Irlande Envol de l'Aigle Solo RPG++

20 Décembre 2044


Une journée de plus commence à l’infirmerie de Poudlard. Les jours se suivent et se ressemblent depuis bien trop longtemps. Le jeune Serdaigle sent que cette journée sera comme toutes les autres depuis qu’il est allongé dans ce lit qu’il connaît déjà par cœur, confiné dans une pièce sans jamais voir la lumière du jour autrement que par la lumière qui transperce la transparence de la fenêtre. L’ennui du garçon est trompé par la présence occasionnelle de livres. Mais aujourd’hui, Matthew n’en a pas à lire. Il fait alors comme tous les jours. La même chose. Au même moment. Attendre. Attendre. Et attendre. Il déteste attendre le matin, beaucoup plus que l’après-midi. Car parfois, quand le soleil à dépassé son zénith, Matthew a droit à de la visite…

C’est après l’heure du déjeuner que vient le voir sa très chère camarade Émeline Joyner. Ce n’est qu’en la présence de son amie qu’il retrouve le sourire sur son visage d’albâtre. Elle avait le don de toujours lui donner envie de se sentir mieux, heureux, comblé. Sa présence lui était vitale dans ces conditions. Non pas seulement pour ses bienveillants et contagieux sourires qui réchauffent son cœur, mais aussi pour sa conversation et ses petites attentions pour rendre au Serdaigle la vie un peu plus douce dans son lit d’infirmerie. Elle ne manque d’ailleurs pas d’apporter à son ami de la lecture pour l’aider à tromper son ennui. Matthew recherche constamment le contact avec elle, ce qui ne manque pas d’empourprer à certaines occasions ses joues. Parfois, leurs mains se touchent et une douce chaleur envahit son corps, comme s’il venait d’engloutir un bol de soupe bien chaud et réconfortant en plein hiver.

L’amie de Matthew lui adresse un dernier sourire de la journée avant de quitter l’infirmerie. Ce sourire, immédiatement renvoyé à l’envoyeuse, reste gravé dans la mémoire du garçon alité. Leurs mains s’éloignent, ils échangent un dernier geste tendre alors que l’Irlandais prononce quelques mots quand Émeline arrive à la porte de l’infirmerie et qu’ils s’échangent un signe de la main en guise d’au revoir alors que la nuit tombe...

- A demain, Emi… Bonne nuit. Merci d’être venue me voir…

Le repas du soir à l’infirmerie est assez copieux à base de sandwiches et de soupe. Si Matthew n’a jamais vraiment eu très faim le soir, il était un grand mangeur depuis son alitement. Il devait prendre des forces pour guérir le plus vite possible pour quitter enfin son lit et pouvoir marcher sans avoir mal nulle part et ne ressentir aucune gène.

Ce soir, c’est différent. Il n’a pas d’appétit avant une heure avancée de la soirée. Alors qu’il vient de terminer la moitié de son premier sandwich, quelqu’un s’approche de lui, sans un bruit pour ne réveiller personne. Un adulte. Le garçon ne regarde même pas la personne qui l’interpelle dans les yeux, tant la dépression et l’ennui ont gagné son visage depuis qu’on lui a annoncé qu’il devrait rester immobile dans un lit et que son amie n’était pas auprès de lui…

- Monsieur Maguire ? Votre hibou est arrivé à la volière il y a quelques heures avec un message à l’attention de l’administration. Votre père demande à ce que vous soyez rapatrié chez vous, en Irlande le temps de votre convalescence. Vos affaires vous y attendent déjà, il ne vous reste plus qu’à prendre en main ce portoloin et vous serez chez vous. On ne peut pas prendre le risque de vous faire repartir par un autre moyen.

Matthew n’en croit pas ses oreilles. Enfin il reçoit un retour de son hibou. Et un retour positif. Il va pouvoir retourner à Dublin. Il a un triste sourire en pensant alors à sa camarade.

- Je dois me rendre dans ma salle commune… J’ai…
- Il est tard, Monsieur Maguire, vous ne verrez personne qui n’est pas dans son lit…

Matthew baisse les yeux. Résigné, il s’empare des quelques affaires qu’il possède sur sa table de nuit. Alors qu’on lui présente l’objet magique dans un coffret, le Serdaigle se redresse sur son lit, assis sur le matelas. Le garçon plie son écharpe soigneusement et la dépose au bout du lit et regarde le portoloin. Matthew tend le bras et, après une profonde respiration, s’empare de l’objet dans le creux de sa main. En une fraction de seconde, le jeune Irlandais avait disparu du lit, laissant derrière lui l’écharpe bleue qui trône sur la couette blanche.

21 Décembre 2044


Le retour en Irlande a été rapide. Matthew apparaît assis dans la cour du Domaine des Maguire, en pleine nuit. Une silhouette apparaît devant la porte. Une grande femme vêtue de blanc et de noir. Elle interpelle le garçon.

- Matthew ! Vous voilà, nous vous attendions... Je m'en vais prévenir Monsieur immédiatement de votre arrivée.
- Moïra..? Moïra, est-ce bien vous..?

Matthew n'a pas pris souvent de portoloin au cours de sa vie. Il est encore un peu désorienté. Alors que la gouvernante de la famille prévient les parents du garçon, deux des domestiques s'approchent de lui et l'aident à se relever et à entrer dans le manoir.

Assis devant la cheminée, sur le sofa du grand salon, le garçon est face à ses parents. S'en suit alors une conversation concernant les épopées du Serdaigle à Poudlard et les mésaventures ayant poussé Matthew à retourner dans son nid. La mère du garçon le voit déjà tourner de l’œil.

- Je pense qu'il faudrait que notre fils se repose, Phillip. Il a traversé bien des épreuves, il a mérité de retrouver sa chambre...
- Tu as raison. Nous en reparlerons demain, mon fils. Tu as mérité un peu de repos. Ta sœur sera prévenue de ton retour dès qu'elle rentrera... Passe une bonne nuit, mon fils.
- Bonne nuit, Mère... Bonne nuit, Père...

Le garçon est alors emmené à sa chambre dans le Domaine. On l'aide à s'allonger lentement, préservant au mieux le dos blessé du Serdaigle. Il retrouve alors l'odeur de sa chambre, de l'Irlande. Envahi par les effluves apaisantes de ses draps et de l'odeur du papier d'anciens livres. Il clôt lentement les yeux. La dernière chose qu'il a en tête au moment de s'endormir, est le visage de celle qu'il a laissée derrière lui, sans pouvoir lui dire au revoir.

The Foggy Dew
2ème année RP

Méfiez-vous des trèfles...