Sur les bords du lac +

Ouf. J'ai enfin pris légèrement le dessus sur mes assaillants nommés Démons, dans un Combat qui s'annonce aussi indécis que cruel. Elle m'achèvera, cette guerre. Mais pour le moment je tiens bon, la bouée de sauvetage est devant moi et je n'ai plus qu'à tendre les bras. Je suis à peu près maîtresse de mon Corps. Corps frêle. Corps grand. Corps Malade. Pour le soigner, ce Corps, ce n'est pas un simple tube de pommade qu'il me faut, c'est un flacon de Joie... Mais Joie n'est pas le genre de produit ordinaire que l'on trouve une boutique au coin d'une ruelle sur le Chemin de Traverse. Les perles de Joie sont plus rare encore que des saphirs, et comme on ne s'improvise pas chercheuse d'or, et encore moins chercheuse de Joie, j'ai décidé de mettre fin à cette quête , qui à mon sens n'est qu'illusion et calomnies et qui ne m'attirera que des remords.

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Face à moi, un Visage. Visage pâle, qui me fait tant de peine. Visage pâle, qui semble dans un soupir mélancolique me signifier une douleur sans précédent. Visage pâle à su rayonner, oui, je l'ai même vu rire et s'amuser, des après-midi en salle commune. Mais ce temps est révolu. Les gens changent vite, je crois que les Visages aussi. Car aujourd'hui Visage pâle est un champ de bataille. Larmes viennent se déverser sur Lèvres. Car Lèvres sont plus sèches que jamais. Elles sont esclaves de cette grande gueule qu'est la Bouche. Cette dernière sait faire mouche habituellement, lâchant tirades et boutades avec son grand canon. Mais là, elle n'est pas pareille. Bouche est calme en ce jour. Larmes sont venues et ont effacé d'un revers de main le sourire qu'elle arborait auparavant. Tristesse a commandé cela, depuis le Royaume des Abstraits. Bouche ne s'amuse plus, elle subit sans rechigner. Ce n'est pas sa posture habituelle, mais elle joue plutôt bien ce tout nouveau rôle . Orpheline de Sourire, elle n'a jamais été aussi perdue. Bouche reste close pendant quelques instants, puis bafouille quelques Mots.

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Trois mots sortis de nulle part, Trois mots que j'ai du mal à décrypter, Trois mots qui traduisent la parfaite incompréhension d'une fillette apeurée et blessée. Trois mots flottants, qui virevoltent avant de se noyer dans les profondeurs du Lac noir sans crier gare. *Putain* Je comprends plus rien. Mes émotions sont à bout de souffle et exigent plus d'explications pour pouvoir se mettre au travail. Elles se montrent plus confuses encore quand sa main se pose sur la mienne. Une main gelée, par Temps ou par Tristesse? *P'têt les deux* Je ne sais plus, je ne pense plus, je ne vois plus. J'Entends, tout simplement. Et finalement, si, je pense, car je ne peux pas m'en empêcher, c'est un mécanisme irrésistible de mon cerveau un peu abîmé. Ses Yeux sèment la pagaille dans celui-ci, je ne m'en sors pas. Ils me regardent. Il se baissent. *Mais décidez-vous merde!* Puis elle s'échappe, du moins je le crois un instant. Elle se relève, brusquement, éperdument. Je ne sais que faire, je reste, là, nigaude que je suis. Je l'observe sourcils froncés parler toute seule. Mais qui est *elle*, pourquoi s'en prend-elle à elle-même. Tout est confus. J'essaie d'éclaircir cela dans ma petite tête et de remuer un temps soit peu mes méninge, ce qui n'est par ailleurs pas chose simple. Quand je commence enfin à comprendre, après un silence aussi long qu'indécis, je finis par lâcher, mes yeux se tournant vers elle:

- Ne dis jamais ça. Personne n'est con. (puis à voix basse) A part Parkinson peut-être.

Je me fais bien rire, dis-donc. C'est bien à moi de dire ça, je le pense de moi 24 heures sur 24... Mais bon, je ne peux pas laisser Visage pâle comme ça, il est plus gris encore que le ciel, bordel. Je veux revoir les rayons de soleil qui lui éclairaient la face, il y a assez de gens tristes sur Terre, je veux qu'elle renaisse, merde! *J'suis con* Pourquoi j'me mêle de ce qui ne me regarde pas? Surtout quand je dis des choses que je n'applique pas à moi-même... *Affligeant* Allez, faut que je relance. Je peux pas la laisser comme ça, tout de même.

- Y-Y aura toujours des gens qui viendront te pourrir la vie... Mais ne les laisse ja-mais te moisir le cœur, protège-le et rapproche de ceux qui t'aiment.

Résurgence

Sur les bords du lac +
- Ne dis jamais ça.

Si.
Si je le dis.
Je viens de le faire.
Je suis conne on pourra rien n'y faire.
C'est comme ça, et ça changera jamais.
*Jamais*
Et elle ne changera jamais non plus.
Elle m'a fait du mal, continue et continuera à le faire.
Elle me hait. Je ne compte plus pour elle, et ne compterais plus jamais.

Alors putain pourquoi j'y pense ?
Pourquoi revient-elle sans arrêt dans ma tête ?
Sors de là bordel ! Thalia juste dégage. Sors de ma vie, sors de ma tête, sors de mon coeur. T'as plus rien à faire là. Arrête de t'en prendre à moi. T'en a pas déjà assez fait ? En m'envoyant cette putain de lettre à présent déchirée ? Laisse-moi vivre, bordel ! Regarde ce que tu m'a fait, c'est toi le Monstre, pas moi ! Donc putain lâche moi, laisse moi redevenir comme avant. Et sors de l'intérieur de Moi...

Les Mots d'Hannah me frappent en pleine poitrine.
Oui. Il y aura toujours des gens pour me pourrir la vie. Mais mon cœur est déjà moisis. Pourris jusqu'au bout. alors à quoi bon tenter de le protéger si ce n'est que pour l'abîmer encore plus ?

- J'sais même pas qui m'aime.

Personne.
Personne ne t'aime.
Jamais.
Regarde Thalia.
Elle ne t'a jamais aimé.
Jamais.
Papa, maman...
Jamais.
Personne ne t'aime.
Personne ne t'a jamais aimé.
Et personne ne t'aimera, jamais.


Ma respiration est saccadée, mes poumons se remplissent d'eau, cette eau noire qui m'emprisonne, qui m'emporte loin. Trop loin... Cette yeux qui sort de mes yeux pour ravager mes joues, mon visage trop pâle, trop maigre, trop tout.

Ma vision se brouille, tout tourne autours de moi. Je me laisse tomber au sol, avant de tomber réellement. Tomber les pommes. Je me tourne vers Hannah, fixant toujours le sol. L'eau chaud de mes larmes coule encore le long de ma tempe. Elle ne peuvent pas s'arrêter de couler, quelque fois ? Juste pour me laisser enfin la paix. La paix que je recherche depuis quelques mois, et que je n'ai jamais trouvé.

- Et toi ?

Et si elle dit ça, alors qu'elle ne fait rien pour elle ? Peut-être est-elle comme ça, Hannah, à dire des choses qu'elle pense, qu'on lui à répété sûrement, mais sans jamais les appliquer ?
Je sais bien que tout est plus facile à dire qu'à faire, mais si on se donne la foi, les moyens d'y arriver, on peut le faire non ?
On peut remonter cette putain de pente raide et que tout redevienne comme avant, ou mieux qu'à l'instant.

- Tu le protèges ton coeur ?

IRL TRÈS CHARGÉ / Gneuh. #234932 Trop de quote tue le quote. Capitaine des Aigles de Bronze
#poudlardredécoréenbisounours / membre de la RASA
Maison Victorieuse au Triomphe Majestueux, Jamais Serdaigle Unie Ne Perdra

Sur les bords du lac +
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"Oups, je l'ai touchée dans le cœur..."

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Mais merde!
Pourquoi?
Pourquoi moi?
Pourquoi là?
Pourquoi je l'ai croisée, aujourd'hui, devant ce putain de lac?
*J'suis connne*
J'aurais du rester au château.
Faire comme tout le monde.
Qu'est-ce que j'ai dans la tête?
*Le néant*


Je peux rien pour elle.
Je me suis embourbée.
Dans la profondeur de ce Lac mon esprit s'est égaré.
Dommage.
C'était si bien de, rêver...
Je sens qu'elle va parler.
Non ne parle pas.
Silence.

Eh bien non, elle ne se tait pas.
Pire, elle creuse.
Elle creuse des questions insolubles.
Des questions auxquelles seul le Destin sait répondre.
Il est horrible ce Destin.
Ne le défies pas, Eileen




"Je sais pas qui m'aime"



Mais putain, va-t-elle se taire?
Est-ce qu'elle comprend que je ne comprends pas?
Est-ce qu'elle sens que je ne le sens pas?
Mais merde!
Je suis pas un prophète, dieu merci.
Si c'était le cas, la moitié de l'humanité se serait déjà suicidé.
En fait non, j'ai pas envie d'y penser.
J'ai déjà du mal à me concentrer sur les Mots des Maux, venus tout droits d'Eileen.
Pourquoi j'y arrive pas?

Bon tant pis.
Je vais ignorer ses paroles.
Je vais éviter de me la jouer donneuse de leçons, un rôle que je déteste en plus.
Pourquoi?
Pourquoi j'agis comme ça?
Je réfléchis bien pour des choses inutiles...
Pourquoi je ne le fait pas pour des choses utiles?
Je suis impossible.
Oh merde.
Elle va encore parler.
Je ne le sens pas.
Mais alors pas du tout.


"Et toi?"


Comment ça , "et moi"?
*J'comprends rien*
Par Dumbledore, un cours de Potions serait presque simple à côté des paroles de cette Enfant.
Me demande-t-elle si j'ai des gens qui m'aiment?
Oui, j'ai déjà ça.
J'ai mon père.
J'ai ma mère.
J'ai Lexa.
J'ai...
Personne d'autre en fait.
Grand-mère est morte.
Non.
Si.
Non.
Si...

"Tu le protèges, ton cœur?"


Mais veut-elle que je lui saute à la figure?
Me veut-elle du mzl?
J'ai de la Haine dans mon Corps.
Dure à évacuer.
Très dure à évacuer.
Je veux pas pleurer.
Je veux résister à mes pulsions.
Pour une fois.
Si seulement j'étais pas une Autre.
Si seulement je ne vagabondais pas dans les songes les plus sombres et biaisées.
J'en ai marre.
Juste marre.
Cette fillette de mon âge est trop curieuse.
Je ne sais que faire.
Je ne veux pas mentir.
Je ne veux pas fuir.
Je ne veux pas qu'elle me voie faible.
Je veux me réfugier derrière les Mots mais les Mots doux ne viennent plus.
Alors je ne cède qu'à moitié.


"Ce n'est pas de mon coeur qu'on parle"


Cela ne suffit pas.

"Le mien est un cœur d'Autre"


Voilà, c'est déjà un peu mieux.
Je ne veux pas qu'on se plonge dans ce qui se rattache à moi.
Je n'en vaux pas, ou plutôt plus, la peine.
Maintenant j'espère qu'elle me laissera tranquille.
Cette fille.
Eileen.
Il faut qu'elle vive.

Résurgence

Sur les bords du lac +
Celui d'un Autre ? Son coeur... est celui... d'un Autre... ?

*Non*.
Ce n'est pas possible.
Son cœur... c'est le sien.
Pas celui d'un Autre.
On ne peut pas avoir celui d'un Autre.
Notre corps ne le supporterait pas.
Alors non.
Elle n'a pas le droit de dire ça.
Elle peut pas dire ça.
C'est pas possible.
Je l'accepterais pas.

Non Hannah, ton cœur il est à toi, et par pitié protège le, comme tu veux que je protège le mien.
Parce que ce qu'on dit aux Autres vaut aussi pour nous.
Il n'y a pas qu'un seul sens, il y en a deux.
Les Deux Sens de la Vie.
Les Deux Sens de Ta Vie.


- T'sais quoi ?

Je déglutis, difficilement, et me lève, encore une fois. Je ferme les yeux. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. Ce que j'ai dis, c'est sorti tout seul, sans vraiment que je ne comprenne le sens. Je ne sais pas ce que je vais dire après. J'inventerais ? Après tout, chaque paroles est inventée, quelque part. Qu'elles franchissent consciemment ou sans volonté nos lèvres, elles sont inventées, sorties de nulle part dans notre esprit, pour ensuite se laisser porter par notre souffle vers les Autres.

- Tu racontes n'importe quoi.

Juste des bêtises. Des mensonges. Une vérité qu'on veut pas s'avouer. Une réalité qu'on veut pas accepter. Parce qu'elle est trop dure. Trop frappante. Trop cassante.
Elle détruit tout sur son passage.
Alors on se cache. On se planque derrière des mensonges qui n'en finissent jamais, et qui nous éloignent de plus en plus de la Vie, de tout ce qui est vrai et qu'on ne veut pas intégrer.
Alors qu'elle arrête.
Qu'elle se taise, et qu'elle cesse de raconter des conneries.
Qu'elle cesse dire que son cœur n'est pas le sien.
Parce que c'est *faux*.

- Ton cœur peut pas être celui d'un Autre.

*Impossible*.

- Ca peut pas... Ca peut pas être celui d'un Autre.

Parce que c'est *Impossible*.


Je me relève. Brusquement. Et sans un regard vers Hannah, je pars, loin d'elle, en courant. Mes jambes s'élancent seules, tandis que mes poumons recommencent à bruler, enflammer ma cage thoracique. Mes pieds foulent le sol sans que je m'en rende compte, car je n'ai qu'une envie : m'éloigner le plus possible d'Hannah, et de ses phrases totalement fausses, débiles...
Son coeur ne peut pas être celui d'un autre. C'est impossible, car elle n'est pas une erreur. Si elle est là, ce n'est pas pour rien. Elle vit sur cette Terre, alors elle n'est pas une erreur, ne l'a jamais été, et ne le sera jamais. Alors son coeur est le sien, pas celui de quelqu'un d'autre.

Fin pour moi... Merci pour tout ! <3 :'(

IRL TRÈS CHARGÉ / Gneuh. #234932 Trop de quote tue le quote. Capitaine des Aigles de Bronze
#poudlardredécoréenbisounours / membre de la RASA
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Sur les bords du lac +

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“Ça veut dire quoi le bien? Je suis né j'ai pas tout compris ”
Lomepal
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Lorsque mes Mots sont éjectés de ma gorge, ils ne semblent pas plaire à Eileen.
Elle réfléchit et semble désapprouver mes paroles.
Je ne comprends pas, moi non plus.
Comment peut-elle remettre en question une affirmation que moi seule puisse vérifier, et encore.
Elle va *encore* parler.
Elle m'énerve.
Je voulais sauver son visage pâle, et elle me contredit sans arrêt, elle baragouine des phrases toute seule...
*M'énerve celle-là*



Peut être que je suis pas faite pour aider les gens finalement.
Je suis de ces boulets qui alourdissent le poids des douleurs des Semblables.
Tant pis.
Il faudra m'y faire, je crois.
J'attends avec inquiétude c'que va me répondre Eileen.
J'ai peur.


T'sais quoi?


Qu'est-ce qu'elle va me raconter encore?
Me faire une thèse pour me prouver que j'ai tort?
Me foutre la tête sous l'eau?
Marmonner dans sa barbe, comme elle sait si bien le faire?
En fait, je crois que je suis juste déçue.
Déçue parce que j'ai cru un instant que le Visage Pâle qui se tenait devant moi recelait quelque chose de solaire, qui me comprendrait.
Mais j'ai été naïve *Comme d'habitude*
En fait, elle est juste une Semblable idiote et insolente, ce genre de créature qui va vous dire que...

Tu racontes n'importe quoi


J'ai une irrésistible en vie de lui mettre mon poing dans la figure, mais je m’interromps.
La colère et la stupeur sont telles que je m'immobilise, mon teint passant du blanc au rouge, le sang me montant au visage et la moutarde au nez.
*J'vais l'exploser*
J'en peux plus.
J'ai envie que cette hémorragie cesse, et pourtant, elle en remet une couche.




Elle a rien compris, c'te fille
Je savais qu'il fallait pas le dire.
Personne ne comprend ce que je veux dire.
Je suis perdue dans mes paroles.
Mais aujourd'hui, je suis détruite.
Eileen a eu l'effet d'un Détraqueur dans la grisaille de cette matinée printanière.
Je lui en veux terriblement.
J'veux qu'elle dégage.
Et c'est ce qu'elle fait, sans piper mot, sans "au revoir, ni rien, ni merde.
Ton vocabulaire Hannah...
Et cette Voix qui continue de me coller au basques, j'aimerais aussi qu'elle s'en aille, qu'elle s'accorche à cette idiote de Jones pour qu'elle comprenne ce que je ressens.
Mais malgré mes projets de vengeance ingénieux, le constat et le même, encore et toujours.
Je suis seule.
Et faible
Pour l'éternité, semble-t-il.



Je m'écroule sur l'herbe, encore humide.
Ma tête vient heurter le sol, lentement et avec fracas.
Ca finit toujours pareil.
Je suis un pantin.
Faible.
Et à terre.

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Fin
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Merci
Merci pour ces Mots Harmonieux, merci pour cette Danse qui fut odieusement belle et cruelle pour deux filles qui n'étaient pas faites pour s'entendre. Elle repartent l'une et l'autre frustrées et incomprises. Il faudra du temps sûrement pour effacer cette rencontre au goût amer, mais nos Protégées vont changer au cours des années et pourront qui sait un jour mieux se comprendre...
A bientôt, Plume d'Eileen.

Résurgence