Un orage en approche

@Clémence Lowen



La journée était enfin terminée, Susan avait du supporter du bruit, la présence de gens, la journée avait été horrible, trop de bruit, trop de gens, trop de… trop de tout. Les gens l’avaient bien accueilli certes, mais elle se demandait sans cesse comment se serait passé cette rentrée si elle avait été aux côtés de Jane, la douce Jane, l’empathique Jane. Elle n’avait même pas pu découvrir Poudlard, Susan lui en voulait, elle l’avait laissé seule, elle l’avait brisée.
Susan était triste, en colère, blasée… Elle-même ne savait plus différencier sa personnalité du masque qu’elle portait tous les jours qui faisait partie d’elle a présent. Elle n’avait plus personne, ses parents ne la comprenaient pas, son frère se moquait d’elle et elle n’avait pas d’amies. Pas qu’elle ne le veuille pas, c’était tout ce qu’elle voulait au contraire, mais elle ne pouvait plus faire confiance, le vase avait débordé, elle ne savait pas quand, mais malgré ça, l’eau continuait de couler encore et encore. Elle était à bout, au bout du rouleau, mais les autres sans le savoir, continuaient de tirer.
C’est avec ces pensées maussades que Susan rejoignit sa salle commune. La soirée venait de commencer mais la jeune fille était déjà fatiguée. Malheureusement, la fatigue n’était pas la seule coupable. Elle faisait des insomnies de plusieurs heures certes, mais elle était surtout fatiguée de cette vie.
Elle pensait depuis peu à se l’ôter, mais ses parents ne le lui pardonneraient pas. C’est dans cette seule optique qu’elle continuait à vivre, à survivre. Sa salle commune, d’ordinaire assez calme était aujourd’hui agitée, le moi se finissais bientôt et ses camarades fêtaient leur remontée aux sabliers.
Cependant, Susan n’avait pas le cœur à cela, elle ne l’avait jamais d’ailleurs se dit elle, c’est cette pensée qui finit par totalement plomber son moral. Elle sentait ses yeux s’humidifier, mais elle ne pouvait pas se permettre de pleurer, elle était déjà « la fille apathique » et « la fille qui ne parle jamais », elle ne pouvait pas se permettre de devenir « la fille qui pleure tout le temps ». Pas qu’elle se soucie du regard des autres, au contraire, mais ses parents lui en voudraient de salir leur réputation.
Elle ravala donc ses larmes, mais comprenant qu’elle ne pourrait pas tenir très longtemps ainsi, elle quitta la salle commune en catimini et se balada dans un château presque désert. Depuis qu’elle avait quitté la salle commune, Susan n’avait vu qu’un couple en train de s’embrasser dans un coin de la salle d’étude et un jeune homme qui paraissait en retard sur ses devoirs en train de s’activer sur ses cahiers.
Au bout d’une dizaine de minutes de marche dans le château, Susan tomba sur une pièce qui lui rappelait étrangement sa défunte amie. Elle ne comprenait pas pourquoi, ce n’était qu’une pièce abandonnée, mais elle se rappelais quand elles faisaient fi des avertissements de leurs parents pour aller explorer le château hanté a cinq minutes de chez elles.
Ce lieu qui lui était inconnu jusque-là faisait ressortir en elle des souvenirs qu’elle aurait préféré engloutir. Elle s’assis sur l’une des cuvettes de la salle et se mit a pleurer. Elle pleurait sa haine, son désespoir, sa peur et son incertitude, elle voulait hurler, mais elle savait que si elle le faisait, elle allait alerter des gens. Elle était malheureuse, mais elle voulait être malheureuse seule.

Fille de miss Xarinez, d'Eileen Eastwood et associée de Miss Loewy dans une entreprise de surnoms
In chess, the king can move one space at a time
But queens are free to go wherever they like