9 juin 2020, 16:29
Noir Corbeau
@Eldan Travis
septembre 2044
septembre 2044
Je me sens mieux maintenant. Le stress qui m'avait accaparé pendant les premiers jours avait disparu. Comme un ballon qui éclate. Du jour au lendemain.
Sans crier gare
Ma joie neutre, mon bonheur silencieux, mes traits las sont à nouveau présents et tout va pour le mieux.
Quelques personnes ont tenté de m'approcher mais ne sont pas allé plus loin dans la discussion. Je ne comprends pas pourquoi. Je ne suis pas méchante.
Peu loquace
Étrange
Rêveuse et stoïque
Pas méchante.
Ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Et je ne sais sans doute pas ce que j'aurai pu y gagner si j'avais eu la décence de paraître aimable.
Tant pis
Le Soleil éclaire encore de sa chaleur vive les étendues vertes du Parc. Ça me rappellerait presque mon jardin.
Il m'appelle.
J'y vais
Un livre à la main, emprunté récemment à la Bibliothèque, je me fraie tant bien que mal un passage jusqu'à l'extérieur. Autour du Lac, plusieurs élèves sont attroupés et rient en cœur. Qu'ils s'amusent. Moi je m'en fiche.
Ma Solitude est à mes côtés, ma réelle amie.
Je contourne le bruit heureux et trouve mon bonheur à moi : un arbre seul.
Je m'assoie au sol, les genoux relevés et pose mon dos contre le tronc de mon nouvel ami.
Livre ouvert sur les premières pages, je le feuillette et l'odeur qui s'en dégage me donnerait presque le sourire.
L'odeur des vieux livres. Il me semble que chaque livre possède son odeur. Comme si celle-ci était propre à l'histoire.
Cette fois-ci, il s'agit d'un livre rassemblant plusieurs petites nouvelles horrifiques. J'ai toujours aimé ce genre d'histoires. Il m'est déjà arrivé de sursauter devant l’une de mes lectures. La sensation est très surprenante.
Pourquoi l'horreur ? De l'horreur naît parfois la beauté, la pureté et la grâce.
Sublime
Alors que je m'apprête à débuter ma lecture, je remarque une note griffonnée sur une page blanche.
Je fronce les sourcils car j'ai du mal à en saisir le sens.
Je la relis encore une fois, à haute voix. Comme pour en faire trembler l'écho du sens des mots. Voix calme et lente, pour comprendre chaque mot.
« L’époque qui vient veut l’ultime confrontation de la terre et du ciel, de l’amour profane et de l’amour sacré, dans une même horreur, l’horreur de l’absence, le sentiment du vide, le besoin de passer de l’autre côté du vide. Seuls comprendront cela, le moment venu, ceux qui vivent sans cesse, au fond d’eux-mêmes, dans la… »
Je me stoppe et ma voix devient plus faible.
« … dans la tentation de la mort. »
Super
Une signature en pattes de mouche trône au bas de la feuille.
“Une Âme Noire Corbeau”
Elle n’était manifestement pas dans un fabuleux jour, cette âme.
Sans trop savoir pourquoi, je déchire la page griffonnée et la range dans ma poche.
Sans trop savoir pourquoi, ce texte m'anime.
Sans trop savoir pourquoi, je me dois de le garder.
ma couleur : #0A7878
Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.
12 juil. 2020, 15:57
Noir Corbeau
Navré de cet inqualifiable retard.
La veille, Eldan s'était rendu dans le Parc de Poudlard. Cette information pouvait sembler relativement anodine : tous les enfants se rendaient régulièrement dans des étendues vertes pour jouer et s'amuser, il n'y avait strictement rien d'extraordinaire à cela, surtout à Poudlard. Toutefois, ce n'était pas le cas du Première Année qui, depuis la rentrée, n'avait pas véritablement accroché avec l'esplanade qui se tenait face à l'école, et qui n'y avait donc pas vraiment été fréquemment -il fallait dire qu'il lui trouvait beaucoup de défauts qu'il pouvait lister à qui le voulait sans soucis, et qu'il préférait donc aller dans des lieux qu'il trouvait plus intéressant. Pour être plus précis, en deux semaines de temps depuis la rentrée, il n'y avait posé les pieds qu'une fois : le jour précédant celui-ci. On pouvait donc dire que sa venue vingt-quatre heures plus tôt était de l'ordre de l'exception, puisqu'il s'agissait de la première fois de toute sa vie.
Cependant, ce jour-là, Eldan décida de réitérer l'expérience, pensant que, même si ça n'avait pas été incroyable le jour précédent, il avait tout de même eu l'occasion d'y faire la découverte d'une personne et que cela ne le dérangerait pas de recommencer. Certes, la personne rencontrée n'avait pas été des plus avenantes aux premiers abords, mais peut-être cela serait-il différent en ce jour ensoleillé. Ainsi, le petit garçon suivit donc le même processus que la veille : il traversa le château à vive allure, esquivant chaque personne qu'il croisa, gravit et descendit tous les escaliers qui se présentèrent à lui, jusqu'à parvenir à la grande porte qui scellait l'école. Il tenta alors de la passer de l'air le plus solennel possible -il s'agissait quand même de sa deuxième venue dans le parc- mais fut rapidement bousculé par le flot d'élèves empruntant ce chemin. Il abandonna donc rapidement l'idée de se donner une quelconque allure et posa quelques pas jusqu'au parc. Son premier réflexe fut alors de balayer l'étendue qui se présentait à lui du regard, mais l'élève constata bien vite que la scène était quasiment similaire en tous points : des élèves attroupés à divers endroits, d'âges différents, batifolant ensemble. Un peu déçu mais en faisant fi bien vite, Eldan eut alors l'idée de regarder l'endroit où Elio s'était assis -et même avachi- la veille, près du tronc de l'arbre et, à sa plus grande surprise, il y aperçut une jeune fille.
Cette fois, il espérait que ça en soit vraiment une. Les garçons aux cheveux longs qui lisent près d'un arbre, ça doit pas être tant monnaie courante que ça. Intrigué de voir que ce tronc devait donc être un poste de lecture courant, le Première Année s'approcha alors doucement et détailla la jeune fille du regard. Il lui vit alors de longs cheveux bruns et assez rebelles lui parcourir le dos et les épaules, de grands yeux noisettes lui décorer le visage fin, et un petit nez retroussé pointer au milieu de cette harmonie. Objectivement, Eldan la trouva jolie. Il observa alors petit à petit sa silhouette, jusqu'à descendre les yeux au niveau du livre qu'elle tenait entre ses mains. Quel ne fut pas son effroi en découvrant qu'il s'agissait justement d'un livre d'horreur ! Surpris, Eldan s'approcha alors rapidement jusqu'à l'élève et, lorsqu'il parvint à ses côtés, lui demanda alors :
- Pourquoi tu lis quelque chose qui fait peur ?
Sa mine arborait un air naïf qui cherchait à savoir, ainsi qu'une touche d'incompréhension.
Je me dois de signifier que j'ai beaucoup aimé écrire ce post
MI SEPTEMBRE 2044. MILIEU D’APRÈS-MIDI. ALENTOURS DE 16 HEURES.
PARC, POUDLARD.
PARC, POUDLARD.
La veille, Eldan s'était rendu dans le Parc de Poudlard. Cette information pouvait sembler relativement anodine : tous les enfants se rendaient régulièrement dans des étendues vertes pour jouer et s'amuser, il n'y avait strictement rien d'extraordinaire à cela, surtout à Poudlard. Toutefois, ce n'était pas le cas du Première Année qui, depuis la rentrée, n'avait pas véritablement accroché avec l'esplanade qui se tenait face à l'école, et qui n'y avait donc pas vraiment été fréquemment -il fallait dire qu'il lui trouvait beaucoup de défauts qu'il pouvait lister à qui le voulait sans soucis, et qu'il préférait donc aller dans des lieux qu'il trouvait plus intéressant. Pour être plus précis, en deux semaines de temps depuis la rentrée, il n'y avait posé les pieds qu'une fois : le jour précédant celui-ci. On pouvait donc dire que sa venue vingt-quatre heures plus tôt était de l'ordre de l'exception, puisqu'il s'agissait de la première fois de toute sa vie.
Cependant, ce jour-là, Eldan décida de réitérer l'expérience, pensant que, même si ça n'avait pas été incroyable le jour précédent, il avait tout de même eu l'occasion d'y faire la découverte d'une personne et que cela ne le dérangerait pas de recommencer. Certes, la personne rencontrée n'avait pas été des plus avenantes aux premiers abords, mais peut-être cela serait-il différent en ce jour ensoleillé. Ainsi, le petit garçon suivit donc le même processus que la veille : il traversa le château à vive allure, esquivant chaque personne qu'il croisa, gravit et descendit tous les escaliers qui se présentèrent à lui, jusqu'à parvenir à la grande porte qui scellait l'école. Il tenta alors de la passer de l'air le plus solennel possible -il s'agissait quand même de sa deuxième venue dans le parc- mais fut rapidement bousculé par le flot d'élèves empruntant ce chemin. Il abandonna donc rapidement l'idée de se donner une quelconque allure et posa quelques pas jusqu'au parc. Son premier réflexe fut alors de balayer l'étendue qui se présentait à lui du regard, mais l'élève constata bien vite que la scène était quasiment similaire en tous points : des élèves attroupés à divers endroits, d'âges différents, batifolant ensemble. Un peu déçu mais en faisant fi bien vite, Eldan eut alors l'idée de regarder l'endroit où Elio s'était assis -et même avachi- la veille, près du tronc de l'arbre et, à sa plus grande surprise, il y aperçut une jeune fille.
Cette fois, il espérait que ça en soit vraiment une. Les garçons aux cheveux longs qui lisent près d'un arbre, ça doit pas être tant monnaie courante que ça. Intrigué de voir que ce tronc devait donc être un poste de lecture courant, le Première Année s'approcha alors doucement et détailla la jeune fille du regard. Il lui vit alors de longs cheveux bruns et assez rebelles lui parcourir le dos et les épaules, de grands yeux noisettes lui décorer le visage fin, et un petit nez retroussé pointer au milieu de cette harmonie. Objectivement, Eldan la trouva jolie. Il observa alors petit à petit sa silhouette, jusqu'à descendre les yeux au niveau du livre qu'elle tenait entre ses mains. Quel ne fut pas son effroi en découvrant qu'il s'agissait justement d'un livre d'horreur ! Surpris, Eldan s'approcha alors rapidement jusqu'à l'élève et, lorsqu'il parvint à ses côtés, lui demanda alors :
- Pourquoi tu lis quelque chose qui fait peur ?
Sa mine arborait un air naïf qui cherchait à savoir, ainsi qu'une touche d'incompréhension.
Je me dois de signifier que j'ai beaucoup aimé écrire ce post
Couleur : #7F6000
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16 juil. 2020, 14:45
Noir Corbeau
L’héroïne dénommée Sara était perdue dans une forêt sombre et son souffle laissait s’échapper des nuages blanchâtres de fumée. Elle respirait rapidement. Elle ne voyait pas où elle marchait. Elle ne voyait rien du tout, et elle ne savait pas où aller, ni où elle se trouvait. Devant elle, des arbres, l’obscurité. Derrière elle, des arbres, l’obscurité. L’obscurité qui la mangeait, qui s’en délectait. Son coeur battait tellement rapidement qu’il résonnait en elle tel un tambour dans une fanfare. Au loin, elle entendit un hurlement. D’une créature, d’un humain, d’un animal, elle n’en avait aucune idée. Un hurlement qui lui glaça le sang. Et ce hurlement fut suivi d’un second : le sien. Maintenant elle courait dans la nuit, elle trébuchait, tout allait extrêmement vite. Ses vêtements étaient constellés de boue, de terre et de cailloux. Elle avait mal partout. Elle s’arrêta alors et n’entendait plus rien que sa respiration saccadée et son coeur s’accélérant si cela était encore possible. Une lueur dans la nuit accrocha son regard plein de larmes. Une lame reflétant la faible lumière de l’astre lunaire. Puis soudain, juste derrière elle, à son oreille, une voix, cinglante, aiguë, complètement folle, suivie d’un rire démentiel.
Mon coeur bondit dans ma poitrine et je m’écroule contre le tronc. Cachant mon visage dans le livre, je tente de reprendre ma respiration.
J’étais vraiment plongé dedans. J’étais Sara.
Quelle frayeur.
Lentement, j’abaisse mon livre et observe le possesseur de cette voix qui m’a fait sursauter. Il a les mêmes couleurs que moi, un Serdaigle donc.
Pourquoi lis-je quelque chose qui fait peur ? À vrai dire, jamais je ne me suis réellement posé la question.
Cela dit, maintenant que j’y pense, si je n’avais pas été si butée en termes d’exprimer mes émotions, je serais sans doute en train de me tordre de rire. Décompression, soulagement, ce sont des sentiments que j’aime beaucoup.
Se faire peur semble être un passe-temps amusant.
Je pose une main sur mon coeur et le sens battre très fort. Je me sens vivante.
Tu vois, Maman. Je ne suis une poupée sans vie. Même si mon visage n’exprime rien, je vis.
Faudrait qu’il essaie un jour, peut-être que ça lui plairait.
*t’en as vraiment quelque chose à faire, de ce qui lui plait ou pas ?* J’en ai rien à faire
Mon coeur finit par se calmer et je souffle un bon coup en fermant les paupières. Cela faisait longtemps que j’avais eu aussi peur.
Éphémère mais si efficace.
Et puis, finalement, je ne suis pas si bizarre que ça, si des livres comme ça existe, c’est que je ne suis pas la seule à qui ça plait.
À d’autres, ça leur donne des envies ténébreuses. Je repense à la note que j’ai lu, tout à l’heure, je me demande bien qui en est l’auteur.
Je repose mon livre sur mes genoux, et tente de me replonger dedans.
Impossible. Je ne suis plus dedans du tout.
Je soupire et regarde le garçon en face de moi.
La voix neutre, toujours.
Pour toujours
« Pourquoi tu lis quelque chose qui fait peur ? »
Mon coeur bondit dans ma poitrine et je m’écroule contre le tronc. Cachant mon visage dans le livre, je tente de reprendre ma respiration.
J’étais vraiment plongé dedans. J’étais Sara.
Quelle frayeur.
Lentement, j’abaisse mon livre et observe le possesseur de cette voix qui m’a fait sursauter. Il a les mêmes couleurs que moi, un Serdaigle donc.
Pourquoi lis-je quelque chose qui fait peur ? À vrai dire, jamais je ne me suis réellement posé la question.
Cela dit, maintenant que j’y pense, si je n’avais pas été si butée en termes d’exprimer mes émotions, je serais sans doute en train de me tordre de rire. Décompression, soulagement, ce sont des sentiments que j’aime beaucoup.
Se faire peur semble être un passe-temps amusant.
« Pour ça, entre autre. »
Je pose une main sur mon coeur et le sens battre très fort. Je me sens vivante.
Tu vois, Maman. Je ne suis une poupée sans vie. Même si mon visage n’exprime rien, je vis.
« Si tu lis des livres, c’est pour ressentir des émotions. La joie, la surprise, la reconnaissance. Mais y’a pas qu’ça. La colère et la peur ça en fait partie, aussi. »
Faudrait qu’il essaie un jour, peut-être que ça lui plairait.
*t’en as vraiment quelque chose à faire, de ce qui lui plait ou pas ?* J’en ai rien à faire
Mon coeur finit par se calmer et je souffle un bon coup en fermant les paupières. Cela faisait longtemps que j’avais eu aussi peur.
Éphémère mais si efficace.
Et puis, finalement, je ne suis pas si bizarre que ça, si des livres comme ça existe, c’est que je ne suis pas la seule à qui ça plait.
À d’autres, ça leur donne des envies ténébreuses. Je repense à la note que j’ai lu, tout à l’heure, je me demande bien qui en est l’auteur.
Je repose mon livre sur mes genoux, et tente de me replonger dedans.
Impossible. Je ne suis plus dedans du tout.
Je soupire et regarde le garçon en face de moi.
« Tu m’as fais peur tu sais, j’ai cru que t’étais l’ombre qui poursuivait Sara. »
La voix neutre, toujours.
Pour toujours
@Eldan Travis ~
J’ai également beaucoup apprécié l’écrire, ça promet !
ma couleur : #0A7878
J’ai également beaucoup apprécié l’écrire, ça promet !
ma couleur : #0A7878
Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.
28 août 2020, 17:22
Noir Corbeau
Navré de ce retard catastrophique (désolé que tu te l'aies eu deux fois, c'est assez inhabituel en temps normal
).
En y repensant, l'approche d'Eldan pouvait être perçue sans trop de difficultés comme un peu trop brute -ou brutale, d'ailleurs- et directe. Cependant, il fallait aussi préciser que le petit garçon n'aimait pas véritablement s’embarrasser des codes sociaux et qu'il préférait être dans la simplicité et la spontanéité, ce qu'il appliquait au quotidien dans son attitude. De plus, cela lui permettait souvent de tisser des liens avec de nouvelles personnes qu'il pouvait ainsi faire entrer dans sa vie, se sentant toujours plus entouré. Il n'avait donc jamais eu aucune raison de procéder autrement, puisque cela lui avait toujours été bénéfique.
Toutefois, à bien y réfléchir et en voyant la réaction de la jeune fille, il lui sembla que cette méthode n'était peut-être pas le meilleur choix qu'il aurait pu faire cette fois-là. En effet, en entendant sa voix, la fillette à qui il avait surement fait peur -la pauvre devait déjà être aux aguets car lisant un ouvrage d'horreur- avait sursauté, si on ne pouvait dire bondi, puis avait chuté contre l'arbre. A vrai dire, Eldan venait grâce à elle de découvrir qu'il était possible de tomber en position assise, ce qui le fit doucement sourire. Cependant, il se rappela bien vite ce que pouvait impliquer de s'écrouler comme la brunette avait pu le faire et le blondinet lui demanda donc précipitamment, soudainement inquiet :
- Ca va ? Tu ne t'es pas fait mal ?
La jeune fille, toujours au sol, n'esquissa aucun geste durant quelques millièmes de secondes avant de retirer son livre de son visage, le bouquin lui étant effectivement tombé dessus pendant la chute. Elle porta alors ses yeux sur Eldan qui la fixa en retour aussi, curieux de la réponse qu'elle pourrait lui apporter. Elle articula finalement, accompagnant ses dires d'une main sur le cœur :
- Pour ça, entre autres.
Alors que le Serdaigle n'était pas du tout sur d'avoir compris ce dont elle parlait -ou plutôt, il était sûr de ne pas avoir compris du tout-, elle poursuivit son intervention :
- Si tu lis des livres, c’est pour ressentir des émotions. La joie, la surprise, la reconnaissance. Mais y’a pas qu’ça. La colère et la peur ça en fait partie, aussi.
Lire des livres. Une science un peu abstraite pour le Première Année qui, en dépit de sa maison, n'appréciait pas vraiment l'art de la lecture. Sa mère, si elle avait été là, lui aurait sûrement dit qu'il ne la considérait pas à sa juste valeur, mais il fallait dire qu'il n'avait jamais accroché aux ouvrages de papier que tout le monde se trimballait, d'autant plus à Poudlard. Il n'en saisissait pas bien l'intérêt à vrai dire. Les seuls bouquins qu'il était susceptible de feuilleter étaient des manuels de cours. Ainsi, il éprouvait donc de grandes difficultés à comprendre le plaisir que pouvaient ressentir certains élèves à se plonger dans des bouquins le soir, ou même à toute heure de la journée. Difficile donc de pouvoir répondre à la jeune fille, bien qu'il appréciait sa réponse. Elle possédait des arguments et expliquait plutôt bien ce qu'elle pouvait ressentir.
Cependant, lorsqu'Eldan s'extirpa de sa réflexion et revint davantage dans la réalité, il constata alors que celle-ci ne l'avait clairement pas attendu : elle était déjà à nouveau plongée dans son bouquin. Visiblement, il lui plaisait vraiment beaucoup. Un peu ébété, le blondinet la regarda quelques secondes, ne sachant que faire : fallait-il qu'il lui réponde et la dérange à nouveau, ou fallait-il lui mettre un gros vent pour ne pas la gêner. Gros dilemme. Ce fut pourtant elle qui le résolut puisqu'elle leva les yeux de son tome pour lui signifier :
- Tu m’as fais peur tu sais, j’ai cru que t’étais l’ombre qui poursuivait Sara.
*L'ombre qui poursuivait Sara ?* Encore une phrase qu'Eldan n'avait pas comprise. Décidément, cette fillette était du genre mystérieux. Il ne savait si cela le faisait sourire ou bougonner. Ainsi, n'ayant pas spécialement envie de se creuser la tête pour apporter une solution à toutes ces énigmes, le Première Année finit par dire rapidement :
- Je comprends pas tout ce que tu me dis, mais j'aime pas trop lire des livres. Je trouve ça ennuyant, y a pas trop d'intérêt pour moi.
Peut-être cela allait-il la renfrogner mais il n'y pouvait rien si cela était la vérité, même si sa curiosité avait été piquée au vif. En effet, en voyant l'engouement que vouait la jeune fille à son livre, et le Serdaigle aurait tout de même aimé en apprendre davantage à ce sujet.
En y repensant, l'approche d'Eldan pouvait être perçue sans trop de difficultés comme un peu trop brute -ou brutale, d'ailleurs- et directe. Cependant, il fallait aussi préciser que le petit garçon n'aimait pas véritablement s’embarrasser des codes sociaux et qu'il préférait être dans la simplicité et la spontanéité, ce qu'il appliquait au quotidien dans son attitude. De plus, cela lui permettait souvent de tisser des liens avec de nouvelles personnes qu'il pouvait ainsi faire entrer dans sa vie, se sentant toujours plus entouré. Il n'avait donc jamais eu aucune raison de procéder autrement, puisque cela lui avait toujours été bénéfique.
Toutefois, à bien y réfléchir et en voyant la réaction de la jeune fille, il lui sembla que cette méthode n'était peut-être pas le meilleur choix qu'il aurait pu faire cette fois-là. En effet, en entendant sa voix, la fillette à qui il avait surement fait peur -la pauvre devait déjà être aux aguets car lisant un ouvrage d'horreur- avait sursauté, si on ne pouvait dire bondi, puis avait chuté contre l'arbre. A vrai dire, Eldan venait grâce à elle de découvrir qu'il était possible de tomber en position assise, ce qui le fit doucement sourire. Cependant, il se rappela bien vite ce que pouvait impliquer de s'écrouler comme la brunette avait pu le faire et le blondinet lui demanda donc précipitamment, soudainement inquiet :
- Ca va ? Tu ne t'es pas fait mal ?
La jeune fille, toujours au sol, n'esquissa aucun geste durant quelques millièmes de secondes avant de retirer son livre de son visage, le bouquin lui étant effectivement tombé dessus pendant la chute. Elle porta alors ses yeux sur Eldan qui la fixa en retour aussi, curieux de la réponse qu'elle pourrait lui apporter. Elle articula finalement, accompagnant ses dires d'une main sur le cœur :
- Pour ça, entre autres.
Alors que le Serdaigle n'était pas du tout sur d'avoir compris ce dont elle parlait -ou plutôt, il était sûr de ne pas avoir compris du tout-, elle poursuivit son intervention :
- Si tu lis des livres, c’est pour ressentir des émotions. La joie, la surprise, la reconnaissance. Mais y’a pas qu’ça. La colère et la peur ça en fait partie, aussi.
Lire des livres. Une science un peu abstraite pour le Première Année qui, en dépit de sa maison, n'appréciait pas vraiment l'art de la lecture. Sa mère, si elle avait été là, lui aurait sûrement dit qu'il ne la considérait pas à sa juste valeur, mais il fallait dire qu'il n'avait jamais accroché aux ouvrages de papier que tout le monde se trimballait, d'autant plus à Poudlard. Il n'en saisissait pas bien l'intérêt à vrai dire. Les seuls bouquins qu'il était susceptible de feuilleter étaient des manuels de cours. Ainsi, il éprouvait donc de grandes difficultés à comprendre le plaisir que pouvaient ressentir certains élèves à se plonger dans des bouquins le soir, ou même à toute heure de la journée. Difficile donc de pouvoir répondre à la jeune fille, bien qu'il appréciait sa réponse. Elle possédait des arguments et expliquait plutôt bien ce qu'elle pouvait ressentir.
Cependant, lorsqu'Eldan s'extirpa de sa réflexion et revint davantage dans la réalité, il constata alors que celle-ci ne l'avait clairement pas attendu : elle était déjà à nouveau plongée dans son bouquin. Visiblement, il lui plaisait vraiment beaucoup. Un peu ébété, le blondinet la regarda quelques secondes, ne sachant que faire : fallait-il qu'il lui réponde et la dérange à nouveau, ou fallait-il lui mettre un gros vent pour ne pas la gêner. Gros dilemme. Ce fut pourtant elle qui le résolut puisqu'elle leva les yeux de son tome pour lui signifier :
- Tu m’as fais peur tu sais, j’ai cru que t’étais l’ombre qui poursuivait Sara.
*L'ombre qui poursuivait Sara ?* Encore une phrase qu'Eldan n'avait pas comprise. Décidément, cette fillette était du genre mystérieux. Il ne savait si cela le faisait sourire ou bougonner. Ainsi, n'ayant pas spécialement envie de se creuser la tête pour apporter une solution à toutes ces énigmes, le Première Année finit par dire rapidement :
- Je comprends pas tout ce que tu me dis, mais j'aime pas trop lire des livres. Je trouve ça ennuyant, y a pas trop d'intérêt pour moi.
Peut-être cela allait-il la renfrogner mais il n'y pouvait rien si cela était la vérité, même si sa curiosité avait été piquée au vif. En effet, en voyant l'engouement que vouait la jeune fille à son livre, et le Serdaigle aurait tout de même aimé en apprendre davantage à ce sujet.
Couleur : #7F6000
Merci de ne pas me mentionner sur les RPs (hors premiers posts) : ils sont déjà tous en favoris !
18 sept. 2020, 13:10
Noir Corbeau
Incompréhension
Totale incompréhension
Mes sourcils se froncent et je l'observe, tentant de décéler ne serait-ce qu'une explication concernant son état d'âme et ses choix. Ennuyant ? Lire un livre et s'ouvrir à un tout autre monde, ennuyant ?
Non, impossible. Qui est-il ? Comment peut-il penser ça ? *les goûts et les couleurs* Non, c'est au-delà de ça. Un livre, ça transporte, personne ne peut trouver cela ennuyant.
Je... Je ne comprends pas.
Mes lèvres s'entrouvrent et un souffle sans voix s'échappe.
Je secoue la tête légèrement et la penche sur le côté.
Ma voix ne se veut pas froide ou condescendante, mais elle l'est peut-être involontairement. J'espère qu'il ne m'en voudra pas trop. Après tout, tout ce que je souhaite c'est lui faire changer cette vision triste des choses.
Je lui mime de s'asseoir devant moi. On en a pour un moment. Pas à côté, pas trop proche de moi.
C'est vrai, personne ne trouve tous les livres bons. Je trouve beaucoup de livres pathétiques. Mais tout ça parce que je n'apprécie pas le style ou la plume de l'auteur. Les livres n'ayant que des histoires à l'eau de rose ? Très peu pour moi. À quoi bon vouloir apprécier une histoire quand le seul aboutissant est de savoir avec qui va finir la protagoniste, parce que oui, tout le monde l'aime et l'honore. C'est n'importe quoi. Plusieurs ont fini dans la poubelle.
Je parle, je parle et je dois sans aucun doute l'ennuyer, moi aussi. Parler, je n'aime pas ça. Mais cet enfant, qui a l'air si gentil et si doux, me dire ça à moi qui a l'air si froid et sombre... Non, il ne devrait pas penser comme ça. *tu penses le changer, peut-être ? Tu te crois forte à ce point ?* Essayer ne coûte rien. Qui sait, je lui ferai peut-être lire un livre qu'il adorera ? Ce serait une victoire personnelle.
Ne pas paraître trop ennuyante. Dur combat.
Totale incompréhension
Mes sourcils se froncent et je l'observe, tentant de décéler ne serait-ce qu'une explication concernant son état d'âme et ses choix. Ennuyant ? Lire un livre et s'ouvrir à un tout autre monde, ennuyant ?
Non, impossible. Qui est-il ? Comment peut-il penser ça ? *les goûts et les couleurs* Non, c'est au-delà de ça. Un livre, ça transporte, personne ne peut trouver cela ennuyant.
Je... Je ne comprends pas.
Mes lèvres s'entrouvrent et un souffle sans voix s'échappe.
Je secoue la tête légèrement et la penche sur le côté.
« Maintenant c'est moi qui comprends pas tout c'que tu me dis. »
Ma voix ne se veut pas froide ou condescendante, mais elle l'est peut-être involontairement. J'espère qu'il ne m'en voudra pas trop. Après tout, tout ce que je souhaite c'est lui faire changer cette vision triste des choses.
Je lui mime de s'asseoir devant moi. On en a pour un moment. Pas à côté, pas trop proche de moi.
« Tu sais, la lecture c'est pas fait pour tout l'monde. Peut-être pas pour toi. Mais si tu dis que ça t'ennuie, c'est que t'as pas lu les bonnes choses. Parce qu'un livre... c'est tout sauf ennuyant. Il faut juste trouver c'qui te fait vibrer. »
C'est vrai, personne ne trouve tous les livres bons. Je trouve beaucoup de livres pathétiques. Mais tout ça parce que je n'apprécie pas le style ou la plume de l'auteur. Les livres n'ayant que des histoires à l'eau de rose ? Très peu pour moi. À quoi bon vouloir apprécier une histoire quand le seul aboutissant est de savoir avec qui va finir la protagoniste, parce que oui, tout le monde l'aime et l'honore. C'est n'importe quoi. Plusieurs ont fini dans la poubelle.
« Lire un livre, ça te fait voyager. Ça t'fait entrer dans un monde, quand tout ce que tu peux faire de ton côté, c'est rester là où t'es. D'après toi, pourquoi on apprend à lire ? Pour lire. C'est un don. Apprends à lire et le monde s'ouvre à toi. »
Je parle, je parle et je dois sans aucun doute l'ennuyer, moi aussi. Parler, je n'aime pas ça. Mais cet enfant, qui a l'air si gentil et si doux, me dire ça à moi qui a l'air si froid et sombre... Non, il ne devrait pas penser comme ça. *tu penses le changer, peut-être ? Tu te crois forte à ce point ?* Essayer ne coûte rien. Qui sait, je lui ferai peut-être lire un livre qu'il adorera ? Ce serait une victoire personnelle.
« Enfin je... C'est ce que je pense. »
Ne pas paraître trop ennuyante. Dur combat.
RP abandonné suite au départ d'Eldan
Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.