Parmi les plumes

Pensées - Dialogue
10 Septembre 2044
Fin d'après-midi

@Adrien de Lanfarge / RPG+


Je grimpais, je courais, j'escaladais.

Sur les hautes marches de pierre de la Tour d'Astronomie, j'haletais en quête de ma destination. On était en fin d'après-midi, samedi, le soleil descendait doucement. Dans ma main se trouvait la lettre promise à mes parents. La fameuse. J'avais attendu toute la journée avant de réussir à l'écrire, les mots n'étaient pas venus facilement. Pourtant il s'en étaient passés des choses cette première semaine, mais c'était dur à retranscrire. Dur à décrire. L’atmosphère ici était unique. Et je ne savais pas comment l'expliquer à ma famille Moldue.

Je pense que j'étais en train de me plaire à Poudlard. Enfin de commencer à me plaire. J'avais rencontré quelques élèves avec qui le courant était bien passé. Ce n'était pas des amis, ça le deviendrait, ou non; mais j'avais apprécié ces courts moments d'échanges. Et ce château aussi me plaisait, ses longs couloirs et ses escaliers qui me faisaient suer. Et les tableaux qui parlaient et bougeaient. J'aimais ce monde magique. Les cours aussi m'avaient plus, même si je n'avais pas encore pu utiliser ma baguette, ni concocter de potions. Les premiers cours posaient les bases et étaient très théoriques, mais j'étais enchantée par ces premiers moments passés ici. J'avais envie d'en apprendre plus, de découvrir, de m'intégrer.

Et pour m'intégrer quoi de mieux que d'apprendre à envoyer un Hibou. Je n'étais pas sure que le terme choisit était le plus approprié, mais je n'avais aucune idée de comment il fallait le dire. J'étais plutôt familière de la voie postale Moldue, enveloppe et timbre je maîtrisais, enveloppe et hibou un peu moins. D'après les bruits de couloirs, j'avais cru comprendre qu'il fallait se rendre à la volière. Volière que j'avais fini par trouver en comprenant que celle ci était au niveau de la tour d'Astronomie. Mais comme d'habitude, j'avais bien galéré avant de trouver le chemin. Certes, on y avait été en cours cette semaine. Donc par bonheur j’avais réussis à retrouver le chemin toute seule en un temps plutôt acceptable, ce qui en soit était un véritable exploit.

Je découvrais, j'appréciais , je distinguais. Des bruits, des odeurs, des couleurs.

Des volatiles il y en avait partout, et en tout genre. Des hiboux et des chouettes en veux tu en voila. Leurs hululements, tous très différents donnaient à entendre une vraie cacophonie. Une impression de miaulement plaintif continu. J'avais connu plus agréable comme bruit de fond.
Et ça se donnait des coups de bec, des coups de griffes et d'ailes. Les plumes volaient en un bourdonnement amplifié par le dôme qui surplombait la pièce. Ouverte sur l'extérieur, un courant d'air frais pénétrait, et faisait remuer quelques mèches rebelles. J'appréciais l'image de ces oiseaux réunis ici, l'image de ce lieu insolite.

Des plumes, des becs, des ailes.

Certains dormaient, d'autres me regardaient, d'autres décollaient et s'en allaient. D'autres encore avaient l'air de dormir. C'était un mouvement incessant. Une chouette blanche aux yeux jaunes se lissait les plumes, un petit hiboux dont la tête était garnie de deux petites houppettes me fixait de ses yeux oranges, un autre, bien plus grand étendait ses ailes et prenait son envol. Une lettre accrochée à la patte.

C'est donc comme ça qu'il faut faire. Non pas que je les avais imaginés livrer le courrier munis de petits sacs à dos, mais pourquoi pas, on ne savait jamais chez les Sorciers.

Je m'interrogeais. Je me voyais mal sauter sauvagement sur l'une de ces bêtes à plumes et tenter de lui accrocher ma lettre à la patte. Je serai forcément la moins rapide des deux. Il devait bien y avoir une technique particulière. Fallait il user de la magie ?

Je me sentais particulièrement bête à cet instant, ma lettre à la main, désemparée et perdue au milieu des duvets qui virevoltaient tout autour. Et tous ces piaillement ininterrompus.

Comment vais je donc bien pouvoir faire?
Dernière modification par Lilly Zarbi le 3 mai 2020, 09:00, modifié 2 fois.

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Parmi les plumes
Poufsouffle ! Il avait été réparti à Poufsouffle, exactement comme sa mère. Il fallait absolument qu'il lui envoie un hibou pour le lui annoncer. Peut-être était-elle déjà au courant ? Sûrement même, Athenaïs le lui aura dit puisqu'elle a sa propre chouette. Mais bon, avec les cours de la semaine et la découverte du château, il n'avait pas vraiment eu le temps jusqu'alors. Ce n'était pas grave, il le dirait avec ses mots et c'est cela qui importait le plus.

Adrien s'était renseigné sur l'itinéraire pour rejoindre la volière de l'école auprès d'un deuxième année dans sa salle commune : il fallait monter tout en haut de la tour Ouest. Ravi, le garçon avait alors remercié son informateur sans prendre en compte le "bon courage" soufflé par ce dernier. Désormais, il comprenait … 358 marches, et il n'était pas encore au bout !! Malgré sa condition plutôt sportive, le jeune sorcier était épuisé et haletait. *Pfiou ! Je me demande si les professeurs montent jusque là ...*

Lors de la cérémonie de répartition, Adrien avait été surpris de voir un corps professoral assez jeune, alors que sa mère avait connu des enseignants plutôt âgés. Mais malgré tout, il s'imaginait mal ses professeurs monter les marches quatre à quatre : ils devaient connaitre un autre moyen pour accéder à la Tour. Il demanderait certainement plus tard à des élèves plus anciens s'il existait un raccourci ou mieux, un passage secret, pour accéder à la volière. En attendant, il fallait monter encore.

Lorsqu'il arriva enfin à sa destination, il fut frappé par un spectacle repoussant : des carcasses de rongeurs jonchaient le sol parmi les plumes et les fientes des rapaces. L'odeur, sans être particulièrement forte, titillait légèrement les narines et se renforçait ponctuellement lorsqu'une brise s'infiltrait à travers les nombreuses ouvertures du mur par lesquelles les oiseaux allaient et venaient.

Il n'était pas seul. Une jeune fille de Poufsouffle qu'il avait déjà croisée plusieurs fois pendant les cours et en salle commune mais à qui il n'avait jamais parlé contemplait les hiboux et chouettes perchés plusieurs mètres au-dessus de sa tête, probablement en attente de savoir le- ou laquelle elle choisirait pour être l'émissaire de la lettre qu'elle tenait dans sa main. Adrien lui adressa un grand sourire :

Salut ... Lilly c'est ça ? Moi c'est Adrien. Tu passes un bon week end ?

Puis, le regard toujours tourné vers sa camarade de maison, il leva un bras en l'air et émit un petit sifflement strident afin de bien faire comprendre aux postiers volants qu'il avait du travail pour eux. Aussitôt, un hibou grand-duc en quête de voyage plana jusqu'à une petite rembarde à côté du sorcier et présenta sa patte de manière fière. Adrien attacha la lettre qu'il avait dans la main à la patte de l'animal de manière délicate, puis lui souffla le nom du destinataire : Sarah Stanton. Le hibou prit alors son envol, sûr de sa destination.

Alors qu'il s'apprêtait à redescendre, ayant terminé l'unique chose pour laquelle il était monté, le garçon remarqua que sa camarade était toujours là, sa lettre à la main. Se rapprochant d'elle, il fixa les yeux en direction de la voûte formée par le plafond de la tour, une bonne vingtaine de mètres au-dessus d'eux, observant les oiseaux voleter, roupiller ou chahuter … Le spectacle était beau et il comprenait l'admiration de la jeune fille.

Alors ? Dis-moi, tu vas prendre lequel pour envoyer ta lettre ? lui demanda-t-il avec un sourire.

"L'amitié double les joies, et réduit de moitié les peines" F. Bacon
"Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin" - Poufsouffle, avril 2020.

Adrien de Lanfarge,- 1ère année RP & devoirs

Parmi les plumes
J'étais plantée au centre de la pièce à tenter de résoudre l'énigme des hiboux, quand j'entendis la voix de quelqu'un que je ne connaissais pas m'interpeller par mon prénom. Mais comment diable avait il eu vent de mon prénom? En parlant de vent je commençais à avoir un peu froid, les pierres encadrants la pièce et les nombreux courants d'air ne réchauffait en rien l'atmosphère

Je me retournais vers l’origine de cette voix. C'était un garçon, de Poufsouffle lui aussi, qui arborait la joli robe noire et jaune de ma maison. Je devais vraiment ne pas être douée avec les noms, car je ne me souvenais pas lui avoir déjà parlé. Croisé oui ça c'était certain par contre. Mais j'avais beau chercher, son nom m'échappait, je n'étais même pas sure de l'avoir déjà su d'ailleurs. Je détestais ça , il allait falloir que je le lui demande.

Alors que je m’appétais à lui répondre, tout de même il m'avait posé une question. Celui ci leva un bras et siffla en direction des hiboux. L'un d'eux se mit en mouvement et arriva juste à coté du jeune sorcier en lui tendant la patte.

Oh la la je ne sais absolument pas siffler. Pourquoi faut il toujours que la moindre tâches ici demande des compétences précises . Bon j'exagérais, siffler n'étais pas non plus totalement hors de porté de la plupart du commun des mortels, Moldus et Sorciers confondus j'imaginais. Mais justement moi je n'y arrivais pas. Une compétence de plus ajoutée sur ma longue liste de celles qu'il me restait à acquérir. Je ne savais pas si j'aurai assez de toute une vie pour la compléter cette fameuse liste.

Je le regardais donc faire avec son hiboux. Soigneusement il avait attaché la lettre à la patte de l'animal en lui soufflant quelque chose à l'oreille. Ah, une formule magique j'en étais sure ! C'était encore moins simple que ça en avait l'air. Ainsi équipé, le hiboux partait en déployant ses longues ailes.

Le jeune garçon fit mine de partir puis se rapprochait finalement de moi en me demandant quel hiboux j'allais choisir. On doit choisir son hiboux? C'est à dire choisir son hibou? Il fallait l'avouer, j'étais perdue. Il allait me falloir des explications plus précises sur la marche à suivre. Il auraient pu mettre le protocole "Envoi par Hiboux" à l'entrée de la volière tout de même, cela m'aurait simplifié la tâche!

"Coucou ! Oui c'est bien mon prénom! Mais heu ... désolée si je ne m'en souviens pas mais je ne crois pas savoir comment toi tu t'appelles?" je le regardais l'air gêné en souriant comme pour m'excuser de mon ignorance.

"Puisque tu es là justement je cherchais de l'aide ça tombe bien" je laissais échapper un petit rire nerveux.

"Je n'ai jamais envoyé de Hiboux jusqu'ici, je t'ai regardé faire mais je ne sais pas siffler. Tu aurai une solution alternative? Et une autre question, comment je choisis le hiboux et comment celui ci saura ou aller ?" Je ponctuais ma demande d'un sourire pour le pousser à m'aider, moi petite Poufsouffle désemparée.

"Je suis complètement paumée désolée!" ajoutais je en rigolant.

Je préférai être honnête envers la personne qui allait potentiellement m'aider, même si techniquement celui ci devait être au courant de mon incompétence totale.

Me souvenant de sa première question je complétais:

"Pour ce qui est du week end, je me serai soulagée quand j'aurai réussis à faire partir cette lettre que j'ai mis la journée à écrire".

Troisième petit rire qui allait me faire passer soit pour une fille franchement détendue, ce que à cet instant je n'étais pas du tout, soit pour une demeurée, ce qui restait à définir.

@Adrien de Lanfarge

#PouffyFamily
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Parmi les plumes
"Suave, mari magno turbantibus aequora ventis,
E terra magnum alterius spectare laborem ;
Non quia vexari quemquam est jucunda voluptas,
Sed quibus ipse malis careas quia cernere suave est."
Lucrèce - De Rerum Natura



La jeune fille n'avait pas dit un mot avant qu'Adrien ne revienne vers elle, au point que le garçon avait d'abord pensé que sa présence la gênait et que son mutisme n'en était que la démonstration implicite. Aussi ses joues s'étaient teintes d'une légère couleur pourpre lorsqu'il s'était déplacé aux côtés de la brunette, de crainte que cette approche ne soit malvenue. Sentant la chaleur sanguine monter sur son visage, il avait tout de suite attiré l'attention de la jeune fille sur les hiboux en espérant qu'elle ne remarque pas ce léger embarras.

Heureusement, le premier sourire que lui adressa sa camarade était loin d'être antipathique, et ce simple étirement des zygomatiques suffit à rétablir toute la vérité : elle n'était pas gênée par sa présence à lui, mais par son inexpérience à elle. Le rejet des autres représentait chez le garçon une angoisse consciente, et il se sentit égoïstement rassuré de ne pas être le sujet de la gêne flottant dans la pièce.

Je m'appelle Adrien, Adrien de Lanfarge. Et oui je ne peux que me souvenir du prénom de la dernière personne à avoir été répartie par le Choixpeau, ajouta-t-il avec un petit rire ayant vocation à adoucir l'atmosphère.

De manière générale, il avait beaucoup de facilités mémorielles et retenait les prénoms assez facilement : avec son nom, il avait été appelé sur le tabouret à peu près au milieu de la liste et avait donc eu du mal à retenir tous ceux qui avaient été répartis avant lui (d'autant plus que les questions qu'il se posait sur sa propre répartition l'empêchait de penser à autre chose), mais une fois qu'il s'était assis à la table des Poufsouffle, il avait essayé de mémoriser les noms de tous ceux à qui il avait été donné la chance d'être répartis à Poufsouffle. Et autant dire que Zarbi, la dernière de la liste, celle après qui il avait pu profiter de son premier banquet, il s'en était souvenu.

Les nombreuses questions de la jeune fille l'amusèrent car tout cela lui semblait tellement évident. Il lui adressa un grand sourire bienveillant, fier de pouvoir apporter de l'aide à quelqu'un grâce à son savoir.

Oui, pas de soucis je vais t'aider ! Déjà pour le sifflement, ne t'inquiètes pas : moi je siffle parce que j'ai toujours été habitué à faire comme ça mais ce n'est pas obligatoire, même si c'est conseillé avec les hiboux destinés à un large public comme c'est le cas ici ou dans une poste magique. Si tu ne sais pas siffler, le mieux c'est de t'acheter un sifflet personnel dans une ménagerie magique, mais en attendant, l'école en met à disposition pour les élèves, dit-il en désignant du doigt un sifflet accroché au mur par une ficelle extrêmement fine. Puis, certain de la réticence que pourraient avoir de nombreuses personnes à utiliser un tel objet après d'autres, il compléta d'un air rassurant :

Et ne t'en fais pas pour l'hygiène : ils sont équipés d'un sort d'autolavage qui les nettoie après chaque utilisation. Sinon, tu peux juste essayer de te faire remarquer en claquant des doigts, en faisant des bruits avec la bouche ou en les appelant mais ce n'est pas sûr qu'ils te répondent : les hiboux sont assez fiers et l'avantage du sifflet, c'est qu'il y a un ton plus impérieux qu'ils comprennent très bien. Après, pour le choix du hibou ou de la chouette, c'est un petit peu personnel : forcément si tu dois leur faire parcourir de longues distances, il vaut mieux un oiseau assez solide mais dans l'ensemble, ils ont tous les mêmes aptitudes.

Il marqua une petite pause dans ses explications en observant un vieil hibou qui dormait d'un sommeil profond malgré les piaillements de son camarade de niche, visiblement beaucoup plus jeune et énergique. *Ouais, ben lui je lui ferais peut-être pas traverser tout le pays*

Pour ce qui est de la destination, tu n'as juste qu'à leur dire le nom du destinataire et peu importe où il est dans le monde, l'oiseau le retrouvera et lui délivrera son message. Enfin ceci dit, c'est le cas pour les sorciers mais je n'ai encore jamais envoyé de hibou à des non-sorciers : je ne suis pas sûr que leur capacité de traçage soit aussi étendue ... Et j'imagine que ceux à qui tu souhaites envoyer ta lettre ne sont pas des sorciers, si ?

Adrien s'en doutait car l'inexpérience de la jeune fille était caractéristique. Et du coup, la question du traçage méritait sérieusement d'être posée : les hiboux et chouettes pouvaient-ils retrouver un moldu où qu'il soit ? Adrien n'en était pas sûr ... Mais pour éviter d'aggraver l'angoisse de sa camarade, il ajouta :

En tout cas, je te conseille de donner l'adresse exacte de là où tu souhaites envoyer ta lettre, ça évitera que le hibou ne se perde. Comme ça, il ne donnera pas forcément la lettre directement dans la main du destinataire mais au moins tu seras sûre que celui-ci l'aura bien reçue.

Il avait énormément parlé et il se tut pour observer la réaction de son "élève".

@Lilly Zarbi Vraiment désolé pour mon délai de réponse, et également pour ce pavé :sweatingbullets:

"L'amitié double les joies, et réduit de moitié les peines" F. Bacon
"Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin" - Poufsouffle, avril 2020.

Adrien de Lanfarge,- 1ère année RP & devoirs