Les livres disent, les cœurs parlent

Image postée par le membre


17 Juin 2045
RPG


partie loin de toi bien trop vite.

elle. son départ à été trop soudain, elle a beaucoup trop changé, elle s'est envolée. te laissant, toi, le môme en proie à une solitude amorphe, à tes démons à la faim insatiable. rage aux tripes, les envies d'hurler une colère sans fin, les sinistres de l'animosité qui gangrène un peu plus ta lumière, t'entraînant dans un vide salvateur sans échappatoire. colère conquérante des nuits opaques, dans ta poitrine un trou béant, et cette furie rancœur. parce qu'il faut un coupable pour que ta douleur s'atténue, pour que les tissus se réparent. mais t'es bien trop nécrosé, trop abîmé, t'as tenté de recoller une relation trop écaillée, t'as porté ce fardeau trop lourd pour tes épaules frêles de l'époque, trébuchant, rougissant tes phalanges. photo entremêlée entre tes doigts, inconnus abordés en quête de réponses, mais les regards reçus sont précaires, et les résultats, trop peu encourageants. tout simplement.

T'es songeur. Tu marches doucement au milieu des rayonnages. Parcours de tes doigts le dos des livres. Accroches délicatement ton index sur les signets qui pendent des étagères. Caresses les lettres gravées d'or, écaillées de vieillesse. L'odeur des livres te parcourt en entier. Elle pénètre tes sinus et traverse tes veines, menée par la force bouillonante de ton adoration. Le voici, ton second endroit préféré. La Bibliothèque. Véritable petit paradis, pour le jeune amoureux des mots que tu es. Tu cherches et te perds, ne sachant pas trop quoi prendre avec toi, ne sachant pas quoi lire, hésitant. Tu en prends un, mais le reposes en voyant un autre. Jusqu'à ce que dans tes bras, se soient emplilés une dizaine. Mais cela ne te dérange aucunement. Que faire d'autre sinon pour passer le temps ? D'un pas presque léger, vers les un autre couloir tu te diriges. T'asseyant à même le sol. La pile de livre à tes côtés.

Prêt pour stimuler l'inspiration de ton ennui.

Tu ne la vois pas au début. Rien ne pouvait déranger la quiétude de tes lectures. Un calme rare qui vit dans ton coeur. Un calme auquel tu ne t'habitueras jamais, mais qui est là, malgré tout, au fond de toi. Et ressurgit lorsque t'en as le plus besoin. Tu ne la remarques toujours pas. Était-elle debout ou assise ? Tu ne lèves pas les yeux de tes lettres. Il y a son ombre qui cache la lumière, noircissant la page de ton livre. Cela ne t'agaçais pas, il y a peu de choses qui te dérangent. Tu veux juste savoir quelle saveur avait la voix de cette Ombre, qui n'avait atterit que sur ta page. Alors tu élèves la voix. D'un murmure presque solonnel. Car oui, c'était au temple de ta fièvre que tu parlais. "Il y a quelque chose que tu cherches ici ? Je pourrais peut-être t'aider à trouver." Perdu dans tes pensées. La tête toujours baissée. Simplement serviable. Parce que l'Ombre occupait ce moment, hors du temps. Tu voulais mettre un nom sur un visage. Alors tu lèves les yeux et croises les siens. Ne sachant pas quoi faire.

@Canelle Coutisson-Du-Mât voilà voilà :happy:

L'allégorie de l'art me repousse.
Artiste ment, artiste triste.
#BF0000

Les livres disent, les cœurs parlent
Elle s'était levée avec le soleil. Enfin, elle ne pouvait pas le voir, mais elle le sentait. Restée dans son lit, doux, moelleux, pendant longtemps, elle s'était dirigée vers la Salle Commune. Et elle s'était souvenue qu'Elle risquait d'y être. Alors elle avait fuit, lâchement. Elle est lâche. Lâche. Ce mot résonne dans sa tête, elle le balaye vite. Ses pas l'avaient menée jusqu'au Sanctuaire des Livres. Là, elle serait tranquille. Avec un peu de chance. Elle avait dépassé les chuchotis. Dépassé les gens, peu nombreux comme le soleil attirait les esprits. Dépassé les regards, c'était comme si chaque paire d'yeux était fixée sur elle et criait "Lâche". Pourtant personne n'avait fait attention à elle. Elle et sa douleur, elle et ses pleurs retenus, elle et sa peine. Elle s'était réfugiée entre deux rayons. Là où personne ne la verrait lâcher ses larmes.
Elle espère.


Dawn. Non. Chut. Stop. Arrête.
Pas son nom. Pas elle.
Il faut pas.
Tu te fait du mal.
Stop.
Corps pleure.
Larmes coulent.
En silence.
Silence autour de moi.
Silence permet pensées.
Pensées blessent.
Blessent au plus profond.
Profondément blessée.
Envies parties.
Besoin présent.
Elle.
Encore.
Toujours.
Elle me hante.
Toujours ?
Tous jours, toutes nuits.
Au début, j'ai essayé d'accepter.
Acceptation n'est jamais arrivée.
Souffrance l'a remplacée.
Cœur cassé.
La douleur coule des pupilles.
La source ne se tarit pas.
Douleur, encore.
Et le temps passe.
Et les gens passent.
Pourquoi ?
Pourquoi douleur ?
Pourquoi ces pleurs ?
Tu es grande.
Pas fragile.
Forte.
Oui.
Forte.
Essuie tes larmes.
Et si elles coulent encore ?
Alors laisse les couler.
Alors ne résiste pas.
Laisse toi entraîner par ce fleuve.
Nage.
Tu couleras.
Pourquoi douleur ?
Pourquoi ces pleurs ?
C'est comme ça.
Vie est cruelle.
Vie est mortelle.
Ne meurs pas.
Ne croule pas.
Je suis toi.
Même si douleur, je suis toi.
Même si pleurs, je suis toi.
Et tu es moi ?
Peut-être, je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Pourquoi douleur ?
Pourquoi ces pleurs ?
Je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Saturation.
Je ne sais pas.
ne sais pas.
sais pas.
pas.
Stop.
Pas.
Des pas.
S'approchent.
Elle ? Non.
Masculin.
Enfant.
Je ne peux pas le voir.
Tête posée sur les genoux.
Bras entourent mes jambes.
Dos appuyé contre une étagère.
Présence.
Silence brisé.
Voix douce, un peu hésitante.
La mienne est rauque et cassée.
"Rien. Rien."
Tête levée.
Regard.
Retient tes pleurs.
Exprime façade.
Ne coule pas.
Trop tard.
Larmes glissent.
Morceaux de cœur.

@Anwar Elriani :happy:

en absence mais pas vraiment
couleur des paroles en RP : #804080

Les livres disent, les cœurs parlent
Tu croises son regard. Sa profondeur te donne le premier coup. Elle te lacère d'un couteau. Tant la souffrance qui y transparaît, t'atteint de plein fouet. Le second, c'est le rouge de ses pupilles qui te l'enfonce. Un poing en plein visage. Qui te heurte de sa douleur. Le vermeil qui trahit son serment de silence. Puis en voilà un autre, un troisième. Lui, c'est à cause de ses prunelles qui brillent. Qu'on te griffe la poitrine, d'un poison presque mortel. Et quand elles coulent ces Larmes. De ces yeux ancrés en toi. Ces yeux qui parlent, qui crient et hurlent. Qui demandent de l'aide sans trouver leur voie. Le quatrième coup n'arrive pas. Il aurait dû arriver, n'est-ce pas ? Mais non, il n'est toujours pas là. Il n'est pas là car il ne trouve pas vers où aller te faire pâtir. Il n'est pas là, car tout en toi sent. Tout en toi s'abandonne aux dommages de ces diamants. Qui déjà ont atteints ses pommettes. Rouges comme son coeur qui saigne. Tu ouvres la bouche. Puis la refermes.

Lâchant tes livres à tes pieds, la page que tu lisais froissée. Marquée.

Tu t'approches d'elle. Un peu peureux. Surtout touché. Ton empathie n'a pas de limite. Ton empathie te bouffe. Elle t'attaque et triomphera un jour. Mais pour l'instant, elle ne fait rien d'autre que te torturer. Car elle sait que tu ne sais pas comment réagir face aux coeurs morcelés. Tu ouvres la bouche. Soupire. Puis tu la refermes. Il est ironique de te voir ainsi, gamin. Reprends-toi. Tu sais lire les mots. Tu sais en écrire des plus beaux. Mais tu ne sais rien dire, quand il le faut. Sombre idiot. "Est-ce que ça va ?" Sombre idiot. Mais quel crétin stupide tu fais. A-t-elle l'air de bien aller ? Remuer le couteau dans la plaie. Était-ce donc ça ton but premier ? Sombre idiot. Tu t'asseois à ses côtés. Espérant comprendre et aider, à la proximité. Mais tu sais que son âme est loin. Très loin pour que tu puisses la rattraper. Tu ne peux rien faire d'autre que l'appeller. L'appeller. Encore et toujours plus fort. Qu'elle vienne d'elle-même vers toi, et qu'elle s'accorche à ton bras. Toi, l'inconnu. Mais l'épaule qui s'invite, et restes là à attendre. La tête lourde qui se pose et se repose après l'attente. "Je suis bête, ça ne va sûrement pas. T'as besoin d'en parler ?" Voilà tout ce que tu peux proposer. Ce n'est pas si mal, n'est-ce pas ? D'être un gars à qui l'on peut tout raconter.

En voilà un autre, moment hors du temps. Dans le sillage des Livres.

@Canelle Coutisson-Du-Mât :LOL:

L'allégorie de l'art me repousse.
Artiste ment, artiste triste.
#BF0000

Les livres disent, les cœurs parlent
En un battement de cils, elle s'était effondrée. Les perles transparentes ruisselaient sur ses joues. Inondaient son visage. Reflétaient sa peur, sa douleur. Sa douleur, surtout. Elle se noyait. Noyait dans l'océan de ses pleurs. Sans comprendre. Mais qu'y avait il à comprendre, après tout ? Elle savait déjà. Dawn ne veut pas d'elle. Pas comme elle veut, du moins. Dawn. Ça signifie "Aube". Mais pour elle, c'était une nuit noire. Elle aurait pu baisser sa tête. Mais elle la gardait haute. Exposait ses larmes au jour. À lui, surtout. Sa présence l'apaisait. Elle voulait juste qu'il comprenne.
Comprendre. C'est trop dur.


Dur.
C'est dur.
Pourquoi si dur ?
J'veux plus.
Je veux...
Je sais pas ce que je veux.
Je sais pas pourquoi.
Je sais pas comment.
Ignorante.

Perdue, elle l'était. Peut-être pas ignorante. Elle ne comprenait pas. Elle était si douce, si calme, si douce. Était. Maintenant les copeaux de son cœur en lambeaux la rendent rugueuse. Cassante.

Il soupire.
Pourquoi ?
Est-ce qu'il en a marre de moi ?
Possible.
Toi, ferme-la.
Acerbe.
Coupante.
Abrupte.
Est-ce que je...
Est-ce que je vais bien ?
J'aurais dû m'en douter.
Il est comme les autres, à quoi tu t'attendais, hein ?
Il est comme les autres.
...
Ou pas ?
En parler ?
Il faudrait déjà que ma gorge puisse produire un son.
Elle est tellement nouée.
Jsais pas si je peux.
Essaie.
"Je..."
Ma voix est ridicule.
Faible, presque murmurée.
Il s'en fout.
Je pense.
"Je... Dawn. Dawn Green."
Son nom est tellement douloureux à prononcer.
"Est-ce que tu as déjà aimé ?"
Aimer.
C'est trop dur.
J'veux plus aimer.
J'en peux plus.
"Elle ne m'aime pas."
C'est la vérité.
Je crois.
Pourquoi ça fait si mal ?
Mais moi...
Mais moi,
je t'aime.
Je t'aime, plus que moi.
Plus que les autres.
Plus que tout,
je crois.
Et ça fait mal.
Mais moi,
"Je l'aime."
Ma voix n'est plus faible, désormais.
Ça, j'en suis sûre.

en absence mais pas vraiment
couleur des paroles en RP : #804080