Il brûle, ton regard
Vendredi 24 février 2045
Toilettes des filles — Poudlard
4ème année
Avec un soupir, je tire la chasse et sors du cabinet de toilette. Le bruit ici est insupportable. Toutes ces filles qui se rejoignent dans ce lieu puant pour discuter, c'est quelque chose que je ne comprendrais jamais. Je fais des pieds et des mains pour atteindre les lavabos. A l'heure de la récréation, c'est pire encore. Ça parle, ça jacasse et ça encombre le passage. C'est insupportable. Mais le pire n'est pas de voir toutes ces Autres et de supporter l'idiotie de leurs paroles, non, c'est le bruit. Le bruit ici est plus dérangeant qu'ailleurs. Il résonne dans mes oreilles, se fraye un chemin jusqu'à l'intérieur de mon crâne et tambourine comme un malade contre mon cerveau. Et ça fait mal, merde !
Le bruit me dérange moins que les semaines après le bal. Il ne me déconcentre plus autant qu'avant et je peux aisément suivre une conversation ou travailler dans un lieu bruyant — la plupart du temps. Mais lorsque, comme aujourd'hui, la fatigue m'harasse, c'est tout simplement impossible de le supporter. Il me fatigue, m'embrouille l'esprit et me donne envie de me rouler en boule dans un coin. J'aurais dû me douter que cette journée serait merdique. Après tout, impossible de fermer l'oeil hier soir et ce matin en me réveillant j'avais déjà un tambour dans le crâne. Alors j'aurais dû me douter que venir aux toilettes à cette heure de la journée ne serait pas agréable. Mais mon cours reprend bientôt, je n'allais pas passer deux heures à me retenir — c'est ce que m'a dit Zikomo qui m'attend dans le couloir, mais franchement je n'aurais même pas dû l'écouter. Ce qu'il peut avoir des idées idiotes ce Mngwi, parfois.
De mauvaise humeur, je bouscule une fille pour, enfin, m'approcher du robinet. L'eau fraîche est agréable sur mes mains. Alors, saisie d'une soudaine envie, je me penche et m'éclabousse le visage. Je sens posés sur moi les regards étonnées des filles qui m'entourent, mais elles peuvent aller se faire voir. L'eau fraîche me fait du bien, j'ai même l'impression qu'elle apaise mon mal de tête. Et elle me donne un peu de force pour rejoindre mon cours et terminer cette journée.
Cela fait plusieurs semaines qu'Erza est partie, mais je me sens toujours aussi vide. J'ai l'impression que sans elle, la vie est beaucoup moins marrante. Ce n'est pas marrant de se lever le matin et de ne pas pouvoir la rejoindre pour parler de tout et de n'importe quoi. Ce n'est pas marrant de ne pas croiser son regard, de ne pas voir son sourire, de ne pas sentir ses doigts me caresser la joue quand elle replace une mèche derrière mon oreille. Mon ventre se tord en pensant à la femme ; elle me manque et j'en ai marre qu'elle me manque. Je ne la reverrais pas avant... Avant un temps inimaginable, alors je dois cesser de songer à elle, à la voir, à lui parler de nouveau. Je ne pensais pas m'attacher autant à elle. J'étais déjà attachée, certes, mais c'est la première fois qu'elle et moi passons autant de temps ensemble et depuis, j'ai l'impression que mes sentiments sont exacerbés. J'ai la sensation que mon coeur pourrait exploser pour Erza Nyakane ; c'est complètement con, hein ?
*Arrête d'penser n'importe quoi !*.
Sur un soupir, je me redresse et m'essuie les mains sur mon uniforme, laissant l'eau dégouliner le long de mon visage. Il est temps de quitter cette pièce remplie d'idiotes gloussantes et insupportables. Je me bats pour m'extirper du groupe amassé devant les lavabos et me dirige vers la sortie. Je crois que je vais directement retourner en salle de classe, peu importe que la récréation ne soit pas terminée. Les Autres font trop de bruit, aujourd'hui.
Je la vois sans la voir. Elle est devant moi, je la remarque aisément, mais à ce moment-là mon crâne refuse que je pense correctement. Je n'arrive même pas à ralentir, à changer de direction ou encore à me détourner. Non, je ne peux qu'avancer tout droit et lui rentrer dedans. Le choc m'est douloureux et dans l'entreprise, affolée de me sentir si proche de cette Autre, je me recule brusquement et... Mon dos rencontre un autre corps. J'entends un cri, un rire et sans que je ne puisse comprendre pourquoi mes fesses rencontrent le sol et l'air s'expulse brutalement de mes poumons.
*t'ain d'merde*. Ça fait mal. Je grimace et porte une main à ma tête. Même si elle n'a pris aucun coup, la douleur dans mon crâne réagit vivement à ces mouvements trop brusques. La tête à l'envers et le regard brouillé, je me redresse lentement.
« Toujours là où il faut pas, Bristyle ! » entends-je quelque part derrière moi.
Et les rires fusent.
Bah, peu importe. J'ai bien trop mal à la tronche pour m'en faire des paroles de quelques Autres idiotes. Ce n'est pas comme si c'était la première fois, de toute façon. Ces phrases que l'on me lance de temps en temps, bien plus rarement je dois l'avouer que lors de ma troisième année, me font ni chaud ni froid. Les Autres pensent ce qu'ils veulent, ils sont invisibles pour moi.
« Barton est pas mieux ! intervient une voix qui appartient à une fille bien trop petite pour être aussi désagréable. Elle ouvre pas sa gueule, mais putain elle en prend d'la place !
— Ouais, la prochaine qu'tu veux chialer parce que t'es une brêle en cours, fais-le ailleurs. »
Je fouille le groupe des filles jusqu'à tomber sur la blonde. *Barton*. Effectivement, je ne l'avais pas vu. C'est certainement dans cette fille que je suis rentrée. Je ne sais rien d'elle, d'ailleurs j'avais oublié son visage jusqu'à aujourd'hui. Au vu des rires dont elle est la cible, elle n'a pas l'air plus aimée que moi, cette fille.
« Eh Barton, lance une fille de troisième année en ricanant, tu fais vraiment honte aux Serdaigles, tu sais ? C'est de naissance que t'es aussi nulle ou c'est arrivé avec l'âge ?
— Oh, vos gueules ! »
La phrase m'a échappé, marmonnée mais entendue par toutes les filles autour de moi. Ouais, vos gueules, j'en ai marre d'entendre vos putains d'braillements. J'aurais aimé pouvoir dire ces mots à voix haute, mais le fait est que je ne me sens pas capable de le faire sans bégayer. Alors je me tais et supporte, les yeux braqués sur Barton, la force du regard de toutes ces filles posé sur moi.
Toilettes des filles — Poudlard
4ème année
Avec un soupir, je tire la chasse et sors du cabinet de toilette. Le bruit ici est insupportable. Toutes ces filles qui se rejoignent dans ce lieu puant pour discuter, c'est quelque chose que je ne comprendrais jamais. Je fais des pieds et des mains pour atteindre les lavabos. A l'heure de la récréation, c'est pire encore. Ça parle, ça jacasse et ça encombre le passage. C'est insupportable. Mais le pire n'est pas de voir toutes ces Autres et de supporter l'idiotie de leurs paroles, non, c'est le bruit. Le bruit ici est plus dérangeant qu'ailleurs. Il résonne dans mes oreilles, se fraye un chemin jusqu'à l'intérieur de mon crâne et tambourine comme un malade contre mon cerveau. Et ça fait mal, merde !
Le bruit me dérange moins que les semaines après le bal. Il ne me déconcentre plus autant qu'avant et je peux aisément suivre une conversation ou travailler dans un lieu bruyant — la plupart du temps. Mais lorsque, comme aujourd'hui, la fatigue m'harasse, c'est tout simplement impossible de le supporter. Il me fatigue, m'embrouille l'esprit et me donne envie de me rouler en boule dans un coin. J'aurais dû me douter que cette journée serait merdique. Après tout, impossible de fermer l'oeil hier soir et ce matin en me réveillant j'avais déjà un tambour dans le crâne. Alors j'aurais dû me douter que venir aux toilettes à cette heure de la journée ne serait pas agréable. Mais mon cours reprend bientôt, je n'allais pas passer deux heures à me retenir — c'est ce que m'a dit Zikomo qui m'attend dans le couloir, mais franchement je n'aurais même pas dû l'écouter. Ce qu'il peut avoir des idées idiotes ce Mngwi, parfois.
De mauvaise humeur, je bouscule une fille pour, enfin, m'approcher du robinet. L'eau fraîche est agréable sur mes mains. Alors, saisie d'une soudaine envie, je me penche et m'éclabousse le visage. Je sens posés sur moi les regards étonnées des filles qui m'entourent, mais elles peuvent aller se faire voir. L'eau fraîche me fait du bien, j'ai même l'impression qu'elle apaise mon mal de tête. Et elle me donne un peu de force pour rejoindre mon cours et terminer cette journée.
Cela fait plusieurs semaines qu'Erza est partie, mais je me sens toujours aussi vide. J'ai l'impression que sans elle, la vie est beaucoup moins marrante. Ce n'est pas marrant de se lever le matin et de ne pas pouvoir la rejoindre pour parler de tout et de n'importe quoi. Ce n'est pas marrant de ne pas croiser son regard, de ne pas voir son sourire, de ne pas sentir ses doigts me caresser la joue quand elle replace une mèche derrière mon oreille. Mon ventre se tord en pensant à la femme ; elle me manque et j'en ai marre qu'elle me manque. Je ne la reverrais pas avant... Avant un temps inimaginable, alors je dois cesser de songer à elle, à la voir, à lui parler de nouveau. Je ne pensais pas m'attacher autant à elle. J'étais déjà attachée, certes, mais c'est la première fois qu'elle et moi passons autant de temps ensemble et depuis, j'ai l'impression que mes sentiments sont exacerbés. J'ai la sensation que mon coeur pourrait exploser pour Erza Nyakane ; c'est complètement con, hein ?
*Arrête d'penser n'importe quoi !*.
Sur un soupir, je me redresse et m'essuie les mains sur mon uniforme, laissant l'eau dégouliner le long de mon visage. Il est temps de quitter cette pièce remplie d'idiotes gloussantes et insupportables. Je me bats pour m'extirper du groupe amassé devant les lavabos et me dirige vers la sortie. Je crois que je vais directement retourner en salle de classe, peu importe que la récréation ne soit pas terminée. Les Autres font trop de bruit, aujourd'hui.
Je la vois sans la voir. Elle est devant moi, je la remarque aisément, mais à ce moment-là mon crâne refuse que je pense correctement. Je n'arrive même pas à ralentir, à changer de direction ou encore à me détourner. Non, je ne peux qu'avancer tout droit et lui rentrer dedans. Le choc m'est douloureux et dans l'entreprise, affolée de me sentir si proche de cette Autre, je me recule brusquement et... Mon dos rencontre un autre corps. J'entends un cri, un rire et sans que je ne puisse comprendre pourquoi mes fesses rencontrent le sol et l'air s'expulse brutalement de mes poumons.
*t'ain d'merde*. Ça fait mal. Je grimace et porte une main à ma tête. Même si elle n'a pris aucun coup, la douleur dans mon crâne réagit vivement à ces mouvements trop brusques. La tête à l'envers et le regard brouillé, je me redresse lentement.
« Toujours là où il faut pas, Bristyle ! » entends-je quelque part derrière moi.
Et les rires fusent.
Bah, peu importe. J'ai bien trop mal à la tronche pour m'en faire des paroles de quelques Autres idiotes. Ce n'est pas comme si c'était la première fois, de toute façon. Ces phrases que l'on me lance de temps en temps, bien plus rarement je dois l'avouer que lors de ma troisième année, me font ni chaud ni froid. Les Autres pensent ce qu'ils veulent, ils sont invisibles pour moi.
« Barton est pas mieux ! intervient une voix qui appartient à une fille bien trop petite pour être aussi désagréable. Elle ouvre pas sa gueule, mais putain elle en prend d'la place !
— Ouais, la prochaine qu'tu veux chialer parce que t'es une brêle en cours, fais-le ailleurs. »
Je fouille le groupe des filles jusqu'à tomber sur la blonde. *Barton*. Effectivement, je ne l'avais pas vu. C'est certainement dans cette fille que je suis rentrée. Je ne sais rien d'elle, d'ailleurs j'avais oublié son visage jusqu'à aujourd'hui. Au vu des rires dont elle est la cible, elle n'a pas l'air plus aimée que moi, cette fille.
« Eh Barton, lance une fille de troisième année en ricanant, tu fais vraiment honte aux Serdaigles, tu sais ? C'est de naissance que t'es aussi nulle ou c'est arrivé avec l'âge ?
— Oh, vos gueules ! »
La phrase m'a échappé, marmonnée mais entendue par toutes les filles autour de moi. Ouais, vos gueules, j'en ai marre d'entendre vos putains d'braillements. J'aurais aimé pouvoir dire ces mots à voix haute, mais le fait est que je ne me sens pas capable de le faire sans bégayer. Alors je me tais et supporte, les yeux braqués sur Barton, la force du regard de toutes ces filles posé sur moi.
Il brûle, ton regard
La cloche sonne. Enfin ! Je fais signe à Bad que je reviens.
Je n'en peux plus. A cause de mon idiotie profonde de lire jusque tard dans la nuit, ou plutôt jusque tôt le matin, j'ai pas entendu le réveil. Résultat, une douche express et des cheveux trempés alors qu'il fait un froid à geler le lac dehors, pas de petit déjeuner et pas de pause WC avant le début de la classe. Début que j'ai loupé d'ailleurs. Et vu mon entrée remarquée, il était hors de question d'interrompre le cours une nouvelle fois. Donc, je me dirige vers les toilettes qui sont dans le couloir. Je pousse la porte et je suis happée par la pagaille qui règne dans la pièce. Je comprend pas ce concept de se retrouver dans les WC pour passer la récré ! J'essaie de me faufiler vers une cabine vide mais il y a beaucoup de monde et l'endroit est exigu. Il y a des filles qui rient, d'autre qui se maquillent, ou qui discutent. Le bruit est désagréable, comme un ronronnement permanent. Mais un truc qui vrille le cerveau, pas un truc qui aide à se calmer. En plus, comme je suis petite, mon horizon est bouché par des épaules. Je piétine plus que j'avance et lorsque mon pied se pose sur celui d'une autre fille, je relève la tête pour croiser un regard noir de dédain. Je n'ai pas le temps de m'en occuper et encore moins la force. Je suis une Ombre. Une ombre qui avance, seule. Alors, je lui fais un sourire d'excuses et continue mon chemin. Je m'enferme dans une cabine.
Au moment de ressortir, j'ouvre la porte mais je percute de plein fouet une fille. Ou plutôt c'est elle qui me percute mais le résultat est le même. La Poufsouffle, si j'en crois ses couleurs, est par terre, sur les fesses. Décidément, c'est pas ma journée ! Ni la sienne, si j'en crois son visage agacé. Je m'excuse, dans un murmure qu'elle n'a certainement pas entendu, vu le volume sonore qui nous entoure. Alors que je vais lui proposer ma main pour l'aider, une voix s'élève, un peu plus haute que les autres. Et une moquerie. Pourquoi les autres ont toujours ce besoin de ridiculiser ou de blesser ? Ça je ne le comprend pas. Je me tourne légèrement pour faire face aux lavabos, où je lave mes mains, lorsque les rires fusent à la remarque de la fille. Je regarde dans le miroir mais il y a trop de monde pour que je sache d'ou est venu la remarque. C'est étrange tous ces visages qui rient. Ça ressemblerait plus à des grimaces si on coupait le son. Des grimaces défigurant leur visage médisants.
J'essuie mes mains sur ma robe, aussi mal ajustée qu'au début du cours, et je m'apprête a affronter une nouvelle fois cette masse de corps lorsque je croise le regard de la fille à qui j'ai marché sur le pied quelques instants plus tôt. Son regard est noir, froid, presque animal. Le regard d'un animal sur le point de déchiqueter sa proie. Et c'est ce qu'elle s'apprête à faire. Sa bouche s'ouvre dans un rictus, et les mots en jaillissent, agressifs. Il sont comme une gifle. Et comme une meute de loups, elle est rejointe par d'autre élèves, prêtes à se partager mes restes. Les mots se répandent, accompagnés de rires. Je serre les poings. Mes ongles s'enfoncent dans mes paumes. J’arrête de respirer. Si je ne respire pas, je ne pleurerai pas. Et il est hors de question que je pleure, pas encore. Il est hors de question de leur donner raison. Je me sens écrasée sous leur regards et leurs visages déformés. Mais alors que je sens ma volonté flancher, trois mots couvrent le son strident de leur rire.
"Oh, vos gueules !"
Trois petit mots qui me font lever les yeux. Mon regard s'accroche à celui, sombre, de la fille que j'ai percuté, Bristyle. Elle n'a pas crié, mais ça a suffit à stopper le ricanement des louves et à faire détourner leurs yeux, qui sont maintenant rivés sur cette fille. Qui elle, me regarde.
Par Merlin, ce que j'aimerai avoir cet aplomb et ce courage ! Le courage de dire "Merde" quand ça va pas. Non, moi je me contente d'être transparente. C'est bien aussi. Enfin... C'est plus facile.
Bizarrement, la meute semble se calmer. Sauf la brune, au visage déformé par la colère. Elle, elle à l'air affamée, prête à bondir. Mes ses copines ne semblent pas vouloir prendre le risque de déclencher un duel en plein milieu des toilettes et à deux pas des salles de classes. Alors, elles l'attirent en arrière. Son visage carnassier, disparaît petit à petit, se confondant avec les autres. Je crois que j'aurai préféré qu'elle explose maintenant. Je me méfie de la colère froide, celle qu'on rumine. Et puis, avec la Poufsouffle, je me sentais, égoïstement, un peu en sécurité.
Je lui lance un sourire, et d'une voix encore tremblante mais calme :
"Merci. Moi c'est Gabriella... Gaby. Mais tu préférerais certainement sortir d'ici ?"
Je n'en peux plus. A cause de mon idiotie profonde de lire jusque tard dans la nuit, ou plutôt jusque tôt le matin, j'ai pas entendu le réveil. Résultat, une douche express et des cheveux trempés alors qu'il fait un froid à geler le lac dehors, pas de petit déjeuner et pas de pause WC avant le début de la classe. Début que j'ai loupé d'ailleurs. Et vu mon entrée remarquée, il était hors de question d'interrompre le cours une nouvelle fois. Donc, je me dirige vers les toilettes qui sont dans le couloir. Je pousse la porte et je suis happée par la pagaille qui règne dans la pièce. Je comprend pas ce concept de se retrouver dans les WC pour passer la récré ! J'essaie de me faufiler vers une cabine vide mais il y a beaucoup de monde et l'endroit est exigu. Il y a des filles qui rient, d'autre qui se maquillent, ou qui discutent. Le bruit est désagréable, comme un ronronnement permanent. Mais un truc qui vrille le cerveau, pas un truc qui aide à se calmer. En plus, comme je suis petite, mon horizon est bouché par des épaules. Je piétine plus que j'avance et lorsque mon pied se pose sur celui d'une autre fille, je relève la tête pour croiser un regard noir de dédain. Je n'ai pas le temps de m'en occuper et encore moins la force. Je suis une Ombre. Une ombre qui avance, seule. Alors, je lui fais un sourire d'excuses et continue mon chemin. Je m'enferme dans une cabine.
Au moment de ressortir, j'ouvre la porte mais je percute de plein fouet une fille. Ou plutôt c'est elle qui me percute mais le résultat est le même. La Poufsouffle, si j'en crois ses couleurs, est par terre, sur les fesses. Décidément, c'est pas ma journée ! Ni la sienne, si j'en crois son visage agacé. Je m'excuse, dans un murmure qu'elle n'a certainement pas entendu, vu le volume sonore qui nous entoure. Alors que je vais lui proposer ma main pour l'aider, une voix s'élève, un peu plus haute que les autres. Et une moquerie. Pourquoi les autres ont toujours ce besoin de ridiculiser ou de blesser ? Ça je ne le comprend pas. Je me tourne légèrement pour faire face aux lavabos, où je lave mes mains, lorsque les rires fusent à la remarque de la fille. Je regarde dans le miroir mais il y a trop de monde pour que je sache d'ou est venu la remarque. C'est étrange tous ces visages qui rient. Ça ressemblerait plus à des grimaces si on coupait le son. Des grimaces défigurant leur visage médisants.
J'essuie mes mains sur ma robe, aussi mal ajustée qu'au début du cours, et je m'apprête a affronter une nouvelle fois cette masse de corps lorsque je croise le regard de la fille à qui j'ai marché sur le pied quelques instants plus tôt. Son regard est noir, froid, presque animal. Le regard d'un animal sur le point de déchiqueter sa proie. Et c'est ce qu'elle s'apprête à faire. Sa bouche s'ouvre dans un rictus, et les mots en jaillissent, agressifs. Il sont comme une gifle. Et comme une meute de loups, elle est rejointe par d'autre élèves, prêtes à se partager mes restes. Les mots se répandent, accompagnés de rires. Je serre les poings. Mes ongles s'enfoncent dans mes paumes. J’arrête de respirer. Si je ne respire pas, je ne pleurerai pas. Et il est hors de question que je pleure, pas encore. Il est hors de question de leur donner raison. Je me sens écrasée sous leur regards et leurs visages déformés. Mais alors que je sens ma volonté flancher, trois mots couvrent le son strident de leur rire.
"Oh, vos gueules !"
Trois petit mots qui me font lever les yeux. Mon regard s'accroche à celui, sombre, de la fille que j'ai percuté, Bristyle. Elle n'a pas crié, mais ça a suffit à stopper le ricanement des louves et à faire détourner leurs yeux, qui sont maintenant rivés sur cette fille. Qui elle, me regarde.
Par Merlin, ce que j'aimerai avoir cet aplomb et ce courage ! Le courage de dire "Merde" quand ça va pas. Non, moi je me contente d'être transparente. C'est bien aussi. Enfin... C'est plus facile.
Bizarrement, la meute semble se calmer. Sauf la brune, au visage déformé par la colère. Elle, elle à l'air affamée, prête à bondir. Mes ses copines ne semblent pas vouloir prendre le risque de déclencher un duel en plein milieu des toilettes et à deux pas des salles de classes. Alors, elles l'attirent en arrière. Son visage carnassier, disparaît petit à petit, se confondant avec les autres. Je crois que j'aurai préféré qu'elle explose maintenant. Je me méfie de la colère froide, celle qu'on rumine. Et puis, avec la Poufsouffle, je me sentais, égoïstement, un peu en sécurité.
Je lui lance un sourire, et d'une voix encore tremblante mais calme :
"Merci. Moi c'est Gabriella... Gaby. Mais tu préférerais certainement sortir d'ici ?"
☆ 3ème année RP ☆
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
Il brûle, ton regard
Tout à coup, coincée sous le regard de toutes ces filles, mon mal de tête est relégué au second plan. Je ne pensais pas cela possible mais pourtant cela arrive : mon coeur rate un battement puis se met à s’agiter follement. Au bout de mes bras, mes poings se serrent. *Oh non, pas maint’nant*, pensé-je avec effroi en avisant le regard monstrueux de ces filles. L’une d’elle surtout, brune et Serdaigle, *pas moche* songé-je sans savoir pourquoi. Le regard qu’elle pose sur moi est brûlant de rage. Elle veut en découdre, me faire payer mes mots. Et moi, même si j’ai les poings serrés et que je suis prête à me défendre, je n’ai pas envie de me battre. Si ce monstre me fout un coup dans la tête, celle-ci explosera de douleur, j’en suis certaine. Et Merlin, je préfère m’excuser que d’être figée par la douleur.
Plongée dans le regard l’une de l’autre, nous nous regardons en chien de faïence. Le monde s’arrête de tourner, mon coeur stoppe ses battements et même ma respiration s’essouffle. Il n’y a plus qu’elle et moi, moi et elle. Jusqu’à ce que… *Elle s’en va !*. Ses amies la tirent en arrière et l’éloignent de moi. Le soulagement déferle dans mes veines et je ferme brièvement les yeux en soupirant. *Merlin, merci*. Je lui aurais explosé la tronche, je n’en ai aucun doute, mais diantre je n’en avais aucune envie.
Automatiquement, mon regard se dirige vers Barton. Elle a dû tout voir, mais ne semble pas plus effrayée que cela. Je m’apprête à m’en aller, tout simplement, lorsque sa voix me frappe. Je fronce les sourcils, yeux plongés dans les siens. Elle se présente. *Gabriella*. Mon coeur s’agite : *Gabryel* entendent mes oreilles à la place.
C’est quoi, cette question qu’elle me pose ? Elle croit sérieusement que je vais rester ici jusqu’à ma mort ? Bien sûr que je préfèrerais sortir de cet endroit puant ! Pendant un instant, j’hésite à lui répondre. Je pourrais tout simplement me barrer et la planter là. Mais contrairement aux autres filles, elle n’a rien fait, elle. C’est même moi qui lui suis rentrée dedans — même si je considère, et c’est pour cela que je ne m’excuserais pas, qu’elle n’avait pas à être en plein milieu du chemin.
« Bah j’vais pas rester là toute ma vie, » soupiré-je en prenant la direction de la sortie.
A la seconde même où s’échappent ces mots de mes lèvres, une idée vient frapper contre la porte de mon esprit. *Et si elle demandait comme pour m’proposer d’sortir dans l’couloir avec elle ?*. Je me tourne brièvement pour regarder la fille. Non, ce n’est pas logique. Cette fille n’a rien à me dire et moi non plus je n’ai rien à lui dire. Elle m’a déjà remercié alors que je n’ai rien fait pour elle, je ne vois pas ce qu’elle pourrait bien me vouloir d’autre.
Pourtant, je suis persuadée qu’elle me suivra. Je pourrais le jurer. Elle ne va pas rester dans ces chiottes dans lesquelles se trouvent encore toutes ces filles monstrueuses. Alors, un éternel soupir sur le bout des lèvres, je pousse la porte pour sortir et la tient ouverte derrière moi histoire que Gabriella Gaby Barton puisse sortir à ma suite.
Dans le couloir, le bruit est plus diffus car l’endroit plus large, mais il est tout de même trop élevé pour moi. J’ai hâte de rentrer en cours. Au moins, en cours tout le monde ferme sa gueule et c’est bien plus agréable com…
*L’est où ?*. Mes yeux se posent là où j’ai laissé Zikomo, au pied d’une armure. Aucune trace du Mngwi. Je regarde à gauche, je regarde à droite ; rien.
« Fais chier… » marmonné-je à mi-voix.
C'est bien ma vaine, ça. Il y a mille raisons pour lesquelles Zikomo aurait pu m'abandonner dans ces toilettes, mais aucune d'elles ne me convient. J'avais envie de discuter un peu avec lui avant de rentrer dans ma salle de classe. Mais je me fais une raison : je pourrais toujours le voir à midi.
Plongée dans le regard l’une de l’autre, nous nous regardons en chien de faïence. Le monde s’arrête de tourner, mon coeur stoppe ses battements et même ma respiration s’essouffle. Il n’y a plus qu’elle et moi, moi et elle. Jusqu’à ce que… *Elle s’en va !*. Ses amies la tirent en arrière et l’éloignent de moi. Le soulagement déferle dans mes veines et je ferme brièvement les yeux en soupirant. *Merlin, merci*. Je lui aurais explosé la tronche, je n’en ai aucun doute, mais diantre je n’en avais aucune envie.
Automatiquement, mon regard se dirige vers Barton. Elle a dû tout voir, mais ne semble pas plus effrayée que cela. Je m’apprête à m’en aller, tout simplement, lorsque sa voix me frappe. Je fronce les sourcils, yeux plongés dans les siens. Elle se présente. *Gabriella*. Mon coeur s’agite : *Gabryel* entendent mes oreilles à la place.
C’est quoi, cette question qu’elle me pose ? Elle croit sérieusement que je vais rester ici jusqu’à ma mort ? Bien sûr que je préfèrerais sortir de cet endroit puant ! Pendant un instant, j’hésite à lui répondre. Je pourrais tout simplement me barrer et la planter là. Mais contrairement aux autres filles, elle n’a rien fait, elle. C’est même moi qui lui suis rentrée dedans — même si je considère, et c’est pour cela que je ne m’excuserais pas, qu’elle n’avait pas à être en plein milieu du chemin.
« Bah j’vais pas rester là toute ma vie, » soupiré-je en prenant la direction de la sortie.
A la seconde même où s’échappent ces mots de mes lèvres, une idée vient frapper contre la porte de mon esprit. *Et si elle demandait comme pour m’proposer d’sortir dans l’couloir avec elle ?*. Je me tourne brièvement pour regarder la fille. Non, ce n’est pas logique. Cette fille n’a rien à me dire et moi non plus je n’ai rien à lui dire. Elle m’a déjà remercié alors que je n’ai rien fait pour elle, je ne vois pas ce qu’elle pourrait bien me vouloir d’autre.
Pourtant, je suis persuadée qu’elle me suivra. Je pourrais le jurer. Elle ne va pas rester dans ces chiottes dans lesquelles se trouvent encore toutes ces filles monstrueuses. Alors, un éternel soupir sur le bout des lèvres, je pousse la porte pour sortir et la tient ouverte derrière moi histoire que Gabriella Gaby Barton puisse sortir à ma suite.
Dans le couloir, le bruit est plus diffus car l’endroit plus large, mais il est tout de même trop élevé pour moi. J’ai hâte de rentrer en cours. Au moins, en cours tout le monde ferme sa gueule et c’est bien plus agréable com…
*L’est où ?*. Mes yeux se posent là où j’ai laissé Zikomo, au pied d’une armure. Aucune trace du Mngwi. Je regarde à gauche, je regarde à droite ; rien.
« Fais chier… » marmonné-je à mi-voix.
C'est bien ma vaine, ça. Il y a mille raisons pour lesquelles Zikomo aurait pu m'abandonner dans ces toilettes, mais aucune d'elles ne me convient. J'avais envie de discuter un peu avec lui avant de rentrer dans ma salle de classe. Mais je me fais une raison : je pourrais toujours le voir à midi.
Il brûle, ton regard
Ma voix est tremblante. Mes mots, presque un murmure. Si bien que je pense qu'ils se sont perdu dans les tréfonds du ronronnement ambiant des WC. Mais non, ils ont dû percé ses tympans, car la Poufsoufle me regarde. Ou plutôt, elle me sonde. Ses yeux sombres sont accrochés aux miens. C'est assez dérangeant. Comme tout à l'heure, quand je sentais tout ces yeux me détailler en classe, jusqu'à ce que Bad les fasse disparaître.
Et même si elle fronce les sourcils, et que son regard est poignant, limite meurtrier, je ne me sens pas en danger avec elle. Sa colère ne me semble pas destinée. Non, ce qui m'est destiné, ça ressemble plus à du dédain, à un grand vide. A un violent "j'm'en fou !" Je ne compte pas. Je suis une tête parmi d'autres, un visage transparent qu'on traverse.
Et pourtant, même si je suis habituée à l'ignorance ou au sarcasme, sa réflexion me fait l'effet d'un grand coup d'épaule. Douloureux, qui fait reculer. Instinctivement je baisse les yeux et aggripe le tissu de ma robe, avec les points serrés. C'est vraiment une journée de merde !
Les ricanements des louves reprennent. Mais bizarrement, elles me font plus penser à des hyènes, stupides et hargneuses. Des hyènes tout aussi voraces. J'ai la bouche sèche alors que mes yeux s'humidifient. Non mais c'est pas vrai ça ! Faut vraiment que j'arrête de pigner tout le temps ! Bon... trois ! Je compte jusqu'à trois. Trois secondes pour souffler et me donner du courage. Trois secondes pour redevenir ombre.
Un. Mes points se desserent.
Deux. Je respire.
Trois. Je lève les yeux.
Et contre toute attente, je vois que la Poufsouffle, tient la porte ouverte. Sans même réfléchir, je lui souris en plaquant ma main contre la porte. Puis je sors. Le couloir. L'agitation de fin de récré. Je cherche Bad des yeux. Il n'est pas là.
Puis je reporte mon attention sur la fille, dont j'ignore toujours le prénom. Pourtant, plus je la regarde, plus son visage me semble familier. En même temps, elle doit être plus vieille que moi, donc j'ai bien dû la croiser dans le château. Mais alors que je cherche, je m'aperçois qu'elle cherche aussi. Ses yeux parcourent le couloir. Je me surprend à parcourir le même chemin que ses yeux avec les miens, ne sachant pas ce que je cherche. Ne sachant pas ce qu'Elle cherche.
Alors qu'un juron à franchit ses lèvres, je m'approche d'elle, hésitante.
Tu as perdu quelque chose ?
Et même si elle fronce les sourcils, et que son regard est poignant, limite meurtrier, je ne me sens pas en danger avec elle. Sa colère ne me semble pas destinée. Non, ce qui m'est destiné, ça ressemble plus à du dédain, à un grand vide. A un violent "j'm'en fou !" Je ne compte pas. Je suis une tête parmi d'autres, un visage transparent qu'on traverse.
Et pourtant, même si je suis habituée à l'ignorance ou au sarcasme, sa réflexion me fait l'effet d'un grand coup d'épaule. Douloureux, qui fait reculer. Instinctivement je baisse les yeux et aggripe le tissu de ma robe, avec les points serrés. C'est vraiment une journée de merde !
Les ricanements des louves reprennent. Mais bizarrement, elles me font plus penser à des hyènes, stupides et hargneuses. Des hyènes tout aussi voraces. J'ai la bouche sèche alors que mes yeux s'humidifient. Non mais c'est pas vrai ça ! Faut vraiment que j'arrête de pigner tout le temps ! Bon... trois ! Je compte jusqu'à trois. Trois secondes pour souffler et me donner du courage. Trois secondes pour redevenir ombre.
Un. Mes points se desserent.
Deux. Je respire.
Trois. Je lève les yeux.
Et contre toute attente, je vois que la Poufsouffle, tient la porte ouverte. Sans même réfléchir, je lui souris en plaquant ma main contre la porte. Puis je sors. Le couloir. L'agitation de fin de récré. Je cherche Bad des yeux. Il n'est pas là.
Puis je reporte mon attention sur la fille, dont j'ignore toujours le prénom. Pourtant, plus je la regarde, plus son visage me semble familier. En même temps, elle doit être plus vieille que moi, donc j'ai bien dû la croiser dans le château. Mais alors que je cherche, je m'aperçois qu'elle cherche aussi. Ses yeux parcourent le couloir. Je me surprend à parcourir le même chemin que ses yeux avec les miens, ne sachant pas ce que je cherche. Ne sachant pas ce qu'Elle cherche.
Alors qu'un juron à franchit ses lèvres, je m'approche d'elle, hésitante.
Tu as perdu quelque chose ?
☆ 3ème année RP ☆
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
Il brûle, ton regard
Puisque Zikomo n’est plus là, il ne me reste plus qu’à retourner dans ma salle de classe. Pourtant, je ne peux m’empêcher d’être inquiète pour le Mngwi. Je sais que je ne devrais pas, mais j’ai toujours peur que quelqu’un s’en prenne à lui. Pourquoi ? Aucune idée, mais parfois cela me déconcentre lorsque je suis en cours et je dois me faire violence pour ne pas partir en courant rejoindre mon compagnon bleu. Je me fais une raison, me rassurant comme je peux : *ça va aller*. Bien sûr, que ça ira. Impossible que ce soit autrement.
La voix de Barton me fait sursauter et je me tourne vers elle, le regard halluciné.
« Ah, mais tu es… » *encore là, toi ?*.
Je me tais avant d’énoncer cette phrase idiote. Bien sûr qu’elle est encore là puisqu’elle m’a parlé. Pour ne rien dire, d’ailleurs. Elle, elle ne s’est pas arrêté à temps. Si j’ai l’air de chercher quelque chose, c’est bien que je cherche quelque chose. Mais nous avons assez énoncé d’évidences comme cela pour le moment, alors je ne dis rien.
Je me baisse pour regarder entre les jambes des élèves, puis m’étire sur la pointe des pieds pour voir au fond du couloir sans trouver quoi que ce soit. Rien du tout, pas d'éclat bleu à l'horizon. Puisque je n’ai rien d’autre à faire, je dépose mes yeux sur Barton. C’est marrant, je n’ai jamais parlé à cette fille, je ne l’ai jamais approché et pourtant son visage m’est familier. Pas comme celui de mes frères ou de mes camarades de Poufsouffle, mais familier comme un élément lointain de mon horizon. Pourtant, je n’ai aucun souvenir lié à elle. Je ne sais rien d’elle, absolument rien, et si elle ne portait pas son uniforme je n’aurais même pas été capable de me rappeler qu’elle était dans la Maison des bleus.
Je me demande pourquoi elle me parle. Elle avait le choix de partir et de rejoindre sa salle de classe sans demander son reste, mais elle a décidé de rester ici, à côté de moi, et de me regarder avec suffisamment d’attention pour remarquer que j’étais à la recherche de quelque chose. Et plus étrange encore : elle a fait le choix de me poser une question. Et j’ai beau la regarder, la scruter avec mes sourcils légèrement froncés, je n’arrive pas à comprendre pourquoi. Qu’est-ce qu’elle peut bien en avoir à faire de moi ? *Elle a p't-être peur*, me dis-je. Peut-être peur de croiser dans le couloir d’autres filles comme celles des toilettes et de se faire emmerder. Mais si elle croit que je la défendrais, elle peut se foutre le doigt dans l'oeil.
Un soupir au bord des lèvres je me redresse et croise les bras sur ma poitrine. Ainsi, je me sens plus grande, plus forte, plus sûre de moi.
« Pourquoi ? soufflé-je d’une voix assez forte pour couvrir le bruit ambiant. Tu veux m’aider à chercher ? »
Moqueuse, ma voix est un parfait reflet du petit rictus qui m’étire les lèvres. Gabrielle « Gaby » Barton serait-elle le genre de personne à se plier en quatre pour aider ceux qu’elle ne connaît pas ? Ce comportement est d’un ridicule… Comme si j’allais lui dire : « Si tu croises un petite créature bleue à la queue touffue, au regard intelligent et à la langue bien pendue, pourrais-tu lui dire que je la cherche ? » ; si elle croit cela, c’est vraiment qu’elle ne comprend rien.
La voix de Barton me fait sursauter et je me tourne vers elle, le regard halluciné.
« Ah, mais tu es… » *encore là, toi ?*.
Je me tais avant d’énoncer cette phrase idiote. Bien sûr qu’elle est encore là puisqu’elle m’a parlé. Pour ne rien dire, d’ailleurs. Elle, elle ne s’est pas arrêté à temps. Si j’ai l’air de chercher quelque chose, c’est bien que je cherche quelque chose. Mais nous avons assez énoncé d’évidences comme cela pour le moment, alors je ne dis rien.
Je me baisse pour regarder entre les jambes des élèves, puis m’étire sur la pointe des pieds pour voir au fond du couloir sans trouver quoi que ce soit. Rien du tout, pas d'éclat bleu à l'horizon. Puisque je n’ai rien d’autre à faire, je dépose mes yeux sur Barton. C’est marrant, je n’ai jamais parlé à cette fille, je ne l’ai jamais approché et pourtant son visage m’est familier. Pas comme celui de mes frères ou de mes camarades de Poufsouffle, mais familier comme un élément lointain de mon horizon. Pourtant, je n’ai aucun souvenir lié à elle. Je ne sais rien d’elle, absolument rien, et si elle ne portait pas son uniforme je n’aurais même pas été capable de me rappeler qu’elle était dans la Maison des bleus.
Je me demande pourquoi elle me parle. Elle avait le choix de partir et de rejoindre sa salle de classe sans demander son reste, mais elle a décidé de rester ici, à côté de moi, et de me regarder avec suffisamment d’attention pour remarquer que j’étais à la recherche de quelque chose. Et plus étrange encore : elle a fait le choix de me poser une question. Et j’ai beau la regarder, la scruter avec mes sourcils légèrement froncés, je n’arrive pas à comprendre pourquoi. Qu’est-ce qu’elle peut bien en avoir à faire de moi ? *Elle a p't-être peur*, me dis-je. Peut-être peur de croiser dans le couloir d’autres filles comme celles des toilettes et de se faire emmerder. Mais si elle croit que je la défendrais, elle peut se foutre le doigt dans l'oeil.
Un soupir au bord des lèvres je me redresse et croise les bras sur ma poitrine. Ainsi, je me sens plus grande, plus forte, plus sûre de moi.
« Pourquoi ? soufflé-je d’une voix assez forte pour couvrir le bruit ambiant. Tu veux m’aider à chercher ? »
Moqueuse, ma voix est un parfait reflet du petit rictus qui m’étire les lèvres. Gabrielle « Gaby » Barton serait-elle le genre de personne à se plier en quatre pour aider ceux qu’elle ne connaît pas ? Ce comportement est d’un ridicule… Comme si j’allais lui dire : « Si tu croises un petite créature bleue à la queue touffue, au regard intelligent et à la langue bien pendue, pourrais-tu lui dire que je la cherche ? » ; si elle croit cela, c’est vraiment qu’elle ne comprend rien.
Il brûle, ton regard
La fille a du oublier ma présence car le son de ma voix la tire de sa rêverie. Et le regard pour le moins surpris qu'elle me lance me le confirme. En même temps, je comprend pas vraiment pourquoi elle est surprise que je sois là, puisque c'est elle qui m'a tenu la porte pour sortir... Elle devait bien se douter que j'allais marcher dans ses pas.
Sa phrase reste en suspens, mais je n'ai pas besoin qu'elle la finisse pour savoir ce qu'elle pense de moi. Elle pense comme tout le monde... Pourquoi se soucier d'une ombre ? Autant passer son chemin.
Et pourtant, je ne vois pas de mépris dans son regard, éberlué, juste de l'étonnement, peut-être même un ras le bol. Mais pas le mépris que je vois chez beaucoup. Ou l'ignorance, celle qui me rend transparente.
Bizarrement, mes yeux restent fixés sur elle. Elle qui se contorsionne pour trouver son objet de convoitise. Alors que moi je devrais juste retourner en classe, et relire mes gribouillis.
Je m'apprête à m'enfuir quand des mots franchissent ses lèvres. Des mots que j'aurais préféré ne pas entendre. En soit, la question est banale, mais le ton est tranchant. Le voilà le dédain. Ses mots moqueurs et son regard brûlant qui me toise.
Ma bouche va plus vite que mon cerveau et ma langue claque contre mon palais à l'instant où ma voix se perd entre les murs de pierres du couloir.
"Oui, si tu as besoin d'aide, je veux bien t'aider. Mais je comprendrais que tu te fiche de mon aide. Tu ne me connais pas et je ne te connais pas."
Je sais même pas pourquoi j'ai dit ça. Des fois, j'ai juste envie de me gifler de tant de bêtises !
Mais je sais aussi que lorsque les gens blessent volontairement, c'est pour deux raisons... Soit, ils sont méchants, et je ne vois pas de méchanceté dans son regard. Pas comme dans celui de la louve. Non, sur elle je vois des failles et des fêlures.
Soit, justement parce que blesser est un mécanisme de défense. Blesser avant d'être blessé.
C'est pas parce que l'instinct primaire des gens est de nous rejeter qu'il faut en faire de même. Alors oui, je lui propose mon aide. Elle choisira ce quelle veut en faire.
Mais pour lui laisser ce choix, je me recule de quelques pas...
Sa phrase reste en suspens, mais je n'ai pas besoin qu'elle la finisse pour savoir ce qu'elle pense de moi. Elle pense comme tout le monde... Pourquoi se soucier d'une ombre ? Autant passer son chemin.
Et pourtant, je ne vois pas de mépris dans son regard, éberlué, juste de l'étonnement, peut-être même un ras le bol. Mais pas le mépris que je vois chez beaucoup. Ou l'ignorance, celle qui me rend transparente.
Bizarrement, mes yeux restent fixés sur elle. Elle qui se contorsionne pour trouver son objet de convoitise. Alors que moi je devrais juste retourner en classe, et relire mes gribouillis.
Je m'apprête à m'enfuir quand des mots franchissent ses lèvres. Des mots que j'aurais préféré ne pas entendre. En soit, la question est banale, mais le ton est tranchant. Le voilà le dédain. Ses mots moqueurs et son regard brûlant qui me toise.
Ma bouche va plus vite que mon cerveau et ma langue claque contre mon palais à l'instant où ma voix se perd entre les murs de pierres du couloir.
"Oui, si tu as besoin d'aide, je veux bien t'aider. Mais je comprendrais que tu te fiche de mon aide. Tu ne me connais pas et je ne te connais pas."
Je sais même pas pourquoi j'ai dit ça. Des fois, j'ai juste envie de me gifler de tant de bêtises !
Mais je sais aussi que lorsque les gens blessent volontairement, c'est pour deux raisons... Soit, ils sont méchants, et je ne vois pas de méchanceté dans son regard. Pas comme dans celui de la louve. Non, sur elle je vois des failles et des fêlures.
Soit, justement parce que blesser est un mécanisme de défense. Blesser avant d'être blessé.
C'est pas parce que l'instinct primaire des gens est de nous rejeter qu'il faut en faire de même. Alors oui, je lui propose mon aide. Elle choisira ce quelle veut en faire.
Mais pour lui laisser ce choix, je me recule de quelques pas...
☆ 3ème année RP ☆
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
Il brûle, ton regard
Je crains qu’elle dise oui. Et si elle ne comprend pas ma moquerie et qu’elle me dit, auréolée de naïveté qu’elle veut bien m’aider à chercher une chose qu’elle ne connaît même pas ? Je n’ai pas envie qu’elle m’aide. D’ailleurs, je n’ai même pas envie de passer du temps avec elle. Quoi que je ne me suis pas réellement posée la question, après tout c’est une Serdaigle et il y a tout de même un certain pourcentage de chance pour qu’elle soit intéressante, mais prendrais-je réellement le risque de perdre mon temps avec une personne que je ne connais pas ? J’en doute fortement.
Je n’ai plus le temps de réfléchir : Barton parle. J’ai envie de secouer la tête à droite et à gauche mais je me retiens au dernier moment. Alors ainsi, elle me propose réellement son aide ? Étrangement, elle ne l’a pas fait sur le ton que je m'étais imaginé. Il n’y a aucune naïveté dans sa façon de parler, pas plus que dans le regard qu’elle m’a lancé. Comme si elle avait compris que je me foutais de sa gueule et qu’elle l’avait… Accepté. Est-ce possible de faire ce genre de choses ? Ce serait vraiment étrange. Assez étrange pour attiser ma curiosité, peut-être. Tout comme ce geste qu’elle fait aussitôt ses mots énoncés. Elle recule de quelques pas, s’éloignant de moi comme si elle pouvait se détourner d’un moment à l’autre pour disparaître sans un mot.
« Pour une personne qui veut m’aider, rétorqué-je, t’as plutôt l’air de fuir. »
Fuir alors qu’elle vient de me proposer son aide… Mon esprit curieux se pose des questions. Il veut savoir pourquoi, il veut savoir comment et naturellement il trouve plusieurs réponses qui pourraient expliquer le comportement de Barton. Peut-être ment-elle, qu’elle ne veut pas réellement m’aider, qu’elle m’a dit ça pour être polie mais qu’elle veut partir de son côté ? C’est une possibilité. Ou alors peut-être espère-t-elle attirer mon attention, me donner envie de la suivre, de la retenir, envie d’avoir besoin d’elle. Ces théories sont plausibles, mais je préfère me concentrer sur celle que j’ai émise plus tôt : Barton veut rester avec moi parce qu'elle est effrayée à l’idée de traverser les couloirs pour rejoindre sa salle de cours, effrayée parce que sur le chemin elle pourrait rencontrer des personnes aussi teigneuses que celles que nous avons laissé dans les toilettes — et qui peuvent sortir d’un instant à l’autre, je me souviens.
Moi, je me fous des Autres. Je ne suis pas à Poudlard pour materner mes camarades, pour les aider, pour les sortir du pétrin ou pour quoi que ce soit. Je déteste que l’on vienne me demander mon aide, sauf si c’est pour quelque chose de très intéressant, je n’aime pas intervenir au milieu de quelque chose qui ne me concerne pas. Mais je n’aime pas non plus l’idée que l’on ressente ce que j’ai ressenti au début de ma troisième année, lorsque je suis revenue de mon exclusion. Et de toute façon, me dis-je intérieurement, ma salle de cours est peut-être sur le même chemin que la sienne, et puis Zikomo est parti alors je n’ai rien à faire durant les quelques minutes qu’il reste avant la sonnerie, et en plus c’est une Serdaigle, peut-être pourra-t-elle m’apprendre quelque chose d’intéressant, peut-être a-t-elle une conversation passionnante. Plutôt croire cela que de me dire que je suis prête à la soutenir.
Je pousse un soupir à m’en fendre de l’âme. Je jette un dernier regard autour de moi, fouillant la foule, les jambes, les corps sans trouver Zikomo. Je me retourne sur Barton qui n’a pas bougé, enfonce les mains dans mes poches, me redresse.
« Je te raccompagne en cours comme ça tu n’auras pas peur, jeté-je d’une voix morne. Mais on traîne pas. »
Et sans attendre, je m’engage dans le couloir.
Je n’ai plus le temps de réfléchir : Barton parle. J’ai envie de secouer la tête à droite et à gauche mais je me retiens au dernier moment. Alors ainsi, elle me propose réellement son aide ? Étrangement, elle ne l’a pas fait sur le ton que je m'étais imaginé. Il n’y a aucune naïveté dans sa façon de parler, pas plus que dans le regard qu’elle m’a lancé. Comme si elle avait compris que je me foutais de sa gueule et qu’elle l’avait… Accepté. Est-ce possible de faire ce genre de choses ? Ce serait vraiment étrange. Assez étrange pour attiser ma curiosité, peut-être. Tout comme ce geste qu’elle fait aussitôt ses mots énoncés. Elle recule de quelques pas, s’éloignant de moi comme si elle pouvait se détourner d’un moment à l’autre pour disparaître sans un mot.
« Pour une personne qui veut m’aider, rétorqué-je, t’as plutôt l’air de fuir. »
Fuir alors qu’elle vient de me proposer son aide… Mon esprit curieux se pose des questions. Il veut savoir pourquoi, il veut savoir comment et naturellement il trouve plusieurs réponses qui pourraient expliquer le comportement de Barton. Peut-être ment-elle, qu’elle ne veut pas réellement m’aider, qu’elle m’a dit ça pour être polie mais qu’elle veut partir de son côté ? C’est une possibilité. Ou alors peut-être espère-t-elle attirer mon attention, me donner envie de la suivre, de la retenir, envie d’avoir besoin d’elle. Ces théories sont plausibles, mais je préfère me concentrer sur celle que j’ai émise plus tôt : Barton veut rester avec moi parce qu'elle est effrayée à l’idée de traverser les couloirs pour rejoindre sa salle de cours, effrayée parce que sur le chemin elle pourrait rencontrer des personnes aussi teigneuses que celles que nous avons laissé dans les toilettes — et qui peuvent sortir d’un instant à l’autre, je me souviens.
Moi, je me fous des Autres. Je ne suis pas à Poudlard pour materner mes camarades, pour les aider, pour les sortir du pétrin ou pour quoi que ce soit. Je déteste que l’on vienne me demander mon aide, sauf si c’est pour quelque chose de très intéressant, je n’aime pas intervenir au milieu de quelque chose qui ne me concerne pas. Mais je n’aime pas non plus l’idée que l’on ressente ce que j’ai ressenti au début de ma troisième année, lorsque je suis revenue de mon exclusion. Et de toute façon, me dis-je intérieurement, ma salle de cours est peut-être sur le même chemin que la sienne, et puis Zikomo est parti alors je n’ai rien à faire durant les quelques minutes qu’il reste avant la sonnerie, et en plus c’est une Serdaigle, peut-être pourra-t-elle m’apprendre quelque chose d’intéressant, peut-être a-t-elle une conversation passionnante. Plutôt croire cela que de me dire que je suis prête à la soutenir.
Je pousse un soupir à m’en fendre de l’âme. Je jette un dernier regard autour de moi, fouillant la foule, les jambes, les corps sans trouver Zikomo. Je me retourne sur Barton qui n’a pas bougé, enfonce les mains dans mes poches, me redresse.
« Je te raccompagne en cours comme ça tu n’auras pas peur, jeté-je d’une voix morne. Mais on traîne pas. »
Et sans attendre, je m’engage dans le couloir.
Il brûle, ton regard
Je la regarde. Je l'écoute. Sa voix est claire. Son ton est posé et ses yeux savent ce qu'ils veulent. Pourtant, cette fille me fait un effet bizarre. Malgré son air assuré, elle semble pleine de contradictions et d'incertitudes. Comme si son visage et son corps étaient une armure. Une armure pour se protéger des autres. Ou d'elle-même. Je sais pas. Elle continue de me scruter et très étrangement, je ne baisse pas mon regard. Habituellement, je me serais retournée et je serais partis. Habituellement je ne lui aurais même pas adressé la parole. Habituellement j'aurais été une ombre.
Je ne sais pas bien pourquoi est ce que là, mes yeux refusent de se baisser et mes pieds de me porter plus loin d'elle et de son regard brûlant.
Je ne sais pas bien pourquoi, alors je reste. Et quand elle insinue que je ment et que je fuis, je comprend. Elle ne sait pas. Elle ne me connait pas. Et pourtant, me voir reculer de trois pas lui fait dire que je fuis.
Soit parce qu'elle a l'habitude de voir les autres la fuir.
Soit parce qu'elle-même, elle fuit. Alors, c'est plus facile d'imaginer que tout le monde réagit comme nous. Et, elle n'a pas tord. Je fuis. Souvent. Mais pas maintenant.
Maintenant, j'accroche mes iris aux siennes, comme un défi. Elle est plus grande, et pourrait facilement m'en coller une. Mais je n'ai pas peur d'elle. Je ne la vois pas comme une louve affamée, mais plutôt comme un animal blessé qui lèche ses plaies et qui est prêt à se battre pour se défendre. Et puis, si elle a l'habitude que les autres la fuient, reculer encore, serait lui donner raison. Ce serait admettre que tout le monde part un jour. Même si c'est vrai, je ne suis pas prête à l'accepter. Alors, je ne bouge pas. Je peux être forte et soutenir son regard. Lui prouver que repousser les autres avant qu'ils nous quittent n'est pas toujours la solution. Alors je ne bouge pas. Mais elle oui.
Ses pieds la poussent plus loin dans le couloir quand ses mots laissent une onde dans l'air.
Elle avance et moi je reste plantée là. Peut-être parce qu'elle n'a pas tout à fait tord. J'ai peur. Ou parce qu'au contraire, elle a complètement tord. Je n'ai pas peur.
Après tout, je peux bien la laisser partir. Mais je repense à ses trois mots dans les toilettes. Et à ceux de Bad tout à l'heure. Le courage me manque trop souvent.
Sans même que j'y ai réfléchit, j'entend ma voix. Comme un écho à mon cerveau. Comme si les mots n'étaient pas les miens.
" Hey ! Tu t'en fiches... Mais je n'ai pas peur ! La peur, j'ai appris à la faire disparaître. Les Ombres ça n'a pas peur ! "
Cette dernière phrase, presque un murmure, est sortit, plus pour moi. Comme si j'essayais de m'en convaincre. De me rassurer.
Je n'attend pas de savoir si elle m'a entendu. De toute façon, je ne vois pas ce que ça peut lui faire.
Alors, pour me donner une contenance et reprendre mon calme avant de retourner à mes sortilèges de Défense Contre les Forces du Mal, je souffle, je respire et je ferme les yeux. Trois secondes. Avant d'avancer à mon tour dans le couloir.
Je ne sais pas bien pourquoi est ce que là, mes yeux refusent de se baisser et mes pieds de me porter plus loin d'elle et de son regard brûlant.
Je ne sais pas bien pourquoi, alors je reste. Et quand elle insinue que je ment et que je fuis, je comprend. Elle ne sait pas. Elle ne me connait pas. Et pourtant, me voir reculer de trois pas lui fait dire que je fuis.
Soit parce qu'elle a l'habitude de voir les autres la fuir.
Soit parce qu'elle-même, elle fuit. Alors, c'est plus facile d'imaginer que tout le monde réagit comme nous. Et, elle n'a pas tord. Je fuis. Souvent. Mais pas maintenant.
Maintenant, j'accroche mes iris aux siennes, comme un défi. Elle est plus grande, et pourrait facilement m'en coller une. Mais je n'ai pas peur d'elle. Je ne la vois pas comme une louve affamée, mais plutôt comme un animal blessé qui lèche ses plaies et qui est prêt à se battre pour se défendre. Et puis, si elle a l'habitude que les autres la fuient, reculer encore, serait lui donner raison. Ce serait admettre que tout le monde part un jour. Même si c'est vrai, je ne suis pas prête à l'accepter. Alors, je ne bouge pas. Je peux être forte et soutenir son regard. Lui prouver que repousser les autres avant qu'ils nous quittent n'est pas toujours la solution. Alors je ne bouge pas. Mais elle oui.
Ses pieds la poussent plus loin dans le couloir quand ses mots laissent une onde dans l'air.
Elle avance et moi je reste plantée là. Peut-être parce qu'elle n'a pas tout à fait tord. J'ai peur. Ou parce qu'au contraire, elle a complètement tord. Je n'ai pas peur.
Après tout, je peux bien la laisser partir. Mais je repense à ses trois mots dans les toilettes. Et à ceux de Bad tout à l'heure. Le courage me manque trop souvent.
Sans même que j'y ai réfléchit, j'entend ma voix. Comme un écho à mon cerveau. Comme si les mots n'étaient pas les miens.
" Hey ! Tu t'en fiches... Mais je n'ai pas peur ! La peur, j'ai appris à la faire disparaître. Les Ombres ça n'a pas peur ! "
Cette dernière phrase, presque un murmure, est sortit, plus pour moi. Comme si j'essayais de m'en convaincre. De me rassurer.
Je n'attend pas de savoir si elle m'a entendu. De toute façon, je ne vois pas ce que ça peut lui faire.
Alors, pour me donner une contenance et reprendre mon calme avant de retourner à mes sortilèges de Défense Contre les Forces du Mal, je souffle, je respire et je ferme les yeux. Trois secondes. Avant d'avancer à mon tour dans le couloir.
☆ 3ème année RP ☆
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
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L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
Il brûle, ton regard
Je me retourne aux paroles de Barton. Je fronce les sourcils, intriguée — et légèrement agacée également par le mot qu’elle emploie. Le mot ombre n’est pas un mot que j’aime. Il est bien trop connoté pour que je l’apprécie. Il me rappelle Thalia, bien sûr, mais désormais il me fait également songer à Lewis qui l’a utilisé bien trop souvent la dernière fois que nous nous sommes rencontré. Et penser à cette rencontre n’est pas une chose qui me met de bonne humeur.
Je m’extirpe de mes pensées pour en revenir à Gabriella « Gaby » Barton. Rien dans son attitude m’indique qu’elle ment et qu’elle a réellement peur. Malgré cela, je pense qu’elle ne dit pas toute la vérité. Si elle n’avait pas peur, elle ne serait pas resté à traîner dans ce couloir avec moi. Et si elle n’avait pas peur, elle aurait envoyé se faire voir les filles des toilettes. Dans tous les cas, je suis désormais bien trop lancée pour faire demi-tour. Je vais donc la raccompagner à sa salle de classe et pourrais même être fière de l’avoir fait. Ce que je fais est bien, qu’elle ait peur ou non c’est la même chose.
Elle m’emboite le pas. Nous marchons silencieusement l’une à côté de l’autre, essayant de trouver notre chemin dans la foule qui hante les couloirs. Je me rappelle de suffisamment de fois où j’ai argué que je n’avais pas peur, que je n’avais pas besoin d’aide tout simplement parce que je n’avais pas envie que l’on ait pitié de moi. Cela n’empêche pas bien sûr que j’avais peur et que j’avais réellement besoin d’aide, mais refuser cette aide était mon choix. Et personne n’a le droit de contester ce choix-là. Je n’ai pas le droit de contester celui de Barton. Si elle m’avait dit qu’elle ne voulait pas de moi pour la raccompagner, je ne l’aurais pas fait. Je serais parti de l’autre côté sans ne rien dire. Mais elle ne l’a pas fait, cela en dit long sur ce qu’elle pense réellement. Si elle avait réellement voulu que je la laisse en paix, elle m’aurait dit : je n’ai pas besoin que tu me raccompagnes. Mais elle ne l’a pas fait. Alors qu’elle ait peur ou non, cela ne change rien au fait qu’elle voulait que je sois là avec elle dans ce couloir.
Je coule un regard en direction de la fille. Je me demande ce qu’elle pense. A sa place, je n’aurais jamais accepté qu’une personne arguant que j’ai peur m’accompagne pour justement m’éviter cette peur. Jamais je n’aurais accepté.
« C’est impossible, avancé-je soudainement en regardant devant moi. De faire disparaître la peur. »
Qu’elle dise le contraire et je lui prouverais qu’elle a tort. Si je la pousse dans un couloir secondaire bien moins peuplé et que je la menace de ma baguette, elle verra que sa peur n’a pas disparu. C’est une connerie de croire qu’on peut faire disparaître des choses qui nous déplaisent. Il est possible de les cacher, de les ignorer, mais de les faire disparaître ? Pas possible.
Malgré moi, mes pensées reviennent sur cette histoire d’ombre. Barton utilise ce mot différemment de Lewis, ou même de Thalia. Mais je n’arrive pas à comprendre ce qu’elle veut dire par là. Une ombre, c’est quelque chose à laquelle on ne fait pas attention. C’est cela qu’elle voulait dire ? A moins que ce ne soit qu’une façon de m’affirmer qu’elle n’a pas peur : une ombre n’a pas peur puisqu’elle n’existe pas. Oui, c’est certainement cela qu’elle a voulu dire.
Je m’extirpe de mes pensées pour en revenir à Gabriella « Gaby » Barton. Rien dans son attitude m’indique qu’elle ment et qu’elle a réellement peur. Malgré cela, je pense qu’elle ne dit pas toute la vérité. Si elle n’avait pas peur, elle ne serait pas resté à traîner dans ce couloir avec moi. Et si elle n’avait pas peur, elle aurait envoyé se faire voir les filles des toilettes. Dans tous les cas, je suis désormais bien trop lancée pour faire demi-tour. Je vais donc la raccompagner à sa salle de classe et pourrais même être fière de l’avoir fait. Ce que je fais est bien, qu’elle ait peur ou non c’est la même chose.
Elle m’emboite le pas. Nous marchons silencieusement l’une à côté de l’autre, essayant de trouver notre chemin dans la foule qui hante les couloirs. Je me rappelle de suffisamment de fois où j’ai argué que je n’avais pas peur, que je n’avais pas besoin d’aide tout simplement parce que je n’avais pas envie que l’on ait pitié de moi. Cela n’empêche pas bien sûr que j’avais peur et que j’avais réellement besoin d’aide, mais refuser cette aide était mon choix. Et personne n’a le droit de contester ce choix-là. Je n’ai pas le droit de contester celui de Barton. Si elle m’avait dit qu’elle ne voulait pas de moi pour la raccompagner, je ne l’aurais pas fait. Je serais parti de l’autre côté sans ne rien dire. Mais elle ne l’a pas fait, cela en dit long sur ce qu’elle pense réellement. Si elle avait réellement voulu que je la laisse en paix, elle m’aurait dit : je n’ai pas besoin que tu me raccompagnes. Mais elle ne l’a pas fait. Alors qu’elle ait peur ou non, cela ne change rien au fait qu’elle voulait que je sois là avec elle dans ce couloir.
Je coule un regard en direction de la fille. Je me demande ce qu’elle pense. A sa place, je n’aurais jamais accepté qu’une personne arguant que j’ai peur m’accompagne pour justement m’éviter cette peur. Jamais je n’aurais accepté.
« C’est impossible, avancé-je soudainement en regardant devant moi. De faire disparaître la peur. »
Qu’elle dise le contraire et je lui prouverais qu’elle a tort. Si je la pousse dans un couloir secondaire bien moins peuplé et que je la menace de ma baguette, elle verra que sa peur n’a pas disparu. C’est une connerie de croire qu’on peut faire disparaître des choses qui nous déplaisent. Il est possible de les cacher, de les ignorer, mais de les faire disparaître ? Pas possible.
Malgré moi, mes pensées reviennent sur cette histoire d’ombre. Barton utilise ce mot différemment de Lewis, ou même de Thalia. Mais je n’arrive pas à comprendre ce qu’elle veut dire par là. Une ombre, c’est quelque chose à laquelle on ne fait pas attention. C’est cela qu’elle voulait dire ? A moins que ce ne soit qu’une façon de m’affirmer qu’elle n’a pas peur : une ombre n’a pas peur puisqu’elle n’existe pas. Oui, c’est certainement cela qu’elle a voulu dire.
Il brûle, ton regard
Mes pieds frôlent le sol de pierre, à coté de ceux de la fille. Juste un peu en retrait. Nous marchons dans un silence couvert par les bruits qui résonnent contre les murs du couloirs. Ils résonnent comme ses mots. [color=#olive]"C'est impossible de faire disparaître la peur"[/color].
J'y réfléchis et je reste silencieuse. Même quand je sens son regard qui se pose sur moi, furtif. Je me mords la joue pour m'empêcher de tourner mes yeux vers elle. Croiser son regard et savoir ce qu'elle pense. En général, j'arrive facilement à comprendre les gens, mais son regard brun aux éclats d'onyx me reste insondable. Cette fille a pour moi, tout du mystère.
J'ai du mal à comprendre ce qui peut pousser une fille à prendre la défense d'une autre pour ensuite la dédaigner...
Alors je reste silencieuse, avec toutes ces questions en tête. Et je marche, mes yeux bleus fixant les interstices qui tracent des lignes noires entre les dalles grises. Elles deviennent plus fou, à mesure que mes pieds dansent sous mes yeux.
Ma salle de classe est à quelques mètres. Nos chemins vont bientôt se séparer et pourtant cette rencontre me laisse un goût d'inachevé sur la langue, comme si le temps s'étirait pour me permettre de savoir. De comprendre. De dire. Je relève la tête, mais sans lever mes prunelles azur vers elle. Et ma voix claire, mais basse laisse échapper des mots.
"Oui. Tu as raison. La peur ne disparaît pas. Jamais. On apprend juste à vivre avec et parfois, elle devient comme une vieille amie, on l'apprivoise. Si on a pas peur, c'est qu'on a rien à perdre. Et tant qu'on est vivant, on a toujours quelque chose à perdre..." Puis, après quelques instant de silence, je continue.
"J'ai souvent peur. Toujours. De tout, des autres et de moi. Alors, je mets un voile sur la peur, pour qu'elle m'accompagne, cachée... Et je deviens quelque chose que les autres ne voient pas. Transparente. Une ombre."
Je relève finalement mes yeux bleus sur son regard d'ébène et je l'accroche.
"Et toi ? Est-ce que tu as peur toi ? Pourquoi tu as envoyé chier ses filles tout à l'heure ? Pourquoi tu as pas voulu de mon aide ?
Au fait, tu t'appelles comment ? Je connais que ton nom, enfin je crois..."
J'y réfléchis et je reste silencieuse. Même quand je sens son regard qui se pose sur moi, furtif. Je me mords la joue pour m'empêcher de tourner mes yeux vers elle. Croiser son regard et savoir ce qu'elle pense. En général, j'arrive facilement à comprendre les gens, mais son regard brun aux éclats d'onyx me reste insondable. Cette fille a pour moi, tout du mystère.
J'ai du mal à comprendre ce qui peut pousser une fille à prendre la défense d'une autre pour ensuite la dédaigner...
Alors je reste silencieuse, avec toutes ces questions en tête. Et je marche, mes yeux bleus fixant les interstices qui tracent des lignes noires entre les dalles grises. Elles deviennent plus fou, à mesure que mes pieds dansent sous mes yeux.
Ma salle de classe est à quelques mètres. Nos chemins vont bientôt se séparer et pourtant cette rencontre me laisse un goût d'inachevé sur la langue, comme si le temps s'étirait pour me permettre de savoir. De comprendre. De dire. Je relève la tête, mais sans lever mes prunelles azur vers elle. Et ma voix claire, mais basse laisse échapper des mots.
"Oui. Tu as raison. La peur ne disparaît pas. Jamais. On apprend juste à vivre avec et parfois, elle devient comme une vieille amie, on l'apprivoise. Si on a pas peur, c'est qu'on a rien à perdre. Et tant qu'on est vivant, on a toujours quelque chose à perdre..." Puis, après quelques instant de silence, je continue.
"J'ai souvent peur. Toujours. De tout, des autres et de moi. Alors, je mets un voile sur la peur, pour qu'elle m'accompagne, cachée... Et je deviens quelque chose que les autres ne voient pas. Transparente. Une ombre."
Je relève finalement mes yeux bleus sur son regard d'ébène et je l'accroche.
"Et toi ? Est-ce que tu as peur toi ? Pourquoi tu as envoyé chier ses filles tout à l'heure ? Pourquoi tu as pas voulu de mon aide ?
Au fait, tu t'appelles comment ? Je connais que ton nom, enfin je crois..."
☆ 3ème année RP ☆
Ma Fiche
L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...
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L'Ombre s'attache à un être, avant que les ténèbres ne la fassent disparaître...