La face cachée des (men)songes
Fin Mai,
Suite de ce rp.
Privé avec @Lena Smith
XX 11 VIII
D’ordinaire elle aimait assez les chiffres.
On pouvait leur faire faire des tas de choses, les soustraire, les additionner, les multiplier, les diviser.
Les soustraire *à leurs conditions de chiffres.*
Les diviser *et les regarder se disputer*
Les multiplier *et les regarder grandir*
Les additionner *...XX 11 VIII*
Vingt-onze-huit.
Elle marchait vite dans les couloirs, se fichant des regards interloqués.
Penchée en avant, elle cherchait à accélérer encore, bien que tenant toujours fermement la main de Lena.
C’était le cahot dans son esprit.
Elle voulait savoir, elle avait peur de savoir, elle voulait comprendre, elle avait la trouille de ne pas supporter ce qu’elle allait voir.
Et tout s’emmêlait, ses émotions devenaient une pelote de fil gigantesque qui ne faisait que croître au rythme de ses pas.
Elle voulait s’enfuir, elle voulait savoir, elle voulait arrêter tout là, ne pas avoir découvert le message, les chiffres, arrêter de jouer avec eux, arrêter de jouer avec la vérité et les mensonges.
Si la Peur avait une odeur, elle devait la répandre dans tous les couloirs du château.
En plus de la boule dans sa poitrine faite des fils d’émotions, une autre s’était rajoutée dans sa gorge, lui interdisant de parler et de déglutir, tandis qu’une troisième s’était logée dans son ventre, pesant de tout son poids sur son estomac, la rendant nauséeuse.
Elle aurait voulu s’arrêter en plein milieu de couloirs et chialer une bonne fois pour toute, laisser toute l’eau de son corps dégouliner par les deux cavités vertes, la voir former une mare autour d’elle dans laquelle elle pourrait se couper du reste du monde.
Mais il y avait Lena.
Lena, avec sa main dans la sienne, Lena qu’elle ne lâcherait pas, Lena à laquelle elle avait tout déballé, Lena qui était belle, Lena qui avait déjà dû essuyer ses larmes.
Alors elle allait pas lui donner le travail supplémentaire d’essuyer les siennes.
Au lieu de se concentrer sur le lieu vers lequel elles se dirigeaient, elle examinait attentivement les murs de pierre, cherchant des défauts dans les assemblages, notant les taches d’humidité, les différentes nuances de gris et de brun, les ombres et les part de soleil, la dorure un peu plus terne d’un cadre, le dernier fil d’une toile d’araignée pas encore effacé, un parchemin oublié et piétiné.
Tous les petits détails qui passaient ordinairement sous ses yeux et dont elle ne se souciait jamais explosaient devant elle.
Tout lui paraissait digne d’une attention accrue, comme pour oublier où elle allait encore se fourrer, même si la destination semblait ancrée dans ses pieds.
Ils martelaient toujours le sol avec une précision de métronome. Elle avait dû bousculer quelques uns des corps, parfois les esquiver en passant de côté entre deux êtres, toujours tirant la Jaune derrière elle.
Le contact de la main chaude dans sa paume lui faisait du bien. Il l’empêchait de se perdre totalement dans le gouffre de ses pensées, d’imaginer les mille et unes suites qui pourraient découler de ce passage à la bibliothèque.
Le livre pouvait avoir été détruit, emprunté, ce qu’il renfermait déjà découvert et faisant partie des rumeurs du château. Elles pourraient ne pas voir ce qu’il renfermait, ne jamais le trouver et errer dans les rayons comme des âmes en peine jusqu’à l’heure de fermeture.
Elle pila brusquement devant les battants en bois clairs, luisants de reflets chauds.
La porte était fermée, mais même avec cet obstacle, elle pouvait entendre la douce rumeur de la bibliothèque.
Juste un instant, pour se préparer, elle ferma les yeux.
Elle imagina des dizaines de corps penchés sur des livre, certains soupirant d’avance devant leurs devoirs, d’autres enfouis sous des piles de bouquins. Elle entendit le bruissement des Plumes sur le parchemin, les légers tintement des becs sur les encriers pleins, le froissement d’une page qu’on tourne, le souffle discret des livres feuilletés à toute allure.
Ceux qui décrivent une bibliothèque comme un endroit morne et sans vie se trompent.
C’est indéniablement l’un des endroits le plus vivant du château entier.
Soufflant un bon coup, elle jeta un œil en direction de Lena avant d’ouvrir la porte
Suite de ce rp.
Privé avec @Lena Smith
XX 11 VIII
D’ordinaire elle aimait assez les chiffres.
On pouvait leur faire faire des tas de choses, les soustraire, les additionner, les multiplier, les diviser.
Les soustraire *à leurs conditions de chiffres.*
Les diviser *et les regarder se disputer*
Les multiplier *et les regarder grandir*
Les additionner *...XX 11 VIII*
Vingt-onze-huit.
Elle marchait vite dans les couloirs, se fichant des regards interloqués.
Penchée en avant, elle cherchait à accélérer encore, bien que tenant toujours fermement la main de Lena.
C’était le cahot dans son esprit.
Elle voulait savoir, elle avait peur de savoir, elle voulait comprendre, elle avait la trouille de ne pas supporter ce qu’elle allait voir.
Et tout s’emmêlait, ses émotions devenaient une pelote de fil gigantesque qui ne faisait que croître au rythme de ses pas.
Elle voulait s’enfuir, elle voulait savoir, elle voulait arrêter tout là, ne pas avoir découvert le message, les chiffres, arrêter de jouer avec eux, arrêter de jouer avec la vérité et les mensonges.
Si la Peur avait une odeur, elle devait la répandre dans tous les couloirs du château.
En plus de la boule dans sa poitrine faite des fils d’émotions, une autre s’était rajoutée dans sa gorge, lui interdisant de parler et de déglutir, tandis qu’une troisième s’était logée dans son ventre, pesant de tout son poids sur son estomac, la rendant nauséeuse.
Elle aurait voulu s’arrêter en plein milieu de couloirs et chialer une bonne fois pour toute, laisser toute l’eau de son corps dégouliner par les deux cavités vertes, la voir former une mare autour d’elle dans laquelle elle pourrait se couper du reste du monde.
Mais il y avait Lena.
Lena, avec sa main dans la sienne, Lena qu’elle ne lâcherait pas, Lena à laquelle elle avait tout déballé, Lena qui était belle, Lena qui avait déjà dû essuyer ses larmes.
Alors elle allait pas lui donner le travail supplémentaire d’essuyer les siennes.
Au lieu de se concentrer sur le lieu vers lequel elles se dirigeaient, elle examinait attentivement les murs de pierre, cherchant des défauts dans les assemblages, notant les taches d’humidité, les différentes nuances de gris et de brun, les ombres et les part de soleil, la dorure un peu plus terne d’un cadre, le dernier fil d’une toile d’araignée pas encore effacé, un parchemin oublié et piétiné.
Tous les petits détails qui passaient ordinairement sous ses yeux et dont elle ne se souciait jamais explosaient devant elle.
Tout lui paraissait digne d’une attention accrue, comme pour oublier où elle allait encore se fourrer, même si la destination semblait ancrée dans ses pieds.
Ils martelaient toujours le sol avec une précision de métronome. Elle avait dû bousculer quelques uns des corps, parfois les esquiver en passant de côté entre deux êtres, toujours tirant la Jaune derrière elle.
Le contact de la main chaude dans sa paume lui faisait du bien. Il l’empêchait de se perdre totalement dans le gouffre de ses pensées, d’imaginer les mille et unes suites qui pourraient découler de ce passage à la bibliothèque.
Le livre pouvait avoir été détruit, emprunté, ce qu’il renfermait déjà découvert et faisant partie des rumeurs du château. Elles pourraient ne pas voir ce qu’il renfermait, ne jamais le trouver et errer dans les rayons comme des âmes en peine jusqu’à l’heure de fermeture.
Elle pila brusquement devant les battants en bois clairs, luisants de reflets chauds.
La porte était fermée, mais même avec cet obstacle, elle pouvait entendre la douce rumeur de la bibliothèque.
Juste un instant, pour se préparer, elle ferma les yeux.
Elle imagina des dizaines de corps penchés sur des livre, certains soupirant d’avance devant leurs devoirs, d’autres enfouis sous des piles de bouquins. Elle entendit le bruissement des Plumes sur le parchemin, les légers tintement des becs sur les encriers pleins, le froissement d’une page qu’on tourne, le souffle discret des livres feuilletés à toute allure.
Ceux qui décrivent une bibliothèque comme un endroit morne et sans vie se trompent.
C’est indéniablement l’un des endroits le plus vivant du château entier.
Soufflant un bon coup, elle jeta un œil en direction de Lena avant d’ouvrir la porte
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
La face cachée des (men)songes
La vie est Tristesse, surmonte-la.
La vie est Mystère, perce-le.
La vie est Beauté, admire-la.
La vie est Bonheur, mérite-la.
La vie est Mystère, perce-le.
La vie est Beauté, admire-la.
La vie est Bonheur, mérite-la.
La vie est Bonheur, hein ? Je vais t'en donner moi, du Bonheur ! Ah non, c'est vrai. J'en ai pas. J'en ai plus, et j'en aurai peut-être plus jamais. Mais de toute façon, le Bonheur est convoité. Il est demandé par un grand nombre de personnes. Peut-être trop ? Et puis j'ai renoncé. Depuis longtemps. Je sais très bien que j'y arriverai pas, à en avoir.
Je sais très bien que je resterai triste toute ma vie.
Que la tornade de Douleur et de Tristesse m'attrapera tout le temps, et que je serai sa prisonnière. A. Jamais.
Ca fait mal de penser ça, mais c'est la Vérité. Comment je pourrai être heureuse avec les Cauchemars, Lui et tout le reste ?
T'as qu'à Oublier.
Oublier. Oublier d'exister ?
Oublier de vivre ?
Oublier de... Respirer ? Mais comment on peut oublier ça ?
Pas oublier de respirer, vivre ou d'exister, Enfant. Oublier avec un grand O. Tu sais ce que ça veut dire.
Oui, je le sais. Je le sais, mais, par Merlin, c'est impossible. Comment je pourrai L'oublier ? Les oublier ? Ils font parti de moi, maintenant. Ils sont en moi.
Et je ne vais pas oublier un Souvenir !
Je ne vais pas L'oublier !
C'est comme si je Le trahissais. Et ça m'est impossible. Elle l'a dit, Alison. Il est dans ma tête et dans mon coeur. Impossible, donc.
En Oubliant, si.
Je... Maudite Voix.
C'était beau hier.
C'était beau ce matin.
C'était beau ce matin.
Mais tu l'as oublié ça, pas vrai ?
*Oui.*
Je sais ce que tu vas dire. Que si j'ai oublié ça, je peux Les oublier et L'oublier aussi facilement.
Devant moi, je sens la vitesse d'Alison ralentir, et s'arrêter définitivement. En face de nous se dressent les portes de la bibliothèque. Immenses. Et derrière, un tout autre monde.
Un monde de feuilles et de papier.
Un monde de lettres et d'encres.
Un monde remplit d'Imaginaire, des récits de l'Histoire et autres livres.
Un monde remplit d'élèves travaillant sérieusement (ou pas). Seul le bruissement des parchemins et le grattement des plumes troublent le Silence. Parfois, un chuchotement. Ou des bruits de pas.
C'est tout un autre monde, la Bibliothèque.
La Jaune me jette un coup d'oeil. Coup d'oeil qui ne manque pas de me donner du courage. Du courage qui, certes, est peut-être inutile. Mais après tout, on ne sait pas ce qu'est la chose qu'on cherche.
Elle a ouvert la porte, maintenant. Je me laisse entraîner à l'intérieur de la pièce. Mais à peine quelques pas effectués, je m'arrête net.
Sans lâcher la main d'Alison. Je l'ai sûrement freinée. Elle a dû se stopper d'un coup. Nos doigts entremêlés ont du s'écarter un peu. Les chaines se sont presque brisées. A cause de moi. J'aurai pas dû m'arrêter. Je sais même pas pourquoi je l'ai fait, en plus. C'était complètement inutile.
Inutile et bête.
Quelle insolente je fais !
Mais on peut pas reculer en arrière. C'est impossible.
J'ai l'impression que le monde tourne autour de moi. Comme dans un spirale infernale. J'ai l'impression que je vais tomber. Tomber sous le poids de l'angoisse. J'ai l'impression de partir. Les bruits résonnent autour de moi.
*Boum boum*
Ca cogne.
*Boum boum*
Ca fait mal.
*Boum boum*
Ca cogne et ça fait mal.
*Boum bou...*
Stop.
Mes yeux se ferment. Un court instant. Histoire de reprendre mes esprits. Juste pour ça. Quand je les rouvre, tout semble lumineux. Saturé. Quelque chose brille plus que les autres. C'est elle. Rien qu'en la voyant, je sens mes forces revenir. Elle me permet d'avancer.
Arrivée à son niveau, je murmure :
-Ensembles.
Et je prends la tête pour avancer dans le labyrinthe des livres.
@Alison Morrow
Cinquième année rp 2048-2049
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
La face cachée des (men)songes
Comme toujours la nappe de calme qui l’entoura la surprit.
Contrairement à l’agitation bruyante des couloirs, à tous ces corps se piétinant mutuellement, la pièce resplendissait de paix et de silence.
Le soleil n’était troublé que par les bruissements des pages et les encriers tintinnabulant, explosant ses rayons en de milliers de couleurs vives.
Elle ralentit, bercée par toutes les lueurs douces, les contours semblant arrondis, les poussières couleur miel dégoulinant le long des fenêtres.
D’un coup d’œil, elle aperçut le bibliothécaire dans un coin et Miss Pince dans l’autre.
D’un long regard, elle embrassa la salle tellement calme.
Certaines têtes s’étaient tournées vers elles, s’attardant sur leurs mains jointes, haussant des sourcils interrogateurs, amplifiant les chuchotements.
*Sont idiots.*
Elle était arrêtée à présent, la main légèrement tendue vers l’arrière.
Elles étaient arrêtées.
Leurs doigts s’étaient légèrement espacés, laissant un filet d’air frais caresser leurs paumes.
Elle tourna la tête vers la Jaune, le cœur comprimé. Les yeux sont clos, fermés sur leurs nuances incomparables d’azur et ses morceaux d’étoiles.
Elle voulait plus venir ?
Elle voulait plus la voir ?
Elle voulait plus rester avec elle ?
Elle voulait plus...
Le murmure se répercuta sur les murs.
*Ensembles.*
Elle hocha la tête, laissant une esquisse de sourire bien triste voguer sur son visage.
Toujours lentement, essayant d’étouffer ses pas en posant ses pieds délicatement sur le sol, en commençant par le talon, elle continua d’avancer entre les rayonnages.
Elle les comptait mentalement, se forçant à ne pas s’arrêter à untel ou untel, de ne pas succomber à l’appel des couvertures recouvertes de lettres dorées ou carmin, brodées de soleil ou de taches d’encres mal venues.
Elle avait un peu le vertige, en voyant défiler toutes ces étagères, portant des milliers de livres contenant des millions de mots composés de milliards de lettres.
Toujours les mêmes, connues de tous, mais assemblées chaque fois différemment.
*C’est un peu comme nous...Tous pareils et tous différents.*
Étagère XX, stop.
Ce n’était plus de la peur qui tambourinait contre ses tempes.
Ce n’était plus de la curiosité qui mordait son ventre.
Vous voulez absolument savoir ?
C’était de la colère.
Tant de secrets entourant une seule personne, ça devrait être interdit. Tout le monde devrait avoir une histoire, écrite noire sur blanc du début jusqu’au présent qu’il écrivait et déployant tous les secrets, les accrochant aux murs, brûlant les mensonges, faisant luire la vérité.
La vérité fait mal.
La vérité est vieille, ou récente, elle est immonde, elle fait peur, elle est voulue lorsqu’on ne la connaît pas, haïe lorsqu’on la connaît.
Tout le monde prêche en son nom, veut la découvrir, se tue à la tache, tout ça pour qu’au final, on se plie de douleur en deux, brisés de vérité, hurlants de vérité, saignants de vérités.
Vous voulez savoir ?
La femme de la grande salle perdait tout son sang et les flèches s’enfonçaient.
Vous voulez savoir ?
Ses mains avaient été tachées. Elle n’était même pas sûre de ne pas avoir précipité la mort de la presque-morte.
Vous voulez savoir ?
On n’est pas beaux. On est tous immondes à chercher un trésor noirci enterré avec le temps.
Vous voulez savoir ?
Le flocon peut déclencher les pires avalanches.
Vous voulez savoir ?
Arrêtez de chercher. C’est la plus jolie chose qu’on peut vous offrir.
11, à présent.
Chercher une page, parmi des tonnes de livres, des tonnes de rangées, peut-être même un mot parmi tant d’autres.
La colère grondait toujours, mais maîtrisée. Peut-être les larmes la déclencheront. L’épancheront.
Étagère, XX.
Rayon 11? Livre 11? Colonne 11?
Elle se saisit d’un livre et commença à en feuilleter les pages, sans savoir ce qu’elle cherchait.
Contrairement à l’agitation bruyante des couloirs, à tous ces corps se piétinant mutuellement, la pièce resplendissait de paix et de silence.
Le soleil n’était troublé que par les bruissements des pages et les encriers tintinnabulant, explosant ses rayons en de milliers de couleurs vives.
Elle ralentit, bercée par toutes les lueurs douces, les contours semblant arrondis, les poussières couleur miel dégoulinant le long des fenêtres.
D’un coup d’œil, elle aperçut le bibliothécaire dans un coin et Miss Pince dans l’autre.
D’un long regard, elle embrassa la salle tellement calme.
Certaines têtes s’étaient tournées vers elles, s’attardant sur leurs mains jointes, haussant des sourcils interrogateurs, amplifiant les chuchotements.
*Sont idiots.*
Elle était arrêtée à présent, la main légèrement tendue vers l’arrière.
Elles étaient arrêtées.
Leurs doigts s’étaient légèrement espacés, laissant un filet d’air frais caresser leurs paumes.
Elle tourna la tête vers la Jaune, le cœur comprimé. Les yeux sont clos, fermés sur leurs nuances incomparables d’azur et ses morceaux d’étoiles.
Elle voulait plus venir ?
Elle voulait plus la voir ?
Elle voulait plus rester avec elle ?
Elle voulait plus...
Le murmure se répercuta sur les murs.
*Ensembles.*
Elle hocha la tête, laissant une esquisse de sourire bien triste voguer sur son visage.
Toujours lentement, essayant d’étouffer ses pas en posant ses pieds délicatement sur le sol, en commençant par le talon, elle continua d’avancer entre les rayonnages.
Elle les comptait mentalement, se forçant à ne pas s’arrêter à untel ou untel, de ne pas succomber à l’appel des couvertures recouvertes de lettres dorées ou carmin, brodées de soleil ou de taches d’encres mal venues.
Elle avait un peu le vertige, en voyant défiler toutes ces étagères, portant des milliers de livres contenant des millions de mots composés de milliards de lettres.
Toujours les mêmes, connues de tous, mais assemblées chaque fois différemment.
*C’est un peu comme nous...Tous pareils et tous différents.*
Étagère XX, stop.
Ce n’était plus de la peur qui tambourinait contre ses tempes.
Ce n’était plus de la curiosité qui mordait son ventre.
Vous voulez absolument savoir ?
C’était de la colère.
Tant de secrets entourant une seule personne, ça devrait être interdit. Tout le monde devrait avoir une histoire, écrite noire sur blanc du début jusqu’au présent qu’il écrivait et déployant tous les secrets, les accrochant aux murs, brûlant les mensonges, faisant luire la vérité.
La vérité fait mal.
La vérité est vieille, ou récente, elle est immonde, elle fait peur, elle est voulue lorsqu’on ne la connaît pas, haïe lorsqu’on la connaît.
Tout le monde prêche en son nom, veut la découvrir, se tue à la tache, tout ça pour qu’au final, on se plie de douleur en deux, brisés de vérité, hurlants de vérité, saignants de vérités.
Vous voulez savoir ?
La femme de la grande salle perdait tout son sang et les flèches s’enfonçaient.
Vous voulez savoir ?
Ses mains avaient été tachées. Elle n’était même pas sûre de ne pas avoir précipité la mort de la presque-morte.
Vous voulez savoir ?
On n’est pas beaux. On est tous immondes à chercher un trésor noirci enterré avec le temps.
Vous voulez savoir ?
Le flocon peut déclencher les pires avalanches.
Vous voulez savoir ?
Arrêtez de chercher. C’est la plus jolie chose qu’on peut vous offrir.
11, à présent.
Chercher une page, parmi des tonnes de livres, des tonnes de rangées, peut-être même un mot parmi tant d’autres.
La colère grondait toujours, mais maîtrisée. Peut-être les larmes la déclencheront. L’épancheront.
Étagère, XX.
Rayon 11? Livre 11? Colonne 11?
Elle se saisit d’un livre et commença à en feuilleter les pages, sans savoir ce qu’elle cherchait.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
La face cachée des (men)songes
Brille, P’tite Lune. Éclaire-la de ta douce lueur bleutée.
Elle a besoin de toi, tu sais ? Tu es la Lumière dans ses Ténèbres. Tu lui permettras d’en sortir, même si elle n’en a pas conscience.
Alors, Petite Lune, apporte la Joie que l’Enfant a oubliée.
Sois le Bonheur qu’Elle ne connaît plus.
Apporte lui l’Amour qu’Elle a perdu.
Elle a besoin de toi, P’tite Lune.
Elle a besoin de toi, tu sais ? Tu es la Lumière dans ses Ténèbres. Tu lui permettras d’en sortir, même si elle n’en a pas conscience.
Alors, Petite Lune, apporte la Joie que l’Enfant a oubliée.
Sois le Bonheur qu’Elle ne connaît plus.
Apporte lui l’Amour qu’Elle a perdu.
Elle a besoin de toi, P’tite Lune.
Des livres, des livres, et encore des livres. Il y en avait partout. Devant derrière, et sur les côtés. Mais ça ne la dérangeait pas, au contraire. Elle adorait être si proche de l'Imaginaire, de l'Histoire. De toutes ces pages qui regorgent de vie, qui nous plongent dans un autre Monde.
Elle les aime, les livres.
Elle les chérie, les Mots.
Elle les idole, les lettres.
Mais pas tous les Mots. Il y en a qui font mal. Ils vous blessent, ils vous détruisent de l'intérieur. Ils sont douloureux, et voir la personne vous cracher les Mots à la figure l'est encore plus. Voir son visage déformé par la Colère, haineux, sa bouche ouverte en une grimace vomissant toutes sortes d'horreur.
Par Merlin, elle le déteste, ce visage qu'elle a vu pleins de fois.
Elle aimerai s'enterrer et disparaitre quand il est là. L'oublier, aussi.
Mais tu peux pas oublier.
Non, et c'était vrai. Elle n'y arrivait pas. La Nuit, Elle le voit dans ses cauchemars. Le Jour, Elle le voit sur la personne de quelques Autres qui dégueulent ces Mots à la figure de quelqu'un d'autre.
Elle aimerait l'oublier, ce visage. Mais elle y arrive pas.
Maintenant, c'était plutôt Alison qui la guidait dans le dédale. Perdue dans ses Pensées, Elle ne savait plus du tout où était quelle rangée, où était l'entrée.
Le grattement des plumes la faisaient frissonner de plaisir. Elle adorait ce bruit. L'odeur des livres encore plus.
De temps en temps, des Autres les croisaient en jetant un drôle de regard vers leurs mains entrelacées. Ils jugeaient, hein ?
Mais qu'est ce qu'Elle en avait à faire ?
Rien du tout, non.
Ce n'était pas sa faute si tous les Autres étaient *Débiles* à s'imaginer des choses *Fausses*.
Même si ce regard pleins de jugement la mettait mal à l'aise. Elle l'aimait, pas ce regard. Elle les aimait pas, ces Autres qui lui faisaient peur en la regardant d'un air supérieur ou autre.
Mais pas là, parce qu'elle savait que c'était faux.
Un Mensonge, voilà tout. Une Pensée parmi les autres gorgée de Mensonge et qui s'effacerait dans l'oublie bientôt.
Alison s'arrêta. Elles étaient devant une étagère quelconque. Non, pas quelconque. Devant l'étagère XX. L'Enfant observa silencieusement la Jaune et Noire s'emparer d'un livre au hasard pour le feuilleter. Pour Elle, c'était évident. Il fallait chercher au rayon 11, livre VIII. Non ?
Peut-être pas, après tout. Elle n'avait pas toujours raison. C'était rarement le cas, de toute façon. *Pas grave*
Néanmoins, Elle voulait quand même le dire. Alors, elle chuchota, le moins fort possible, pour ne pas troubler le calme de la bibliothèque :
-J'pense que c'est... Rayon 11, livre 8. 'Fin c'est qu'une supposition...
Décidément, le Temps est bien trop rapide. Désolée pour ce retard...
Cinquième année rp 2048-2049
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
La face cachée des (men)songes
Avant, elle avait admiré la bibliothèque, ses livres, sa lumière, sa douceur, sa chaleur.
Maintenant, c'était pas pareil.
Maintenant tout semblait trop trop.
Trop de bruit.
Trop de grattements de papier.
Ils lui donnaient envie de vomir. De s'enfuir. De reclaquer la porte pour ne plus jamais l'ouvrir.
Trop de lumière.
Elle agressait ses yeux à Danser comme une folle sur les pages, à sauter de pages en pages, à mélanger les lettres, qui devenaient brusquement des funambules, se découpaient pour reformer des mots, ou un charabia qu'elle peinait à comprendre.
Maintenant, elle haïssait les lettres.
Maintenant, elle haïssait les livres.
Maintenant, elle Haïssait tous ces Mots qui se jouaient d'elle.
Les lettres.
Chut!
*Chute*
Un éternel jeu.
Une éternelle Mer de Mots, qui l'engloutissait. Ils se confondaient tous, mélangeant leurs lettres en de nouvelles guirlandes incompréhensibles, l'enfonçait au milieu de leurs encres noire ou bleue, délavée ou fraiche.
Les pages tourbillonnaient entre ses doigts, tandis que les livres se succédaient avec une vitesse folle entre ses doigts.
Elle n'aurait pas su dire leur noms, ni même si elle les avait déjà parcourus.
Sa Mémoire prenaient comme d'innombrables photos sorcières des Inscriptions qui se répétaient au fil des pages. Et les Lettres, Par Merlin, les lettres Voguaient.
Ce n'était pas de ces petites vagues qui s'échouent dans les criques.
C'étaient des tornades entières qui tournoyaient sous ses yeux, riant de la voir dans cette posture, jouant dans le Vent des pages.
Elle s'était toujours dit que les Mots étaient dangereux.
On les approchait d'un peu trop près, ils griffaient, crachaient, démolissaient.
On les évitait, ils se faisaient aussi affutés que des poignards, pénétrant lentement dans la peau.
Plus d'une fois elle avait voulu les maîtriser, les dompter, les chevaucher.
Elle n'avait fait que se blesser en essayant de jouer avec, se torturer avec des non-dits, des dissimulations, des Mensonges, tomber en essayant de courir à leurs côtés lorsqu'ils dévalaient la bouche des Autres.
Des milliards de Soleils, les Mots.
Personne n'est sans ignorer que les Soleils brûlaient.
Ses yeux étaient secs, calcinés par les Lettres cendreuses, papillonnant de plus en plus vite pour ne pas se fermer définitivement.
Au final, un murmure la tira des Spirales de Mots.
"J'pense que c'est... Rayon 11, livre 8. 'Fin c'est qu'une supposition..."
Des chiffres.
Des nombres, et des maths au milieu de toutes ces Voix des encyclopédies, des manuels et des autres Livres.
Et ça faisait du bien.
Beaucoup.
Relevant la tête de la page d'elle ne sait qu'elle livre, elle tourna la tête vers la Jaune qui l'accompagnait.
Lena n'était pas une Autre.
Lena était son Soleil.
Et au lieu de brûler et de calciner, comme tous les Autres Soleils, il ne faisait que réchauffer, réparer ses yeux brouillés d'encre, effacer ses Larmes intérieures, l'épauler face aux Vents des Feuilles blanches, la soutenir dans tout ce bordel, la comprendre, arriver à lire dans sa tête, à trouver les Bons Mots, ceux qui lui échappaient toujours, à les prononcer d'une manière détenue par elle-seule et à les faire résonner dans les pièces même lorsqu'ils n'étaient que Chuchotements.
Ses yeux cherchèrent ceux de son Soleil.
Juste pour voir un instant ses deux pointes de vert flotter au milieu de cette Marée de bleu Nuit, qui ne faisaient qu'illuminer un peu plus son visage et ses cheveux tissés d'or.
Lentement, les battements de son cœur se calmèrent.
Elle souffla un bon coup, se rendant compte alors que ses doigts tremblaient légèrement contre la couverture qu'elle tenait encore entre ses mains.
Les jointures étaient blanches tellement elle le serrait fort.
*'Moins il tomb'ra pas. Elle aussi elle m'laissera pas tomber, hein? Elle me reconstruira toujours, hein? Soleil...*
"P-pourquoi pas...."
Elle avait dit ça, elle le pensait.
Mais elle était incapable de bouger.
Aussi figée que les pages du bouquin que torturaient ses doigts.
Aussi immobile que les rayons constants du soleil diffusés par les vitres.
Aussi Statue que n'importe quelle étagère aux couleurs chatoyantes.
Incapable d'articuler.
*Merlin, c-c'est...J'crois qu'les Mots m'ont enlevé...Ma... Mes...Les Miens.
J'suis vide. J'arrive plus à rien... J'peux p-pas faire ça...J'peux plus...Bloquée...
Comme un automate rouillé...
M-merlin, c'est trop con...*
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
La face cachée des (men)songes
Livres. Histoire.
Imagination.
Imagination.
Elle voulait tous les lire. Les dévorer des yeux ne suffisait pas. Non, Elle voulait les tenir dans ses mains, tourner leurs pages, parcourir les lignes de ses perles.
Se perdre dans un autre Monde, explorer un nouvel Univers.
Entrer dans l'Imagination, loin des Autres. Mais Elle devait résister à l'appel des livres. Elle était là pour sa Lune, pour l'aider à trouver Le livre. Ou l'Encyclopédie ? Il y avait tellement de possibilités que ça en devenait étourdissant.
Finalement, les livres n'étaient pas si biens que ça.
Un jour, ils étaient émerveillant. Et l'instant d'après, menaçants.
De biens beaux menteurs, les livres.
Ils avaient une face cachée.
Et leur doux murmure qui appelait le lecteur à lire c'était transformé en voix envoûtante, froide et vicieuse.
Viens, Enfant.
Saisis nous de tes doigts si délicats.
Plonge toi dans nos Rêves.
Devenus Cauchemars !
Saisis nous de tes doigts si délicats.
Plonge toi dans nos Rêves.
Devenus Cauchemars !
Elle avait peur, maintenant. Elle voulait fuir, fuir le plus loin possible. Mais Elle pouvait pas, et le voulait pas.
Ç'aurait été comme abandonner Alison.
Non, ça l'aurait été pour de vrai.
Et Elle ne se le pardonnerait jamais si ça arrivait.
La Lune et le Soleil se complétaient, pas vrai ?
La Lune, douce lueur bleutée dans la Nuit noire. Belle, magnifique. Accompagnée de ses Étoiles pour la rendre encore plus éblouissante. Les Étoiles n'étaient rien comparé à la beauté de la Lune. Même si elles étaient quand même très belles.
Et ça, les Autres ne le savaient pas.
Ils ne savaient pas les admirer, l'admirer elle.
Ils ne savaient pas aimer le Ciel pendant la Nuit.
Ils étaient cloués au sol, la tête en bas. Ne se souciant que de leur petite personne *De merde*.
Le Soleil, quant à lui, était le roi. Il illuminait à lui tout seule le jour, aveuglant les personnes quand elles le regardaient dans les yeux.
Le Soleil, quant à lui, était puissant, brûlant, imposant.
Le Soleil, quant à lui, était grand. L'Enfant n'était pas grande. Non, au contraire, c'était une Minuscule. Elle ne méritait pas d'être comparée au Soleil.
Mais la Lune et le Soleil se complétaient, pas vrai ?
Ils étaient la reine et le roi, pas vrai ?
La reine de la Nuit et le roi du Jour, pas vrai ?
Alors si Alison était la Lune, avec ses cheveux noirs comme la Nuit, Elle était le Soleil avec ses cheveux blonds, dorés comme le Soleil.
Et la Jaune l'avait dit elle-même.
*"P'tit Soleil ? P'tit Soleil... J'peux t'appeler comme ça ?"*
Ce moment était un beau moment. Non, une belle phrase. Une phrase dont Elle se souviendrait toute sa vie. Elle pouvait pas l'oublier, cette phrase. C'était juste *Impossible*.
La Jaune et Noire ne bougeait pas. Comme figée.
*Figée dans le Temps ?*
*Réponds moi...*
Dis, Voix... Elle est vraiment figée dans le Temps ?*
Non, Enfant. Pas dans le Temps. Figée sur place.
*C'est la même chose...*
Non, Enfant. Elle est juste incapable de bouger.
*Elle a... Elle a peur ?*
Peut-être...
*Un, deux, trois*
*Réponds moi...*
Dis, Voix... Elle est vraiment figée dans le Temps ?*
Non, Enfant. Pas dans le Temps. Figée sur place.
*C'est la même chose...*
Non, Enfant. Elle est juste incapable de bouger.
*Elle a... Elle a peur ?*
Peut-être...
*Un, deux, trois*
Ces trois chiffres lui donnaient du courage.
Elle se rapprocha d'Alison, lui enlevant doucement le livre des mains pour le reposer dans les étagères. Elle lui prit ensuite la mains gauche.
Se retourna vers les livres et murmura :
-E-Ensemble, d'accord ? Allez... Un, deux, trois.
Un, deux, trois. Comme une musique. Un rythme. Un tempo.
Un, deux, trois. Soleil, Lune et Étoiles.
Un, deux, trois. *On y va.*
Elle prit le huitième livre en partant de la gauche du onzième rayon et le posa dans la main droite de sa Lune.
-Vas-y, P'tite Lune. Souviens toi. Un, deux, trois.
Cinquième année rp 2048-2049
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
La face cachée des (men)songes
Vous connaissez, ce sentiment d'être pétrifié?
Comme si soudain, la terre avait arrêté de tourner? Les oiseaux, oublié comment chanter? Les feuilles, oublié comment murmurer? Les livres, comment Raconter?
Enveloppé d'un épais silence, tout ce monde de glace.
Votre cœur qui cogne comme un fou dans votre poitrine à vous en faire mal, désespérément mal, comme pour hurler son existence au milieu de tout ce Silence.
Même les mains ne tremblent plus.
Vous êtes loin, loin sous la surface du Temps.
Il a beau s'écouler, le Grand, il a beau s'écouler, plus rien ne peut vous atteindre.
Invincible.
La vie a beau suivre son cours, comme on aime à le dire, elle n'était plus Dedans.
*J'suis où, alors?*
Dans un espace autre, une fraction de temps qui s'était évaporée un beau matin pour laisser ce vide. Ce Néant. Son Néant.
Elle le dirigeait, elle l'avait anticipé ce moment où elle serait figée.
Elle le savait qu'elle ne pourrait pas bouger en face du livre, ou devant n'importe quel objet qu'elle aurait pu découvrir.
Les Mensonges avaient abattu leur carte maîtresse.
Ils l'avaient emprisonnée dans une toile de Peur et d'appréhension.
Mais en anticipant, on pouvait construire des merveilles.
Elle n'avait aucun pouvoir, aucun moyen de construire des Merveilles.
Mais elle avait son P'tit Soleil.
Toujours avoir un coup d'avance sur les Mensonges. Si vous n'en avez pas prévu, ils gagnent. Et alors, vous avez perdu.
Vous vous enfoncez dans le noir, sans lumière, vous vous enfoncez dans les Ténèbres que vous avez laissé tisser autour de vous.
Annihilés.
Savez-vous réellement toute la puissance de ce simple Mot?
Ça signifie réduire à Néant.
Pas uniquement détruire. Réduire, comme diminuée de moitié, écrasée par le poids des Mensonges.
Et le Néant. Oh, il doit vous être assez familier pour que vous compreniez au moins le quart de ce terme.
L'Absence totale est souvent trop compliquée à imaginer.
Réduite à Néant par les Mensonges qui avaient parfois des allures de Rêves et qui cachaient souvent une Vérité bien pire que ce que tout le monde aurait pu s'imaginer.
Ça avait été un jeu, entre eux et Elle, un jeu mortel, où il ne fallait jamais se laisser surprendre.
Toujours avoir un coup d'avance, pour gagner.
Un seul objectif, les Réduire Eux à Néant. Laisser des pistes pour leur faire croire qu'ils ont l'avantage.
Puis retourner la situation d'un claquement de doigts, d'une phrase, d'un battement de cil.
Un beau tremblement de terre pour tout renverser.
Son tremblement de terre à elle, il s'appelait Lena.
Lena, c'était son Soleil, que même les Mensonges ne pourraient pas éclipser.
Lena, c'était son point d'ancrage, son Ange qui la retenait de tomber à la Merci des faussetés.
Lena, c'était sa carte maîtresse.
Il fallait qu'elles aient gagné. Pour ne pas se briser toutes les deux.
Sa main gauche serrée autour de la sienne, Elles bravaient les Interdits, surmontaient les montagnes, s'envoleraient jusqu'aux étoiles.
*Et on brillera tellement fort que la Lune en sera jalouse. On étincellera tellement fort que le Soleil en sera jaloux. On sera , et ça nous suffira pour détruire les Mensonges.*
Leurs mains ouvrirent le livre.
Elle tourna quelques pages, persuadée de trouver la réponse.
Car la Réponse devait y être.
Y être, sinon elles avaient perdu.
Réduites.
Mots, mots, phrases entières, points de suspensions...
A.
Elle avait l'impression de se balancer de plus en plus près du vide. Qu'elle allait s'écrouler.
Néant.
Le tremblement de terre se retournait contre elle?
Sa respiration se coupa.
Ça devait être là...
Toujours avoir un coup d'avance...
Ça devait être là, ça devait, ça devait, Merlin!
Pour gagner...
Son cœur tomba quelque part au fond de sa poitrine.
Boum boum.
Boum boum.
Boum...
Le nœud dans sa gorge s'intensifia. Elle crut qu'elle allait mourir bêtement, démontée par les Mensonges et par les flèches de l'Espoir.
Pas les mêmes que celles qui avaient arraché la vie à la presque-morte. Mais des flèches d'autant plus redoutables qu'on ne les sentait que lorsqu'elles étaient entièrement enfoncées dans la peau.
Puis elle le vit.
La couverture cornée, au tout début. A moins que ce ne fut à la fin.
La faille.
Lentement, elle lâcha la main de son Soleil.
Elle décrocha la couverture, délicatement, glissant deux doigts osseux entre les papiers décrochés.
Le papier rugueux qui effleura ses doigts la fit frémir.
C'était comme revivre, au final. Sentir à nouveau la caresse de l'air sur sa joue, l'odeur de lavande presque estompée émanant de la lettre, l'encre violette sur l'enveloppe.
*Lavande?*
Son cœur allait forcément se décrocher, maintenant ou bientôt.
Ses mains tremblaient, mais ce n'était plus de la Peur.
Elle avait trouvé.
"P'tit Soleil...On a trouvé..."
A peine un souffle qui sortit de ses lèvres.
Elle n'en revenait toujours pas.
Toujours anticiper...
Il y a toujours une faille. A toi de t'engouffrer dans la leur le plus vite possible.
Et elle avait gagné.
Comme si soudain, la terre avait arrêté de tourner? Les oiseaux, oublié comment chanter? Les feuilles, oublié comment murmurer? Les livres, comment Raconter?
Enveloppé d'un épais silence, tout ce monde de glace.
Votre cœur qui cogne comme un fou dans votre poitrine à vous en faire mal, désespérément mal, comme pour hurler son existence au milieu de tout ce Silence.
Même les mains ne tremblent plus.
Vous êtes loin, loin sous la surface du Temps.
Il a beau s'écouler, le Grand, il a beau s'écouler, plus rien ne peut vous atteindre.
Invincible.
La vie a beau suivre son cours, comme on aime à le dire, elle n'était plus Dedans.
*J'suis où, alors?*
Dans un espace autre, une fraction de temps qui s'était évaporée un beau matin pour laisser ce vide. Ce Néant. Son Néant.
Elle le dirigeait, elle l'avait anticipé ce moment où elle serait figée.
Elle le savait qu'elle ne pourrait pas bouger en face du livre, ou devant n'importe quel objet qu'elle aurait pu découvrir.
Les Mensonges avaient abattu leur carte maîtresse.
Ils l'avaient emprisonnée dans une toile de Peur et d'appréhension.
Mais en anticipant, on pouvait construire des merveilles.
Elle n'avait aucun pouvoir, aucun moyen de construire des Merveilles.
Mais elle avait son P'tit Soleil.
Toujours avoir un coup d'avance sur les Mensonges. Si vous n'en avez pas prévu, ils gagnent. Et alors, vous avez perdu.
Vous vous enfoncez dans le noir, sans lumière, vous vous enfoncez dans les Ténèbres que vous avez laissé tisser autour de vous.
Annihilés.
Savez-vous réellement toute la puissance de ce simple Mot?
Ça signifie réduire à Néant.
Pas uniquement détruire. Réduire, comme diminuée de moitié, écrasée par le poids des Mensonges.
Et le Néant. Oh, il doit vous être assez familier pour que vous compreniez au moins le quart de ce terme.
L'Absence totale est souvent trop compliquée à imaginer.
Réduite à Néant par les Mensonges qui avaient parfois des allures de Rêves et qui cachaient souvent une Vérité bien pire que ce que tout le monde aurait pu s'imaginer.
Ça avait été un jeu, entre eux et Elle, un jeu mortel, où il ne fallait jamais se laisser surprendre.
Toujours avoir un coup d'avance, pour gagner.
Un seul objectif, les Réduire Eux à Néant. Laisser des pistes pour leur faire croire qu'ils ont l'avantage.
Puis retourner la situation d'un claquement de doigts, d'une phrase, d'un battement de cil.
Un beau tremblement de terre pour tout renverser.
Son tremblement de terre à elle, il s'appelait Lena.
Lena, c'était son Soleil, que même les Mensonges ne pourraient pas éclipser.
Lena, c'était son point d'ancrage, son Ange qui la retenait de tomber à la Merci des faussetés.
Lena, c'était sa carte maîtresse.
Il fallait qu'elles aient gagné. Pour ne pas se briser toutes les deux.
Sa main gauche serrée autour de la sienne, Elles bravaient les Interdits, surmontaient les montagnes, s'envoleraient jusqu'aux étoiles.
*Et on brillera tellement fort que la Lune en sera jalouse. On étincellera tellement fort que le Soleil en sera jaloux. On sera , et ça nous suffira pour détruire les Mensonges.*
Leurs mains ouvrirent le livre.
Elle tourna quelques pages, persuadée de trouver la réponse.
Car la Réponse devait y être.
Y être, sinon elles avaient perdu.
Réduites.
Mots, mots, phrases entières, points de suspensions...
A.
Elle avait l'impression de se balancer de plus en plus près du vide. Qu'elle allait s'écrouler.
Néant.
Le tremblement de terre se retournait contre elle?
Sa respiration se coupa.
Ça devait être là...
Toujours avoir un coup d'avance...
Ça devait être là, ça devait, ça devait, Merlin!
Pour gagner...
Son cœur tomba quelque part au fond de sa poitrine.
Boum boum.
Boum boum.
Boum...
Le nœud dans sa gorge s'intensifia. Elle crut qu'elle allait mourir bêtement, démontée par les Mensonges et par les flèches de l'Espoir.
Pas les mêmes que celles qui avaient arraché la vie à la presque-morte. Mais des flèches d'autant plus redoutables qu'on ne les sentait que lorsqu'elles étaient entièrement enfoncées dans la peau.
Puis elle le vit.
La couverture cornée, au tout début. A moins que ce ne fut à la fin.
La faille.
***
La fraction d'espace-temps explosa. Elle en fut soufflée tandis que les secondes semblaient à nouveau faire battre son cœur.
Elle avait trouvé.
***
La fraction d'espace-temps explosa. Elle en fut soufflée tandis que les secondes semblaient à nouveau faire battre son cœur.
Elle avait trouvé.
***
Lentement, elle lâcha la main de son Soleil.
Elle décrocha la couverture, délicatement, glissant deux doigts osseux entre les papiers décrochés.
Le papier rugueux qui effleura ses doigts la fit frémir.
C'était comme revivre, au final. Sentir à nouveau la caresse de l'air sur sa joue, l'odeur de lavande presque estompée émanant de la lettre, l'encre violette sur l'enveloppe.
*Lavande?*
[font=Lucida Handwriting]Pour Einini.[/font]
Son cœur allait forcément se décrocher, maintenant ou bientôt.
Ses mains tremblaient, mais ce n'était plus de la Peur.
Elle avait trouvé.
"P'tit Soleil...On a trouvé..."
A peine un souffle qui sortit de ses lèvres.
Elle n'en revenait toujours pas.
Toujours anticiper...
Ne fais confiance à personne, t'entends? PERSONNE!...
Trouve leur point faible. Exploite-le...
Tu dois trouver ta carte maîtresse. Cherche. CHERCHE, MERLIN!
Il y a toujours une faille. A toi de t'engouffrer dans la leur le plus vite possible.
Il n'y a qu'un but, dans ce jeu.
Ce jeu qui consiste à deviner les actes des autres, se détourner de leurs pièges, toujours avoir un coup d'avance.
Gagner.
Ce jeu qui consiste à deviner les actes des autres, se détourner de leurs pièges, toujours avoir un coup d'avance.
Gagner.
Et elle avait gagné.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
La face cachée des (men)songes
Minutes par minutes.
Secondes par secondes.
Elle regardait les gestes d'Alison dans les moindres détails. Du haut de sa tête jusqu'au bout de ses doigts, elle regardait tout ce corps, ce Corps abîmé se mouver lentement.
Elle voyait les rouages tourner entre eux, fragilisés par elle ne savait quoi.
Elle voyait chaque fibre remplie de iVie couler lentement pour faire avancer la main vers le livre, comme le Sang coule dans les veines.
Et elle aimait cette vue, ce Corps qui bougeait, qui dansait sans s'en rendre compte, qui était gracieux, beau, doux, fort.
Elle admirait ce Corps qui s’armait de courage pour prendre le livre, non le Livre contenant la Vérité.
Fini les mensonges.
Fini l’ignorance.
Adieu les soupçon.
Adieu les Mensonges.
Bonjour Vérité.
La petite main chaude de sa Lune toujours dans la sienne, elle la regarda tourner et retourner le Livre, à la recherche d’un indice, d’un mot, d’un message. De quelque chose.
Rien.
Il n’y avait rien du tout. Juste la couverture, les pages, les mots qui ne l’intéressaient pas sur le moment.
Avaient-elles échoué ?
Probablement.
La peur s’empara d’elle, figeant chaque muscle de son corps, crispant chaque morceau de peau, affaissant sa mâchoire.
Elles ne pouvaient pas perdre.
Elles ne le devaient pas. Sinon, tous ces efforts auraient été vain.
Tout le mal que c’était donné la Jaune et Noire se serait envolé pour rejoindre la poussière et se disperser dans les airs.
Ça ne devait pas arriver.
Lueur d’espoir dans son regard.
Un coin, des doigts qui ouvrent, une écriture violette.
Était ce ça ? La vérité, avec un grand V ?
Le chaud avait laissé place au froid, et elle laissa retomber sa main mollement le long de sa hanche. Elle n’avait pas la force de la relever.
Le murmure, la phrase soufflée d’Alison résonna dans sa tête sans provoquer le moindre effet. Ce n’était pas elles qui avaient trouvé. Juste la Lune.
Après tout, la Lune n’a pas besoin du Soleil pour survivre. Elle peut très bien se débrouiller toute seule.
Elle aura toujours les Étoiles pour l’accompagner.
Elle n’a pas besoin du Soleil.
*Elle n’a pas besoin de moi. Elle peut compter sur d’autres personnes, ses "étoiles".*
Comme si on l’avait giflée, elle recula d’un pas, plus raide que jamais.
Les yeux embués, elle ne savait pas pourquoi elle réagissait comme ça. Elle aussi était indépendante. Elle aussi pouvait être seule, trouver les solutions d’elle même.
Elle aussi pouvait être sans sa Lune.
Et pourtant, elle n’arrivait pas à se faire à cette idée. Elle voulait garder Alison pour elle toute seule, comme les hommes gardent avec avidité leur argent.
*Mais elle est pas de l’argent, elle est bien plus que ça, que tout ça.*
« Promets moi... »
Son murmure rauque et cassé lui faisait pitié. Elle se racla la gorge, ne sachant même pas ce qu’elle allait dire.
« Promets moi qu’on restera toujours ensemble, quoiqu’il arrive. Que rien nous séparera. »
Ce n’était pas une phrase balancée en l’air pour faire la conversation.
Non, elle était sérieuse. Comme un serment.
Ses yeux glissèrent du sol au visage de la Poufsouffle, avant de fuirent jusqu’au livre tenu entre ses mains.
La curiosité remua au fond de son ventre, prête à l’engloutir.
Elle la sentait remonter à la surface peu à peu, toujours plus puissante et dangereuse, avant de franchir la surface humide de ses lèvres pour demander timidement :
« Y’a écrit quoi ? »
Mordillage timide de la lèvre, poings qui se serrent.
Nervosité.
Plume, Plume, Plume... Rien ne saura excuser ce retard plus qu’impardonnable...
Secondes par secondes.
Elle regardait les gestes d'Alison dans les moindres détails. Du haut de sa tête jusqu'au bout de ses doigts, elle regardait tout ce corps, ce Corps abîmé se mouver lentement.
Elle voyait les rouages tourner entre eux, fragilisés par elle ne savait quoi.
Elle voyait chaque fibre remplie de iVie couler lentement pour faire avancer la main vers le livre, comme le Sang coule dans les veines.
Et elle aimait cette vue, ce Corps qui bougeait, qui dansait sans s'en rendre compte, qui était gracieux, beau, doux, fort.
Elle admirait ce Corps qui s’armait de courage pour prendre le livre, non le Livre contenant la Vérité.
Fini les mensonges.
Fini l’ignorance.
Adieu les soupçon.
Adieu les Mensonges.
Bonjour Vérité.
La petite main chaude de sa Lune toujours dans la sienne, elle la regarda tourner et retourner le Livre, à la recherche d’un indice, d’un mot, d’un message. De quelque chose.
Rien.
Il n’y avait rien du tout. Juste la couverture, les pages, les mots qui ne l’intéressaient pas sur le moment.
Avaient-elles échoué ?
Probablement.
La peur s’empara d’elle, figeant chaque muscle de son corps, crispant chaque morceau de peau, affaissant sa mâchoire.
Elles ne pouvaient pas perdre.
Elles ne le devaient pas. Sinon, tous ces efforts auraient été vain.
Tout le mal que c’était donné la Jaune et Noire se serait envolé pour rejoindre la poussière et se disperser dans les airs.
Ça ne devait pas arriver.
Lueur d’espoir dans son regard.
Un coin, des doigts qui ouvrent, une écriture violette.
Était ce ça ? La vérité, avec un grand V ?
Le chaud avait laissé place au froid, et elle laissa retomber sa main mollement le long de sa hanche. Elle n’avait pas la force de la relever.
Le murmure, la phrase soufflée d’Alison résonna dans sa tête sans provoquer le moindre effet. Ce n’était pas elles qui avaient trouvé. Juste la Lune.
Après tout, la Lune n’a pas besoin du Soleil pour survivre. Elle peut très bien se débrouiller toute seule.
Elle aura toujours les Étoiles pour l’accompagner.
Elle n’a pas besoin du Soleil.
*Elle n’a pas besoin de moi. Elle peut compter sur d’autres personnes, ses "étoiles".*
Comme si on l’avait giflée, elle recula d’un pas, plus raide que jamais.
Les yeux embués, elle ne savait pas pourquoi elle réagissait comme ça. Elle aussi était indépendante. Elle aussi pouvait être seule, trouver les solutions d’elle même.
Elle aussi pouvait être sans sa Lune.
Et pourtant, elle n’arrivait pas à se faire à cette idée. Elle voulait garder Alison pour elle toute seule, comme les hommes gardent avec avidité leur argent.
*Mais elle est pas de l’argent, elle est bien plus que ça, que tout ça.*
« Promets moi... »
Son murmure rauque et cassé lui faisait pitié. Elle se racla la gorge, ne sachant même pas ce qu’elle allait dire.
« Promets moi qu’on restera toujours ensemble, quoiqu’il arrive. Que rien nous séparera. »
Ce n’était pas une phrase balancée en l’air pour faire la conversation.
Non, elle était sérieuse. Comme un serment.
Ses yeux glissèrent du sol au visage de la Poufsouffle, avant de fuirent jusqu’au livre tenu entre ses mains.
La curiosité remua au fond de son ventre, prête à l’engloutir.
Elle la sentait remonter à la surface peu à peu, toujours plus puissante et dangereuse, avant de franchir la surface humide de ses lèvres pour demander timidement :
« Y’a écrit quoi ? »
Mordillage timide de la lèvre, poings qui se serrent.
Nervosité.
Plume, Plume, Plume... Rien ne saura excuser ce retard plus qu’impardonnable...
Cinquième année rp 2048-2049
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
La face cachée des (men)songes
"I'm trying to hold my breath
Let it stay this way
Can't let this moment end"
______________________________
ღ
Let it stay this way
Can't let this moment end"
______________________________
ღ
Une simple, certainement.
Une simple feuille, dans une simple enveloppe, dans un simple livre, dans une simple bibliothèque.
C'était tout ce qu'on avait à lui offrir après des années de silence, de mise à l'écart et d'incompréhension? Après des mois et des mois d'essai pour devenir un miroir de ses parents, un reflet, plus fidèle qu'une Ombre et plus exacte qu'un cliché?
Imitant les gestes, les intonations, un réel petit pantin articulé et vivant.
Une lettre.
Quelques mots sur une feuille, tracés avec une écriture... Bien trop connue à ses yeux.
Mais des points restaient obscurs.
Qui, déjà, pour planquer une lettre sous la couverture?
Sa grand-mère n'était certainement pas revenue à Poudlard juste pour cacher une lettre dans un vieux livre.
Son frère, alors?
Elle secoua légèrement la tête.
Jack et livre de botanique? Des contraires mêmes. Le zéro absolu dans les similitudes. Rien, que dalle, néant. Il était à peu près aussi passionné par les plantes que par elle : autrement dit, pas.
Alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour chuchoter d'autres mots, elle sentit Lena reculer.
Tournant brutalement la tête vers elle, elle lui lança un regard plein de terreur et d'ombres.
Alors comme ça, elle voulait s'en aller? Elle voulait la laisser avec ses problèmes? Elle voulait plus l'aider? Elle regrettait ce qu'elle lui avait dit, peut-être?
Sa bouche se tordit tandis que ses sourcils étaient déformés par la rancœur et la tristesse.
*Tu m'abandonnes comme ça?*
Pourtant, la Jaune avait des larmes plein les yeux.
Elle était déboussolée, au milieu de tout ça. Paumée. Incapable de comprendre.
Quoi, elle partait alors qu'elle ne le voulait pas? C'était peut-être de sa faute à elle, Alison, alors? N'était-ce pas toujours sa faute? N'était-ce pas toujours les Autres qui avaient raison? *Non, les Autres sont cons!* N'était-ce pas comme d'habitude elle qui avait tout gâché en parlant?
Tais-toi, elle parle.
" Promets moi... "
Un murmure rocailleux. L'incompréhension se peignit sur ses traits.
"Promets moi qu’on restera toujours ensemble, quoiqu’il arrive. Que rien nous séparera. "
Dans d'autres circonstances, peut-être, elle se serait moquée de la tête de Lena.
Elle lui aurait donné un petit coup de coude, lui aurait fait peut-être même un sourire, et serait passée à autre chose.
Mais elles n'étaient pas Dans d'Autres Circonstances, elles étaient ici, à regarder les secondes défiler, et à hésiter face à la Vérité.
Ce mot était beau, ce mot était puissant.
Il aurait pu être un ange, et sa voix des monceaux de perles.
Brutes.
Écorchant les doigts.
Mais ça, on ne devait pas le dire.
" Y’a écrit quoi ?"
Relevant ses yeux qui avaient à nouveau plongés vers l'enveloppe, comme aimantés par son contenu, elle balbutia à-moitié :
"J-J... Pourquoi j't'abandonnerai?"
Elle avait un peu trop élevé la voix, mais elle était blessée que son Soleil ait pu penser ça. Elle, partir? Elle, la laisser? Alors qu'elle était incapable de survivre et de surmonter tout à ses côtés? Elle qui adoucissait ses journées dans le château et lui ouvraient les portes du Calme quand elle ne pouvait se rendre au Lac? Abandonner tout cela? Mais comment, comment?
Puis rebaissant la tête, la gorge nouée, elle décacheta l'enveloppe (enfin, la déchira plus que ne l'ouvrit proprement -foutus doigts qui tremblaient-).
Une photo.
Une image, noire, qu'elle ne parvint tout d'abord pas à comprendre.
Ou qu'elle refusait de comprendre?
Elle se tourna vers P'tit Soleil, la photographie à bout de doigts.
"C'est quoi c'truc?" articula-t-elle encore d'une voix étranglée.
En voyant les mots de Lena, je me suis souvenue de cette chanson.
Je crois que c'est exactement les Mots qu'Alison lui aurait dit, si elle avait encore eu la faculté de faire de longues phrases passionnées...
Oh, et navrée de mon retard... ><
Je crois que c'est exactement les Mots qu'Alison lui aurait dit, si elle avait encore eu la faculté de faire de longues phrases passionnées...
Oh, et navrée de mon retard... ><
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
La face cachée des (men)songes
Peut-être que ses craintes étaient infondées. Peut-être avait-elle eu tord de s'inquiéter. Les yeux fixés sur le papier que tenait Alison, elle n'osait croiser son regard qui, elle le sentait, était posé sur elle. Brûlant. Elle le sentait traverser chaque parcelle de son corps, se glissant sous les pores de sa peau pour envahir ses membre et s'infiltrer sous ses os. C'était désagréable, mais en même temps ça ne la gênait pas. Après tout, ce regard n'était pas comme celui des Autres. Il ne jugeait pas, ne faisait pas passer d'insultes à travers lui. La chaleur que les yeux d'Alison dégageait avait quelque chose de réconfortant, comme quand on prend une peluche dans ses bras et qu'on se roule en boule dans son lit.
– J-J... Pourquoi j't'abandonnerai?
*Parce que t'as trouvé c'que tu cherchais, et que t'as plus b'soin d'moi*. C'est ce qu'elle aurait aimé lui répondre. Si elle en avait eu le courage, elle lui aurait balancé tous ces mots à la figure, avant de partir en courant de la bibliothèque, les larmes aux yeux.
Mais ça aurait blessé Alison, par sa faute en plus. Elle ne se l'aurait jamais pardonné. Alors à la place de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur, elle répondit dans un chuchotement, ses yeux évitant délibérément les perles forêts de la Poufsouffle :
– Ben... Parce que la Lune et l'Soleil sont destinés à ne jamais s'croiser. Y'en a un qui vient l'jour, et l'autre la nuit. Et les seules fois où ils s'croisent c'est quand y'a des éclipses.
Elle marqua une pause, reprenant son souffle. *Les éclipses... C'est beau les éclipses* Elle releva la tête, puis continua :
– Et si... Si on était des éclipses nous aussi ? On aurait jamais dû s'rencontrer pourtant on l'a fait. Donc on est p't'être les éclipses de notre propre monde ? À nous deux ?
Ça n'avait peut-être aucun sens, mais elle savait qu'Alison comprendrait ce qu'elle voulait dire. Son attention se reporta sur l'enveloppe que son amie déchirait, puis sur la photo à l'intérieur. Elle haussa les épaules quand la Jaune et Noire lui demanda ce que c'était, avant de s'approcher *un peu trop* pour mieux observer.
Un fond noir, et au milieu, des nuances de blanc et de gris, formant quelque chose de difforme, qui ressemblait à... Un humain ?
– Euh... On dirait une sorte de personne roulée en boule... Genre un bébé. Non ?
Ahem... Moi en retard ? Jamais ><
– J-J... Pourquoi j't'abandonnerai?
*Parce que t'as trouvé c'que tu cherchais, et que t'as plus b'soin d'moi*. C'est ce qu'elle aurait aimé lui répondre. Si elle en avait eu le courage, elle lui aurait balancé tous ces mots à la figure, avant de partir en courant de la bibliothèque, les larmes aux yeux.
Mais ça aurait blessé Alison, par sa faute en plus. Elle ne se l'aurait jamais pardonné. Alors à la place de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur, elle répondit dans un chuchotement, ses yeux évitant délibérément les perles forêts de la Poufsouffle :
– Ben... Parce que la Lune et l'Soleil sont destinés à ne jamais s'croiser. Y'en a un qui vient l'jour, et l'autre la nuit. Et les seules fois où ils s'croisent c'est quand y'a des éclipses.
Elle marqua une pause, reprenant son souffle. *Les éclipses... C'est beau les éclipses* Elle releva la tête, puis continua :
– Et si... Si on était des éclipses nous aussi ? On aurait jamais dû s'rencontrer pourtant on l'a fait. Donc on est p't'être les éclipses de notre propre monde ? À nous deux ?
Ça n'avait peut-être aucun sens, mais elle savait qu'Alison comprendrait ce qu'elle voulait dire. Son attention se reporta sur l'enveloppe que son amie déchirait, puis sur la photo à l'intérieur. Elle haussa les épaules quand la Jaune et Noire lui demanda ce que c'était, avant de s'approcher *un peu trop* pour mieux observer.
Un fond noir, et au milieu, des nuances de blanc et de gris, formant quelque chose de difforme, qui ressemblait à... Un humain ?
– Euh... On dirait une sorte de personne roulée en boule... Genre un bébé. Non ?
Ahem... Moi en retard ? Jamais ><
Cinquième année rp 2048-2049
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
Membre de la RASA.
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
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