sans son intervention. Heureusement qu'il était arrivé à ce moment-là, sinon les deux jeunes filles auraient fini noyées dans leurs larmes, jusqu'à être desséchées. Puis le regard de Meg alla jusqu'au visage de Lily. Elle ne la connaissait presque pas, car elle venait de se rencontrer. Et pourtant, avec toutes les anecdotes que lui racontait Jacob sur la rouquine, et ce moment étrange de larmes et de rapprochement qu'elles avaient passé, elle commençait déjà à beaucoup l'aimer. Elle se sentait déjà proche d'elle, probablement parce qu'elles ressentaient la même injustice et qu'elles étaient dans la même situation. A cette pensée, la jeune fille esquissa un sourire.

La rouquine lui serra un peu plus fort la main, étreinte que Margaret lui rendit aussitôt, tandis que Lily déposait un bisou sur sa joue. Meg était contente. Elle venait de rencontrer quelqu'un d'adorable, qui partageait ses peines, et c'était une belle consolation. Finalement, ces vacances seront peut-être moins horribles ? songea la brunette. Mais quand Lily embrassa Jacob, elle ne put s'empêcher de baisser rapidement les yeux et de faire un pas en arrière, gênée. Dans ces moments-là, elle se sentait vraiment de trop. Et puis, ça, ce n'était pas réservé aux grands ?

Mais bien vite, la Serdaigle regarda et ses mains et déclara qu'elle devrait aller à l'infirmerie. Meg hoche la tête et murmura avec amusement :

En effet, tu devrais... l'infirmier va se demander ce qu'on t'a fait pour que tu ais les mains en sang !

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Entre amour et colère
« Je crois que je vais devoir aller à l’infirmerie… » glissa Lily en regardant ses mains couvertes de sang. Margaret lui répondit : « - En effet, tu devrais... l'infirmier va se demander ce qu'on t'a fait pour que tu ais les mains en sang ! ». La remarque de Margaret me fit émerger de mes pensées. « C’est sûr… si elle ne dit rien, les scénarios les plus farfelus traverseront l’esprit de l’infirmier… mordue par le bec d’un hibou pour la main gauche et pincée par une beuglante à droite… », dis-je en esquissant un sourire.

Regardant les mains de Lily avec attention, je me demandai bien comment la professeur de divination pouvait affirmer que lire l’avenir dans les mains était possible… Cela me semblait fort difficile dans une main maculée de sang… D’un autre côté, j’aurais bien aimé que les écorchures que mes mains enduraient souvent lors d’escapades soient le symbole de l’ouverture de nouveaux itinéraires dans ma vie que ceux empruntés précédemment.

Ce qui était certain dans mon esprit, que ces parcours soient linéaires ou pas, c’est qu’ils s’entremêlaient à d’autres parcours et que Margaret et Lily avaient croisé ma vie. L’une, aux reflets blonds safrané et l’autre rousse muscade comme deux épices qui la pimentaient.

Un sourire jaillit sur ma bouche rouge, picotée par les rais jaunes du soleil. C’est avec joie que je demandai à Meg ce qu’elle comptait faire: « Meg, restes-tu encore un peu à la volière ? Ou souhaites-tu peut-être rentrer chez les Poufsouffles pour te remettre de tes émotions ? »

Margaret m’avait déjà beaucoup parlé, avec un enthousiasme vif, de sa salle commune. La description me faisait personnellement penser à un drôle de terrier où étaient creusées des galeries multiples, de drôles de tunnels ronds comme le tonneau à l’entrée. Un curieux parcours à travers de petites touches de vinaigre et de fines épines de cactus. Ces petites notes de vinaigre à l’entrée ne limitaient cependant pas les effluves gourmands et attirants issus des cuisines juste à côté ; les épines de cactus n’enrayaient pas l’élégant fleurissement des cactus en fleurs orangées, à mi-chemin entre la rousseur de Lily et la blondeur des reflets des cheveux de Meg.

Aussi, je décidai de considérer dès à présent que « le monde entier est un cactus », comme ce chanteur moldu que Maman écoutait à la maison, mais pour montrer non pas l'âpreté de celui-ci mais sa complexité, entre hauts et bas, fleurs et épines, suavité et acidité. Je résolus de ne plus me faire un tel sang d’encre, ou plutôt si, mais avec une encre du type de celle que j’employais pour écrire mes impressions dans mon cahier orange couleur fleur de cactus.

Reducio
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@Margaret Hunter

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Entre amour et colère
C’est sûr… si elle ne dit rien, les scénarios les plus farfelus traverseront l’esprit de l’infirmier… mordue par le bec d’un hibou pour la main gauche et pincée par une beuglante à droite… ajouta Jacob.

A ces mots, Meg ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, avant de laisser voguer ses pensées. Elle, elle n'était jamais allée à l'infirmerie. A quoi ressemblait-elle ? Et qui était l'infirmier ? Elle n'en avait aucune idée, ne s'étant jamais intéressée plus que ça à cette pièce dédiée aux malades, aux blessés, aux élèvres ayant subis un mauvais sortilège ou l'effet d'une potion. Et, à sa grande surprise (et sa grande joie), elle ne s'était pas blessée depuis le début de l'année, hormis quelques écorchures quelconques qui ne l'avaient pas poussée jusqu'à se rendre à l'infirmerie. De même, malgré son rhume qu'elle avait refusé de soigner, elle n'avait pas encore été malade. Et pourtant, Merlin savait combien de fois elle avait été malade lors de son enfance ! Mais Poudlard semblait avoir eu un très bon effet sur sa santé et sa maladresse, et moins elle irait dans cette infirmerie, mieux elle se porterait. Elle détestait tout ce qui se rapprochait des blessures, des maladies, des potions guérissantes...

Quand Jacob lui demanda ce qu'elle comptait faire, elle secoua légèrement la tête pour sortir de sa rêverie, et reprendre le cours de ses pensées normales. Depuis qu'elle avait vue Lily, en pleurs et en sang, elle n'avait pas vraiment réfléchi à ce qu'elle allait faire après, trop perturbée par milles et unes pensées différentes. Après un temps de réflexion d'environ cinq secondes, elle fit :

Je vais rentrer en salle co', je pense. Et vous ?

Sans attendre leur réponse - sachant que, de toutes façons, il devaient descendre pour aller à l'infirmerie - elle s'éloigna d'eux et partit dans la direction du château. Oui, elle allait rentrer en salle commune et manger quelques chocogrenouilles, ce qui terminerait de lui remonter le moral. Et puis elle retournerait dans ses lectures, pour s'évader un peu de la morne vie qu'on lui imposait et rêver de celle, plus palpitante, de l'héroïne de son roman.

Les trois amis arrivaient dans le hall d'entrée, quand une pensée traversa soudainement l'esprit de Meg, qui se frappa le front avec force. Elle marmonna un "où avais-je la tête ?" incompréhensible pour ses camarades. L'image d'une lettre au fond de sa poche avait refait surface parmi les pensées désordonnées qui la traversaient, et elle farfouilla dans son uniforme à la recherche de l'enveloppe en parchemins qu'elle avait complètement oubliée. Quand elle la ressortit, celle-ci était encore un peu froissée mais on pouvait toujours reconnaître son écriture brouillonne à l'encre bleue.

Désolée de vous quitter si précipitamment, mais j'ai oublié d'envoyer ça à ma mère ! fit-elle en agitant fébrilement la lettre sous le nez de ses amis.

Encore une fois, elle n'attendit pas leurs réactions et partit au pas de course en sens inverse, en direction de la Volière. Toute cette histoire lui avait fait sortir de la tête sa pauvre petite maman, qui attendait patiemment la réponse de sa fille chérie ! Quelle idiote sans cervelle elle pouvait être... Dans tous les cas, elle avait été très contente de tomber sur Lily puis sur Jacob, les deux lui avaient emonté le moral à leurs façons.

Fin du RP pour moi, ce fut un véritable plaisir ! <3

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Entre amour et colère
Je regardais mes mains dont la peau avait prit une couleur rouge sombre, je décollais les feuilles colorées que Jacob m'avait donné pour calmer l'afflux de liquide visqueux qui s'écoulait de mes phalanges. Le sang avait stoppé sa course et avait séché par endroit. Mes phalanges n'étaient pas jolies à voir.
Et alors que je me demandais comment j'allais pouvoir expliquer à l'infirmier pourquoi mes doigts semblaient sortir tout droit d'une broyeuse, Jacob me tira de mes pensées, en répondant à cette même question par des théories pour le moins originales. Originales mais peu crédibles malheureusement. Les coins de ma bouche se relevèrent en un sourire timide. Bon, sa tentative avait au moins le mérite de nous faire sourire Margaret et moi.
Peut-être qu'après tout, je pouvais me passer du détour par l'infirmerie ? Ce n'était que du sang. J'essayais de tendre mes doigts mais une douleur aiguë irradiait jusque dans mes paumes. Bon au moins, rien ne semblait cassé. Les doigts bougeaient.

Jacob demanda à Margaret ce qu'elle comptait faire. Ce à quoi elle nous informa qu'elle préférait retourner dans sa salle commune.
Je n'avais pas vraiment envie de la laisser seule. Elle avait été là pour moi, et j'espérais qu'il y aurait quelqu'un pour elle dans la salle des Poufsouffle. Meg, même si elle souriait, son sourire n'atteignait pas ses yeux. Je ne la connaissais pas mais son visage lumineux, presque solaire, portait pourtant un voile sur son regard.
Nous marchions tous les trois le long du chemin caillouteux qui traversait le parc jusqu'au château.
Une fois passé les lourdes portes de bois, Meg eu un hoquet de surprise et se stoppa d'un coup. Elle nous agita une lettre sous nez et en s'excusant, reparti à toute vitesse en direction de la volière.
Je me retournais vers Jacob avec un rire léger en regardant Margaret faire le chemin inverse après s'être taper le front du plat de la main.
Puis je repris mon chemin en direction de l'infirmerie et me retournais pour demander à Jacob :

" Tu fais quoi ? Tu retournes à ta salle commune ou tu m'accompagnes à l'infirmerie ? " Je plongeais mon regard dans le sien, brun, chargé d'inquiétude. Il s'inquiétait pour moi, pour sa famille et pour Meg. Puis, en essayant de le rassurer, je pris sur moi et j'ajoutais avec un petit sourire :
"Je vais expliquer à l'infirmier que j'ai fais un match de boxe avec le saule cogneur ! " et je levais mes poings rouges devant moi comme pour mimer une position de combat.
Je ne voulais pas qu'il s'inquiète d'avantage.
Puis, je voulais lui laisser le choix de ce qu'il souhaitait faire... Alors à nouveau, je repris le chemin de l'infirmerie, tout en étirant mes doigts douloureux.

Préfète des Ventoulpes

Entre amour et colère
Margaret dodelina doucement de la tête et répondit : « Je vais rentrer en salle co', je pense. Et vous ? » Je profitai que la question fût tout autant adressée à Lily qu’à moi pour laisser la parole à Lily, le temps de confier ma lettre pour Arthur aux pattes d’un petit hibou blanc. En me retournant de nouveau, je trouvai Margaret perdue dans ses pensées, au moins tout autant que Lily qui gardait toujours le silence. Aussi, je rassemblai toute mon alacrité et répondis : « Je pense en avant vers l'extérieur ! Les jolies couleurs des rayons dorés m’appellent… presque autant que le jaune de ta salle commune pour toi, Meg ! ». Un sourire complice se dessina sur mon visage.

Je vis mes deux amies s’élancer dans les escaliers de la Tour Ouest. Je terminai la marche, fermant avec la porte de la volière la porte de ce moment difficile. Pas à pas, j’avançai avec entrain dans le couloir jusqu’à l’escalier. J’entreprenais une politique des petits pas enjoués. Je ne comptais pas m'appesantir comme les graves escaliers qui avaient renoncé à notre passage aux facéties et le lourd heurtoir de la salle commune des Serdaigle à l’étage en-dessous de la volière.

L’aigle qui y était représenté était sombre et me rappelait les noires menaces qui ne laissaient pas de planer de leurs glatissements douloureux au-dessus du gris de Poudlard. Mais de ma légèreté, je me sentais prêt à affronter le poids de mes deux livres autant que le poids d'une nuée de corbeaux. Les croassements de ces bandes couleur de mort n'allaient pas démanteler mon énergie. J'éprouvai la force Gryffondor des rubis face à l’ascension de l’aigle, dans une de ces séries adolescentes moldues que Simon adorait [la série adolescente de la Trilogie des gemmes]....

Tandis que résonnaient les coups de bec du heurtoir qu’un Serdaigle cherchait à ouvrir, je cherchais à rattraper mes deux amies qui descendaient silencieusement les marches. Je les rattrapai sur le petit perron caillouteux, au moment où Margaret levant la tête s’écria en agitant sa lettre dans sa main comme un éventail balayerait en un courant d'air frais tous les soucis : « Désolée de vous quitter si précipitamment, mais j'ai oublié d'envoyer ça à ma mère ! ». Le temps d’un signe de main amical, d’un grand sourire et d’un « Salut Meg ! », et elle était repartie.

Je me tournai alors vers Lily qui épongeait le sang de ses mains. Je l’attirai à moi doucement et posai le creux de mes mains contre les siennes, doucement, séparées seulement par le tissu roux et doux. Je me rapprochai doucement d’elle pour lui chuchoter : « Unis comme les doigts d’une main, aussi dans les difficultés. ». Deux mains qqui se cherchent, comme celles de ce Rodin que j’avais dû reproduire à l’école moldue, se frôlent, se caressent, se pressent doucement, et se quittent dans un effleurement pour mieux se glisser plus tard l’une près de l’autre, délicatement. Un souvenir que je ne saurais décrire pour mon carnet orange, que je dessinerai. Un monsieur très ancien écrivait que l’aurore a les doigts de rose. Peut-être. Mais en tout cas, l’après-midi, lui, avait à mes yeux les doigts multicolores de ces dessins d’empreintes d’enfant de mon école. Une trace bleue, une trace jaune et une trace rouge dans la main rougie de Lily sous les rayons du soleil et les reflets bleus de sa cravate.

Aussi, quand Lily m’interrogea, c’était une évidence : j’allais l’accompagner à l’infirmerie, bien sûr. Pour partager ce rire léger qui l’anima un court instant. Parce des étoiles qui savent rire, je n’en connaissais qu’à deux endroits : dans Le Petit Prince et juste en face de moi. Elle se libéra doucement les mains et tendit ses poings devant elle : « Je vais expliquer à l'infirmier que j'ai fait un match de boxe avec le saule cogneur ! ». Je m’imaginai ce face-à-face entre le saule et la rose. La sensibilité rouge, à fleur de main, de Lily face au bois épais et rugueux et plus que jamais, j’éprouvai le besoin de l’accompagner à l’infirmerie : « Evidemment je t’accompagne ! J’espère que je serai de meilleure compagnie qu’un saule cogneur ! » ajoutai-je en lui faisant un clin d'oeil alors qu’un rire sonore s’échappait de ma bouche.

Fin du RP

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)