Cette nuit-là ft. Libella Aspera

29 novembre 2044
Tard le soir
Avec @Libella Aspera


*


Un pressentiment, elle ne sait lequel. Il l'a pousse à se lever, à marcher et à monter, monter, monter jusqu'à la Tour d'Astronomie. Elle se redresse de son fauteuil dans la salle commune. Elle a envie de voir les étoiles. Non. Si, elle a envie. *Tu pouvais pas le faire avant ? Quand il faisait moins froid, genre ?* On approche du l'hiver. Il fait toujours froid de toute façon. Et elle s'est bien couverte. *T'es en pyj', chérie.* Bah ouais. Elle ne va pas se déshabiller pour se rhabiller ensuite. *Mais c'est bizarre, quand même, cette envie subite.* Non, elle ne trouve pas. Elle est plutôt impulsive, en plus. *Non, y a quelque chose.* Elle fait la sourde oreille. Elle est sortie de la salle commune et elle commence son ascension jusqu'à la tour. *Stop !* Quoi ? Qu'a donc La Voix ? *Redescends.* Pourquoi ? Pas de réponse. Elle fige, parce que c'est bizarre, parce que d'habitude, La Voix passe son temps à lui parler. Là, elle ne dit rien et ça l'inquiète.
Elle hausse les épaules et se décide à repartir. C'est sans doute un piège, comme toujours. Ça prend pas, ton truc. Elle ne se fait plus avoir comme avant. *Redescends.* Cette fois, La Voix parle plus fort, de façon plus pressée. Bizarre. Mais elle n'en tint pas compte, malgré les ordres plus pressants qui suivirent. *Descends, descends, descends ! Va t'en !* Elle continue résolument son chemin, bien décidée à ne pas écouter. *N'y vas pas !*
Elle parvint devant le dernier escalier. Fait une pause, avant de grimper les marches avec entrain, poursuivie sans relâche pas La Voix. *Non, non, non, non, non, non, non.* Eh bah si. Elle n'est pas si bête. Quand La Voix dit quelque chose, elle doit forcément faire l'inverse. Et puis, elle ne voit pas en quoi observer les étoiles est un problème. *Monte, vas-y, monte !* Si elle croit l'avoir de cette façon-là, c'est râpe. Je ne suis pas née de la dernière pluie. Chérie. *DÉGAGE DE LÀ TOUT DE SUITE !* Elle trébuche, ébranlée comme jamais. Se rattrape au mur en suffoquant. L'ordre mental est clair, mais ce n'est pas pour autant qu'elle va y obéir. La jeune fille reprend son chemin.

Elle est arrivée. Comme l'a dit La Voix, il fait froid, mais le jeu en vaut la chandelle. C'est absolument splendide. Elle en reste bouche-bée et même La Voix doit l'être car elle s'est enfin tue. Elle s'approche du rebord et regarde le paysage. Ses yeux le dévorent avec avidité. Le ciel, la nature, le Parc, le Lac... Tout est magnifique. *Non.* La ferme. Elle gâche l'instant. La Voix finit par s'écarter, avant de s'en aller sur une dernière phrase : *Je t'aurais prévenue.* Prévenue de quoi ? T'as rien dit du tout ! T'as juste ordonné, si tu voulais que je t'écoute, t'avais qu'à m'expliquer, point barre ! Pas de réponse. Ça l'a glace jusqu'au sang.
C'est pas normal. Elle fronce les sourcils, avant de hausser les épaules. Ce n'est pas important. Elle se reconcentre sur la vue et s'accoude à la balustrade. Elle a fêté son anniversaire ici, l'année dernière. Avec son amie Elwing. Ça avait été beau. Un peu émotionnel à un moment, mais elle n'oublierait jamais cette soirée.

Elle finit par se coucher à même le sol pour regarder les belles lumières brillantes qui illuminent le ciel nocturne. Et dire qu'il y a des gens qui s'en fichent, des étoiles. La deuxième année est loin de s'en ficher. C'est bien trop beau. La rouge et or ferme les yeux un instant. Juste un instant. Elle va bientôt les rouvrir. Elle finit par s'endormir.
Le froid l'a réveille. Elle frissonne. Elle cligne des paupières en se redressant, elle a la tête qui tourne. Elle s'assied. Regarde autour d'elle. La luminosité, l'astre lunaire et le reste du plafond du monde n'a pas tant bougé. Un peu, mais pas totalement. J'ai dû m'assoupir quinze minutes. Elle gèle, maintenant. Elle devrait peut-être rentrer se mettre au chaud. Elle essaie de se lever, vacille un peu. Deux minutes, le temps de me remettre. Elle sort un sorbet citron de sa poche avant de le mettre dans sa bouche. Nouvelle intrusion de la Voix. *Dépêche-toi de partir !* Pourquoi ? Silence. Si tu voulais bien m'expliquer, je pourrais peut-être t'écouter. *Je ne sais pas. Je le sens pas.* Tu sens pas quoi ? *Je sais pas.*

-Alors quoi ? C'est tout ? Tu me bassines depuis tout à l'heure avec tes "Va-t'en" alors que tu sais rien ?! s'exclame-t-elle à voix haute.

Elle est énervée. Pour la peine, elle ne va pas bouger, tiens ! Il fait froid, mais tant pis. La Voix n'a qu'à être plus claire. *Je ne peux pas.*

Reducio
Le titre de ce RP a été modifié. Voir dernier post.
Dernière modification par Katherine Bailey le 17 oct. 2020, 13:10, modifié 2 fois.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Cette nuit-là ft. Libella Aspera
Libella était couchée au fond de son lit, placé dans le coin le plus reculé du dortoir. Les cours s'étaient bien déroulés : d'abord le thème en histoire de la magie était très intéressant et son enseignante avait même réussi à lui apprendre de nouvelles, et puis cet après-midi, elle avait reçu des félicitations pour la réussite de son sortilège. Pourtant, pour la première fois depuis la rentrée, Libella n'avait pas fait ses devoirs en sortant de cours. La journée avait été trop longue, au point où elle avait préféré ne pas descendre dans la Grande Salle pour dîner, mais plutôt se cacher sous ses couvertures. Et maintenant qu'elle s'y trouvait, malgré ses paupières qu'elle tenait fermement closes, elle sentait ses yeux brûler. D'habitude, quand elle déménageait sa couette dans la bibliothèque familiale ou regagnait son lit, une frimousse ronronnante apparaissait toujours dans les minutes suivantes. Ses pattes piétinaient les draps, puis il se glissait contre le ventre ou le cou de sa petite maîtresse. Mais Piscis n'était pas là et la fillette sentit un poids tomber brusquement dans ses entrailles à cette réalisation.

***


Elle ne sut combien de temps elle resta ainsi immobile sous sa couette à fouiller dans ses souvenirs, à visualiser son compagnon d'enfance. Elle ne s'endormit pas, ne pleura pas, même si son corps tremblota parfois légèrement. L'arrivée de deux camarades de dortoir gloussant brisa finalement son moment de calme et malgré ses efforts pour ne pas les écouter cancaner elle dût se rendre à l'évidence qu'une fois de plus elle ne retrouverait le calme que lorsque l'ensemble de son dortoir dormirait. Elle repoussa donc ses couvertures, remit ses chaussures et chercha son plus gros pull. Le couvre-feu ne devait plus être très éloigné, mais l'idée ne l'effleura pas et personne ne la remarqua quitter la Salle Commune. Elle était naturellement discrète, et elle voulait voir les étoiles, pas seulement depuis une fenêtre de la tour Gryffondor. Aussi se mit-elle en chemin pour la tour d'Astronomie.

Elle ne croisa pas beaucoup d'élèves et apprécia le silence des couloirs si agités en journée. Finalement, c'était une bonne chose que ses camarades l'aient chassée de son dortoir, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'admirer le ciel étoilé. Certes, chez elle, à Aberdeen, elle pouvait aussi observé le reflet des astres à la surface la mer, et Piscis la rejoignait tout le temps, mais elle essaya d'occulter cette pensée qui lui faisait mal au cœur. Elle se concentra sur la perspective d'être à nouveau seule en compagnie des étoiles.

Libella grimpa les marches rapidement, les yeux rivés sur la lueur nocturne apparaissant au bout de l'ascension de la tour d'Astronomie. Quand elle parvint à la surface, malgré la beauté de la voûte céleste, ses yeux se fermèrent pour apprécier brièvement la souffle hivernal fouettant la peau de son visage. Son cœur s'allégea et un soupir d'apaisement lui échappa. Avant que sa quiétude n'éclata brusquement au son d'une voix familière.

- Alors quoi ? C'est tout ? Tu me bassines depuis tout à l'heure avec tes "Va-t'en" alors que tu sais rien ?!

Un coup d’œil circulaire suffit à identifier la provenance de cet éclat. Et Libella reconnut immédiatement ces longs cheveux noir corbeau. Qui traînaient d'ailleurs sur le sol où était affalée leur propriétaire. Que Libella ne s'étonna même pas de trouver en pyjama - à croire que cette fille cherchait systématiquement à tomber malade. Sa diatribe en revanche était peu compréhensible.

Leur dernier échange datait, et il ne s'était pas déroulé sans heurt. Peut-être que Libella avait manqué de tact en lui disait qu'elle était bizarre. Ou peut-être qu'aucune conversation ne pouvait être calme avec Katherine, qui changeait d'humeur et d'attitude aussi vite et brusquement qu'un vivet d'or.

Fatiguée, l'absence de Piscis toujours dans ses pensées, Libella hésita à repartir, mais la perspective de retrouver son dortoir grouillant de voix l'arrêta. Elle voulait rester profiter un peu du panorama nocturne.

- Katherine ? appela-t-elle finalement.

Cette nuit-là ft. Libella Aspera
Elle sent sa présence cinq secondes avant qu'elle ne lui adresse la parole. Elle s'apprête à se retourner, mais se fige. La voix qui l'appelle lui semble familière. Elle l'a déjà entendue. Plus d'une fois. Le nom de cette personne, elle l'a sur le bout de la langue. C'est... c'est... *Merde, le robot !* Libella, donc. Elle se retourne d'un bloc et là, plus de doute, c'est bien le robot. *Qu'est-ce qu'elle fait là, celle-là ?* Peut-être est-elle venue faire la même chose qu'elle : regarder les étoiles. Il n'y a pas grand chose d'autre à faire dans cet endroit. La seule autre possibilité, c'est qu'elle est venue rejoindre quelqu'un. Mais la présence de l'autre Gryffondor est la seule qu'elle ait remarquée. Si quelqu'un d'autre est là, alors son radar ne l'a pas détecté, ce qui est impossible. Ou alors, la personne la rejoindra après. Elle essaie de regarder derrière sa camarade. Personne. *Attends... Et si elle t'a entendue ?* Entendu quoi ? La brunette ne comprend pas. *Tu m'a parlé à voix haute.* Elle écarquille les yeux. Non, non, non, non... *C'est sûr que maintenant, elle aura de bonnes raisons de te penser bizarre. T'es schizophrène !* Elle n'a pas oublié leur échange. Si leur rencontre au match s'est à peu près bien passée, leur retrouvailles à la Bibliothèque ont étés différentes. Elle ne lui a toujours pas pardonné de l'avoir traitée de bizarre avec autant de désinvolture. Quand on insulte quelqu'un, on fait pas comme si c'était une discussion normale. Et voilà que maintenant, elle a toutes les raisons de le penser. *Je t'avais dit de ne pas venir ici.* Oui, elle aurait dû écouter La Voix. Pardonne-moi. Elle continue d'observer Libella tout en reculant. Peut-être doit-elle partir. *Oui.* Lui donner un autre coup d'épaule en passant, comme elle l'a déjà fait. Comme ça, elle ne lui adressera plus la parole. Ne voudra plus rien à voir à faire avec elle, et elle sera tranquille. *Mais il faut s'assurer qu'elle n'ait rien entendu. Elle pourrait tout répéter.* C'est vrai.

-Libella. Qu'est-ce que t'es v'nue faire là ?

Son ton est tendu, à la limite de l'agressif. Elle détourne les yeux, peu fière. *Eh ! Elle peut te balancer à n'importe qui et après, tu sais quoi ? Tu devras aller voir un psy !* Elle manque de se mettre à hoqueter. Pas de psy. Elle hait les psys. *Alors fais gaffe.*
Son regard est attiré par une forme sombre dans le ciel. Qui bouge. Vole, plutôt. Un hibou ? Elle le suit des yeux, préférant ça à fixer le robot, de peur que la culpabilité ne vienne. Elle lui en veut, mais elle n'aime pas être méchante. *Si, t'aimes ça.* Non, pas du tout. Le hibou se rapproche. Si c'est bien un hibou. Ça pourrait très bien être un autre oiseau. Ou une personne sur un balai. *Va-t'en !* Mais, elle n'a pas eu confirmation que Libella l'ait entendue ! Elle ne veut pas aller voir un psy ! *On s'en fiche, va-t'en, dégage !* C'est un ordre impérieux. La Voix semble stressée, en panique. Ça la gagne, ça la fige. Et elle ne peut pas obéir. Alors elle se contente de regarder le volatile s'approcher. Car s'en est bien un. Il se précipite sur elle, la percute de plein fouet, lui plante ses griffes dans le bras et lui pince l'épaule de son bec. L'attaquée se dégage en envoyant valser le hibou. Holy. Elle appartient à sa famille. Et c'est une vraie teigne. Mécontente, Holy lui lance un regard noir, avant de s'approcher en boitant. Une lettre est accrochée à sa patte. La jeune fille attrape l'oiseau et récupère l'enveloppe cachetée. Holy Holy - comme elle l'a surnomme -essaie encore de pincer, mais la deuxième année l'écarte une fois la lettre récupérée. *Pars, pars, pars.* Non. Elle a du courrier, elle va le lire. Et après, elle partira. N'empêche, elle a un mauvais pressentiment. Elle n'ose pas décacheter enveloppe. Ça vient de sa famille. Son nom à elle est écrit dans une écriture manuscrite. Celle de sa mère.

-Qu'est-ce qu'il s'passe ? se demande-t-elle à elle-même.

Sa voix n'est qu'un murmure, elle a les sourcils froncés. Elle ne voit vraiment pas pourquoi on lui enverrait quelque chose aussi tard. *MAIS DÉGAGE, MERDE !* C'est violent, pressant. Elle trébuche, se rattrape à la rambarde. Elle ne fait même plus attention à sa camarade. Ses doigts tremblent. Allez, c'est rien. Un hululement la fait sursauter vivement. Le hibou noir la contemple de ses deux grands yeux jaunes, l'air furieux.

-Quoi ? C'est toi qui m'a attaquée comme une sauvage. Pas la peine de m'regarder comme ça. Si tu crois que j'vais m'excuser... Espèce de sale piaf psychopathe.

Nouvel hululement. Encore plus énervé. C'est bientôt un duel de regard entre l'animal et la jeune fille. Holy Holy finit par se détourner, vexée. La gryffonne, l'observant encore, ouvre sa lettre de façon machinale. Elle déchire un peu l'enveloppe au passage. *Tu fais quoi ? Je t'ai dis de partir !* Pas la peine de s'exciter. C'est une lettre, point.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans

Cette nuit-là ft. Libella Aspera
RP ABANDONNÉ
Suite au départ de Libella, ce RP est désormais abandonné. Cependant, comme il était très important pour mon personnage, il a été refait ici.
Comme je voulais garder le même titre pour le nouveau, j'ai modifié l'ancien pour éviter la confusion.
Merci de votre compréhension.

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Edmund.
#0F144D — 5ème Année RP — 16 ans