Sublime Laideur

Début d'après-midi.
Mercredi 4 janvier.
Moi. Apparence. Invisible.
C'est qui la fille en face de moi ? C'est qui la p'tite qui me regarde ? Dans ce miroir. C'est qui ? Bah, j'crois que c'est moi.
Je sais pas si j'appréhendais. Ou si j'étais pressée. De mettre ces nouveaux vêtements. Ceux prêtés. Et offerts. Par Julia et Papa. La première fois, à Noël, j'me suis trouvée belle. Différente de d'habitude, peut-être. Juste. Belle. Et ça faisait un bien fou.
Mais aujourd'hui, je suis juste différente de moi-même. Limite déguisée. En une fille que je ne suis pas. Et toute seule, assise dans ce couloir un peu éloigné des autres. Plus je regarde mon miroir, plus je perd la fille que j'étais. Que je suis. Encore au fond de moi.
J'me suis dit que c'était un mal pour un bien. Que Julia savait exactement que ses actes étaient bons pour moi. Ses cadeaux. Et j'y croyais. Mais il y a comme un truc qui cloche en moi. Peut-être parce que je culpabilise, parce que ces cadeaux ça aurait dû être Maman qui devait me les offrir. Parce que Maman n'aimerait pas celle que je suis. Elle n'aimerait pas la famille qu'on est. Sans Elle. Mais je ne dois pas m'en vouloir. Elle le mérite. Ouais.
Le miroir continue de me narguer. Me forçant à détailler mes défauts. Et mes yeux voient tous les défauts. Si nombreux. Si imposants. Presque tous des défauts de celle que je suis. Qui ont pris la place des qualités de celle que j'étais. Cette Fille juste simple. Qui se fiche d'être. Belle.
T'es passée où, mon Moi-même ?
Malgré moi, mes yeux scrutent les défauts. Les détaille. Encore et encore.
Chemise. Repassée. Trop soignée pour le corps qu'elle abrite. Trop belle pour la fille qui la porte.
La jupe qui couvre le haut de mes jambes. Elle est pas moi. Elle appartenait à Julia quand elle avait mon âge et je n'ai aucun mal à l'imaginer, Elle avec. A arpenter les couloirs de Poudlard gracieusement . Elle, Julia, est magnifique. Et j'arriverais jamais à sa cheville.
Même avec les magnifiques bottes en cuir noir. Un cadeau d'Elle et de Papa, encore. J'ai eu du mal à me faire au talon. J'suis petite, défaut de plus. Et elles m'ont redressés. Mais mon dos s'est courbé sous la honte de cette tenue qui n'est pas. Moi.
J'suis qu'une pâle copie mal faîte des gens beaux. Avec leur silhouette élancées et élégantes. Et leurs sourires ravageurs. Mais moi, j'suis petite. Et presque grosse. Je distingue quelques bourrelets sous ma chemise et si certains ne les voient pas. Pour moi, ils sont un réel cauchemar.
Le miroir continue de me fixer. Il s'attaque à mon visage. Mes traits. Ceux cachés et ceux bien réels. D'abord ceux cachés. Sous le maquillage. Ce maquillage que je n'avais jamais mis avant. Parce que Maman refusait. Mais j'ai ignoré ce qu'elle m'a dit. Parce qu'elle n'était pas là pour me le dire. Alors que Julia me conseillait. M'aidait.
Mais son aide n'a servi à rien. Sur Elle, la poudre et les couleurs la rende sublime. Sur Moi, ils ne font qu'accentuer les horribles traits de mon visage. Ils les cachent et les montre encore plus. Sans l'aide de Julia, ils sont mal appliqués. Le traits sous les yeux ressemble à des cernes. Quant aux cernes, censées être dissimulées, ne sont pas invisibles. Mes cils sont grossièrement redressés. Et le rouge de ma bouche est tout sauf naturel.
Le miroir s'amuse à me montrer à qu'elle point j'suis. Imparfaite. Il me souffle mes. Imperfections.
Pourquoi tu fais ça, Miroir ?
Yeux. Trop cernés, trop rouges. Sourcils. Trop longs, trop foncés. Cheveux. Sans éclats, mal coupés. Visage. Trop pâle, trop ovale. Poitrine. Trop plate. Muscles, bien trop faibles.
Imparfaite.
Ses sifflements me ravagent. Horrible. Je ne le supporte plus. Moche. Il m'horripile. Pitoyable. Je m'horripile. Laide. Ma colère envers moi-même n'en peux plus. Hideuse. Elle frappe. Imparfaite. Sur le miroir. Qui se brise. Dans un éclat de verre.
Brisé.
Comme le cœur de chacun.
Je serais ravie de te voir continuer ce RP avec toi.
Mais ce Toi ne sera qu'une seule personne.
J'aimerai juste que cette personne soit sûre de ne pas nous abandonner.
Et qu'elle fasse en sorte ce RP soit un RP+.
Ce RP n'est plus Libre, mes excuses.
Un grand merci à la personne qui a voulu rejoindre ce moment.
Mais ce Toi ne sera qu'une seule personne.
J'aimerai juste que cette personne soit sûre de ne pas nous abandonner.
Et qu'elle fasse en sorte ce RP soit un RP+.
Ce RP n'est plus Libre, mes excuses.
Un grand merci à la personne qui a voulu rejoindre ce moment.
Dernière modification par Welmina MacMaulan le 30 mai 2020, 15:41, modifié 1 fois.
Troisième année RP.
happy to be a l i v e
Sublime Laideur
4 janvier 2045
Lucy a 13 ans
Lucy a 13 ans
Les cauchemars la hantent, de plus en plus. Elle se rappelle encore de l'expression dégoutée de Joy. Et ses bleus lui rappellent qu'elle s'est laissée faire. Ses bleus lui disent qu'elle a cédé face à elle. Alors qu'elle aurait dû se battre, parce qu'elle n'a plus neuf ans et qu'elle a la magie... Oui mais la magie, chez les Moldus, ça sert à rien. C'est même dangereux, maintenant.
2 novembre. Ça fait deux mois. Deux mois que c'est dangereux. Et c'est déjà dangereux pour la Née-Moldue qu'elle est depuis plus longtemps encore. Elle n'a pas pris le Pouflard Express l'année dernière pour rentrer chez elle. Elle utilise depuis tout ce temps des Plumes de Paon Noir.
Elle se balade dans les couloirs, la tête vide mais pleine. Elle n'a pas cours. Le mercredi, elle n'a pas cours de la journée. Elle n'a pas pris l'option métamorphose.
Elle ne sait pas où elle va. Elle est obnubilée par ses bleus, qu'elle cache. Ils ne sont toujours pas partis et ça la dégoute. Elle ne sait pas quoi faire. Est-ce qu'elle devrait en parler, avoir un remède pour ne plus souffrir à cause de ces marques ? Elle pourrait mentir. Expliquer qu'elle est tombée dans les escaliers. Mais ses bleus sont anciens ça se voit. C'est comme si toutes les souffrances qu'elle a vécues depuis son enfance s'étaient matérialisées dans ces taches qui parsèment sa peau.
Lucy ne regarde pas où elle va. Sorcière. Elle ne sait plus si c'est négatif ou positif. Ce mot résonne en elle. Encore plus forts que les autres. Parce que, ça, elle est sûre que c'est vrai. Peut-être qu'elle n'est pas folle. Peut-être qu'elle n'est pas stupide. Mais elle est une sorcière, c'est vrai. Il y a des preuves. Même si elle n'est pas très douée en Magie pure. Quand elle fait des sortilèges, ça ne sort pas très bien. Elle préfère de loin les runes, le soin aux créatures magiques, la botanique ou l'histoire de la magie. Des matières sans baguette. Sans Magie pure. C'est comme si sa Magie était bloquée. Elle a pris l'option DCFM. Elle ne parvient pas à grand-chose de productif en ce moment, depuis qu'elle est rentrée des vacances. Parce que Joy occupe ses pensées.
Elle erre, perdue dans ses pensées. Ses yeux dans le vide ne voient pas le décor dans lequel elle évolue. Elle se casse la figure en trébuchant sur une marche et dégringole dans les escaliers. Au moins, elle n'aura plus besoin de mentir à l'infirmier pour lui demander un remède pour ses bleus, là, c'est sûr qu'elle en a d'autres.
Lucy se relève, les larmes aux yeux, de douleur physique et mentale. Il y a une fille en face d'elle, qui se regarde dans un miroir.
- Qu'est-ce que tu fous là ?Lâche-t-elle, agressive.
Luehssyie Woudde Pecker ~ Jerry -4e année RP~#PouffyFamily
Quasi absente jusqu'au 14 septembre
Sublime Laideur
En regardant le groupe filles passer devant elle, Meg sourit. Ces grandes filles, jolies, qui babillaient de choses insignifiantes - comme les cours, leur nouveau rouge-à-lèvre, ou le fait que Marie-Christine soit en couple avec Jean-François - avaient tout l'air du groupe parfait duquel une héroïne de livre voulait absolument faire partie. Bien sûr, dans les livres, l'héroïne était trop bizarre et différente pour être accepter par ces filles-là (qui étaient trop "parfaites pour elle), et à la fin elle comprenait qu'elle n'avait pas besoin d'elles pour être bien. Bref, c'était un peu cliché. Mais Meg avait l'impression, à ce moment-là, qu'elle était dans un de ces livres où, elle, l'héroïne, ne faisait pas partie des groupes de filles jolies et aimées. Elle s'en fichait un peu, et n'avait aucune envie de leur ressembler, mais ça lui plaisait de s'imaginer qu'elle était dans un livre et qu'une fabuleuse aventure allait lui arriver, comme dans d'autres bouquins qu'elle lisait. Son regard se perdit dans le petit groupe qui avançait en riant à gorges déployées, sans qu'elles ne lui prêtent aucune attention. Meg remarqua qu'elles avaient toutes l'air maquillées, et qu'elles avaient des vêtements et des cheveux impeccables.
Mais qu'est-ce que c'était, toute cette obsession pour le physique ? Sa mère n'était pas bien différente de ces filles, et sa grand-mère non plus : toutes deux aimaient bien s'habiller, se pomponner, se faire jolies - alors même que sa mère n'avait pas besoin de tout ces accessoires pour être belle. Elle disait sans cesse que Meg comprendrait à l'adolescence, qu'elle n'était encore qu'une enfant et que, par conséquent, c'était normal qu'à onze ans on ne s'intéresse pas au fait qu'on soit beau ou moche. Mais, se connaissant, la jeune fille savait qu'adolescence ou non, son opinion là-dessus ne changerait pas : elle n'était pas belle, et elle s'en fichait.
La jeune Hunter se redressa un peu pour partir dans la direction inverse que le groupe de filles avait pris. Elle attrapa son sac, abandonné par terre, et quitta le mur qui la soutenait depuis au moins dix bonnes minutes. Parfois, elle aimait bien rester immobile et observer l'activité Poudlarienne. Généralement, ces petits moments où elle n'était qu'une observatrice extérieure, qui ne jugeait rien mais voyait tout, se passait après une nuit où elle avait fait une insomnie. Ce jour-ci, ça n'échappait pas à la règle : elle était épuisée pour n'avoir dormi que cinq pauvres heures, avant d'être réveillée par ses camarades de dortoir.
Alors qu'elle bifurquait dans un couloir moins peuplé que le précédent, les yeux rivés sur ses chaussures - elle aimait regarder la façon dont elle marchait, parce que c'était bizarre, la démarche d'un pied, et c'était bizarre, les chaussures - lorsqu'elle entendit une phrase prononcée d'un ton agressive et désagréable :
— Qu'est-ce que tu fous là ?
Surprise, Meg leva les yeux vers l'origine de la voix. On lui parlait à elle ? Pourquoi ? Mais elle se rendit bien vite compte que la personne qui avait lâché ça s'était adressée à une autre élève. La fille agressive était rousse, et semblait plus âgée que Margaret ; l'autre fille, bien plus petite, était brune et se reflétait dans un miroir. Meg la reconnut presque aussitôt.
— Welmina ! Est-ce que ça va ?
Elle s'approcha à pas de course de la deuxième année, dépassant la rousse mécontente. Welmina semblait avoir changé, depuis leur dernière rencontre, pourquoi ?
Mais qu'est-ce que c'était, toute cette obsession pour le physique ? Sa mère n'était pas bien différente de ces filles, et sa grand-mère non plus : toutes deux aimaient bien s'habiller, se pomponner, se faire jolies - alors même que sa mère n'avait pas besoin de tout ces accessoires pour être belle. Elle disait sans cesse que Meg comprendrait à l'adolescence, qu'elle n'était encore qu'une enfant et que, par conséquent, c'était normal qu'à onze ans on ne s'intéresse pas au fait qu'on soit beau ou moche. Mais, se connaissant, la jeune fille savait qu'adolescence ou non, son opinion là-dessus ne changerait pas : elle n'était pas belle, et elle s'en fichait.
La jeune Hunter se redressa un peu pour partir dans la direction inverse que le groupe de filles avait pris. Elle attrapa son sac, abandonné par terre, et quitta le mur qui la soutenait depuis au moins dix bonnes minutes. Parfois, elle aimait bien rester immobile et observer l'activité Poudlarienne. Généralement, ces petits moments où elle n'était qu'une observatrice extérieure, qui ne jugeait rien mais voyait tout, se passait après une nuit où elle avait fait une insomnie. Ce jour-ci, ça n'échappait pas à la règle : elle était épuisée pour n'avoir dormi que cinq pauvres heures, avant d'être réveillée par ses camarades de dortoir.
Alors qu'elle bifurquait dans un couloir moins peuplé que le précédent, les yeux rivés sur ses chaussures - elle aimait regarder la façon dont elle marchait, parce que c'était bizarre, la démarche d'un pied, et c'était bizarre, les chaussures - lorsqu'elle entendit une phrase prononcée d'un ton agressive et désagréable :
— Qu'est-ce que tu fous là ?
Surprise, Meg leva les yeux vers l'origine de la voix. On lui parlait à elle ? Pourquoi ? Mais elle se rendit bien vite compte que la personne qui avait lâché ça s'était adressée à une autre élève. La fille agressive était rousse, et semblait plus âgée que Margaret ; l'autre fille, bien plus petite, était brune et se reflétait dans un miroir. Meg la reconnut presque aussitôt.
— Welmina ! Est-ce que ça va ?
Elle s'approcha à pas de course de la deuxième année, dépassant la rousse mécontente. Welmina semblait avoir changé, depuis leur dernière rencontre, pourquoi ?
“She read about people she could never be and adventures she would never have”
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily
Sublime Laideur
Morceaux. Voir. Indigne.
Mes yeux ne quittent plus les lignes qui séparent les morceaux, il y a quelques secondes liés. Ils n’ont pas quitté le miroir mais ils sont bien distincts. Et même brisé, le miroir me reflète. Toujours. Et mon visage est. Craquelé. Entre les morceaux détruits de ma main.
J’entends des pas dans l’escalier proche du couloir où je me suis installé. Qui que soit cette personne, qu’elle passe son chemin. J’ai besoin de voir personne. Non, j’ai besoin que personne me voit. Parce que... j’suis repoussante.
Les pas s’échappent rapidement de ma tête. Pourtant ils sont toujours là. Mais dans ma tête. Ils sont remplacés par le bruit du choc des morceaux de verre entre eux, lorsque j’en prend un dans ma main. Et l’enferme dans mon poing. Son verre froid me glace. Entièrement. Ses côtés coupants me picotent. Sans me couper. Inutile de me casser. Davantage.
Mon regard veut se porter de nouveaux sur celui qui me reflète. Il veut se forcer à détailler mes défauts de nouveaux. Mais mes yeux n’ont pas le temps de se poser sur le miroir. Qu’une voix les appelle. Et que leur trajectoire change.
Cette voix. Agressive. Me fait mal. Sans vraiment que je sache pourquoi. C’que j’fait là. Un instant, je me demande si le couloir sur lequel je suis est défendu d'accès. Mais peu importe. Je suis là. C’est tout.
Je pourrais chercher à répliquer. Que j’ai le droit d’être là. Mais je n’ai pas la force. Et quelque chose m’empêche de prendre la parole.
Larmes. Les siennes. Qui s’écoulent de ses yeux marrons. Peut-être que c’est pour ça qu’elle est cynique. Peut-être que la douleur s’est juste transformée en hargne.
Peut-être que je n’ai réellement rien à faire là. Je devrais partir. En tentant de me relever sur les talons de mes bottes. Trop belles pour moi. Mais mon corps reste. Immobile.
Je baisse les yeux, pour ne pas voir la grande rousse. Pour qu’elle me regarde pas. Je ne répond pas non plus. Pour que son attention se porte sur quelque chose d’autre.
Pourquoi t’es là, Toi ?
Je n’ose plus garder la tête haute. J’ne suis pas digne de le faire. Je n’ai pas le droit de regarder la fille. Je suis trop laide pour. J’ne veux plus regarder le miroir. Il me détruit comme je l’ai détruit. Mais je sens toujours le morceau de celui-ci dans ma main. Ça me rassure de le savoir. Autre part. Que dans le cadre du miroir. A refléter une partie de mon œil droit. Son trait noir trop épais. Sa cerne. Mal cachée. Sa rougeur. Flamboyante.
Une voix se fait entendre, de nouveaux. Mais ce n’est pas celle de la rousse. C’est une voix familière. Qui connaît mon prénom. Une voix joyeuse. Pétillante.
La sentant s’approcher, j’identifie cette voix en regardant sa propriétaire. Meg. La fille de la Bibliothèque. Celle qui lit des livres Moldus. La première année avec qui j’avais discuté en décembre. Je me souviens bien d’Elle. Meg.
Et elle m’a reconnu aussi. Comment a t’elle fait ? Qui suis-je vraiment derrière ce maquillage mal appliqué ? Ces vêtements du style de Julia ? Pas moi. Pas la fille que j’étais lorsque j’ai rencontré Meg.
Meg, tu veux bien garder l’image de celle que j’étais ?
Mon poing se serre plus fort sur le morceaux de verre, toujours dans ma main. Il faut que je parle. Tout va bien. J’vais lui dire que tout va bien. Et j’vais ignorer la rousse. Ignorer la douleur. Qui se cache sous ses larmes.
J’suis moche. A l’extérieur. A l’intérieur.
« Meg... »
Seul son prénom arrive à sortir de ma bouche. Faible. Je n’ose pas parler. Même pas regarder la grande. Ni Meg. Dans ma main, j’ai l’impression que le morceaux de verre déchirent. Mon corps entier. Mais pourtant il ne me fait rien. Il m'effleure peine.
C’est juste mon cœur qui invite le reste de mon corps à faire comme lui.
Troisième année RP.
happy to be a l i v e
Sublime Laideur
La fille se regarde toujours dans le miroir. Welmina, apparemment, d'après celle aux cheveux aussi courts que Lucy, qui vient d'arriver. Elle voit rapidement qu'il s'agit d'une Poufsouffle : elle porte les couleurs de la maison. Toutes les deux ne sont pas dans sa classe, elles ne suivent aucun cours avec elles. Elles sont plus jeunes. Ca se voit sur la tête de celle qui vient d'arriver. L'autre… Elles se connaissent. Donc elles doivent être de la même année.
Celle qui se regarde dans le miroir a l'air triste. Et Lucy ne sait pas trop quoi penser d'elle. Elle aussi, elle est triste. Ce n'est pas pour autant qu'elle se contemple, à la limite de chialer devant un miroir. *Si, c'est juste que tu te regardes plus.*
Meg. La voix confirme ce que Lucy pensait. C'est une gamine, une petite fille triste. Est-ce que c'est à cause d'elle et de sa phrase ? Est-ce qu'elle est comme Joy, à faire pleurer les enfants ? Au fond, cette Welmina qui se regarde dans le miroir, c'est comme elle, dans le miroir de la salle de bains, quand elle avait neuf ans. Il n'y a pas énormément d'écart entre elles.
Elle reste là, debout, son chaudron vidé des livres qu'elles a fait tomber et qu'elle n'a pas ramassés. Elle ne sait pas quoi faire devant ces deux filles. Elle est la grande, ces deux filles sont ses cadettes. Elle devrait leur montrer l'exemple. Mais l'exemple de quoi ?
Lucy est tellement paumée, au milieu de ce couloir. L'espace d'un instant, elle pense à fuir, à abandonner cette interaction beaucoup trop coûteuse, à retourner dans sa salle commune et à s'enfoncer dans son lit pour oublier tout ça. Mais elle ramasse ses livres, un par un, puis reste assise, sur les marches des escaliers où elle est tombée il y a deux minutes.
*Pourquoi tu pleures ?* La voix, dans sa tête, est toute belle, toute fleurie, douce. C'est presque maternel, tout ça. Ce n'est pas sa voix. Et puis la petite ne pleure pas. Non, Lucy ne peut pas dire ça. Surtout qu'elle a été agressive avant. Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il faut lui dire ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Lucy se relève, attrape son chaudron. Le repose finalement par terre. Il n'y a pas grand monde qui déambule dans les couloirs le mercredi après-midi, elle ne risque pas de se faire voler ses affaires. Elle s'avance vers la fille.Elle essaye de prendre la voix la plus douce possible, espère que ça ne fera pas peur à sa cadette.
- Tu sais, un jour, je me suis regardée pleurer dans un miroir.
*C'était il y a pas longtemps.* Elle veut ajouter ça, mais se retient. Elles n'ont pas à savoir que c'était après Joy. Après la confrontation avec ses parents, indignés à cause des blessures. Après tout ça… Il n'y pas si longtemps, en somme.
- Faut pas se regarder pleurer dans un miroir. Après, le miroir te montre que tes défauts, physiques et moraux. Tu t'dis que t'es lâche, que t'es pitoyable. Et le miroir, lui, il est impitoyable. Il s'attendrira pas devant ta beauté. Il prendra toute ta laideur et il te la montrera…
Elle marque une pause, regarde autour d'elle, s'approche un peu plus de Welmina et du miroir. Elle commence à se voir dedans mais ne se regarde pas. Elle regarde le reflet de la fille.
- Et puis, faut pas retenir tes larmes. Ta voix, elle pleure. Pourquoi tu laisses ta voix pleurer et pas tes yeux ?
Celle qui se regarde dans le miroir a l'air triste. Et Lucy ne sait pas trop quoi penser d'elle. Elle aussi, elle est triste. Ce n'est pas pour autant qu'elle se contemple, à la limite de chialer devant un miroir. *Si, c'est juste que tu te regardes plus.*
Meg. La voix confirme ce que Lucy pensait. C'est une gamine, une petite fille triste. Est-ce que c'est à cause d'elle et de sa phrase ? Est-ce qu'elle est comme Joy, à faire pleurer les enfants ? Au fond, cette Welmina qui se regarde dans le miroir, c'est comme elle, dans le miroir de la salle de bains, quand elle avait neuf ans. Il n'y a pas énormément d'écart entre elles.
Elle reste là, debout, son chaudron vidé des livres qu'elles a fait tomber et qu'elle n'a pas ramassés. Elle ne sait pas quoi faire devant ces deux filles. Elle est la grande, ces deux filles sont ses cadettes. Elle devrait leur montrer l'exemple. Mais l'exemple de quoi ?
Lucy est tellement paumée, au milieu de ce couloir. L'espace d'un instant, elle pense à fuir, à abandonner cette interaction beaucoup trop coûteuse, à retourner dans sa salle commune et à s'enfoncer dans son lit pour oublier tout ça. Mais elle ramasse ses livres, un par un, puis reste assise, sur les marches des escaliers où elle est tombée il y a deux minutes.
*Pourquoi tu pleures ?* La voix, dans sa tête, est toute belle, toute fleurie, douce. C'est presque maternel, tout ça. Ce n'est pas sa voix. Et puis la petite ne pleure pas. Non, Lucy ne peut pas dire ça. Surtout qu'elle a été agressive avant. Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il faut lui dire ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Lucy se relève, attrape son chaudron. Le repose finalement par terre. Il n'y a pas grand monde qui déambule dans les couloirs le mercredi après-midi, elle ne risque pas de se faire voler ses affaires. Elle s'avance vers la fille.Elle essaye de prendre la voix la plus douce possible, espère que ça ne fera pas peur à sa cadette.
- Tu sais, un jour, je me suis regardée pleurer dans un miroir.
*C'était il y a pas longtemps.* Elle veut ajouter ça, mais se retient. Elles n'ont pas à savoir que c'était après Joy. Après la confrontation avec ses parents, indignés à cause des blessures. Après tout ça… Il n'y pas si longtemps, en somme.
- Faut pas se regarder pleurer dans un miroir. Après, le miroir te montre que tes défauts, physiques et moraux. Tu t'dis que t'es lâche, que t'es pitoyable. Et le miroir, lui, il est impitoyable. Il s'attendrira pas devant ta beauté. Il prendra toute ta laideur et il te la montrera…
Elle marque une pause, regarde autour d'elle, s'approche un peu plus de Welmina et du miroir. Elle commence à se voir dedans mais ne se regarde pas. Elle regarde le reflet de la fille.
- Et puis, faut pas retenir tes larmes. Ta voix, elle pleure. Pourquoi tu laisses ta voix pleurer et pas tes yeux ?
Luehssyie Woudde Pecker ~ Jerry -4e année RP~#PouffyFamily
Quasi absente jusqu'au 14 septembre
Sublime Laideur
— Meg...
Oui, ça n'allait pas. La jeune fille en avait la confirmation, maintenant. La Welmina croisée à la Bibliothèque, la deuxième année un peu timide mais souriante et gentille, la fan de Samuel Samson, elle n'aurait jamais été comme ça. Elle n'aurait jamais pleuré, toute seule, devant un miroir, elle n'aurait jamais paru aussi triste, elle n'aurait jamais semblé aussi... brisée ? Mais que se passait-il ? Qu'est-ce qui avait entraîné ce subit changement en moins d'un mois ? Etait-ce l'autre fille, la rousse, un peu plus loin, qui lui avait parlé méchamment ? Et dans ce cas, qu'est-ce qui avait poussé Welmina à pleurer de cette façon, en se regardant ? Les paroles de la rousse ? Mais quelles paroles pouvaient faire si mal ? Et puis cette rousse en question, plus grandes que Meg et la deuxième année, ne semblait pas vraiment méchante. Juste un peu sur ses gardes. Alors, qu'est-ce qui, réellement, avait poussé Welmina à pleurer ? Qu'est-ce qui la mettait dans un état pareil ? Toutes ces questions trottaient à la vitesse d'un cheval poursuivit par un lion dans sa tête, et elle regardait alternativement la rousse et Welmina.
Elle savait qu'elle ne devait pas trop poser de questions comme "pourquoi tu pleures". Elle connaissait ce genre de choses. Lorsqu'un petit Moldu se moquait d'elle, quand elle était plus petite, et qu'elle pleurait, elle détestait vraiment que quelqu'un vienne et lui pose cette fameuse question. Cela ne servait juste qu'à faire redoubler ses larmes. Elle ne voulait vraiment pas que ça arrive à Welmina. De plus, la rousse avait pris la parole et recommandait à sa camarade de ne pas pleure dans un miroir, tandis qu'elle s'approchait dudit miroir. Meg se mordit la lèvre. Finalement, la grande n'y était pour rien, et elle aidait même la deuxième année. Mais alors, qu'est-ce qui la faisait pleurer ?
C'est lorsqu'elle remarqua le maquillage qu'elle commença à comprendre. Du rouge-à-lèvres, du mascara, et tout un tas d'autres trucs pailletés qui dégoulinaient avec les larmes sur les joues de sa camarade. Elle s'était maquillée ? Quelle idée de se maquiller ! Peut-être qu'elle s'était trouvée moche avec le maquillage et qu'elle en pleurait, ne sachant pas avec quoi l'enlever ? Cela se tenait, mais Meg doutait que Welmina ne verse autant de larmes pour cette petite chose de rien du tout. Comme elle ne savait pas quoi dire, la jeune Hunter s'approcha de sa camarade et l'attrapa par les épaules, la serrant maladroitement dans ses bras.
Comme elle était plus grande que la deuxième année, c'était facile, mais comme elle ne savait pas faire de câlins, c'était plus difficile. Pourtant, elle murmura à l'oreille de Welmina :
— Je sais pas pourquoi tu pleures, mais je vais t'aider. J'suis sûre qu'on trouvera un moyen, non ? Samuel Samson trouve toujours un moyen !
Cette référence fit naître un sourire sur les lèvres de Meg, qu'elle espérait partagé avec sa camarade.
Oui, ça n'allait pas. La jeune fille en avait la confirmation, maintenant. La Welmina croisée à la Bibliothèque, la deuxième année un peu timide mais souriante et gentille, la fan de Samuel Samson, elle n'aurait jamais été comme ça. Elle n'aurait jamais pleuré, toute seule, devant un miroir, elle n'aurait jamais paru aussi triste, elle n'aurait jamais semblé aussi... brisée ? Mais que se passait-il ? Qu'est-ce qui avait entraîné ce subit changement en moins d'un mois ? Etait-ce l'autre fille, la rousse, un peu plus loin, qui lui avait parlé méchamment ? Et dans ce cas, qu'est-ce qui avait poussé Welmina à pleurer de cette façon, en se regardant ? Les paroles de la rousse ? Mais quelles paroles pouvaient faire si mal ? Et puis cette rousse en question, plus grandes que Meg et la deuxième année, ne semblait pas vraiment méchante. Juste un peu sur ses gardes. Alors, qu'est-ce qui, réellement, avait poussé Welmina à pleurer ? Qu'est-ce qui la mettait dans un état pareil ? Toutes ces questions trottaient à la vitesse d'un cheval poursuivit par un lion dans sa tête, et elle regardait alternativement la rousse et Welmina.
Elle savait qu'elle ne devait pas trop poser de questions comme "pourquoi tu pleures". Elle connaissait ce genre de choses. Lorsqu'un petit Moldu se moquait d'elle, quand elle était plus petite, et qu'elle pleurait, elle détestait vraiment que quelqu'un vienne et lui pose cette fameuse question. Cela ne servait juste qu'à faire redoubler ses larmes. Elle ne voulait vraiment pas que ça arrive à Welmina. De plus, la rousse avait pris la parole et recommandait à sa camarade de ne pas pleure dans un miroir, tandis qu'elle s'approchait dudit miroir. Meg se mordit la lèvre. Finalement, la grande n'y était pour rien, et elle aidait même la deuxième année. Mais alors, qu'est-ce qui la faisait pleurer ?
C'est lorsqu'elle remarqua le maquillage qu'elle commença à comprendre. Du rouge-à-lèvres, du mascara, et tout un tas d'autres trucs pailletés qui dégoulinaient avec les larmes sur les joues de sa camarade. Elle s'était maquillée ? Quelle idée de se maquiller ! Peut-être qu'elle s'était trouvée moche avec le maquillage et qu'elle en pleurait, ne sachant pas avec quoi l'enlever ? Cela se tenait, mais Meg doutait que Welmina ne verse autant de larmes pour cette petite chose de rien du tout. Comme elle ne savait pas quoi dire, la jeune Hunter s'approcha de sa camarade et l'attrapa par les épaules, la serrant maladroitement dans ses bras.
Comme elle était plus grande que la deuxième année, c'était facile, mais comme elle ne savait pas faire de câlins, c'était plus difficile. Pourtant, elle murmura à l'oreille de Welmina :
— Je sais pas pourquoi tu pleures, mais je vais t'aider. J'suis sûre qu'on trouvera un moyen, non ? Samuel Samson trouve toujours un moyen !
Cette référence fit naître un sourire sur les lèvres de Meg, qu'elle espérait partagé avec sa camarade.
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Sublime Laideur
Please. Pleures. Insignifiante.
A chaque instant, j’espère qu’elles vont partir. Comme si elles n’étaient jamais venues. La grande me fait peur. Je crois. Et je ne mérite pas l’attention de Meg.
J’mérite l’attention de personne. Le miroir en rit. Encore.
Je vois la grande rousse s’éloigner, un instant. Un élan de soulagement s’empare de moi puis disparaît. Elle ramasse uniquement les livres. Qui ont étaient renversés. Quand elle est tombée.
Si je la regarde, elle me regardera aussi. Alors je baisse le regard. Elle a pas l’air méchante. Elle pleurait quand elle est tombée. Peut-être que c’est pour ça qu’elle a pas était aimable. Peu importe. Il faut qu’elle parte.
Mais à la place, elle parle. J’ai peur qu’elle me fasse du mal. On a pas le droit de faire du mal à quelqu’un qui a mal. Qu’elle se moque de moi. J’aimerai que ça n’me touche pas. Mais c’est pas le cas. Tout ce qui m’atteint, me transperce. Et laisse des cicatrices.
Mais elle parle différemment, sa voix est douce. Ses mots sont beaux. Elle dit. Qu’elle s’est regardé pleurer dans un miroir. Elle dit. Que c’est pas bien. Elle dit que le miroir est cruel. Elle dit. Tout.
Pourquoi c'est comme si t’savais, Fille ?
Et puis, elle se tait. Mon cœur bat. Ma main se serre sur le morceau de verre. Mes yeux se posent sur la rousse, évitant la glace. Elle ne semble plus si dure. Parce qu’elle comprend. Peut-être. Qu’elle comprend.
Mais j’veux plus qu’elle parle. Si elle comprend. Elle doit pas pouvoir comprendre. Non, elle comprend pas. Moi, j’pleure pas. J’dois être forte. Elle s’approche mais je m’éloigne. Par instinct.
Elle dit qu’il faut pas retenir ses larmes. Non, je dois être forte. Elle dit que c’est ma voix qui pleure. Non, c’est pas vrai. Je pleure pas. Les larmes ça rend encore plus moche.
J’aimerais répondre. Mais je suis pas assez forte. Comme j’aimerais l’être. Papa, il est fort. Même s’il pleure dans son cœur. Arthur, il est fort. Parce qu’il sait toujours ce qu’il faut faire. Julia, elle est forte. Même quand Elle peut pas respirer.
Mes yeux cherchent du renfort au près d’un visage familier juste au moment où Meg s’approche. Elle me prend par les épaules. M’étreint, peut-être. Me parle, surtout.
Sa gentillesse me parle et me rappelle, ce jour, dans la Bibliothèque. Elle veut m’aider. Elle fait une référence au livre dont on parlait, l’autre jour. Sa joie me sourit. Et j’aimerai lui sourire. J’aimerai tant la remercier. Mais j’y arrive pas.
Tu m'pardonneras ?
Elle croit que je pleure. Peut-être que je pleure. La main qui ne contient pas le morceau de verre se pose sur ma joue. Elle est humide. J’ai pleuré ? Non. Non. Non.
J’ai promis d’être forte pour Horty
« Je pleure pas... »
mais je le suis pas.
« … parce que je suis... »
Ce serait un mensonge de dire que j'suis forte...
« fo... parce que j’suis pas une gamine. »
et c’est pas bien de mentir.
Ces mots font légèrement échos à la discussion dans la Bibliothèque. Je voulais rester une gamine pour toujours. Aujourd’hui, j’veux plus l’être. Peut-être que je ment en disant que c’est pour Horty.
Peut-être que c’est pas le fait de vouloir grandir ou non qui m’fait mal.
Troisième année RP.
happy to be a l i v e
Sublime Laideur
La petite réfute. Elle refuse d'admettre qu'elle pleure, que sa voix pleure. Lucy se demande pourquoi elle refuse de voir ses faiblesses. Et puis elle réalise qu'elle est plus jeune qu'elle. Elle a quoi, onze, douze ans ? A douze ans, c'est dur de reconnaître ses faiblesses, c'est dur de savoir qu'on n'est pas immortel, qu'on peut avoir des failles. Même à bientôt quatorze, d'ailleurs. A quatorze ans dans un peu moins de deux mois, Lucy a encore peur de ses failles, et elle les cache, le plus longtemps possible. Mais à douze ans... A douze ans, Lucy ne montrait pas du tout ses faiblesses. A douze ans, on veut être comme les autres. Et les autres, ils pleurent pas. Les autres, ils se moquent de toi quand tu pleures. Lucy, elle, elle ne s'est jamais crue sans failles. Au contraire. Elle sait qu'elle en a beaucoup trop, et elle ne peut toujours pas s'accepter totalement, parce que Joy s'est trop servie de ses failles, Joy a trop utilisé ses faiblesses pour se moquer d'elle.
Lucy s'assied sur une marche d'escalier. La petite a baissé les yeux quand elle s'est trop approchée. Comme Lucy devant Joy. Elle doit avoir peur. Peur, parce qu'elle est grande, plus âgée. C'est difficile à admettre pour la victime de harcèlement qu'a été Lucy, mais elle est actuellement en position de supériorité. C'est pour ça qu'elle s'est assise. Pour lui faire moins peur.
- Je te fais peur ? Je fais beaucoup peur aux gens. C'est à cause de mes cheveux. C'est à cause de ça que j'ai pleuré devant le miroir, comme je te disais tout à l'heure.
Elle a envie de la prendre dans ses bras. C'est une fille traumatisée, comme elle. Et elle peut peut-être l'aider à se réparer.
Elle ne répond pas à sa question. Elle répond à celle d'avant : pourquoi tu laisses ta voix pleurer et pas tes yeux ? Sa réponse ne l'étonne pas. C'est ce qu'elle pensait. Elle ne veut pas admettre qu'elle a des faiblesses. Parce qu'elle veut se conformer à un moule ? Parce qu'elle veut grandir plus vite ? Lucy ne voulait pas grandir, à cet âge-là. Son corps, qu'elle avait fini, tant bien que mal, par apprivoiser, lui faisait terriblement peur. C'est bizarre de vouloir grandir aussi vite, à onze ou douze ans.
- Tu sais, répond doucement Lucy, c'est pas parce que t'es plus une gamine que tu ne peux plus pleurer. Ca fait du bien, parfois, même si sur le coup, tu as un peu honte. C'est pas une question d'âge ou de faiblesse. Moi, je suis plus âgée que toi, je pense, parce que t'es pas avec moi en cours, et je pleure, parfois.
*Souvent, même*
- Et ça me fait beaucoup de bien, parce que, tu sais quoi, même quand on n'est plus une gamine, on a toujours des émotions. Et ce n'est pas un problème de vouloir ou devoir les exprimer. C'est normal. T'as onze, douze ans ? T'es pas une adulte. Et même les adultes ont le droit de pleurer. On s'en fout de si les autres te disent que c'est pour les gamines. T'es toi, avec ta sensibilité, à toi, et on s'en fout des autres.
*Et toi, tu t'en fous de Joy ?*
Non. Mais c'est plus facile de donner des conseils que de les appliquer.
Je suis vraiment désolée pour ce retard ! J'espère que ça ne nuit pas à notre RP ni à votre progression...
Lucy s'assied sur une marche d'escalier. La petite a baissé les yeux quand elle s'est trop approchée. Comme Lucy devant Joy. Elle doit avoir peur. Peur, parce qu'elle est grande, plus âgée. C'est difficile à admettre pour la victime de harcèlement qu'a été Lucy, mais elle est actuellement en position de supériorité. C'est pour ça qu'elle s'est assise. Pour lui faire moins peur.
- Je te fais peur ? Je fais beaucoup peur aux gens. C'est à cause de mes cheveux. C'est à cause de ça que j'ai pleuré devant le miroir, comme je te disais tout à l'heure.
Elle a envie de la prendre dans ses bras. C'est une fille traumatisée, comme elle. Et elle peut peut-être l'aider à se réparer.
Elle ne répond pas à sa question. Elle répond à celle d'avant : pourquoi tu laisses ta voix pleurer et pas tes yeux ? Sa réponse ne l'étonne pas. C'est ce qu'elle pensait. Elle ne veut pas admettre qu'elle a des faiblesses. Parce qu'elle veut se conformer à un moule ? Parce qu'elle veut grandir plus vite ? Lucy ne voulait pas grandir, à cet âge-là. Son corps, qu'elle avait fini, tant bien que mal, par apprivoiser, lui faisait terriblement peur. C'est bizarre de vouloir grandir aussi vite, à onze ou douze ans.
- Tu sais, répond doucement Lucy, c'est pas parce que t'es plus une gamine que tu ne peux plus pleurer. Ca fait du bien, parfois, même si sur le coup, tu as un peu honte. C'est pas une question d'âge ou de faiblesse. Moi, je suis plus âgée que toi, je pense, parce que t'es pas avec moi en cours, et je pleure, parfois.
*Souvent, même*
- Et ça me fait beaucoup de bien, parce que, tu sais quoi, même quand on n'est plus une gamine, on a toujours des émotions. Et ce n'est pas un problème de vouloir ou devoir les exprimer. C'est normal. T'as onze, douze ans ? T'es pas une adulte. Et même les adultes ont le droit de pleurer. On s'en fout de si les autres te disent que c'est pour les gamines. T'es toi, avec ta sensibilité, à toi, et on s'en fout des autres.
*Et toi, tu t'en fous de Joy ?*
Non. Mais c'est plus facile de donner des conseils que de les appliquer.
Je suis vraiment désolée pour ce retard ! J'espère que ça ne nuit pas à notre RP ni à votre progression...
Luehssyie Woudde Pecker ~ Jerry -4e année RP~#PouffyFamily
Quasi absente jusqu'au 14 septembre
Sublime Laideur
Le regard de Meg sonda le visage de Welmina, à la recherche d'un indice réconfortant. Pourtant, il n'y a que ses joues humides, ses yeux tristes, son visage fermé. Rien qui ne laisse voir un quelconque sourire devant la référence qu'a faite la jeune Hunter. Cela la déprima un peu. Si même Samuel Samson, l'un des meilleurs héros de livre, ne pouvait remonter le moral de sa camarade (ou amie ? étaient-elles amies ou simplement camarades ?) alors qui le pourrait ? C'était à la fois vexant et attristant. Meg aurait voulu réussir à faire naître un sourire sur les lèvres de Welmina, même fugace, et pourtant celle-ci refusait, comme si sa tristesse était telle qu'elle ne pouvait même plus sourire. Et c'était triste, cet étrange tableau de cette grande maquillée tenant un miroir dans sa main, qui ne pouvait même pas être consolée. Mais pourquoi ? Que s'était-il passé ? Pourquoi semblait-elle si... détruite ? Ce mot paraissait un peu exagéré ailleurs, mais l'état de Welmina pouvait être décrit comme cela. Quelqu'un lui avait fait du mal ? Avait-elle reçu une quelconque lettre attristante ? Il fallait dire que les raisons d'être tristes étaient de plus en plus nombreuses ces temps-ci... mais alors, que faisait le miroir dans la main de sa camarade ? Et le maquillage sur ses joues ?
Mais Welmina refusa d'admettre qu'elle pleurait. Elle disait qu'elle ne pleurait pas parce qu'elle n'était plus une gamine. Pourtant, Meg devait se l'avouer, elle n'avait pas l'impression que sa camarade était si grande que ça, à présent. Après tout, elle n'avait qu'un an de plus qu'elle... c'est-à-dire douze ans. Et à douze ans, on était encore une enfant - encore heureux, d'ailleurs, car Meg n'avait aucune envie d'être grande l'année prochaine.
— Je te fais peur ? Je fais beaucoup peur aux gens. C'est à cause de mes cheveux. C'est à cause de ça que j'ai pleuré devant le miroir, comme je te disais tout à l'heure, fit alors la rousse, se rapprochant.
Le regard de Meg se dirigea alors vers la grande, dont elle ne connaissait pas le prénom. Finalement, elle ne semblait pas si méchant que ça. Et puis, elle le disait : elle faisait souvent peur aux gens. La jeune Hunter frissonna en se mettant à sa place : et si, elle, faisait peur aux gens ? Ce serait horrible ! Elle qui, après avoir passée une enfance solitaire et sans amis, détestait ne pas être appréciée des gens... elle plaignit la rousse.
— Tu sais, c'est pas parce que t'es plus une gamine que tu ne peux plus pleurer. Ca fait du bien, parfois, même si sur le coup, tu as un peu honte. C'est pas une question d'âge ou de faiblesse. Moi, je suis plus âgée que toi, je pense, parce que t'es pas avec moi en cours, et je pleure, parfois.
Meg dut reconnaitre que la grande avait raison. Elle semblait comprendre bien mieux qu'elle-même la situation de Welmina, puisqu'elle l'avait déjà vécue. A cette pensée, la brunette sentit son coeur se serrer. Elle n'avait rien à faire ici. Elles étaient grandes, toutes les deux, plus vieilles et plus intelligentes qu'elle. Elles avaient déjà vécu des situations tristes, pleurer devant des miroirs, et elles pouvaient s'entraider. Mais elle, qu'avait-elle à apporter ? Des références à des livres ? Une présence en plus qui gênait Welmina ? Elle aurait voulu être utile, dire ou faire quelque chose, mais elle ne savait pas quoi. Elle détestait voir les gens pleurer, mais elle était incapable de les consoler. Alors que faisait-elle, plantée à côté de ces deux grandes ?
Reculant d'un pas, elle serra ses mains l'une contre l'autre. Elle se sentait en trop, comme une intruse. Elle qui avait toujours eu une vie plutôt facile, qui avait des amis et presque aucuns problèmes...
Mais Welmina refusa d'admettre qu'elle pleurait. Elle disait qu'elle ne pleurait pas parce qu'elle n'était plus une gamine. Pourtant, Meg devait se l'avouer, elle n'avait pas l'impression que sa camarade était si grande que ça, à présent. Après tout, elle n'avait qu'un an de plus qu'elle... c'est-à-dire douze ans. Et à douze ans, on était encore une enfant - encore heureux, d'ailleurs, car Meg n'avait aucune envie d'être grande l'année prochaine.
— Je te fais peur ? Je fais beaucoup peur aux gens. C'est à cause de mes cheveux. C'est à cause de ça que j'ai pleuré devant le miroir, comme je te disais tout à l'heure, fit alors la rousse, se rapprochant.
Le regard de Meg se dirigea alors vers la grande, dont elle ne connaissait pas le prénom. Finalement, elle ne semblait pas si méchant que ça. Et puis, elle le disait : elle faisait souvent peur aux gens. La jeune Hunter frissonna en se mettant à sa place : et si, elle, faisait peur aux gens ? Ce serait horrible ! Elle qui, après avoir passée une enfance solitaire et sans amis, détestait ne pas être appréciée des gens... elle plaignit la rousse.
— Tu sais, c'est pas parce que t'es plus une gamine que tu ne peux plus pleurer. Ca fait du bien, parfois, même si sur le coup, tu as un peu honte. C'est pas une question d'âge ou de faiblesse. Moi, je suis plus âgée que toi, je pense, parce que t'es pas avec moi en cours, et je pleure, parfois.
Meg dut reconnaitre que la grande avait raison. Elle semblait comprendre bien mieux qu'elle-même la situation de Welmina, puisqu'elle l'avait déjà vécue. A cette pensée, la brunette sentit son coeur se serrer. Elle n'avait rien à faire ici. Elles étaient grandes, toutes les deux, plus vieilles et plus intelligentes qu'elle. Elles avaient déjà vécu des situations tristes, pleurer devant des miroirs, et elles pouvaient s'entraider. Mais elle, qu'avait-elle à apporter ? Des références à des livres ? Une présence en plus qui gênait Welmina ? Elle aurait voulu être utile, dire ou faire quelque chose, mais elle ne savait pas quoi. Elle détestait voir les gens pleurer, mais elle était incapable de les consoler. Alors que faisait-elle, plantée à côté de ces deux grandes ?
Reculant d'un pas, elle serra ses mains l'une contre l'autre. Elle se sentait en trop, comme une intruse. Elle qui avait toujours eu une vie plutôt facile, qui avait des amis et presque aucuns problèmes...
@Lucy Wood et @Welmina MacMaulan sincèrement désolée pour mon retard.
“She read about people she could never be and adventures she would never have”
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily
Sublime Laideur
Autres. Mensonge. Détestable.
Je me sens. Si faible. Si bête. Rien qu'une idiote qui chouine dans un couloirs sans une raison. Rien qu'une gamine immature. Et laide. Mais je ne veux pas pleurer. Je sais que je ne pleure pas. C'était une promesse. Que je me suis faîte à moi-même. Pour Horty. Je ne devais pas pleurer.
Pourtant la rousse remarque le contraire. Peut-être qu'au moins, mes larmes ravageront mon visage trop horrible pour être observer. Ces deux Filles sont bien gentilles de rester à mes côtés. Mais j'ai honte. Je connais un peu Meg et je me suis toujours dis que je pourrais la voir. Mais pas maintenant. J'aurais aimé la voir avant. Avant les vacances. Pas habillée comme ça. Pas en étant pas moi.
Elle n'a pas perdu sa gentillesse. Elle est restée. Pour moi. Mais je ne le mérite pas. Elle doit sûrement avoir bien d'autres choses à faire. Je ne la connais pas tant que ça, après tout, elle n'avait pas de raison de rester avec moi.
Et l'autre Fille encore moins. Je ne lui ai jamais parlé et elle est plus grande que moi. Si Meg reste sûrement parce qu'elle me connaît un peu, l'autre n'a pas de raison. Je ne veux pas être seule. Mais je ne mérite pas d'être entourée.
Pourquoi vous êtes aussi sympas av'c moi ?
Et je ne saurais pas le rendre. La grande me réconforte. Me parlant de sa propre expérience, c'est la meilleure chose à faire, je crois. J'aime écouter les autres. Essayer de les aider. Maintenant, c'est elles qui m'aide.
Me fait-elle peur ? Au début, en tout cas. Mais elle est devenue soudain plus douce. Plus gentille. Elle semble forte. Bien plus que moi. C'est peut-être ça qui me fait peur. Mais pas elle, ce n'est pas de sa faute. Pas ses cheveux en tout cas. Est-elle jolie ? Oui, bien sûr. Elles sont toutes jolies. Mais un morceau du miroir me montre. Que je ne le suis pas.
Mais j'ai mentis, un peu. Je ne veux plus pleurer pour Horty. Plus jamais. En quelque sorte, c'est la vérité. Je ne veux plus pleurer parce que j'ai grandis, maintenant c'est moi la grande sœur. Arthur ne peut plus s'occuper d'elle.
Ses mots sont beaux. Mais ce n'est pas ce dont j'ai besoin. Mais c'est de ma faute. J'ai mentis.
« C'est pas les autres... »
Non, c'est moi. Eux, ils ne m'ont jamais rien dit. Je le fais seule. Leurs regards me pèseraient. Mais je mériterais leurs critiques. C'est pas eux.
« Ils.... étaient méchant avec toi ? »
Je ne sais pas si elle veut en parler. Peut-être pas. Mais ça me ferait du bien à moi. Égoïste. Laide. Détestable, la liste est longue.
Je sens un mouvement venant de Meg. Elle s'est un peu reculée. Mais je ne veux pas qu'elle parte. Peut-être a t'elle d'autres choses à faire. Mais j'ai besoin de sa présence. C'est peut-être égoïste. Mais je ne veux pas non plus qu'elle se sente mal pour une quelconque raison. Surtout pas à cause de moi. Elle ne mérite pas ça.
Ma tête se relève et mes yeux essaient de chercher les siens. Je ne veux pas qu'elle me voit. Mais j'ai besoin de la voir. J'essaie de lui demander de ne pas partir sans parler. J'inspire certainement la pitié mais sincèrement, j'espère qu'elle comprendra.
Troisième année RP.
happy to be a l i v e