Vous ne m'aurez pas! RP ++ solo one shot

Fin mai 2044, Le lac,

Il était 23h30 et la nuit enveloppait le château de Poudlard telle une couverture qu’on ajuste sur un enfant avant qu’il ne s’endorme. Le calme régnait, après les derniers rires légers des élèves, qui commençaient gentiment à rejoindre les bras de Morphée.
Cependant, les minutes filaient à une vitesse incroyable sans que Raven ne puisse trouver la paix pour s’endormir. Mille et une pensées traversaient son esprit. Des cris incessants, des éclats de rires fous, ainsi que des paroles insignifiantes jouaient tel un épouvantable orchestre symphonique dans la tête de la jeune fille. L’oppression se faisait sentir, sa couverture semblait presque étouffante, l’empêchant ainsi de respirer correctement.

« Compte, Raven. Arrête de penser juste un instant. 1… 2… 3… », essayait-elle de se répéter, pour faire taire ses idées noires exécrables et raillantes.

Cela en était trop pour la Gryffone qui décida alors de sortir de son lit, et de prendre un gilet. Elle descendit alors dans la plus grande des discrétions dans la salle commune, puis sortit pour aller en direction du lieu qu’elle affectionnait tant: le Lac. Son refuge, comme elle aimait l’appeler, allait peut-être l’aider à apaiser son esprit qui bouillonnait.

La nuit était douce, et un vent chaud caressait les joues de la jeune fille, donnant presque un aspect bienveillant et reposant de l’extérieur, ce qui était en contradiction avec les sentiments intérieurs de Raven. Pourquoi d’ailleurs étaient-ils si présents? Etait-ce à cause du conflit actuel, entre moldus et sorciers qui l’inquiétait et lui faisait remettre toute sa vision de la vie en question? Cette peur de la mort, qui était ancrée en elle depuis toujours, et qui la guettait comme un prédateur attendant vicieusement sa proie pour mieux l’achever au moment opportun, se manifestait grandement depuis ces derniers mois.

Elle approchait petit à petit les bords du Lac, et alla se réfugier dans le creux du tronc d’un arbre. Elle scrutait l’étendue d’eau, comme pour attendre quelque chose, mais quoi ou qui? Etait-ce ça la vie? Attendre, simplement, que tout s’arrête, ou qu’on nous oublie? Allons-nous oublier un jour tous ces gens qui ont périt dans l’incendie de Londres ou bien qui ont été mutilés et tués par ces moldus? Toutes ces questions, qui ne seront peut-être jamais sans réponse, faisaient complètement dérailler la jeune fille. Sa respiration s’accélérait, les battements de son coeur étaient perceptibles, comme si cet organe de la vie allait sortir de sa cage thoracique, en abandonnant la rouge et or. Elle ramena alors ses genoux vers son torse, en se recroquevillant, lui donnant une position d’un être vulnérable.

Imagine, s’ils t’attrapent. Tu es une sorcière à leurs yeux, même si tu es une sang-mêlée, ils ne feront aucune différence… Aucune différence s’ils t’attrapent… Tu connais la fin dans ce cas.


La petite voix dans la tête de Raven résonnait, tel un écho indomptable et effrayant. Des larmes se formaient dans le coin de ses yeux verts, qui devenaient pour la première fois sombres et vagues. Elle se cramponnait à l’arbre, comme pour trouver du réconfort, un ami à qui elle pouvait déverser tout ce qui l’habitait au plus profond d’elle, afin d’enlever certains poids qui l’oppressaient. 
« Arrête de penser ça, je t’en supplie, arrête de me torturer », émit-elle difficilement entre deux respirations, laissant entrevoir qu’elle suffoquait. La peur était présente et prenait le rôle des chaines qui retiennent un prisonnier, dont la prison ici serait son esprit. Elle devait se battre avec elle-même, et un instinct de survit commençait petit à petit à naitre et grandir.

C’est à ce moment là, qu’un corbeau se posa non loin de la jeune fille. Il la scrutait, et elle le dévisageait avec interrogation. Il s’approcha d’elle en sautillant, comme pour lui dire quelque chose. La rouge et or en fit de même, ce qui n’effraya pas l’animal. Etait-ce un signe? Le signe de ne pas abandonner et de ne pas avoir peur. Sûrement. Les échanges de regards continuèrent pendant quelques minutes, ce qui pendant un court instant, fit oublier toutes pensées sombres. Un petit sourire se dessinait alors sur le visage de Raven qui vit aussitôt le corbeau s’envoler haut dans le ciel. Pour certains, cet oiseau peut être signe de mauvais présages, mais pour la gryffone, cela voulait dire plus à l’heure actuelle. Pour elle, c’était signe de protection, et le considérait comme son sauveur, et son guide pour traverser et percer les mystères de la vie.

Raven se leva alors, contempla le Lac, qui était calme ce soir là. Elle prit alors une grande inspiration, tout en fermant les yeux. 



« Vous ne m’aurez pas! ».

Raven.G: un détail dans l'éternité
NE PAS MENTIONNER LES ANNÉES RP.