Une femme n’est pas un sac de frappe solo

Dimanche 23 Juillet 2045


« —Keddle et Leather c'est... par là ! Allez, arrête de trainer maman !

J’avais pas foutu les pieds sur le Chemin de Traverse depuis des mois. Ça ne ne manquait pas du tout, j'aime pas. Trop de choses s'y sont passées , trop de mauvaises choses, et la destruction d’Apothic’herbes en tête de liste. J'avais passé des heures dans cette boutique, a cherché les plus beaux ingrédients pour mes potions. Maintenant, c'était rien de plus qu'un gros tas de débris noircis, surplombé par une grande affiche sur laquelle la tête d'Erin Grayce flottait, accompagnée de son nouveau surnom : l'ennemi numéro 1. Une grande femme, celle-là. Professeur de Poudlard, sous-directrice, puis gérante d’une aussi grande boutique... réduite à être pourchassée dans tout le pays par ces guignols en cuir. Triste fin de vie, songeais-je en passant une clope à mes lèvres alors que nous croisions les ruines d'Apothichebes.

— Je suis trop contente, depuis le temps que je voulais ce balai !
— Calme ta joie, un peu. On y est pas encore, t’as le temps de te faire voler ton sac à main.


Maggie sautillait, pimpante comme une luciole. Ça changeait. C'est devenu une gamine tellement lugubre, avec le temps. Quand elle était haute comme un veaudelune, fallait la voir ! Véritable casse-cou, toujours a grimper partout, et toujours en riant. Elle l'a perdu, ça. De mon petit soleil, il ne reste que quelques pâles tueurs. Autant profiter de ces éclats aujourd'hui, ça ne restera pas.

— Tu vas t'en reprendre un ? me demanda Maggie en pivotant sur elle-même.
Quoi, un balai ? Le mien me convient très bien.
Mais il est mou ! Et vieux.
Mon vieux balai t'a bien arrangé quand fallait traverser tout le pays pour t'amener à Poudlard quand mademoiselle lambinait dans la salle de bain.
Ça va, c'est pas arrivé souvent.


Oh non, juste trois fois dans une année. Sa sixième année, je crois bien. Elle sortait avec le fils Bingham, ça je l'ai su récemment. Cons, ces jeunes.

Keddle est là ! Tu viens ?
J'ai pas terminé ma clope. Va, tu vas en avoir pour une heure.
»

Elle me sourit par me confirmer mes craintes, et s'engouffra dans la boutique dans un grand «bonjour !» La discrétion de sa mère. La fumée s'échappant de mes narines, j'en souriais.

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Troisième clope, et toujours pas de Maggie. Je désespérais de la revoir un jour. Une folle furieuse, fascinée par le monde du Quidditch. Oh, elle aurait fait une arbitre exeptionnelle, ça j'en douterais jamais. Dommage qu'elle ai foutu ses rêves en l'air pour quelques conneries de gamins bouffés par la consanguinité de leurs cons de parents. Je me demande si un jour elle pourra entrer à l'Institut des Sports Magiques d'Irlande... quand tout ce sera tassé, peut-être ? Je sais plus comment on rentre dans cette école à la con. Ça doit pas être bien compliqué.

« — Marian ? Marian Laszlo ?

Perdue dans la contemplation des dalles de la bâtisse d'en face, j'avais pas vu cette femme se rapprocher de moi. Mes yeux s’arrondissent alors que je la dévisageais des pieds à la tête.

Emmie Hodge ! m'écriais-je en reconnaissant l'épaisse tignasse auburn de mon ancienne collègue et meilleure amie, obtenant aux passages quelques regards curieux de la part des passants. Bordel, qu'est-ce que t'as changé !

Épaisse tignasse auburn, toujours, mais maintenant longue jusqu'aux omoplates. Elle qui me répétait de couper mes cheveux pour éviter de me les brûler à l'école, elle pouvait se regarder. Belle comme un cœur, son visage tout rond maquillé avec l'élégance qu'on exige normalement à nos âges. Elle devait être dans les beaux quartiers, j'en aurais mis ma main à couper.
Je grimaçais en constatant que son bras était platré, maintenu contre sa poitrine. Drôle de chose pour une sorcière. On plâtre pas, nous. On refait l’os avec des potions. Elle était potionniste, en plus.

Tu as changé aussi, me rétorqua Emmie dans un sourire timide. Tu as l'air plus... enfin, différente. Alors, qu'est-ce que tu deviens ? »

Malgré moi, je repensais à comment ça c'était terminé entre nous. Notre boutique faisant faillite, nous à la rue, Emmie nous larguant pour retourner chez ses parents, moi trop fière pour le faire, contrainte d'aller bosser pour Cole...
La cendre de ma clope tomba sur le bout de mes bottines, je la dégageais en tapant mon talon contre le mur dans mon dos. Peut-être avec plus de colère qu je l'aurais voulu. Penser à cette vie et ce connard, c'était toujours douloureux.

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Adossée contre Keddle, Emmie campée devant moi, nous échangions sur nos métiers et nos activités. J'apprenais qu'elle ne travaillait plus , qu'elle s'occupait de sa maison de banlieu. Ça m'étonnait, Emmie avait toujours en la bougeotte. L'imaginer mariée et femme au foyer... ça changeait de cette femme que j'avais connue plus jeune.
Elle ne me parlait pas dans son mari, mais je devinais qu'il s'agissait d'un Moldu. Si moi j'avais toujours vécu avec eux, rien a voir avec Emmie qui elle même était Née-Moldue, et fille de parents refusant le monde sorcier. Des cas, ceux là. Je me demande comment ça se fait qu'ils ont accepté de la reprendre chez eux quand notre boutique a coulé.

J'allais enfin aborder le sujet de son bras plâtré, mais a côté de moi s’ouvrît la porte de Keddle et Leather. J'espérais voir Maggie en surgir, et c'était en effet ma tête blonde, son nouveau balai serré contre elle comme on étreint un amant disparu. Pas possible, cette jeune.

« — Une Flèche d'Argent ! s'extasia Maggie en me tendant sa nouvelle acquisition. Exactement celui que je voulais. Il est ultra performant, je l'utilise dès ce soir avec Connor !... oh, t'es accompagnée.

Emmie souriait en observant ma fille, se remémorant peut-être des images d'elle encore toute petite. Maggie ne disait rien, attendant qu'Emmie se présente.

Qu'est-ce que tu as poussé. Tu es devenue tellement jolie.

Maggie n'était pas toujours trés loquace quand elle était surprise. C'était vrai que pour le coup, cette rencontre tranchait pas mal avec sa joie précédente.

C'est Emmie, Emmie Hodge, la présentais-je. Enfin, Emmie Summer, maintenant.
Oh, la lâche qui a abandonné ma mère et son bébé dans la rue, les expédiant dans les griffes d'un gros con violent. Ça y est, je vous replace.

J'avais pas eu le temps de le voir venir, ça. Ça avait fusé comme une balle. Mes doigts comme des serres, je vins agriper le bras de ma fille pour lui secouer sèchement.

Margaret tu te calmes.
Elle a même pas à se tenir devant toi.
Ça, c'est certainement pas à toi d'en juger, alors maintenant tu te tais. Je te ferai signe quand j'aurais besoin de ton avis.


La gamine se renfrogna, ses yeux bleus fixés sur Emmie qui n'avait pas dit un mot. Au contraire, elle avait baissé le regard, avalé son sourire bienveillant. Et soudain, elle fondit en sanglot. Toute tremblante, secouée par ses pleurs, Emmie enfouit son visage dans son bras pour se cacher. Putain, elle était devenue sensible.
Maggie et moi échangions un regard, toutes les deux ébahies. C'était quand même pas la culpabilité qui la rongeait, si ? Un peu hésitante, je m’avançais vers elle pour prende son épaule entre mes doigts dans un geste réconfortant.

C'est rien Emmie. Je ne t'en veux plus. Je suis même pas sûre de t'en avoir déjà voulu.

Elle continuait a pleurer à chaudes larmes, je ne savais plus quoi dire. Son balai tout neuf tenu contre elle, Maggie me regardait aussi larguée que moi. Je crois qu'on a jamais eu l'occasion de nous laisser aller à pleurer en pleine rue ou même l'une face à l'autre. De la force, de la fierté, de la réserve, j'en savais rien.

Viens Emmie, je t'enmène à mon auberge. On...
Non ! trancha t-elle en relevant la tête, son visage barbouillé du noir de ses yeux. Je ne peux pas ! Je dois être chez moi ! Je dois être chez moi...

Je plissais les yeux. C'était pas de la culpabilité que j'entendais dans sa voix: c'était de la peur. Je ne comprenais pas.

Je te raccompagnerai quand tu rentreras, mais là tu vas pas rester dans la rue a pleurer avec des yeux de panda sous coc' !
Super la comparaison, maman.


J'ignorai ma fille, prenais le visage d'Emmie dans mes mains pour la forcer à me regarder. Elle essayait de se calmer, prenant conscience du ridicule de la situation. Mes yeux la détaillaient, inquiète. Je voulais trouver une explication à cette peur tellement soudaine.
Et si...

Comment est-ce que tu t'es cassé le bras ? »

Dans ses yeux verts, je vis passer bien trop de choses. Je les connaissais.

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Muettes, dans l'attente des horreurs dont je craignais l'existence, Maggie et moi nous tenions assises devant Emmie. Elle ne pleurait plus, gardait le regard bas pour ne pas avoir à affronter le mien. Elle craignait mes questions, je le savais, j'avais été comme elle pendant cinq années. Cinq putain d'années où j'aurais dû parler.

Je l'avais amené à la Tête de Sanglier, le Chemin de Traverse commençait à devenir curieux, et ça faisait trop de baffes à servir. Emmie avait refusé une fois, deux fois, trois fois, jusqu'à se rappeler que nos professeurs ne me surnommaient pas "Tête de pioche" pour rien.

« — Ça fait longtemps qu'il te tape dessus ?

Emmie déglutit devant mon applomb, et Maggie me décocha un petit coup de coude.

J'ai pas envie de prendre des pincettes Emmie, ajoutais-je d'un ton dur. C'est grave, tu le sais. Un bras cassé, et quoi ensuite ? Ta tête ?
Il n'a pas fait exprès, il voulait me retenir.
Non mais ne me prends pas pour une conne ! Ça ne se casse pas comme ça, un bras !
Je suis mal tombée.


Je serrais les dents. Elle atténuait la vérité. Je l'avais fait, moi aussi. Par fierté. Pour ma fille, pour qu'elle ai un toit, que je disais. Des conneries, Maggie aurait été cent fois plus heureuse dans un foyer, ou sur le canapé de chez maman.
M'étendant sur la table, je vins attraper ses mains entre les miennes.

De l'eau a coulé sous les ponts depuis qu'on s'est quitté, mais tu seras toujours importante dans ma vie. Je te le dis franchement, j'ai peur pour toi, là. J'ai vraiment, vraiment peur. Je sais ce que tu traverses, crois moi. Tout ce que tu penses, je l'ai pensé. Tout ce que tu dis pour protéger ton mari, je l'ai dit avant toi.

Emmie releva ses yeux bouffis pour me confronter.

J'ai fait 1 an à Azkaban parce que j'ai réagi trop tard. Ce sera quoi "trop tard" pour toi ? Une place au cimetière ?
C'était juste un excès de colère, il n'est pas comme ça quand tout va bien, m'expliqua Emmie, nerveuse.
Et qu'est-ce qui ne va pas en ce moment ?
Il est en procès avec son ex-femme, elle veut lui retirer le droit de visite sur ses fils.
A juste titre
, marmonna Maggie.

Je revenais sur mes fesses en soupirant. Ce gros con avait des enfants. On voulait les mettre en sécurité, et Emmie payait pour ça.
Je me relevais pour m'éloigner, histoire de ne pas intoxiquée ma fille avec la clope que j'allumais.

Il arrêtera quand le procès sera terminé, disait Emmie. Quelque soit le gagnant.
Vous, vous serez perdante,
rétorqua Maggie. Il y aura toujours une excuse par vous frapper. Une mauvaise journée, une défaite au rugby...
Il m'aime...
Non, ça c'est pas de l'amour. C'est de la soumission, comme le phajaan en Inde. Quand on aime on offre des chocolats, des fleurs ou je sais pas quelle connerie ! Mais pas des coups de poing.


A nouveau, les yeux d'Emmie s'embuaient de larmes. Ma Maggie avait touché une corde sensible, dommage que ce savoir là, elle l'ai obtenu à force de voir ces horreurs là. Toute petite, réfugiée derrière le canapé lorsque Cole et moi nous hurlons dessus. «C'est rien» que je répétais à ma fille, le nez ou la bouche en sang. «C'est rien» et je la serrais dans mes bras encore tremblants en me convainquant que c'était le prix a payer pour que mon bébé dorme au chaud cette nuit. Et chaque nuit, j’aurais dû prendre mes affaires, ma fille, et transplaner loin de Cole.

Donne moi ton adresse. Je vais aller chercher tes affaires, et lui dire que c'est terminé.

J'entendis Emmie hoqueter de surprise.

Non Marian... Je vous l'ai dit, ça lui passera.
Ne m'oblige pas à te faire boire du véritaserum. Je ne le ferai pas de gaité de cœur, mais ça sera pour ta sécurité. »

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Nuit noire. Pas âme qui vive dans le quartier. J’avais préféré attendre avant de me lancer dans ma vendetta. « T’es trop impulsive » me disait Connor a longueur de temps. « Elle te sert à réfléchir, ta tête, pas à enfoncer des portes ». Ce soir, ma tête me servirait a bien des choses, ça c’était clair et net.

Il y avait de la lumière dans la maison que m’avait décrit Emmie. Haute, sans jardin, quelques marches menant à la porte d’entrées, typiquement de la zone, mais avec une vieille Ford Mustang garée juste devant. Eliott Summer aimait les grosses voitures ? Parfait.

Ma clope terminée, je quittais l’ombre du lampadaire pour gagner la maison. Les marches avalées, je resta un moment devant la porte d’entrée, prenant une grande bouffée d’air frais. Fallait que je sois calme, que je ne me jette pas au cou de ce fumier pour lui faire avaler ses valseuses. Pas de violence, je l’avais presque promis à Emmie.
Presque.

Je toquais une fois, puis une seconde, et attendis. La porte s’ouvrît à la volée. C’est Eliott Summer qui m’ouvrit. Grand, les cheveux bruns tachés de gris, le teint d’un homme travaillant dans un bureau à longueur de journée, la rondeur du ventre se dessinant sous une chemise un peu déboutonnée, et surtout, l’air colère. La cause ? Certainement l’absence de sa femme qui aurait dû rentrer à la maison il y avait déjà quelques heures.

« — Bonsoir, c’est pour quoi ?
Bonsoir. Eliott Summer, c’est ça ?
Oui. Il est tard, qu’est-ce que vous voulez ?
Je viens chercher les affaires d’Emmie. Elle ne rentrera pas ce soir, ni les autres soirs.


De la colère, on passa à l’incompréhension. Il ouvrit grand les yeux, les plissa, les ouvrit à nouveau.

Je ne vous suis pas, là. Elle est où, ma femme ?
Vous me donnez ses affaires ?
Je vous donne rien du tout. Où est ma femme ?


Son ton devenait agressif, et je sentais la colère monter en moi. Je m’avançais d’un bon pas, à présent face à lui.

Emmie est en sécurité, loin de vous et de vos poings, de vos pieds, des murs de votre putain de maison. Maintenant, je vous le demande une dernière fois : vous me donnez ses affaires.
Va te faire foutre, la gouine.

A mon tour de hausser les sourcils. Ah oui, on passait d’un cap à un autre en un clin d’œil. Cette fois, mon sang se mit à bouillir d’un seul coup.
La porte n’eut le temps de se refermer complètement que je la rouvrais d’un coup d’épaule. Pas le temps de réagir, Summer tangua sur ses pieds lorsque la porte vint le frapper. Mon poing vint cogner en plein dans son nez, secouant tout mon bras d’une douleur vive. Pas de cri de l’autre côté, rien qu’un grognement douloureux pendant que ses mains venaient tenir son visage. Un temps qui me permettait de sortir ma baguette pour venir la planter sur le ventre d’Eliott.

Petrificus Totalus.

Un jet de lumière rouge vint le frapper de plein fouet. Son corps se tétanisa et tomba lourdement en arrière dans un grand boum.
J’aurais peut-être dû ne pas perdre de temps et aller faire les valises d’Emmie mais je prenais un plaisir particulier à voir ce tas de bouse au sol, son nez tout ensanglanté. Je voulais le frapper encore, et encore, et encore, jusqu’à ce qu’il vomisse des excuses, qu’il chiale jusqu’à la dernière goute que ses gros yeux broussailleux pouvaient donner. Je ne le connaissais pas, mais le détestais jusqu’aux bouts des ongles. Il me dégoûtait.

Ça te plaît de frapper une femme qui t’aurait tout donné, hein mon gros ? sifflais-je en m’approchant. Elle t’a donné son nom, son corps, sa vie. Toi, des coups. Elle continue à te défendre alors que tu lui a cassé le bras, et j’ai pas osé regarder le reste de son corps pour voir si elle n’était pas blessé ailleurs. Putain, t’avais pour toi une femme formidable qui voulait te rendre heureux. T’as vraiment merdé. Et tu ne t’en souviendras même pas. »

Je me retenais de lui cracher au visage. J’avais pas le temps. Mon pied coqué de cuir vint heurter ses côtes flasques une fois, une seconde, une troisième fois, mais le manque de réaction ne me procurait aucun plaisir. Je m’écartais de lui. Il fallait faire les affaires d’Emmie, et quitter cet endroit.

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Il ne se souviendrait pas d'elle. Ni de ses sourires, ou de ses rires, ni de son corps se fracassant contre le mur du salon. J'avais arraché à sa mémoire chaque souvenir d'Emmie et de sa famille. C'était tout ce que je pouvais faire. Putain, la seule chose.
J'aurais aimé faire disparaitre se type, le jeter au fond de la Tamise et camper sur la berge pour le voir se faire bouffer par les poissons. Le Conseil des Sorciers ne me punirait jamais pour ça, peut-être même que Parkinson me féliciterait pour avoir supprimé le mari violent et moldu d'une sorcière. Je ne le saurais jamais, et tant mieux.

Summer se souviendrait avoir été tabassé par des types masqués, ça suffirait. Ce genre de sortilège... c'était pas ma tasse de thé. Les sortilèges, en réalité. Mais j'avais pas pensé à prendre une potion d'Amnésie, pressée comme j’étais sur le départ.

J'avais transplané devant mon auberge après avoir modifier les souvenirs d'Eliot Summer, la valise d'Emmie à la main. Elles n'étaient pas couchées, n'avaient pas quitté la Tête de Sanglier. Elles m'attendaient, peut-être rongées par l'inquiétude ? Tâchons de les calmer, dans ce cas.

Maggie et Emmie s'étaient levées lorsque j'étais entrée. On était restées statiques , comme des connes. C’était Maggie qui rompit le silence.

« — T'as rien ?
Non.
Et lui ?
Il aurait pu avoir pire.


Maggie avait sourit , mais pas Emmie. Elle n'approuvait pas, elle m’ en voudrait peut-être longtemps... mais je m’en foutais. Elle était vivante, et en sécurité à présent. Ici, il ne pourrait jamais la retrouver.

Qu'est-ce que je vais faire, maintenant ? s'enquit Emmie, encore toute larmoyante.
Tu vas refaire ta vie, répondis-je en la rejoignant. Dans notre monde, pas dans celui des Moldus. Il est devenu dangereux.
Je n'ai pas d'argent, pas de travail , plus de maison...
On te trouvera un travail. Et pour ce qui est de la maison, tu es la bienvenue, le temps qu'il te faudra. »


Emmie haussa les épaules. Elle finirait par s'y faire.

Cette nuit là, Emmie coucha dans une chambre qui serait la sienne jusqu'à ce qu'elle se remette à vivre. Maggie rentra à l'appartement, moi pas. Je ne trouverai pas le sommeil, je le savais.

Cigarette sur cigarette, j'y repensais . À cette soirée... et à Cole. Cole et ses sourires. Cole et ses grandes mains calleuses. Cole et sa poigne. Cole et son corps désarticulé , et mes doigts fourmillant de magie.
Non, ce soir, Morphée se passerait bel et bien de moi.

FIN DU RP

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