Crépuscule
Edmund te fixa à son tour, les yeux ronds comme des billes. Pendant un certain temps, il resta planté là, à te regarder, visiblement en proie à un dialogue intérieur. Il te trouve bizarre. T’aurais jamais dû dire ça, ma pauvre fille. Inspire. Expire. Trop tard. Les images et le bruit de tes souvenirs encombraient déjà ton esprit. Tu t’étais confiée. On t’avait trahie. Tu te revoyais, coincée dans la douche des vestiaires. Comment expliquer à tes parents tes vêtements trempés lorsque tu rentrais de l’école par un jour ensoleillé ? Comment expliquer à l’infirmière scolaire que non, tu n’étais pas maladroite ?
Tu ne t’étais pas cassé le poignet en tombant dans les escaliers, on te l’avait tordu. Tu n’avais pas des bleus partout dans le dos car tu t’étais cognée contre une table, on avait joué à la balle au prisonnier en faisant de toi le ballon. Tu n’avais pas cette petite cicatrice dans le cou car tu t’étais éraflée à la fenêtre en te relevant, on t’avait planté des ongles dans la chair jusqu’à ce que celle-ci en devienne bleue.
Silence. Ne dis rien.
Soudain, la voix du Poufsouffle te ramena à la réalité. Tu t’efforças de paraître impassible. Forte. Nonchalante. Tu avais si bien appris à faire semblant.
- C'est vrai que les gens, c'est pénible. Ça grouille, ça pullule, ça fait du bruit, ça nous enjoint à faire du bruit — je crois qu'ils appellent ça "parler" ? — et par-dessus tout ça respire. C'est drôle comme une action aussi vitale et naturelle peut devenir dérangeante quand toute une ribambelle d'humanoïde souffle en même temps comme des bœufs. Les humains, c'est bien quand il y en a deux ou trois, mais en troupeau c'est beaucoup moins agréable. Ça manque cruellement de calme. De silence.
Tu ne pus pas t’empêcher de sourire à travers le léger voile dû à l’eau qui menaçait de couler de tes yeux. Edmund venait d’exposer toutes tes pensées en quelques phrases. Il t’avait regardé dans les yeux, et ça, tu appréciais. Les gens francs. Ceux qui ne baissaient pas le regard. Ceux qui n’évitaient pas celui-ci.
- Tu as raison. Des fois, j’aimerais bien qu’ils se taisent au lieu de parler pour rien dire.
Tu serras ta lettre contre toi. Tu n’aurais jamais pensé te sentir autant comprise en compagnie de ce tout petit garçon, que tu avais eu tant de mal à comprendre, qui t’avait tant agacé, même lorsqu’il ne faisait que respirer. Merci, tu pensas. Puis tu réussis à articuler, essayant de ne pas paraître trop intrusive :
- A qui tu as écrit ?
Tu ne t’étais pas cassé le poignet en tombant dans les escaliers, on te l’avait tordu. Tu n’avais pas des bleus partout dans le dos car tu t’étais cognée contre une table, on avait joué à la balle au prisonnier en faisant de toi le ballon. Tu n’avais pas cette petite cicatrice dans le cou car tu t’étais éraflée à la fenêtre en te relevant, on t’avait planté des ongles dans la chair jusqu’à ce que celle-ci en devienne bleue.
Silence. Ne dis rien.
Soudain, la voix du Poufsouffle te ramena à la réalité. Tu t’efforças de paraître impassible. Forte. Nonchalante. Tu avais si bien appris à faire semblant.
- C'est vrai que les gens, c'est pénible. Ça grouille, ça pullule, ça fait du bruit, ça nous enjoint à faire du bruit — je crois qu'ils appellent ça "parler" ? — et par-dessus tout ça respire. C'est drôle comme une action aussi vitale et naturelle peut devenir dérangeante quand toute une ribambelle d'humanoïde souffle en même temps comme des bœufs. Les humains, c'est bien quand il y en a deux ou trois, mais en troupeau c'est beaucoup moins agréable. Ça manque cruellement de calme. De silence.
Tu ne pus pas t’empêcher de sourire à travers le léger voile dû à l’eau qui menaçait de couler de tes yeux. Edmund venait d’exposer toutes tes pensées en quelques phrases. Il t’avait regardé dans les yeux, et ça, tu appréciais. Les gens francs. Ceux qui ne baissaient pas le regard. Ceux qui n’évitaient pas celui-ci.
- Tu as raison. Des fois, j’aimerais bien qu’ils se taisent au lieu de parler pour rien dire.
Tu serras ta lettre contre toi. Tu n’aurais jamais pensé te sentir autant comprise en compagnie de ce tout petit garçon, que tu avais eu tant de mal à comprendre, qui t’avait tant agacé, même lorsqu’il ne faisait que respirer. Merci, tu pensas. Puis tu réussis à articuler, essayant de ne pas paraître trop intrusive :
- A qui tu as écrit ?
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Crépuscule
Le visage d'Ella sembla se détendre et elle forma même un sourire en contradiction avec ses yeux un peu rougis. Le garçon se permit aussi un sourire. La situation, sur le point de déraper, s'était apparemment un peu arrangée. Même si la tension qu'il avait ressentie en approchant initialement pour venir lui parler n'était pas encore tout à fait partie, il avait néanmoins moins l'impression de risquer un faux pas à chaque respiration. S'ils étaient tous deux semblables, cela signifiait sans doute qu'ils pouvaient dire ce qu'ils pensaient sans crainte d'être jugés ou incompris, c'est-ce pas ? La Gryffondor confirma ses pensées en énonçant :
« Tu as raison. Des fois, j’aimerais bien qu’ils se taisent au lieu de parler pour rien dire. »
Edmund pensa immédiatement OUI ! avec tant de force qu'il n'aurait pas été surpris que sa camarade l'entendît comme s'il l'avait prononcé à haute voix. Ce n'était pas sans raison qu'il évitait les autres et préférait lire dans le parc plutôt que de participer à des événements collectifs comme les bals qu'il y avait de temps à autres — et même s'il y avait eu une mince chance qu'il pût participer à ces derniers, ce qui s'était passé à Halloween l'avait convaincu de ne jamais mettre un pied dans ces rassemblements. Il ne lui était cependant que très rarement arrivé de rencontrer une personne qui fût aussi misanthrope que lui : la plupart des gens ici semblaient se délecter de la vie en collectif mise en place par l'établissement. Le garçon ressentit encore une petite pointe de culpabilité à la façon dont il avait jugé la gryffonne sur la seule interaction qu'ils avaient eue dans la bibliothèque. Personne n'était parfait et il avait été mal avisé de se permettre de penser qu'Ella était une personne sans intérêt simplement parce que la situation ne lui avait pas permis de faire ressortir ses qualités. Elle méritait une seconde chance. Certainement pas en tant que camarade de travail, mais au moins en tant que personne.
Alors que la réflexion d'Edmund touchait à son terme et avant qu'il ne pût lui venir à l'idée de signaler à Ella ses pensées — ce qui était sans doute pour le mieux — la fille reprit la parole.
« A qui tu as écrit ? »
Le Poufsouffle répondit par réflexe et presque sans y penser.
« À mon père. La dernière lettre que je lui ai envoyée date de décembre et je me suis dit que ça commençait à faire un peu longtemps. Il s'est passé beaucoup de choses depuis et je pense qu'il aimera savoir que je vais bien. »
Un bruit de plumes se fit entendre tout près de la tête d'Edmund et il sursautant avant de se ratatiner et de lever les bras pour se protéger le visage. Il se détendit en voyant que la petite chouette qui avait provoqué ce bruit ne souhaitait pas l'attaquer mais était simplement passée au-dessus d'eux pour regagner son perchoir dans les hauteurs de la tour. La surprise passée, les joues du Poufsouffle rougirent fortement à la réaction disproportionnée qu'il avait eue et il se sentit obligé d'ajouter :
« Même si j'ai déjà envoyé plusieurs lettres depuis le début de l'année c'est la première fois que je viens les poster moi-même. La volière me faisait un peu peur donc je demandais à d'autres de le faire pour moi, admit-il avec un petit sourire de gêne. Je ne suis pas encore très à l'aise avec les oiseaux mais... il faut bien commencer à un moment. »
La vérité était surtout qu'il avait été forcé de venir le faire lui-même, mais cela il n'allait pas l'admettre aussi facilement à Ella. Ils avaient certes échangé quelques paroles sur leur dépit respectif pour les foules et il avait montré malgré lui qu'il était légèrement inquiété par les rapaces, mais cela ne voulait pas dire qu'il allait commencer à montrer à quel point il était pitoyable.
« Tu as raison. Des fois, j’aimerais bien qu’ils se taisent au lieu de parler pour rien dire. »
Edmund pensa immédiatement OUI ! avec tant de force qu'il n'aurait pas été surpris que sa camarade l'entendît comme s'il l'avait prononcé à haute voix. Ce n'était pas sans raison qu'il évitait les autres et préférait lire dans le parc plutôt que de participer à des événements collectifs comme les bals qu'il y avait de temps à autres — et même s'il y avait eu une mince chance qu'il pût participer à ces derniers, ce qui s'était passé à Halloween l'avait convaincu de ne jamais mettre un pied dans ces rassemblements. Il ne lui était cependant que très rarement arrivé de rencontrer une personne qui fût aussi misanthrope que lui : la plupart des gens ici semblaient se délecter de la vie en collectif mise en place par l'établissement. Le garçon ressentit encore une petite pointe de culpabilité à la façon dont il avait jugé la gryffonne sur la seule interaction qu'ils avaient eue dans la bibliothèque. Personne n'était parfait et il avait été mal avisé de se permettre de penser qu'Ella était une personne sans intérêt simplement parce que la situation ne lui avait pas permis de faire ressortir ses qualités. Elle méritait une seconde chance. Certainement pas en tant que camarade de travail, mais au moins en tant que personne.
Alors que la réflexion d'Edmund touchait à son terme et avant qu'il ne pût lui venir à l'idée de signaler à Ella ses pensées — ce qui était sans doute pour le mieux — la fille reprit la parole.
« A qui tu as écrit ? »
Le Poufsouffle répondit par réflexe et presque sans y penser.
« À mon père. La dernière lettre que je lui ai envoyée date de décembre et je me suis dit que ça commençait à faire un peu longtemps. Il s'est passé beaucoup de choses depuis et je pense qu'il aimera savoir que je vais bien. »
Un bruit de plumes se fit entendre tout près de la tête d'Edmund et il sursautant avant de se ratatiner et de lever les bras pour se protéger le visage. Il se détendit en voyant que la petite chouette qui avait provoqué ce bruit ne souhaitait pas l'attaquer mais était simplement passée au-dessus d'eux pour regagner son perchoir dans les hauteurs de la tour. La surprise passée, les joues du Poufsouffle rougirent fortement à la réaction disproportionnée qu'il avait eue et il se sentit obligé d'ajouter :
« Même si j'ai déjà envoyé plusieurs lettres depuis le début de l'année c'est la première fois que je viens les poster moi-même. La volière me faisait un peu peur donc je demandais à d'autres de le faire pour moi, admit-il avec un petit sourire de gêne. Je ne suis pas encore très à l'aise avec les oiseaux mais... il faut bien commencer à un moment. »
La vérité était surtout qu'il avait été forcé de venir le faire lui-même, mais cela il n'allait pas l'admettre aussi facilement à Ella. Ils avaient certes échangé quelques paroles sur leur dépit respectif pour les foules et il avait montré malgré lui qu'il était légèrement inquiété par les rapaces, mais cela ne voulait pas dire qu'il allait commencer à montrer à quel point il était pitoyable.
@Ella Davis
Dernière modification par Edmund Long le 26 févr. 2021, 15:08, modifié 2 fois.
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Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !
Crépuscule
Edmund te répondit du tac-au-tac, ce qui te surpris un peu. Tu avais pris l’habitude de devoir attendre quelque temps avant qu’il ait terminé de réfléchir, ce qui t’avais fortement agacé lors de votre « collaboration ». Tu te concentras alors le plus possible sur ses mots, pour ne pas y penser.
Oublie. Sinon, tu risquais à tout moment d’exploser. Comme une bombe à retardement.
- À mon père. La dernière lettre que je lui ai envoyée date de décembre et je me suis dit que ça commençait à faire un peu longtemps. Il s'est passé beaucoup de choses depuis et je pense qu'il aimera savoir que je vais bien.
Tu acquiesças lentement, sans le quitter des yeux. En effet, comparé à toi qui envoyait deux lettres tous les mois -une pour ton frère, une pour tes parents- et en y ajoutant parfois à l'attention tes grands-parents, le père d’Edmund devait commencer à s’inquiéter, non ?
En entendant un oiseau voleter au-dessus d’eux, tu relevas la tête. C’était Blanche ; tu souris et reportas ton attention sur Edmund. Ton sourire disparut : où était passée sa tête ? Tu ne pus t’empêcher de rire -silencieusement, tu ne voulais pas qu’il pense que tu te moques de lui- à sa réaction. Le Poufsouffle, déjà petit, s’était ratatiné sur lui-même, se protégeant de ses bras. Les joues en feu, il se défendit :
- Même si j'ai déjà envoyé plusieurs lettres depuis le début de l'année c'est la première fois que je viens les poster moi-même. La volière me faisait un peu peur donc je demandais à d'autres de le faire pour moi. Je ne suis pas encore très à l'aise avec les oiseaux mais... il faut bien commencer à un moment.
- C’est vrai. Moi, j’ai grandi avec une chouette. Une chouette effraie. Elle était adorable. Et maintenant, je viens à la volière également pour voir si tout va bien. Je connais les noms de la plupart des oiseaux ici. Leur caractère, également…
Te rendant compte que tu racontais quelque chose de parfaitement inintéressant, tu t’interrompis.
- Ils me comprennent mieux que les humains, pensas-tu à voix haute.
@Edmund Long
Oublie. Sinon, tu risquais à tout moment d’exploser. Comme une bombe à retardement.
- À mon père. La dernière lettre que je lui ai envoyée date de décembre et je me suis dit que ça commençait à faire un peu longtemps. Il s'est passé beaucoup de choses depuis et je pense qu'il aimera savoir que je vais bien.
Tu acquiesças lentement, sans le quitter des yeux. En effet, comparé à toi qui envoyait deux lettres tous les mois -une pour ton frère, une pour tes parents- et en y ajoutant parfois à l'attention tes grands-parents, le père d’Edmund devait commencer à s’inquiéter, non ?
En entendant un oiseau voleter au-dessus d’eux, tu relevas la tête. C’était Blanche ; tu souris et reportas ton attention sur Edmund. Ton sourire disparut : où était passée sa tête ? Tu ne pus t’empêcher de rire -silencieusement, tu ne voulais pas qu’il pense que tu te moques de lui- à sa réaction. Le Poufsouffle, déjà petit, s’était ratatiné sur lui-même, se protégeant de ses bras. Les joues en feu, il se défendit :
- Même si j'ai déjà envoyé plusieurs lettres depuis le début de l'année c'est la première fois que je viens les poster moi-même. La volière me faisait un peu peur donc je demandais à d'autres de le faire pour moi. Je ne suis pas encore très à l'aise avec les oiseaux mais... il faut bien commencer à un moment.
- C’est vrai. Moi, j’ai grandi avec une chouette. Une chouette effraie. Elle était adorable. Et maintenant, je viens à la volière également pour voir si tout va bien. Je connais les noms de la plupart des oiseaux ici. Leur caractère, également…
Te rendant compte que tu racontais quelque chose de parfaitement inintéressant, tu t’interrompis.
- Ils me comprennent mieux que les humains, pensas-tu à voix haute.
@Edmund Long
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Crépuscule
Les paroles et action d'Ella ont été décrites par sa plume
Alors qu'Edmund tentait de reprendre un semblant de contenance, Ella éleva la voix, attirant de ce fait l'attention du sorcier.
« C’est vrai. »
Son ton amusé laissait transparaître un sourire qui, s'il n'avait rien de moqueur, blessa un peu l'orgueil du Poufsouffle. Il était au courant qu'être méfiant des rapaces — ce n'était certainement pas de la peur ! — paraissait incongru voire risible dans le monde des sorciers, mais il aurait préféré que la Gryffondor n'en rît pas. Il était rarement soucieux du ridicule mais il n'appréciait que peu d'être rappelé d'un défaut dont il tentait tant bien que mal de se débarrasser.
« Moi, j’ai grandi avec une chouette, continua la sorcière, ne remarquant visiblement pas le moue bougonne du garçon. Une chouette effraie. Elle était adorable. Et maintenant, je viens à la volière également pour voir si tout va bien. Je connais les noms de la plupart des oiseaux ici. Leur caractère, également… »
L'enfant s'arrêta dans son discours et un léger silence passa subrepticement dans la volière. Son interlocuteur ne put que remarquer la fixité excessive de la gryffonne dont tout le corps était immobile à l'exception des yeux, dans ce genre de suspension que l'on opère quand une idée soudaine nous traverse. Intrigué par cette pause, le garçon oublia tout à fait qu'il était en train de bouder et afficha un air intéressé alors qu'il s'interrogeait sur la nature de la pensée qui avait dû traverser la jeune fille. Cependant, avant qu'il eut la possibilité d'entamer sa réflexion, cette dernière avait repris vie pour lâcher encore quelques mots.
« Ils me comprennent mieux que les humains. »
Elle avait dit cela avait un regard distant, comme plongé dans ses pensées, et Edmund eut l'impression discrète que ce n'était pas à lui qu'elle s'était adressée. Il n'aurait cependant su l'affirmer avec certitude : il s'agissait tout de même de la personne qui lui avait avoué à peine quelques instants plus tôt des informations personnelles alors qu'ils ne se connaissaient pas. Il n'aurait pas été plus étonné que cela qu'elle continuât dans les confidences. De toute manière, les raisons de cet aveu importaient peu : dans tous les cas les paroles avaient été prononcées et il était attendu de lui qu'il y réagît.
N'étant pas certain de la façon appropriée de répondre à une telle confession, il opta pour une réaction en miroir : confesser une pensée similaire ayant attrait à lui.
« J'imagine que je comprends ce que tu veux dire, commença-t-il. Je n'ai jamais eu d'animal de compagnie donc je n'ai jamais vraiment eu cette impression de compréhension avec les animaux, mais ça me fait parfois ça avec les livres. L'endroit où je me sens le plus en sécurité est dans un coin de la librairie de mon père. Le coin le plus éloigné de l'entrée de la boutique. Deux étagères de livres classiques forment un carré avec les deux murs qui se joignent là, ce qui rend l'accès assez compliqué pour les adultes. J'y ai donc emmené tous mes livres préférés et quand je me sens mal, je m'y glisse et je relis quelques pages — voire une histoire entière dépendant des fois. Ce n'est qu'une fois que les ouvrages m'ont réconforté que je ressors faire face aux humains. »
Quand il eût fini de parler, Edmund se rappela qu'il était censé bouder à cause de l'amusement dont avait fait preuve son interlocutrice peu de temps auparavant, mais il décida finalement qu'agir ainsi serait plus ennuyeux qu'autre chose : il était pour le moment plus intéressé par la conversation qui se déroulait que par la satisfaction d'un orgueil pratiquement inexistant. Il conserva ainsi une expression neutre et attentive et fixa de nouveau son regard sur Ella.
Cette dernière semblait pensive, le regard dans le vague. Ses yeux étaient toujours dirigés vers les hiboux, mais elle ne semblait pas les voir réellement, à la frontière entre le réel et l'imaginaire. D'un air distrait elle énonça calmement :
« Oui, c’est mon cas également. C’est comme si… j’avais besoin de prendre du temps pour moi, de recharger les batteries, loin de ce monde trop… extraverti ? Bavard ? Tout le monde a toujours quelque chose à dire, mais au final personne n’écoute... Et après, j’ai enfin la force de sortir faire face au monde à nouveau. Enfin, c’est comme ça que je le vois. »
Bien que la fille ne lui prêtait plus une grande attention, Edmund acquiesça à ses propos pour signifier qu'il les comprenait. Il n'avait rien à ajouter. Il ne distinguait aucun intérêt à continuer la conversation : tout avait été dit. Et il ne désirait pas non plus changer de sujet.
Il détourna à son tour son attention vers les êtres ailés dont la danse aérienne captivait Ella et laissa les mots de la jeune fille résonner dans le silence des battements d'ailes. La lumière qui passait par les ouvertures sur les murs était désormais presque inexistante, si bien que les pirouettes des oiseaux s'étaient muées en une valse gracieuses d'ombres rougeoyantes. Les rapaces tournaient dans le calme de froissement de plumes comme les braises dans les craquements d'un feu qui s'éteint.
Toujours en tailleur, Edmund regardait, hypnotisé, le mouvement des flammes, tout souvenir du repas qui serait servi dans à peine une dizaine de minutes absent de sa mémoire.
@Ella Davis
couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !
Crépuscule
Edmund ne répondit pas, et tu souris. Tu avais enfin trouvé quelqu’un de sensé dans ce château. Bien sûr, tu avais quelques amis, mais la plupart ne te connaissaient pas vraiment, et ne te ressemblaient absolument pas. Tu avais eu beau détester Edmund deux semaines auparavant, tu t’apercevais à présent que vous vous ressembliez plus qu’il n’y paraissait. Il n’avait pas répondu car il n’y avait plus rien à dire. Il n’avait pas essayé comme les autres de parler juste pour combler le vide, il avait juste entendu. Et compris.
Il commençait à se faire tard, et ton ventre émit un gargouillis des plus désagréables. Te mordant la joue, tu te relevas et époussetas ta cape. Ta lettre était à présent terminée, et il ne te restait plus qu’à la confier à la gentille chouette effraie qui te faisait face, et la regarder s’envoler.
Libre
Comme
Un oiseau.
Tu n’abandonnais pas. Tu te battais pour ta vie, et regardant la chouette disparaître dans le coucher de soleil qui embrasait le ciel, tu te retournas vers le Poufsouffle, les cheveux encore plus rougeoyants que d’habitude. Fille du feu. Tu n’allais pas dire « j’y vais ». Il n’était pas idiot. Mais il te restait une dernière chose à dire, et ce fut avec un sourire triste que tu prononças ces paroles :
- Je suis désolée pour la dernière fois, tu sais. Je… si tu as envie, on pourrait repartir sur des bonnes bases. Pas comme partenaires de travail, hein, bien évidemment, poursuivis-tu en émettant un petit rire.
A ta grande surprise, Edmund sourit légèrement et te répondit le plus sérieusement du monde :
- C'est vrai qu'on n'est pas fait pour travailler ensemble je pense.
Tu acquiesças, embarrassée, en repensant au déroulement de cette insupportable matinée. Après quelques secondes de silence, il ajouta en te tendant brusquement la main :
- Je t'ai mal jugée et je suis désolé.
Ce fut sans hésitation que tu la serras, et bien qu’elle fût un peu sèche, son regard semblait sincère.
- Merci.
Il te souhaita ensuite un bon appétit, et ce fut le cœur léger que tu t’éloignas de la volière. Même si tu avais du mal à admettre de t’être à ce point trompée sur lui, tu étais heureuse d’avoir réussi à passer par-delà les préjugés. Ton orgueil, aussi. Et dans le crépuscule de cette soirée, tu t’étais plus que réconciliée avec lui. Tu t’étais réconciliée avec toi-même.
Merci beaucoup, plume d'Edmund, pour ce deuxième et toujours aussi intéressant rp! Au plaisir de réécrire avec toi un jour pour faire évoluer la relation compliquée entre Ella et Edmund
et si tu as des modifications à apporter à sa réaction, hiboute-moi!
Il commençait à se faire tard, et ton ventre émit un gargouillis des plus désagréables. Te mordant la joue, tu te relevas et époussetas ta cape. Ta lettre était à présent terminée, et il ne te restait plus qu’à la confier à la gentille chouette effraie qui te faisait face, et la regarder s’envoler.
Libre
Comme
Un oiseau.
Tu n’abandonnais pas. Tu te battais pour ta vie, et regardant la chouette disparaître dans le coucher de soleil qui embrasait le ciel, tu te retournas vers le Poufsouffle, les cheveux encore plus rougeoyants que d’habitude. Fille du feu. Tu n’allais pas dire « j’y vais ». Il n’était pas idiot. Mais il te restait une dernière chose à dire, et ce fut avec un sourire triste que tu prononças ces paroles :
- Je suis désolée pour la dernière fois, tu sais. Je… si tu as envie, on pourrait repartir sur des bonnes bases. Pas comme partenaires de travail, hein, bien évidemment, poursuivis-tu en émettant un petit rire.
A ta grande surprise, Edmund sourit légèrement et te répondit le plus sérieusement du monde :
- C'est vrai qu'on n'est pas fait pour travailler ensemble je pense.
Tu acquiesças, embarrassée, en repensant au déroulement de cette insupportable matinée. Après quelques secondes de silence, il ajouta en te tendant brusquement la main :
- Je t'ai mal jugée et je suis désolé.
Ce fut sans hésitation que tu la serras, et bien qu’elle fût un peu sèche, son regard semblait sincère.
- Merci.
Il te souhaita ensuite un bon appétit, et ce fut le cœur léger que tu t’éloignas de la volière. Même si tu avais du mal à admettre de t’être à ce point trompée sur lui, tu étais heureuse d’avoir réussi à passer par-delà les préjugés. Ton orgueil, aussi. Et dans le crépuscule de cette soirée, tu t’étais plus que réconciliée avec lui. Tu t’étais réconciliée avec toi-même.
Merci beaucoup, plume d'Edmund, pour ce deuxième et toujours aussi intéressant rp! Au plaisir de réécrire avec toi un jour pour faire évoluer la relation compliquée entre Ella et Edmund
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