Le murmure des livres
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Faut juste enlever les espaces
Voilà les anciennes couleurs si ça peut t'aider!
J'avoue que moi aussi j'ai un peu de mal avec toutes ces modifications...
J'aime les livres car ils permettent de m'évader de ma vie et de vivre des aventures que je ne connaîtrai jamais. Je suis restée parce que tu m'intrigues et que... Et que tu sembles autant aimer les livres que moi. Si tu voulais vraiment pas parler, tu m'aurais pas fait asseoir et dessiner un portrait de moi très réussi.
Oh. Elle avait répondu. C'était totalement inhabituel.
Elle aurait pas du.
Sa voix était pourtant accueillante.
Alison put voir qu'elle l'avait blessée.
Non! Pourquoi! T'avais pas voulu...
Si.
Elle l'avait cherché.
Mais ça ne lui ressemblait pas.
Et toi, pourquoi t'es méchante ?
Un coup. Elle l'avait blessée à son tour.
Ça faisait si mal.
C'était si vrai.
Sa respiration se bloqua encore.
Pourquoi elle pouvait pas normale avec Ivy?
Elle le pouvait.
Elle respira un bon coup.
Voilà. La bibliothèque s'embrasa de couleurs.
Elle sentit presque un feu nouveau lui bruler les veines.
Pourquoi elle était méchante?
Pour se protéger.
Qui de qui?
Elle sait pas.
Elle ou toi?
Elle sait pas, elle a dit.
Ok, te fâche pas.
Encore? Elle s'était fâchée?
Pourquoi? Qu'est-ce qui la mettait sur ses gardes?
Sa gentillesse. Parce qu'elle n'en avait connu que de sa grand-mère.
Pas y penser.
"Désolée..."Murmura-t-elle.
Alors qu'est-ce qu'elle allait pouvoir inventer pour se tirer de là?
Une vérité?
"Tu m'as prise par surprise..."
Elle recommençait à faire des phrases entières. Un rayon de lumière se posa sur son visage, illuminant ses yeux.
Ça la faisait presque paraître gentille et sûre d'elle.
Les poussières tourbillonnaient dans l'air chaud de la bibliothèque. Une des raisons pour lesquelles elle aimait les bibliothèques. Leur calme.
Leurs secrets. Leurs visions déformées du monde? Où est-ce qu'on pouvait observer des arabesques de lumière mieux que dans une bibliothèque?
"Eh, t'as vu la lumière?!"
Un sourire naquit sur son visage. Oublier les yeux trop clairs pour qu'elle puisse les supporter. Oublier tout de la fille jusqu'à son visage et son prénom.
Non, mieux.
Se souvenir.
"Tu peux garder le dessin. J'en ferai un autre."
Puis elle planta ses yeux dans ceux d'Ivy, quêtant sa réponse.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
Le murmure des livres
J'attendais sa réponse avec impatience. J'espérais ne pas l'avoir blessée mais elle m'avait fait du mal. Je me reculais dans ma chaise pour être plus confortable et m'éloigner d'elle et de son aura enivrante. Enfin elle le dit:
Désolée
J'en revenais pas, j'avais presque de la peine pour elle, surtout avec ce qu'elle ajouta:
Tu m'as prise par surprise...
Elle avait un air si peiné que l'envie me prenait de lui dire que j'étais désolée. Mais je ne pouvais pas faire ça. Alors je me suis rapprochée d'elle et j'ai posé ma tête sur ma main comme elle. J'observais les arabesques de lumière formés par les vitres anciennes et j'eu un sourire amusé en voyant qu'on pensait à la même chose. Mais alors je baissai le regard sur ses lèvres et lui murmurai:
Oui, c'est magnifique.
Elle me proposa de garder le dessin qui était toujours sous ses mains. Je profitai de l'occasion pour retoucher sa peau si douce. Je fis glisser délicatement le portrait de sous ses doigts tout en posant de nouveau mon autre main sur la sienne.
Merci
Est-ce qu'elle allait retiré sa main pour la deuxième fois ? Je ne voulais pas qu'elle le fasse. Pourtant j'étais effrayée par tous les sentiments qui étaient apparus dans mon cœur depuis que j'avais croisé son regard entre les rayons.
Désolée
J'en revenais pas, j'avais presque de la peine pour elle, surtout avec ce qu'elle ajouta:
Tu m'as prise par surprise...
Elle avait un air si peiné que l'envie me prenait de lui dire que j'étais désolée. Mais je ne pouvais pas faire ça. Alors je me suis rapprochée d'elle et j'ai posé ma tête sur ma main comme elle. J'observais les arabesques de lumière formés par les vitres anciennes et j'eu un sourire amusé en voyant qu'on pensait à la même chose. Mais alors je baissai le regard sur ses lèvres et lui murmurai:
Oui, c'est magnifique.
Elle me proposa de garder le dessin qui était toujours sous ses mains. Je profitai de l'occasion pour retoucher sa peau si douce. Je fis glisser délicatement le portrait de sous ses doigts tout en posant de nouveau mon autre main sur la sienne.
Merci
Est-ce qu'elle allait retiré sa main pour la deuxième fois ? Je ne voulais pas qu'elle le fasse. Pourtant j'étais effrayée par tous les sentiments qui étaient apparus dans mon cœur depuis que j'avais croisé son regard entre les rayons.
Écrire des étoiles ou peindre l'univers ? Telle est la question...
Le murmure des livres
Oui, c'est magnifique.
Alison n'osa pas relever la tête mais elle fut surprise.
Le ton qu'avait employé Ivy laissait penser qu'elle songeait à la même chose qu'elle.
Sa main effleura la sienne une nouvelle fois quand elle prit le dessin.
Alison ne put s'empêcher de frisonner.
Elle. Aimait. Pas.
C'était si compliqué que ça à comprendre?
Mais la fille s'en fout.
Elle repose sa main sur la sienne.
Alison plonge ses yeux verts sur ses deux mains, si différentes.
Les siennes sont petites, avec des doigts assez longs et fins, le tout couvert de griffures et de petites coupures. Un pansement déjà en train de se défaire était enroulé à son majeur et ses ongles étaient coupés très courts, mis à part celui du pouce droit.
Elle était tellement maladroite qu'elle avait même réussi à se couper avec le parchemin sur lequel elle écrivait le cours d'histoire de la magie.
Elle avait passé le reste du cours avec un doigt contre sa bouche.
Heureusement, personne n'avait pas relevé.
"Tu peux arrêter ça ?"
Ça.
Ça, poser sa main sur la sienne.
Ça, la fixer sans ciller malgré ses paroles blessantes.
Ça, rester avec elle alors qu'elle avait une bibliothèque entière où aller.
Ça n'était pas désagréable.
Sa main était chaude sur la sienne.
Ça était même plutôt réconfortant.
Mais Ça la mettait horriblement mal à l'aise.
Et quand elle était mal à l'aise, elle faisait deux choses : elle se mordillait la lèvre en priant pour que ça passe vite. Puis, elle attaquait si ça durait trop longtemps.
Là, elle n'avait même pas pris la peine de passer par la case "avertissement".
Elle avait directement sorti les crocs, grogné, craché des Mots.
P't-être qu'elle aurait pas dû.
Trop tard pour faire marche arrière.
Maintenant, elle pouvait essayer de parler.
Mais elle devait reprendre sa main.
Tout de suite.
Elle se dégagea assez brusquement sans regarder Ivy dans les yeux, pour éviter sa mine sûrement peinée, énervée ou blessée.
Elle se redressa droite comme un i sur sa chaise, puis s'adossa lentement contre le dossier de la chaise.
C'était pas très confortable comme position, mais elle avait connu pire.
Elle posa ses mains sur ses genoux, espérant les mettre à l’abri des mains de la gryffonne.
Elle savait pas comment lier conversation. C'était tout. Mais elle pouvait pas rester comme ça, ça, c'était rester assise comme une idiote sur sa chaise en ne disant rien.
Peut-être que ce qu'elle allait dire était stupide.
Il y avait même une grande probabilité pour que ce soit le cas.
Elle s'en fichait.
Si la rouge et or la trouvait bizarre, elle avait qu'à partir.
Et tout redeviendrait normal.
Vraiment?
Normal?
Qu'est-ce qui avait changé?
Rien pourtant.
Elle avait croisé certainement cette fille des milliers de fois dans les couloirs sans faire attention à elle.
"T'es contente d'être chez les gryffons?"
Sa voix était devenue un chuchotis rauque. Elle était pas habituée à parler beaucoup et sa voix se cassait très facilement. Pourtant, elle ne se racla pas la gorge, ne voulant pas attirer l'attention sur elles.
Elle attendit la réponse d'Ivy.
Et s'il n'y avait pas de réponse...
Tant mieux.
Elle s'enfermerait dans les Livres.
Et Ils lui feraient oublier.
Alison n'osa pas relever la tête mais elle fut surprise.
Le ton qu'avait employé Ivy laissait penser qu'elle songeait à la même chose qu'elle.
Sa main effleura la sienne une nouvelle fois quand elle prit le dessin.
Alison ne put s'empêcher de frisonner.
Elle. Aimait. Pas.
C'était si compliqué que ça à comprendre?
Mais la fille s'en fout.
Elle repose sa main sur la sienne.
Alison plonge ses yeux verts sur ses deux mains, si différentes.
Les siennes sont petites, avec des doigts assez longs et fins, le tout couvert de griffures et de petites coupures. Un pansement déjà en train de se défaire était enroulé à son majeur et ses ongles étaient coupés très courts, mis à part celui du pouce droit.
Elle était tellement maladroite qu'elle avait même réussi à se couper avec le parchemin sur lequel elle écrivait le cours d'histoire de la magie.
Elle avait passé le reste du cours avec un doigt contre sa bouche.
Heureusement, personne n'avait pas relevé.
"Tu peux arrêter ça ?"
Ça.
Ça, poser sa main sur la sienne.
Ça, la fixer sans ciller malgré ses paroles blessantes.
Ça, rester avec elle alors qu'elle avait une bibliothèque entière où aller.
Ça n'était pas désagréable.
Sa main était chaude sur la sienne.
Ça était même plutôt réconfortant.
Mais Ça la mettait horriblement mal à l'aise.
Et quand elle était mal à l'aise, elle faisait deux choses : elle se mordillait la lèvre en priant pour que ça passe vite. Puis, elle attaquait si ça durait trop longtemps.
Là, elle n'avait même pas pris la peine de passer par la case "avertissement".
Elle avait directement sorti les crocs, grogné, craché des Mots.
P't-être qu'elle aurait pas dû.
Trop tard pour faire marche arrière.
Maintenant, elle pouvait essayer de parler.
Mais elle devait reprendre sa main.
Tout de suite.
Elle se dégagea assez brusquement sans regarder Ivy dans les yeux, pour éviter sa mine sûrement peinée, énervée ou blessée.
Elle se redressa droite comme un i sur sa chaise, puis s'adossa lentement contre le dossier de la chaise.
C'était pas très confortable comme position, mais elle avait connu pire.
Elle posa ses mains sur ses genoux, espérant les mettre à l’abri des mains de la gryffonne.
Elle savait pas comment lier conversation. C'était tout. Mais elle pouvait pas rester comme ça, ça, c'était rester assise comme une idiote sur sa chaise en ne disant rien.
Peut-être que ce qu'elle allait dire était stupide.
Il y avait même une grande probabilité pour que ce soit le cas.
Elle s'en fichait.
Si la rouge et or la trouvait bizarre, elle avait qu'à partir.
Et tout redeviendrait normal.
Vraiment?
Normal?
Qu'est-ce qui avait changé?
Rien pourtant.
Elle avait croisé certainement cette fille des milliers de fois dans les couloirs sans faire attention à elle.
"T'es contente d'être chez les gryffons?"
Sa voix était devenue un chuchotis rauque. Elle était pas habituée à parler beaucoup et sa voix se cassait très facilement. Pourtant, elle ne se racla pas la gorge, ne voulant pas attirer l'attention sur elles.
Elle attendit la réponse d'Ivy.
Et s'il n'y avait pas de réponse...
Tant mieux.
Elle s'enfermerait dans les Livres.
Et Ils lui feraient oublier.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
Le murmure des livres
Je sais pas ce qui m'a pris de prendre le temps de discuter avec cette fille alors que clairement elle veut être seule. Je sais pas ce qui m'a pris de lui prendre sa main. Je sais pas ce qui m'a pris de le refaire. Mais surtout, je sais pas pourquoi j'ai désespérément envie de rester.
J'avais pas l'intention de laisser ma main longtemps et pourtant elle était toujours là quand Alison s'est dégagée violemment. Je reprend ma main et je contrôle mais émotions pour pas qu'elle voie qu'elle m'a fait du mal. Elle se redresse bien droit sur sa chaise avant de ma balancer la plus banale des questions: si je me plais chez les gryffons.
J'ai pas le choix mais oui.
J'ai envie de savoir, j'ai besoin de savoir pourquoi elle est comme ça. Peut-être que c'est son caractère mais on dirait qu'il y a autre chose. Je commence à ouvrir la bouche mais je la referme. De quel droit je lui pose une question comme ça. Je commence à me sentir oppressée dans la bibliothèque. J'ai conscience que les gens autour de moi peuvent entendre ce qu'on dit. En plus le bibliothécaire commence vraiment à nous regarder comme si on troublait la tranquillité de la bibliothèque - et c'est ce qu'on fait.
Tu veux pas qu'on aille discuter ailleurs ? Quelque part où on a le droit de parler.
Elle pourrait refuser. J'ai vu combien elle aime cette bibliothèque, ces livres. Mais j'ai braiment besoin d'air.
J'avais pas l'intention de laisser ma main longtemps et pourtant elle était toujours là quand Alison s'est dégagée violemment. Je reprend ma main et je contrôle mais émotions pour pas qu'elle voie qu'elle m'a fait du mal. Elle se redresse bien droit sur sa chaise avant de ma balancer la plus banale des questions: si je me plais chez les gryffons.
J'ai pas le choix mais oui.
J'ai envie de savoir, j'ai besoin de savoir pourquoi elle est comme ça. Peut-être que c'est son caractère mais on dirait qu'il y a autre chose. Je commence à ouvrir la bouche mais je la referme. De quel droit je lui pose une question comme ça. Je commence à me sentir oppressée dans la bibliothèque. J'ai conscience que les gens autour de moi peuvent entendre ce qu'on dit. En plus le bibliothécaire commence vraiment à nous regarder comme si on troublait la tranquillité de la bibliothèque - et c'est ce qu'on fait.
Tu veux pas qu'on aille discuter ailleurs ? Quelque part où on a le droit de parler.
Elle pourrait refuser. J'ai vu combien elle aime cette bibliothèque, ces livres. Mais j'ai braiment besoin d'air.
Écrire des étoiles ou peindre l'univers ? Telle est la question...
Le murmure des livres
J'ai pas le choix mais oui.
Elle avait raison. Elle n'avait pas choisi d'être chez les pouffys.
Mais elle s'y plaisait énormément maintenant.
Heureusement que je ne suis pas à Gryffondor...Songea-t-elle, en repensant à ses parents.
Et il fallait se l'avouer, à la perspective de dormir à proximité d'Ivy.
Cette question était débile.
Elle n'aurait pas dû la poser. Sa journée venait de prendre une tournure plus que désagréable, et elle n'aimait pas ça du tout.
Tu veux pas qu'on aille discuter ailleurs ? Quelque part où on a le droit de parler.
Une poussière choisit ce moment importun pour aller se coincer dans sa gorge, la faisant tousser jusqu'à s'arracher les poumons, et s'attirant ainsi plusieurs regards noirs dont celui du bibliothécaire.
Elle repensa à la pancarte "SILENCE" plaquée sur la porte de la bibliothèque.
Elles faisaient du bruit.
Non.
Elle aimait pas le bruit.
Elle voulait pas en faire.
Elle voulait redevenir discrète. Parler aux livres. Les connaître.
Pourtant, non.
Elle voulait aussi apprendre à découvrir les autres.
Se prouver qu'elle pouvait se faire des amis.
Se prouver qu'elle n'était pas à ce point différentes d'eux.
T'aime la différence.
Mais parfois trop de différence blesse.
Tu veux pas parler avec la fille.
Ah bon?
Pourquoi t’arrives pas à te décider?
Elle sait pas.
Elle n'en sait rien.
Elle sait plus rien depuis qu'elle a été foudroyée par la gentillesse de ces deux yeux verts pâles.
Elle plongea ses yeux dans les siens.
Des paillettes d'or y flottaient, dansant comme les poussières de la lumière. Envoutantes. C'était magnifique.
C'est un poison.
Elle devait répondre quelque chose. Maintenant.
Là, et pas dans trois heures. Car dans trois heures il ferait nuit.
Et elles ne devraient pas être là.
Elles devraient se séparer.
Une douleur fulgurante lui déchira les poumons.
C'est la poussière.
Non. C'est elle.
Dis-lui non.
Elle partira. Son souvenir s'envolera comme une plume avec le vent. Elle voyagera cette plume. Elle dansera avec la brise. Elle écrira de belles formes dans les nuages. Et elle s’effacera dans le bleu du ciel. Purement. En silence.
Ce qu'elle a toujours aimé, en somme.
Dis Non.
Sa gorge s'assécha brusquement. Fichue poussière.
Dis Non.
C'est pas la poussière.
Dis Non.
C'est qui alors?
Dis Non.
C'est elle. C'est la fille. La gryffonne.
Dis Non.
Elle peut pas!
Dis Non.
D'accord. Inspire.
Son visage se détendit tout à coup.
Voilà, c'était mieux comme ça.
Elle savait ce qu'elle devait dire.
Un mot.
Tout simple.
Léger, comme une bulle d'air dans un aquarium, qui n'attend qu'un souffle pour crever la surface du silence. Qui se refermera à jamais sur cette bibliothèque.
"Oui".
Désolée pour cette réponse tardive...
Elle avait raison. Elle n'avait pas choisi d'être chez les pouffys.
Mais elle s'y plaisait énormément maintenant.
Heureusement que je ne suis pas à Gryffondor...Songea-t-elle, en repensant à ses parents.
Et il fallait se l'avouer, à la perspective de dormir à proximité d'Ivy.
Cette question était débile.
Elle n'aurait pas dû la poser. Sa journée venait de prendre une tournure plus que désagréable, et elle n'aimait pas ça du tout.
Tu veux pas qu'on aille discuter ailleurs ? Quelque part où on a le droit de parler.
Une poussière choisit ce moment importun pour aller se coincer dans sa gorge, la faisant tousser jusqu'à s'arracher les poumons, et s'attirant ainsi plusieurs regards noirs dont celui du bibliothécaire.
Elle repensa à la pancarte "SILENCE" plaquée sur la porte de la bibliothèque.
Elles faisaient du bruit.
Non.
Elle aimait pas le bruit.
Elle voulait pas en faire.
Elle voulait redevenir discrète. Parler aux livres. Les connaître.
Pourtant, non.
Elle voulait aussi apprendre à découvrir les autres.
Se prouver qu'elle pouvait se faire des amis.
Se prouver qu'elle n'était pas à ce point différentes d'eux.
T'aime la différence.
Mais parfois trop de différence blesse.
Tu veux pas parler avec la fille.
Ah bon?
Pourquoi t’arrives pas à te décider?
Elle sait pas.
Elle n'en sait rien.
Elle sait plus rien depuis qu'elle a été foudroyée par la gentillesse de ces deux yeux verts pâles.
Elle plongea ses yeux dans les siens.
Des paillettes d'or y flottaient, dansant comme les poussières de la lumière. Envoutantes. C'était magnifique.
C'est un poison.
Elle devait répondre quelque chose. Maintenant.
Là, et pas dans trois heures. Car dans trois heures il ferait nuit.
Et elles ne devraient pas être là.
Elles devraient se séparer.
Une douleur fulgurante lui déchira les poumons.
C'est la poussière.
Non. C'est elle.
Dis-lui non.
Elle partira. Son souvenir s'envolera comme une plume avec le vent. Elle voyagera cette plume. Elle dansera avec la brise. Elle écrira de belles formes dans les nuages. Et elle s’effacera dans le bleu du ciel. Purement. En silence.
Ce qu'elle a toujours aimé, en somme.
Dis Non.
Sa gorge s'assécha brusquement. Fichue poussière.
Dis Non.
C'est pas la poussière.
Dis Non.
C'est qui alors?
Dis Non.
C'est elle. C'est la fille. La gryffonne.
Dis Non.
Elle peut pas!
Dis Non.
D'accord. Inspire.
Son visage se détendit tout à coup.
Voilà, c'était mieux comme ça.
Elle savait ce qu'elle devait dire.
Un mot.
Tout simple.
Léger, comme une bulle d'air dans un aquarium, qui n'attend qu'un souffle pour crever la surface du silence. Qui se refermera à jamais sur cette bibliothèque.
"Oui".
Désolée pour cette réponse tardive...
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.