Pacte Ennemi
@Lahira Holms
Suite de Ton pire cauchemar dans mon armoire
Suite de Ton pire cauchemar dans mon armoire
A peine la cloche eut-elle sonné qu'Irene bondit de sa chaise et sortit en trombe de la classe, sans même penser à prendre le devoir. Les paroles de son "frère" raisonnaient dans sa tête, comme si elles avaient été hurlées dans une grande caverne, dans son esprit vidé de toute autre chose. Les larmes piquaient les yeux de l'adolescente alors qu'elle courait dans les couloirs sans faire attention à qui que ce fut, sans s'inquiéter de cogner quelqu'un ou quelque chose, sans réfléchir à l'armure qu'elle percuta et jeta au sol. L'eau salée qui lui coulait sur les joues lui brouillait la vue. La jeune fille parvint néanmoins à distinguer une porte reconnaissable.
Irene poussa le battant, pénétrant dans les toilettes des filles, heureusement encore vides. La jeune fille savait très bien qu'en cette heure, elles ne le resteraient pas longtemps, il y avait souvent de la queue à l'intercours si on ne se dépêchait pas. Sans plus réfléchir, elle décida de s'enfermer dans la cabine la plus éloignée de la porte. Elle fit tomber le couvercle et s'assit dessus, relâchant alors ses pleurs. Elle eu alors la paix quelques secondes, mais la porte principale du lieu ne tarda pas à s'ouvrir sur un groupe de jeunes filles qui riaient et piaillaient avec bonne humeur. Irene ferma donc les yeux, laissa simplement les larmes couler, tâchant d'être la plus silencieuse possible. Elle ne voulait pas qu'on l'entende, qu'on sache qu'elle était là, qu'elle pleurait. Ainsi entourée, elle se sentit encore plus seule, ses pensées allant automatiquement vers son frère, aggravant son mal-être à la fois par son absence et par les souvenirs du cours passé. La force d'une famille comme la force d'une armée réside dans la loyauté de ses membres, mais l'image de Devon qui la rejetait restait imprimée sur ses prunelles.
Heureusement, la fillette n'avait plus cours de l'après-midi, elle pu attendre que la cloche sonne à nouveau et que toutes les autres filles sortent, du moins le croyait-elle. Elle continua de pleurer encore quelques instant, ses larmes se tarissant petit à petit, la laissant assise et vide d'énergie sur ses toilettes. Elle se sentait minable et n'avait pas envie de bouger de là, mais elle n'avait pas le choix... Elle voulait se changer les idées pour ne pas trop repenser à son frère. La jeune fille aux yeux, nez et joues rougis par les larmes débloqua le verrou et sortit doucement de la cabine. Elle s'avança vers les lavabos et fit couler de l'eau fraîche. Elle n'osait pas se regarder dans le miroir, elle avait peur de croiser son propre regard, de s'affronter, d'affronter sa peur. C'est alors qu'un mouvement attira son regard, alors qu'elle allait mettre ses mains en coupelle sous l'eau fraîche. Irene tourna la tête et reconnu le Cloporte. Une bouffée de honte, de colère et de dégoût monta dans le corps d'Irene. Venait-elle d'arriver ou était-elle là depuis longtemps ?
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Post-Aspic (à venir) - M.E.R.L.IN. : Mat / Spid'Irene, la Princesse des Mots-Croisés
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Pacte Ennemi
Lahira fût une des premières élèves à sortir de la salle de Défense contre les Forces du Mal, comme à son habitude. Irene avait été encore plus rapide, et sa chevelure rousse avait déjà disparu à l'angle d'un couloir quand l'aiglonne passa le pas de la porte.
Après l'excitation et l’adrénaline que lui avait procuré ce cours, Lahira se sentait fatiguée et démoralisée. Heureusement, sa journée était finie et elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait. D'habitude, elle aurait rejoint ses amis ou elle aurait fait un tour dans le parc, mais là, elle voulait être seule. Si seule qu'elle aurait voulu que ses pensées aussi disparaissent.
Sa famille qui partait en fumée, la trombe d'eau qui s'écrasait sur le sol, le regard des autres élèves... Tous ces moments repassaient en boucle devant ses yeux, comme si quelqu'un appuyait inlassablement sur le bouton "revoir". Lahira n'avait jamais été douée pour comprendre ses émotions, aujourd'hui encore plus. Tout était brouillon dans sa tête et dans son cœur, tout se confondait. Tout ce qu'elle comprenait, c'était qu'elle se sentait mal et qu'elle aurait voulu tout oublier. Ne plus se souvenir, ne plus devoir essayer de comprendre, devenir une simple spectatrice de la vie qui suivait son cours.
C'est sûr ces pensées moroses que la Serdaigle continua de marcher sans but dans les couloirs. Elle laissa de côté peu à peu ses pensées, en se concentrant sur ce qui l'entourait : un groupe de premières années qui riaient, un professeur qui marchait rapidement, les fines gouttes de pluie qui s'écrasaient sur l'herbe dehors par moment... Regardant les nuages gris se déplacer doucement, Lahira fût tirée de sa rêverie quand la cloche sonna à nouveau.
Le cœur un peu moins lourd, la jeune fille se décida de monter jusqu'à sa salle commune. En chemin, elle s'arrêta aux toilettes, pour se rafraîchir le visage et les idées. Elle remit ses cheveux noirs en place, passa de l'eau fraîche sur sa peau et observa ses yeux cernés dans le miroir. Soudain, elle entendit un sanglot étouffé suivi d'un reniflement. Encore une des ces filles qui faisaient tout un drame parce que leur petit copain les avaient snobé dans le couloir, ou parce qu'elles avaient eu une mauvaise note et que ça allait décevoir papa et maman. Lahira soupira et referma le robinet. Au même moment, un verrou se débloqua et la pleureuse sortit. L'aiglonne tourna avec automatisme la tête, et fût surprise de voir non pas une première année aux airs dramatiques, mais Irene Gates.
Cette dernière ne l'avait pas remarqué et s'était avancée jusqu'à un lavabo. Lahira n'avait pas envie de se battre, et Irene avait sûrement de bonnes raisons de pleurer. Elle voulut la laisser tranquille et tourna donc les talons pour s'en aller discrètement. Mais la rousse la remarqua.
Lahira se sentit transpercée par son regard empli de dégoût. Quelqu'un l'avait-elle déjà regardé avec tant de haine ? Avait-elle vraiment mérité le mépris profondément ancré sur le visage d'Irene ?
Après l'excitation et l’adrénaline que lui avait procuré ce cours, Lahira se sentait fatiguée et démoralisée. Heureusement, sa journée était finie et elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait. D'habitude, elle aurait rejoint ses amis ou elle aurait fait un tour dans le parc, mais là, elle voulait être seule. Si seule qu'elle aurait voulu que ses pensées aussi disparaissent.
Sa famille qui partait en fumée, la trombe d'eau qui s'écrasait sur le sol, le regard des autres élèves... Tous ces moments repassaient en boucle devant ses yeux, comme si quelqu'un appuyait inlassablement sur le bouton "revoir". Lahira n'avait jamais été douée pour comprendre ses émotions, aujourd'hui encore plus. Tout était brouillon dans sa tête et dans son cœur, tout se confondait. Tout ce qu'elle comprenait, c'était qu'elle se sentait mal et qu'elle aurait voulu tout oublier. Ne plus se souvenir, ne plus devoir essayer de comprendre, devenir une simple spectatrice de la vie qui suivait son cours.
C'est sûr ces pensées moroses que la Serdaigle continua de marcher sans but dans les couloirs. Elle laissa de côté peu à peu ses pensées, en se concentrant sur ce qui l'entourait : un groupe de premières années qui riaient, un professeur qui marchait rapidement, les fines gouttes de pluie qui s'écrasaient sur l'herbe dehors par moment... Regardant les nuages gris se déplacer doucement, Lahira fût tirée de sa rêverie quand la cloche sonna à nouveau.
Le cœur un peu moins lourd, la jeune fille se décida de monter jusqu'à sa salle commune. En chemin, elle s'arrêta aux toilettes, pour se rafraîchir le visage et les idées. Elle remit ses cheveux noirs en place, passa de l'eau fraîche sur sa peau et observa ses yeux cernés dans le miroir. Soudain, elle entendit un sanglot étouffé suivi d'un reniflement. Encore une des ces filles qui faisaient tout un drame parce que leur petit copain les avaient snobé dans le couloir, ou parce qu'elles avaient eu une mauvaise note et que ça allait décevoir papa et maman. Lahira soupira et referma le robinet. Au même moment, un verrou se débloqua et la pleureuse sortit. L'aiglonne tourna avec automatisme la tête, et fût surprise de voir non pas une première année aux airs dramatiques, mais Irene Gates.
Cette dernière ne l'avait pas remarqué et s'était avancée jusqu'à un lavabo. Lahira n'avait pas envie de se battre, et Irene avait sûrement de bonnes raisons de pleurer. Elle voulut la laisser tranquille et tourna donc les talons pour s'en aller discrètement. Mais la rousse la remarqua.
Lahira se sentit transpercée par son regard empli de dégoût. Quelqu'un l'avait-elle déjà regardé avec tant de haine ? Avait-elle vraiment mérité le mépris profondément ancré sur le visage d'Irene ?
"Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve." Antoine de Saint-Exupéry.
Deuxième année devoir, troisième année RP.
Team Marchombre !
Pacte Ennemi
Les sentiments qui déchiraient le coeur d'Irene s'étaient complexifiés avec ce mélange émotionnel que lui avait procuré la vue du Cloporte. La honte d'avoir montré sa faiblesse extrême face à son ennemie, le dégoût de s'être ainsi laissée surprendre et la colère contre Lahira qui l'avait peut-être espionnée, mais surtout contre elle-même de s'être ainsi laissée emporter dans ses sentiments. Pourtant, elle ne prononça pas un mot, incapable de dire quoi que ce soit face à l'autre aiglonne. Les deux jeunes filles s'observèrent ainsi, en chien de fusil, sans que rien ne se passe. Irene, immobile, semblait défier la jeune brune de briser ce silence, d'avoir la moindre exclamation.
Les secondes s'étirèrent, semblables à de longues minutes, pourtant, dans cette confrontation silencieuse, le temps même semblait s'être arrêté, comme la girouette s'immobilise au moment où le vent se suspends. Et pourtant si à l'extérieur rien ne semblait bouger, chaque cellule musculaire du corps d'Irene se tendait, petit à petit, seules témoins de ce temps qui s'écoulait inexorablement. La petite rousse commençait à voir des étoiles, se rendant alors compte que dans sa crispation, elle en avait suspendu sa propre respiration. Handicapant quand on sait qu'on va peut-être devoir se défendre plus ou moins virulemment. Alors le souffle doux de la jeune fille rompit le silence assourdissant, déchirant la pellicule de glace invisible qui semblait s'être installée dans la pièce.
La reprise de sa respiration aida Irene à faire le ménage dans ses pensées et elle finit, sans réfléchir, par attaquer perfidement le Cloporte :
- Tu profites du spectacle ?
Sa voix était froide, cherchant la confrontation, comme si Irene pensait qu'elle pouvait se défouler de sa douleur sur sa camarade, comme si cette dispute qu'elle semblait vouloir entamer allait l'aider à faire diversion sur ce qu'elle ressentait, comme si elle espérait qu'après elle pourrait accuser Lahira d'être la cause de ses actions.
Irene fit donc le pire, tendant presque inconsciemment le bâton pour se faire battre. Elle se servit du passage de la petite brune devant l'épouvantard. Et elle s'en moqua, le visage tordu par un rictus froid :
- Tu te crois meilleure parce que t'as vaincu ton épouvantard sans frémir ? Mais tu sais, avec toute cette eau, non seulement tu as écrasé ta famille, mais en plus, tu la noies.
Pendant qu'elle déversait son venin, Irene s'était avancée vers Lahira, comme pour l'impressionner. Elle termina sa litanie en prenant un air supérieur, affichant un profond dégoût sur son visage, toisant Lahira comme si elle n'était qu'un chewing-gum perdu sur le sol :
- Tu es pathétique
Ce qu'Irene espérait de tout coeur c'est que Lahira ne sente pas que ces mots, que la petite rousse lui balançait violemment à la figure, étaient bien plus adressée à elle-même. Irene fixait d'ailleurs Lahira, sans ciller, de peur de se regarder dans le miroir sur le côté.
Mots en gras-soulignés : CdC Octobre 2020
Les secondes s'étirèrent, semblables à de longues minutes, pourtant, dans cette confrontation silencieuse, le temps même semblait s'être arrêté, comme la girouette s'immobilise au moment où le vent se suspends. Et pourtant si à l'extérieur rien ne semblait bouger, chaque cellule musculaire du corps d'Irene se tendait, petit à petit, seules témoins de ce temps qui s'écoulait inexorablement. La petite rousse commençait à voir des étoiles, se rendant alors compte que dans sa crispation, elle en avait suspendu sa propre respiration. Handicapant quand on sait qu'on va peut-être devoir se défendre plus ou moins virulemment. Alors le souffle doux de la jeune fille rompit le silence assourdissant, déchirant la pellicule de glace invisible qui semblait s'être installée dans la pièce.
La reprise de sa respiration aida Irene à faire le ménage dans ses pensées et elle finit, sans réfléchir, par attaquer perfidement le Cloporte :
- Tu profites du spectacle ?
Sa voix était froide, cherchant la confrontation, comme si Irene pensait qu'elle pouvait se défouler de sa douleur sur sa camarade, comme si cette dispute qu'elle semblait vouloir entamer allait l'aider à faire diversion sur ce qu'elle ressentait, comme si elle espérait qu'après elle pourrait accuser Lahira d'être la cause de ses actions.
Irene fit donc le pire, tendant presque inconsciemment le bâton pour se faire battre. Elle se servit du passage de la petite brune devant l'épouvantard. Et elle s'en moqua, le visage tordu par un rictus froid :
- Tu te crois meilleure parce que t'as vaincu ton épouvantard sans frémir ? Mais tu sais, avec toute cette eau, non seulement tu as écrasé ta famille, mais en plus, tu la noies.
Pendant qu'elle déversait son venin, Irene s'était avancée vers Lahira, comme pour l'impressionner. Elle termina sa litanie en prenant un air supérieur, affichant un profond dégoût sur son visage, toisant Lahira comme si elle n'était qu'un chewing-gum perdu sur le sol :
- Tu es pathétique
Ce qu'Irene espérait de tout coeur c'est que Lahira ne sente pas que ces mots, que la petite rousse lui balançait violemment à la figure, étaient bien plus adressée à elle-même. Irene fixait d'ailleurs Lahira, sans ciller, de peur de se regarder dans le miroir sur le côté.
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Pacte Ennemi
Le temps semblait s'écouler lentement. Lahira se retenait inconsciemment de cligner des yeux, comme si un moindre geste de sa part aurait déclencher une tempête. Le calme qui régnait dans la pièce contrastait avec les pensées de l'aiglonne, qui fusaient et s'entrechoquaient.
Pourquoi était-elle rentrée dans les toilettes ? Pourquoi avait-il fallut qu'elle tombe sur Irene ? Elle ne méritait pas ce dégoût et cette haine. Était-elle allée une fois trop loin en faisant une mauvaise blague à son ennemie ? Non, Irene avait toujours riposté avec autant de véhémence. Un déluge de hurlements allait s'abattre sur elle, c'était sûr. Fallait-il s'en aller, pendant qu'il était encore temps ? Non, ce serait fuir...
Soudain, le bruit d'une respiration trancha le silence. Il avait été aussi bruyant qu'un cri. Cela eut pour effet de vider Lahira de toute pensée, ne lui laissant qu'un sentiment de grande lassitude.
- Tu profites du spectacle ?
La jeune fille brune leva les yeux et crut voir sur le visage d'Irene de la colère, qu'elle ne lui avait jamais vu, tordant son visage fin. Non, ce n'était pas de la colère, mais de la haine. Lahira fut de nouveau traversée par ce sentiment d'injustice : elle ne le méritait pas, si ? Elle éloigna ses doutes d'un battement de cils, et décida de ne pas répondre à la provocation. C'était bien la première fois qu'elle faisait preuve de maturité avec la rouquine.
- Tu te crois meilleure parce que t'as vaincu ton épouvantard sans frémir ? Mais tu sais, avec toute cette eau, non seulement tu as écrasé ta famille, mais en plus, tu la noies.
Lahira réprima un haut-le-cœur : c'était comme si toutes les émotions qu'elle avait ressentit face à l'épouvantard lui étaient remontés dans la gorge. Un tic lui agita le sourcil : elle se retenait de toutes ses forces pour ne pas hurler ou se jeter sur Irene.
- Tu es pathétique.
Le mot de trop. Un horrible sourire s'étala sur ses lèvres, et l'aiglonne planta son regard noir dans celui de la jeune fille qui lui faisait face.
- Tu sais, Irene, ce n'est pas grave d'avoir paniqué comme ça devant l'épouvanteur... On a pas tous assez de sang froid pour agir.
Lahira regrettait chaque mot qu'elle prononçait : elle se mettait à son niveau, rentrait dans son jeu...
- Ce n'est pas grave de pleurer non plus ! Pas besoin de te cacher, on est tous là pour te réconforter. Tout le monde a peur de se faire abandonner, n'est-ce pas ? Mais bon, en même temps, quand on est comme toi, c'est des choses qui arrivent...
Tout bon sens l'avait quitté, mais une vague de culpabilité s'écrasa déjà sur ses épaules. Lahira essayait de se rassurer : Irene, au moins, l'avait cherché et mérité...
La réponse est enfin là ! Je te souhaite une très bonne année
Pourquoi était-elle rentrée dans les toilettes ? Pourquoi avait-il fallut qu'elle tombe sur Irene ? Elle ne méritait pas ce dégoût et cette haine. Était-elle allée une fois trop loin en faisant une mauvaise blague à son ennemie ? Non, Irene avait toujours riposté avec autant de véhémence. Un déluge de hurlements allait s'abattre sur elle, c'était sûr. Fallait-il s'en aller, pendant qu'il était encore temps ? Non, ce serait fuir...
Soudain, le bruit d'une respiration trancha le silence. Il avait été aussi bruyant qu'un cri. Cela eut pour effet de vider Lahira de toute pensée, ne lui laissant qu'un sentiment de grande lassitude.
- Tu profites du spectacle ?
La jeune fille brune leva les yeux et crut voir sur le visage d'Irene de la colère, qu'elle ne lui avait jamais vu, tordant son visage fin. Non, ce n'était pas de la colère, mais de la haine. Lahira fut de nouveau traversée par ce sentiment d'injustice : elle ne le méritait pas, si ? Elle éloigna ses doutes d'un battement de cils, et décida de ne pas répondre à la provocation. C'était bien la première fois qu'elle faisait preuve de maturité avec la rouquine.
- Tu te crois meilleure parce que t'as vaincu ton épouvantard sans frémir ? Mais tu sais, avec toute cette eau, non seulement tu as écrasé ta famille, mais en plus, tu la noies.
Lahira réprima un haut-le-cœur : c'était comme si toutes les émotions qu'elle avait ressentit face à l'épouvantard lui étaient remontés dans la gorge. Un tic lui agita le sourcil : elle se retenait de toutes ses forces pour ne pas hurler ou se jeter sur Irene.
- Tu es pathétique.
Le mot de trop. Un horrible sourire s'étala sur ses lèvres, et l'aiglonne planta son regard noir dans celui de la jeune fille qui lui faisait face.
- Tu sais, Irene, ce n'est pas grave d'avoir paniqué comme ça devant l'épouvanteur... On a pas tous assez de sang froid pour agir.
Lahira regrettait chaque mot qu'elle prononçait : elle se mettait à son niveau, rentrait dans son jeu...
- Ce n'est pas grave de pleurer non plus ! Pas besoin de te cacher, on est tous là pour te réconforter. Tout le monde a peur de se faire abandonner, n'est-ce pas ? Mais bon, en même temps, quand on est comme toi, c'est des choses qui arrivent...
Tout bon sens l'avait quitté, mais une vague de culpabilité s'écrasa déjà sur ses épaules. Lahira essayait de se rassurer : Irene, au moins, l'avait cherché et mérité...
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Un sentiment de satisfaction malsain se répandit dans le ventre d'Irene quand Lahira lui répondit. Irene avait fait mouche. Mais son ennemie ne manquait pas de répartie et n'avait pas manqué non plus le bâton qu'Irene lui avait tendu. Cette dernière pâlit visiblement, contracta ses poings, sentant à peine la douleur de ses ongles enfoncés dans ses paumes. Elle franchit rapidement l'espace qui la séparait encore de Lahira, le visage presque collé au sien, le regard assassin, les dents serrées et laissa sortir ces quelques mots :
- Tu sais rien.
Ces mots raisonnaient comme une menace dans les toilettes, mais Irene ne pouvait cacher la détresse qui brillait au fond de ses yeux et encore moins dans les larmes qui s'en échappaient. Son être entier était tendu, prêt à donner des coups, mais à qui ? à Lahira ? ou à elle-même ? Perdue dans son tourbillon d'émotions, Irene n'arrivait plus à capter ce qu'elle ressentait. Elle s'accrochait à sa colère, à sa fierté, mais plus les secondes passaient plus le vernis de mensonge qu'elle s'affichait à elle-même craquait. Et moins elle savait comment réagir. La culpabilité de son comportement qu'elle venait d'avoir et qu'elle conscientisait doucement montait également, retenant tout geste malheureux à l'égard de sa camarade de maison. Etait-ce vraiment ce qu'elle voulait être, ça ? Détestait-elle vraiment Lahira au point de lui faire porter tout le chapeau de son mal-être ? Etait-ce vraiment juste ? Ces pensées combattaient sa colère et, sans pour autant l'apaiser, lui permirent de reprendre le dessus. Irene se força à desserrer les poings, tendant ses doigts au maximum, la marque de ses ongles gravée dans sa chair, et fit quelques pas en arrière. Elle détestait ça. Elle avait l'impression de se montrer faible face à Lahira, mais au fond d'elle même, elle savait déjà que son acte de colère le montrait bien plus clairement. Irene tourna le dos à l'autre aiglonne, donnant violemment un coup de pied dans un tube de maquillage qui semblait avoir été oublié là et qui alla s'exploser contre le carrelage du mur, le maculant de pâte épaisse et sombre.
Le silence qui suivit pesa dans la pièce, mais Irene finit par le briser en prononçant des syllabes qui lui coûtaient autant qu'elles lui paraissaient nécessaires et qu'elles étaient sincères :
- Pardon.
Irene espérait presque que ça allait suffire et que Lahira s'en irait sans demander son reste. Mais la probabilité était faible, la petite rousse savait qu'elle devait plus s'attendre au minimum à ce que Lahira la dénonce à un professeur et que ce professeur au mieux la dispute, au pire lui donne une retenue. Si au moins ça pouvait la maintenir occupée suffisamment pour ne plus avoir sans cesse l'impression d'entendre Devon lui répéter les quelques mots que l'épouvantard lui avaient fait prononcer...
Merci beaucoup, à toi aussi ! C'est toujours un plaisir de te lire et d'écrire avec toi !
- Tu sais rien.
Ces mots raisonnaient comme une menace dans les toilettes, mais Irene ne pouvait cacher la détresse qui brillait au fond de ses yeux et encore moins dans les larmes qui s'en échappaient. Son être entier était tendu, prêt à donner des coups, mais à qui ? à Lahira ? ou à elle-même ? Perdue dans son tourbillon d'émotions, Irene n'arrivait plus à capter ce qu'elle ressentait. Elle s'accrochait à sa colère, à sa fierté, mais plus les secondes passaient plus le vernis de mensonge qu'elle s'affichait à elle-même craquait. Et moins elle savait comment réagir. La culpabilité de son comportement qu'elle venait d'avoir et qu'elle conscientisait doucement montait également, retenant tout geste malheureux à l'égard de sa camarade de maison. Etait-ce vraiment ce qu'elle voulait être, ça ? Détestait-elle vraiment Lahira au point de lui faire porter tout le chapeau de son mal-être ? Etait-ce vraiment juste ? Ces pensées combattaient sa colère et, sans pour autant l'apaiser, lui permirent de reprendre le dessus. Irene se força à desserrer les poings, tendant ses doigts au maximum, la marque de ses ongles gravée dans sa chair, et fit quelques pas en arrière. Elle détestait ça. Elle avait l'impression de se montrer faible face à Lahira, mais au fond d'elle même, elle savait déjà que son acte de colère le montrait bien plus clairement. Irene tourna le dos à l'autre aiglonne, donnant violemment un coup de pied dans un tube de maquillage qui semblait avoir été oublié là et qui alla s'exploser contre le carrelage du mur, le maculant de pâte épaisse et sombre.
Le silence qui suivit pesa dans la pièce, mais Irene finit par le briser en prononçant des syllabes qui lui coûtaient autant qu'elles lui paraissaient nécessaires et qu'elles étaient sincères :
- Pardon.
Irene espérait presque que ça allait suffire et que Lahira s'en irait sans demander son reste. Mais la probabilité était faible, la petite rousse savait qu'elle devait plus s'attendre au minimum à ce que Lahira la dénonce à un professeur et que ce professeur au mieux la dispute, au pire lui donne une retenue. Si au moins ça pouvait la maintenir occupée suffisamment pour ne plus avoir sans cesse l'impression d'entendre Devon lui répéter les quelques mots que l'épouvantard lui avaient fait prononcer...
Merci beaucoup, à toi aussi ! C'est toujours un plaisir de te lire et d'écrire avec toi !
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