Faiblesse Irrémédiable ++

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à Antoine, ma lumière, dans le Blizzard.

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“Le faible est toujours faible, il ne varie que dans sa faiblesse ; mais le fort est faible quelquefois.”
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Juin 2044, petite école de la campagne environnante de Southampton,

La petite Hannah est un peu seule, ces temps-ci. Rejetée, moquée. Rien de bien méchant, dirons-nous. Et puis comme on dit de nos jours comme il y a 50 ans "Faut bien qu'ils s'amusent ces gosses". Ouais c'est sûr. Mais jusqu'où ira l'amusement? Voilà une question bien trop peu posée. La fatalité. Soi-disant nous ne pouvons rien faire face à cela. C'est faux. Mais revenons plutôt à ce qu'il se passe actuellement dans la cour de cette petite école. Dans un coin de la cour, Hannah est recroquevillée, encerclée par trois garçonnets à la mine bouffie, semblable à un trio de porcs bien gras. Dans sa solitude, la petite Hardhoke ne dit rien, elle subit quelques tirades de ses "camarades". Elle semble se noyer, tête posée sur ses genoux. A quoi peut-elle penser? A ces connards qui l'embêtent sans cesse? Plausible. Les trois vermines continuent de s'acharner inlassablement sur leur proie tels des loups affamés. Haine les guide avec son armée d'Insultes, dans une bataille à sens unique, qui se termine toujours de la même manière. C'est toujours la même ritournelle. Elle leur glisse dans leur cerveau (enfin si l'on peut appeler cela un cerveau) des injures à proférer, qu'ils répètent, riant à gorge déployée devant la stupéfaction ainsi que l'angoisse d'Hannah. Elle était démolie par une fatalité.

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Quand elle rentre chez elle, Petite fille ne rejoint pas son Instrument. Elle va droit au but, dans sa chambre et s'y enferme quelques heures. Elle s'enferme et enferme ses démons dans son cœur. Grave erreur, dit le Cœur mais on y peut rien, quand on est Faible . Elle la claque, la porte. La voilà seule, elle pleure, et pour une fois, ce sont des larmes de détresse, de faiblesse, de désespoir, qui tapissent ses fossettes habituellement singulières et mignonnes. Mais le liquide qui leur coule dessus vient pourrir leur Beauté, elles en sont indignées mais elle non plus n'y peuvent rien. Fatalité. Elles sont Faibles, elles aussi. Extrêmement faibles. La Petite fille rejoint son lit et se jette dans les bras tendus des Draps qui tentent de lui apporter une Chaleur emplie de Réconfort. Mais ce n'est pas ça qui manque à Hannah. C'est une chaleur humaine. Ses larmes forment des petits lacs salés au sein même des cratères aléatoires qu'on bâti inconsciemment les draps. Hannah pense beaucoup trop, elle cogite même, et se ronge nerveusement le bout de ses ongles. La Petite fille rêve de retrouver sa vie d'avant, le passé est le refuge idéal pour des petites songes nostalgiques. Mais le Passé est un banquier. Il ne laisse personne indemne. Et là Fillette sera plus qu'une simple cliente, ce sera une Proie. Alors tel le journal de Jedusor, il la laisse s'ouvrir, et quand il jugera nécessaire de le faire, il extirpera le coeur de la petite fille pour le déchiqueter, sous ses petits yeux naïfs.

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Petite fille descend manger.
Pas un mot.
Pas un son.
Le Silence a fait son nid parmi la famille attablée. Luke Hardhoke, le père de Petite fille, semble pensif. Il réfléchit. Retourne son passé dans tous les sens. Il cherche à comprendre le silence de sa fille avec grand peine. Maud, sa femme, a passé trois jours à Glasgow, pour prendre soin de sa mère, atteinte d'une grippe particulièrement tenace. Il ne sait que dire. Son silence ne fait qu'aggraver les choses. La Petite fille repart sans avoir touché à son assiette, pour s'exiler dans sa chambre. Luke soupire. Il est faible, lui aussi. Faible et seul face au seul destin de sa fille. Il ne veut pas se montrer insistant, il ne veut pas brusquer Petite fille. Peut-être a-t-il raison, peut-être a-t-il tort, on ne le saura jamais. Car le Destin est impitoyable lui aussi, il ne faut pas le comprendre, il faut vivre avec, ne pas se fier à lui, il aime emprunter le sentiers égarés des grandes lignes de la Vie. C'est une canaille, il se manifeste rarement pour apporter des explications. Il est l'acte. Il n'est pas la parole. Peut-être que c'est pour cela que Luke ne parle pas. Il est envahi par le Destin qui est venu envahir ses pensées les plus profondes.
Il entend le pas de sa fille dans les escaliers.
Boum, boum.
Il est alourdi par la tristesse.
Boum boum
La porte qui claque, puis le néant.

Pardonne-moi de t'avoir fait autant souffrir, Petite fille. Il y aura des jours meilleurs, je te le promets.
Dernière modification par Hannah Hardhoke le 5 juil. 2020, 10:38, modifié 1 fois.

Résurgence

Faiblesse Irrémédiable ++
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"Coincé sur terre, je l'ai déjà dit
Faible et naïf, je l'étais jadis"

Lomepal, Outsider

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La Petite Fille est désormais de retour dans son alcôve.
Brisée.
Elle ne comprends pas.
Elle avait toujours été heureuse.
Elle s'est noyée dans sa différence.
A qui la faute?
*A moi* pense la Petite Fille.
Mais c'est un horrible mensonge de la part de la Culpabilité. Si tu nous en tends, vermine, cache toi bien, car nous te retrouverons et t'écraserons sans pitié, comme tu le mérite, car tu as châtié une innocente. Tu arrives avec ta cape noire, empourprée par le sang que tu as fait verser à d'innombrable Âmes sensibles. Tu mérites pire que la Mort. Tu Mérites de t'effacer à tout jamais, sans descendance, et être rayée de la carte.
Mais la Petite fille est trop jeune pour comprendre le guet-apens organisé par les Ténèbres.
C'est un désastre.
La scène gagne chaque seconde un peu plus en terme de Pathétisme.
C'est sa Tête qui cogne.
Qui fait exploser de minuscules neurones qui n'ont rien demandé.
Elles sont emportées pour un élan de rage. Les Innocents sont punis en cette soirée, et les Innocents se punissent entre eux. Ils sont contrôlés par cette fameuse culpabilité.
Elle est cousine de la Mort, la culpabilité.
Une cousine extrêmement proche...

La Nuit s'invite désormais au Désastre, mais ne sait pas vraiment quel parti prendre.
Protéger?
Attaquer?
Rester à l'écart?
Cette hésitation provoque la rage de Culpabilité, qui s'en donne à cœur joie pour faire lâcher les liens de la Vie qui tiennent Petite fille dans ce monde.
Elle enrage dix fois plus lorsqu'elle s’aperçoit qu'elle lutte en vain, que Petite Fille ne mourra pas ce soir. La part de joie caché en elle est trop loin pour qu'on puisse l'arracher avec un seul coup. Il faudra du Temps. Mais la Culpabilité aime la vitesse, et hait ce qui lui résiste.
Alors elle semble laisser Petite fille tranquille.
Semble.
Car en réalité, ce n'est qu'un au revoir.
En s'en allant, Culpabilité jette dans une ultime bouffée de fureur une malédiction des plus terrible.
Elle sera Bipolaire.
Et dans un rire aussi diabolique qu'inaudible, elle se rallie aux Enfers, aussi vile qu'elle est.

Petite fille s'arrête soudainement de cogner son crâne contre le plâtre qui recouvre le mur.
Elle trouve ça idiot, d'un coup.
Elle se sent vidée.
Elle se sent essouflée.
Elle se sent abandonnée par ses Semblables.
Et elle se sent extrêmement faible.
Mais derrière les Larmes qui se sont mises à couler, elle reprend espoir, du mois elle tente, encore et encore. Elle a du caractère cette Petite Fille. Faible peut-être, mais forte à la fois. C'est étrange. Comme si deux extrêmes se rejoiganient.
Comme si en s'envolant, Culpabilité avait laissé une marque indélébile.
Une relique d'un amour interdit entre Paradis et Enfer.
Entre Feu et Glace.
Entre Haine et Amour.
Avec elle, l'impossible est devenu possible, du moins pour le moment, et on se demande si ce n'est pas l'inverse qui est valable.
Mais l'Avenir, sage mais imprévisible, nous délivrera sûrement des réponses à tous nos questionnement sur cette Fille de l'Etrange, cette Petite Fille aux Emotions entremêlées.
L'Avenir nous réserve bien des surprises, mais il n'est pas un Père Noël du temps, non, il veut de l'équité, du Bien et du Mal. Seul bémol, c'est que cette équité cache des injustices. Trop d'injustices. Tous ces innocents battus. Toutes les tâches ensanglantées qui ont été obligatoires pour obtenir un semblant de Liberté. Tous ces moralistes décédés pour leur engagement. Tous ces artistes qu'on a réduit au Silence. Tous ces philosophes appelés communément des "marginaux". Tous ces écologistes qui on du se contenter de l'Ombre durant des Vies entières avant d'être entendus lorsque les Drames sont arrivés. Toutes ces femmes, impuissantes face aux Lois, lois qui leur ont interdit de donner leur avis pendant quasiment deux millénaires.
Oui l'Avenir a du Bon.
Mais, indéniablement, une partie de lui, dans son cœur, a du pourrir, sous l'impulsion du Diable humain.
Dernière modification par Hannah Hardhoke le 24 déc. 2021, 11:16, modifié 1 fois.

Résurgence

Faiblesse Irrémédiable ++
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"La tristesse vient de la solitude du coeur."
Montesquieu
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8 Juillet 2044

Elle s'est réveillée, paisible un instant. Avant de se rappeler où ses pieds allaient la mener quelque temps après. L'école. Celle à qui elle a donné amour, sans que cela soit réciproque. Pire. Elle a reçu de la haine, une Houle ardente déversée sur sa Conscience. La petite fille essaie de rester positive néanmoins; c'est son dernier jour. Le dernier jour avec les Semblables. C'est comme cela qu'elle appelle les espèces de faquins qui n'ont qu'un but dans la vie; voir choir les Innocents. Ils sont tous identiques. Mais ce sera la dernière fois qu'elle les verra. *J'espère que les sorciers sont plus gentils* pense naïvement Petite Fille. Elle voit en Poudlard une lumière. Mais ce n'est qu'un effet de son imagination hélas. La chute face à la réalité ne sera que plus douloureuse. Mais pour le moment, elle rêve de ce monde dont elle ne sait que peu de chose. Après avoir sommairement attaché ses cheveux couleur amande et avoir fait sa toilette, elle descend pour dévorer son petit déjeuner que son père lui a préparé avec soin. Il sourit en voyant que sa fille a une mine plus réjouie que la veille.

"Ton petit déjeuner est prêt, mon cœur"


Petite fille offre un beau sourire à son père aux anges. Il l'est bien moins lorsque sa fille lui balance une Question.

"Et Maman, elle revient quand?"


Il ne sait quoi répondre, impuissant comme d'habitude. Il baisse le regard vers son coquetier fumant comme si c'était une des choses les plus passionnantes qu'il ait jamais vue. Une larme ne peut s'empêcher de couler sur le visage du Père, et le regard vif de Petite Fille la capte immédiatement. Se rendant compte qu'elle a embrumer la bonne ambiance matinale, elle aussi se contente de dévorer un morceau de bacon sans piper mot. Puis elle s'en va préparer son cartable.

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Après avoir de ses mains délicates mis toutes les affaires nécessaires dans le contenant, Petite Fille glisse également un livre qui la passionne autant qu'il l'intrigue. Tous nos jours parfaits. Sur la quatrième de couverture, il est indiqué "à partir de 16 ans". Mais Petite Fille a l'habitude de lire depuis bien longtemps et les limites d'âges ne lui font pas peur. Elle avait donc acheté le livre. Elle avait immédiatement été happée par les Pages du Livre. Cependant, un Mot l'avait interrogée. Bipolaire. *C'est quoi ça?*. Après quelques recherches Internet, elle avait trouvé. Cette définition qui tue.

Un trouble bipolaire est en psychiatrie un « trouble de l'humeur » caractérisé par une succession d'épisodes maniaques et dépressifs


Et là elle a compris.
Elle ne voulait pas comprendre. Mais la Réalité était là. Tous ces moments où elle changeait d'état sans raison. Tous ces moments étranges, à penser sombrement. Tous ces moments qui déchirent, qui hurlent le Silence. Petite fille aurait voulu écraser cette définition malsaine, qui à coup sûr allait la poursuivre des années...

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Ce fut donc non sans une accélération de son rythme cardiaque que Petite Fille observa la couverture du livre. Petite Fille mit son sac sur ses épaules frêles et prit la direction de l'école. Lorsqu'elle arrive, ce sont les mêmes cris ignoble qui viennent trancher son tympan. Ses yeux se plissent, exténués devant tant d'ignominies. Petite fille tente de faire abstraction de cela, mais c'est sans compter sur un Imbécile, accompagné de trois acolytes, qui lui lance:

"Eh, ça va la petite fille modèle?"


S'en suit une pathétique partie de rigolade. Mais le freluquet ne s’interrompt pas là, décidé à cracher son venin jusqu'au bout. Il plante son regard acéré dans celui de Petite Fille et prononce d'une voix glaciale.

"Tu es faible, Hardhoke. Et tu le seras toute ta vie."


Les paroles du gamin résonnent encore et encore dans sa boîte crânienne. "faible", "toute ta vie", ils se pavane dans cette apothéose du Néant, loin d'imaginer qu'il gagneront encore en pouvoir dans les mois qui suivront. Ils dansent, ils chantent, ces Mots de la Haine, tout droit venu des Ténèrbres, qui fera de Petite fille un Être *faible*

Larmes.
Impuissance.
Faiblesse.

Et son histoire fut




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Fin
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Voilà l'intrigue, en quelque sorte, de l'Histoire de ma Protégée. Il m'a été douloureux de l'écrire. De la voir si souffrante face aux viles attitudes des Semblables. Mais avec cette Danse Solitaire, son Histoire prend vie, véritablement, et crée des liens avec cette faiblesse développée de nombreuses fois par la suite. Que le Ballet se poursuive! Diantre, la Plume m'appelle...

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