Let it Snow !
@Adrien de Lanfarge
Samedi, première semaine de décembre, 2044
La neige… Beaucoup d'enfants de 11 ans adorent ça. Les batailles de boules, les bonhommes de neige, les anges. Joe-Lizzie, elle, elle ne l'aimait pas particulièrement. En réalité, la brune détestait presque. Les flocons qui lui brouillaient la vue, l'air beaucoup trop frais, ses membres gelés. L'hiver était loin d'être sa saison préférée. Seulement, de loin, la sorcière aimait admirer les paysages blancs immaculés. Cette impression de calme, de pureté, les arbres nus semblaient figés dans le temps.
À Poudlard, la toiture du château enneigée serait sûrement magnifique à voir. Mais si Lio voulait profiter de la vue, il lui fallait sortir de son petit nid douillet qu'était la salle commune des Serdaigles. De là elle avait pris l'habitude - depuis 2 semaines - de regarder les autres élèves se promener comme des petits pions noirs sur un plateau de jeu. La petite avait jeté un rapide coup d'œil à son appareil photo puis claqué la langue contre son palais.
10 min plus tard, la brune se trouvait dans le parc enneigé, à ronchonner et trembloter. "Allez Lio ça fera une belle photo…" tenta-t-elle comme pour s'encourager à ne pas faire demi tour.
L'aiglonne portait sa cape et avait rabattu la capuche sur ses cheveux afin d'éviter d'attraper une mauvaise grippe. Ses longs cheveux étaient rattachés en un chignon bas et la brune avait laissé sortir quelques mèches bouclées.
Elle s'arrêta une première fois et regarda Poudlard à travers l'objectif de sa caméra.
- Pas assez loin… Murmura-t-elle déçue de devoir encore marcher.
Joe-Lizzie descendit les escaliers et s'arrêta au beau milieu du parcours. "Clic". Un premier cliché. "Pas mal" songea l'aiglonne. Toujours pas satisfaite, cette dernière décida de s'éloigner encore plus. Ralentie dans sa descente, la sorcière entreprit de secouer ses pieds avec de grands gestes pour les débarrasser de la neige. Quand elle s'arrêta, Lio aperçut un garçon, un brun, qui avait l'air d'avoir son âge. Il lui faisait face et avait l'air plutôt vexé. D'un coup d'oeil furtif, elle observa son visage, prise d'un étrange sentiment. Puis la brune, gênée, baissa son regard, et vit son camarade recouvert de neige. "Oh non pitié, ne me dis pas que c'est moi qui ai fait ça…".
- Heu… Par… Pardon je ne voulais pas…
Elle bredouilla ces quelques mots, cherchant une excuse viable. Une excuse autre que "C'est à cause de la neige". À cet instant précis, Lio se dit qu'il aurait peut-être mieux valu qu'elle reste dans son dortoir aujourd'hui.
Lio Wilson,
"Parce que tous les jours sont aujourd'hui."