RPG+ Un Souffle dans le Silence PV

@Siam Vostra
avril 2045

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Elle ferme les yeux et se penche en arrière, n'attendant aucun bras, là, pour la rattraper. Rien excepté l'eau et le soulagement de lâcher prise.


Il fait chaud. Une chaleur étouffante pour un mois d'avril. Une chaleur étouffante pour une personne n'aimant pas étouffer. Et dehors, le monde court. Les élèves vivent tout leur soûl. Le bruit bat son plein, brisant la douce brise de l'après-midi, faisant fuir le silence. Ce silence précieux dont personne ne veut, dont personne ne reconnait à sa juste valeur.
Le Silence. La plus belle mélodie de la Vie.

Je ne sais même plus pourquoi je suis sortie du château, au gré du bruit des Autres et de la chaleur, deux choses qui me répugnent. Je marche, le pas las, vers le lac. Cette grande étendue d'eau, abritant bien plus de spécimens qu'il pourrait laisser paraître. Un trou plein de vie. J'aimerais bien y vivre, là, en bas. Protégés de tout mouvement des Autres, plongés dans un océan de silence, avec pour unique séparation une fine couche de surface lisse.

Arrivée à son bord, je m'y approche, Âme silencieuse avançant telle une Ombre. Je contemple la surface de l'eau. Je m'y suis souvent comparée, à cette surface. Lisse, neutre, sans pli, calme, sans colère. Et si facilement brisable. Une pichenette peut tout faire valser. Comme je vais le faire maintenant.
*dès maintenant*
Je suis... *destructrice*

Le visage neutre, les yeux clos, je respire l'air de la Vie. Mais il sent mauvais.
Trop d'monde. Trop d'bruit. Trop d'mouvement. Trop d'imbéciles.
Qu'ils aillent tous au diable. Je me contenterai de les regarder d'ici. De ma petitesse.

Grande inspiration.
Grande expiration.
Grand coup dans l'épaule.

« Ah ! 'Scuse-moi ! »

Mes sourcils se froncent. Mon calme aussi. Qu'ils se taisent. Tous. Le son de leur voix et de leurs éclats de rire sont un vacarme assourdissant à mes oreilles. L'Autre est déjà loin, parcourant le parc avec ses amis. Mais son bruit résonne encore dans mes tympans. Mon épaule ressent encore ce contact éphémère mais brutal. Il est entré dans mon espace sans frapper, à l'exception de mon corps. Ma langue claque contre mon palais.
Je me retourne, dos à la surface calme. Je les vois, tous, courir, rire, parler, lire.

Et moi ?
*et toi*
Je suis simplement libre. Rien ne me retiens. Rien ne m'empêche. Rien.
Je pourrais me jeter à l'eau que personne ne ferai quoique ce soit. Libre.
La liberté se fait rare en ce moment.

Mes bras se lèvent, de chaque côté de mon corps, à l'image d'un ange. *ange déchu*
Mes paupières se ferment.
Trop d'bruit.
Le lac, il est calme.
Le lac, j'ai toujours voulu y vivre.
Le lac, c'est lui qui me rattrapera.

Je tombe.
En un souffle.
En un silence.
En une seconde qui en paraît dix.

Le contact est frais. Froid, même. L'eau s'insinue dans mes vêtements, dans mes cheveux emmêlés, entre mes lèvres soudées et mes paupières closes. Mais je ne réagis pas. Je ne bouge pas.
Je ne suis qu'une simple élève, seule, s'amusant à faire la planche au beau milieu du lac en plein mois d'avril.
*il n'en est rien*
Non, j'apprécie ce que j'entends.
Les tympans sous l'eau, je n'entends rien.


Plume, j'espère que ce premier pas t'inspirera

Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.

RPG+ Un Souffle dans le Silence PV


Panser nos ventres et nos cœurs, se baigner de lueur
Se rappeler qu'on est vivant, qu'on est pas grand-chose
Et qu'on s'apprend les uns des autres.

Tim Dup - Vendredi Soir



Un souffle dans le Silence
Le lendemain de La porte des Échos
Fin avril 2045, l'Après-Midi
Lac
Privé avec Eldarya Gwyneth


Comprendre, comprendre ce qui fait de moi ce que je suis. Apprendre aussi, que tout ne se passe pas forcément selon nos souhaits. Apprendre que la vie est une répétitions de joies et de souffrances, surtout de souffrances. Apprendre que ce que je croyais être mon seul échappatoire peut lui aussi me glisser entre le doigts à la manière des grains de sable. Que je ne pourrais jamais garder au creux de ma paume, qui m'échapperont toujours. Quoi que je fasse.

Mon Violoncelle. Mort. Comme moi, à cause de moi. Qu'est-il de plus douloureux que cela ? Une multitudes de choses bien évidemment, et pourtant dans l'instant cela l'est bien trop. Ses Échos hurlent encore leurs soupirs stridents dans chacun de mes organes. Sur chaque parcelle de ma peau, je les sens m’ hérisser toute entière. Ils m'ont hantés toute la nuit, au creux de mon insomnie, me hanteront toute la vie. Je voudrais disparaître, partir loin, dans un endroit que personne ne connait réellement. Ou bien m'enfermer dans le cœur d'Alaska, fermer les yeux et me laisser bercée par ses battements qui prouvent qu'elle est en vie. Tandis que moi je ne serais que la mort. Au creux de sa poitrine, les Échos ne pourraient pas m'atteindre. Je serais protégée.

Les Débris sont proches, je le sais, j'y suis retournée. J'ai regardé une dernière fois les morceaux de bois qui formaient autrefois une partie de moi. Aucune larme n'est venue glisser le long de mes joues, la douleur était trop forte pour cela. Trop forte pour pleurer. J'ai ramassé chacun de ses Débris, humides d'avoir trop frissonné dans la nuit de sa mort, je les ai déposés dans ce sac de toile mauve ou je rangeais mes partitions. Et je suis repartie, vers le château.

Mais c'est au lac que mes pas me mènent pourtant. Ils font bruisser l'herbe sous mes pieds, à la manière d'une feuille de papier que l'on froisserait dans sa main. Le lac s'étend là lui aussi, à quelques mètres. Immobile. Immense étendue d'eau glacée dont la surface ne laisse rien deviner de ses profondeurs. Qui sait ce qu'il s'y cache réellement ? Le vide peut-être, à la fois effrayant et fascinant. Qui me hurle de me tenir loin de lui et le rejoindre dans le même temps. J'aimerais imaginer que tout y est calme et silencieux, comme ce jour là. Il y a sept moi, il y a des années, le Rien, l'Eau tout autour et ce désir, d'y rester. Au fond. Mais une gamine avait été là pour m'empêcher de rejoindre le calme si attirant des sombres profondeurs de cette étendue qui transformait désormais le château en île inaccessible.

La lac, quelqu'un y tombe, une fille. Je ne bouge pas, je crois que c'est moi cette fille. Qui chute. La surface se trouble un instant, des ondes s'étendent autour de l'endroit ou la fille a disparu sous l'eau. Elle n'est pas moi. Elle est étendue là, sur le dos. Morte, presque. Elle est moi. Je ne sais plus. Elle est Nous. Nos cheveux flottent autour de notre tête, nos vêtements, rendus plus transparents par l'eau semblent planer autour de nos membres. Je me vois dans Elle, dans Toi.

Je me sens arracher à notre corps par une pesanteur douloureuse. Non, arracher de ton corps, à son corps, je suis moi. Pas toi, pas elle. Mes pieds semblent collés au sol par une force que je ne comprends pas, je ne sens plus mon cœur battre douloureusement dans ma poitrine. Je ne comprends pas ses sentiments qui m'ont attrapés il y a quelques instants. Se baigne t'elle ? Habillée, Morte. Peut-être...



Mes excuses pour ce retard... J'espère du au profond de mon coeur que ce Pas puisse te convenir. C'est un plaisir d'écrire avec toi Plume. Merci.

Soucis IRL : Absence presque totale en ce moment, retard Rp. Privilégiez les hiboux si besoin.
« Il y a un moment où les mots s'usent. Et le silence commence à raconter » -Khalil Gibran-

RPG+ Un Souffle dans le Silence PV
Écoute.
Écoute ce Silence que rien ne vient briser. Écoute la mélodie de la vie assourdie par les mouvements de l’eau.
Écoute. C’est si beau.

Tout se calme. Tout se vide. Et je flotte au-dessus d’un univers, univers que je ne comprends pas, qui ne me comprend pas. Tout n’est que brouillard, brume épaisse ne cessant de m’aveugler les yeux et l’esprit. Alors me voilà sous l’eau, dépassant toutes mes incompréhensions et mes doutes. Je nage, je vole. Je flotte. Et plus rien ne me touche, rien à part l’eau. Son contact m’apaise.

Les battements de mon cœur parviennent à mes oreilles, à mon cerveau. Je suis vivante, bel et bien. Vivante. Humaine ? Je ne sais pas, mais je vis et c’est tout ce qui m’importe. L’écho de mon cœur vibre partout en moi et j’imagine la surface de l’eau frémir en rythme. Oui, j’existe. Et à ce moment, plus rien n’importe. Rien, pas même les regards que je sens posés sur moi. Pas même les moqueries de certains enfants pour qui différence rime avec démence. Rien.
À ce moment, je n’existe que pour moi-même. Au diable les Autres. Au diable le monde. Je ne souhaite que la paix, le lac et le silence. Avec tous ces éléments réunis, je ne peux qu’accepter ce Paradis qui m’est offert.

Les ondulations que les petites vagues du lac infligent à mon corps se font de plus en plus rapides et brutales. Me voilà retournée sur terre. Il s’est lassé de moi et m’a ramené là où je dois vivre. Sur la terre ferme, pas dans l’eau. Alors mes paupières se rouvrent et mes pupilles tombent dans celles d’une enfant immobile, debout à quelques mètres de moi.
Elle semble perdue. Livide.
La sérénité que cette douce berceuse m’a offert pendant quelques instants, j’aurai presque envie de la partager avec cette Âme en péril. Parce qu’elle l’est. Je l’entends, je le sens. Une Ombre, une Brume, une Brise… qui se brise.

Mes bras me redressent et m’assoient au sol. Je trône au beau milieu de tissus imprégnés d’eau. Mes paumes passent doucement sur mes joues et mes yeux, les soulageant de la crasse que le lac avait déposé. Je l’observe toujours et lui lance un sourire en coin. Il est faible mais bien là. Je le lui dois, elle a tout l’air d’avoir aperçu un fantôme, une mort future, un miroir peut-être ?


  • J’suis pas morte, je vais bien.

Simple constat d’une voix étrangement douce.
« Je vais bien »
Comment quelqu’un de sensé pourrait croire ça ? Aller bien, c'est aller droit, comme les autres. Alors non, je ne vais pas bien.

@Siam Vostra Mon dieu mon dieu. Presque deux mois. Est-ce que des excuses seront suffisantes ? En tout cas je m'excuse, Plume. Et j'espère que ces quelques mots te plairont.

Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.

RPG+ Un Souffle dans le Silence PV
Confusion.
Je ne comprends plus, je ne sais plus, je ne discerne plus les contours de mon propre corps. Ils se floutent, se confondent avec les reflets bleutés, presque noirs du lac. Je suis vide, et pleine dans le même temps, envahie par les émotions d'une autre. Suis-je devenue toi quelques instants ? Avais-je à ce point besoin de me sentir engloutie par les eaux obscures du lac pour que mon esprit s'insinue dans celui d'une parfaite inconnue ?

Il en reste des traces, une partie de moi est encore en elle, je sens réellement la froideur du liquide trouble contre ma peau, sur mes joues, autour de moi la lourdeur des vêtements imbibés de l'eau du lac. Je passe une main sur mes paupières, laissant l'obscurité m'emporter un instant. Elles sont sèches, mon visage est sec. Je suis toujours sur la rive, immobile, et pourtant je suis là bas, dans l'eau. Avec cette fille, dans cette fille.

C'est tellement étrange, d'être quelqu'un d'autre... De sentir des émotions qui ne m'appartiennent pas dans mon propre corps, pourtant elles sont si faibles, si confuses, elles se mélangent entre elles et je ne parviens pas bien à les discerner. Ma tête tourne mais ce n'est pas désagréable. Pour une fois je me sens bien.

Doucement, délicatement, je me sens tirée du corps étranger et je retrouve les sensations de ma propre enveloppe.
Je suis tellement plus lourde, tellement plus pesante, je préférais être dans l'eau aux côtés de l'autre fillette. J'ai mal dans mon cœur, dans ma tête, je pense que je vais la rejoindre. Corporellement, je veux dire. J'aimerais bien me jeter dans le lac, me laisser envahir par le calme, faire disparaître la douleur à jamais. Mais je ne bouge pas, mes jambes refusent de m'obéir. Alors je reste là à regarder la fille sortir de l'eau, rejetée par le lac sur la rive. Je la regarde se relever en position assise, je la regarde me regarder. Mes yeux semblent regarder dans le vague, je ne la fixe pas mais je la vois, au sein même de mon champ de vision.

Je la regarde me parler, et je crois même que je l'entends, j'entends ses mots de sa voix posée. Elle n'est pas morte, c'est ce qu'elle me dit. Si elle me le dit c'est qu'elle ne l'est pas. Mais je sais qu'on peut-être mort à l'intérieur de soi sans que cela se voit. Et cette fille, j'avais beau être dans son corps il y a quelques instants seulement, sa couverture et parfaite. Je ne lis rien, je ne vois rien, incapable de deviner ses émotions. Alors même que tout à l'heure je nageais au sein de ce que je crois être ses ressentit. Elle me dit qu'elle va bien, je ne sais pas si c'est important ou pas, je sais pas si je suis rassurée ou si je m'en fiche complétement. Je ne sais pas si c'est vrai. Je n'ai pas l'impression que ce soit si naturel que ça d'aller "bien".

Je ne sais pas vraiment quoi répondre, je suis encore à quelques mètres d'elle, mais guère plus. Pourtant quelques mots franchissent mes lèvres : " J'étais dans toi, dans nous..."
A peine un filet de voix, un murmure. Il était impossible que la fille aie pu entendre. C'est peut-être mieux, elle me prendrait pour une folle.

Je m'approche de la berge, sans vraiment l'avoir décidé, mes jambes me portent seules. Pourtant prudemment. Dans ma main droite, mon sac de toile mauve pèse douloureusement, même si j'essaye d'éloigner le plus possible mon esprit de ce qu'il contient.

Je reprends d'une voix normale, quoi qu'un peu hésitante. "Nan. Nan, j'crois pas que tu sois morte." Et quelques Échos suivirent ma voix "T'aurais voulu ?" Je sais qu'ils l'ont atteint, mais je n'aurais pas du dire ça. Je n'aurais pas du. Je voudrais partir loin d'ici, pourtant je n'ai jamais eu aussi envie de rester pour voir la suite. La suite...



Pardonne moi pour ce retard... Un hibou arrivera dans ta volière d'ici quelques jours pour apporter quelques précisions. J'espère que ce Pas sauras tout de même te plaire.

Soucis IRL : Absence presque totale en ce moment, retard Rp. Privilégiez les hiboux si besoin.
« Il y a un moment où les mots s'usent. Et le silence commence à raconter » -Khalil Gibran-

RPG+ Un Souffle dans le Silence PV
La vie est un mystère, un chemin arpenté de questionnements et de surprises. Celui ou celle qui m'aurait dit que je discuterai avec une fille au sortir du lac, trempée jusqu'aux os, de sujets tels que la mort et la difficultée de vivre et survivre dans ce monde, jamais, ô grand jamais je ne l'aurais cru.
Dans un rêve, peut-être en aurais-je été capable ? Peut-être est-ce un rêve oublié que je vis actuellement ?
*Douce Brise, Brise brisée, es-tu réelle ?*

Elle paraît lointaine, perdue dans les méandres de sa tristesse. C'est gris, autour d'elle. Elle est entourée d'une brume épaisse, et je me demande alors comment fait-elle pour y voir clair.
Sa question me ronge les os, l'esprit et les pores.
Elle me ronge, car je ne connais pas la réponse. Mon sourire, déjà faible, s'évanouit et un long soupir prend sa place. Comment une question de trois mots peut-elle être si complexe ?
*T'aurais voulu mourir, ou pas ? C'est simple comme question. La mort ou la vie ?*
La mort, inconnue, noire, triste, mais libre et facile, ou...
La vie, belle, transcendante, mais injuste et infiniment difficile ?

Et toi, qu'aurais-tu choisis ?

Finalement, la réponse me vient telle une évidence.
Non.

  • À quoi ça sert de mourrir, si on peut vivre ?

Mais à quoi ça sert de vivre, si on ne le veut plus ?
Mes yeux se tournent vers l'étendue d'eau dans laquelle trempent encore la moitié de mon corps, puis se lèvent vers le ciel.


  • Si je meurs, comment je pourrais supporter de plus rien voir ? Comme je pourrais supporter de plus rien entendre ? La vie... c'est...

Je soupire à nouveau, tentant de mettre une définition claire sur ce mot.


  • La chose la plus difficile dans c'monde, c'est d'y vivre. Mais, la mort c'est juste trop facile et tu peux pas en revenir.

Mes yeux se reposent dans les siens.


  • Nan, j'aurais pas voulu mourir. Mais parfois le silence de la mort m'attire et je m'y sens bien. Parfois, je voudrais ouais. Mais faut pas. Faut pas céder à ça. Si t'es là, c'est pour quelque chose.

Je relève mes jambes afin d'y poser mes bras et mon menton. Je ne pensais pas éclairer de tels propos au grand jour, qui plus est devant une autre Âme. Après tout, qui n'aurait pas été surprise par la présence d'une enfant faisant la planche toute habillée au beau milieu d'un lac ?


  • Et si tout ça était en fait la mort ? Si ça se trouve on est dans l'Enfer de notre vie passée.

Un petit rire amer traverse mes lèvres. Je commence à dire n'importe quoi. Peut-être devrais-je retourner dans mon lac, au beau milieu des réfléxions et du silence.


Je m'excuse du retard, en espérant que ça te plaira ! (ce genre de sujet de conversation hyper joyeux, on aime)

Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.