Les couleurs du silence
19 juin 2045, après-midi
avec @Ella Davis
avec @Ella Davis
Contexte RP pour Jacob :
après le départ de Lily
et le RP "Le hibou et le lys"
après le départ de Lily
et le RP "Le hibou et le lys"
Si j'étais un sentiment... je serais la peine.
If I were a feeling I would be pain*.
Ce portrait français, je me le répétai la gorge serrée de ces paroles que je n'avais pas entendues d'elle : "Je pars". De ces pourquoi que j'avais retenus : Pourquoi toi ? Pourquoi là ? Pourquoi ça ?. Qui n'étaient pas apparus face à elle. Cette lettre blanche à laquelle Lily avait cédé sa place. La lettre d'adieu ici, elle aux Etats-Unis. Décision imprévue sans merci.
J'avançai vers l'étage supérieur, marche à marche : monter du cinquième à la volière ne me semblait plus familier. Je le devais pour les mots d'Arthur : "from pain to pen". Pour réécrire une lettre - mais comment le faire, aligner des lignes quand les lignes qu'on a reçu ont bridé les espoirs et l'avenir ?
Hésitant au pied de la lettre et d'un palier, mon degré de joie en bas de l'échelle, je butai sur ma bonne résolution et les marches qui me résistaient. Les pieds pesants et les yeux piquants de ces mille petites paillettes brillantes du souci.
Sur le palier, mes yeux bruns glissèrent vers d'autres yeux de la même couleur qu'eux. Prunelle contre prunelle, peine contre peine. Ella. La danseuse de la neige, avec ce je-ne-sais-quoi de glacé dans son regard. Ce je-ne-sais-quoi d'écorché. Une semblable.
Puis mon regard descendit sur le cadeau d'Arthur dans ma main, une innovation moldue : des "post-its" de toutes les couleurs. *Dis-moi ta peine*, disait mon regard, *je te dirais la couleur de la mienne.* Le regard happé par les couleurs vives, je posai deux stylos et mon paquet de posts-it sur un des rebords de la rampe du palier, alors que les escaliers eux-aussi commençaient à s'activer au-dessus de nous pour se placer devant le bon couloir, flottant comme notre silence.
*pain = douleur
Edit : correction de la date 
Dernière modification par Jacob Tramontane le 9 janv. 2021, 16:19, modifié 1 fois.
Les couleurs du silence
Un grand vide dans mon cœur. Il est vaste, plein de rayures et de ronces. Mais pour une fois, il n’y a plus d’orage. Juste de la bruine, blanche et fine, qui tombe par gouttelettes contre ma peau. Je me demande si c’est possible
D’être trempée
De l’intérieur ?
Mais j’ai beau marcher, je n’avance pas. J’ai beau crier, je reste muette. Je ne demande plus qu’une chose. J’ai bien compris que cette injustice profonde, que cette colère sourde, indiffère tous ceux qui m’entourent. Et que ceux qui sont là-haut, ceux qui ont créé ce rideau de pluie entre mes yeux et le monde, s’en fichent. Alors encore une fois, je ne demande qu’une chose : le voir. Une dernière fois, si ça doit être la dernière. Une fois. Je ne demande que ça. Le temps avance, mon but se fait plus près, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’ils vont briser cet unique souhait
Au dernier
Moment.
Me gelez pas l'cœur. Je relève doucement les yeux, soudainement épuisée. Impuissante. Il y a un garçon, à quelques mètres. Non pas que cela m’étonne, il y a plein de garçons à Poudlard. Mais ces yeux bruns, je les ai déjà croisés. Mais ils étaient différents, avant.
Un manque
D'étincelles.
Pourquoi vouloir à tout prix balayer la joie de ce monde ? Jacob. Jacob était la joie. Et quand je le regarde… il est tristesse. Ce n’est pas normal. Pourtant, j’ai l’impression de le comprendre, là, tout de suite. Comme si nos yeux reflétaient une émotion semblable. L’absence.
Il pose ses post-it sur la rambarde de l’escalier. Mes yeux se sentent agressés par toutes ces couleurs qui éclatent, irradient, cherchant à me pousser un peu plus dans l’ombre. Je vais lui dire. Lui faire sentir que la pluie tombe sans cesse… plus de sécheresse.
Quelle est cette teinte parfaite que je recherche ? Celle qui coule sur mes cheveux, en éteignant au passage le feu de mes mèches brunes ?
J’approche ma main tremblante de toutes ces couleurs. Je ne veux pas leur prêter de signification; la mienne est suffisante. J’en détache mon bleu-gris. Le gris des nuages au-dessus des gratte-ciels, le bleu de la pluie qui s’éclate sur les trottoirs, le gris de l'acier tranchant des ciseaux, le bleu des oiseaux qui s’arrêtent au bord du marais derrière chez moi, le gris des murs de ma chambre, le bleu des larmes qui n’ont jamais coulé, le gris dont est fait
Mon
Silence.
Je colle mon mélange sur la pierre froide. Aujourd’hui, Jacob, je suis bleu-gris.
Et voici @Jacob Tramontane, désolée du retard
D’être trempée
De l’intérieur ?
Mais j’ai beau marcher, je n’avance pas. J’ai beau crier, je reste muette. Je ne demande plus qu’une chose. J’ai bien compris que cette injustice profonde, que cette colère sourde, indiffère tous ceux qui m’entourent. Et que ceux qui sont là-haut, ceux qui ont créé ce rideau de pluie entre mes yeux et le monde, s’en fichent. Alors encore une fois, je ne demande qu’une chose : le voir. Une dernière fois, si ça doit être la dernière. Une fois. Je ne demande que ça. Le temps avance, mon but se fait plus près, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’ils vont briser cet unique souhait
Au dernier
Moment.
Me gelez pas l'cœur. Je relève doucement les yeux, soudainement épuisée. Impuissante. Il y a un garçon, à quelques mètres. Non pas que cela m’étonne, il y a plein de garçons à Poudlard. Mais ces yeux bruns, je les ai déjà croisés. Mais ils étaient différents, avant.
Un manque
D'étincelles.
Pourquoi vouloir à tout prix balayer la joie de ce monde ? Jacob. Jacob était la joie. Et quand je le regarde… il est tristesse. Ce n’est pas normal. Pourtant, j’ai l’impression de le comprendre, là, tout de suite. Comme si nos yeux reflétaient une émotion semblable. L’absence.
Il pose ses post-it sur la rambarde de l’escalier. Mes yeux se sentent agressés par toutes ces couleurs qui éclatent, irradient, cherchant à me pousser un peu plus dans l’ombre. Je vais lui dire. Lui faire sentir que la pluie tombe sans cesse… plus de sécheresse.
Quelle est cette teinte parfaite que je recherche ? Celle qui coule sur mes cheveux, en éteignant au passage le feu de mes mèches brunes ?
J’approche ma main tremblante de toutes ces couleurs. Je ne veux pas leur prêter de signification; la mienne est suffisante. J’en détache mon bleu-gris. Le gris des nuages au-dessus des gratte-ciels, le bleu de la pluie qui s’éclate sur les trottoirs, le gris de l'acier tranchant des ciseaux, le bleu des oiseaux qui s’arrêtent au bord du marais derrière chez moi, le gris des murs de ma chambre, le bleu des larmes qui n’ont jamais coulé, le gris dont est fait
Mon
Silence.
Je colle mon mélange sur la pierre froide. Aujourd’hui, Jacob, je suis bleu-gris.
Et voici @Jacob Tramontane, désolée du retard
| Avatar réalisé par ~ en commun avec ~ l'incroyable Eugène Harlow. "Laissez passer les queen !" |
Les couleurs du silence
Une paire d’yeux bruns effarouchés : c’est à peine si j'avais pu reconnaître Ella. Je m’assis près du mur, directement sur le palier, avec les posts-it. Assis sur le palier d’un escalier en mouvement sans destination, j’étais en harmonie avec mon environnement. Un peu perdu, avec mon teint de pierrot blanc et mon sourire si maladroit en ce moment qu’il semblait balafré au crayon. Un peu ridé, un peu bridé, carrément brisé.
Comme on se raccroche à un téléphone pour se raccrocher au son d’un souvenir, je me raccrochai au post-it comme à la vue d’un souvenir : le bleu sombre, légèrement brillant comme mes yeux, c’était Lily jouant du violon dans la tour d’astronomie. L’eau a coulé dans le lac de Poudlard et dans mes yeux depuis son départ mais cette couleur me colle toujours autant à la peau, chair de poule accrochée à mes pores, que la couleur soeur de ce post-it que je viens de coller contre le mur froid.
En posant ce petit papier, j’entends comment nous criions et riions. Ce post-it bleu sombre, Ella, c’est l’entrée du tunnel de mes souvenirs. Ce post-it est un raccourci vers des éclats de ma vie. Et je le regarde comme on fixerait une oeuvre d’art ou le ciel le soir. Mais pour moi le bleu de Lily n’a désormais pas plus de relief et de couleur que la peau blême de ma paume aussi ouverte que ma cicatrice.
Souriant d’un faible sourire, une légère vague en u plus faible encore que le sourire indéchiffré d’une chouette blanche, le vague de mes souvenirs tremblote comme mes paupières. J’entends Ella écouter de toute la force de ses yeux le silence de nos deux couleurs réunies. La balustrade protectrice de nos certitudes s’effondre, et je m’accroche aux milles éclats de notre regard pour ne pas chuter de nouveau.
Derrière le mince rideau de buée qui couvre mes yeux se joue le spectacle de mes certitudes s'écoulant comme la neige fondue de décembre en ce jour de juin. Mon doigt trouva la direction d’Ella. *à toi*
Comme on se raccroche à un téléphone pour se raccrocher au son d’un souvenir, je me raccrochai au post-it comme à la vue d’un souvenir : le bleu sombre, légèrement brillant comme mes yeux, c’était Lily jouant du violon dans la tour d’astronomie. L’eau a coulé dans le lac de Poudlard et dans mes yeux depuis son départ mais cette couleur me colle toujours autant à la peau, chair de poule accrochée à mes pores, que la couleur soeur de ce post-it que je viens de coller contre le mur froid.
En posant ce petit papier, j’entends comment nous criions et riions. Ce post-it bleu sombre, Ella, c’est l’entrée du tunnel de mes souvenirs. Ce post-it est un raccourci vers des éclats de ma vie. Et je le regarde comme on fixerait une oeuvre d’art ou le ciel le soir. Mais pour moi le bleu de Lily n’a désormais pas plus de relief et de couleur que la peau blême de ma paume aussi ouverte que ma cicatrice.
Souriant d’un faible sourire, une légère vague en u plus faible encore que le sourire indéchiffré d’une chouette blanche, le vague de mes souvenirs tremblote comme mes paupières. J’entends Ella écouter de toute la force de ses yeux le silence de nos deux couleurs réunies. La balustrade protectrice de nos certitudes s’effondre, et je m’accroche aux milles éclats de notre regard pour ne pas chuter de nouveau.
Derrière le mince rideau de buée qui couvre mes yeux se joue le spectacle de mes certitudes s'écoulant comme la neige fondue de décembre en ce jour de juin. Mon doigt trouva la direction d’Ella. *à toi*