Chat d'gouttière et p'tit Poisson

Edwin pourrait avoir des muscles, s'il avait assez de force pour se lever le matin et faire du sport. Il n'en faisait pas, parce que ça ne l'intéressait pas plus que ça. Il aimait courir, oui, mais soulever du poids ? Il trouvait ça totalement inutile. Il n'avait pas besoin de ça pour se défendre, même si ça l'aiderait peut-être à ne plus se prendre des coups en premier lieu. Et puis, il avait l'impression que ça n'irait pas avec son physique, d'avoir des muscles à ne plus savoir quoi en faire. Grand, maigre et maladroit, c'était pas vraiment ce qu'on attendait d'un grand sportif. Il avait le don de se détester, donc se regarder toute la journée dans la glace ou se montrer, non merci. Courir lui suffisait, grimper aux arbres aussi, il n'avait même pas l'impression que c'était du sport parce qu'il ne prenait pas ça pour une corvée, alors que tout ceux qu'il pouvait faire au collège étaient ennuyant. J'ai pas de neurones non plus, je crois rit-il en secouant la tête J'suis une exception à la règle. En plus de tout ça, il n'était pas porté sur le culte du corps parfait. Toutes les personnes avec la même morphologie, qui faisaient des régimes, du sport à n'en plus avoir quoi faire juste pour ressembler aux types des magasines ça n'avait que le don de le dégoûter un peu. Il les trouvait stupide de ne pas s'aimer, de vouloir toujours ressembler à la vision de l'a beauté qu'on leur foutait dans la tête à coup de publicité et de films. C'était drôle, à y repenser, comment il voulait que les autres s'aiment sans le faire lui-même.

Il fredonne Toi tu fais plus Banner que Hulk dit-il en tirant la langue. Il rougit à nouveau quand l'autre répond à sa blague. Peut-être qu'il n'aurait même pas dû la faire en premier lieu. Parler de ce baiser le rendait toute chose, et à chaque fois il ne pouvait s'empêcher de se dire à quel point c'était une mauvaise idée d'y penser parce que, mon dieu, maman serait tellement en colère de savoir qu'il avait embrassé un garçon. Et qu'il ne l'empêcherait pas vraiment si Finn voulait le refaire, même s'il ne viendrait jamais le premier, ça c'était clair et net.

Il tire Finn du côté droit C'est par là, t'inquiètes Il marche quelques secondes en silence, fredonnant une mélodie avant de répondre à l'autre Je suis sûr que t'es un super entraîneur bébé Finn Il réfléchit à ce qu'il pourrait offrir à Infini en échange. Il adorait la natation et il voulait le partager avec lui, c'était adorable et il n'avait pas rebroussé chemin même en sachant que Edwin ne savait pas nager. Ed voulait pouvoir partager quelque chose avec lui aussi, un truc qu'il était certain que son ami n'avait jamais fait, comme lui n'avait jamais vraiment nagé. Finn, tu accepterais de sortir la nuit, pour moi ? Il se tourne vers l'autre, se baissant un peu avec un sourire, les mains croisées dans le dos. J'adore marcher la nuit dans Londres... elle est si belle. Ca me ferait vraiment plaisir que tu viennes avec moi Sa mère le détesterait de le voir quitter la maison la nuit, surtout quand ils n'étaient pas chez eux mais, appartement inconnu ou pas, il pourrait se faufiler dehors, et peut-être même rentrer avant que une des deux femmes ne s'en rende compte. Et même si elles le faisaient, il s'en foutrait, réalisa-t-il. J'ai envie de te montrer ce que moi j'aime, vu que toi tu vas m'apprendre à nager, moi j'veux que tu viennes avec moi. Tu serais d'accord ? Il se doutait que Infini, lui, serait moins ok que lui pour désobéir à ses parents comme ça, mais qui sait, peut-être qu'il le ferait ? Edwin n'avait pas envie d'avoir une si mauvaise influence que ça sur lui, mais il voulait vraiment partager des trucs avec lui et, à part ça, il ne voyait pas quoi. Peut-être l'amener dans sa maison ? Il prend une grande respiration On pourra aller voir ma maison si jamais tu veux pas sortir ce soir il se mord les lèvres Si c'est toi, ça me dérange pas d'y aller

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

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Infini arrêta net Edwin dans sa marche en lui tirant sa manche et frappa doucement sa tempe de son index.
- Eh, dis pas ça, t'as des neurones. Etre intelligent c'est pas avoir des bonnes notes. Les bonnes notes c'est pour ceux qu'ont pas confiance en eux, rétorqua-il alors qu'en disant cela, il se plaçait directement dans la catégorie des personnes pas confiantes en eux. Pourtant il avait confiance en lui, sur certains points. Il savait que si une situation d'urgence se présentait, il pouvait suivre son instinct, mais pas quand la situation n'était pas assez pressante, sinon son instinct partait en lambeaux. C'était un garçon d'actions rapides, plutôt Blitzkrieg que partie de trois heures. Il avait confiance aussi en son esprit d'analyse si aucun sentiment s'en mêlait, parce que les sentiments c'était des boulons qui complexifiaient énormément la mécanique d'un problème.

Il ne releva pas la remarque sur Hulk. Il ne savait même pas qui était Banner. Peut-être la véritable identité du géant ? De toute manière, le seul super-héros qu'il aimait c'était Spiderman parce que son costume était trop beau et que Percy en avait un pareil qui lui allait trop bien et son père pareil, mais en noir, et ils étaient trop beaux tous les deux à Halloween.

Quand Infini se tourna vers Edwin après un silence, il fut surpris de découvrir sur son visage baissé vers lui un sourire. Il avait très envie de rigoler parce qu'il était marrant comme ça, Edwin, et en plus il ne souriait pas beaucoup mais il se retint en pinçant ses lèvres. Il allait croire qu'il se moquait de lui s'il riait alors qu'il était juste surpris. Edwin avait un air plus taquin quand il souriait. Mais à sa proposition il baissa les yeux et soupira.
- Je... je sais pas, Edwin. J'ai pas le droit de sortir le soir et en plus... il avait peur du noir. Et ça craignait d'avoir peur du noir au point de devoir encore avoir une veilleuse dans sa chambre et une lampe torche sous son oreiller en cas de panne de courant. T'sais, j'aime pas le noir, et en plus il y a des gens qui pourraient nous agresser ! Il débita cela avec une voix un peu plus aigue que d'habitude et un air consterné. Edwin ne savait pas nager mais avait quand même accepté de venir avec lui à la piscine, alors la moindre des choses c'était de venir avec lui la nuit dans Londres, en plus ça avait l'air de lui tenir à cœur. Surtout s'il lui montrait sa maison, sa vraie, pas celle de l'amie de sa mère. Il se rapprocha d'Edwin et se gratta la tête. C'est d'accord, je suis d'accord. On fait ça quand tu veux. Ce soir, ou un autre.

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Il sourit de toutes ses dents au geste de l'autre avant de lui attraper la main pour l'enlever de sa tempe. Et s'il ne lâche pas les doigts de l'autre après avoir baissé le bras, ça n'est que son affaire. Il aime bien les mains de l'autre. Elles ne sont pas comme les siennes. Il a les doigts calleux et les ongles rongés mais Finn, lui, on dirait que ses mains sont douces. Il a l'impression de toucher de la porcelaine et la chaleur qui émane de sa main serrée dans la sienne réchauffe même son cœur. Il aime cette sensation. T'as toujours carrément plus de neurones que moi Il sourit jusqu'à ce que ça creuse des fossettes dans ses joues. Les cours sont ennuyants, moi j'veux construire des choses, pas apprendre les maths et... et de toute façon j'y arrive pas, c'est comme si les lettres elles tournent dans tout les sens et que je peux plus les attraper pour les remettre dans l'ordre, tu vois ?

Les gens le trouvaient stupide quand il expliquait ça, que les mots donnaient l'impression de danser et les lettre de se retourner. Ca l'énervait, lui, parce qu'il savait qu'il n'était pas entièrement stupide, qu'il y avait des choses qu'il savait faire et que les autres ne savaient pas. Juste, ce n'était pas les choses dont tout le monde s'intéressait. Il n'écrivait pas bien, il ne calculait pas bien, il ne parlait pas bien non plus. Mais il savait courir vite, sauter, se repérer dans Londres et créer pleins de petites choses avec ses mains. Ca, il était sûr que tout le monde ne savait pas faire mais ça ne l'aiderait pas à l'école ou à ce que les gens changent d'avis. Même les profs le prenaient juste pour un abruti qui ne travaillait pas assez, mais il n'avait plus envie de le faire parce que même quand il le faisait il n'arrivait à rien. Il n'était pas stupide, pourquoi personne ne semblait voir qu'il avait juste du mal ? On ne l'aidait pas, on lui hurlait dessus à la maison, à l'école pour toutes les choses qu'il ne savait pas faire. Il en oubliait presque ce qu'il savait faire, il n'y avait que ce qu'il ne savait pas faire, toujours, qui sortait de la bouche de tout le monde.

Il serre un peu plus la main de l'autre avant de l'attirer rapidement vers lui pour le faire tourner comme une danseuse. Je te lâcherais pas la main alors, comme ça personne pourra t'agresser et tu pourras pas te perdre dans le noir. Il entoure à nouveau son bras autour des épaules d'Infini pour se pencher à son oreille. Il rougit, parce que c'est honteux ce qu'il lui chuchote à l'oreille et qu'il n'aime pas montrer ce qui lui fait peur. J'ai peur du noir aussi surtout dans sa chambre, ça lui donnait l'impression d'étouffer. Si tu veux vraiment pas, c'est pas grave, j'te promet. Il n'avait aucune envie d'embarquer Finn dans un truc qui lui ferait peur.

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Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

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La main d'Edwin sur celle d'Infini le rassura immédiatement et il lâcha un soupir d'apaisement. Sa main englobait totalement la sienne et sa paume calleuse ressemblait à celle de Percy. Finn adorait être pris par la main parce qu'il avait l'impression d'être protégé d'absolument tout, d'être entouré d'un bouclier de titane qui ne se fissurerait jamais. Et puis quand on le prenait par la main, il se laissait aller, se laisser guider et pouvait observer le sol et le ciel sans se soucier du chemin. Et là il se laissait conduire par Edwin. Il aurait pu le faire les yeux fermés mais il préférait les garder ouvert pour le voir sourire et voir ses fossettes se former quand il allongeait ses lèvres vers ses oreilles.

Infini comprenait totalement les lettres et les mots mouvants d'Ed. Lui c'était les chiffres mais il aimait bien les voir danser en couleurs parce que c'était bien plus amusant de contempler une fresque dynamique que des pauvres chiffres en noir et blanc. Et puis, il avait appris à les apprivoiser et maintenant il se servait de ça pour réussir ses calculs même si ça lui donnait mal à la tête. Les seuls chiffres qui ne lui donnaient pas des douleurs c'était ceux des tablatures de Percy bien qu'ils soient incompréhensibles pour un novice en musique comme lui. Mais Percy lui avait expliqué que les chiffres des tablatures étaient un peu comme ses chiffres en couleurs et qu'il suffisait de les apprivoiser pour les dompter et les utiliser.
- Peut-être qu'il faut les laisser aller, les mots. Ils vont revenir d'eux-mêmes à la bonne place, non ? Edwin leva son bras pour le faire tourner et l'attira près de lui. Finn déposa sa tête au niveau de son épaule. J'aime bien tourner. Et être contre lui. T'es un chat en fait : tu vis le soir, tu cours vite, tu te perds jamais et t'aimes pas l'eau. C'est trop cooooool ! Et puis si, j'ai envie de venir avec toi la nuit, vraiment.

L'architecture effilée en verre et béton de la piscine se découpa du ciel londonien. Infini sentait le chlore d'ici et frissonna à l'idée de retrouver cet univers si familier. Il était en avance de quelques minutes avant son entraînement et après ça, il pourrait apprendre à Edwin à nager.
- Nous y voilà.

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Edwin lui n’aimait pas beaucoup être tenu ou tenir les gens par la main. La plupart du temps, ça le faisait se sentir prit au piège parce qu’il ne pourrait pas s’enfuir, qu’il ne pourrait rien faire d’autre que de suivre l’autre s’il resserrait sa prise. Mais avec Infini, ça semblait naturel. L’autre ne pourrait pas lui faire de mal, il en était certain. Il semblait bien trop innocent pour ça, trop gentil et Edwin lui faisait bien plus confiance qu’à beaucoup d’autres gens qu’il connaissait depuis plus longtemps. Le plus jeune avait su gagner sa confiance rapidement, même si Edwin ne savait pas trop pourquoi. Peut-être parce qu’il était quelqu’un à protéger, quelqu’un pour qui Edwin avait envie d’être un modèle, d’être important. Il ne se sentait pas en danger à côté de lui, pas plus qu’il ne se sentait piégé. Infini n’était pas une cage, c’était une colombe assez grande pour qu’Edwin s’envole sur son dos. Il était un petit oisillon qui sautillait partout et qui lui montrait de nouvelles choses, de belles choses. Il rendait la couleur à son Londres grisâtre et Edwin était amoureux de ce sentiment de liberté, de se sentir bien. D’être important.

Il secoue la tête Nah, ils arrêtent jamais de tourner, pas quand je suis en classe en tout cas. Mais c’est là où ils devraient arrêter de tourner, parce que c’est à ce moment là que j’en ai besoin, mais même quand je suis chez moi, je sais pas faire de grands calculs, même si les simples sont plus faciles. Les gens au collège me trouvent débile Il hausse les épaules Ils ont sûrement raison, d’ailleurs, mais de toute façon c’est pas grave parce que j’aurais pas besoin de maths pour faire ce que je veux, quand j’aurais trouvé ce que c’est Les gens disaient qu’il se fermait des portes et que quand il aurait le plus besoin des maths, il serait incapable d’en faire. Ils n’acceptaient pas sa version. Edwin avait beau leur dire que quoi qu’il décide de faire de sa vie, il n’aurait pas besoin de ces satanés chiffres, personne ne l’écoutait. Les adultes étaient persuadés de le connaître et de savoir ce dont il aurait besoin et ce dont il avait envie. Ils se trompaient, ils étaient des idiots fini. Le collégien n’avait même pas le droit de leur dire ça, parce que sa mère lui aurait passé un sacré savon s’il avait dû être désagréable avec des adultes. Ils ne faisaient rien pour l’aider avec les autres élèves alors qu’ils étaient forcément au courant, mais s’il avait dû se passer quelque chose, ça n’aurait jamais été eux les méchants de l’histoire. Edwin préférait éviter les claques même si ça signifiait les laisser parler et se croire plus importants et plus intelligents que lui.

Il serre Infini contre lui quand le plus jeune pose sa tête contre son épaule. C’était vraiment chouette. Assez intime pour lui donner l’impression d’avoir quelque chose à chérir mais pas assez pour lui donner l’impression de faire quelque chose de mal. Si sa mère le voyait maintenant, il pourrait simplement dire qu’il donnait une accolade à Infini. Elle ne s’imaginerait pas qu’il pouvait faire un câlin à un garçon. Parce que ce n’était pas bien. Rien de ce qu’il faisait avec Finn n’était bien, parce qu’on ne devait pas embrasser un garçon, qu’on ne pouvait pas dire qu’un garçon était mignon. Et on ne devait pas tenir la main à un garçon. Sa mère serait furieuse si elle voyait qu’il bennait toutes les leçons qu’elle lui avait apprises mais c’était pas grave. Ça en valait la peine pour avoir cette main dans la sienne, il prenait le risque. Est-ce que ça veut dire que toi t’es une petite souris ? Ça te va bien il fredonne J’ai hâte d’y être, je montrerais ça à personne d’autre qu’à toi, ce sera notre truc, mais tu verras Londres est magnifique là où je t’emmènerais pour la regarder

Il observe le bâtiment et quelque chose se retourne dans son estomac. Il n’aime pas nager et il a peur. Il ne l’avouera pas, bien sûr, pas encore. Mais il a peur de l’eau. J’t’attendrais après ton entraînement alors, mais si j’peux regarder j’veux bien, ce s’rais chouette

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Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

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Il se sentait tellement bien, là, sa tête sur son épaule. Aussi naturellement qu'il respirait. Le simple contact d'Edwin lui fichait des frissons de bien-être et simplement, les muscles crispés encore quelques instants avant s'étaient détendus. Il ne sentait plus ses mollets affaiblis par l'entraînement d'endurance de la veille ni les légères tensions dans ses épaules de peur d'arriver en retard. Il se sentait bien. Trop bien. Il avait presque peur de se réveiller en sursaut dans son lit en sueur, sa couette défaite et son oreiller tombé au sol. Il serra plus fort la main d'Edwin et releva légèrement la tête pour sentir son odeur. Ses parents lui disaient toujours que ce n'était pas poli et qu'il ne fallait pas non plus goûter tous les objets qui lui tombaient dans la main, comme des stylos ou des cailloux. Mais à cet instant, il envoyait tout valdinguer. Parce qu'Edwin avait un parfum de calme. Pour le goût, il verrait bien un jour, il se disait très bas en lui-même.

Infini se souvient bien du jour de leur rencontre. Souvent, il se repasse cette journée dans sa tête, les doigts croisés sur son torse, allongé sur le sol de sa chambre. Il se souvient aussi de quand il a dit à son père et Percy qu'il avait embrassé Edwin. Il avait essayé de sonder leur regard, leur sourire, pour y lire l'approbation attendue d'avoir dit merci. Il ne se souvient en revanche pas de ses conclusions sur leurs réactions. Mais ils avaient déjà eu une discussion pour savoir si Finn pouvait lui aussi aimer les garçons. Et le petit avait tranché que oui. C'est ça qui dessina un sourire sur son visage. Si Edwin l'aimait, alors ils pourraient être amoureux et ils pourraient avoir des bébés et deux chats qu'ils appelleraient Isaac et Mewton et acheter une piscine pour apprendre à nager aux bébés et aux chats. Et s'il ne l'aimait pas, il aurait le souvenir de son épaule et de sa main.

Cependant s'il y avait bien une chose qui énervait Infini chez son ami, c'était sa manie constante de se descendre. Il ne croyait tellement pas en lui que Finn avait envie de le secouer ou de marcher sur son pied pour qu'il réagisse. Il ne croyait tellement pas en lui que Finn avait envie de marcher très fort sur les pieds de ceux qui le poussaient à se voir comme ça, comme un être bancal, pas clair, stupide et qui servait à rien. Il avait envie de lui crier qu'il était génial, et trop beau et plein d'autres trucs qui faisait hérisser les poils de Finn. Un jour, il faudra qu'il plante son ami devant un miroir et qu'il lui demande ce que renvoyait son image pour lui réellement et pas ce que les autres le poussaient à penser. « On s'en fout, c'est pas important. Ca sert à rien de savoir conjuguer au plus-que-parfait subjonctif de trucmuche ou de faire des probas indépendantes de tête. T'façon après les cours on l'utilise plus. Mais toi tu sais courir et faire plein de trucs que d'autres sauraient même pas faire un chouilla, j'suis sûr ! » Il donne un petit coup de coude dans ses côtes. « Alors, s'il te plaît, arrête de dire ça. Tu trouveras ton truc à toi et ça sera bien. » Il se demandait ce que c'était son truc à lui. Les maths peut-être ? Non, ça c'était le truc de son père, c'est sûr que le petit aimait beaucoup aussi et ça le faisait vibrer parfois et d'ailleurs il ne savait pas trop pourquoi, parce que qu'est-ce qu'il y avait de vraiment attirant dans les maths ? Ou la natation, alors. Oui, ça lui plaisait beaucoup et c'était son meilleur exutoire et un domaine où il dépassait son père et même Percy facilement. C'était ça, alors. Nager.

Il poussa la porte battante de l'entrée avec son dos tout en tirant par la manche Edwin et le voyant un peu réticent, attrapa ses coudes et le tira à l'intérieur du bâtiment. Il referma la porte en donnant un petit coup de pied dans le bas de la porte aimantée et amena le plus grand au milieu du vestibule. Il pointa les grandes baies vitrées qui permettaient de voir les bassins. « J'vais dans le grand bassin là et entendant que j'ai fini, soit tu attends là mais c'est nul soit tu peux t'asseoir au bord de l'eau ou sur un banc » Regardant sur l'horloge aux néons rouges l'heure du début de sa séance se rapprochant, il se dirigea vers les tourniquets. « Tu viens ? »

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Avoir Infini contre lui était comme câliner un chat. Pour peu, il aurait pu jurer que l'autre lui ronronnait dessus. Edwin n'avait jamais eu d'animal de compagnie, mais il aurait adoré en avoir un. Quand il sortait, il s'arrêtait toujours pour caresser quelques minutes les chats qui sautaient adroitement des murets ou même les chiens promenés par leur maître. S'il y avait bien des gens à qui on pouvait faire confiance, c'était les animaux. Ils ne vous trahiraient jamais. En fait, un animal était comme un petit enfant. Toute sa vie tournait autour d'un humain, pour l'aimer, le nourrir et le garder en vie mais surtout pour devenir sa famille. Il ne comprenait pas comment on pouvait abandonner un animal, briser la confiance qu'un être avait placé en nous. Bien sûr, ça dépendait de quel abandon. Laisser un animal parce qu'on ne pouvait plus s'en occuper et l'amener là où il pourrait être prit en charge, c'était compréhensible et acceptable. Laisser un chien sur le bord de l'autoroute parce qu'il devenait embêtant ne l'était pas, et ne le serait jamais. En y repensant bien, Edwin avait beaucoup plus d'empathie et de sentiments pour les animaux que pour les humains. Eux étaient pourris jusqu'à la moelle pour une bonne partie. Un animal ne chercherait pas à violenter sans raison, sans avoir été éduqué pour. Edwin détestait ceux qui élevaient les animaux pour qu'ils deviennent des soldats, des armes. Il détestait l'idée que l'on puisse transformer totalement la nature d'un animal à son bon vouloir. Les humains étaient souvent détestables, irrécupérables et méchants quand les animaux étaient loyaux, gentils et doux.

Alors oui, Infini ressemblait à un chat, parfois. Il n'était pas méchant et Edwin doutait que, même s'il avait voulu l'être, il aurait pu le devenir. Il était trop doux, trop naïf pour avoir quelque chose de mal, pour trahir et blesser. Il resserre sans y faire attention sa prise sur Infini. Il ne le considérait pas comme un animal de compagnie, parce que c'était un garçon, mais si Edwin devait faire le rapprochement avec quelque chose, Infini prendrait sûrement l'apparence d'un petit chat ronronnant et se roulant sur le ventre dans son esprit. D'ailleurs, il le faisait déjà, ce n'était pas faute de l'avoir déjà imaginé avec des petites oreilles abaissées le jour où ils s'étaient rencontré. Assit sur son sac comme un chiot blessé. Il était apparu faible, trop pour être laissé seul. C'était probablement pour ça que Edwin était enroulé autour de son doigt. Infini pourrait lui faire faire n'importe quoi parce que dès le début, Edwin avait vu en lui quelqu'un à protéger, trop bon pour un jour pouvoir le blesser.

Il avait vu une occasion d'être utile à quelqu'un et que quelqu'un le soigne même sans y penser, parce que c'était ce qu'Infini faisait avec son attitude toujours souriante. Ou sa manie à le reprendre à chaque fois qu'il disait quelque chose de mauvais sur lui, comme à cet instant. Les remarques de l'autre lui tirent un sourire sincère avant que le coup ne le fasse réellement éclater de rire. Un rire franc, cristallin mais légèrement rouillé. T'as p't'être raison, mon p'tit génie. Désolé de te rendre mal avec ça. J'vais faire des efforts il ajoute un clin d'œil complice. Ce qu'on sait déjà de ton truc à toi, c'est que ce n'est pas la boxe, pas vrai ? Moi.... moi je pense que c'est pas le sport non plus. Je veux bricoler, faire des choses avec mes mains, c'est ça qui me botte le plus. Mais les gens trouvent pas ça acceptable, pour eux y'a que les notes qui comptent, pour ma mère aussi.

Il manque de trébucher sur le plus petit quand il le tire à l'intérieur du bâtiment. Il pouvait avoir de la force, quand il le voulait ! Et tant mieux, parce que si ça n'avait pas été avec lui, Edwin n'aurait jamais passé la porte de la piscine. Une odeur de chlore filtre à travers le hall, seule chose que Edwin apprécie vraiment dans les piscines. Il observe les différents bassins avec une pierre dans l'estomac en se mordillant les lèvres. C'est trop profond, trop long, et il y a trop d'eau. Il ferme son poing sur son tee-shirt en le tirant légèrement vers le bas. Ouais, j'arrive finit-il par dire en suivant l'autre, peinant à détourner les yeux des bassins. Il s'arrête après quelques pas Enfin non, j'vais aller chercher mes affaires chez moi, on y est pas passé, et je reviens après, je prendrais pas longtemps dit-il avant de filer hors de la piscine avec de grands pas. Il prend le temps de faire un signe du pouce pour signifier que tout va bien avant de courir aussi vite qu'il peut chez lui.

Se dépêcher et revenir vite pour ne pas rater trop de l'entraînement de Finn.

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Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

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Bricoler. A ce mot, l'esprit d'Infini dessina sur ses rétines des rouages, des boulons, des engrenages qui s'actionnaient les uns entre les autres, la force de l'un entraînant un cran dans son élan, puis un second qui lui-même produit un mouvement semblable. Il s'imaginait un cercle répétiteur tenu par Edwin à bout de bras, entouré de tournevis et de clés à molette. L'air un peu savant et surtout passionné. Est-ce qu'il arriverait à lui faire un avion en papier perfectionné ? Les siens s'écrasaient toujours lamentablement au sol après un court vol et un piqué vers le bas digne d'une chute d'une attraction à sensations fortes. Il aimerait tellement voir des dizaines d'avions voler entre eux et être parfaitement dirigés par un téléguidage. Ca devait être dingue de construire un objet juste avec ses mains et pas grand-chose et de le voir fonctionner à la fin. Aussi dingue que de faire une performance en natation s'il reportait le truc d'Ed au sien.

Le temps qu'il se retourne, Edwin avait déjà passer le seuil de la porte et le petit ne put que voir son pouce levé avant qu'il ne coure. En quelques foulées, sa silhouette s'était évanouie. Infini resta planté au sol quelques secondes, son sac pendant nonchalamment au bout de son bras. Il courait vite et bien, ça se voyait qu'il passait du temps le soir à Londres à arpenter les rues comme un chat. Finn espérait que son ami reviendrait vite. Il reviendrait, c'est sûr, il n'allait pas le planter, même s'il avait bien vu qu'Ed était tout sauf à l'aise ici, à la manière dont il a tiré sur son tee-shirt en entrant. Pourtant la piscine avait l'effet inverse sur Finn. Le chlore, l'eau qui se mouvait aux battements des nageurs, et même les cris des enfants dans le petit bassin, ça le faisait vibrer de plaisir. Jetant un nouveau coup d'œil à l'horloge, il se hâta de passer les tourniquets en donnant un coup énergique avec sa hanche. Il enleva ses chaussures sans les mains d'un geste assuré car effectué quotidiennement et les ramassa avant de les lancer sur un des supports.

Il s'installa dans un vestiaire et fit voler ses vêtements avec fluidité et les laissa gisant au sol. Quelques secondes plus tard, il était déjà en maillot de bain et plaçait ses lunettes sur son nez, avant d'attraper son bonnet et de rentrer sa tignasse brune tant bien que mal dedans. Il rassembla ses affaires dans ses bras et les entassa dans un casier et rentra à la fin son sac où on pouvait lire son nom. Il laissa le casier entrouvert pour qu'Edwin puisse y ranger ses propres affaires. Sa serviette sur le dos, ses palmes à la main, il s'avança d'un pas rapide vers les douches. Il posa sa serviette sur un îlot sec et tapa sur le poussoir puis plongea sous l'eau un peu froide pour se mouiller le corps. En face de lui se trouvait un miroir légèrement embué. Il regardait son reflet tandis que l'eau se réchauffait petit à petit. Son bonnet noir rétrécissait sa tête et avec ses lunettes noires également, il avait l'air de Batman ou de Zorro. Son maillot, noir et fuselé vert s'arrêtant juste au-dessus du genou mettait en valeur des cuisses fermes et une taille fine. Tout son corps était à la fois fin et musclé. Rien ne dépassait mis à part quelques mèches rebelles et il paraissait parfaitement sportif, ceci appuyé par une fine ligne qui se dessinait sur son ventre quand il prenait de grandes respirations, séparation des deux blocs d'abdominaux. Mais loin de paraître fort, il se trouvait l'allure d'une brindille séchée au soleil qu'un simple coup de vent suffirait pour la faire plier.

Deux minutes plus tard, il était sur le plot de départ, surplombant le bassin et son fond bleu. L'adrénaline qui coulait à chaque fois qu'il était là commençait à affluer, il le sentait, impatient de sauter. Il avança son pied gauche au bord du plot, recula le droit et fléchit ses genoux. Ses doigts s'appuyaient sur la surface qu'il s'imposait mentalement. Rien que cette simple position de départ était le fruit de plusieurs heures d'entraînement, de reprise d'un torsion de coude trop marquée, d'un angle pas assez grand pour le genoux, du buste trop avancé vers l'eau. Il se sentait confiant et respirait calmement. Edwin devait être encore à l'extérieur. On sonna le top. Finn s'élança avec ses cuisses et ses mollets et étira tout l'avant de son corps vers le loin avec les mains jointes et les bras tendus, encadrant son visage rentré dans les épaules. Au moment du premier impact, ses mains ouvrirent la voie et tout son suivit sans opposition. Edwin. Finn adorait cet instant où l'eau explosait dans ses oreilles et où les premières bulles d'oxygène s'échappait de sa bouche pour rejoindre la surface. Il ondula. Ses camarades étaient tous à la surface mais lui restait toujours un peu plus sous l'eau même s'il perdait du temps à chaque fois. Le bruit de l'eau, il l'écoutait toujours attentivement. C'était toujours calme, alors que là-haut, les éclaboussures giclaient et les bras frappaient frénétiquement l'eau. Ed. Il remonta toujours en ondulant et dès lors que son corps fut à l'horizontal à quelques centimètres de l'air, il sortit son bras droit et respira et ramena son bras vers l'avant en frôlant l'eau de son pouce. Il répéta cela jusqu'à l'arrivée de l'autre côté du bassin où il culbuta aisément - là aussi des dizaines d'heures d'entraînement à en avoir la tête qui tourne - et retourna au point de départ. Le crawl finit, il s'attaqua à la brasse, la nage qu'il aimait le moins puis le dos crawlé et acheva avec le papillon. Le papillon, c'était dur, épuisant et ça faisait monter le cardio en quelques secondes plus qu'un sprint mais il adorait. L'impression de voler, de puissance pour réussir à émerger la moitié de son corps hors de l'eau, la chute dans l'eau et le bruit des bulles, les ondulations et Edwin. Plus qu'une dizaine de mètres et il atteindrait le bord et la fin de son échauffement.

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Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Il doit bien avouer qu'il a pensé pendant le voyage à passer chez lui, mais papoter et se balader avec Finn lui avait vite fait oublier qu'ils ne partaient pas dans le sens de chez lui. Enfin, de chez l'amie de sa mère. Ce ne serait jamais sa maison, mais il était un peu obligé de vivre là bas. De toute façon, même s'il n'avait pas voulu -chose qui était le cas- sa mère n'en aurait rien eu à faire. C'était souvent pour elle que les choses se passait, mais pas pour lui. Il pensait qu'elle était égoïste mais il ne l'aurait jamais dit à voix haute. Il avait du mal à comprendre pourquoi elle devait forcément aller s'enfermer dans un appartement avec une amie plutôt que de retourner chez ses parents. Edwin aimait ses grands-parents, même s'ils ne se connaissaient pas beaucoup. A bien y penser, il ne connaissait pas beaucoup sa famille hors son père et sa mère. Il n'avait jamais rencontré sa belle-mère ou ses demi frères et sœurs et n'avait vu que quelques fois ses grands parents ou ses possibles oncles. Sa famille se résumait à sa mère depuis le début, il n'y avait eu qu'elle dans sa vie. Il avait finit par s'y habitué mais il savait maintenant qu'il n'aurait jamais dû, que ce n'était qu'un des nombreux moyens qu'elle avait de le garder avec elle.

Il ne pourrait pas se défaire d'elle s'il ne voulait pas se retrouver tout seul. Il n'avait personne chez qui aller, personne à qui parler qui ne soit pas un inconnu, parce que même si il connaissait ses amis, ils ne seraient jamais aussi évident pour Edwin de savoir qui ils étaient et d'apprendre à les connaître que sa propre famille s'il avait eu l'occasion de les voir plus tôt. Aujourd'hui, il pouvait aisément dire qu'il connaissait plus ses professeurs que les propres personnes qui partageaient son sang. Ca ne lui manquait pas, comment s'ennuyer de quelque chose qu'on avait jamais connu ? Mais il aurait aimé pouvoir s'enfuir de cette cage dorée dans laquelle sa mère l'enfermait depuis des années maintenant. Si quelqu'un lui avait dit plus tôt que ce n'était pas normal qu'elle soit son seul et unique lien avec sa famille, ou le monde en général, peut-être qu'il aurait pu s'en défaire plus facilement. Depuis qu'il l'avait comprit tout seul, il avait l'impression qu'une bonne partie de sa vie s'effondrait, ou en tout cas toutes les illusions qu'il avait créé sur des mensonges. La chute faisait mal et ne semblait jamais s'arrêter. Il n'en voyait pas la fin et était incapable de déterminer si, maintenant quand sa mère faisait quelque chose, elle était sincère ou si c'était simplement une manipulation de plus. Ce n'était pas lui qui était fait pour Serpentard, c'était elle. Elle aurait été parfaite dans cette maison, avide de contrôle et manipulant son fils pour l'obtenir.

Poudlard avait cassé ce contrôle qu'elle avait sur lui, et pauvre idiot qu'il était, il avait laissé derrière lui la seule protection vraiment efficace qu'il aurait pu avoir. Il ne pouvait s'en vouloir qu'à lui même, il n'arrivait pas à se dire que c'était simplement parce qu'elle lui avait tellement retourné le cerveau qu'il avait pensé que c'était la seule chose de bien à faire, parce que quand il y repensait, il n'avait jamais réellement souhaité quitter Poudlard pour autre chose que retrouver la normalité que sa mère faisait de sa vie.

Heureusement pour lui, personne n'était dans l'appartement et la visite fut de courte durée. Il était presque curieux de savoir pourquoi il avait un nouveau maillot de bain fraîchement acheté après l'incendie alors qu'il ne savait pas nager, mais il ne s'y attarda pas trop. Fourrant des affaires dans un sac rapidement, l'angoisse montait de plus en plus à l'idée de se retrouver dans l'eau. Tout le monde, ou au moins une grande partie des gens, adoraient l'eau. Barboter, ou le sentiment de liberté qui l'accompagnait. Edwin, c'était tout l'inverse. Quand il était dans l'eau il se sentait surexposé sans ses habits, dans un territoire qui n'était pas le sien. Il n'avait jamais apprit à nager et les rares fois où il avait fini à l'eau s'étaient soldées par une peur irraisonnée d'y baigner un pied.

Ce n'était pas différent pour cette fois-ci. Il observe son corps maigre, ses côtes qu'il peut compter sans difficulté et toutes les petites imperfections qui l'empêchent de voir autre chose de bien chez lui. Les bleus fanés, les croissants de lune jaunis donnés par les ongles de sa mère quand elle lui attrape le poignet ou les griffures rouges en colère sur sa poitrine. Il ne se trouve pas beau, et il est profondément gêné par son manque de couverture. Tout le monde peut le voir et il avale difficilement sa salive avant de s'approcher du côté des visiteurs. Une pierre tombe dans son estomac et même la vue d'Infini nageant ne suffit pas à lui faire oublier. Bien sûr, il est ravi de voir l'autre dans son élément, il semble s'y fondre parfaitement comme s'il avait été créé pour nager. Edwin ne peut pas s'empêcher de se dire que, lui, pas du tout. Il lui fait un signe de la main, un sourire crispé sur les lèvres. Il essaie vraiment de ne pas s'enfuir en courant, et c'est la première fois qu'il se force pour faire plaisir à quelqu'un et non pas pour éviter une punition ou une crise de hurlements. Qu'il se force parce qu'il en a envie, et pas pour faire plaisir à sa mère. Ca lui donne un peu de courage et ses muscles se détendent légèrement.

Finn est là, ça ne peut pas mal se passer, ça ne doit pas mal se passer. Ce n'est que de l'eau, ça ne va pas le tuer s'il ne se met pas en tête d'apprendre à respirer comme un poisson.

"T'a Smaug sur son tas d'or et t'as Edwin sur son tas de rédacteurs" - Isaac Powell
Edwin Wellhister (17 ans, cinquième année)

Chat d'gouttière et p'tit Poisson
Ce qu'il aimait avec les entraînements, c'était la possibilité de s'améliorer à chaque fois. Enfin, ce n'était pas une possibilité, c'était obligé. L'amélioration était intrinsèquement liée à l'entraînement. Et même si c'était dur, parfois très dur, il fallait tenir et toujours tenir la barre pour ne pas couler. Et la barre de Finn était en partie son coach. Il était déjà là quand le petit avait posé pour la première fois un minuscule pied potelé dans l'eau alors que les séances d'entraînements se résumaient à s'amuser dans l'eau, à la goûter sans se soucier du goût chloré qu'elle avait, à l'impression de brûlure qui s'installait quand on la reniflait. Mais aujourd'hui, Infini n'écoutait pas vraiment le coach. Il surveillait frénétiquement le bord du bassin pour tenter d'y apercevoir le visage d'Edwin, même s'il savait que ses divagations lui coûterait à coup sûr une bonne tape sur la tête à la prochaine séance. Parce que pour s'améliorer, tenir la barre était nécessaire mais cette barre filait à toute vitesse. Cette vitesse en faisait une barre d'excellence. Infini était habitué à cette pression et ne la sentait plus vraiment. Que ce soit à la piscine ou à la maison, c'était pareil. Son père aussi le poussait souvent à aller plus loin et ça lui allait bien, à Finn, parce qu'il réussissait toujours à aller plus loin. Mais maintenant qu'Edwin était là, que Finn allait le voir à la fin des cours, qu'il était son un-peu-plus qu'ami, il ne voulait plus vraiment faire plaisir à son père ou son coach. Il voulait faire plaisir à Edwin et c'était un peu plus compliqué qu'avoir des bonnes notes en maths ou nager vite.

Edwin était une énigme qu'il n'arrivait pas à résoudre. Parfois même, il se demandait si c'était ça qu'il faisait qu'il l'aimait beaucoup. Il n'espérait pas, parce qu'il trouvait que c'était une raison un peu bizarre mais on ne choisit pas pourquoi on aime. Après tout il aimait beaucoup trop de choses chez Edwin pour que seul le mystère flottant autour de l'autre l'ait attiré. Il essayait de le comprendre, de le cerner et souvent il se trompait et même ça il adorait. Dès que Edwin et lui étaient proches physiquement, le petit sentait à la fois fort et faible. Faible parce qu'Ed a du lui jeter un sort pendant leur première rencontrer et que ses jambes souvent tenaient par un miracle tant il vacillait et fort parce qu'il avait envie d'être fort pour lui, pour l'aider et le faire rire, pour voir son sourire si radieux. Les minutes passaient et il pensait à tout ça en nageant. Il ne réfléchissait même pas à ses placements et déplacements ou à son souffle. Toutes ses pensées convergeaient vers Edwin et il nageait avec autant de légèreté que lorsqu'il était avec lui.

L'entraînement termina. Finn salua (très) rapidement son coach et fila vers la silhouette fine et grande qu'il avait immédiatement reconnue. Au passage, il abandonna son bonnet de bain et ses lunettes près de sa serviette, sur un des bancs en carrelages blancs. Ses pieds touchèrent à peine le sol alors qu'il courait presque vers Edwin. « T'es là ! » Evidemment qu'il était là. Il n'avait pas douté une seconde qu'il le rejoindrait. Mais ce simple constat lui permettait d'appréhender plus facilement la situation. Les joues du petit étaient rouges mais pas à cause de l'effort physique qu'il avait produit juste avant. Il sentait que son regard voulait sans cesse glisser vers le bas du corps d'Edwin mais il se forçait à rester concentrer sur le buste et le visage du grand. Après tout, des jambes c'est des jambes ; celles d'Edwin ne seront pas bien différentes des siennes. Se limiter à la partie haute du garçon n'était pas une si mauvaise idée. Il était beau de partout mais surtout du visage. Sa bouche, ses yeux noirs, ses cheveux noirs...

« Hmm, on peut y aller, si tu veux. » Il passa une main dans ses cheveux mouillés et tendit le bras sur sa droite, direction le petit bassin. Est-ce qu'il pouvait toucher le bras d'Edwin pour l'inciter à tourner son corps vers l'eau ? C'était bizarre que la simple idée du contact avec lui explosait son cerveau. Comment réfléchir alors qu'à côté de soi se trouve Edwin. Il se décida à attraper doucement le bras de l'autre. Juste au-dessus de son coude et sans serrer. Et puis, naturellement, son autre bras retrouve le bras de l'autre au même endroit. Ils étaient face à face avec pour distance de séparation un bras. Finn avait dans son dos le bassin, comme ça Edwin pourrait avancer sans trop voir d'eau ni se soucier d'où marcher puisqu'il n'aurait qu'à suivre les pas d'Infini. « On va commencer par le début, Edwin. D'accord ? On va commencer par mettre les pieds sur la première marche avec quelques centimètres d'eau, et si tu te sens bien, on descend jusqu'à la deuxième. » Il regarda l'autre droit dans les yeux en souriant. Tout se passera bien, il n'y a pas de raison qu'il se passe quoi que ce soit de mal. L'eau ne mange pas les pieds.

#MMG #Jafini #Infiwin ● 3ème Année RP
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