B1 | La bousculade de trop
[font=Palatino Linotype]Précédemment :[/font]
– Avis de tempête
– Une bousculade au goût amer
Depuis son premier trajet dans le Poudlard Express, Clément s'est fait prendre en grippe par un Serpentard d'une année supérieure. À chaque fois que les deux adolescents se croisent dans les couloirs, de sérieuses invectives sont échangés. Au fur et à mesure des années, la tension monte, le Gryffondor se fait bousculer de plus en plus violemment, mais ne veut toujours pas en parler à un adulte.
Les cours avaient repris depuis plus de deux mois déjà, Clément était désormais dans sa quatrième année d'études à Poudlard. Il ne ressemblait que très peu à l'enfant qu'il était lorsqu'il avait foulé pour la première fois les dalles de marbre du château. Si il était toujours obnubilé par les connaissances que lui permettaient d'acquérir sa présence en ces lieux – la bibliothèque demeurant toujours son repère – le caractère de l'adolescent avait évolué en même temps que la puberté était arrivé. Si quand il était plus jeune, il arrivait presque parfaitement à contrôler ses émotions, il avait désormais du mal à gérer l'excès d'hormones que son corps subissait et pouvait s'emporter bien plus facilement qu'auparavant.
Après son cours de défense contre les forces du mal de l'après-midi, le Quatrième Année laissa sa meilleure amie aller toute seule aller à la bibliothèque, lui promettant de la rejoindre après être passé à la volière pour envoyer un courrier. La fin de l'après-midi était là, les étudiants étaient sortis des salles de classe et discutaient entre eux de ce qu'ils allaient bien pouvoir faire pour le week-end qui s'annonçait le lendemain. Au détour d'un couloir, Clément, plongé dans ses réflexions, se fit percuter au niveau de l'épaule.
Se mettant immédiatement en colère – *pourquoi ces abrutis ne pouvaient-ils pas faire attention où ils marchaient ?* – le garçon blêmit en reconnaissant le garçon qui lui était rentré dedans. C'était lui, ce macaque de Serpentard de Septième Année qui n'avait cessé de s'en prendre à lui depuis sa première rentrée à Poudlard. Clément, n'étant pas d'humeur après l'exécrable après-midi qu'il avait passé, s'emporta, et pour la première fois en quatre ans, répondit en poussant à deux mains le garçon plus âgé.
— « Dégage de là, abruti ! »
Puisque c'était la première fois en quatre ans que le Gryffondor réagissait à ses attaques, l'attaquant fut surpris et recula de plusieurs centimètres, déstabilisé. Seulement, au lieu d'en rester là, un sourire narquois et sadique apparut sur le visage du Serpentard. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'adolescent se jeta sur Clément et le plaqua sur le mur. Des coups furent échanger entre les deux garçons — rien de bien magistral à cet âge — pendant des secondes qui semblèrent une éternité pour Downing. Cette fois-ci, il n'avait pas voulu se laisser faire, n'avait pas voulu baisser la tête et n'avait pas continué son chemin. Les coups fusaient des deux côtés, sans que le Gryffondor sache le moindre résultat de ceux qu'il donnait, il encaissait les fracas avec difficulté, et puis l'instant d'après, plus rien.
– Avis de tempête
– Une bousculade au goût amer
Depuis son premier trajet dans le Poudlard Express, Clément s'est fait prendre en grippe par un Serpentard d'une année supérieure. À chaque fois que les deux adolescents se croisent dans les couloirs, de sérieuses invectives sont échangés. Au fur et à mesure des années, la tension monte, le Gryffondor se fait bousculer de plus en plus violemment, mais ne veut toujours pas en parler à un adulte.
_____________________________________________
Octobre 2045
Les cours avaient repris depuis plus de deux mois déjà, Clément était désormais dans sa quatrième année d'études à Poudlard. Il ne ressemblait que très peu à l'enfant qu'il était lorsqu'il avait foulé pour la première fois les dalles de marbre du château. Si il était toujours obnubilé par les connaissances que lui permettaient d'acquérir sa présence en ces lieux – la bibliothèque demeurant toujours son repère – le caractère de l'adolescent avait évolué en même temps que la puberté était arrivé. Si quand il était plus jeune, il arrivait presque parfaitement à contrôler ses émotions, il avait désormais du mal à gérer l'excès d'hormones que son corps subissait et pouvait s'emporter bien plus facilement qu'auparavant.
Après son cours de défense contre les forces du mal de l'après-midi, le Quatrième Année laissa sa meilleure amie aller toute seule aller à la bibliothèque, lui promettant de la rejoindre après être passé à la volière pour envoyer un courrier. La fin de l'après-midi était là, les étudiants étaient sortis des salles de classe et discutaient entre eux de ce qu'ils allaient bien pouvoir faire pour le week-end qui s'annonçait le lendemain. Au détour d'un couloir, Clément, plongé dans ses réflexions, se fit percuter au niveau de l'épaule.
Se mettant immédiatement en colère – *pourquoi ces abrutis ne pouvaient-ils pas faire attention où ils marchaient ?* – le garçon blêmit en reconnaissant le garçon qui lui était rentré dedans. C'était lui, ce macaque de Serpentard de Septième Année qui n'avait cessé de s'en prendre à lui depuis sa première rentrée à Poudlard. Clément, n'étant pas d'humeur après l'exécrable après-midi qu'il avait passé, s'emporta, et pour la première fois en quatre ans, répondit en poussant à deux mains le garçon plus âgé.
— « Dégage de là, abruti ! »
Puisque c'était la première fois en quatre ans que le Gryffondor réagissait à ses attaques, l'attaquant fut surpris et recula de plusieurs centimètres, déstabilisé. Seulement, au lieu d'en rester là, un sourire narquois et sadique apparut sur le visage du Serpentard. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'adolescent se jeta sur Clément et le plaqua sur le mur. Des coups furent échanger entre les deux garçons — rien de bien magistral à cet âge — pendant des secondes qui semblèrent une éternité pour Downing. Cette fois-ci, il n'avait pas voulu se laisser faire, n'avait pas voulu baisser la tête et n'avait pas continué son chemin. Les coups fusaient des deux côtés, sans que le Gryffondor sache le moindre résultat de ceux qu'il donnait, il encaissait les fracas avec difficulté, et puis l'instant d'après, plus rien.
B1 | La bousculade de trop
Cela faisait deux mois que Matthew avait repris son poste de professeur d'Étude des Moldus et de directeur de Poufsouffle. Ces mois lui avaient à la fois semblés longs mais aussi très courts. D'un côté, l'adulte était excité à l'idée de pouvoir retourner à la routine qui avait été la sienne pendant plus de trente cinq ans, de côtoyer tous les jours des enfants dans l'unique but de les aider à devenir de meilleures personnes. De l'autre, il n'était plus aussi jeune qu'avant et il avait du mal à suivre le rythme que demandait son travail. Entre les préparations des cours, les heures d'enseignement, les corrections, et la gestion des élèves de sa maison, Matthew n'avait plus la moindre minute à lui. Le vieil homme était éreinté et comprenait bien qu'il n'avait plus le même corps qu'il y a dix ans.
La journée de cours venait de s'achever pour lui. Les deux heures précédentes, le professeur avait tenu classe au Sixième Année qui ne cessait de briller par leur ignorance. Cela faisait pourtant trois ans qu'ils suivaient des enseignements d'Étude des Moldus, et pourtant, aucun d'entre eux n'avait réussi à lui expliquer comment étaient répartis les pouvoirs politiques dans la Grande-Bretagne des non-magiciens. Au lieu de discuter sur le sujet qu'il avait prévu — parler de l'organisation de la chambre des représentants — Matthew avait dû leur faire un cours de rattrapage qu'il n'avait pas du tout préparé, mais qu'il n'avait pas eu la moindre difficulté à réaliser. Décidément, l'enseignement de cette matière ces dernières années laissaient à désirer — et cela lui faisait d'autant plus peur que la communauté sorcière était en conflit ouvert avec le monde moldu.
L'adulte était en train de refermer à l'aide d'un coup de baguette magique la porte de sa salle de classe — il était hors de question de ne se servir que d'une clé dans un collège où les étudiants pouvaient déverrouiller les portes en agitant un morceau de bois — lorsqu'il entendit un tumulte à une dizaine de mètres de lui. De ce qu'il pouvait entendre, il n'eut pas besoin de s'imaginer cinquante scénarii différents : des élèves étaient en train de se battre, et d'autres devaient les encourager ainsi. Avec une expression contrariée sur le visage, Matthew atteint l'angle du couloir et ce qu'il découvrit confirma ses soupçons : deux garçons, l'un plus âgé que l'autre, étaient en train de se donner des coups au corps à corps — une bagarre qu'il aurait jugé bien ridicule si il était assis devant son écran de télévision et qu'il s'agissait d'un match de boxe.
En quelques enjambées, le professeur se fraya un chemin dans la foule de badauds en répétant des « Circulez... Poussez-vous... Laissez-moi passer. » Une fois cette épreuve passée et qu'il ne fut qu'à un mètre des assaillants, Matthew les invectiva d'arrêter d'une voix sévère, mais les deux enfants ne semblaient pas l'écouter. La colère grimpait chez le vieil homme, qui en un mouvement sortit sa baguette magique de sa robe de sorcier, et en deuxième, jeta un sortilège qui vint séparer les deux adversaires en toute légèreté.
— « Par la barbe de Merlin, vous m'expliquez ce qu'il se passe ici ? »
La journée de cours venait de s'achever pour lui. Les deux heures précédentes, le professeur avait tenu classe au Sixième Année qui ne cessait de briller par leur ignorance. Cela faisait pourtant trois ans qu'ils suivaient des enseignements d'Étude des Moldus, et pourtant, aucun d'entre eux n'avait réussi à lui expliquer comment étaient répartis les pouvoirs politiques dans la Grande-Bretagne des non-magiciens. Au lieu de discuter sur le sujet qu'il avait prévu — parler de l'organisation de la chambre des représentants — Matthew avait dû leur faire un cours de rattrapage qu'il n'avait pas du tout préparé, mais qu'il n'avait pas eu la moindre difficulté à réaliser. Décidément, l'enseignement de cette matière ces dernières années laissaient à désirer — et cela lui faisait d'autant plus peur que la communauté sorcière était en conflit ouvert avec le monde moldu.
L'adulte était en train de refermer à l'aide d'un coup de baguette magique la porte de sa salle de classe — il était hors de question de ne se servir que d'une clé dans un collège où les étudiants pouvaient déverrouiller les portes en agitant un morceau de bois — lorsqu'il entendit un tumulte à une dizaine de mètres de lui. De ce qu'il pouvait entendre, il n'eut pas besoin de s'imaginer cinquante scénarii différents : des élèves étaient en train de se battre, et d'autres devaient les encourager ainsi. Avec une expression contrariée sur le visage, Matthew atteint l'angle du couloir et ce qu'il découvrit confirma ses soupçons : deux garçons, l'un plus âgé que l'autre, étaient en train de se donner des coups au corps à corps — une bagarre qu'il aurait jugé bien ridicule si il était assis devant son écran de télévision et qu'il s'agissait d'un match de boxe.
En quelques enjambées, le professeur se fraya un chemin dans la foule de badauds en répétant des « Circulez... Poussez-vous... Laissez-moi passer. » Une fois cette épreuve passée et qu'il ne fut qu'à un mètre des assaillants, Matthew les invectiva d'arrêter d'une voix sévère, mais les deux enfants ne semblaient pas l'écouter. La colère grimpait chez le vieil homme, qui en un mouvement sortit sa baguette magique de sa robe de sorcier, et en deuxième, jeta un sortilège qui vint séparer les deux adversaires en toute légèreté.
— « Par la barbe de Merlin, vous m'expliquez ce qu'il se passe ici ? »
♫ Where did I go wrong, I lost a friend ♫
B1 | La bousculade de trop
Du haut de ses quatorze ans, on ne pouvait pas dire que Clément Downing savait comment s'y prendre pour se battre. Il avait tellement peur de prendre un coup à la tête qu'il avait rabaissé le menton contre son cou et se contentait de répondre aveuglément. Il ne put donc être que surpris lorsque les coups qu'il recevait s'arrêtèrent et que ceux qu'il donnait ne pouvait se heurter qu'au vide. Ayant peur de relever la tête pour voir ce que le Serpentard lui préparait, le garçon releva ses deux poings au niveau de son front pour que ses avant-bras puissent protéger son visage, et tourna le flanc instinctivement. Mais rien. Seule une voix sévère et âgée retentit et leur demanda des explications, ce qui eut le don de faire sursaute le Quatrième Année.
Rouvrant les yeux, sa première surprise ne fut pas de voir qu'un professeur était arrivé, mais qu'il se trouvait à plus de deux mètres du garçon qui venait de l'agresser. *Comment est-il possible qu'on soit si loin ?* ne pouvait-il s'empêcher de se demander. La surprise fit rapidement place à la stupeur et à la peur lorsque son cerveau lui rappela qu'un professeur était là et qu'il avait assisté à la scène. Eh mince, lui qui avait passé les quatre années précédentes à faire profil bas et à ne pas s'attirer d'ennuis — hormis quelques rares exceptions — voilà qu'il se faisait surprendre à la première incartade. Naturellement, le garçon baissa la tête, comme un chien qu'on mettait devant les méfaits qu'il venait de commettre et ne savait pas quoi dire. Il avait été stupide et ses actions auraient des répercussions.
En regardant ce professeur, l'air toujours hébété, Clément reconnu le nouveau professeur d'Étude des Moldus qui leur avait été présenté en début d'année. Lors du banquet du 1er septembre, cet homme lui avait semblé vaguement familier et en étant plus près aujourd'hui, ce sentiment s'accentuait. Il avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais il était bien incapable de dire pourquoi. De ce qu'Ennis avait pu lui en dire au début de l'année — elle avait pu échanger quelques mots avec lui dans son bureau — ce professeur pourrait écouter sa justification, même si comme tous les adultes, il le prendrait pour un enfant et le jugerait en conséquence.
— « Désolé professeur... marmonna Clément sans grande conviction, car il pensait que sa réaction était justifiée. Je... je... »
Il n'arrivait pas à trouver les mots justes pour expliquer son attitude. L'adrénaline du combat finissant par s'estomper, le Gryffondor pouvait enfin ressentir les conséquences que sa lutte avait eu sur lui. Ses côtes lui faisaient douloureusement mal, les phalanges de ses doigts l'irritaient et il y avait même du sang qui coulait de son nez. Instinctivement, il s'essuya rapidement avec la manche de sa robe de sorcier — chose qu'il n'aurait sans doute pas fait d'ordinaire, n'aimant pas salir ses vêtements.
Rouvrant les yeux, sa première surprise ne fut pas de voir qu'un professeur était arrivé, mais qu'il se trouvait à plus de deux mètres du garçon qui venait de l'agresser. *Comment est-il possible qu'on soit si loin ?* ne pouvait-il s'empêcher de se demander. La surprise fit rapidement place à la stupeur et à la peur lorsque son cerveau lui rappela qu'un professeur était là et qu'il avait assisté à la scène. Eh mince, lui qui avait passé les quatre années précédentes à faire profil bas et à ne pas s'attirer d'ennuis — hormis quelques rares exceptions — voilà qu'il se faisait surprendre à la première incartade. Naturellement, le garçon baissa la tête, comme un chien qu'on mettait devant les méfaits qu'il venait de commettre et ne savait pas quoi dire. Il avait été stupide et ses actions auraient des répercussions.
En regardant ce professeur, l'air toujours hébété, Clément reconnu le nouveau professeur d'Étude des Moldus qui leur avait été présenté en début d'année. Lors du banquet du 1er septembre, cet homme lui avait semblé vaguement familier et en étant plus près aujourd'hui, ce sentiment s'accentuait. Il avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais il était bien incapable de dire pourquoi. De ce qu'Ennis avait pu lui en dire au début de l'année — elle avait pu échanger quelques mots avec lui dans son bureau — ce professeur pourrait écouter sa justification, même si comme tous les adultes, il le prendrait pour un enfant et le jugerait en conséquence.
— « Désolé professeur... marmonna Clément sans grande conviction, car il pensait que sa réaction était justifiée. Je... je... »
Il n'arrivait pas à trouver les mots justes pour expliquer son attitude. L'adrénaline du combat finissant par s'estomper, le Gryffondor pouvait enfin ressentir les conséquences que sa lutte avait eu sur lui. Ses côtes lui faisaient douloureusement mal, les phalanges de ses doigts l'irritaient et il y avait même du sang qui coulait de son nez. Instinctivement, il s'essuya rapidement avec la manche de sa robe de sorcier — chose qu'il n'aurait sans doute pas fait d'ordinaire, n'aimant pas salir ses vêtements.
B1 | La bousculade de trop
Une fois que son sortilège eut séparés les deux enfants qui luttaient l'un contre l'autre, Matthew continue de les regarder l'un et l'autre d'un air furieux. Ne les lâchant pas une seule seconde du regard — il alternait entre le plus petit et le plus grand des élèves —, il rangea sa baguette magique dans la poche de sa robe de sorcier et avança de quelques pas pour mieux voir les enfants. Si son devoir n'avait pas été de surveiller les étudiants, il aurait sans doute ri de la position défensive ridicule dans laquelle le plus jeune des garçons s'était mise, mais il ne pouvait se le permettre.
Aucun des deux garçons ne semblait vouloir s'expliquer de suite et le directeur de Poufsouffle perdait patience. Le plus grand des adolescents n'arrivait pas à redescendre et la colère se visait toujours sur son visage. Des deux, il s'agissait probablement du moins amoché, mais était-ce surprenant en voyant qu'il s'en était pris à un gamin qui devait avoir trois ou quatre ans de moins que lui ? L'autre semblait paniqué. Il ne fallait guère de difficultés à Matthew pour comprendre qu'il était tétanisé à l'idée de se faire réprimander par un professeur. L'adulte arrivait même à percevoir une once de regret dans son regard, comme si il s'en voulait dès à présent de s'être emporté. Ce fut ce dernier garçon qui prit la parole en premier — ou plutôt, tenta de la prendre, puisqu'il bafouilla et ne réussit pas à s'expliquer avant que le Septième Année l'interrompe et dise :
— « C'est d'sa faute Monsieur Hughes, c'est lui qui a commencé. Il a insulté ma mère, et vous m'connaissez, ça m'a pas plu. »
La malhonnêteté suintait par tous les pores de ce jeune homme. Matthew aurait pu fermer les yeux et rien qu'en se fiant à ce qu'il entendait — des fibrillations très modulées dans sa voix —, comprendre qu'on lui mentait. Là, il avait également le luxe d'analyser les gestuelles, le non-dit, de ce presque-adulte et voir qu'aucun de ces mouvements ne concordait avec ses propos. Ses yeux ne le lâchaient pas du regard, comme si il essayait de voir si oui ou non son professeur avalait les mensonges qu'il débitait, et ses mains s'étaient naturellement croisées autour de son torse montrant qu'il était sur la défensive.
Cet élève venait de dire qu'il devrait le connaître. Sans y faire attention, Matthew plissa les yeux pour mieux voir l'adolescent, mais ça ne l'aida guère davantage. Si il l'avait en classe, cela devait être un élève qui ne participe jamais.
— « Arrêtez de me prendre pour un Occamy tout juste sorti de sa coquille. Je ne vous crois pas un seul instant, et même si c'était le cas, vous êtes bien plus grands que lui pour ne pas initier un conflit. Vous venez de reconnaître avoir commencé ce conflit. Quel est votre nom déjà ? »
Le Serpentard blêmit en entendant la réponse de son professeur. Lui qui pensait avoir trouvé un allié chez un professeur qu'il avait en cours, c'était raté. Une fois retrouvé sa contenance, il dit d'une voix hautaine :
— « Liam Abberline, Professeur. »
Le professeur d'Étude des Moldus se tourna alors vers le Gryffondor qui avait été bien amoché par cette bagarre d'enfants. Sa lèvre était toute boursoufflée, et il venait tout juste d'essuyer un filet de sang qui coulait le long de son nez. Même si cet élève était dans un sale état, il avait répondu et ce n'était pas acceptable. Après avoir mis ses deux mains sur les hanches, son expression de mécontentement ne quittant toujours pas son visage, il demanda :
— « Et vous, comment vous appelez-vous ? Expliquez-moi ce qu'il vient de se passer ici avant que je ne perde patience. »
Aucun des deux garçons ne semblait vouloir s'expliquer de suite et le directeur de Poufsouffle perdait patience. Le plus grand des adolescents n'arrivait pas à redescendre et la colère se visait toujours sur son visage. Des deux, il s'agissait probablement du moins amoché, mais était-ce surprenant en voyant qu'il s'en était pris à un gamin qui devait avoir trois ou quatre ans de moins que lui ? L'autre semblait paniqué. Il ne fallait guère de difficultés à Matthew pour comprendre qu'il était tétanisé à l'idée de se faire réprimander par un professeur. L'adulte arrivait même à percevoir une once de regret dans son regard, comme si il s'en voulait dès à présent de s'être emporté. Ce fut ce dernier garçon qui prit la parole en premier — ou plutôt, tenta de la prendre, puisqu'il bafouilla et ne réussit pas à s'expliquer avant que le Septième Année l'interrompe et dise :
— « C'est d'sa faute Monsieur Hughes, c'est lui qui a commencé. Il a insulté ma mère, et vous m'connaissez, ça m'a pas plu. »
La malhonnêteté suintait par tous les pores de ce jeune homme. Matthew aurait pu fermer les yeux et rien qu'en se fiant à ce qu'il entendait — des fibrillations très modulées dans sa voix —, comprendre qu'on lui mentait. Là, il avait également le luxe d'analyser les gestuelles, le non-dit, de ce presque-adulte et voir qu'aucun de ces mouvements ne concordait avec ses propos. Ses yeux ne le lâchaient pas du regard, comme si il essayait de voir si oui ou non son professeur avalait les mensonges qu'il débitait, et ses mains s'étaient naturellement croisées autour de son torse montrant qu'il était sur la défensive.
Cet élève venait de dire qu'il devrait le connaître. Sans y faire attention, Matthew plissa les yeux pour mieux voir l'adolescent, mais ça ne l'aida guère davantage. Si il l'avait en classe, cela devait être un élève qui ne participe jamais.
— « Arrêtez de me prendre pour un Occamy tout juste sorti de sa coquille. Je ne vous crois pas un seul instant, et même si c'était le cas, vous êtes bien plus grands que lui pour ne pas initier un conflit. Vous venez de reconnaître avoir commencé ce conflit. Quel est votre nom déjà ? »
Le Serpentard blêmit en entendant la réponse de son professeur. Lui qui pensait avoir trouvé un allié chez un professeur qu'il avait en cours, c'était raté. Une fois retrouvé sa contenance, il dit d'une voix hautaine :
— « Liam Abberline, Professeur. »
Le professeur d'Étude des Moldus se tourna alors vers le Gryffondor qui avait été bien amoché par cette bagarre d'enfants. Sa lèvre était toute boursoufflée, et il venait tout juste d'essuyer un filet de sang qui coulait le long de son nez. Même si cet élève était dans un sale état, il avait répondu et ce n'était pas acceptable. Après avoir mis ses deux mains sur les hanches, son expression de mécontentement ne quittant toujours pas son visage, il demanda :
— « Et vous, comment vous appelez-vous ? Expliquez-moi ce qu'il vient de se passer ici avant que je ne perde patience. »
♫ Where did I go wrong, I lost a friend ♫
B1 | La bousculade de trop
Ce professeur ne semblait décidément pas content de ce qu'il venait de voir — et après tout, comment pourrait-il en être autrement ? Le Quatrième Année déglutit en voyant que son agresseur avait pris l'initiative de l'explication et commençait à l'accuser, lui, d'avoir insulté sa mère, et d'être à l'origine de ce conflit physique. Les deux poings de Clément se resserrèrent sur eux-même, mettant en exergue ses phalanges blanchies par la pression appliquée. Il bouillonnait de l'intérieur, mais il se retenait de ne pas déverser sa colère sur le garçon. Cela ne pourrait que le desservir, et on lui avait toujours appris à contrôler ses émotions s'il escomptait être compris et convaincant.
Le garçon n'eut même pas le loisir de se justifier. L'enseignant avait flairé l'entourloupe et avait tout de suite compris que le Serpentard avait raconté un mensonge. Perplexe, Clément ne pouvait s'empêcher de se demander comment il avait fait pour déceler la vérité ? Il disait certes qu'il était peu probable qu'un enfant de son âge s'en prenne à un autre plus âgé, mais cela restait tout de même possible. Ses deux yeux bleus restèrent fixés sur le professeur, sa bouche demeurant béate tandis que le professeur Hughes questionnait son adversaire sur son identité. Maintenant qu'il se rappelait du nom du professeur, il avait une impression d'avoir déjà entendu ce nom de famille quelque part, mais il était bien incapable de dire où. Peut-être ne s'agissait-il que d'une énième impression de déjà vu sans que ce soit réellement le cas ?
Après avoir interrogé le Serpentard, le professeur se tourna vers le Gryffondor et lui demanda son nom ainsi que davantage d'explications sur ce qu'il venait de se passer. Figé sur place, Clément ne savait pas ce qu'il devait répondre au professeur. Ce n'était clairement pas son caractère de dénoncer un autre élève à un professeur, même la pire crapule possible, mais celui-ci l'avait bien mérité. Finissant de déglutir — comme si ça allait lui donner du courage —, le garçon maintint la tête droite, plongea son regard dans celui de l'enseignant et dit d'une voix qui venait de reprendre sa contenance :
— « Downing. Clément Downing, professeur. Même après s'être battu, il n'en oubliait pas sa politesse habituelle. Cet ab... ce Serpentard aime s'en prendre à des années inférieures. J'étais sa cible du jour. »
Tandis qu'il mentait à l'enseignant — ou du moins, ne lui disait pas toute la vérité — ses joues rosirent. Il n'était pas accoutumé à voiler une partie de la vérité, seulement, il n'avait pas voulu annoncer au professeur qu'il s'était fait malmené par cet étudiant depuis plus de quatre ans sans jamais avoir osé en parler à qui que ce soit. Le Gryffondor était bien trop fier, portait bien trop attention au jugement que les autres portaient sur lui pour révéler la vérité. Les images des différentes agressions qu'il avait subi de la part de ce garçon défilèrent devant ses yeux, comme si son subconscient avait besoin qu'il se remémore en cet instant précis les souffrances qu'il avait subies. Seulement, les souvenirs semblaient bien trop réels qu'à l'ordinaire ; il avait l'impression d'assister une nouvelle fois à cette scène. Les yeux du garçon se posèrent une nouvelle fois sur le professeur, réussissant enfin à soutenir son regard. En se rendant compte que ses joues rosissaient, il fut encore plus gêné et les pointes de ses oreilles se mirent également à changer de couleur. Borné, le garçon refusait d'en dire davantage.
Le garçon n'eut même pas le loisir de se justifier. L'enseignant avait flairé l'entourloupe et avait tout de suite compris que le Serpentard avait raconté un mensonge. Perplexe, Clément ne pouvait s'empêcher de se demander comment il avait fait pour déceler la vérité ? Il disait certes qu'il était peu probable qu'un enfant de son âge s'en prenne à un autre plus âgé, mais cela restait tout de même possible. Ses deux yeux bleus restèrent fixés sur le professeur, sa bouche demeurant béate tandis que le professeur Hughes questionnait son adversaire sur son identité. Maintenant qu'il se rappelait du nom du professeur, il avait une impression d'avoir déjà entendu ce nom de famille quelque part, mais il était bien incapable de dire où. Peut-être ne s'agissait-il que d'une énième impression de déjà vu sans que ce soit réellement le cas ?
Après avoir interrogé le Serpentard, le professeur se tourna vers le Gryffondor et lui demanda son nom ainsi que davantage d'explications sur ce qu'il venait de se passer. Figé sur place, Clément ne savait pas ce qu'il devait répondre au professeur. Ce n'était clairement pas son caractère de dénoncer un autre élève à un professeur, même la pire crapule possible, mais celui-ci l'avait bien mérité. Finissant de déglutir — comme si ça allait lui donner du courage —, le garçon maintint la tête droite, plongea son regard dans celui de l'enseignant et dit d'une voix qui venait de reprendre sa contenance :
— « Downing. Clément Downing, professeur. Même après s'être battu, il n'en oubliait pas sa politesse habituelle. Cet ab... ce Serpentard aime s'en prendre à des années inférieures. J'étais sa cible du jour. »
Tandis qu'il mentait à l'enseignant — ou du moins, ne lui disait pas toute la vérité — ses joues rosirent. Il n'était pas accoutumé à voiler une partie de la vérité, seulement, il n'avait pas voulu annoncer au professeur qu'il s'était fait malmené par cet étudiant depuis plus de quatre ans sans jamais avoir osé en parler à qui que ce soit. Le Gryffondor était bien trop fier, portait bien trop attention au jugement que les autres portaient sur lui pour révéler la vérité. Les images des différentes agressions qu'il avait subi de la part de ce garçon défilèrent devant ses yeux, comme si son subconscient avait besoin qu'il se remémore en cet instant précis les souffrances qu'il avait subies. Seulement, les souvenirs semblaient bien trop réels qu'à l'ordinaire ; il avait l'impression d'assister une nouvelle fois à cette scène. Les yeux du garçon se posèrent une nouvelle fois sur le professeur, réussissant enfin à soutenir son regard. En se rendant compte que ses joues rosissaient, il fut encore plus gêné et les pointes de ses oreilles se mirent également à changer de couleur. Borné, le garçon refusait d'en dire davantage.