La Valse des Ombres
Vas-y, Danse ta Rage.

9h14
20 février 2045
COULOIRS
(Exceptionnellement, écriture à la 1ère personne)
20 février 2045
COULOIRS
(Exceptionnellement, écriture à la 1ère personne)
J'en ai marre. Marre de tout, marre de continuer. J'en peux plus. J'ai envie d'arrêter, de ne plus penser, d'être quelqu'un d'autre. *Pourquoi...?* Pourquoi. La grande question. Mais je ne sais pas, je ne contrôle pas. *J'en sais rien. En fait, j'sais plus.* Je sais plus pourquoi, mais je suis assise là, recroquevillée. Je ne bouge plus, tous mes membres sont à l'arrêt. Il refusent de bouger, de m'obéir. Peut-être que je n'y met pas assez de conviction, mais peut-être aussi que j'ai pas envie.
Ce couloir, où il y a une torche à la lueur vacillante, en face, est un refuge. Il n'est pas apaisant, mais j'y suis mieux que dans la salle commune. Moi, je suis dans une alcôve dans le mur, cachée à la vue des Autres. Eux, je veux pas les voir. *J'veux voir personne.* Je suis en colère, énervée contre tout, contre tous, mais surtout contre moi-même. D'une rage folle, j'ai envie d'exploser, de réduire à néant tout ce qui se trouve autour de moi. Mais je peux pas. Et je dois me calmer, tout de suite. Et c'est cet instant que choisissent mes Larmes pour couler. Parce que je suis hors de moi. Cet enfer doit cesser, mais je ne sais pas comment m'en sortir. Finalement, cet endroit me convient. Je pourrais rester là des heures, mais je sais que je ne peux pas. Je sèche mes Larmes, et je me lève. Malgré mes yeux rougis, j'avance avec une détermination farouche. Je ne vais pas calmer cette envie tenace de tailler en pièces chaque objet de la pièce, je vais m'en servir.
J'ai envie de baisser les bras, d'aller pleurer dans mon coin pendant des heures, peut-être plus. Mais je ne suis pas lâche. Et si quelqu'un passait par là ? *Il ne repartira pas d'ici vivant.* Pendant de brefs instants, je m'imagine pouvoir refouler ma Haine sur n'importe quoi. Un objet, une personne... J'ai besoin de me défouler. Alors d'un coup, je tape mes poings sur le mur, et laisse échapper une légère plainte. Mes jointures éclatent en sang, mais ça me fait du bien. Et puis la Douleur me parvient. Je me crispe, mais je ne dis rien. C'est une bonne souffrance. J'appuie ma tête sur la pierre froide et serre les mains, à tel point que mes ongles s'enfoncent dans ma chair, tandis que le sang jaillit de plus belle, rouge et luisant, des plaies que je vient d'ouvrir contre la paroi. Mais je n'y prête même pas attention. *Putain !* J'ai envie de crier, j'ai envie de rugir, de hurler mon désespoir. Je ferme les yeux et bloque la respiration. Je tiens le plus longtemps possible, et je prends une bouffée d'air frais.
Je vis.
Cette certitude achève définitivement de me briser le coeur. Et celle qui est Lumière et Immaculée pour les Autres, pour moi n'est qu'Ombre et Cauchemar. Mais pourtant, c'est mon Souffle, ma Force et ma Faiblesse, mon Âme. Ce n'est pas un choix. Ce n'est plus un choix. Je dois faire perdurer mon Existence. J'aimerais être de ceux qui s'envolent, emplis d'une allégresse nouvelle, vers des cieux resplendissants. *Je ne suis pas comme Eux.* Et je ne vais pas non plus baisser les bras. La facilité n'est plus une option. Je ne dois pas me contenter de survivre. Je dois vivre. Toujours avancer, sans jamais rien montrer, toujours rester forte, sans jamais rien lâcher.
Et je vais me battre, chaque jour jusqu'au dernier. Est-ce que j'en ai envie ? *J'sais pas* Est-ce que je dois le faire ? *J'sais pas non plus* Est-ce que je vais le faire ? *Oui.* Je me dis qu'on a toujours le choix, mais au fond de moi je connais la vérité. Depuis longtemps. *Enfin, j'crois.* Mais j'ai peur. Tant d'angoisses qui me dépassent. Il faut aller de l'avant. C'est si trouble, si incertain, qu'on hésite entre de nombreux chemins. Mais je vais tracer ma propre voie. *Je suis pas comme les Autres.* A vrai dire, je n'ai aucune envie d'être comme Eux, aucune envie de leur ressembler, et d'être avec Eux. Ils m'écœurent, plus que jamais auparavant. C'est alors, le front plaqué contre le mur, que je sais. Enfin je sais ce qu'il s'est passé.
*J'ai changé.*
Avant j'étais toujours avec les Autres, et je les appréciaient tous, sans exception. Même ceux qui éprouvaient de la Haine contre moi, je ne pouvais m'empêcher de ne jamais leur en vouloir. Et puis, il s'est passé... *Quelque chose*. Je ne l'explique pas, je le sais. Je réalise que, du plus profond de mes tripes jusqu'au bout de mes cheveux,
Je vis.
@Ashley Swan
Le cœur vibrant ; la vague se déferla sur elle pour la noyer de ses Notes dégoulinantes et voluptueuses.
La Valse des Ombres
20 FÉVRIER 2045
RANCŒUR
RANCŒUR
Morte.
Comme si plus rien ne pouvait t’atteindre. Comme si désormais, tu étais seule, entourée encore une fois de ce Néant éclatant, qui fait disparaître les Autres, les rendant Atome, particules de poussière de Vide. Comme des larmes d’astéroïdes.
Seule, dans ta Galaxie où tes Pensées sont des étoiles filantes, tes Douleurs des planètes, et ton Être un Trou Noir. Seule, avalant l’inconnu, aspirant le monde, se délectant de l’Univers. Un Tout dans un Rien. Là sans vraiment exister.
Tes sens se réveillent, si doucement. Tout commence par le nez, qui frétille et sautille. Le Néant ne sent rien, inodore, alors qu’une salve de parfum embaume soudainement la Galaxie enivrante. Là où le Jour et la Nuit n’existent pas, voilà qu’une douce odeur matinale vient caresser les ailes de tes narines, alors que tu laisses échapper un soupir de fatigue. Sans plus attendre le son te vient, coule au fond de tes oreilles et fait vibrer tes tympans. Si faible, car le tissu atténue le Bruit. Néanmoins, la respiration des autres corps t’entourant finit par te revenir. Comme les piaillements des oiseaux, au-dehors, se répercutant sur les vitres des dortoirs. Ton corps est, mais tes yeux fermés laissent ton esprit dans la Brume des Rêves. Alors que tout s’éveille, que ta main frémit légèrement et caresse la couverture, que tes doigts agrippent un pan du doux tissu, le troisième sens émerge enfin. Comme une libération, alors que ton corps hurlant se détache lentement des bras de cet écho irréel. Qu’il émerge de cette réalité endormie, que le Trou Noir fini d’aspirer à jamais la dernière étoile, ton corps se soulève calmement, désormais assit sur le lit. Alors enfin, tu ouvres les yeux.
Comme chaque fois, tu regrettes. Les rêves sont bien beaux, irréels, tellement intouchables. Et quand tu les quittes, que la réalité revient comme une claque froide sur ta joue, comme un regard de haine, un hurlement de Douleur, ton cœur saigne de cette séparation meurtrière.
Tu t’étais levée bien tôt, trop sans doute, et voilà déjà deux heures que tu parcourais les couloirs. Silencieuse, Invisible, corps irréel entre les pierres antiques. Tu aurais pu, ne pas Voir. Comme les Autres ne te voient pas. Mais tu étais sûrement trop différente, alors tu as vu. Le Sang. Tâches pourpres qui coloraient à présent le mur devant toi. Retenant un hoquet d’horreur, tournant les yeux vers le sol. Mais avant d’atteindre l’objectif, ils captent une forme humanoïde. La tête posée contre le mur, comme si elle tentait de retenir la paroi rien qu’à la force de son Être.
Dos à toi, la silhouette aux cheveux blonds dégoulinants sur ses maigres épaules, semble en vouloir au Monde. Tu ne sais, pour l’instant d’Elle que le sang dégoulinant de ses poings serrés, et ce corps crispé. Pourtant, tu es bien curieuse, Enfant, et te voilà qui, malgré le dégoût et la peur de cette couleur du Diable, se déplace légèrement sur le côté, afin d’apercevoir le visage. *Ce nez..* Un nez de peste, qui s’élève bien haut pour montrer sa grandeur. *Et ce menton...* Qui lui aussi sait s’élever, pour mieux rabaisser. *Ce visage.. Alors...* Oui. Si fin, ce visage, enfantin. Celui de l’Envahisseuse, de cette vermine. Celle qui avait Osé, et dont la vu fait remonter cette sourde colère qui faisait battre ton Être, ce jour-là. Le jour du match.
- J’espère que t’as mal, là. Frapper les gens ne te suffit plus ? ‘Faut qu’tu peignes le mur de ton sang ?
Si tu avais pu rire méchamment, voir même sourire de Rancœur, tu l’aurais fait. Mais il aurait fallu que tes lèvres sachent le faire. Ton être se contente alors d’un regard glacial et de tes bras croisés.
Tu oses. Parce qu’Elle ne s’est pas gênée. La claque est partie sans prévenir, alors les Mots seront plus dur que jamais. Elle saignera, tellement qu’on pourra refaire tous les murs de Poudlard. Marie.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
La Valse des Ombres
L’Ombre de tes Pas.
Le Sang dégouline lentement sur mes chairs déchiquetées. Il perle doucement au bord des plaies et coule vers le sol, pour y former une tache sombre. Le mur a aussi été éclaboussé par le liquide écarlate qui s’échappe de mes veines par flots continus. Je n’ai pas ma baguette sur moi pour enlever cette horreur, mais je crois que je ne veux pas l’enlever. Je veux juste qu’on ne sache pas que c’est le mien. Je devrais déguerpir avant qu’on préfet ou un professeur n’arrive, mais le couloir semble parfaitement désert. Je peux entendre ma respiration saccadée qui paraît amplifiée ici et qui donne l’impression de se répercuter contre la pierre. Mon cœur hurle de Douleur, il n’a qu'une envie s’enfuir, et moi je le retiens. Il me fait encore plus mal, comme pour se venger. Il me... *tue.* Simplement. Exactement. Il détruit de tout son soûl, puis il laisse mourir lentement.
Un bruit léger, un bruissement tel un murmure mais qui me semble vacarme. Un cri strident dans la Nuit.
Quelqu’un qui parle. Avec méchanceté, hargne. Quelqu’un ose briser le calme, quelqu’un ose déranger la Nuit, quelqu’un ose clamer des Mots, quelqu’un ose être ici. Quelqu’un. *Une Fille. Une Autre.* Sa voix m’est un peu familière, sans que je puisse mettre un nom dessus. Féminine, sans aucun doute, et qui prononce distinctement les Mots.
- J’espère que t’as mal là. Frapper les gens ne te suffit plus ? ‘Faut qu’tu peignes le mur de ton sang ?
Je me retourne brusquement en tapant, sans le faire exprès, violemment le mur derrière moi. Une douleur lancinante me parcourt brièvement le coude, mais je n’en ai cure. J’ai de légers vertiges quelques courts instants, puis je La vois. C’est Elle, celle que j’ai frappé au match de Quidditch de Gryffondor, il y a deux jours. *C’est Elle qui se foutait de moi et qui pensait qu’à son autre pote. C’est Elle qui pensait que j’étais une plante verte. C’est Elle !* Oh oui je me souviens de cette Fille qui ne pensait qu’à Elle, qui ne savait même pas comment Elle s’appelait. Qui ne regardait même pas le match de Quidditch, obnubilée par l’Autre. C’est... *Ashley. C’est Elle, putain ! Qu’est-ce qu’Elle veut ? Pourquoi Elle m’emmerde ? J’étais seule !* Pourquoi Elle a brisé le Silence ?
Le Silence est d’Or.
Je suis en train de devenir folle. Je crois qu’Elle sourit niaisement, mais son sourire ressemble plutôt à une grimace nerveuse. Bras croisés, Elle attend. Que je réagisse à sa provocation. Que je la gifle à nouveau ? J’en serais largement capable, je ne regrette pas de l’avoir fait, c’est tout ce qu’Elle méritait, cette Chieuse. Sa présence est opprimante ; mon cœur accélère le rythme à toute allure. Mon ventre se sert, je ne sais que faire. Mes ongles s'enfoncent profondément dans mes paumes, en laissant des marques et en faisant jaillir le sang de à l'endroit où mes mains ont rencontré le mur. Impur, sale. *T'es Sang-Pur.* Foutaises ! Ça ne veut rien dire, c'est juste un livre où y'a mon nom. *Mon nom. Paulia.* Paulia. Quelqu'un qui a tracé à l'encre noire et luisante ces six lettres dans un registre. *Foutu registre !* Je m'en fous de ces papiers ! À quoi ça sert ? À rien ! Pourquoi mon père a-t-il osé faire ça ? Pourquoi ?
Je suis encore en train de me perdre dans mes pensées. Sans même réfléchir, je lance à la figure de l'Autre ces Mots emplis de Haine.
- Mais qu'est-ce tu fous là, toi ? DÉGAGE PUTAIN ! Je voulais être seule ! SEULE !
*Seule.* Avec mes pensées.
*Seule.* Avec la Nuit.
*Seule.* Avec ma Douleur.
*Seule.* Avec ma Colère.
*Seule.* Avec ma Tristessee.
*Seule.* Pour toujours.
*Seule.* Avec moi-même.
*Seule.*
Seule.
Je voulais souffrir en Silence, m'enfermer dans un océan de Douleur infinie, avec la Nuit. Ce Silence qui était si beau, cette source de réconfort autant agréable qu'insupportable. Et cette Fille a tout brisé, mon univers semble voler en éclats. Il a explosé en mille morceaux et c'est irréparable. Elle a osé arriver ici, dans ce couloir, elle a osé parler. Elle a osé briser. Briser mon Univers. *Ashley.*
J'ai envie de la frapper, d'exploser son corps entier, qu'Elle disparaisse a tout jamais. J'éprouve une Colère sans nom, indomptable et destructrice. Elle causera sûrement ma perte, mais comme je suis déjà perdue, ce n'est plus important. Elle n'a pas le droit de se trouver dans ce couloir, et je vais la jeter dehors sans ménagement. Après l'avoir rouée de coups, je ne veux surtout pas qu'elle se souvienne de ce qu'Elle a vu.
*Elle a vu.*
Le Sang.
*Elle était là quand je me suis... Défoulée ?*
Mon Sang.
*Elle a vu ma Douleur ?*
Giclées de Sang. De mon Sang.
*J'vais la tuer*
Détruire. Briser. Tuer.
Le cœur vibrant ; la vague se déferla sur elle pour la noyer de ses Notes dégoulinantes et voluptueuses.
La Valse des Ombres
Navrée pour cet énorme retard
Tu te trouvais sans aucun doute au mauvais endroit au mauvais moment, devant la mauvaise personne aussi. *Cette ordure !* Mais pour toi, rien de mieux n’aurait pu t’arriver. Tu avais devant toi ta vengeance, cette claque de retour, que tu comptais bien lui rendre le plus vite possible, avant de détaler dans le couloir. Lui faire aussi mal qu’elle ne t’avait fait cadeau de cet odieux présent. Entendre le bruit de ta main sur sa joue se répercuter dans tout le château. *Chlaaak !* Ce serait si beau. Et puis voir la trace rouge de ta main sur sa sale face de peste. Qu’elle la garde pendant des heures, comme une marque indélébile et honteuse. Qu’elle ressente les picotements de cette douloureuse injustice. Tu ne l’avais pas mérité, la claque. Cette folle n’aurait pas du, trop sanguine sans doute. Tu voyais déjà sa tête partir en arrière sous le coup, emporté par ta main. Sa joue rebondir et ses lèvres déformées. Elle en aura mal aux dents, alors que la claque se répercutera de ses orteils à la pointe de ses cheveux. Et puis prise par la surprise, elle ne réagira pas tout de suite, tournant sa tête ahurie vers toi, une main posée sur sa joue. Tu te délecteras de son air stupide, alors qu’elle essayera de comprendre ce qu’il venait de se passer. Mais comme dans les Tribunes, il n’y aurait rien à comprendre.
Vengeance.
Mais tu préfères attendre, lâcher quelques mots douloureux, la faire chialer, c’est ça que tu voulais. La voir s’effondrer doucement, avant de lui assener le coup fatal. *Elle tiendra pas, cette connasse.* Et tu prendras un malin plaisir à la faire souffrir, de plus en plus, jusqu’à la voir exploser. Voilà qu’elle s’est retournée, et te fixes maintenant, sans doute furieuse. C’est un bon début. *Nan mais sérieux, elle vient de se cogner contre le mur ou c’est moi ? Tsssss, elle n'arrive même pas à se contrôler, elle est trop stupide.* La voilà qui sans doute ne sait comment réagir, continu à te fixer, et peut-être vouloir te tuer. *Encore mieux.* Tu la sentais prête à hurler, ce qui ne tarda gère à venir.
Comme elle avait l’air ridicule, à crier comme cela, tu en aurais presque lâché un rictus de contentement. Mais tu préfères adopter une attitude supérieure, la rendre plus petite et minable encore. Tu lèves le menton, la regardes droit dans les yeux pour éviter de voir la moindre goutte de sang. Rien que d’y penser, tu as envie de te mettre en boule dans un coin et de hurler pour évacuer le stress. Mais tu restes stoïque, ne flanches pas et ne montres rien qui pourrait te faire chavirer.
L’écart entre vos deux corps était assez grand pour qu’elle ne puisse te toucher en tendant le bras. Si elle voulait tenter la moindre chose contre toi, tu aurais le temps de l’esquiver. Rendre la pareille serait plus compliqué, déjà éviter le sang, ne pas toucher un endroit peint de cette foutue couleur. Et puis, tu ne t’étais jamais vraiment battu, et cela te semblait complètement stupide. Peut-être qu’en lui envoyant un coup de pied dans le ventre, tu pourrais t’en sortir. Les poings ne serviraient à rien, tu n’étais pas assez musclé pour tenter la moindre attaque par le haut.
- Et si j’ai pas envie, tu vas faire quoi, minable ?
Il était bien tôt, mais les Autres pouvaient sans doute être alertés par son cri. *Stupide.* Tu ferais tout pour qu’elle soit punie, après que tu lui ai réglé son compte. Qu’elle se prenne tout dans la gueule, c’est tout ce qu’elle mérite.
- Vas-y, cri plus fort encore ! Quoi ? Tu veux de l’aide ? T’es trop faible pour régler tes problèmes toute seule ? S’pèce de débile. Et tu croyais quoi aux Tribunes ? Que c’est en frappant que tout allait s’arranger ? C’était juste minime, et stupide. Mais tout ce que tu fais est stupide, Paulia, n’est-ce pas ?
Tu craches son nom de famille, estimant que son prénom n’aurait pas le mérite de dépasser tes lèvres. Paulia. *Dommage pour elle de me l’avoir dit.* Paulia. À partir de maintenant, c’est la pire des insultes.
Tu te trouvais sans aucun doute au mauvais endroit au mauvais moment, devant la mauvaise personne aussi. *Cette ordure !* Mais pour toi, rien de mieux n’aurait pu t’arriver. Tu avais devant toi ta vengeance, cette claque de retour, que tu comptais bien lui rendre le plus vite possible, avant de détaler dans le couloir. Lui faire aussi mal qu’elle ne t’avait fait cadeau de cet odieux présent. Entendre le bruit de ta main sur sa joue se répercuter dans tout le château. *Chlaaak !* Ce serait si beau. Et puis voir la trace rouge de ta main sur sa sale face de peste. Qu’elle la garde pendant des heures, comme une marque indélébile et honteuse. Qu’elle ressente les picotements de cette douloureuse injustice. Tu ne l’avais pas mérité, la claque. Cette folle n’aurait pas du, trop sanguine sans doute. Tu voyais déjà sa tête partir en arrière sous le coup, emporté par ta main. Sa joue rebondir et ses lèvres déformées. Elle en aura mal aux dents, alors que la claque se répercutera de ses orteils à la pointe de ses cheveux. Et puis prise par la surprise, elle ne réagira pas tout de suite, tournant sa tête ahurie vers toi, une main posée sur sa joue. Tu te délecteras de son air stupide, alors qu’elle essayera de comprendre ce qu’il venait de se passer. Mais comme dans les Tribunes, il n’y aurait rien à comprendre.
Vengeance.
Mais tu préfères attendre, lâcher quelques mots douloureux, la faire chialer, c’est ça que tu voulais. La voir s’effondrer doucement, avant de lui assener le coup fatal. *Elle tiendra pas, cette connasse.* Et tu prendras un malin plaisir à la faire souffrir, de plus en plus, jusqu’à la voir exploser. Voilà qu’elle s’est retournée, et te fixes maintenant, sans doute furieuse. C’est un bon début. *Nan mais sérieux, elle vient de se cogner contre le mur ou c’est moi ? Tsssss, elle n'arrive même pas à se contrôler, elle est trop stupide.* La voilà qui sans doute ne sait comment réagir, continu à te fixer, et peut-être vouloir te tuer. *Encore mieux.* Tu la sentais prête à hurler, ce qui ne tarda gère à venir.
Comme elle avait l’air ridicule, à crier comme cela, tu en aurais presque lâché un rictus de contentement. Mais tu préfères adopter une attitude supérieure, la rendre plus petite et minable encore. Tu lèves le menton, la regardes droit dans les yeux pour éviter de voir la moindre goutte de sang. Rien que d’y penser, tu as envie de te mettre en boule dans un coin et de hurler pour évacuer le stress. Mais tu restes stoïque, ne flanches pas et ne montres rien qui pourrait te faire chavirer.
L’écart entre vos deux corps était assez grand pour qu’elle ne puisse te toucher en tendant le bras. Si elle voulait tenter la moindre chose contre toi, tu aurais le temps de l’esquiver. Rendre la pareille serait plus compliqué, déjà éviter le sang, ne pas toucher un endroit peint de cette foutue couleur. Et puis, tu ne t’étais jamais vraiment battu, et cela te semblait complètement stupide. Peut-être qu’en lui envoyant un coup de pied dans le ventre, tu pourrais t’en sortir. Les poings ne serviraient à rien, tu n’étais pas assez musclé pour tenter la moindre attaque par le haut.
- Et si j’ai pas envie, tu vas faire quoi, minable ?
Il était bien tôt, mais les Autres pouvaient sans doute être alertés par son cri. *Stupide.* Tu ferais tout pour qu’elle soit punie, après que tu lui ai réglé son compte. Qu’elle se prenne tout dans la gueule, c’est tout ce qu’elle mérite.
- Vas-y, cri plus fort encore ! Quoi ? Tu veux de l’aide ? T’es trop faible pour régler tes problèmes toute seule ? S’pèce de débile. Et tu croyais quoi aux Tribunes ? Que c’est en frappant que tout allait s’arranger ? C’était juste minime, et stupide. Mais tout ce que tu fais est stupide, Paulia, n’est-ce pas ?
Tu craches son nom de famille, estimant que son prénom n’aurait pas le mérite de dépasser tes lèvres. Paulia. *Dommage pour elle de me l’avoir dit.* Paulia. À partir de maintenant, c’est la pire des insultes.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
La Valse des Ombres
Brûlure ardente des chairs glacées.
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Rien ne me retient ici, dans ces couloirs austères et sans vie. Mon cerveau me crie de laisser l'Autre au milieu de ce corridor froid, et de fuir comme une lâche. Mais ne suis-je pas à Gryffondor ? La maison des courageux et vaillants ? Et je ne suis certainement pas une lâche. Malgré toutes mes peurs, je ne le serais jamais.
Alors, je me redresse, menton levé et fier, pour défier cette Fille-qui-a-vu. Je m'approche d'elle d'un air menaçant ; je l'espère. Je la fusille du regard en diminuant toujours plus la distance qui nous sépare. *Elle me provoque, c'te folle !* On dirait qu'elle sait exactement comment m'énerver, et je sais que je devrais la laisser parler sans réagir, ce qui la rendrait plus folle encore, mais je ne peux pas résister à la fureur qui s'empare de moi. Elle coule dans mes veines comme de la lave qui proviendrait d'un volcan, prêt exploser à tout moment. Je suis si proche du visage de l'Autre que je peux voir la lueur agressive de mes pupilles dans les siennes. Je la regarde de haut : je la surplombe de dix bons centimètres, et je m'en sens supérieure, emplie d'une confiance nouvelle, sûrement puisée dans la Haine sans nom que j'éprouve et l'adrénaline de l'instant. Je sens le souffle chaud qui sort de ses poumons sur ma peau et dans mes cheveux. Je lui susurre, avec une haleine douce qui contraste avec ma voix froide et emplie de mépris :
- Tais-toi, tu ne sais rien. Et puis, de toute façon, t'es trop bête pour comprendre, petite fille. T'es qu'une faible.
J'articule chaque mot qui sort de ma bouche sur un ton sombre accompagné de tout le venin dont je suis capable. J'appuie sur la moindre syllabe avec une méchanceté pure et crache ces paroles à sa figure.
*Faible. Trop faible. Moi j'suis forte et elle, elle est rien, t'façon.* Je tente - en vain - de me convaincre que je suis forte, alors que tout mon être crie au Monde que je ne suis qu'un tas d'os frêle et fragile. Mais devant les Autres, seule ma Surface est laissée à paraître, et aujourd'hui, elle présente force et détermination face à *Ashley.* Même dans mon esprit, je discerne toute la hargne que je ressens pour cette Fille-qui-est-faible. Après tout, elle n'est rien qu'une Ombre de plus dans la Nuit, n'est-ce pas ? Je suis persuadée que dès que le Soleil se lèvera, majestueux, toute son assurance s'évaporera. *Aux Tribunes, elle savait même plus quoi dire, quand j'l'ai frappée !* Je recule mon visage du sien de quelques centimètres et la détaille du haut de son crâne jusqu'au bout de ses pieds, lentement. Je l'examine sous toutes ses coutures, analysant tous les membres de son corps presque aussi blanc que le mien, tant sa peau est laiteuse. Ses cheveux, contrairement aux miens, sont noirs de jais, plus encore que la Nuit. Après l'avoir longuement observée, je vrille mon regard haineux dans les yeux de l'Autre, puis sans un bruit ; je recule d'un Pas, comme si j'avais accompli une mission. *Tu vas faire quoi, maintenant ?* Elle va sûrement répliquer, mais je n'attends que ça. Elle peut s'énerver, ses discours vides ne m'atteignent pas. Même si elle décidait de me gifler - ce qui manquerait d'originalité - pour se venger, elle ne saurait me toucher ou même me Blesser, sous ma peau ; à l'Intérieur. *Sert à rien, c'te Gamine-qu'est-faible.* Sauf à empoisonner cet endroit, à alimenter ma Fureur infinie, et à *me faire chier, bordel !*
Demons are always inside of you ;
They're killing you.
They're killing you.
Je lance un dernier regard dédaigneux à la Gryffondor, je la regarde presque avec pitié, elle qui ne sait rien et qui ne peut pas comprendre. Presque. Mais je suis incapable d'éprouver ne serait-ce qu'un soupçon d'empathie pour elle, alors qu'elle ne m'inspire qu'une violente répulsion. Ce n'est qu'une Autre emmerdante de plus, finalement, une Ombre de trop, jetée elle aussi par la Nuit. Pourtant, je n'ai pas envie de partager ma Nuit, tout ce que je veux c'est ne plus jamais voir son visage affreux. Néanmoins, je décide de rester plantée devant elle, simplement pour la voir réagir à mes paroles hargneuses. *J'ai pas peur de toi, p'tite fillette.* Petite fillette ; c'est un pléonasme qui lui va bien, inconsciente et idiote comme elle est. Je n'ai pas peur d'elle. Je n'ai plus peur.
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[Ruelle, Fleurie - Carry you]
Navrée pour ce retard inadmissible, Plume.
Navrée pour ce retard inadmissible, Plume.
Le cœur vibrant ; la vague se déferla sur elle pour la noyer de ses Notes dégoulinantes et voluptueuses.
La Valse des Ombres
Tu le sais, que tes mots l'ont atteint à l'instant où ses pupilles vrillent, écumant de rage. Cela ne dure qu'une seconde, avant qu'ils ne se fixent rageusement sur toi sans arriver à te lâcher. Si elle le pouvait, elle serait déjà en train de serrer ses doigts autour de ta gorge, ou se jeter sur toi pour te rouer de coup, ou pleins d'autres scénarios qu'elle ne pourrait sans doute jamais effectuer, mais qu'elle rêvait sûrement de te faire subir. Tu t'en régalais, rien que de t'imaginer toute cette boule de haine face à toi et surtout contre toi. Un plaisir suave, car tu savais que cette colère boufferait plus l'autre que toi-même.
Paulia effectue un pas en avant, le regard toujours fixé droit dans le tien. C'est étrange, mais c'est comme si à chaque centimètre qu'elle parcourait pour se rapprocher de toi, tu devenais de plus en plus sereine. L'autre semblait grandir, plus encore qu'elle ne l'était déjà, emplit sans doute d'une fierté qu'elle avait dû pomper on ne sait où. La colère déformait son visage et la rendait encore moins crédible à tes yeux. Pour lui faire comprendre que sa parade d'intimidation n'avait aucun effet sur toi, tu détendis tous tes traits de visage, affichant un petit sourire en coin alors qu'une once de provocation illuminait tes prunelles claires.
Elle lâcha sa phrase si près de ton visage que tu sentis son souffle te chatouiller les joues, mais n'effectua aucun mouvement de recul. Ses mots ne t'avaient pas même effleuré, pour dire vrai, tu t'en foutais même complètement.
- Aaah, mais tu pues d'la gueule, Paulia !
Tu retroussais ton nez, affichant une mine écœurée, mais où l'on pouvait toujours apercevoir un brin de sourire. Provoquer, toujours. L'autre se recule, t'observe et tu fais de même. Tu la jauges de haut en bas, ne manquant pas de jeter un rapide coup d’œil à sa chevelure blanchâtre, tout le contraire de la tienne. Cette teinte peu commune était assez abominable sur une jeune fille de 11 ou 12 ans à peine, tu ne pus d'ailleurs t'empêcher de la comparer à une vieille femme. Marie Paulia était une vieille femme.
- Oh non, je suis loin d'être faible. Une faible, c'est une pauvre fille comme toi qui n'arrive tellement pas à gérer ses émotions qu'elle finit par frapper les autres... pour rien. T'es un animal en fait, chez toi la parole ça n'existe pas, y a que les poings qui comptent. Rien qu'à te voir, j'ai pas envie de rencontrer ta famille de dégénéré.
Tu lâches un petit rire franc, la haine très loin derrière et pas prête de refaire surface. Néanmoins, dès que tu eus lâché ses derniers mots, en insistant bien sur *dégénéré*, une légère sueur froide te coula le long du dos, comme pour t'avertir que tu étais allé un peu trop loin. Mais tu n'écoutais pas ce signe, sotte comme tu es.
- C'est con, Paulia, si tu n'avais pas agi comme un singe, on serait peut-être ami.
Paulia effectue un pas en avant, le regard toujours fixé droit dans le tien. C'est étrange, mais c'est comme si à chaque centimètre qu'elle parcourait pour se rapprocher de toi, tu devenais de plus en plus sereine. L'autre semblait grandir, plus encore qu'elle ne l'était déjà, emplit sans doute d'une fierté qu'elle avait dû pomper on ne sait où. La colère déformait son visage et la rendait encore moins crédible à tes yeux. Pour lui faire comprendre que sa parade d'intimidation n'avait aucun effet sur toi, tu détendis tous tes traits de visage, affichant un petit sourire en coin alors qu'une once de provocation illuminait tes prunelles claires.
Elle lâcha sa phrase si près de ton visage que tu sentis son souffle te chatouiller les joues, mais n'effectua aucun mouvement de recul. Ses mots ne t'avaient pas même effleuré, pour dire vrai, tu t'en foutais même complètement.
- Aaah, mais tu pues d'la gueule, Paulia !
Tu retroussais ton nez, affichant une mine écœurée, mais où l'on pouvait toujours apercevoir un brin de sourire. Provoquer, toujours. L'autre se recule, t'observe et tu fais de même. Tu la jauges de haut en bas, ne manquant pas de jeter un rapide coup d’œil à sa chevelure blanchâtre, tout le contraire de la tienne. Cette teinte peu commune était assez abominable sur une jeune fille de 11 ou 12 ans à peine, tu ne pus d'ailleurs t'empêcher de la comparer à une vieille femme. Marie Paulia était une vieille femme.
- Oh non, je suis loin d'être faible. Une faible, c'est une pauvre fille comme toi qui n'arrive tellement pas à gérer ses émotions qu'elle finit par frapper les autres... pour rien. T'es un animal en fait, chez toi la parole ça n'existe pas, y a que les poings qui comptent. Rien qu'à te voir, j'ai pas envie de rencontrer ta famille de dégénéré.
Tu lâches un petit rire franc, la haine très loin derrière et pas prête de refaire surface. Néanmoins, dès que tu eus lâché ses derniers mots, en insistant bien sur *dégénéré*, une légère sueur froide te coula le long du dos, comme pour t'avertir que tu étais allé un peu trop loin. Mais tu n'écoutais pas ce signe, sotte comme tu es.
- C'est con, Paulia, si tu n'avais pas agi comme un singe, on serait peut-être ami.
Il faut croire que ton post m'a beaucoup inspiré, Plume.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.