Silence violent
On est mercredi, et après le dîner, j’en profite pour faire un petit crochet à la volière, comme à mon habitude. En apercevant le soleil se coucher sur l’horizon, et un sentiment de sérénité m’envahit. Je m’appelle Ella Grace Hope Davis, et je me rends compte que j’ai enfin réussi à faire la paix avec mon passé. Avec moi-même. Je me rappelle comme si c’était hier de mon arrivée à Poudlard. Je n’étais alors plus que l’ombre de moi-même, une coquille vide, une parole sans échos. J’étais cette petite fille qui enchaînait cauchemar sur cauchemar, cette enfant brisée qui quittait son dortoir en pleine nuit pour fuir, cette âme en peine qui avait tant de mal à accorder sa confiance aux autres.
Mais comment ai-je réussi à surmonter les obstacles que la vie avait cruellement dressés devant moi ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est grâce à mes amis. J’ai des amis. Ces liens invisibles qui se sont créés silencieusement, sans que je m’en rende compte, et qui pourtant m’ont empêchée de sombrer. Grâce à eux, j’ai gardé le cap. Ils sont comme les phares guidant le navire qui brave la tempête, bien qu’il tangue dangeureusement, la lumière est toujours là. Tant de personnes différentes qui ont réussi à me faire sourire, rire, qui m’ont rendue tout simplement heureuse, chaque jour un peu plus.
Mais ce que j’ai oublié, c’était que la vie n’en fait qu’à sa tête.
Je pense : « oh, j’ai reçu une lettre de mes parents ». Je ne pense pas : « oh, il est peut-être arrivé quelque chose de grave. »
Pourtant, c’est la bonne réponse.
Mon cœur
Déchiré
Mon sang
Sur la pierre.
Mince. Je saigne du cœur. Il n’y a personne dans la volière. Personne pour voir mon cœur se fracasser violemment contre le sol, personne pour entendre mes cris qui brisent et déchirent le silence de cette fin de soirée normale, pour la plupart des gens. Je meurs. Il n’y a pas d’autre possibilité. Mon âme a été criblée de tant de coups qu’elle ne peut plus en supporter davantage.
Comment ai-je pu croire, une seule seconde, que la vie allait me laisser tranquille ? Comment ai-je pu être assez sotte pour l’espérer ? Comment ai-je pu être assez naïve ?
Ça me fait mal, je crie à m’en arracher les cordes vocales, je hurle au secours, mais personne ne vient jamais et petit à petit, le désespoir cède à la colère.
Je suis en colère.
Il n’y a plus de mots
Pour décrire les couleurs
Sombres de mon âme.
Si. Il reste un mot. Un mot écrit en gras, souligné et en majuscules, un mot qui emplit tout l’espace de ma tête, un mot qui empêche les autres de sortir de ma bouche.
Injustice.
Enfin arrive ce silence violent. Ce silence dans lequel je me plonge. Mais ma tête, elle, n’est pas silencieuse.
Mais comment ai-je réussi à surmonter les obstacles que la vie avait cruellement dressés devant moi ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est grâce à mes amis. J’ai des amis. Ces liens invisibles qui se sont créés silencieusement, sans que je m’en rende compte, et qui pourtant m’ont empêchée de sombrer. Grâce à eux, j’ai gardé le cap. Ils sont comme les phares guidant le navire qui brave la tempête, bien qu’il tangue dangeureusement, la lumière est toujours là. Tant de personnes différentes qui ont réussi à me faire sourire, rire, qui m’ont rendue tout simplement heureuse, chaque jour un peu plus.
Mais ce que j’ai oublié, c’était que la vie n’en fait qu’à sa tête.
Je pense : « oh, j’ai reçu une lettre de mes parents ». Je ne pense pas : « oh, il est peut-être arrivé quelque chose de grave. »
Pourtant, c’est la bonne réponse.
A notre chère Ella,
Ma chérie, nous avons une mauvaise nouvelle à t’annoncer. Nous allons aller droit au but ; il a été repéré chez Ethan une leucémie il y aura quelques jours quand tu liras cette lettre. Nous ne te mentirons pas, les médecins ne sont pas très confiants, car elle a été repérée très tard. Il faut que tu sois forte, comme tu l’as toujours été. Ne te renferme pas sur toi-même, ne reste pas seule, tout va bien se passer. C’est un battant. Et il faut que tu nous promettes de te battre toi aussi. De ne pas penser que ce qui lui arrive est de ta faute, c’est faux et tu le sais. Tu as toujours été la meilleure des grandes sœurs pour lui, et tu ne dois surtout pas rejeter la faute sur toi.
Prends soin de toi, nous te redonnons des nouvelles aussi vite que possible.
Ta maman et ton papa qui t’aiment.
Mon cœur
Déchiré
Mon sang
Sur la pierre.
Mince. Je saigne du cœur. Il n’y a personne dans la volière. Personne pour voir mon cœur se fracasser violemment contre le sol, personne pour entendre mes cris qui brisent et déchirent le silence de cette fin de soirée normale, pour la plupart des gens. Je meurs. Il n’y a pas d’autre possibilité. Mon âme a été criblée de tant de coups qu’elle ne peut plus en supporter davantage.
Comment ai-je pu croire, une seule seconde, que la vie allait me laisser tranquille ? Comment ai-je pu être assez sotte pour l’espérer ? Comment ai-je pu être assez naïve ?
Ça me fait mal, je crie à m’en arracher les cordes vocales, je hurle au secours, mais personne ne vient jamais et petit à petit, le désespoir cède à la colère.
Je suis en colère.
Il n’y a plus de mots
Pour décrire les couleurs
Sombres de mon âme.
Si. Il reste un mot. Un mot écrit en gras, souligné et en majuscules, un mot qui emplit tout l’espace de ma tête, un mot qui empêche les autres de sortir de ma bouche.
Injustice.
Enfin arrive ce silence violent. Ce silence dans lequel je me plonge. Mais ma tête, elle, n’est pas silencieuse.
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