Solo Par un jour de pluie

Un 16 Juillet - Chemin de Traverse, Londres.


Ce samedi de Juillet était un jour pluvieux, mais il ne faisait pas froid. C'était le jour que Rogan attendait le plus. Qu'il pleuve, qu'il vente ou que le ciel soit embrasé, rien ne vint éteindre en lui cette flamme de bonheur qui brûlait en lui depuis le jour où il avait reçut sa lettre d'admission au collège de sorcellerie Poudlard. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il mettait les pieds au village caché londonien, il y venait si souvent avec son père quand celui-ci tenait les réunions de club avec ses compères écrivains, ou qu'il avait besoin de s'acheter une toute nouvelle plume chez Amanuensis Quills. Mais cette fois-ci, quand son père ouvrit le mur magique, à l'arrière de la boutique du Chaudron Baveur, le cœur du petit Rogan se mit à danser sous sa poitrine et, quand il s'avança dans la rue pavée, la lueur de magie dans ses yeux s'intensifia. Morrighan, son père, fit jaillir un parapluie d'argent de sa baguette, un assez grand pour abriter lui et son fils qui le suivait en s'accrochant à son long manteau. La rue était bien animée malgré la pluie et le ciel couvert. Les bruits des talons des grandes dames, les chaudrons en étains qui s'entrechoquent un peu plus loin au Bon Chaudron, les hululements des chouettes et hiboux et les croassements des crapauds provenant tout droit de la Ménagerie Magique, les éclats de rire festoyant quelconques nouvelles, le bruit des capes qui se frôlent... tout venait ajouter au Chemin de Traverse un sentiment de perpétuelle félicité. Toujours le poing serré au manteau de son père pour ne pas le perdre, il ne savait plus où donner de la tête, avec toutes ces boutiques et devantures originales. Ils passèrent devant le salon de thé Rosa Lee Teabag, d'où s'échappait une agréable odeur de jasmin et une petite musique de jazz. Rosa Lee Teabag était l'endroit où Morrighan était accoutumé à rencontrer ses collègues écrivains Columbine Cray, la servante avec le nez retroussé, et les cousins Gutenbergs. Rogan lui, âgé à peine de 5 ans, dormait dans les bras de son père pendant qu'il discutait de l'échec palpable de son ouvrage de poésie et de la fermeture prochaine de la seule maison d'édition qui avait bien voulu prendre ses œuvres sous son aile - c'était seulement par pure bonté, disait-il entre deux soupirs et une gorgée d'infusion à la camomille. Non, aujourd'hui seulement il ne s'y arrêta pas, car la liste des affaires scolaires était plus important que de marmonner dans un ton défaitistes autour d'une tasse en porcelaine. Non, aujourd'hui, il venait pour son fils. Toujours d'une démarche chaloupé, Rogan suivait, bouche-bé, son père qui s'enfonçait dans le chemin de traverse.
"- Papa, où est-ce que l'on va comme ça ? Je voulais aller voir les nouveaux livres chez Fleury et Bott, dis, dit le petit en pointant du doigt la boutique qu'ils venaient de dépasser, toujours avec cette pointe de curiosité dans sa voix.
- Patience, patience, répondit Morrighan en lâchant un petit rire en voyant que son fils tenait vraiment à s'arrêter pour feuilleter des livres. Et il en était fier. Il s'arrêta, Rogan également, et s'abaissa à sa hauteur. Dis, mon garçon. Tu sais quelle est l'outil le plus précieux qu'un sorcier puisse avoir ?". Accompagné par la pluie qui tombait dans des flocs flocs incessant sur le sol pavé, Rogan commença à réfléchir à la question que son père venait de lui poser. Voyant que ce temps de réfléxion était bien trop exagéré pour une question aussi bête, Morrighan en déduit que son fils venait, encore une fois comme à son habitude, de tomber dans les abysses de ses pensées. D'un coup, Rogan releva la tête vers le visage de son père, celui-ci à moitié recouvert par une longue moustache et une épaisse barbe ondulée.
"- Une plume ! Une plume, papa ? Mais, Amanuensis Quills, c'est pas de ce côté là, dis ?
Son père fronça les sourcils, mais il était très amusé par la situation.
- Certes, certes, reprit-il, il est vrai que tu me coûtes cher en plume, Rog, mais non. Pas une plume."
Et, d'un mouvement doux, il ouvrit la paume de la main de son fils, et y plaça sa baguette. Le parapluie enchanté se replia sur lui-même et disparut sur le bout de la baguette. La pluie recouvrit les deux O'Cathasaigh. Morrighan rit, pendant que Rogan venait de se rendre compte de l'idiotie qu'il venait de dire.
"- La baguette, Rog, te qualifiera en tant que vrai sorcier. Tu dépendras de ta baguette, et la baguette dépendra de toi. Jusqu'à ce que tous les deux deveniez des vieux rabougris qui s'effritent!
- Un peu comme toi, papa !"

Alors que tous deux se mirent à rire à plein poumons, ils s’engouffrèrent chez Ollivander, une boutique délabrée.


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Elle chantait de si belles cantiques,
Si belle à rendre mon esprit alchimique.