PV L'erreur "fatale"

Avec @Eldan Travis
16 septembre 2044. 15h30.
[...] Le miroir se brisa en deux dans un fracas assourdissant, puis les débris scintillants se déposèrent avec légèreté sur le sol. Des larmes pleins les yeux, ce fut à cet instant précis que Dante pris conscience que sa vie ne serait plus jamais la même.

Elio soupira. Il venait de terminer le premier tome de "Les mystères de l'univers", un roman fantastique qu'il avait acheté avant d'arriver à Poudlard. Cette fin était terriblement frustrante. Le fin mot de l'histoire n'avait toujours pas été dévoilé. Par miracle, il avait pensé à acheter les autres tomes. Dans une vive excitation de connaître la suite, le jeune garçon referma l'ouvrage, le déposa à sa gauche et s'empara du tome suivant qu'il avait posé contre l'arbre sous lequel il s'était installé. Se replaçant légèrement pour ajuster sa position, il jeta un coup d'oeil à sa montre. 15h35. Il lui restait donc encore une bonne heure avant d'aller entamer ses devoirs à la bibliothèque. Après avoir sauté la préface, il reprit sa lecture.

Nous étions le premier avril, et cette journée pluvieuse laisser supposer un orage dans la soirée. Dante s'était vêtu en accord avec le temps, et ses larges bottes faisaient un bruit insupportable tandis qu'il pataugeait dans l'eau bourbeuse [...]

A contrario dans le vrai monde, le soleil brillait de mille feux. Ses rayons dorés venaient se balader sur les cheveux noirs d'Elio, semblant leur donner une teinte argentée. Ils étaient mi-longs, lui arrivait aux épaules, formant un esorte de carré. Il s'était promit de les couper avant d'arriver à Poudlard, mais ne s'y était pas résolu. Il avait eu peur : peur de sortir de ce qu'il avait toujours connu, malgré le fait qu'il ne se sentait à présent mal à l'aise dedans. Cela ne faisait que quelques mois qu'il avait annoncé ses troubles d'identité à ses parents après tout. Et, même si ils avaient accepté de l'inscrire à Poudlard sous son nouveau nom et genre.. Il ne se sentait pas encore légitime de s'assumer.


Pour se rassurer, il s'était uniquement concentré sur ses études depuis le début d'année. Cela faisait deux semaines maintenant qu'il passait ses journées entre les classes, la bibliothèque et son dortoir. C'était d'ailleurs la première fois qu'il restait aussi longtemps à l'extérieur, hors des cours. Il espérait juste que rien ne viendrait troubler sa lecture. Tournant une de ses mèches autour de son doigt, il replongea dans le monde fantastique des aventures de Dante.

; 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐩𝐩𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐞.
; 𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞́𝐜𝐡𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐭.
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PV L'erreur "fatale"
MI SEPTEMBRE 2044. MILIEU DE L’APRÈS-MIDI. ALENTOURS DE 15H30.
PARC, POUDLARD.


Depuis la rentrée, Eldan n'était pas beaucoup allé dans le Parc de Poudlard -pas beaucoup correspondant ici à jamais. En effet, le petit garçon ne comprenait pas du tout ce que l'on pouvait trouver à cette grande étendue verte occupée si fréquemment par tant de gens. Quand il marchait, l'herbe lui griffait les chevilles. Quand il s'asseyait pour éviter cela, le soleil lui brûlait la peau, lui aveuglait les yeux. Quand il essayait de se reposer, un bruit ambiant venait se glisser dans ses oreilles, sans compter que, partout, il y avait cet air qui le menait à se sentir nu, à son plus grand déplaisir. De plus, il ne trouvait l'endroit absolument pas intéressant : il n'y avait aucune activité à exercer, aucune tâche à accomplir. Pour lui, l'endroit était vide d'intérêt. Le petit Serdaigle ne s'y rendait donc jamais, même quand ses amis l'incitaient fortement à les y accompagner.

Toutefois, ce jour-là, il avait tout de même choisi d'essayer d'y mettre les pieds, histoire de peut-être découvrir ce que le lieu avait à lui offrir. Après tout, surement y avait-il quelque chose de formidable à découvrir dans le parc pour que tout le monde s'y rue si fréquemment. Le tout frais Première Année se décida donc et passa l'embrasure de la large porte de Poudlard pour y atterrir.
*A défaut d'être utile, il est au moins impressionnant.* Il fallait dire que le petit garçon ne savait même pas qu'autant d'herbe puisse être contenue dans une même place, et même avec de la mauvaise foi, il trouva cela charmant. Cependant, les problèmes revinrent au galop : un grand soleil planait au-dessus de l'esplanade, lui donnant furieusement envie de rentrer aussi vite qu'il était sorti. Il prit alors son courage à deux mains et se dirigea vers un arbre non loin, qui lui prodiguerait surement de l'ombre.

Après quelques pas, il parvint donc proche du tronc et s'y colla dans le but de recevoir le maximum d'ombre possible. Pourtant, il réalisa bien vite que son orientation par rapport au soleil et au feuillage était véritablement mauvaise et il entreprit donc de glisser le long du tronc vers le côté opposé, qui lui permettrait alors de bénéficier de bien plus d'ombre. Soudain, il sentit un corps qui le fit trébucher et il s'écrasa au sol, parvenant à s'excuser avant sa chute :


- Pardon Madame !

Le "Madame" était un peu sorti tout seul, mais au vu de la grande taille de la personne -facilement une vingtaine de centimètres de plus qu'Eldan- et de sa chevelure relativement longue, il pensa avoir fait le bon choix. Même si c'était une élève, il allait s'en dire qu'elle serait plus âgé que lui et lui porter cette marque de respect ne devait donc, après tout, par être si déplacé.

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Elio en était déjà à la fin du premier chapitre, lorsqu'il entendit un bruit provenant de derrière, comme si quelqu'un s'était également adossé à l'arbre où il était déjà. Le jeune garçon serra les dents : il n'aimait pas être dérangé. Il tourna légèrement la tête pour voir le visage du coupable, et subitement, quelqu'un s'écria en trébuchant sur lui :

- Pardon Madame !

L'inconnu était maintenant écrasé au sol. Ses cheveux blonds étaient dégagés vers l'arrière à cause de sa chute. Elio plissa les yeux. Il semblait être de petite taille. Soudain, ça lui revint : il avait déjà aperçu cet élève, un Serdaigle dans leur salle commune. Mais ils ne s'étaient jamais adressés la parole. Le jeune garçon fixait avec hésitation le nouvel arrivant. Qu'est-ce que je dois dire ? Il était proie à des sentiments mitigés. Le mot "madame" résonnait en boucle dans sa tête. C'était la première fois que quelqu'un à Poudlard le mégenrait. Il avait perdu l'habitude d'entendre cela, et n'éprouvait aucun plaisir à retrouver cette sensation de froid qui remontait sur son échine. En venant à Poudlard, il avait espéré pouvoir devenir quelqu'un de nouveau aux yeux des autres, et ces quelques paroles l'avaient instantanément ramené à ces moments cruels qu'il haïssait. Et, d'un autre côté, il y avait un élève sur l'herbe, qui venait de tomber à cause de lui. Il soupira, remettant son masque froid qu'il arborait dans des situations qui ne lui plaisaient pas.

Elio se leva, ramassa son livre sans proposer de l'aide au Serdaigle, et rompit le silence.

- Ça va ?

Le brun avait prononcé ces mots qui traditionnellement se voulaient attentionnés, avec détachement. Il semblait plus que l'Aiglon demandait cela par politesse que par inquiétude. En réalité, bien sûr qu'il s'inquiétait. Il s'inquiétait toujours pour tout, et pour rien. Mais l'erreur qu'avait fait l'inconnu quelques instants plus tôt lui avait valu d'enlever toute forme de gentillesse d'Elio.

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PV L'erreur "fatale"
Navré de cet inqualifiable retard.

Eldan se sentit soudainement voler avant de s'écraser de plein fouet sur le sol, faisant un grand plat sur le dos. Inutile de préciser que ce dernier n'avait pas apprécié la rencontre avec la pelouse. Toutefois, cette chute pouvait facilement être décrite par l'adage "plus de peur que de mal". Certes, la lamentable chute du Première Année lui avait provoqué un petit mal au derrière ainsi qu'au dos, mais en vérité, cela s'arrêtait là et ces douleurs étaient très largement supportables. Le petit garçon s'attarda donc plutôt sur la jeune fille qui l'avait fait tomber, même si malgré elle. Il la détailla du regard, et rencontra ses yeux d'un bleu électrique, puis lâcha ce contact pour voir ensuite sa chevelure ni vraiment courte ni vraiment longue refléter un noir profond ponctué de jolis gris. Il termina par observer sa silhouette qui n'avait rien de véritablement particulier pour une fille. Son visage affichait enfin un air peu avenant, qui ne rassurait pas Eldan.

Toujours avachi par terre, le petit garçon regarda la fille se relever et attraper son livre, sans rien ne dire. Elle ajouta finalement :


- Ça va ?

La phrase n'était pas très chaleureuse, mais le petit Serdaigle n'y fit pas attention. Il était déjà content qu'elle lui adresse la parole, au vu de sa mine, et imita alors sa comparse et se releva, bien que difficilement. Il se tint assez loin d'elle -sans être à des kilomètres- afin d'éviter de la déranger, et commença à s'épousseter. Des feuilles, herbe et autres éléments de la nature s'étaient invités sur son pantalon, et il tenta donc de les retirer un à un. Il constata toutefois que des marques vertes avaient pris place sur le tissu, et espérait que cela partirait à la machine, sans quoi sa mère se mettrait vraiment en colère. Une fois l'opération finie, il répondit donc à la question qu'on lui avait posé, quelques secondes plus tard donc :


- Un peu mal au dos mais ça va, et toi ?

L'intérêt était sincère dans sa question, il ne voulait surtout pas avoir causé de trouble à la jeune fille en face de lui. En l'attente d'une réponse, il la fixa donc, écoutant distraitement le chant des oiseaux. Il remarqua alors qu'une feuille se trouvait sur son pull, et il se tâta à s'approcher pour la retirer, mais choisit plutôt de le lui signifier :

- T'as un truc collé sur l'épaule, tu devrais l'enlever.

Eldan appréhendait un peu l'autre personne comme un animal sauvage qu'il ne fallait pas effrayer, et il préférait donc ne pas s'approcher de trop. Il lui montra toutefois sur lui l'emplacement de la feuille.

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PV L'erreur "fatale"
Ton retard est pardonné, puisque le mien est bien pire ! Je m'excuse.
Je me hais.
Les dents serrées, l'Aiglon serrait ses poings si fort qu'il pouvait sentir ses ongles lentement entrer dans sa paume. Il sentait déjà une goute de transpiration perler sur son bras, phénomène qui arrivait lorsqu'il était dans une colère intérieure. Il avait l'impression qu'il pouvait imploser à tout moment. Pas contre cet autre Serdaigle, bien que c'était lui qui avait fait la faute; mais contre lui-même. Il s'en voulait de "ne pas être assez". Il s'en voulait de ne pas être normal. Il s'en voulait de devoir expliquer aux gens sa situation qui est tout, sauf agréable. Ses pupilles se contractaient sous le coup de cette colère soudaine, mêlée à la frustration de ne pas savoir quoi faire. Alors il se contenta d'observer avec le regard le plus noir possible, le blond qui tentait tant bien que mal de se relever et de chasser les empreintes que la nature avait laissé sur ses vêtements.

- Un peu mal au dos mais ça va, et toi ?

Qu'est que ferait Dante, l'héro du livre, à ma place ? Ah oui, c'est vrai, Dante est un "vrai garçon" lui. Il n'aurait jamais à vivre ce genre de situation.
Elio soupira. D'un oeil vitreux accompagné d'une voix passive, il répondit nonchalamment :

- Ça va.

Il avait décidé de ne rien laisser passer. Pas une once de gentillesse, pas un sourire, seulement une sorte de politesse hypocrite. Le problème, maintenant, était de savoir s'il allait reprendre le jeune inconnu. Mais, lui avouer la vérité, c'est montrer sa faille. Et il était hors de question, après ce qu'il venait de se passer, qu'Elio soit perçu comme quelqu'un de faible, d'après lui. Toute la colère qu'il avait contre lui-même était redirigée vers ce première année, car c'est bien connu, c'est toujours plus facile de détester quelqu'un qu'on ne voit qu'une fois, que soi-même, qu'on doit supporter tout les jours.

- T'as un truc collé sur l'épaule, tu devrais l'enlever.

Il indiqua à Elio où se trouvait la feuille. Bien, il se sentait ridicule maintenant. D'un geste rapide, le jeune garçon fit valser la petite feuille. Le brun n'avait plus rien à perdre. L'autre ne semblait en aucun cas remarquer sa colère froide, alors Elio se résolut. Après tout, il valait mieux ça, plutôt que le blond-brun le genre de nouveau au féminin devant d'autres. Là, ça deviendrait réellement insupportable et le Serdaigle irait hiberner dans sa chambre toute l'année.
Il serra son livre très fort contre lui, les bras croisés par-dessus; eut une dernière pensée pour Dante; souffla un bon coup, et entama les paroles qu'il détestait répéter :

- Au passage, je suis un garçon. Je sais, j'y ressemble pas tant que ça. Mais, enfin, bref.

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; 𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞́𝐜𝐡𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐭.
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