Lancelot ou le chevalier de la Baguette
— Chapitre précédent —

C’était en août 2020, j’avais onze ans depuis décembre 2019, et je pouvais au bout du compte entrer à Poudlard, enfin, j’y rentrais le mois suivant ; c’était ce que j’eusse compris quand un employé de Poudlard, le professeur Londubat, eut annoncé que Poudlard n’acceptait ses élèves qu’en septembre si et seulement si ces derniers avaient leur onze années de vie accomplies. Il nous avait alors accompagnés sur le mythique Chemin de Traverse, un lieu magique et invisible pour les Moldus dans un premier temps.
Et que dire ? Cela était tout bonnement impressionnant. Il y avait beaucoup de sorciers, tous si saisissants les uns que les autres, mais ce qui retenu mon attention, ce fut Gringotts, la banque du monde magique. Je n’avais jamais vu de gobelin, ayant toujours cru que ces derniers n’eussent été qu’une création des livres de légendes, pourtant — malgré leurs airs particuliers — ils avaient avalisé un échange de livres sterling contre des Gallions ; ce qui me serait nécessaire afin de réaliser au mieux ma scolarité à Poudlard.
Mais ce n’était pas le seul endroit que je découvrirais, non loin de là. D’après les dires du professeur Londubat, il était primordial pour moi d’aller chercher une baguette magique. J’étais un sorcier alors cette baguette devait être présente pour maîtriser parfaitement la magie qui se trouvait en moi.
Je l’eus, donc, suivi vers ce qui semblait être la maison de la baguette magique, l’unique magasin en la matière qui existait sur ce chemin : Chez Ollivander . Je n’étais pas serein du tout, la boutique me paraissait gigantesque alors que la devanture en fût le contraire ; ce qui me rassurait dans ce début d’aventure ce fut que je ne me retrouvais pas tout seul dans ce magasin. Nous étions six du côté des acheteurs : mes parents, le professeur Londubat, un adulte, un enfant et moi-même. Je n’osais pas bouger, mais je pouvais entendre le professeur Londubat entamer une discussion avec l’adulte, de ce que je comprenais, il s’agissait aussi d’un enseignant de l’école. Oui, cela m’annonçait donc que l’enfant qui se trouvait près de moi était également un fils de profane, un né-moldu.
Je m'approchais alors de lui...
Bibliothécaire : 01.09.45 - 28.10.46 |Professeur d'EdM : 29.10.46 - ...|DDM Serpentard : 15.11.49 - 27.08.50

C’était en août 2020, j’avais onze ans depuis décembre 2019, et je pouvais au bout du compte entrer à Poudlard, enfin, j’y rentrais le mois suivant ; c’était ce que j’eusse compris quand un employé de Poudlard, le professeur Londubat, eut annoncé que Poudlard n’acceptait ses élèves qu’en septembre si et seulement si ces derniers avaient leur onze années de vie accomplies. Il nous avait alors accompagnés sur le mythique Chemin de Traverse, un lieu magique et invisible pour les Moldus dans un premier temps.
Et que dire ? Cela était tout bonnement impressionnant. Il y avait beaucoup de sorciers, tous si saisissants les uns que les autres, mais ce qui retenu mon attention, ce fut Gringotts, la banque du monde magique. Je n’avais jamais vu de gobelin, ayant toujours cru que ces derniers n’eussent été qu’une création des livres de légendes, pourtant — malgré leurs airs particuliers — ils avaient avalisé un échange de livres sterling contre des Gallions ; ce qui me serait nécessaire afin de réaliser au mieux ma scolarité à Poudlard.
Mais ce n’était pas le seul endroit que je découvrirais, non loin de là. D’après les dires du professeur Londubat, il était primordial pour moi d’aller chercher une baguette magique. J’étais un sorcier alors cette baguette devait être présente pour maîtriser parfaitement la magie qui se trouvait en moi.
Je l’eus, donc, suivi vers ce qui semblait être la maison de la baguette magique, l’unique magasin en la matière qui existait sur ce chemin : Chez Ollivander . Je n’étais pas serein du tout, la boutique me paraissait gigantesque alors que la devanture en fût le contraire ; ce qui me rassurait dans ce début d’aventure ce fut que je ne me retrouvais pas tout seul dans ce magasin. Nous étions six du côté des acheteurs : mes parents, le professeur Londubat, un adulte, un enfant et moi-même. Je n’osais pas bouger, mais je pouvais entendre le professeur Londubat entamer une discussion avec l’adulte, de ce que je comprenais, il s’agissait aussi d’un enseignant de l’école. Oui, cela m’annonçait donc que l’enfant qui se trouvait près de moi était également un fils de profane, un né-moldu.
Je m'approchais alors de lui...
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Lancelot ou le chevalier de la Baguette
L’enfant me regarda lorsqu’il sentit mon approche avant de faire quelques pas en arrière. Il était silencieux, presque timide. Je pouvais comprendre, nous ne nous connaissions pas et nous vivions exactement la même situation ; à savoir la découverte de notre « véritable » monde, une société qui nous était inouïe et qui, pourtant, nous acceptait tels que nous étions : des fils de profanes. Il continua à me regarder pendant de longues minutes avant qu’il ne me tende la main dans un geste de politesse. Je fis de même.
— Toi aussi tu es un enfant sorcier, enfin, puis-je dire un « né-moldu » ?
— Oui, répondis-je, je suis un né-moldu. Je m’appelle Lancelot. Lancelot O'Lake !
— Comme le chevalier sous les ordres du Roi Arthur ? Moi, c’est Hector Dawton.
— Tu possèdes aussi un nom de chevalier.
Un sourire était apparu sur son visage tandis qu’il hochait vigoureusement la tête. Il semblait au courant de l’une des origines de son prénom. Nous avions deux points communs, la nature de notre sang, mais non moins l’histoire de nos noms de baptême ; deux grands baillis liés par la moitié de leur liquide écarlate — ils étaient demi-frères. Je ne comprenais pas sa joie, mais je fus presque certain qu’il allait en dire bien plus alors que nos précepteurs de sortie se dirigèrent vers un vieil homme ; sûrement le vendeur de nos futures propriétés magiques.
Hector me fit signe qu’il allait reprendre notre discussion, qui selon moi allait m’en apprendre bien plus sur lui, même si cela effaçait dans un mouvement de revers le « protocole » de la création d’une amitié. Après tout, nous n’étions pas ordinaires, il fallait ainsi appréhender que tout ce que nous sûmes allât tout simplement embrasser un tournant inattendu. Et je pouvais y introduire la camaraderie sous toutes ses formes.
— Lancelot, puisque tu as dit que mon nom était chevaleresque, est-ce que tu es au courant de l’ensemble de l’Histoire de nos perceptions d’antan ? Je veux dire, est-ce que cela est une passion pour toi ou l’une des lubies de tes parents ?
— C’est la deuxième solution, mes parents sont amoureux de l’époque arthurienne, ils n’ont jamais imaginé un autre nom pour moi.
— Sommes-nous ainsi si fortement identiques ? Mes parents sont très férus à l’histoire de ce roi et de ses nombreux chevaliers. Même si je n’y trouve pas de logique à nous baptiser de la sorte… Mais avaient-ils prévu inconsciemment notre destin de chevalier de la magie ?
Sa phrase semblait si naïve, si innocente, mais elle avait tant de réflexions cartésiennes ; une raison que je n’avais pas encore en ma possession ; j’aurais pu dès lors dire que sur l’instant T, je l’enviais d’une certaine manière. Pourtant, je ne pus me retenir de m’esclaffer lorsqu’il prononça ces mots « chevalier de la magie » ; oui, nous allions le devenir, mais qui de nous deux allait bien pouvoir prendre son cas comme exemple pour l’autre, être l’aîné de notre histoire ?
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— Toi aussi tu es un enfant sorcier, enfin, puis-je dire un « né-moldu » ?
— Oui, répondis-je, je suis un né-moldu. Je m’appelle Lancelot. Lancelot O'Lake !
— Comme le chevalier sous les ordres du Roi Arthur ? Moi, c’est Hector Dawton.
— Tu possèdes aussi un nom de chevalier.
Un sourire était apparu sur son visage tandis qu’il hochait vigoureusement la tête. Il semblait au courant de l’une des origines de son prénom. Nous avions deux points communs, la nature de notre sang, mais non moins l’histoire de nos noms de baptême ; deux grands baillis liés par la moitié de leur liquide écarlate — ils étaient demi-frères. Je ne comprenais pas sa joie, mais je fus presque certain qu’il allait en dire bien plus alors que nos précepteurs de sortie se dirigèrent vers un vieil homme ; sûrement le vendeur de nos futures propriétés magiques.
Hector me fit signe qu’il allait reprendre notre discussion, qui selon moi allait m’en apprendre bien plus sur lui, même si cela effaçait dans un mouvement de revers le « protocole » de la création d’une amitié. Après tout, nous n’étions pas ordinaires, il fallait ainsi appréhender que tout ce que nous sûmes allât tout simplement embrasser un tournant inattendu. Et je pouvais y introduire la camaraderie sous toutes ses formes.
— Lancelot, puisque tu as dit que mon nom était chevaleresque, est-ce que tu es au courant de l’ensemble de l’Histoire de nos perceptions d’antan ? Je veux dire, est-ce que cela est une passion pour toi ou l’une des lubies de tes parents ?
— C’est la deuxième solution, mes parents sont amoureux de l’époque arthurienne, ils n’ont jamais imaginé un autre nom pour moi.
— Sommes-nous ainsi si fortement identiques ? Mes parents sont très férus à l’histoire de ce roi et de ses nombreux chevaliers. Même si je n’y trouve pas de logique à nous baptiser de la sorte… Mais avaient-ils prévu inconsciemment notre destin de chevalier de la magie ?
Sa phrase semblait si naïve, si innocente, mais elle avait tant de réflexions cartésiennes ; une raison que je n’avais pas encore en ma possession ; j’aurais pu dès lors dire que sur l’instant T, je l’enviais d’une certaine manière. Pourtant, je ne pus me retenir de m’esclaffer lorsqu’il prononça ces mots « chevalier de la magie » ; oui, nous allions le devenir, mais qui de nous deux allait bien pouvoir prendre son cas comme exemple pour l’autre, être l’aîné de notre histoire ?
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Lancelot ou le chevalier de la Baguette
Hector et moi fûmes dans une intense réflexion ; qui de nous deux allait pouvoir prendre les rênes de ce nouveau rôle ? Qui prendrait l’ascendance sur le suivant ? Qui allait pouvoir se vanter d’avoir été le premier à avoir eu sa baguette entre les mains ? Mais nous ne semblions pas nous être décidés. Ce qui laissait planer une drôle d’ambiance dans la pièce, alors que nos futurs professeurs nous regardassent d’une étrange manière.
Alors incertain, je laissai vaguer mon regard sur ce qui devenait petit à petit un ami — Hector — avant de prendre la parole. Il fallait désamorcer cette bombe de questionnement avant qu’une décision non réfléchie ne prît possession de potentiels regrets.
— Hector. Au lieu de nous faire prendre une décision sur qui deviendrait « chevalier » de la magie ? Peut-être pourrions-nous le faire ensemble dans un temps identique, qu’en penses-tu ?
— Je crois que tu viens de trouver une solution, Lancelot ! Faisons, donc, cela !
D’un pas jumeau, nous prîmes la direction du comptoir. Nous irons ensemble vers cette destinée qui nous unissait — nous, enfants de Moldus — vers ce que nos semblables sans magie ne pourraient, un jour, accomplir.
Nous posions, sur un même tempo, nos mains d’enfançons sur le meuble de bois avant de regarder le marchand qui se trouvait juste face à nos yeux. Nous l’avions décidé, nous accomplirions cette décision.
— Bonjour, Monsieur Ollivander, nous souhaiterions tester — ensemble, en même temps — nos baguettes. Enfin, si vous le souhaitez ! avait-je déclaré.
— C’est bien la première fois que j’entends une demande de cette envergure, mais je vous rassure, cela peut être possible. Cependant, prenez en compte que vous ne pourrez pas être synchronisés sur le choix final de votre baguette. En effet, c’est la baguette qui choisit son sorcier et non l’inverse. Me suis-je ainsi bien fait comprendre, jeunes hommes. Mais, j’aimerais, cependant, connaître vos noms afin de ne pas oublier ce qui vous a été destiné.
— Lancelot O’Lake, Monsieur Ollivander.
— Hector Dawton, pour ma part, Monsieur.
— Voyons donc ce que je peux trouver pour vous, Messieurs Dawton et O’Lake. Veuillez ainsi patienter quelques instants.
Venait-il à peine de produire ce son qu’il partit vers nos substituts de Graal, nos futures possessions, nos baguettes. Il ne semblait pas réfléchir, presque certain de ces dernières. D’un geste souple et vif, il prit entre ses mains deux boîtes longilignes et rectangulaires dans lesquelles l’on pouvait deviner la vive présence de baguettes magiques. À mes côtés, Hector semblait perdre patience et dansait rapidement sur ses deux pieds. Il était excité pour cette expérience, cette découverte, qui lui ouvrirait définitivement le monde sorcier, alors que moi, je prenais mon temps. Je n’avais pas peur du temps qui passait sans que nous puissions en calculer sa valeur passée ; cela n’en avait point la moindre importance. Car comme Ollivander l’eût si bien énoncé : ce n’était point moi qui choisirais ma baguette, mais cette dernière. Alors, je patientais…
— Voici, pour Monsieur Dawton, une baguette de 29,3 centimètres en bois de chêne et en crin de licorne. Et pour vous, Monsieur O’Lake, une baguette de 29,3 centimètres en bois de tremble et en ventricule de dragon. Maintenant, prenez ces baguettes dans votre main dominante et agitez-la !
Hector et moi-même le regardions avant de maintenir nos « baguettes » entre les mains. Nous la bougions comme demandé…
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Alors incertain, je laissai vaguer mon regard sur ce qui devenait petit à petit un ami — Hector — avant de prendre la parole. Il fallait désamorcer cette bombe de questionnement avant qu’une décision non réfléchie ne prît possession de potentiels regrets.
— Hector. Au lieu de nous faire prendre une décision sur qui deviendrait « chevalier » de la magie ? Peut-être pourrions-nous le faire ensemble dans un temps identique, qu’en penses-tu ?
— Je crois que tu viens de trouver une solution, Lancelot ! Faisons, donc, cela !
D’un pas jumeau, nous prîmes la direction du comptoir. Nous irons ensemble vers cette destinée qui nous unissait — nous, enfants de Moldus — vers ce que nos semblables sans magie ne pourraient, un jour, accomplir.
Nous posions, sur un même tempo, nos mains d’enfançons sur le meuble de bois avant de regarder le marchand qui se trouvait juste face à nos yeux. Nous l’avions décidé, nous accomplirions cette décision.
— Bonjour, Monsieur Ollivander, nous souhaiterions tester — ensemble, en même temps — nos baguettes. Enfin, si vous le souhaitez ! avait-je déclaré.
— C’est bien la première fois que j’entends une demande de cette envergure, mais je vous rassure, cela peut être possible. Cependant, prenez en compte que vous ne pourrez pas être synchronisés sur le choix final de votre baguette. En effet, c’est la baguette qui choisit son sorcier et non l’inverse. Me suis-je ainsi bien fait comprendre, jeunes hommes. Mais, j’aimerais, cependant, connaître vos noms afin de ne pas oublier ce qui vous a été destiné.
— Lancelot O’Lake, Monsieur Ollivander.
— Hector Dawton, pour ma part, Monsieur.
— Voyons donc ce que je peux trouver pour vous, Messieurs Dawton et O’Lake. Veuillez ainsi patienter quelques instants.
Venait-il à peine de produire ce son qu’il partit vers nos substituts de Graal, nos futures possessions, nos baguettes. Il ne semblait pas réfléchir, presque certain de ces dernières. D’un geste souple et vif, il prit entre ses mains deux boîtes longilignes et rectangulaires dans lesquelles l’on pouvait deviner la vive présence de baguettes magiques. À mes côtés, Hector semblait perdre patience et dansait rapidement sur ses deux pieds. Il était excité pour cette expérience, cette découverte, qui lui ouvrirait définitivement le monde sorcier, alors que moi, je prenais mon temps. Je n’avais pas peur du temps qui passait sans que nous puissions en calculer sa valeur passée ; cela n’en avait point la moindre importance. Car comme Ollivander l’eût si bien énoncé : ce n’était point moi qui choisirais ma baguette, mais cette dernière. Alors, je patientais…
— Voici, pour Monsieur Dawton, une baguette de 29,3 centimètres en bois de chêne et en crin de licorne. Et pour vous, Monsieur O’Lake, une baguette de 29,3 centimètres en bois de tremble et en ventricule de dragon. Maintenant, prenez ces baguettes dans votre main dominante et agitez-la !
Hector et moi-même le regardions avant de maintenir nos « baguettes » entre les mains. Nous la bougions comme demandé…
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Lancelot ou le chevalier de la Baguette
Rien ne vint. Aucun de nos gestes n’eut pour effet d’allumer une connexion avec la baguette qui nous fut présentée. J’en étais déçu, mais cela ne valait pas la démoralisation de Hector. Il en paraissait dévasté, son visage semblait même brisé. Il ne maîtrisait pas ce qu’il se passait, pourtant, il avait été prévenu : ce n’était pas nous qui élisions notre baguette, mais l’inverse.
Je reposai, dans cette fatalité, la baguette sur le comptoir avant de regarder une nouvelle fois mon récent ami. Je me devais de le rassurer.
— Tu sais, Hector, ce n’est pas grave. Une autre baguette nous choisira bien. Il ne faut pas le prendre mal. Nous allons pouvoir pratiquer la magie, ce n’est pas parce qu’une baguette nous refuse qu’une tierce en fera de même. Nous devons continuer à espérer et ne rien lâcher. D’accord ?
— Oui, je sais bien, mais je pensais qu’on allait tomber sur la correspondante de manière directe.
— Allons, messieurs, j’ai d’autres baguettes qui peuvent faire de vous leur maître. Je vais d’ailleurs vous en chercher deux nouvelles.
L’eut-il dit qu’il fût déjà dans le rayonnage de son arrière-boutique ? Cet homme semblait si certain de ses paroles qu’il me paraissait voir comme des louanges. Après tout, il vivait son métier, en avait tant donné à de divers sorciers. Il connaissait les baguettes, leur potentiel caractère et tout ce qu’elle pouvait apporter au maître sorcier qu’elle légitimerait. Oui, nous ne pouvions que patienter, même si cela se présentait dur et compliqué pour des enfants de notre âge.
Je pouvais voir — depuis ma petite position — ses gestes de recherche, tous précis, précautionneux envers les objets qu’il eut fabriqués comme s’ils étaient les enfants qu’il aurait vraisemblablement toujours voulus ; c’était le principe de construction ; tout ce que l’on créait était une progéniture à choyer jusqu’à son départ. Alors, oui, ce ressenti m’était légitime. Une première boîte fut dans sa main tout comme la seconde avant qu’il ne nous rejoignît, un sourire étrangement satisfait sur son visage.
— Messieurs O’Lake et Dawton, voici ce que je pense être vos baguettes. Pour vous, Monsieur Dawton, une baguette de 25,8 cm en bois de houx et en crin de sombral. Monsieur O’Lake, voici pour vous, une baguette de 22,9 cm en bois de cenellier et en ventricule de snallygaster.
Nous nous regardâmes avant de les prendre, même si j’eus l’étrange impression que ces dernières ne seraient pas celles qui nous iraient, comme le furent les précédentes ; ce qui n’aurait point été un avantage pour Hector. Lui, il la souhaitait à tout prix ; une vie dépendante du destin. Normal, nous n’étions que des enfants. Alors, nous les essayâmes sans autant de succès…
Quelle serait la baguette qui nous délivrerait de l’infâme supplice ?
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Je reposai, dans cette fatalité, la baguette sur le comptoir avant de regarder une nouvelle fois mon récent ami. Je me devais de le rassurer.
— Tu sais, Hector, ce n’est pas grave. Une autre baguette nous choisira bien. Il ne faut pas le prendre mal. Nous allons pouvoir pratiquer la magie, ce n’est pas parce qu’une baguette nous refuse qu’une tierce en fera de même. Nous devons continuer à espérer et ne rien lâcher. D’accord ?
— Oui, je sais bien, mais je pensais qu’on allait tomber sur la correspondante de manière directe.
— Allons, messieurs, j’ai d’autres baguettes qui peuvent faire de vous leur maître. Je vais d’ailleurs vous en chercher deux nouvelles.
L’eut-il dit qu’il fût déjà dans le rayonnage de son arrière-boutique ? Cet homme semblait si certain de ses paroles qu’il me paraissait voir comme des louanges. Après tout, il vivait son métier, en avait tant donné à de divers sorciers. Il connaissait les baguettes, leur potentiel caractère et tout ce qu’elle pouvait apporter au maître sorcier qu’elle légitimerait. Oui, nous ne pouvions que patienter, même si cela se présentait dur et compliqué pour des enfants de notre âge.
Je pouvais voir — depuis ma petite position — ses gestes de recherche, tous précis, précautionneux envers les objets qu’il eut fabriqués comme s’ils étaient les enfants qu’il aurait vraisemblablement toujours voulus ; c’était le principe de construction ; tout ce que l’on créait était une progéniture à choyer jusqu’à son départ. Alors, oui, ce ressenti m’était légitime. Une première boîte fut dans sa main tout comme la seconde avant qu’il ne nous rejoignît, un sourire étrangement satisfait sur son visage.
— Messieurs O’Lake et Dawton, voici ce que je pense être vos baguettes. Pour vous, Monsieur Dawton, une baguette de 25,8 cm en bois de houx et en crin de sombral. Monsieur O’Lake, voici pour vous, une baguette de 22,9 cm en bois de cenellier et en ventricule de snallygaster.
Nous nous regardâmes avant de les prendre, même si j’eus l’étrange impression que ces dernières ne seraient pas celles qui nous iraient, comme le furent les précédentes ; ce qui n’aurait point été un avantage pour Hector. Lui, il la souhaitait à tout prix ; une vie dépendante du destin. Normal, nous n’étions que des enfants. Alors, nous les essayâmes sans autant de succès…
Quelle serait la baguette qui nous délivrerait de l’infâme supplice ?
Bibliothécaire : 01.09.45 - 28.10.46 |Professeur d'EdM : 29.10.46 - ...|DDM Serpentard : 15.11.49 - 27.08.50
Lancelot ou le chevalier de la Baguette
Le temps nous sembla durer une éternité. Combien d’essais avions-nous effectués ? Une infinité. Et cela commençait à entacher notre joie d’évoluer en tant que sorciers ; pour moi, Hector raisonnait d’un esprit cartésien. Peut-être avions-nous trop espéré pour en posséder une ? Peut-être que tout simplement aucune de ces baguettes ne nous considérait comme légitimes à en devenir maître.
Pourtant, les deux premières baguettes qui nous furent présentées s’enracinaient sur le comptoir. Pourquoi ne nous les dépeignait-il pas dans une inversion ? Dans les faits, j’aurais bien voulu tester la première baguette qu’eut mon ami entre ses mains, comme un échange équivalent : une baguette pour une autre baguette d’une même valeur. Cela en était le principe.
Mais cela ne semblait guère être admissible pour ce monde ; du moins, ce fut ce que je pensais à l’âge de onze ans. Je ne requérais pas voir nos chances devenir maigres. Je ne désirais pas imaginer ce peuple m’ouvrir ses bras pour finalement me rejeter comme un étron animalier dont la somme ne pouvait plus dépasser le revenu d’un écu.
Je regardais donc Hector avant de soupirer avec ce dernier quand un nouvel essai fut réduit à zéro. Monsieur Ollivander nous toisa dès lors avant de prendre les deux premières baguettes que nous eûmes testées et nous les installa entre nos mains.
— Peut-être aurais-je dû vous les interchanger dès le début, mais je n’en étais pas certain. Faites donc le mouvement de baguettes.
Hector et moi-même nous munîmes de ces baguettes et les remuâmes dans un geste bref, vif pour au bout du compte remarquer deux filets de magie en sortir. Celui de mon ami fut d’un argent miré par des effets magenta, tandis que mon rai était opulence aux reflets rougis. Ces couleurs me semblaient si familières — ce n’est qu’après que j’en fis un lien ; les armoiries de Lancelot du lac étaient d’argent à trois bandes de gueules — mais je m’en désintéressais, car cela était à présent officiel ; Hector et moi-même étions enfin des apprentis, de futurs chevaliers de la Baguette.
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Pourtant, les deux premières baguettes qui nous furent présentées s’enracinaient sur le comptoir. Pourquoi ne nous les dépeignait-il pas dans une inversion ? Dans les faits, j’aurais bien voulu tester la première baguette qu’eut mon ami entre ses mains, comme un échange équivalent : une baguette pour une autre baguette d’une même valeur. Cela en était le principe.
Mais cela ne semblait guère être admissible pour ce monde ; du moins, ce fut ce que je pensais à l’âge de onze ans. Je ne requérais pas voir nos chances devenir maigres. Je ne désirais pas imaginer ce peuple m’ouvrir ses bras pour finalement me rejeter comme un étron animalier dont la somme ne pouvait plus dépasser le revenu d’un écu.
Je regardais donc Hector avant de soupirer avec ce dernier quand un nouvel essai fut réduit à zéro. Monsieur Ollivander nous toisa dès lors avant de prendre les deux premières baguettes que nous eûmes testées et nous les installa entre nos mains.
— Peut-être aurais-je dû vous les interchanger dès le début, mais je n’en étais pas certain. Faites donc le mouvement de baguettes.
Hector et moi-même nous munîmes de ces baguettes et les remuâmes dans un geste bref, vif pour au bout du compte remarquer deux filets de magie en sortir. Celui de mon ami fut d’un argent miré par des effets magenta, tandis que mon rai était opulence aux reflets rougis. Ces couleurs me semblaient si familières — ce n’est qu’après que j’en fis un lien ; les armoiries de Lancelot du lac étaient d’argent à trois bandes de gueules — mais je m’en désintéressais, car cela était à présent officiel ; Hector et moi-même étions enfin des apprentis, de futurs chevaliers de la Baguette.

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