Entre l'air et l'eau
Couloir, sortie de cours
Mardi 12 septembre 2045, 18h.
Mardi 12 septembre 2045, 18h.
Avec @William Barckeley
La froideur de la pierre, le claquement sourd de ses bottines, l'effervescence d'une fin de cours, les débats autour d'un devoir, autant de sensations que Charlie avait seulement imaginées avant sa rentrée à Poudlard.
Désormais, la jeune sorcière incarnait pleinement cette autre moitié d'elle-même.
Il est 10h55, la douceur de ce mi-septembre est presque surprenante. Charlie sort à l'instant de son cours de sortilège, matière qu'elle affectionne particulièrement.
L'accent écossais du professeure Perkins attirait son attention, comme une mélodie qui reste en tête. Charlie avait envie de l'écouter, même si son parchemin était parsemé, de-ci de-là , de petits dessins griffonnés.
Quelle ne fut pas sa réaction lorsqu'elle reçut les résultats plus que satisfaisants de son premier devoir de sortilège. Après quelques heures passées à la bibliothèque, la petite fille avait même été surprise par sa propre rigueur, devenue inhabituelle à la fin de sa scolarité à l'école moldue. Désormais elle savait où était sa place.
Cet élan de volonté n'allait peut-être pas durer car après tout, elle n'avait pas encore découvert l'intégralité des matières et les attentes des professeurs, mais elle savourait pleinement cette petite fierté passagère qu'elle n'éprouvait que rarement.
Charlie déambulait dans le couloir d'un pas guilleret, tantôt absorbée par les imposantes arcades, tantôt par la hauteur vertigineuse du plafond. Elle repensait aux annotations positives du professeure Perkins et réfléchissait à la première lettre qu'elle allait rédiger pour ses parents.
J'ai hâte de révéler ma maison à papa...il faut aussi que je parle de ma première note en sortilège...maman va être contente de savoir que je fais bien mon lit...mais je ne vais pas dire que je ne retrouve plus mon bandana rouge...et il faut que je demande des nouvelles de papy et mamie et...
Charlie fut soudain interrompue dans sa réflexion. Ses divagations avaient eu raison de son attention. Devant elle, un élève, qui refaisait tranquillement son lacet, fut désagréablement surpris par un poids particulièrement lourd qui lui tombait dessus. En effet, Charlie venait de percuter le petit garçon, qui un genou à terre, s'assurait une certaine stabilité. La jeune sorcière quant à elle, perdit l'équilibre et tomba en avant. Elle lâcha son devoir et le livre qu'elle tenait pour libérer ses mains...elle pouvait maintenant sentir pleinement la froideur des dalles de pierre. Elle releva les yeux et vit le visage fermé et contrarié du jeune garçon. Ses cheveux en bataille laissaient quelques mèches tomber sur ses yeux verts, assortis à la couleur de sa maison. Il se releva et s'imposa devant Charlie, restée à terre, le regard plus que désolé.
_ Excuse-moi je ne t'avais pas vu, j'étais distraite...je t'ai fais mal ? Plus le garçon s'approchait, plus Charlie lui posait des questions.
Tu es sûr que ça va ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? J'ai dit que j'étais désolée, sincèrement. Mais pourquoi tu refaisais tes lacets au milieu du couloir aussi ?
Entre l'air et l'eau
Je marche d'un pas sûr tandis que celui de mon frère reste bancal. D'un instant à l'autre, il semble vouloir tourner dans un couloirs qui n'est pas le bon, je suis toujours là pour attraper son épaule et le faire aller tout droit dés que je vois son talon pivoter dans la mauvaise direction.
Il faut dire qu'il est excité, cela fait seulement douze jours qu'il arpente les couloirs de l'école. Finalement, il n'a pas du tout la même attitude que moi. Lors de ma première rentrée, je ne pensais qu'à retourner chez moi, lui semble vouloir en démordre avec ce foutu château. Il est plus courageux que moi. Je le regarde en souriant pendant qu'il s'insurge du fait qu'il existe une matière sur les moldus.
-"T'crois pas qu'on entend déjà assez parler d'ces animaux pour qu'en plus ils en rajoutent une couche?"
Il secoue la tête et regarde droit devant lui comme s'il parlait pour lui même. Il me fait rire, et je me demande alors comment j'ai fais pour tenir deux ans sans lui entre ces murs de pierres froides et austères. Bien évidemment, son talon ne tourne pas quand on passe enfin devant le bon couloirs. Je le stoppe et lui désigne l'allée.
"C'par là crétin."
Suite à cette pseudo insulte s'ensuit une pseudo-bagarre durant laquelle il a l'avantage. Bien qu'il ait onze ans et moi quatorze, physiquement on nous donnerait presque le même âge. J'ai une puberté tardive, et j'ai encore tout d'un enfant. Mais maman ne cesse de me répéter que je vais grandir d'un seul coup, que ma voix va muer et que je devrais me raser. Ça me fait un peu peur, quand je pense à moi à ce moment là, j'ai l'impression d'imaginer une personne totalement différente, j'ai l'impression que je vais me transformer en quelqu'un d'autre. Non, vraiment je suis bien comme ça,
Je le regarde disparaître. Je soupire, moi je vais aller à la bibliothèque. Je dois prendre de l'avance. En faisant quelques pas, je sens quelque chose se balancer sur mes chaussures. Mes lacets. Ils ont dû se défaire pendant que je chahutais avec Charles.
Je me penche et les faits, puis je perds l'équilibre alors qu'un poids me fais chavirer. Je réussis à me rattraper en posant ma main droite à terre, ce n'est pas le cas de l'autre élève qui s'écrase misérablement à terre.
Visiblement pressé il se lève plus rapidement que moi qui ait pris le temps de finir mon lacet. Il a de la chance que je sois de bonne humeur, mais je ne compte pas ne rien dire pour autant. En le regardant, je me rends compte que c'est en fait une fille. C'est assez évident, mais je n'avais pu la regarder avec attention.
Je m'approche d'elle, je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais même pas pourquoi je fais l'énervé alors que finalement je ne le suis pas tant que ça. Je l'ai vu à la cérémonie de répartition, c'est une première année.
J'écoute à peine ses excuses, mais je retiens quand même qu'elle a l'audace de me demander pourquoi je refais mes lacets.
"Tu commences mal l'année toi. J'ai pas à m'justifier de faire mes lacets, tu t'es prise pour qui?"
Je veux pas perdre de temps avec elle, alors je reprends mon chemin tout en lui donnant un coup d'épaule pour passer.
Il faut dire qu'il est excité, cela fait seulement douze jours qu'il arpente les couloirs de l'école. Finalement, il n'a pas du tout la même attitude que moi. Lors de ma première rentrée, je ne pensais qu'à retourner chez moi, lui semble vouloir en démordre avec ce foutu château. Il est plus courageux que moi. Je le regarde en souriant pendant qu'il s'insurge du fait qu'il existe une matière sur les moldus.
-"T'crois pas qu'on entend déjà assez parler d'ces animaux pour qu'en plus ils en rajoutent une couche?"
Il secoue la tête et regarde droit devant lui comme s'il parlait pour lui même. Il me fait rire, et je me demande alors comment j'ai fais pour tenir deux ans sans lui entre ces murs de pierres froides et austères. Bien évidemment, son talon ne tourne pas quand on passe enfin devant le bon couloirs. Je le stoppe et lui désigne l'allée.
"C'par là crétin."
Suite à cette pseudo insulte s'ensuit une pseudo-bagarre durant laquelle il a l'avantage. Bien qu'il ait onze ans et moi quatorze, physiquement on nous donnerait presque le même âge. J'ai une puberté tardive, et j'ai encore tout d'un enfant. Mais maman ne cesse de me répéter que je vais grandir d'un seul coup, que ma voix va muer et que je devrais me raser. Ça me fait un peu peur, quand je pense à moi à ce moment là, j'ai l'impression d'imaginer une personne totalement différente, j'ai l'impression que je vais me transformer en quelqu'un d'autre. Non, vraiment je suis bien comme ça,
Je le regarde disparaître. Je soupire, moi je vais aller à la bibliothèque. Je dois prendre de l'avance. En faisant quelques pas, je sens quelque chose se balancer sur mes chaussures. Mes lacets. Ils ont dû se défaire pendant que je chahutais avec Charles.
Je me penche et les faits, puis je perds l'équilibre alors qu'un poids me fais chavirer. Je réussis à me rattraper en posant ma main droite à terre, ce n'est pas le cas de l'autre élève qui s'écrase misérablement à terre.
Visiblement pressé il se lève plus rapidement que moi qui ait pris le temps de finir mon lacet. Il a de la chance que je sois de bonne humeur, mais je ne compte pas ne rien dire pour autant. En le regardant, je me rends compte que c'est en fait une fille. C'est assez évident, mais je n'avais pu la regarder avec attention.
Je m'approche d'elle, je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais même pas pourquoi je fais l'énervé alors que finalement je ne le suis pas tant que ça. Je l'ai vu à la cérémonie de répartition, c'est une première année.
J'écoute à peine ses excuses, mais je retiens quand même qu'elle a l'audace de me demander pourquoi je refais mes lacets.
"Tu commences mal l'année toi. J'ai pas à m'justifier de faire mes lacets, tu t'es prise pour qui?"
Je veux pas perdre de temps avec elle, alors je reprends mon chemin tout en lui donnant un coup d'épaule pour passer.
L'immortalité c'est tous les autres qui tombent.
Cinquième année RP
Entre l'air et l'eau
Ce coup d'épaule semblait en dire long sur ce jeune garçon. Mais Charlie avait pour habitude de ne pas juger un livre à sa couverture. Alors qu'elle se tenait l'épaule, non pas de douleur mais plutôt par pudeur, elle regardait s'éloigner cet imprudent faiseur de lacets.
"Il aurait quand même pu les faire ailleurs, les couloirs sont assez grands. Pourquoi se mettre en plein passage ? Et puis il n'a même pas fait attention à mes excuses..."
Après réflexion, Charlie comprit qu'elle avait également ses torts, elle aurait dû regarder où elle mettait les pieds... mais quand même !
Étrangement, elle ne lui avait rien répondu. Elle qui d'ordinaire est plutôt spontanée, il lui fut cependant impossible de rétorquer quoi que ce soit. C'est justement ce genre de situation que Charlie déteste...lorsque la répartie vient après la bataille.
Mais à quoi bon, après tout, il est élève comme elle, rien ne les différencie vraiment aux yeux de Poudlard à part un simple écusson brodé sur une capeline. Pendant ses réflexions, Charlie était elle même en plein passage, pensive, immobile et reçut d'ailleurs d'autres coups d'épaules d'élèves visiblement pressés. Au bout de quelques secondes elle se décida enfin à rattraper le jeune Serpentard pour qu'il entende ses excuses.
Au fond il n'avait pas tort, les premiers résultats d'examens de Charlie étaient peut-être optimales mais on ne pouvait pas en dire autant de ses prouesses sociales. Elle ne pouvait pas rester sur cet échec. Il fallait qu'elle se rattrape, mais sans tomber cette fois.
"Hey attends euh..."
Il est effectivement difficile d'interpeler quelqu'un lorsque l'on ignore son prénom. Charlie se mit donc à courir derrière lui dans l'espoir d'arriver à sa hauteur avant qu'il ne change de direction ou ne se mette à accélérer. Il semblerait en effet qu'il ne soit pas le genre d'enfant à accepter qu'on le poursuive. C'était sans compter sur la détermination de la jeune fille.
"Attends-moi j'aimerais te parler s'te plaît !"
Le garçon, tourna légèrement la tête sur sa droite mais ne ralenti pas. C'est à ce moment que Charlie arriva à sa hauteur...mais sur sa gauche. Désagréablement surpris, il fit un léger bond.
"Ecoute, je crois qu'on est partis du mauvais pied, enfin surtout moi car je crois bien t'avoir percuté avec mon pied gauche alors que je suis droitière..."
Le silence du jeune garçon en disait long sur les douteuses facultés humoristiques de Charlie, qui pourtant, avait trouvé ça drôle. En slalomant à travers les élèves, elle essaya tant bien que mal de rester à côté de lui.
"Je ne sais pas si tu as entendu mais je me suis excusée ... c'est vrai, tu avais le droit de refaire tes lacets après tout. J'aurais dû faire plus attention. Ouf voilà qui est dit."
La fillette prit soudain un ton plus léger.
"Sinon je m'appelle Charlie, je ne sais pas si tu as vu ma robe de sorcier mais je suis à Serdaigle. Tu es à Serpentard toi c'est bien ça ? Ça tombe plutôt bien car tu sembles aussi froid qu'un serpent !"
Devant le sombre regard en coin de son interlocuteur, Charlie enchaîna.
"Non mais n'y voit rien de péjoratif, les serpents sont carrément cools et, vu que tu ne parles pas beaucoup...bref ! Tu vas à la bibliothèque ? Je vois que tu as des livres dans les bras, je peux t'accompagner ? J'aimerais feuilleter quelques ouvrages pour le cours de métamorphose...
"Il aurait quand même pu les faire ailleurs, les couloirs sont assez grands. Pourquoi se mettre en plein passage ? Et puis il n'a même pas fait attention à mes excuses..."
Après réflexion, Charlie comprit qu'elle avait également ses torts, elle aurait dû regarder où elle mettait les pieds... mais quand même !
Étrangement, elle ne lui avait rien répondu. Elle qui d'ordinaire est plutôt spontanée, il lui fut cependant impossible de rétorquer quoi que ce soit. C'est justement ce genre de situation que Charlie déteste...lorsque la répartie vient après la bataille.
Mais à quoi bon, après tout, il est élève comme elle, rien ne les différencie vraiment aux yeux de Poudlard à part un simple écusson brodé sur une capeline. Pendant ses réflexions, Charlie était elle même en plein passage, pensive, immobile et reçut d'ailleurs d'autres coups d'épaules d'élèves visiblement pressés. Au bout de quelques secondes elle se décida enfin à rattraper le jeune Serpentard pour qu'il entende ses excuses.
Au fond il n'avait pas tort, les premiers résultats d'examens de Charlie étaient peut-être optimales mais on ne pouvait pas en dire autant de ses prouesses sociales. Elle ne pouvait pas rester sur cet échec. Il fallait qu'elle se rattrape, mais sans tomber cette fois.
"Hey attends euh..."
Il est effectivement difficile d'interpeler quelqu'un lorsque l'on ignore son prénom. Charlie se mit donc à courir derrière lui dans l'espoir d'arriver à sa hauteur avant qu'il ne change de direction ou ne se mette à accélérer. Il semblerait en effet qu'il ne soit pas le genre d'enfant à accepter qu'on le poursuive. C'était sans compter sur la détermination de la jeune fille.
"Attends-moi j'aimerais te parler s'te plaît !"
Le garçon, tourna légèrement la tête sur sa droite mais ne ralenti pas. C'est à ce moment que Charlie arriva à sa hauteur...mais sur sa gauche. Désagréablement surpris, il fit un léger bond.
"Ecoute, je crois qu'on est partis du mauvais pied, enfin surtout moi car je crois bien t'avoir percuté avec mon pied gauche alors que je suis droitière..."
Le silence du jeune garçon en disait long sur les douteuses facultés humoristiques de Charlie, qui pourtant, avait trouvé ça drôle. En slalomant à travers les élèves, elle essaya tant bien que mal de rester à côté de lui.
"Je ne sais pas si tu as entendu mais je me suis excusée ... c'est vrai, tu avais le droit de refaire tes lacets après tout. J'aurais dû faire plus attention. Ouf voilà qui est dit."
La fillette prit soudain un ton plus léger.
"Sinon je m'appelle Charlie, je ne sais pas si tu as vu ma robe de sorcier mais je suis à Serdaigle. Tu es à Serpentard toi c'est bien ça ? Ça tombe plutôt bien car tu sembles aussi froid qu'un serpent !"
Devant le sombre regard en coin de son interlocuteur, Charlie enchaîna.
"Non mais n'y voit rien de péjoratif, les serpents sont carrément cools et, vu que tu ne parles pas beaucoup...bref ! Tu vas à la bibliothèque ? Je vois que tu as des livres dans les bras, je peux t'accompagner ? J'aimerais feuilleter quelques ouvrages pour le cours de métamorphose...