Notre part des ténèbres
RUBY, 11 ans
17 décembre 2044 • 9h46
Toilettes des filles, Poudlard

Cette Danse fait suite aux évènements de Nuage Noir,
et est la suite directe d'All my friends are fake.
•••
17 décembre 2044 • 9h46
Toilettes des filles, Poudlard

Cette Danse fait suite aux évènements de Nuage Noir,
et est la suite directe d'All my friends are fake.
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Ne pas pleurer, être assez forte pour ne pas pleurer. Comme toujours.
J'ai fini par m'effondrer, et me suis lentement laissée glisser contre un mur ; telle ma peine immense qui dégouline le long des lambeaux de mon cœur, et vient semer un frisson sur mon échine. La Douceur de Celle-qui-est-souvenir me colle à la peau. Parce qu'elle est fausse, et je frissonne de cette hypocrisie qui m'a bercée durant des années. *Trop bête*. Que j'ai été bête, aveuglée par la vive flamme de nos vies, sûrement.
*'Pouvais pas savoir*. Je ne sais plus rien. Mon regard dégringole sur le sol lisse et froid ; en réalité, il ne reflète rien d'autre qu'un Flou absolu. Reflet de mon Âme.
Je n'ai pas conscience de l'endroit où je me trouve, et ressens seulement la mélancolie de l'endroit qui m'accueille. Comme moi, il a sûrement un tas de souvenirs, les allées et venues de Filles qui débarquaient ici remplies de leurs histoires. Avec leur Vécu, leur Ressenti et leurs Passions. Ce qu'Elles avaient sur le cœur, je suis certaine qu'Elles l'ont déversé ici. J'aurais tellement à déverser sur leurs traces ; sauf que je n'arrive pas à les imiter. *J'peux pas*. Je fais pâle figure à côté de ces inconnues.
À nouveau, je suis seule, *désespérément* seule.
Mes doigts tremblants viennent cueillir, d'une douceur infinie, un morceau de papier chiffonné sur mes genoux. Je peux sentir toute la colère qui se dégage du parchemin, non seulement par ses Mots, mais par les Actes qui ont suivi la lecture. Il braille son passé à quiconque voudra bien l'entendre, d'une voix muette qui vous écorche les oreilles. Moi aussi, je suis restée muette, et mes yeux laissaient transparaître leur incrédulité. J'ai nié, de toutes mes forces, cette horrible Vérité. Puis je ne ressentais rien, vide de Vie.
Et puis la Colère fut. Me consumant comme cette Autre avait consumé mes espoirs. De là est née la défiguration de ce morceau de parchemin.
Ce papier empreint de colère contraste avec la délicatesse de mon geste, mais ma douceur est passagère. Ce papier, je l'ai jeté au sol. Oh, il a subi, oui ; tous les états d'âme d'une Détresse pleine de profondeur. Mais pas une fois, je n'ai crié. Le cri, c'est cette Fulgurance qui vient de vos entrailles et vous libère. *Et j'arrive pas*. Même plus le courage, pas la volonté. J'étais lâche ; je le reste. Pour la première fois depuis bien longtemps, le constat me glace dans cet endroit à l'apparence marmoréenne.
Paumée. Ma main gauche vient s'aplatir contre ma joue ; elle est toute froide et je m'effraie de ce détail. Je suis si crispée que je ne me rends compte de rien. Mes Pensées sont vides, ou bien sont si nombreuses que je ne Ressens plus dans ce maelström. Je me laisse bien trop vite emporter. Je revois la scène, je rejoue, je ressens.
Puis ma paume vient se poser tout contre mon cœur, là où repose un écusson cousu. Il est délavé, mon cœur aussi. L'un repose sur l'autre. Les deux sont fendillés, et je les ébrèche encore par mon absence de réaction.
Je ne veux pas ajouter davantage d'eau salée sur cet écrin de courage. Je veux en être digne. La révélation de tout à l'heure me fige toujours.
Je me sens de pourpre et de larmes.
Rien de mouillé ne me brouille encore la vue. Il m'a suffi d'une seule lecture pour que les Mots restent imprimés sur ma rétine. Il y a trop de bruit en mon être, parce que mon inconscient me hurle de ne pas céder à cette tentation brûlante : balayer de mon regard ses lettres bien formées. *Arrête !*
Ma main s'avance, trop têtue pour que je la retienne. Je ne m'écoute même plus. Je suis lourde de Vie, et ces mots me tuent.
Quand soudain, une présence se fait sentir. Et je sursaute, comme une fautive.
Quand soudain, tout se tend. Et mon regard file en direction de l'entrée.
Quand soudain, tout est Noir dans cette clarté. Et je croyais ne plus revoir ce Noir.
Quand soudain, Elle apparaît.
Devant mes faiblesses mises à nu.
*Je ne suis que Moi.*
Elle n'a pas le droit.
*Va-t-en.*
Est-elle Marquée ?
*Elle ne m'entend pas.*
Je me souviens.
*En Face-à-face.*
*Je ne suis que Moi.*
Elle n'a pas le droit.
*Va-t-en.*
Est-elle Marquée ?
*Elle ne m'entend pas.*
Je me souviens.
*En Face-à-face.*
« Ashley. »
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Notre part des ténèbres
17 DÉCEMBRE 2044
IMPLOSION.
IMPLOSION.
INSPIRE
La douce brise matinale te caresse la peau et la couvre d’un invisible voile protecteur. Tes yeux clairs parcouraient le parc d’un regard éteint, emplis d’une mélancolie passagère. Les arbres étaient couverts de quelques feuilles couleur d’or, le reste de la chevelure verte étant depuis longtemps tombé aux pieds des Majestueux. Le vent souffle calmement, jouant avec les branches nues qui se balancent lentement. Le bruissement te semble pareil au calme avant la tempête.
L’herbe sous tes pieds brille encore de cet éclat printanier, qui semble n’avoir jamais connu le givre blanc et les flocons nacrés du début de l’hiver. Quelques oiseaux imperceptibles laissent échapper leur mélodieuse louange, chantant les durs jours à venir. Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur ce lieu, ni les saisons. L’ombre gigantesque de la surprenante demeure protège une partie du parc de l’Orbe mielleuse de sa grande ossature ténébreuse. Une fine brume recouvre la menaçante forêt au loin. Si attirante et mystérieuse. Tu aurais envie d’y courir pour t’y réfugier, passer les journées entre les bois morts, les êtres fantastiques, les senteurs et l’humidité des lieux, et ne plus jamais apercevoir la lumière du soleil.
Le parc disparaît alors sous un tissu noir. Yeux clos. Les mains dans les grandes poches de la cape, frissonnant sous l’assaut d’un souffle froid et baissant la tête jusqu’à ce que ton menton touche ton cou. Debout, écoutant avec calme la nuit qui s’endort à peine, les corps de réveillant doucement, appelé par les doux rayons d’un soleil timide. Et peu à peu, la mort rejoins la vie. Déjà, les rires d’enfants se font entendre. Le château gris les regarde courir, slalomant entre les buissons épineux et les grands arbres dénudés. Comme une mère, veillant sur eux et les couvant avec douceur.
Ta tête se redresse et le parc réapparaît. Yeux ouverts. Le ciel bleu se couvre lentement de petits nuages blanc, duveteux. De nouveau, un corbeau laisse échapper un cri guttural. Comme un signal, tu pivotes sur toi-même et rentres dans la gueule grande ouverte de la battisse de pierre, tournant définitivement le dos au parc rayonnant.
EXPIRE
Les couloirs se réveillent à leur tour, peu à peu parcourus par des étudiants au teint pâle, les yeux encore endormis, les lèvres fines et les cheveux à peine coiffés. Le soleil éclaire les tunnels infinis, noyant les ténèbres dans une pâle lumière jaune.
Ta marche se fait rapide, toujours aussi silencieuse et agile, la tête légèrement baissée et les poings serrés, toujours blottis dans les poches. Le froissement de tes vêtements contre ta peau te rassure. Comme caché, loin des regards, ce corps frêle et honteux que tu ne supportes pas de voir. Ta manche râpe contre le mur. *Trop proche.* Mais les Autres sont là, t’entourent et presque te touches. *Dégueulasse.* Ton nez se plissent, les lèvres se resserrent et te colles d’avantage contre la pierre froide. Tu accélères encore le pas. L’oppression devient de plus en plus insurmontable. Ta respiration accélère, ton cœur bat – beaucoup – trop fort. La poussée de l’air se fait violente et ta bouche s’ouvre, haletante, alors que des tremblements apparaissent aux bouts de tes doigts. Comme un frisson, ils remontent dans tes mains et tes bras, descendent doucement jusqu’à tes jambes et bientôt ton être n’est plus que secousses, violentes et menaçantes.
Ton corps résonne, alors que tu tournes à gauche, couloir vide et apaisant. Ton dos cogne la paroi, reprenant ton souffle rauque. Peu à peu, les tremblements disparaissent, se calment, et la mer mouvementée redevient sereine. *Main sale.* Impures. Et tu relèves la tête, observant les alentours. Tu reconnais alors sans mal l’ouverture au bout du couloir. Tes mains repoussent le mur dans ton dos, te décollant des pierres. Tu ne contrôles plus tes jambes, qui se dirigent à petit pas vers les anciennes toilettes, le refuge. *Mon refuge.*
INSPIRE
Mais tes pas s’arrêtent bien vite, refusant de franchir la porte. *Alors quoi ? Avance putain !* Tes mains se crispent de nouveau, tes pupilles se dilatent et ton cœur frappent, frappent encore, de plus en plus rapide. Et la peur te paralyse, l’air se bloque dans ta poitrine devant la forme qui te fait face.
Le Souvenir te revient comme un éclair et te frappes avec puissance. *C’est pas réel.* Instinctivement, ton regard cherche les Marques. Les lèvres bougent, doucement et la voix résonne dans la pièce, te provoquant un frisson de terreur. Ton prénom te revient en Écho, murmure dans ta tête en une boucle infini. Ses yeux te brûlent la peau, alors que la Vérité s’offre maintenant à Toi.
Elle. Ici. Devant. Toi.
Elle. Par. Terre.
Elle. Mal.
Elle.
Explosion de Douleur. Cette Pureté brillante, et le Mal gonfle en Toi. Trop. Et puis Plus Rien. Alors un pied franchi la barrière invisible. Et l’autre suit avec lenteur. Tes yeux ne peuvent plus divorcer des siens. Le Temps semble s’arrêter. Immortel. *Toi.* Répond ton être. *Toi.* Répond le siens.
T’aurais voulu l’insulter.
Pour rien.
La voir pleurer.
Sans fin.
Lui faire si mal.
Divin.
IMPLOSION
DES
TÉNÈBRES
T’aurais voulu exploser.
Pour qu’Elle voit.
Gifler.
Tout le Mal.
Tuer.
Qu’Elle t’as fait.
*Mal.*
Mais tes lèvres ne savent exprimer. Et la fatigue de l’Affrontement te redonnes la Raison. Alors seulement, un mot né. Doucement prononcé. D'un souffle murmuré.
- Pardon.
EXPIRE
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Notre part des ténèbres
Mon mot s'est flétri aussi vite qu'il est né. Il est mort à l'instant même où je l'ai déposé au dehors de mes lèvres. Ce prénom, dont je me souviens, je le prononce pour la première fois. En l'articulant, je fais rentrer *Ashley* dans ma vie. J'y avais déjà pensé. J'avais refusé. Et voilà que je me contredis, malgré toute ma volonté.
Elle, elle ne sait pas, pour moi — pour mon prénom. Alors pourquoi c'est elle qui rentre dans ma vie ?
*Pourquoi j'devais tomber sur elle, hein ?*
Un Pourquoi moi ? de désespoir qui me transperce, comme j'espère transpercer la Fille de mon regard. Elle fait pareil. Elle est intelligente. *J'avais pas b'soin d'ça !*. Pas besoin d'elle. Pas besoin. Comme une litanie qui voudrait me calmer : pas besoin, pas besoin... Et comment calmer du feu rougeoyant, hein ? Je suis parfaitement réchauffée, maintenant, et ce grâce à l'aversion qui m'embrase — et m'embrasse.
Je crois que je serai plus forte encore, mue par ma colère. Par tout ce qui m'habite, ce que je refoule et retiens inconsciemment depuis deux mois. Je dois exploser.
Toute ma notion du Temps, déjà bien mince et floue, s'est envolée comme je rêve de voir ma douleur s'envoler. Le Temps n'a plus d'emprise sur nos Corps et nos Pensées, nos Gestes et nos Allures. *Ce s'ra pas comme la dernière fois*.
Mon Corps est immobile, blotti contre la pierre froide et l'écho mordant qu'elle produit dans mon dos.
Mes Pensées sont plus agitées que jamais, serrées dans leur prison de chair, mais mes Gestes ne répondent pas. Et je ne renvoie qu'une Allure paralysée. *Je n'veux pas.*
Sauf que je ne sais pas comment on finira.
Et l'Enfant parle.
« Pardon. »
Et mes Pensées hurlent.
*NON !*
Un milliard de réponses me viennent à l'esprit, des cris qui se mêlent à un débordement de larmes rageuses. Les sentiments qui se bousculent pour décrocher la première place de mon cœur, mais je crois qu'il tombera enlacé avec eux.
Tout sauf ça. Mon esprit sanglote. *Elle a pas l'droit, ELLE A PAS L'DROIT !*
Qu'est-ce qu'elle veut, au final ? T'excuse pas, Ashley ! Merde, nan, fais pas ça !
Et le dégoût qui me brûle ma langue, brûle ma rétine, et je secoue ma tête, dans l'incapacité de prononcer les Mots qui me défoncent le cœur. Ses battements ont déjà entamé une course folle, et j'aimerais courir avec eux pour me défouler ; partir loin de cette Fille-Malheur que j'aimerais, j'aimerais *gifler* pour ce qu'elle a dit. Voilà l'effet qu'elle a sur moi — car elle en a un, c'est certain : une aura qui fait remonter à ma Surface tout ce que je hais de plus en moi. Je ne veux pas avoir à regarder en face ces Choses enterrées dans mes profondeurs, comme je fais face à Ashley maintenant.
Puis vient quelque chose que j'aurais dû dire depuis longtemps, moi, parmi tous ces Mots qui me venaient à l'esprit — je n'avais fait que le penser. Je trouve enfin les bons, et ceux-là ne mourront pas. J'ai l'occasion de les gronder, à l'image de l'animal terré dans l'ombre que j'imite.
« C'est à Elle de s'excuser ! J'en ai rien à foutre de ton pardon ! J'la veux Elle ! »
Je me libère de ces quelques Mots ; dire que je me suis tue pendant tout ce temps, alors que mes cordes vocales gémissaient d'inutilité. Qu'elle se prenne ce Non-Sens dans la figure, *allez*, encaisse. Tout comme j'ai dû subir ce que tu m'as infligé. Je suis à terre, mais c'est ton tour, Ashley. Crois-tu que j'y prends plaisir ? Crois-tu que je suis impuissante ? Cela, c'est à toi de me le dire.
Un souffle d'injustice s'abat sur moi, brutalement.
C'est à Pearl, *son Nom !* de s'excuser. Entre elle et moi seulement ! Et Elle n'a pas le droit de prendre sa place ! *J'me répète*. Alors je me tais, pour un instant, défiant du bleu de mes yeux Ashley. Est-ce que je ne sais rien faire d'autre ?
Elle, elle ne sait pas, pour moi — pour mon prénom. Alors pourquoi c'est elle qui rentre dans ma vie ?
*Pourquoi j'devais tomber sur elle, hein ?*
Un Pourquoi moi ? de désespoir qui me transperce, comme j'espère transpercer la Fille de mon regard. Elle fait pareil. Elle est intelligente. *J'avais pas b'soin d'ça !*. Pas besoin d'elle. Pas besoin. Comme une litanie qui voudrait me calmer : pas besoin, pas besoin... Et comment calmer du feu rougeoyant, hein ? Je suis parfaitement réchauffée, maintenant, et ce grâce à l'aversion qui m'embrase — et m'embrasse.
Je crois que je serai plus forte encore, mue par ma colère. Par tout ce qui m'habite, ce que je refoule et retiens inconsciemment depuis deux mois. Je dois exploser.
Toute ma notion du Temps, déjà bien mince et floue, s'est envolée comme je rêve de voir ma douleur s'envoler. Le Temps n'a plus d'emprise sur nos Corps et nos Pensées, nos Gestes et nos Allures. *Ce s'ra pas comme la dernière fois*.
Mon Corps est immobile, blotti contre la pierre froide et l'écho mordant qu'elle produit dans mon dos.
Mes Pensées sont plus agitées que jamais, serrées dans leur prison de chair, mais mes Gestes ne répondent pas. Et je ne renvoie qu'une Allure paralysée. *Je n'veux pas.*
Sauf que je ne sais pas comment on finira.
Et l'Enfant parle.
Et son Mot me foudroie.
« Pardon. »
Et mes Pensées hurlent.
Toutes en même temps.
*NON !*
Enfin j'implose.
Un milliard de réponses me viennent à l'esprit, des cris qui se mêlent à un débordement de larmes rageuses. Les sentiments qui se bousculent pour décrocher la première place de mon cœur, mais je crois qu'il tombera enlacé avec eux.
Tout sauf ça. Mon esprit sanglote. *Elle a pas l'droit, ELLE A PAS L'DROIT !*
Qu'est-ce qu'elle veut, au final ? T'excuse pas, Ashley ! Merde, nan, fais pas ça !
Et le dégoût qui me brûle ma langue, brûle ma rétine, et je secoue ma tête, dans l'incapacité de prononcer les Mots qui me défoncent le cœur. Ses battements ont déjà entamé une course folle, et j'aimerais courir avec eux pour me défouler ; partir loin de cette Fille-Malheur que j'aimerais, j'aimerais *gifler* pour ce qu'elle a dit. Voilà l'effet qu'elle a sur moi — car elle en a un, c'est certain : une aura qui fait remonter à ma Surface tout ce que je hais de plus en moi. Je ne veux pas avoir à regarder en face ces Choses enterrées dans mes profondeurs, comme je fais face à Ashley maintenant.
Puis vient quelque chose que j'aurais dû dire depuis longtemps, moi, parmi tous ces Mots qui me venaient à l'esprit — je n'avais fait que le penser. Je trouve enfin les bons, et ceux-là ne mourront pas. J'ai l'occasion de les gronder, à l'image de l'animal terré dans l'ombre que j'imite.
Enfin j'explose.
« C'est à Elle de s'excuser ! J'en ai rien à foutre de ton pardon ! J'la veux Elle ! »
Enfin je crie.
Je me libère de ces quelques Mots ; dire que je me suis tue pendant tout ce temps, alors que mes cordes vocales gémissaient d'inutilité. Qu'elle se prenne ce Non-Sens dans la figure, *allez*, encaisse. Tout comme j'ai dû subir ce que tu m'as infligé. Je suis à terre, mais c'est ton tour, Ashley. Crois-tu que j'y prends plaisir ? Crois-tu que je suis impuissante ? Cela, c'est à toi de me le dire.
Un souffle d'injustice s'abat sur moi, brutalement.
C'est à Pearl, *son Nom !* de s'excuser. Entre elle et moi seulement ! Et Elle n'a pas le droit de prendre sa place ! *J'me répète*. Alors je me tais, pour un instant, défiant du bleu de mes yeux Ashley. Est-ce que je ne sais rien faire d'autre ?
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Notre part des ténèbres
Et ce Mot, *Mon Mot.* tu as bien cru un instant qu’il allait s’envoler jusqu’à Elle, s’envoler avec grâce dans ton murmure enchanté. Qu’il allait délicatement se poser sur le Mal, sûrement près de son cœur. Qu’il fasse du Bien, apaise ses maux et referme les plaies. *Oui, c’est cela.* Qu’il soit aussi bon à recevoir, qu’il n’a été dur de dire. *Si dur...* Tu as failli croire que tu n’y arriverais pas. À peine prononcé, ton cœur s’est serré, tes lèvres ont tremblé et ta gorge était telle que le Sahara. C’était à peine si tu pouvais encore déglutir. Si dur… *Pourquoi ?*
Mais ton Illusion, ne fut-elle bien Belle, demeure Mirage. Ton Mot Papillon, qui tout d’abord s’envole légèrement, tombe sur son cœur qui meurt. Tu n’oses respirer.
Et Elle Explose.
Et l’Âme Fantôme.
Et son visage se Déforme.
Et sa peine Détone.
*J’ai encore frappé.* Encore mordu le cœur et la chair. Sans le savoir, tu as rouvert les plaies. Des plaies inconnues, pour un Mal inconnu. Et sa rage explose, se répercute contre les murs. Elle devient le Démon de ses Peines et de ses Regrets, et cela amplifie la Terreur qui te prend. Tu trembles, voudrais t’enfuir en courant, mais n’arrive qu’à faire un pas en arrière, et ton corps voudrait tomber au sol sous le choc, mais l’esprit l’en empêche.
Et Elle hurle. Et ses Mots se déforment et te frappent avec violence. Une violence encore inconnue. Tu essayes d’attraper les Mots, de les emprisonner en toi et de leur répondre. Mais tu ne comprends pas. Le Sens t’échappe, et plus rien ne te paraît Normal. Cette scène, les Mots… Tout cela est irréaliste. Et puis, une question vient. *C’est qui Elle ?* Elle. Autre. Elle. Inconnue. *Si c’est pas moi, alors Qui ?*
- Elle ?
Soudain, Silence. *Plus un bruit.* Il revient dans un murmure glacé et alourdi l’atmosphère déjà irrespirable. *Peur.* Mais jamais tes yeux n’ont osés rompre avec les siens. Bien trop ancrés, et tu es terrifiée de détourner le regard. *Si jamais j’ose...* Elle te sauteras au cou. Comme la première fois. Alors, ne pas quitter le Regard. Et pourtant, sans le vouloir, tes billes claires descendent, attirées vers une source tout aussi intéressante. *C’quoi s’truc ?*
Non loin d’Elle, sûrement froissé de sa Haine, brillait sûrement la Réponse. *Une lettre ?* Ton regard rencontre de nouveau le sien. Oseras-tu, Enfant ?
Toujours fixant ses pupilles brillantes des larmes *de Tristesse ou de Rage ?*, ton corps daigne enfin bouger. Si lentement qu’on le croirait luttant contre le Temps. Un pas, vers le papier maltraité. Ose, on verra, semble murmurer la pièce. Et tu oses.
L’un après l’autre, les pas s’enchaînent. Tu t’arrêtes alors, la regarde encore. Et enfin, ton corps se baisse, se tord et se tend vers la feuille qui attend. Le contact te fais frémir. *M’appartient pas. J’ai pas le droit.* Mais rien à faire, ton être n’écoute plus. Tu en auras sans doute honte, plus tard, mais la curiosité est bien trop forte dans l’Instant. Alors tu la déplies tout en te redressant, lentement *Si lentement*. Et le Temps semble retenir son souffle. Comment oses-tu, Insouciante !
Un Mot apparaît alors. Est-ce le début, ou la fin de la Lettre ? Pearl. *Pearl ?* C’est l’Autre ? *C’est Pearl qu’Elle veut ?* Ou c’est Elle Pearl. *Elle ?* Mais qui, Elle ? La Gryffondor ? Ou l’Inconnue ? *Elle.*
- C’est qui Pearl ?
Mais ton Illusion, ne fut-elle bien Belle, demeure Mirage. Ton Mot Papillon, qui tout d’abord s’envole légèrement, tombe sur son cœur qui meurt. Tu n’oses respirer.
Et Elle Explose.
C’est Moi ?
Et l’Âme Fantôme.
Encore.
Et son visage se Déforme.
Ma Faute.
Et sa peine Détone.
Explose.
*Explose.*
*J’ai encore frappé.* Encore mordu le cœur et la chair. Sans le savoir, tu as rouvert les plaies. Des plaies inconnues, pour un Mal inconnu. Et sa rage explose, se répercute contre les murs. Elle devient le Démon de ses Peines et de ses Regrets, et cela amplifie la Terreur qui te prend. Tu trembles, voudrais t’enfuir en courant, mais n’arrive qu’à faire un pas en arrière, et ton corps voudrait tomber au sol sous le choc, mais l’esprit l’en empêche.
Et Elle hurle. Et ses Mots se déforment et te frappent avec violence. Une violence encore inconnue. Tu essayes d’attraper les Mots, de les emprisonner en toi et de leur répondre. Mais tu ne comprends pas. Le Sens t’échappe, et plus rien ne te paraît Normal. Cette scène, les Mots… Tout cela est irréaliste. Et puis, une question vient. *C’est qui Elle ?* Elle. Autre. Elle. Inconnue. *Si c’est pas moi, alors Qui ?*
- Elle ?
Soudain, Silence. *Plus un bruit.* Il revient dans un murmure glacé et alourdi l’atmosphère déjà irrespirable. *Peur.* Mais jamais tes yeux n’ont osés rompre avec les siens. Bien trop ancrés, et tu es terrifiée de détourner le regard. *Si jamais j’ose...* Elle te sauteras au cou. Comme la première fois. Alors, ne pas quitter le Regard. Et pourtant, sans le vouloir, tes billes claires descendent, attirées vers une source tout aussi intéressante. *C’quoi s’truc ?*
Non loin d’Elle, sûrement froissé de sa Haine, brillait sûrement la Réponse. *Une lettre ?* Ton regard rencontre de nouveau le sien. Oseras-tu, Enfant ?
Toujours fixant ses pupilles brillantes des larmes *de Tristesse ou de Rage ?*, ton corps daigne enfin bouger. Si lentement qu’on le croirait luttant contre le Temps. Un pas, vers le papier maltraité. Ose, on verra, semble murmurer la pièce. Et tu oses.
L’un après l’autre, les pas s’enchaînent. Tu t’arrêtes alors, la regarde encore. Et enfin, ton corps se baisse, se tord et se tend vers la feuille qui attend. Le contact te fais frémir. *M’appartient pas. J’ai pas le droit.* Mais rien à faire, ton être n’écoute plus. Tu en auras sans doute honte, plus tard, mais la curiosité est bien trop forte dans l’Instant. Alors tu la déplies tout en te redressant, lentement *Si lentement*. Et le Temps semble retenir son souffle. Comment oses-tu, Insouciante !
Un Mot apparaît alors. Est-ce le début, ou la fin de la Lettre ? Pearl. *Pearl ?* C’est l’Autre ? *C’est Pearl qu’Elle veut ?* Ou c’est Elle Pearl. *Elle ?* Mais qui, Elle ? La Gryffondor ? Ou l’Inconnue ? *Elle.*
- C’est qui Pearl ?
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Notre part des ténèbres
Je ne veux pas trembler. Ou bien je tremble déjà. *C'est idiot !*. Trembler de peur, de rage ? Je sais, maintenant, c'est bien d'une colère brûlante que je m'emplis. Goutte à goutte, au moindre de mes tressaillements, je suis plus forte qu'avant.
Elle ne m'a jamais vue ainsi, larmoyante de délire. Et je suis bien contente de la surprendre de cette manière, un moyen radical qui ébranle sa conception de moi, j'en suis sûre. *Comment ? Comment j'peux en être sûre ?*. Une affirmation personnelle, et soudaine, qui me déconcerte. Je ne veux pas la deviner Elle, je ne veux plus, plus, plus.
Mais ce qu'elle dit soudain me pétrifie. J'aurais envie de me défouler encore, crier sur elle. Ou même crier sur tous, mais je ne peux pas m'énerver contre Pearl, malgré le choc de son éloignement. Pourtant, c'est bien d'Elle dont la Fille-de-Noirceur veut me parler. Je le comprends, avant même qu'Ashley me dise « Elle ? »
Je suis incapable de parler, bâillonnée par les gestes lents que la Fille effectue sous mes yeux.
Je ne suis plus seule. Avant, j'étais avec Pearl ; quand Pearl est partie, je me suis accrochée à elle ; Pearl n'était plus là, mais j'étais avec elle ; et là ! Ashley m'enlève Pearl. *À qui Pearl appartient, maintenant ?*. À elle ? *Non !*. Et j'appartiens à qui ? *À Pearl !*. Bien sûr ! *Mais Ashley a Pearl !*. Et nous sommes trois.
Pourquoi Elle, maintenant ? L'aimée s'en va, la haïe vient à moi !
*Merlin*, ses yeux ont parcouru les quelques lignes tracées par la plume de Pearl. Qu'elle lise, tant pis, elle est déjà allée trop loin dans mon sanctuaire, que je m'efforçais en vain de préserver.
Elle n'imagine pas un instant à quel point elle me transperce le cœur, de sa voix, qui prononce son Nom.
Je lève vaguement ma main vers la lettre, elle comprendra. *Comment j'le sais ?!*. Ma Pensée qui devine me surprend *encore !*, tellement inattendue qu'un instant, mes traits colériques s'effacent pour laisser place à un air stupéfait. Je cligne des yeux, bats des paupières. Je secoue la tête, chassant par mon allure cet instant d'égarement.
La Lettre.
La Lettre que mes prunelles ont pris soin de retenir dans ses moindres détails. Je la visualise parfaitement, je pourrais la recopier même *mais non !*. Recopier une lettre qui m'a fait tant de mal ? *À quoi j'pensais ?!* je me réprimande âprement. Immédiatement, je pense *c'est sa faute*. Aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur à assumer quoi que ce soit, à se demander si j'avais des humeurs heureuses, même.
Imiter la belle écriture de Pearl *j'préfère la mienne !*, je saurais le faire, et pourtant jamais je ne m'y enhardirai. Une promesse qui me vient, naturelle et incontestable. J'en reviens à ma brusque Pensée. À sa violente Parole.
Deux noms sur la Lettre.
« Ruby... Ruby c'est moi. »
*Et Pearl, c'était Elle*. J'inspire profondément, puisqu'elle ne m'a pas laissé le choix. *J'lui ai donné mon prénom !* je réalise bel et bien. Surprise, encore une fois, mais... Au fond, cela ne me fait rien. Elle m'atteint davantage en me parlant de Pearl, et mon nom n'est qu'une frivolité de plus que je lui accorde dans un murmure.
« Et Pearl... »
Ma voix se brise, emportée vers les abîmes où sont déjà logés les débris de mon cœur. Dois-je lui dire ? Lui faire confiance ? *Pourquoi ?*. Elle a l'air si douce, déçue, repentante, prévenante, sensible. Autant d'adjectifs qui me viennent pour la décrire. J'en oublierais Pearl. *Impossible*. Il me faut bien la lui dépeindre !
*Est-c'qu'elle se souvient ?*. La question me démange. Je parle de ce jour, ces heures ou ces minutes peut-être, où nos Noirceurs se sont révélées. J'ai l'impression qu'elles resurgissent, maintenant. Mon cœur bat, il bat comme il ne l'a jamais fait. Je suis horriblement vivante.
*Pearl*. C'était... *Tout*. C'était... *Elle et Moi*. C'était... *Nous*.
Je ne quitte pas son regard, et même, je m'y accroche inconsciemment. Moi-même ne suffit plus, mais comment pourrait-elle venir vers moi ?
« ... c'était ma meilleure amie. » je finis par lâcher. Pas besoin de larmes pour que mon Apparence renvoie la fumée de mes émotions.
Je suis fragile. Je suis vulnérable. Je ne suis rien.
Et, comble du Malheur, je suis à la merci d'Ashley.
Elle ne m'a jamais vue ainsi, larmoyante de délire. Et je suis bien contente de la surprendre de cette manière, un moyen radical qui ébranle sa conception de moi, j'en suis sûre. *Comment ? Comment j'peux en être sûre ?*. Une affirmation personnelle, et soudaine, qui me déconcerte. Je ne veux pas la deviner Elle, je ne veux plus, plus, plus.
Mais ce qu'elle dit soudain me pétrifie. J'aurais envie de me défouler encore, crier sur elle. Ou même crier sur tous, mais je ne peux pas m'énerver contre Pearl, malgré le choc de son éloignement. Pourtant, c'est bien d'Elle dont la Fille-de-Noirceur veut me parler. Je le comprends, avant même qu'Ashley me dise « Elle ? »
Je suis incapable de parler, bâillonnée par les gestes lents que la Fille effectue sous mes yeux.
NE LE FAIS PAS !
NE LE FAIS PAS !
NE LE FAIS PAS.
Non.
Ne le fais pas.
S'il te plaît. S'il te plaît.
*Elle ne m'écoute pas*. *Elle le fait*. *Elle Ose*.
NE LE FAIS PAS !
NE LE FAIS PAS.
Non.
Ne le fais pas.
S'il te plaît. S'il te plaît.
*Elle ne m'écoute pas*. *Elle le fait*. *Elle Ose*.
Je ne suis plus seule. Avant, j'étais avec Pearl ; quand Pearl est partie, je me suis accrochée à elle ; Pearl n'était plus là, mais j'étais avec elle ; et là ! Ashley m'enlève Pearl. *À qui Pearl appartient, maintenant ?*. À elle ? *Non !*. Et j'appartiens à qui ? *À Pearl !*. Bien sûr ! *Mais Ashley a Pearl !*. Et nous sommes trois.
Pourquoi Elle, maintenant ? L'aimée s'en va, la haïe vient à moi !
*Merlin*, ses yeux ont parcouru les quelques lignes tracées par la plume de Pearl. Qu'elle lise, tant pis, elle est déjà allée trop loin dans mon sanctuaire, que je m'efforçais en vain de préserver.
Elle n'imagine pas un instant à quel point elle me transperce le cœur, de sa voix, qui prononce son Nom.
Je lève vaguement ma main vers la lettre, elle comprendra. *Comment j'le sais ?!*. Ma Pensée qui devine me surprend *encore !*, tellement inattendue qu'un instant, mes traits colériques s'effacent pour laisser place à un air stupéfait. Je cligne des yeux, bats des paupières. Je secoue la tête, chassant par mon allure cet instant d'égarement.
La Lettre.
La Lettre que mes prunelles ont pris soin de retenir dans ses moindres détails. Je la visualise parfaitement, je pourrais la recopier même *mais non !*. Recopier une lettre qui m'a fait tant de mal ? *À quoi j'pensais ?!* je me réprimande âprement. Immédiatement, je pense *c'est sa faute*. Aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur à assumer quoi que ce soit, à se demander si j'avais des humeurs heureuses, même.
Imiter la belle écriture de Pearl *j'préfère la mienne !*, je saurais le faire, et pourtant jamais je ne m'y enhardirai. Une promesse qui me vient, naturelle et incontestable. J'en reviens à ma brusque Pensée. À sa violente Parole.
Deux noms sur la Lettre.
« Ruby... Ruby c'est moi. »
*Et Pearl, c'était Elle*. J'inspire profondément, puisqu'elle ne m'a pas laissé le choix. *J'lui ai donné mon prénom !* je réalise bel et bien. Surprise, encore une fois, mais... Au fond, cela ne me fait rien. Elle m'atteint davantage en me parlant de Pearl, et mon nom n'est qu'une frivolité de plus que je lui accorde dans un murmure.
« Et Pearl... »
Ma voix se brise, emportée vers les abîmes où sont déjà logés les débris de mon cœur. Dois-je lui dire ? Lui faire confiance ? *Pourquoi ?*. Elle a l'air si douce, déçue, repentante, prévenante, sensible. Autant d'adjectifs qui me viennent pour la décrire. J'en oublierais Pearl. *Impossible*. Il me faut bien la lui dépeindre !
*Est-c'qu'elle se souvient ?*. La question me démange. Je parle de ce jour, ces heures ou ces minutes peut-être, où nos Noirceurs se sont révélées. J'ai l'impression qu'elles resurgissent, maintenant. Mon cœur bat, il bat comme il ne l'a jamais fait. Je suis horriblement vivante.
*Pearl*. C'était... *Tout*. C'était... *Elle et Moi*. C'était... *Nous*.
Je ne quitte pas son regard, et même, je m'y accroche inconsciemment. Moi-même ne suffit plus, mais comment pourrait-elle venir vers moi ?
« ... c'était ma meilleure amie. » je finis par lâcher. Pas besoin de larmes pour que mon Apparence renvoie la fumée de mes émotions.
Je suis fragile. Je suis vulnérable. Je ne suis rien.
Et, comble du Malheur, je suis à la merci d'Ashley.
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Notre part des ténèbres
Le prénom la fait frémir, tu le vois. Peut-être même est-ce une lueur de tristesse que tu observes au fond de ses prunelles claires ?
Tout son être était révolte, essayant de t’empêcher de faire le moindre mouvement, de ne dire le moindre mot. Mais tel un pantin désarticulé, elle gisait sur le sol, dos au mur, incapable ne serait-ce que de lever une main vers toi. Et tu avais profité de sa faiblesse pour parfaire ta curiosité. *Putain d’curiosité !* Sûrement qu’Elle t’en voulait, à présent, tu le lisais au fond de ses yeux, comme une révolte, prête à te réduire en pièce.
Tu ne pouvais t’empêcher d’être absorbé par une crainte terrible à son égard. Elle semblait Puissante, malgré sa position de faiblesse. Elle semblait Grande, et sans doute avait-elle résisté longtemps, avant que tu ne viennes faire couler ses larmes. *Une battante.* Sans aucun doute, et tu avais trahi la seule confiance qu’Elle pouvait dès lors te donner ; tu étais rentré dans sa vie, sans le vouloir. *Impossible.* Tu ne le voulais pas non plus. *M’attacher...* A Elle. Cela était impensable. Cela était impossible.
Trop tard. Plus de confiance. Tu commences à penser que tu as vraiment un don pour Détruire le peu que tu réussi à avoir.
Alors tu parcours la lettre. Tu te dédoubles, alors que tes yeux virevoltent d’un mot à l’autre, absorbent l’encens de la Lettre, cette noirceur qui recouvre désormais le cœur du Pantin.
Ruby. Un nouveau personnage, mais maintenant tu le sais, c’est Elle. Le Pantin. Le savoir ne fait pas plus battre ton cœur. Il est déjà bien agité comme ça. Et pourtant. Maintenant, tu peux dire que tu sais. *On est quitte.* Quatre petites lettres qui te chatouillent la langue. Tu n’oublieras pas. Où es-tu ? Cette simple phrase. Elle te stresse, fait trembler tes doigts qui entourent la feuille. Tu aimerais lui crier qu’Elle est là, oui, là. Qu’Elle meurt sans doute de la savoir ailleurs. Et puis… Vérité, sans doute fausse, car Mensonge apparaît non loin. Il détruit cette vérité créé de toute pièce pour apaiser les cœurs brisés. Mais quand cette vérité fausse explose, qu’on se rend compte que pendant tout ce temps, elle n’était que mensonge, alors elle blesse bien plus que tout ce qu’on pouvait imaginer. Futur. Ça aussi, c’est un beau mensonge. Et cette signature parfaite Pearl, dont l’encre scintille encore de ce désespoir créé.
Tu relèves les yeux vers Elle, découvres sa main tendue, attendant l’offrande du parchemin froissé. Tu le lui tends, le pose délicatement et avec douceur entre ses doigts. Tu te replonges de nouveau dans ses yeux. Et sa voix résonne, sans crier gare, qui te surprend presque. Elle semble lui arracher le souffle, brisée de larmes, éclatante de mélancolie. Et maintenant, tu en as la certitude. Ruby. Oui, c’est bien Elle. Enfin une douce Appellation à poser sur ce visage épuisé. Et l’autre prénom retentit. Qui semble tuer le Pantin, une phrase sans fin, se terminera-t-elle ?
Alors Elle prononce les derniers mots. Mais ce n’est pas le grade, qui te serre de cœur, mais bien le temps. C’était. C’était une vie. C’était une Autre. C’était une Inconnue. C’était Pearl. Et Ruby. *Et maintenant ?*
Tu t’assois à ton tour sur le sol, faisant face à Ruby, ramenant tes jambes vers toi et les entourant de tes bras. Et maintenant ? Tu la regardes. Quelque chose en toi t’ordonne de rester, alors que tout le reste veut fuir. Que faire ?
- Parle-moi d’elle. De...Pearl. C'était qui ?
Tout son être était révolte, essayant de t’empêcher de faire le moindre mouvement, de ne dire le moindre mot. Mais tel un pantin désarticulé, elle gisait sur le sol, dos au mur, incapable ne serait-ce que de lever une main vers toi. Et tu avais profité de sa faiblesse pour parfaire ta curiosité. *Putain d’curiosité !* Sûrement qu’Elle t’en voulait, à présent, tu le lisais au fond de ses yeux, comme une révolte, prête à te réduire en pièce.
Tu ne pouvais t’empêcher d’être absorbé par une crainte terrible à son égard. Elle semblait Puissante, malgré sa position de faiblesse. Elle semblait Grande, et sans doute avait-elle résisté longtemps, avant que tu ne viennes faire couler ses larmes. *Une battante.* Sans aucun doute, et tu avais trahi la seule confiance qu’Elle pouvait dès lors te donner ; tu étais rentré dans sa vie, sans le vouloir. *Impossible.* Tu ne le voulais pas non plus. *M’attacher...* A Elle. Cela était impensable. Cela était impossible.
Trop tard. Plus de confiance. Tu commences à penser que tu as vraiment un don pour Détruire le peu que tu réussi à avoir.
Alors tu parcours la lettre. Tu te dédoubles, alors que tes yeux virevoltent d’un mot à l’autre, absorbent l’encens de la Lettre, cette noirceur qui recouvre désormais le cœur du Pantin.
Ruby. Un nouveau personnage, mais maintenant tu le sais, c’est Elle. Le Pantin. Le savoir ne fait pas plus battre ton cœur. Il est déjà bien agité comme ça. Et pourtant. Maintenant, tu peux dire que tu sais. *On est quitte.* Quatre petites lettres qui te chatouillent la langue. Tu n’oublieras pas. Où es-tu ? Cette simple phrase. Elle te stresse, fait trembler tes doigts qui entourent la feuille. Tu aimerais lui crier qu’Elle est là, oui, là. Qu’Elle meurt sans doute de la savoir ailleurs. Et puis… Vérité, sans doute fausse, car Mensonge apparaît non loin. Il détruit cette vérité créé de toute pièce pour apaiser les cœurs brisés. Mais quand cette vérité fausse explose, qu’on se rend compte que pendant tout ce temps, elle n’était que mensonge, alors elle blesse bien plus que tout ce qu’on pouvait imaginer. Futur. Ça aussi, c’est un beau mensonge. Et cette signature parfaite Pearl, dont l’encre scintille encore de ce désespoir créé.
Tu relèves les yeux vers Elle, découvres sa main tendue, attendant l’offrande du parchemin froissé. Tu le lui tends, le pose délicatement et avec douceur entre ses doigts. Tu te replonges de nouveau dans ses yeux. Et sa voix résonne, sans crier gare, qui te surprend presque. Elle semble lui arracher le souffle, brisée de larmes, éclatante de mélancolie. Et maintenant, tu en as la certitude. Ruby. Oui, c’est bien Elle. Enfin une douce Appellation à poser sur ce visage épuisé. Et l’autre prénom retentit. Qui semble tuer le Pantin, une phrase sans fin, se terminera-t-elle ?
Alors Elle prononce les derniers mots. Mais ce n’est pas le grade, qui te serre de cœur, mais bien le temps. C’était. C’était une vie. C’était une Autre. C’était une Inconnue. C’était Pearl. Et Ruby. *Et maintenant ?*
Tu t’assois à ton tour sur le sol, faisant face à Ruby, ramenant tes jambes vers toi et les entourant de tes bras. Et maintenant ? Tu la regardes. Quelque chose en toi t’ordonne de rester, alors que tout le reste veut fuir. Que faire ?
- Parle-moi d’elle. De...Pearl. C'était qui ?
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Notre part des ténèbres
Est arrivé cet instant où je ne sais plus que faire, que dire. Comme si Ashley était seule à avoir ce pouvoir de faire durer le Moment, sans que j'aie aucun contrôle sur la situation. Elle doit y prendre un malin plaisir à me voir ainsi, vidée ; à m'entendre gémir minablement ; à me parler faiblement comme elle le ferait avec une malade. Ma bouche se déforme, mais ce n'est pas contre elle que je brûle de rage à cet instant. Plutôt contre moi. Alors je torture ma lèvre inférieure pour passer ma colère.
Tout comme j'ai laissé échapper un mouvement désinvolte, Elle avance sa main vers moi. *Me rend sa Lett... la Lettre*. Juste la Lettre.
Je retiens ma respiration.
Un.
Deux.
Trois.
Et un contact à peine plus éphémère que les coups d’œil que je lui accorde à la dérobée.
Un frôlement qui me provoque des frissons, mais j'ai foutrement autre chose à faire que de déterminer leur nature.
La Lettre, je la pose par terre à mes côtés. Sa place, si j'ose dire.
Ashley se met en mouvement, alors que je la détaille pour la centième fois. Yeux enfin posés sur son visage pâle qui se confond dans les ombres du lieu, insaisissables. Je contemple l'aspect fantomatique de celle qui me hantera longtemps, sans le savoir. Elle se rapproche, s'assoit, je la laisse faire. Mais pas mon esprit.
Mon corps hurle de panique, je déborde d'une même question répétée à l'infini. *Qu'est-c'qu'elle fait ?!*.
Je ne sais pas ce qu'elle veut obtenir de moi, mais mon corps refuse de bouger ses membres harassés ailleurs. Il me dit Reste ici, moi je nie, il insiste et gagne la partie.
Attaquer mes lèvres ne me suffit plus, je passe aux ongles, *j'suis obligée*. Je m'imagine que c'est elle, Ashley, qui me rentre ces couteaux kératinisés dans la chair. À peu près vrai. J'ai peur, j'ai peur de me faire mal *mais ‘toute façon, elle m'a déjà fait...*. Mal. Je continue, jusqu'à voir les petits croissants de lune rouge imprimés sur ma peau. Je suis satisfaite de cette expiation ; mais je ne devrais pas.
Plus que jamais, ce n'est pas à moi d'excuser les fautes des autres. *‘SONT TOUTES FAUTIVES !*. Mais pas moi, non. *Et...*. Et soudain j'en ai assez de me concentrer sur moi, alors que toutes mes pensées étaient auparavant fixées sur ma belle *mais disparue* Pearl. Pensées chassées par Ashley qui occupe la moindre sinuosité de mon esprit. Ashley qui me dérègle totalement, Ashley qui me provoque tout ce que j'ai en horreur. Qui ressasse ma solitude ; et un, un vice de plus qui vient s'ajouter de lui-même à la longue liste que j'ai dressée, d'Elle.
Ses Mots secouent mon être.
Comme si je n'étais rien d'autre qu'une,
poupée d'ivoire et de chiffon.
*J'vais finir par le croire*.
Merlin, a-t-elle conscience,
de ce qu'elle me fait endurer ?
*Non*, non, *non*, inconsciente.
*On est des inconscientes*.
Mais je ne veux pas,
je ne veux pas être comme elle !
Je vais répondre, *j'sais définitiv'ment rien faire d'autre* et même la trace d'ironie brutale qui persistait dans ma tête s'efface peu à peu. Mes lèvres s'actionnent, je suis redevenue la poupée mécanique qui fait tout machinalement, qui agit sans réfléchir, qui obéit *à Ashley*, mais qui ne meurt jamais.
« Tu veux quoi ? » je lui crache à mi-voix. Mais les mots sonnent davantage comme une imploration, je m'en rends compte à la seconde où le i s'extirpe de ma gorge, horrifiée. Ou lasse, plutôt. Je ne suis plus surprise. Et je suis horrifiée de ne plus être surprise. Je ferme les yeux. « Nan... Réponds-pas. » . Je les rouvre. J'ai désespérément besoin de soutien, et le Ciel m'envoie ça ? Autre poupée de chiffon mécanique, *inutile à ma vie !*.
Sur corps, âme, esprit, j'aimerais la cribler de Pourquoi piquants, *pourquoi sur Pearl, pourquoi m'en parler, pourquoi me demander*. Je doute, je doute tant. Si seulement elle savait comment.
« Pearl Miller, une moldue, onze ans... » . Litanie de mots que je récite par cœur. Au sens propre du terme. Ces détails sont si bien incrustés en moi. « Rousse, les yeux bleus... » . Me voilà à lui dresser un portrait-robot. Je suis si risible. Peut-être qu'elle va rire, oh oui sûrement, *et je f'rai quoi ?*. C'est épuisant de ne pas savoir. « Vit à deux rues de chez moi... » Une inspiration après chaque mot, qui tremble d'être quasiment monocorde. « On a fait notre primaire ensemble. Inséparables. Jusqu'à aujourd'hui... mais ça, tu l'as lu. » . Ne pointe aucun ressentiment dans mes mots. Oh pourtant, j'aurais dû leur injecter une bonne dose d'aigreur. *Comme j'l'aurais fait d'habitude*. Mais ma voix a perdu ses inflexions hargneuses, pour le reste de ses jours sûrement.
« Et toi, c'est quoi tes peines ? »
Le dernier mot résonne, comme un écho dans la pièce, comme un écho trouvé en Elle.
Tout comme j'ai laissé échapper un mouvement désinvolte, Elle avance sa main vers moi. *Me rend sa Lett... la Lettre*. Juste la Lettre.
Je retiens ma respiration.
Un.
Deux.
Trois.
Et un contact à peine plus éphémère que les coups d’œil que je lui accorde à la dérobée.
Un frôlement qui me provoque des frissons, mais j'ai foutrement autre chose à faire que de déterminer leur nature.
La Lettre, je la pose par terre à mes côtés. Sa place, si j'ose dire.
Ashley se met en mouvement, alors que je la détaille pour la centième fois. Yeux enfin posés sur son visage pâle qui se confond dans les ombres du lieu, insaisissables. Je contemple l'aspect fantomatique de celle qui me hantera longtemps, sans le savoir. Elle se rapproche, s'assoit, je la laisse faire. Mais pas mon esprit.
Mon corps hurle de panique, je déborde d'une même question répétée à l'infini. *Qu'est-c'qu'elle fait ?!*.
Je ne sais pas ce qu'elle veut obtenir de moi, mais mon corps refuse de bouger ses membres harassés ailleurs. Il me dit Reste ici, moi je nie, il insiste et gagne la partie.
Attaquer mes lèvres ne me suffit plus, je passe aux ongles, *j'suis obligée*. Je m'imagine que c'est elle, Ashley, qui me rentre ces couteaux kératinisés dans la chair. À peu près vrai. J'ai peur, j'ai peur de me faire mal *mais ‘toute façon, elle m'a déjà fait...*. Mal. Je continue, jusqu'à voir les petits croissants de lune rouge imprimés sur ma peau. Je suis satisfaite de cette expiation ; mais je ne devrais pas.
Plus que jamais, ce n'est pas à moi d'excuser les fautes des autres. *‘SONT TOUTES FAUTIVES !*. Mais pas moi, non. *Et...*. Et soudain j'en ai assez de me concentrer sur moi, alors que toutes mes pensées étaient auparavant fixées sur ma belle *mais disparue* Pearl. Pensées chassées par Ashley qui occupe la moindre sinuosité de mon esprit. Ashley qui me dérègle totalement, Ashley qui me provoque tout ce que j'ai en horreur. Qui ressasse ma solitude ; et un, un vice de plus qui vient s'ajouter de lui-même à la longue liste que j'ai dressée, d'Elle.
Et dans l'ombre s'avance sa voix, qui résonne jusqu'au Moi le plus profond.
Je rate un battement. Puis deux, puis trois, puis mille.
Ses Mots secouent mon être.
Comme si je n'étais rien d'autre qu'une,
poupée d'ivoire et de chiffon.
*J'vais finir par le croire*.
Ou mon cœur, peut-être.
Merlin, a-t-elle conscience,
de ce qu'elle me fait endurer ?
*Non*, non, *non*, inconsciente.
Je suis les deux.
*On est des inconscientes*.
Mais je ne veux pas,
je ne veux pas être comme elle !
Je n'entends pas le silence me murmurant que je refuse d'imaginer l'impossible.
Je vais répondre, *j'sais définitiv'ment rien faire d'autre* et même la trace d'ironie brutale qui persistait dans ma tête s'efface peu à peu. Mes lèvres s'actionnent, je suis redevenue la poupée mécanique qui fait tout machinalement, qui agit sans réfléchir, qui obéit *à Ashley*, mais qui ne meurt jamais.
« Tu veux quoi ? » je lui crache à mi-voix. Mais les mots sonnent davantage comme une imploration, je m'en rends compte à la seconde où le i s'extirpe de ma gorge, horrifiée. Ou lasse, plutôt. Je ne suis plus surprise. Et je suis horrifiée de ne plus être surprise. Je ferme les yeux. « Nan... Réponds-pas. » . Je les rouvre. J'ai désespérément besoin de soutien, et le Ciel m'envoie ça ? Autre poupée de chiffon mécanique, *inutile à ma vie !*.
Sur corps, âme, esprit, j'aimerais la cribler de Pourquoi piquants, *pourquoi sur Pearl, pourquoi m'en parler, pourquoi me demander*. Je doute, je doute tant. Si seulement elle savait comment.
« Pearl Miller, une moldue, onze ans... » . Litanie de mots que je récite par cœur. Au sens propre du terme. Ces détails sont si bien incrustés en moi. « Rousse, les yeux bleus... » . Me voilà à lui dresser un portrait-robot. Je suis si risible. Peut-être qu'elle va rire, oh oui sûrement, *et je f'rai quoi ?*. C'est épuisant de ne pas savoir. « Vit à deux rues de chez moi... » Une inspiration après chaque mot, qui tremble d'être quasiment monocorde. « On a fait notre primaire ensemble. Inséparables. Jusqu'à aujourd'hui... mais ça, tu l'as lu. » . Ne pointe aucun ressentiment dans mes mots. Oh pourtant, j'aurais dû leur injecter une bonne dose d'aigreur. *Comme j'l'aurais fait d'habitude*. Mais ma voix a perdu ses inflexions hargneuses, pour le reste de ses jours sûrement.
« Et toi, c'est quoi tes peines ? »
Le dernier mot résonne, comme un écho dans la pièce, comme un écho trouvé en Elle.
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Notre part des ténèbres
Elle veut cracher les mots, les jeter à ton visage avec violence, détruire ce qu’il reste encore d’humain en toi. Mais l’intonation n’est pas juste. Elle ne t’irrite même pas, te fait seulement plisser les yeux d’ennui. Et son corps continu à se secouer, le visage luisant de ses sombres amertumes. Regrets, qui se fondent dans les larmes, essayant de fuir la réalité. Encore des illusions fanées, des désirs cachés, des pensées non-dite. Encore des Mensonges acérés, des vérités âcre et des pulsions sauvages. Arrête ! Ton corps cri, il ne veut plus de toutes ses pensées misérable qui hantent ton esprit. Assez ! Cela suffit ! Et les pensées hurlent, hurlent encore. Mais que crient-elles au juste ? Elles crient si fort que tu ne comprends plus un mot de ce charabia de Douleur.
C’est moi ? Moi qui ai fait ça ?
Mais mes mots sont bien cruels.
Mes mots, mes mots, pourtant, ne sont-ils pas beaux ?
Et Toi ?
Réponds. C’est quoi tes peines ?
Tu n’es pas sûr de vouloir. Mais n’a-t’elle pas répondu à ta question ? Ruby. Entre deux sanglots, elle a ouvert la bouche et laissé filer un brin de voix brisé. *J’ai pas de peine.* Menteuse ! Parles enfin, mais parles, te dis-je !
Que dire, que répondre ? Tu réfléchis, n’oses pas parler trop vite. Évite de dire une connerie, veux-tu. Tu baisses misérablement les yeux vers le sol. Trop de choses te viennent à l’esprit, mais il ne faut pas trop en dire. Sur toi. Elle fuirait bien vite. Ruby.
- De pas être comme les Autres.
Voilà de jolies paroles, mais ce n’est qu’un résumé de tes sombres pensées. Elle va sûrement te demander pourquoi, pourquoi ne pas ou ne plus être soit. Pourquoi te sentir différente, si loin d’eux, si vide sans doute. Alors que le monde n’est que Vie. Morte, comme tu te sens, Brisée de tes peines secrètes. Pourquoi pas gueuler, hurler, lui cracher à la figure que tu n’es plus qu’une Ombre, sans teint, coupée du Temps et aspirant toute lumière. Était-ce cela que tu faisais ? Étais-tu en train d’aspirer sa Lumière, et bientôt ne serait-elle que Ténèbres ? Mais tu savais que sa lumière ne te suffirait pas, qu’il t’en faudrait toujours plus, plus d’étincelles pour ne pas se noyer dans le Néant.
- Je ne suis qu’une Ombre sans Flamme.
Et ses larmes qui coulent encore et encore, ses larmes qui jamais ne s’arrêtent.
Et cette voix, teintée de ses sanglots, qui donnent une touche de tristesse à ses paroles de souvenir.
Et ses paroles, hein, qui ont bien l’air de chanter, de revivre encore ses moments oubliés.
Et cette voix, teintée de ses sanglots, qui donnent une touche de tristesse à ses paroles de souvenir.
Et ses paroles, hein, qui ont bien l’air de chanter, de revivre encore ses moments oubliés.
C’est moi ? Moi qui ai fait ça ?
Tu as parlé.
Mais mes mots sont bien cruels.
Tu ne t’en rends pas compte, Enfant, mais voilà qu’Elle pleure. Tes mots sont bien trop lourd.
Mes mots, mes mots, pourtant, ne sont-ils pas beaux ?
Magnifiques. Grandioses, que dis-je sublime. Mais ils tranchent comme une lame. Si froid comme de la glace.
Et Toi ?
Moi ?
Réponds. C’est quoi tes peines ?
Tu n’es pas sûr de vouloir. Mais n’a-t’elle pas répondu à ta question ? Ruby. Entre deux sanglots, elle a ouvert la bouche et laissé filer un brin de voix brisé. *J’ai pas de peine.* Menteuse ! Parles enfin, mais parles, te dis-je !
Que dire, que répondre ? Tu réfléchis, n’oses pas parler trop vite. Évite de dire une connerie, veux-tu. Tu baisses misérablement les yeux vers le sol. Trop de choses te viennent à l’esprit, mais il ne faut pas trop en dire. Sur toi. Elle fuirait bien vite. Ruby.
- De pas être comme les Autres.
Voilà de jolies paroles, mais ce n’est qu’un résumé de tes sombres pensées. Elle va sûrement te demander pourquoi, pourquoi ne pas ou ne plus être soit. Pourquoi te sentir différente, si loin d’eux, si vide sans doute. Alors que le monde n’est que Vie. Morte, comme tu te sens, Brisée de tes peines secrètes. Pourquoi pas gueuler, hurler, lui cracher à la figure que tu n’es plus qu’une Ombre, sans teint, coupée du Temps et aspirant toute lumière. Était-ce cela que tu faisais ? Étais-tu en train d’aspirer sa Lumière, et bientôt ne serait-elle que Ténèbres ? Mais tu savais que sa lumière ne te suffirait pas, qu’il t’en faudrait toujours plus, plus d’étincelles pour ne pas se noyer dans le Néant.
- Je ne suis qu’une Ombre sans Flamme.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Notre part des ténèbres
Mon cœur bat bien fort. Un peu trop ; je l'entends presque. L'attente, insoutenable, de sa réponse. *J'dois pas être la seule !*. La seule à vivre tout ça, ressentir tout ça, ces émotions qui s'entremêlent tant que je n'y comprends plus rien. *Dis-moi qu't'as des peines* j'aimerais l'implorer. Sinon... Sinon tout ça n'aura servi à rien : la souffrance, la douleur, les larmes, l'espoir.
Qu'ai-je fait de mal, qu'ai-je fait comme faux pas ? *Dis-moi*. Et toi, Ashley, n'as-tu pas des regrets ? *Dis-moi*.
« De pas être comme les Autres. »
« Je ne suis qu’une Ombre sans Flamme. »
Ses mots me font bondir, et brutalement je me lève. Je viens chercher l'appui face à un miroir, plantant mes yeux dans les miens ; je conjure les reflets de bien vouloir m'aider, face à moi-même. Reflets chéris. Dans un coin de la glace, *Ashley*. Elle est parfaitement comme les Autres, à se plaindre ainsi, à se croire vulnérable. Et sa faiblesse me redonne de la force, *vois-tu*. Assez pour que je me retourne, face à elle, et profère avec colère « T'as rien compris ! »
Rageusement, ma manche vient tarir mes larmes de son tissu — *depuis quand elles coulent ?* — dans un sursaut de réflexe. Je secoue la tête, de droite à gauche, refusant d'admettre ce que je viens d'entendre.
Ses mots me frustrent, me déçoivent tant. Je m'attendais à bien pire ; je souhaitais bien pire ! Un aveu abject, qui m'aurait fait comprendre que je ne pouvais rien pour Ashley. Qui m'aurait dissuadée de la relever, de l'élever parmi les Précieuses Lumières que compte la vie. Quelque chose qui m'aurait fait battre en retraite à tout jamais, et que je cesse d'aller vers elle enfin. Quelque chose qui me prouverait qu'elle n'était que Noirceur, *Petit Être Sombre*, tu t'souviens ?
« Non, non, t'as rien compris... » je murmure encore, assommée par la portée de sa révélation.
Peut-être qu'elle se moque de moi. Qu'elle aimerait voir comment je réagis, pour rire de moi ensuite et reconnaître que ses mots étaient ironiques. *C'est...* C'est sûrement ça, je ne vois pas d'autre échappatoire pour mes pensées ; sauf que je ne peux pas m'en persuader. Son grain de voix est sincère ; douloureux, empreint de Vécu surtout, mais sincère. Ça me fait mal.
« Mais... Mais j'peux t'aider à comprendre, je... »
Je lui tourne le dos, brusquement. Je n'arrive pas à réaliser ce que je prononce, tout cela est bien trop irréel.
Toute cette kyrielle me vrille la tête. En rythme avec les battements pressés de mon cœur, les mots cognent, cognent mon esprit. *C'est impossible*. Mes yeux rivés au sol, le sol froid et lisse, je laisse les mots d'après s'échapper de ma gorge, dans un filet de voix cassée.
« Y't'manque une flamme... Je... Je peux... »
*Trop dur* ; c'était trop dur de l'avouer, trop dur de prononcer des mots si simples. Mon corps n'avait pas oublié les marques ; mon cœur ne pouvait pas oublier Pearl maintenant, *c'est pas possible de la remplacer !*
« Je suis désolée, Ashley, désolée. M'oublie pas. »
Et ma voix se meurt.
Et je m'efface dans les ombres du lieu.
Et je m'éclipse comme le Soleil expire un soir de Pleine Lune.
Qu'ai-je fait de mal, qu'ai-je fait comme faux pas ? *Dis-moi*. Et toi, Ashley, n'as-tu pas des regrets ? *Dis-moi*.
La voix résonne ; je tressaille.
« De pas être comme les Autres. »
...
*Oh, Ashley. J'suis si déçue.*
*Oh, Ashley. J'suis si déçue.*
La voix poursuit.
« Je ne suis qu’une Ombre sans Flamme. »
Ses mots me font bondir, et brutalement je me lève. Je viens chercher l'appui face à un miroir, plantant mes yeux dans les miens ; je conjure les reflets de bien vouloir m'aider, face à moi-même. Reflets chéris. Dans un coin de la glace, *Ashley*. Elle est parfaitement comme les Autres, à se plaindre ainsi, à se croire vulnérable. Et sa faiblesse me redonne de la force, *vois-tu*. Assez pour que je me retourne, face à elle, et profère avec colère « T'as rien compris ! »
Rageusement, ma manche vient tarir mes larmes de son tissu — *depuis quand elles coulent ?* — dans un sursaut de réflexe. Je secoue la tête, de droite à gauche, refusant d'admettre ce que je viens d'entendre.
Ses mots me frustrent, me déçoivent tant. Je m'attendais à bien pire ; je souhaitais bien pire ! Un aveu abject, qui m'aurait fait comprendre que je ne pouvais rien pour Ashley. Qui m'aurait dissuadée de la relever, de l'élever parmi les Précieuses Lumières que compte la vie. Quelque chose qui m'aurait fait battre en retraite à tout jamais, et que je cesse d'aller vers elle enfin. Quelque chose qui me prouverait qu'elle n'était que Noirceur, *Petit Être Sombre*, tu t'souviens ?
« Non, non, t'as rien compris... » je murmure encore, assommée par la portée de sa révélation.
Peut-être qu'elle se moque de moi. Qu'elle aimerait voir comment je réagis, pour rire de moi ensuite et reconnaître que ses mots étaient ironiques. *C'est...* C'est sûrement ça, je ne vois pas d'autre échappatoire pour mes pensées ; sauf que je ne peux pas m'en persuader. Son grain de voix est sincère ; douloureux, empreint de Vécu surtout, mais sincère. Ça me fait mal.
« Mais... Mais j'peux t'aider à comprendre, je... »
Je lui tourne le dos, brusquement. Je n'arrive pas à réaliser ce que je prononce, tout cela est bien trop irréel.
*Flamme*. Ruby. *Sans Flamme*. Sans Ruby. *Ombre sans Flamme*. Ashley sans Ruby.
Toute cette kyrielle me vrille la tête. En rythme avec les battements pressés de mon cœur, les mots cognent, cognent mon esprit. *C'est impossible*. Mes yeux rivés au sol, le sol froid et lisse, je laisse les mots d'après s'échapper de ma gorge, dans un filet de voix cassée.
« Y't'manque une flamme... Je... Je peux... »
*Trop dur* ; c'était trop dur de l'avouer, trop dur de prononcer des mots si simples. Mon corps n'avait pas oublié les marques ; mon cœur ne pouvait pas oublier Pearl maintenant, *c'est pas possible de la remplacer !*
« Je suis désolée, Ashley, désolée. M'oublie pas. »
Et ma voix se meurt.
Et je m'efface dans les ombres du lieu.
Et je m'éclipse comme le Soleil expire un soir de Pleine Lune.
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Notre part des ténèbres
À peine tes dernières paroles franchirent tes lèvres que le pantin d’os et de chair prit vie. Comme soudainement animé par tu ne sais quel sortilège, qui se met debout en un éclair. Tu n’as pas le temps de faire le moindre geste que Ruby déjà te regarde de haut. *Ça y est ? C’est la Fin ?* Elle va t’frapper. Elle va t’tuer. Elle va s’venger. Tes mots ont sans doute déclenché sa fureur, tes mots pitoyables. *J’aurais pas du...* T’aurais pas pu. Lui mentir.
Mentir, tu détestes ça. Presque incapable d’une telle infamie. Ce que tu penses, tu le dis. Et mentir, Oh, à quoi bon ! Cela ne te serait d’aucune utilité. Ou peut-être que si, au final. Peut-être que si tu avais menti, elle ne serait pas levée, à présent. Peut-être qu’elle ne s’apprêterait pas à te frapper. À te cracher dessus, c’est tout ce que tu méritais, Gamine. Qu’on te propulse au visage des jets jaunes de glaire, qu’on te montre du doigt, hein. Tout ça parce que tu ne sais pas mentir, et que sans la vérité, tu crèverais bien vite. Mais les Autres n’aiment pas la vérité, ils la trouvent, fade, dégueulasse. Ils préfèrent les mensonges bien beaux, les rêves de renouveau.
Mais alors que tu la regardes sans bouger, les yeux écarquillés, la blonde se retourne vers le miroir. Elle semble s’accrocher à l’évier comme si à tout instant Elle pouvait s’effondrer de nouveau. Elle relève la tête vers la glace, croise ton regard apeuré. Elle marmonne, se retourne vers toi. Tu te lèves, si lentement, le dos collé contre le mur. Les mains frôlant la surface derrière toi. Tu essayes de ne plus faire un geste brusque, respires calmement, mais ton cœur s’emballe à la phrase qu’elle prononce. Tout de suite, Elle se retourne, sans doute, a-t-elle honte de ce qu’elle vient de lâcher. Serait-ce une gaffe ? *Elle veut m’aider ? M’aider à quoi ? Et à comprendre quoi ?* Tu te sens perdue, complètement paumé. Dans ta tête tout part en vrille, les pensées se succèdent alors que ses paroles te reviennent en une boucle immonde.
- Ruby ?
Tu tentes de l’appeler, essayant de comprendre ce qu’il se passait. Mais elle ne semble pas t’entendre, ou du moins elle ne prête pas attention à ton appel. Comme si tu n’étais plus vraiment là, qu’elle parlait au reflet dans le miroir. Celui qui croise son regard sonné. Sans doute un autre reflet. *Imposteur.*
Et Elle vrille. Comme les pensées dans ta tête. Elle ne finit pas sa phrase, les mots semblent engloutis dans un tourbillon incertain. Mais tu as compris. Et la regardes désormais bouche-bée, après cette demande. Mais avant que tu n’ai pu dire quoi que ce soit, elle s’enfuie en courant, te laissant seule dans les toilettes.
Longtemps encore, tu étais restée dans la pièce face au miroir. Longtemps, tu as regardé dans le vide, retraçant tout ce qu’il venait de se produire. Personne ne voulait de la petite Swan. Tout le monde te détestait, n’est-ce pas ? Car tu étais bête et méchante, sans doute complètement bizarre. Et Ruby, elle, tu l’avais frappé. Tu lui avais piqué sa lettre. Tu l’avais insulté. Et Elle te pardonnait, malgré tout ce que tu avais fait pour l’éloigner de toi. *J’t’oublierais pas.*
Fin pour moi également. Merci pour cette douce Danse.
Mentir, tu détestes ça. Presque incapable d’une telle infamie. Ce que tu penses, tu le dis. Et mentir, Oh, à quoi bon ! Cela ne te serait d’aucune utilité. Ou peut-être que si, au final. Peut-être que si tu avais menti, elle ne serait pas levée, à présent. Peut-être qu’elle ne s’apprêterait pas à te frapper. À te cracher dessus, c’est tout ce que tu méritais, Gamine. Qu’on te propulse au visage des jets jaunes de glaire, qu’on te montre du doigt, hein. Tout ça parce que tu ne sais pas mentir, et que sans la vérité, tu crèverais bien vite. Mais les Autres n’aiment pas la vérité, ils la trouvent, fade, dégueulasse. Ils préfèrent les mensonges bien beaux, les rêves de renouveau.
Mais alors que tu la regardes sans bouger, les yeux écarquillés, la blonde se retourne vers le miroir. Elle semble s’accrocher à l’évier comme si à tout instant Elle pouvait s’effondrer de nouveau. Elle relève la tête vers la glace, croise ton regard apeuré. Elle marmonne, se retourne vers toi. Tu te lèves, si lentement, le dos collé contre le mur. Les mains frôlant la surface derrière toi. Tu essayes de ne plus faire un geste brusque, respires calmement, mais ton cœur s’emballe à la phrase qu’elle prononce. Tout de suite, Elle se retourne, sans doute, a-t-elle honte de ce qu’elle vient de lâcher. Serait-ce une gaffe ? *Elle veut m’aider ? M’aider à quoi ? Et à comprendre quoi ?* Tu te sens perdue, complètement paumé. Dans ta tête tout part en vrille, les pensées se succèdent alors que ses paroles te reviennent en une boucle immonde.
- Ruby ?
Tu tentes de l’appeler, essayant de comprendre ce qu’il se passait. Mais elle ne semble pas t’entendre, ou du moins elle ne prête pas attention à ton appel. Comme si tu n’étais plus vraiment là, qu’elle parlait au reflet dans le miroir. Celui qui croise son regard sonné. Sans doute un autre reflet. *Imposteur.*
Et Elle vrille. Comme les pensées dans ta tête. Elle ne finit pas sa phrase, les mots semblent engloutis dans un tourbillon incertain. Mais tu as compris. Et la regardes désormais bouche-bée, après cette demande. Mais avant que tu n’ai pu dire quoi que ce soit, elle s’enfuie en courant, te laissant seule dans les toilettes.
Longtemps encore, tu étais restée dans la pièce face au miroir. Longtemps, tu as regardé dans le vide, retraçant tout ce qu’il venait de se produire. Personne ne voulait de la petite Swan. Tout le monde te détestait, n’est-ce pas ? Car tu étais bête et méchante, sans doute complètement bizarre. Et Ruby, elle, tu l’avais frappé. Tu lui avais piqué sa lettre. Tu l’avais insulté. Et Elle te pardonnait, malgré tout ce que tu avais fait pour l’éloigner de toi. *J’t’oublierais pas.*
Comme une Ombre infernale.
Une Ombre sans Flamme.
Comme une Flamme écarlate.
Une Flamme sans Ombre.
Un Tout sans son Rien.
Et le Rien s’effondrait dans le Noir.
Une Ombre sans Flamme.
Comme une Flamme écarlate.
Une Flamme sans Ombre.
Un Tout sans son Rien.
Et le Rien s’effondrait dans le Noir.
Fin pour moi également. Merci pour cette douce Danse.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.