Pantomime des Orageux
Mars
22:31
avec @Lexa Queen
La surface du lac était embrasée par la lueur rougeoyante du crépuscule. Rogan y venait à ce moment précis, après les cours, car il trouvait en cette endroit une sorte de sentiment de réconfort, comme si cette lumière l'embrassait tendrement sur son front. À cette heure là aussi, très peu d'élèves se promenaient dans les plaines de Poudlard, pensant qu’il était préférable de se reposer pour être en forme la veille. À l'orée de cette étendue d'eau écarlate se dressaient le château de Poudlard, et, plus loin, les hautes montagnes qui rencontraient le ciel cramoisi.
Rogan s'était installé à même le sol, contre l'herbe mouillée par la pluie qui s’était déversée dans l'après-midi. Le pétrichor pouvait encore se faire sentir dans l'air, si on faisait vraiment attention à ce fin parfum que puisse nous offrir le ciel. Il avait emmenée sa lampe à pétrole, trouvée échouée dans une salle d'un couloir qu'il n'avait jamais vu auparavant. Ce château est trop grand pour un penseur aussi troublé que moi, se chuchotait-il souventefois.
Dans ce même lac, il avait envie d’y plonger dix mille pieds plus bas, se fondre avec la faune marine, de leur partager sa perpétuelle mélancolie. Mais d'où lui venait pareille tristesse ? Un enfant de 11 ans préférerait se prélasser dans sa salle commune, ou faire des farces avec ses amis. Non. Non, Rogan, lui, aimait tellement sa solitude, il aimait immensément se retrouver seul avec elles. Elles, ses pensées. Il n’avait point développée une quelconque asthénie envers les autres, loin de là, et il pourrait bien se lier d’amitiés avec eux. Mais rien ne l’attirait vraiment vers les gens. Peut-être aurait-il préféré rester avec ses parents, à la campagne.
Avec sa lampe à pétrole, il avait également ramené sa vieille plume et son ancien cahier en vieux cuir. Ce moment crépusculaire était aussi une source d’inspiration pour ce poète en herbe. Mais rien, ce soir, ne lui venait à l’esprit, quand il posait le bout de sa plume contre les pages froissées par le temps.
Alors il se laissa tomber en arrière, croqua dans une pomme, et ferma les yeux. Morphée l’emporta quelques instants.
Dernière modification par Rogan O’Cathasaigh le 25 oct. 2020, 19:06, modifié 2 fois.
Elle chantait de si belles cantiques,
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Pantomime des Orageux
“Notre existence se trouve entre deux éternités.”
Timée
. ♕
•••
Ici. Éternellement. Je rêve de vivre ici, dan mon coin de paradis. Ressentir la fraicheur du parc, et l'humidité du Lac. Passer ma vie à me prélasser dans le Lac, ma vie défilant devant mes yeux. Comprendre quel est le but. Est-ce un mirage ? Ou bien un test ? Oui, je ne vois pas d'autre possibilités. Comme si me manipuler était plaisant à ce point. Pourquoi doit-on toujours me faire du mal, hein ? Qu'ai-je fais ? Ce n'est pas comme si j'avais volée l'éternité.
J'en reviens toujours à ce mot-là. L'éternité. C'est le rêve de tellement de personnes dans ce monde. Puis-je me caractériser de suicidaire si moi, je rêve de la Fin ?
N'importe qui dirait que oui. Et pourtant j'suis pas n'importe qui.
•••
Le lac est paisible ce soir. Le ciel est rosé. Ces Mots s'écrivent dans les Nuages. Pourtant je ne vois rien d'autre que la fin.
J'entends le bruit de l'eau, déposée sur l'herbe, sous mes chaussures. Il a plut. Ça me rappelle ce jour-Là. Noël. Le même bruit sous mes chaussures. Les même émotions, et les même rêves. J'en reviendrais donc toujours à ce point-là ? Marcher sur la neige, ou l'heure humide, cherchant absolument à ressentir quelque chose ? À toujours rêver de la Fin ?
•••
Comme le miroir de mon âme, j'aperçois pas loin un garçon. Est-ce que... il dort ? C'est étrange le Sommeil. Fermer les yeux, espérant un repos nécessaire. Ou fermer les yeux, espérant ce réveiller quelques heures après. Chacun sa vision du sommeil.
Je me laisse tomber par terre, et m'allonge à ses cotés.
- B'soir.
Couleur RP : #274e13
5ème année [48-49] - filière sciences
Lexa Queen, ou le trèfle à 4 feuilles vivant de Maiy Lewis
Pantomime des Orageux
Écoute-moi, Sommeil : lasse de sa veillée,
La lune, au fond du ciel, ferme l'œil et s'endort
- Theophile Gautier
La lune, au fond du ciel, ferme l'œil et s'endort
- Theophile Gautier
Pris dans sa torpeur vespérale, le Serdaigle aurait bien voulu rester assoupi dans son bain de hautes ivraies. Seulement, un trouble vint s'ajouter alors au décor paisible de sa conscience. Il ne savait pas s'il devait se relever pour faire face à ce parasite, ou bien faire mine de rien et le laisser partir, déçu devant le corps somnolent de Rogan. Les bruits des pas se rapprochaient. 'Pourquoi', se disait-il encore une fois, 'faut-il qu'on vienne me perturber ? Pourquoi cette personne tient-elle à venir vers moi ? Vient-elle vers moi, en fait ?' Il a beaucoup plus intéressant que ce petit être, allongé dans l'herbe...
Les pas se sont arrêtés tout près de lui. "Va-t-en" avait-il voulu écrier jusqu'au firmament, mais l'inertie de tous ses muscles l'en empêchait. Et puis, c'était beaucoup trop exagéré. Il ne voulait pas blesser la personne... juste qu'elle parte.
- B'soir.
C'était une voix féminine qui cassa le silence qui planait sur le lac. Ton juvénile, elle n'était pas plus vieille que Rogan. Heureusement, sinon, il aurait tout fait pour se fondre parmi les minuscules insectes qui rampaient sous son corps immobile. Que lui répondre ? Son ton était cassant, froid. Rien pour rassurer le poète. Mais dans sa voix, Rogan reconnu cette pointe de fatigue, cette faiblesse asthénique qu'il ressentait lui aussi. Il se trompait peut-être ?
Les oiseaux nocturnes étaient l'audience de ce mutisme gênant. Alors, la fille s'allongea aux côtés de Rogan. Il ne bougeait toujours pas, les yeux fermés, la bouche fermée, le cœur serré.
- Qui es-tu ?
Une force invisible le retint de porter sa main à sa bouche. Qu'est-ce qui lui prend, d'un coup, à parler sans que sa conscience ne lui en ait invité ? 'J'espère que je n'ai pas été trop rude, trop âpre, elle qui avait bien voulu rompre le silence pesant.' Pathétique. 'Jette-moi à l'eau, pour me rafraîchir les idées, scrupule qui me retient...'
Dernière modification par Rogan O’Cathasaigh le 28 juin 2020, 14:50, modifié 2 fois.
Elle chantait de si belles cantiques,
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Pantomime des Orageux
Qui j'suis ? Il y a tellement de réponses, et pourtant, je n'ai rien à dire. Est-ce que je connais la réponse ? Moi-même, je ne sais plus comment je m'appelle. La fille du Disparu, la gamine blanchârde, la nouvelle de l'équipe, le Vide. Ou encore Lexa. On m'appelle souvent comme ça, pourtant je ne la connais plus, Lexa. Lexa était toujours gentille avec tout le monde, même pour une Serpentard. Lexa vivait pour elle-même sans se préoccuper des autres.
Celle qu'ils appellent tous Lexa, c'est pas elle. Lexa est un monstre qui ne pense qu'à elle. Lexa déteste les Nés-Moldus, et Moldus, alors qu'il y a encore quelques mois, elle disait aimer tout le monde. Lexa n'aime personne d'autre qu'elle même.
- Je sais pas.
Trois petits mots qui représente toute la réalité. Je sais pas qui je suis. Je me perds dans les Mots des autres, et au final j'oublie d'être Moi.
Pourtant, j'étais étonnée qu'il ne me connaisse pas. Je n'étais pas inconnue des bataillons pourtant. J'étais la nouvelle recrue des Crochets, ça devait tout de même être important, non ? Être réduite an rang d'inconnue était pire que celui de bizarre.
Était-ce ça, la vie ? Écouter les Autres dirent ce que je suis ? Qui je suis ? Comptepler ma vie se résumer à des mots, tous plus stupides les uns que les autres ?
- Et toi, qui es-tu ?
Celle qu'ils appellent tous Lexa, c'est pas elle. Lexa est un monstre qui ne pense qu'à elle. Lexa déteste les Nés-Moldus, et Moldus, alors qu'il y a encore quelques mois, elle disait aimer tout le monde. Lexa n'aime personne d'autre qu'elle même.
- Je sais pas.
Trois petits mots qui représente toute la réalité. Je sais pas qui je suis. Je me perds dans les Mots des autres, et au final j'oublie d'être Moi.
Pourtant, j'étais étonnée qu'il ne me connaisse pas. Je n'étais pas inconnue des bataillons pourtant. J'étais la nouvelle recrue des Crochets, ça devait tout de même être important, non ? Être réduite an rang d'inconnue était pire que celui de bizarre.
Était-ce ça, la vie ? Écouter les Autres dirent ce que je suis ? Qui je suis ? Comptepler ma vie se résumer à des mots, tous plus stupides les uns que les autres ?
- Et toi, qui es-tu ?
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Lexa Queen, ou le trèfle à 4 feuilles vivant de Maiy Lewis
Pantomime des Orageux
-J'sais pas.
C'est ainsi que Rogan baptisa la jeune fille rien qu'en entendant sa voix. Pourquoi se montrer si acariâtre envers lui. Est-ce, au final, qu'un voile d'amertume qui peint en elle une marque de réticence et de méfiance pour le monde autour d'elle
Au final, ils se ressemblent, ces deux gosses. Ils s'enfouissent, ils crachent à la gueule de leur propre entité. Monnaie d'échange contre leur sérénité de vivre, la paix de leurs âmes. Exagéré, c'était le mot pour les qualifier. Profitez de la vie, esprits tourmentés, onze ans et déjà des larmes enfouies sous la poitrine.
- Et toi, qui es-tu ?
Sarcastique. Rogan avait bien envie de lui répondre que lui non plus, il ne savait pas s'il était seulement le prisonnier de son enveloppe charnelle, ou une personne en trop dans ce château. Mais cela couperait court à la conversation. Elle ne sait pas, il ne sait pas. Qui, seulement, avait une réponse à leur réflexion agitée. Il ouvrit enfin ses lèvres... et les referma aussitôt. Et les rouvrit. Toujours cette même hésitation à faire découvrir sa voix aux autres.
- Je suis... surpris que tu te promènes si tard alors que tout le monde se détend dans leurs salles communes.
Un silence. Un silence pour réfléchir.
- Ou alors, toi aussi, t'en as marre d'être tout le temps encerclée par ces gens qui aboyent, dis ?
Ce tic, il avait essayé de le refouler maintes et maintes fois aux yeux des inconnus. "C'est chou, ce petit tic que tu as Rogan" lui répétait sa famille. Et il avait bien tenté de se résigner à le cacher.
Toujours les yeux fermés, il s'amusait à s'imaginer à quoi pouvait bien ressembler la fille allongée à côté de lui. Nez aquilin, coupe au carré, brune et yeux livides. Cocasse, de parler sans se regarder. Ca le réconforte. Au moins, il ne se sent pas dévisagé.
Le dos trempé, il se retourna vers cette même fille. Il hésita un moment avant de porter sa main au visage pâle. On lui avait beaucoup reprocher que c'était très impoli, privé, tabou, que de toucher quelqu'un, c'était aussi rentrer dans son intimité. Mais cette-même fille, aussi aigre soit-elle, l'intriguait.
Il toucha ses cheveux, d'abord.
Le visage, ensuite.
Et d'un geste aérien, il porta son index près de ses lèvres. Mais il s'arrêta en plein mouvement. Lui, il ne ressentait pas la même gêne que pouvait ressentir la jeune fille.
j'ai eu les larmes aux yeux en écrivant ce RP.
Brusque. Désagréable. Amère.
C'est ainsi que Rogan baptisa la jeune fille rien qu'en entendant sa voix. Pourquoi se montrer si acariâtre envers lui. Est-ce, au final, qu'un voile d'amertume qui peint en elle une marque de réticence et de méfiance pour le monde autour d'elle
Déboussolée. Désemparée. Arrachée de ce qu'elle est réellement.
Au final, ils se ressemblent, ces deux gosses. Ils s'enfouissent, ils crachent à la gueule de leur propre entité. Monnaie d'échange contre leur sérénité de vivre, la paix de leurs âmes. Exagéré, c'était le mot pour les qualifier. Profitez de la vie, esprits tourmentés, onze ans et déjà des larmes enfouies sous la poitrine.
- Et toi, qui es-tu ?
Sarcastique. Rogan avait bien envie de lui répondre que lui non plus, il ne savait pas s'il était seulement le prisonnier de son enveloppe charnelle, ou une personne en trop dans ce château. Mais cela couperait court à la conversation. Elle ne sait pas, il ne sait pas. Qui, seulement, avait une réponse à leur réflexion agitée. Il ouvrit enfin ses lèvres... et les referma aussitôt. Et les rouvrit. Toujours cette même hésitation à faire découvrir sa voix aux autres.
- Je suis... surpris que tu te promènes si tard alors que tout le monde se détend dans leurs salles communes.
Un silence. Un silence pour réfléchir.
- Ou alors, toi aussi, t'en as marre d'être tout le temps encerclée par ces gens qui aboyent, dis ?
Ce tic, il avait essayé de le refouler maintes et maintes fois aux yeux des inconnus. "C'est chou, ce petit tic que tu as Rogan" lui répétait sa famille. Et il avait bien tenté de se résigner à le cacher.
Toujours les yeux fermés, il s'amusait à s'imaginer à quoi pouvait bien ressembler la fille allongée à côté de lui. Nez aquilin, coupe au carré, brune et yeux livides. Cocasse, de parler sans se regarder. Ca le réconforte. Au moins, il ne se sent pas dévisagé.
Le dos trempé, il se retourna vers cette même fille. Il hésita un moment avant de porter sa main au visage pâle. On lui avait beaucoup reprocher que c'était très impoli, privé, tabou, que de toucher quelqu'un, c'était aussi rentrer dans son intimité. Mais cette-même fille, aussi aigre soit-elle, l'intriguait.
Il toucha ses cheveux, d'abord.
Lisse.
Le visage, ensuite.
Joues fines, nez retroussé.
Et d'un geste aérien, il porta son index près de ses lèvres. Mais il s'arrêta en plein mouvement. Lui, il ne ressentait pas la même gêne que pouvait ressentir la jeune fille.
Et cela marqua le début de la Pantomime des Orageux, la découverte de deux êtres lunaires, par les gestes, sans échanger de vraies paroles, pour autant.
j'ai eu les larmes aux yeux en écrivant ce RP.
Dernière modification par Rogan O’Cathasaigh le 28 juin 2020, 17:24, modifié 2 fois.
Elle chantait de si belles cantiques,
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Pantomime des Orageux
Tout le Monde. je ne suis pas comme ça. Tout le monde vit. Pas moi. Je résiste, peut-être ? À quoi ? A toi, Reflet. Némésis de ma vie, je te résiste. La tentation que tu m'inflige est dure, tu sais ? Tout ce que tu me force à faire me ruine. T'amuser a prendre possession de moi, de mon Être, et me torturer. M'empêcher de dormir. Parce que je ferme les yeux, je la vois. L'Ombre.
Il me pose une question. La réponse est évidente, pourtant je ne saurais répondre. Tout m'agace là bas. Même avec l'air renfermé des Serpentard, ils sont bavards, et les sous-terrains ne font qu'empirer ce désagréables son. Mais venir ici, c'est mon train-train quotidien.
Je sens une nouvelle présence, près de mon oreille. Une main. La sienne. Il me touche les cheveux. Puis je vois sa main passer au dessus de mon visage. Sur mes joues. Puis mon nez. Elle s'envole, à nouveau. Mais cette fois-ci, elle s'arrête. Au dessus de mes lèvres.
C'est une sensation étrange. D'un coté, je me sens perturbée. Comme si je rencontrais mon âme-soeur. D'un autre coté, le sentiment de haine me prends. Qui est-il pour me toucher ainsi ? Et étonnement, je me rends compte que je m'en fiche.
Ce moment était si puissant. Comme le pouvoir de l'éclipse. Nous étions Lune et Soleil. Retrouvés le temps d'une Éclipse.
Mon regard se posait sur sa main. Cette sensation que j'avais, a peine quelques secondes plus tôt, avait augmentait. Ce n'était maintenant plus un doute mais une certitude. L'Inconnu était là, je ne pouvais pas l'ignorer. Mais mon coeur y était aussi.
- Ils sont tous Normaux.
Il me pose une question. La réponse est évidente, pourtant je ne saurais répondre. Tout m'agace là bas. Même avec l'air renfermé des Serpentard, ils sont bavards, et les sous-terrains ne font qu'empirer ce désagréables son. Mais venir ici, c'est mon train-train quotidien.
Je sens une nouvelle présence, près de mon oreille. Une main. La sienne. Il me touche les cheveux. Puis je vois sa main passer au dessus de mon visage. Sur mes joues. Puis mon nez. Elle s'envole, à nouveau. Mais cette fois-ci, elle s'arrête. Au dessus de mes lèvres.
C'est une sensation étrange. D'un coté, je me sens perturbée. Comme si je rencontrais mon âme-soeur. D'un autre coté, le sentiment de haine me prends. Qui est-il pour me toucher ainsi ? Et étonnement, je me rends compte que je m'en fiche.
Ce moment était si puissant. Comme le pouvoir de l'éclipse. Nous étions Lune et Soleil. Retrouvés le temps d'une Éclipse.
Mon regard se posait sur sa main. Cette sensation que j'avais, a peine quelques secondes plus tôt, avait augmentait. Ce n'était maintenant plus un doute mais une certitude. L'Inconnu était là, je ne pouvais pas l'ignorer. Mais mon coeur y était aussi.
- Ils sont tous Normaux.
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5ème année [48-49] - filière sciences
Lexa Queen, ou le trèfle à 4 feuilles vivant de Maiy Lewis
Pantomime des Orageux
- Ils sont tous normaux.
Normaux.
Ce mot résonna en lui comme un ricochet sur la surface d'un lac qui sommeil. Normaux, ordinaires, banals. Les autres sont beaucoup trop banals.
- Sommes-nous extraordinaires, dans ce cas ?
C'est à peine croyable. Lui qui se sentait si peu utile, si petit face aux autres, venait-il vraiment de dire qu'il relevait du fantastique ? C'est assez ironique en y pensant, eux qui naquirent dans un monde idolâtré par les fables moldues.
Pris d'un élan fougueux, il se releva sur ses fesses. Et pour la première fois depuis le premier mot échangé, il ouvrit les yeux, dévoilant ses yeux d'un profond marron. La première chose qu'il vit n'était pas la jeune fille, mais le lac noir. Noir par sa profondeur, certes, mais le Soleil venait de se coucher, laissant maintenant place à sa sœur, la Lune enroulée dans son manteau d'encre. Seule sa candide clarté s'y reflétait, si on ne prenait pas en compte les quelques fenêtres du château encore allumée. Sa lanterne, elle s'était éteinte. Était-il si tard ? S'était-il assoupi assez longtemps pour laisser place à l'obscurité nocturne ? Avait-il passé tant de temps avec la fille ? Il espérait que personne n'allait les surprendre à briser le couvre-feu... mais en même temps, cela le fit sourire. Son adrénaline en fit tout autant.
Sans échanger de mots, ni de regard - Rogan n'avait toujours pas vu le visage de l'inconnue, le garçonnet pris cette dernière par la main, sans aucune douceur pourtant, négligeant qu'elle pourrait être fragile sous sa poigne de jeune garçon. En coup de vent, il attrapa sa baguette, son livre et sa plume.
Ils s'approchèrent de la berge du lac, la fille le suivant, à la fois brusquée et déconcertée. Va-t-il vraiment la jetée à l'eau ?
Il l'invita à s'agenouiller avec lui près de la surface du lac.
Un regard innocent. Il entrouvrit la bouche, penché vers l'eau endormie. Choqué, non. Médusé, exactement. La lumière de la lune réverbérait sur sa peau naturellement blanche.
Normaux.
Normaux.
Normaux.
Ce mot résonna en lui comme un ricochet sur la surface d'un lac qui sommeil. Normaux, ordinaires, banals. Les autres sont beaucoup trop banals.
- Sommes-nous extraordinaires, dans ce cas ?
C'est à peine croyable. Lui qui se sentait si peu utile, si petit face aux autres, venait-il vraiment de dire qu'il relevait du fantastique ? C'est assez ironique en y pensant, eux qui naquirent dans un monde idolâtré par les fables moldues.
Pris d'un élan fougueux, il se releva sur ses fesses. Et pour la première fois depuis le premier mot échangé, il ouvrit les yeux, dévoilant ses yeux d'un profond marron. La première chose qu'il vit n'était pas la jeune fille, mais le lac noir. Noir par sa profondeur, certes, mais le Soleil venait de se coucher, laissant maintenant place à sa sœur, la Lune enroulée dans son manteau d'encre. Seule sa candide clarté s'y reflétait, si on ne prenait pas en compte les quelques fenêtres du château encore allumée. Sa lanterne, elle s'était éteinte. Était-il si tard ? S'était-il assoupi assez longtemps pour laisser place à l'obscurité nocturne ? Avait-il passé tant de temps avec la fille ? Il espérait que personne n'allait les surprendre à briser le couvre-feu... mais en même temps, cela le fit sourire. Son adrénaline en fit tout autant.
Sans échanger de mots, ni de regard - Rogan n'avait toujours pas vu le visage de l'inconnue, le garçonnet pris cette dernière par la main, sans aucune douceur pourtant, négligeant qu'elle pourrait être fragile sous sa poigne de jeune garçon. En coup de vent, il attrapa sa baguette, son livre et sa plume.
Ils s'approchèrent de la berge du lac, la fille le suivant, à la fois brusquée et déconcertée. Va-t-il vraiment la jetée à l'eau ?
Il l'invita à s'agenouiller avec lui près de la surface du lac.
Et leurs reflets échangèrent leur premier regard.
Un regard innocent. Il entrouvrit la bouche, penché vers l'eau endormie. Choqué, non. Médusé, exactement. La lumière de la lune réverbérait sur sa peau naturellement blanche.
Elle ressemblait à une narcisse.
Dernière modification par Rogan O’Cathasaigh le 28 juin 2020, 22:50, modifié 2 fois.
Elle chantait de si belles cantiques,
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Pantomime des Orageux
Non, ce n'est pas ce que j'aurais dit. On est des Âmes Damnés, deux monstres, rejetés de cette partie du monde. Peut-être existe-t-il un endroit ou les gens comme nous sont acceptés ? Je veux même pas le savoir. Si cet endroit existe, ça serait l'enfer, surement.
Je sens sa main se refermer sur la mienne. Ce contact m'électrise. Mes pieds se levèrent d'eux même, suivants ceux du garçon. Puis mes genoux se plièrent, pour s'assoir à ces cotés. Face au Lac, la Lune se reflétait d'avantage sur l'eau gelée.
De ma main libre, j'approchais mes doigts mincis, par cette alimentation et ce sommeil médiocre, de la surface du Lac. C'était calme. Je ne saurais dire si c'était trop calme, ou juste calme, mais ça l'était. Les étoiles allaient et venaient, et comme une enfant, j'en fixait une, la suppliant que tout redevienne comme avant. Pourtant avant, tout était trop calme, alors que maintenant, tout est juste calme. Comme le Lac.
- Des Damnés.
Saurait-il de quoi je parlais ? Je n'en savais rien. Malgré tout j'espérais qu'il connaitrait ce auteur, cette oeuvre-là. Je ne connaissais que très peu, voire absolument pas la littérature, mais quelques livres avaient trouvés refuge dans mon cœur.
Mes doigts c'étaient habitués à la fraicheur de l'eau, et je rentra ma paume. C'était gelée. Comme si l'on prenait possession de moi, me jetant dans un bac de glaçons. Pourtant même ça, c'était plus agréable. Était-ce parce que, penchée au dessus du Lac, je voyais mon reflet ? La laideur que j'étais devenue ?
Je sens sa main se refermer sur la mienne. Ce contact m'électrise. Mes pieds se levèrent d'eux même, suivants ceux du garçon. Puis mes genoux se plièrent, pour s'assoir à ces cotés. Face au Lac, la Lune se reflétait d'avantage sur l'eau gelée.
De ma main libre, j'approchais mes doigts mincis, par cette alimentation et ce sommeil médiocre, de la surface du Lac. C'était calme. Je ne saurais dire si c'était trop calme, ou juste calme, mais ça l'était. Les étoiles allaient et venaient, et comme une enfant, j'en fixait une, la suppliant que tout redevienne comme avant. Pourtant avant, tout était trop calme, alors que maintenant, tout est juste calme. Comme le Lac.
- Des Damnés.
Saurait-il de quoi je parlais ? Je n'en savais rien. Malgré tout j'espérais qu'il connaitrait ce auteur, cette oeuvre-là. Je ne connaissais que très peu, voire absolument pas la littérature, mais quelques livres avaient trouvés refuge dans mon cœur.
Mes doigts c'étaient habitués à la fraicheur de l'eau, et je rentra ma paume. C'était gelée. Comme si l'on prenait possession de moi, me jetant dans un bac de glaçons. Pourtant même ça, c'était plus agréable. Était-ce parce que, penchée au dessus du Lac, je voyais mon reflet ? La laideur que j'étais devenue ?
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Pantomime des Orageux
Rogan ne cessait de fixer la blonde. Il la contemplait comme quand on contemple une statue de marbre dans un musée. Ou même un tableau. Elle, se contentait de regarder les étoiles qui scintillaient sur l'étendue aquatique. Comme des petites strass sur un voile morne.
Sa main vint perturber le repos du lac. Leurs reflets aussi. Comme lorsque l'on vient jeter une pierre pour faire des ricochets. Formant des magnifiques anneaux d'eau, des vagues qui se baladent sur la surface.
'L'eau doit être gelée' se disait-il. Il ne fallait pas qu'elle attrape froid.
- Des damnés.
Immergeant dans le voile noir, et son corps, abîmé par le froid, resta immobile quelques secondes. La voix de la gamine devenant que confusion dans les oreilles inondées de Rogan. Il aimait la caresse de la frigidité sur ses joues, la frivole sensation de planer dans le vide. Il reprit ses esprits, craignant de devenir une sculpture de glace, et remonta à la surface à l'aide des mouvements de ses bras. Des damnés ? Non, pas à ce point là. Juste des êtres trop compliqués pour se faire comprendre des autres. Trop angoissés. Deux vies abstraites. Tel de l'art. L'art est incompréhensible.
- Je ne me sens pas comme un damné... juste, comme de l'art intemporel. Tu ne crois pas, dis ? Ça doit être pour ça que les autres ne nous comprennent pas. De l'art chimérique, c'est tout.
Il s'appuya contre la rive, devant la fille, la tête relevé vers son visage pâle.
Sa main vint perturber le repos du lac. Leurs reflets aussi. Comme lorsque l'on vient jeter une pierre pour faire des ricochets. Formant des magnifiques anneaux d'eau, des vagues qui se baladent sur la surface.
'L'eau doit être gelée' se disait-il. Il ne fallait pas qu'elle attrape froid.
La rejoindre dans sa danse.
Et Rogan se laissa chuter dans les eaux hivernales du lac.
Le scrupule qui le retenait l'avait donc poussé ?
Non, c'était de son plein gré. Il se laissa basculer, enlevant toutes pressions dans ses muscles.- Des damnés.
Immergeant dans le voile noir, et son corps, abîmé par le froid, resta immobile quelques secondes. La voix de la gamine devenant que confusion dans les oreilles inondées de Rogan. Il aimait la caresse de la frigidité sur ses joues, la frivole sensation de planer dans le vide. Il reprit ses esprits, craignant de devenir une sculpture de glace, et remonta à la surface à l'aide des mouvements de ses bras. Des damnés ? Non, pas à ce point là. Juste des êtres trop compliqués pour se faire comprendre des autres. Trop angoissés. Deux vies abstraites. Tel de l'art. L'art est incompréhensible.
- Je ne me sens pas comme un damné... juste, comme de l'art intemporel. Tu ne crois pas, dis ? Ça doit être pour ça que les autres ne nous comprennent pas. De l'art chimérique, c'est tout.
Il s'appuya contre la rive, devant la fille, la tête relevé vers son visage pâle.
Elle chantait de si belles cantiques,
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Si belle à rendre mon esprit alchimique.
Pantomime des Orageux

♕
La tête la première. Puis les bras, et les jambes. Il se laissait couler dans l'eau, et l'espace d'un instant je voulais le rejoindre. Mais l'eau glacée, mélanger à la fraicheur de la nuit me hurlais de rester à ma place. D'abord paniquée, je me demandais pourquoi il ne sortais pas. C'est lorsque j'aperçus l'eau s'agiter que mon souffle s'apaisa. Des morts dans ce Lac, il doit y en avoir un tas. Mais jamais je n'aurais pu vivre avec cette pensée. Qu'il puisse se noyer. Devant mes yeux, près de ses oreilles, qui avaient déjà vécus tout.
♕
Il dit qu'il est de l'art. Que nous sommes de l'art. De l'art ? Pourquoi pas. Pourtant l'art, c'est beau. Et les gens comme Nous ne sont pas beaux, pas aux yeux de tous. Pourtant, c'es quoi, être beau ? L'art, c'est pas toujours beau pour tout le monde, et même si je me trouvais affreuse avec ces traces noires, et ces larmes ruisselantes sous mon visage, quelqu'un pouvait trouver la Souffrance belle. Un suicidaire, surement.
- De l'art cadavérique. C'est comme ça que j'me vois, murmurais-je, suffisamment fort pour ne pas avoir à répéter.
J'enlevais mes chaussures, et remontais le bas de mon pantalon que je mettais pour dormir jusqu'au dessus de mes genoux, écorchés. À force de tomber de fatigue et de haine a chaque coins de couloirs, ils s'étaient habitués, et avaient formés une couche protectrice, rougeâtre. Ça cicatrisait. lentement, je ne pouvais pas dire le contraire, mais ça cicatrisait quand même.
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M'assoyant alors à la surface du lac, je sentais une force me pousser vers le bas. Mes paumes, posées au bord, commençaient à se détacher, et mon corps rencontrait la froideur de l'eau. C'était douloureux. Comme si une molutitude de pics s'amusaient à me blesser. Pourtant, c'était incroyable.
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Ce n'était surement qu'une illusion, mais. l'on aurait dit une ville abandonnée. Des colonnes d'un coté, et des statuettes de l'autre. Les monuments et briques se dessinaient en cercles. C'était beau. Et d'une beauté réelle, dont on ne pouvait pas douter. Cette image ne m'était pas inconnue. J'étais persuadée de l'avoir déjà vue dans un livre, mais qu'était-ce ?
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Mes poings étaient fermés. Je ne l'avais pas sentie encore, mais quelques chose voulait s'en échapper. Je sentais mes ongles jouer avec mon sang. Ce n'était pas la première fois que ça m'arrivais. Mes ongles laissaient des traces rougeâtres sur la paume de mes mains ensanglantée. C'était devenue une habitude ?
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Je me rappelais à quoi ressemblais cette chose que j'avais vue. Père m'en avait parlé. C'était une citée, datant d'il y a plusieurs milliers d'années. On l'appelait l'Atlantide. C'était ça alors ? On avait survécu, ok, mais à quoi ? Survivre au destin ne fait pas de nous des survivants, justes des humains. Détruits, puis reconstruit. Pourtant, une part de nous n'était plus là, sacrifiée pour un autre.
- Des Chimères.
Couleur RP : #274e13
5ème année [48-49] - filière sciences
Lexa Queen, ou le trèfle à 4 feuilles vivant de Maiy Lewis


