Privé Un puzzle de souvenirs AVB

Sur une belle idée d'@Aelys Van-Brosberg


juin 2045


Reducio
Point de départ de l'écriture du RP :
Reducio
chanson entendue par Jacob lors du concert d’imitation des Bizarr’Sisters dans le parc.


Légende :
Reducio
couleur de la chanson : #000080
ma couleur : #4000FF


*My mind feels like a foreign land (1)... Silence ringing inside my head (2). Please, carry me, carry me, carry me home (3)* Mal à la tête. Mal à la fête. Mal à ma joie. Mal à moi. J’ai des bleus sur ma tête. Du bleu dans ma tête. Ma tête est un manège et je tourne. *(1) Mon esprit est un pays d’ailleurs*, un pays des rêves bleus où je séjourne. Je flotte dans le même bleu profond qui entoure mes yeux fatigués. Vaporeux espace-tambour, rond, résonnant. Je plane. Le bleu de mes veines affleure à fleur de peau près de ce bleu onctueux. Masse moelleuse contre l'oreille.

*(2) Le silence retentissant dans ma tête sonne l’heure*. Les yeux plissés, j’écoute avec négligence ce son sans contours. Les coups ondulants de mon pouls contre ma tête se sont arrêtés. Je plane dans les vapeurs du ciel. Promeneur au point d’appui fondant flottant dans l’éternité bleue : *(3) Je t’en prie remmène-moi dans ma demeure*. La tête gonflée en globe bleu suspendu. Mon monde est en baudruche, mon cerveau en peluche. Je repose ma tête sur l’oreiller watté, ouaté, d'un geste gauche. *A broken heart is all that’s left*. Engourdissement sonore. Heart. Heard. Entendu, au passé. Vu, avant. Mes yeux s’écarquillent et croisent deux yeux. Bleus. Ai-je dormi ?

Je monte ma main contre ma tête murmurante d’incertitudes, je ne comprends pas. Un flot de questions m’inonde : Qui ? Quoi ? Pourquoi ? L’une émerge doucement jusqu'à ma gorge, devient sonore : « Qui es-tu ? ». Comme si la parole les avait libérées, des bribes de sens me reviennent : école de magie - murs gris - infirmerie. Je suis allongé sur le lit de l’infirmerie sous le plafond pesant, implacable, terne. Les yeux baissés, en berne. Perdu. Paumé.

Ce qu’elle a, l'inconnue, ce sont des yeux bleus, peut-être pas la connaissance des faits et lieux. Je haïs le Who’s who. Un jeu d’enfant devient si menaçant quand l’égarement devient dominant. Je n’ai pas envie de jouer aux devinettes, je repose doucement ma tête où les morceaux de la chanson résonnent encore. Je suis face au puzzle du passé, mais je n’en ai pas les pièces. Et elle ? Je lève les yeux.

Une silhouette se dessine et traverse l’infirmerie. Elle n’entre pas dans le puzzle. Les contours ne correspondent pas. Ni l’infirmerie d’ailleurs. Ce n’est pas l’endroit. Tout est à l’envers, de toute façon. Trois cartes manquent : le lieu, la personne, l’histoire. Les trois atouts, qui me rappeleraient le tout, mettrait un bout à tous ces doutes. Le silence s’empare de moi.
Dernière modification par Jacob Tramontane le 4 sept. 2020, 00:51, modifié 1 fois.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Privé Un puzzle de souvenirs AVB
Aux grands maux les grands remèdes, aux petites illusions les grandes pensées. Aelys était piquée là, sur un lit, la tête en l'air, les yeux fermés et la bouche ouverte. Est-ce qu'elle souffrait ? Pas exactement, du moins elle en avait l'habitude. Encore une partie de jeu en extérieur qui avait dégénéré comme cela arrivait si souvent auparavant avec Eliott, son petit frère adoré. Or ici était-elle seule ou accompagnée, la partie fut amusante ou reposante, calme ou agitée ? Au château, tout a toujours été différent de sa maison : avant, Aelys jouait à ce dont elle voulait puisqu'elle avait toujours son partenaire de jeux fétiche, mais ici tout fut changé dès le 1er Septembre 2043 avec cette fameuse entrée dans la Magie. Fierté assurée et motivation prédominante, elle n'avait pas mis longtemps à s'adapter à ce nouveau mode de vie, bien que son instinct naturel reprenait parfois le dessus, sûrement à cause de sa trop puissante non-envie de grandir dissimulée au plus profond d'elle, me direz-vous.

'De toute façon, si Eliott avait été là ça ne se serait pas passé ainsi !' riposta intérieurement la gamine, sur le coup de l'énervement. Être allongée sur ce lit de repos était signe pour elle d'un mal-être intérieur. Selon elle, elle n'avait rien à faire ici bien que le mal subsistait toujours. Mal oui, mais mal où ? La tête ? Non, bien trop dangereux. Le ventre ? Elle n'en a pas encore l'âge. Le poignet ? Mauvaise réponse. La cheville, bingo. Cette non-acceptation de la vérité dissimulait une crainte d'être immobilisée pendant les vacances qui s'annonçaient. Or ne pas bouger, c'est comme demander à un joueur de Quidditch de ne pas monter sur un balai : tout simplement inconcevable. Alors pour tenter de guérir par elle-même, la fillette s'improvisait professeure de marche nordique dans l'allée de l'Infirmerie, au détriment du calme imposait dans la pièce. Ainsi, une succession de gémissements, de respiration essoufflée et de bruits de lourds pas se faisait entendre. 'Du bruit dans le couloir ! Qui ça peut être ?!' s’interrogea-t-elle, les oreilles éveillées comme un bébé à deux heures du matin. Ni une ni deux, la gamine s'étala sur le premier lit venu, à côté de celui où un garçon brun semblait sommeiller les yeux ouverts.

« Qui es-tu ? » sortit-il soudainement, sans même prétendre le moindre geste. 'Qui je suis ? Il est culotté celui-là, comme si c'était l'endroit pour faire connaissance' pensa Aelys énervée. Lorsqu'elle était en colère, la fillette était complètement différente de ce à quoi elle était en temps normal. Impulsive, médisante et butée, il arrivait quelques fois que ses interlocuteurs pensent quelle ait une deuxième personnalité. Mais tout cela n'est qu'imagination : tout le monde réagit différemment à une situation non-envisagée, et elle, c'était ainsi. Elle reprit alors ses songes : 'Mais s'il me demande, c'est peut-être parce qu'il a besoin d'aide ? Je me dois de lui répondre.'. C'est à ce moment précis que l'on s'aperçoit que la vraie nature d'Aelys reprend toujours le dessus, une nature sincère, chaleureuse et bienveillante. Elle se releva de son lit afin de s’asseoir en direction de son interlocuteur : ''Salut ! Moi c'est Aelys, et toi c'est comment ? Je suis désolée, je ne sais pas du tout... Je t'ai déjà croisé plusieurs fois et il me semble que nous sommes dans la même maison ! Pourquoi t'es là, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?'' demanda-t-elle sous le ton de sa dominante curiosité. Il faut dire que se retrouver ici n'est jamais très bon signe, sauf pour ceux souhaitant éviter d'aller en cours, alors s'entraider était la meilleure chose à faire pour trouver une petite source de réconfort. Et puis discuter, ça fait toujours passer le temps au final.

Aelys souhaita se remettre sur pied lorsqu'elle eut quelques étourdissements qui lui valut un retour à sa position initialement recommandée, allongée. La douleur de ses précédents efforts semblait se montrer à partir de ce moment précis. ''Aïe'' gémit-elle alors avant de passer sa main sur sa cheville gauche entourée d'un morceau de drap. A présent, si elle souhaitait guérir le plus vite possible afin d'espérer être libérée pendant les vacances, il allait falloir qu'elle suive à la lettre les instructions qui lui ont été données. La première listée était de prendre son mal en patience en restant immobile, sans exercer de pression sur son pied gauche. Voilà maintenant qu'elle était immobilisée sur un lit, comme dans ses habitudes. C'était comme si son corps venait de remettre une pièce dans le manège de ses maux.

Si je dis 'Bouh', personne n'a peur c'est génial.
Code couleur : #CA3060

Privé Un puzzle de souvenirs AVB
Prélude

Sur cet air connu

"Là-haut, là-haut
Très loin dans le parc
Entre le sol et le ciel
L'arbre garde encore la trace
Du petit Jacob"


***

Jacob n'y voit que du bleu. Sa tête est coulée sous le grand bleu des glaçons liquides désormais, qui coulent comme des larmes sur son front. Ses pensées sont plongées sous ses tempes où le rêve bleu se dissipe en sueurs froides. Comme si ses bleus devenaient liquides. Le bleu a la température des gouttes de la fièvre.

Blblblbl... Bleu de l’oiseau qu'il avait cherché, bleu du ciel qu'il avait trouvé, bleu sur son front qui était resté. Le visage comme une bulle bleutée, il plane.

Croise un regard bleu. Une camarade. Quelques mots. Les mots peuvent-ils être bleus, eux aussi ? Il sort son petit carnet, sa plume, écrit quelques mots pour répondre : [font=Arial Narrow]"JACOB"[/font], de la couleur de ses veines, de la couleur de sa peine, qui l'entraîne dans des cycles lourds, lancinants. Bleu douloureux.

Ses yeux dans ceux d'Aelys il répond : « C’est l’oiseau. L’oiseau tout en haut… J’ai voulu le regarder. L’arbre a craqué... comme un puzzle. J’étais comme une pièce qui n’était pas à sa place. L’oiseau… je ne l’ai pas revu. »

A broken heart is all that's left
I'm still fixing all the cracks.
Des bleus au coeur, c’est le seul reste
J’en fixe encore les pièces.

[chanson du concert]


Il sent la douceur des plumes dans l'oreiller contre l'enclume de sa tête ancrée dedans, lourde. Il regarde Aelys, la brume aux yeux et l'amertume d'un rêve avorté aux lèvres : il n'a pas atteint l'oiseau bleu. Le sol l'a meurtri et il a mal. Envie la légèreté des couronnes de plumes des Indiens, des plumes des chapeaux des mousquetaires. Envie ceux dont la tête n'a pas rencontré cette terre. Son regard a quelque chose de flou quand la voix ralentie, il continue : « Et toi ? »

Les questions ont transformé son visage : le sourcil levé, intrigué, il attend sa réponse. Etait-elle là depuis longtemps ? Qu'avait-elle fait ? Peut-être qu'elle savait... savait comment du nid de l'oiseau il avait atterri dans ce lit ? Il se demandait si elle avait vu la pièce de son passé proche qui lui manquait.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)