Le nom

  • Chapitre 3
  • Chapitre 4

❔

Un nom. Tout le monde porte un nom! Les Hommes, même après s'être nommés ont même nommé les choses qui les entouraient.

Un nom… C'est pratique un nom, quand on t'appelle tu sais que c'est toi qu'on appelle et pas la personne à côté. Enfin, sauf si vous portez le même nom, mais là, il faut aller se plaindre aux Humains qui porte le nom de tes parents.
Un nom… C'est joli, les Hommes font toujours preuve de plus d'imagination pour trouver un prénom unique, que personne d'autre n'aura. Et puis, ça règle le soucis cité ci-dessus au moins! Ils sont intelligents les Hommes… Mais ils n'auraient pas besoin de faire des recherches pour trouver un nom compliqué et original, s'ils privatisaient les noms, personne n'aurait le même. C'est aussi une façon de régler notre premier problème non? Mais il y a vraiment beaucoup d'Hommes… Ce que ça en ferait des noms!
Un nom… Ça peut même raconter une histoire! La première guerre des sorciers… Ça vous parle hein? Sinon, il y a le nom d'un livre, quand on en lit un, son nom nous rappelle l'histoire.
Un nom… Tout le monde a un nom, et il y en a même qui en ont plusieurs! Un premier nom, un deuxième, un troisième… Et même qui en a qui ont deux noms pour en faire un!

Ouais, les noms, tout le monde en a au moins un, et puis, c'est ce qu'on demande en premier "comment tu t'appelles ?", "comment s'appelle cet objet ?", "c'est quoi le nom du truc déjà ?" …

Mais, et moi alors? Ceux comme moi se sont fait nommer fantôme, spectre, esprit par les Hommes. Mais personne ne peut me dire mon nom. Personne.
Alors comment saurai-je si on m'appelle? Comment savoir qui je suis, si je ne sais pas moi-même? Mon nom, j'en ai besoin.
Dernière modification par Nélya Marks le 28 juil. 2021, 17:37, modifié 3 fois.

Quand y'a des PBM, y'a la KAN qui s'en mêle !
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Le nom
↬ Chapitre 1 ↫



Des tableaux, des portraits tous trop bavard… Mais tous nommés.

Des fantômes, errants dans les couloirs… Mais tous nommés.

Des pièces, remplies d'histoires… Mais toutes nommées.

Tout ici, à un nom. Mais moi, suis-je trop misérable pour en mériter un? Depuis le temps que j'erre dans les couloirs de Poudlard, je connais un tas de noms. Je connais leurs histoires. Mais depuis tout ce temps, personne ne connait le mien.
D'ailleurs, depuis combien de temps suis-je ici? Est-ce que je dois compter en année? En siècle? En millénaire? N'osant pas m'approcher des miroirs, ou demander aux autres fantômes à quoi je ressemble, j'ai oublié.
Je crois que je suis une fille… Mais c'est tout. Je ne me souviens de rien d'autre. Mais par contre, je me souviens qu'au moment où les tableaux grommèlent à cause de la lumière les réveillant, les élèves sortent du lits et se mettent à grouiller partout. Il n'y a plus un endroit de libre! Pourquoi ne pas faire une salle réservée au fantômes? Tous ici n'aime pas les vivants. Et hors de question d'aller dans les souterrains. Cet endroit… Il me donne des frissons. Enfin façon de parler.

Mince, j'ai trop tardée. Une marrée d'élève de jaune et noir vêtu passe juste devant moi. Cette fois, c'était juste, j'aurai à peine eu le temps de reculer dans un mur. Et tandis qu'ils s'éloignent tous en papotant et baillant, je quitte les pierres en soupirant.

-Bon sang… Où je vais aller moi?

me questionnant à voix haute, je détourne les yeux du couloir où se sont enfoncés les élèves de Poufsouffle laissant tomber mon regard… Sur un élève de Poufsouffle.

Mes yeux s'écarquillèrent sitôt que je réalisa la chose. Et lui semblait tout autant surpris que moi. Mais le jeune n'eut que le temps d'ouvrir les lèvres que je disparu aussitôt en me dirigeant droit vers un mur à sen opposé. Bon sang! Mais qu'est-ce qu'il faisait encore là?!

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Le temps s'est écoulé depuis la frayeur de ce matin. Il doit être au alentour de midi je crois? Et puis, quelle importance au final? Le temps, ce n'est pas mon problème.

Errant dans la salle de bal, je tournoi sur moi-même, le yeux rivés sur le plafond.
Mon plus vieux souvenir se passe ici. La chose la plus vielle dont je puisse me souvenir est ce plafond. Peut-être que je dansais souvent avant? Je ne sais pas, mais j'aimerai savoir…

Un bruit lourd résonna soudainement dans la salle, attirant aussitôt mon regard vers l'entrée. Mais pourquoi devais-je voir des vivants aujourd'hui? Et deux fois le même en plus! Un souffle exaspéré passa mes lèvres avant que je ne me retourne vers un mur pour m'en aller.

-Hé, attends! Désolé je voulais pas …

Et tandis que je m'éloignais, des bruits de pas pressés se rapprochaient . Non, était-il vraiment en train de me suivre? Alors que cette absurdité me passa en tête, le sorcier fit son apparition devant moi, et je m'arrêta aussitôt à cause de la surprise.

-Je voulais pas te déranger! Mais j'étais curieux, c'est la première fois que je te vois.

Et alors? Pourquoi avait-il besoin de venir me chercher jusqu'ici?

-Hum, tu comptes juste me regarder comme ça? Non mais c'est vraiment flippant hein.

A nouveau surprise je fronçai les sourcils en papillonnant des yeux. Mais pourquoi… Pourquoi était-il venu? Ne pouvait-il pas faire comme s'il ne m'avait pas vu?

-... S'teuplait, dit quelque chose. C'est… gênant sinon. Tu trouves pas?

Bien décidée à retrouver la paix, je continua à simplement le fixer .

-...Ok… Ah! Mais tu parles peut-être pas anglais? Hum… ℬonjour? ℬaguette? Heu..


Mais…Qu'est-ce que... Sans plus pouvoir me retenir, je me mis à rire à gorge déployer. Je riais et riais si fort, que ça me paraissait anormal.

-Ahahahah! Oh bon sang! Mais qu'est-ce que c'est que ça?

Sur son visage, un sourire fier et rassuré fit son apparition, se collant à ses traits.

-Au moins, je t'ai fait parler.

A cette remarque, j'aurai voulu me taire. M'arrêter de rire, mais j'en étais incapable. C'était comme un soulagement, comme si mon corps n'avait attendu que ça depuis des siècles. Rire. J'avais oublié ça aussi.
Mais finalement, après de longues minutes à rire sous le sourire idiot du jeune garçon de Poufsouffle, je parvins enfin à me calmer et à le regarder sans avoir une irrésistible envie de rire.

- C'est la première fois que je te vois. Tu te caches en général?

-Oui. Et... ça fait... Bien longtemps que je n'ai pas parlé avec quelqu'un. Et encore plus avec un vivant.

-Woah... C'est pour ça ce matin... Mais, comment tu t'appelles?

Evidemment. Quand on rencontre quelqu'un, on demande son nom… Parce que tout le monde a un nom...

-... Je ne sais pas.

-Comment ça?

-Je ne sais plus qui je suis. Mon nom, je l'ai oublié.

-Je vois... Alors je peux t'appeler Risette?

-Risette?

-Ouais! Je suis le premier à qui tu parles depuis longtemps. Et j'imagine que ça fait longtemps aussi que tu n'as pas ris non? Alors avec ce nom, tu n'oublieras pas que tu peux rire. Risette.


L'espace d'un instant, j'eu l'impression, d'avoir sentit mon cœur rater un battement en l'écoutant. Il voulait me nommer? Moi? Me donner un nom?

-Je vois... Risette... Et toi , comment tu t'ppelles?

-Moi?

il se tut l'espace d'un instant, semblant réfléchir. C'est étrange. Il doit connaitre son nom lui.

-Tu sais quoi, je ne vais pas te dire mon nom. Quand on se présente, les deux personnes doivent donner leur nom, pas qu'une seule. Alors, on va chercher ton nom. Et à ce moment, on se présentera. Alors en attendant, je n'ai pas de nom.
Dernière modification par Nélya Marks le 21 mai 2022, 21:47, modifié 1 fois.

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Le nom
↬ Chapitre 2 ↫


Il ne viendra pas. C'est évident, alors pourquoi j'attends? Quel esprit désincarné pathétique je peux faire. Est-ce de ma stupidité que je devrai trouver de quoi rire? Ce nom de substitution qu'il m'a confié, "Risette", il ne me va pas. Pas du tout.

Flottant dans la salle de bal, là où nous avons convenu de nous retrouver, j'attends. J'attends un humain. J'attends à cause de ces mots prononcés " je reviendrai!". J'attends. Mais je ne sais pas jusqu'à quand. Je ne sais pas non plus combien de temps à passé depuis notre première rencontre ici. Des heures? Des minutes? La journée? Tout ce que je sais, c'est que je n'ai à aucun moment osé m'éloigner de cet endroit, comme si j'y étais retenu par des chaînes que je ne pouvais quitter. Des chaînes entravants un fantôme… Encore une fois, pathétique.
" Pathétique "...
Ce mot revient souvent dans mes pensées ces temps-ci. Enfin pas que, mais ce n'est que depuis peu que je remarque sa récurrence. En même temps, il y a de quoi m'associer à ce mot infernal .

Je soupire. Il ne viendra sûrement pas. Mais pourtant, je ne peux me résoudre à quitter les lieux. Et peut-être que j'ai bien fait d'attendre après tout, des pas précipités dans le couloir me font relever la tête vers la porte par laquelle il était sorti, ce garçon de Poufsouffle, et je me fige sur place, attendant de voir la porte s'ouvrir. Mais mon attente n'est pas récompensée. Les pas s'éloignent aussi rapidement qu'ils ne s'étaient approchés. Et personne n'entre. A nouveau, je soupire.

- J'suis là!

Je me retourne aussitôt, n'en revenant pas. Il est là. Cet humain est là, sur le pas de la porte, le visage un peu rouge et le souffle court. Il est là.

-...

- Alors Risette, comment t'as passé ta journée?

-...

Il referme la porte doucement et s'approche, les mains dans les poches. Mince, j'ai oublié de répondre. Je ne suis plus habituée à parler, que ce soit à des vivants ou non.

- Risette?

-T'es rouge.

-Nan, j'suis jaune! Tu sais de Poufsouffle.

Qu'est-ce qu'il raconte? Je fronce les sourcils en le regardant sans comprendre sa réponse, et pendant un moment il fait de même. Ni l'un ni l'autre ne parle. Je finis par lui désigner mon visage spectral de l'index avant d'ajouter;

- non. Tu es rouge.

Aussitôt, il ouvrit de grands yeux et déposa ses doigts sur sa joue droite en parcourant la salle des yeux. Dès que ses yeux rencontre un des draps recouvrant les nombreux miroir muraux de la salle, il s'en approche à pas rapide et d'un geste ample, fait glisser le drap délavé au sol.

- Ah ouais, j'suis peut-être un peu rouge ! Ahah! Je comprenais pas ce que tu me disais mais là, je vois mieux!

Ses deux mains encadrent son visage rieur alors qu'il se retourne vers moi, qui suis restée à l'écart de la glace. Il s'arrête ensuite doucement de rire alors que ses yeux ne me quittent pas. A force de le voir m'observer je commence à froncer les sourcils. Qu'est-ce qu'il a cet humain? Ils sont tous aussi bizarre?

- Quoi?

- Tu sais à quoi tu ressembles?

Surprise par cette soudaine question, j'émet un faible "hein" en grimaçant à cette questions absurde. Mais il ne change pas d'expression, gardant ce visage aux traits calmes sans détourner les yeux de moi. Je n'ai pas l'habitude d'être regardé, je ne l'ai pas été depuis si longtemps… Croisant les bras sur mon torse comme pour me cacher, je détourne les yeux en hochant négativement la tête.

- Non. Non, je ne m'en souviens plus.

- Tu es une fille.

- Hein?

Je le regarde avec incompréhension à cette annonce, et il me faut bien quelques secondes pour comprendre ce qu'il vient de dire. Oui, j'étais quasiment sûre de ça, en parti grâce au portrait de la grosse Dame, une fois, j'ai eu le malheur de passer au cinquième étage en pleine journée, et dès qu'elle m'a vu elle m'a appelé avec sa voix criarde à m'en donner mal l'âme, et en m'appelant, elle avait dit "mademoiselle".

- Mhh, tu as les cheveux un peu bouclé qui t'arrivent jusqu'aux épaules. Mhh et je crois… Que tu étais blonde

Doucement je relève les yeux vers lui. Je ne sais plus depuis combien de temps je n'ai pas été curieuse à propose de moi, de mon apparence, alors, l'entendre me décrire, me fait du bien. Je veux l'écouter encore, je veux savoir, à quoi je ressemble.

Pendant un moment, je soutiens à nouveau son regard, mais cette fois, j'attends avec impatience qu'il continue à me regarder pour me décrire ce qu'il a sous les yeux, cette fois, je n'ai pas envie de me cacher.

- … Tu as les yeux sombres. Et des cernes aussi! Ah, un grain de beauté, juste là, sous l'œil gauche.

A son indication, je porte mes doigts fantomatiques à ma joue, là où -d'après ses paroles- devrait se trouvait un grain de beauté. Je n'avais jamais essayé de m'imaginer, mais à présent, je veux le faire, j'ai les indications pour, alors c'est possible. Je veux imaginer à quoi ressemble ce visage qui m'appartient et que tout le monde peut voir sauf moi.

- Et, et ensuite?

Un fin sourire vient creuser ses joues à ma question et il reprend un air enjoué.

- Ensuite, tu portes une chemise de nuit. Elle est longue avec des manches longues, elle t'arrive jusqu'aux tibias, et le col est dégagé, on peut voir tes clavicules.

Il se tait un instant, alors que je baisse les yeux sur le vêtement que je porte. A présent j'ai envie de me regarder, alors je le fait, mes pieds nus, mes bras couverts, mes mains aux doigts longs et fins, même si il semblait que je me rongeais les ongles… Puis, dans mon champs de vision, autre chose surgit, coloré au contraire de ma personne grisâtre. L'humain de Poufsouffle. Ne flottant qu'à quelques centimètre du sol, je relève les yeux sur lui, et nos yeux se rencontrent presque au même niveau. Il sourit encore, même si je ne sais pas pourquoi.

- Tu es plutôt grande aussi! Je mesure 1m65, et toi, tu dois faire quasiment la même taille.

Et comme pour vérifier son hypothèse, doucement, lentement, je redescend sur ce sol que je ne me souviens pas d'avoir un jour touché. L'un après l'autre, mes pieds rencontre le sol marbré de la salle. C'est étrange. J'ai toujours l'impression de flotter. Après avoir observé le sol, je remonte mon regard vers lui, et cette fois, mes yeux ne sont plus au même niveau que les siens, mais à quelques petits centimètres d'écarts. Il rit. Les secondes passent, sans qu'aucun ne prononcent le moindre mots, et finalement, il soupire en reprenant cet expression calme qui ne colle pas bien aux traits de son visage.

- Tu as l'air jeune. Et surtout… Tu es mouillée. Donc…

- J'ai du mourir noyer.

- Ouais.

Un silence s'installe doucement alors qu'il s'humidifie les lèvres.

- Risette. On trouvera qui tu es.

Doucement, j'opine à ce qu'il dit.

- Oui.

Quand y'a des PBM, y'a la KAN qui s'en mêle !
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