Les mains libres
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"Si seule la douceur de la Musique est capable de sécher tes Larmes, tu sais ce qu'il te reste à faire..."
Aristid O'Shaken
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"Si seule la douceur de la Musique est capable de sécher tes Larmes, tu sais ce qu'il te reste à faire..."
Aristid O'Shaken
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Nuit du 25 au 26 Mai 2045
L'Appel était sonore.
Une résonance dans tes cavités intérieures, un Son puissant et déchirant, qui avait parcouru lentement tes entrailles, chaque domaine exploré, jusqu'à ce que ta Conscience en soit immergée toute entière. L'effet était tout aussi saisissant, un frisson parcourrait la surface de ta Peau, et ton Lambeau de Cœur s'était affolé, peu habitué aux démarrages nocturnes en trombe. L'Appel se poursuit, et te chuchote à l'oreille des Mots dénués de sons, qui suffisent à te conduire là où les Maux s'effacent, là où tout n'est que Notes et Mélodie, là où tu n'est jamais allée.
Tu n'est plus qu'une Ombre enfouie sous sa capuche, qui cherche le lieu d'où provient cet Appel. Attentive, tu guettes le moindre bruit qui annoncerait l'arrivée d'un professeur. Tu ne te réjouis pas spécialement à l'idée d'une seconde retenue dans ton année scolaire, mais un appel demeure un appel, et tu te dois de violer une nouvelle fois ce maudit couvre-feu. Les murs du château ornés de tableaux prennent des couleurs inquiétantes la nuit, et si tu n'avais pas cette obsession de rejoindre la pièce de la Résurrection, tu aurais immédiatement rejoint le dortoir, en élève disciplinée. Mais tu poursuis ton chemin, jusqu'à ce que la porte en bois marquant l'entrée du lieu t'accueille chaleureusement.
Une fois entrée dans ce Refuge, tu comprends pourquoi tu es venue. Sublime beauté, merveilleuse et musicale, la Salle de Répétition offre un ensemble d'instruments exceptionnel, tous plus propres et brillants les uns que les autres, n'attendant que le contact d'une Bouche, une Phalange, un Archer ou tout autre intermédiaire, pour s'ouvrir et se pâmer d'une émulsion sonore. Tu restes quelques instants immobile, comme si une paroi te séparait de ce paradis, de tout ces joyaux que tu n'as jamais pu toucher. Tu contemples. Tes yeux se réjouissent devant un tel spectacle et brillent de plaisir dans la Nuit opaque, la Lune attaquée par une meute de Nuées. Mais tu t'en moques bien. Le Bonheur est là, à portée de main, le Bonheur est Instrument, l'Instrument se joue du Bonheur. Le piano à queue, que tu as vite remarqué, t'attire irrésistiblement et fatalement, tes jambes se mettent soudain en action, aimantées par l'objet Bicolore. Tu les laisses faire, bercée d'illusions. Tu t'assois sur le tabouret noir. Tu ouvres de tes douces mains le piano. Led pédales sont odieusement belles, tout comme les touches blanches et noires, Dentition régulière de l'instrument. Et soudain, c'est le Doute.
Vas-tu laisser tes doigts retomber sur le clavier, marquant d'une empreinte emplie de notes le piano? Vas-tu alerter un professeur par le Son émis? Vas-tu activer la sourdine, au risque d'asphyxier le Son? Trop de questions qui font fuir le Bonheur momentanément, peut-être définitivement. *M-merde*. Tu optes pour jouer à l'instinct. Et trois doigt se posent. Pouce. Majeur. Auriculaire. Accord. La. Mineur.
Le Son fut, mélancolique telle une Sonate au Clair de Lune
Cette Danse est Libre, mais sera limitée à deux Invité(e)s au maximum. J'espère que deux Plumes prendront plaisir à effectuer quelques Pas nocturnes... Faites flotter vos Mots, et nous vivrons une Danse incroyable, je n'en doute pas une seconde.
Ombre
Dernière modification par Hannah Hardhoke le 20 janv. 2021, 07:37, modifié 2 fois.
Résurgence
Les mains libres
Cette fois, c’est l’inverse.
Cette fois, c’est moi qui écoute, toi qui joues.
Écoute. Entend ces sons merveilleux, tristes, nostalgiques.
Comme toutes les nuits, une raison ou une autre me pousse à sortir mon corps de mes draps, de poser mes pieds nus sur le tapis azur. Comme toutes les nuits, je m’en suis allée, loin de ce sommeil qui ne veut pas de moi. Et comme toutes les nuits, j’ai vadrouillé, le pas las et traînant dans les couloirs du château, baguette en main, l’ouïe en éveil.
Cette fois, c’est la chaleur qui s’est emparée de mon Âme.
Trop chaud, trop de ronflements.
Sommeil coupé court.
Alors j’ai traîné. J’ai rampé telle une Ombre désireuse de s’immiscer dans les pavés du sol. Au moins là je serai au frais. Au calme. On me marcherait dessus, mais ça ne changerait pas réellement mes habitudes, finalement.
J’ai soupiré. Pour la millième fois.
J’passe ma vie à soupirer. Angoisse, lassitude, nostalgie.
Mais cette fois, alors que je marchais tel un insecte à qui il manquerait une patte, je t’ai entendu.
C’est moi, d’habitude. Mes mains, mes doigts, mes phalanges qui parcourent ce clavier. Mon corps qui est assis sur ce tabouret. Mon Âme qui danse dans cette pièce.
Qui es-tu ? *un miroir*
Mes pas me mènent devant la porte close. Et je la regarde, de mes yeux vides et fatigués. Derrière, je ne sais pas ce qui s’y trouve. Mais j’imagine. Une Autre en péril. Un corps vide. Mais une Ombre brillante de mille feux, valsant à chacune des notes.
La Musique… fait vivre une Vie, totalement inconnue aux ignares. Aux imbéciles.
Et ce Maître Musique, derrière cette porte, cette faible cloison, est aussi détraqué que moi.
Mon front se pose sur la porte en bois en un léger bruit sourd. *écoute*
Mes paupières se ferment, mes cheveux glissent le long de la paroi. *entend*
Ma paume moite vient toucher délicatement le bois. *respire*
Ma respiration ralenti. *ressens*
Il n’y a plus rien d’autre que la Musique.
C’est beau. Mais je suis loin.
Mes phalanges tapotent, transformant le bois de la porte en clavier.
C’est si beau, et je suis si loin.
*approche, petite Âme*
J’arrive. C’est Elle. Elle m’appelle.
Alors, sans bruit, j’ouvre la barrière qui me sépare d’Elle.
Et Elle m’engloutit.
Une Autre est là, dans l’Ombre. Maître Musique. Dans l’ombre mais si étincelante. Les Notes, je les vois. Toutes.
Comme un clair de Lune.
Alors c’est ça, que l’on ressent, quand on m’écoute ?
*personne ne ressent les choses comme toi* Quelle tristesse
Mes genoux se plient, accueillant le sol froid. Je m’installe au milieu de la salle, pour ressentir les Échos, les sons, les notes. Je veux entendre chaque Pas.
Je joue, moi aussi, en tailleur au sol. Je joue de mes doigts sur le sol. Et mon Âme s’envole, parfois spectatrice, parfois accompagnant mon Reflet.
Mon Reflet. Car c’est moi, que je suis en train d’entendre.
Cette fois, c’est moi qui écoute, toi qui joues.
Écoute. Entend ces sons merveilleux, tristes, nostalgiques.
Comme toutes les nuits, une raison ou une autre me pousse à sortir mon corps de mes draps, de poser mes pieds nus sur le tapis azur. Comme toutes les nuits, je m’en suis allée, loin de ce sommeil qui ne veut pas de moi. Et comme toutes les nuits, j’ai vadrouillé, le pas las et traînant dans les couloirs du château, baguette en main, l’ouïe en éveil.
Cette fois, c’est la chaleur qui s’est emparée de mon Âme.
Trop chaud, trop de ronflements.
Sommeil coupé court.
Alors j’ai traîné. J’ai rampé telle une Ombre désireuse de s’immiscer dans les pavés du sol. Au moins là je serai au frais. Au calme. On me marcherait dessus, mais ça ne changerait pas réellement mes habitudes, finalement.
J’ai soupiré. Pour la millième fois.
J’passe ma vie à soupirer. Angoisse, lassitude, nostalgie.
Mais cette fois, alors que je marchais tel un insecte à qui il manquerait une patte, je t’ai entendu.
C’est moi, d’habitude. Mes mains, mes doigts, mes phalanges qui parcourent ce clavier. Mon corps qui est assis sur ce tabouret. Mon Âme qui danse dans cette pièce.
Qui es-tu ? *un miroir*
Mes pas me mènent devant la porte close. Et je la regarde, de mes yeux vides et fatigués. Derrière, je ne sais pas ce qui s’y trouve. Mais j’imagine. Une Autre en péril. Un corps vide. Mais une Ombre brillante de mille feux, valsant à chacune des notes.
La Musique… fait vivre une Vie, totalement inconnue aux ignares. Aux imbéciles.
Et ce Maître Musique, derrière cette porte, cette faible cloison, est aussi détraqué que moi.
Mon front se pose sur la porte en bois en un léger bruit sourd. *écoute*
Mes paupières se ferment, mes cheveux glissent le long de la paroi. *entend*
Ma paume moite vient toucher délicatement le bois. *respire*
Ma respiration ralenti. *ressens*
Il n’y a plus rien d’autre que la Musique.
C’est beau. Mais je suis loin.
Mes phalanges tapotent, transformant le bois de la porte en clavier.
C’est si beau, et je suis si loin.
*approche, petite Âme*
J’arrive. C’est Elle. Elle m’appelle.
Alors, sans bruit, j’ouvre la barrière qui me sépare d’Elle.
Et Elle m’engloutit.
Une Autre est là, dans l’Ombre. Maître Musique. Dans l’ombre mais si étincelante. Les Notes, je les vois. Toutes.
Comme un clair de Lune.
Alors c’est ça, que l’on ressent, quand on m’écoute ?
*personne ne ressent les choses comme toi* Quelle tristesse
Mes genoux se plient, accueillant le sol froid. Je m’installe au milieu de la salle, pour ressentir les Échos, les sons, les notes. Je veux entendre chaque Pas.
Je joue, moi aussi, en tailleur au sol. Je joue de mes doigts sur le sol. Et mon Âme s’envole, parfois spectatrice, parfois accompagnant mon Reflet.
Mon Reflet. Car c’est moi, que je suis en train d’entendre.
qui es-tu ?
@Hannah Hardhoke, j'espère que ce Pas te plaira
Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.
Les mains libres
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"La Musique n'est comprise que par le Musicien; cela fait toute sa Beauté"
Mouvement
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"La Musique n'est comprise que par le Musicien; cela fait toute sa Beauté"
Mouvement
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Le Son s'est propagé dans la salle toute entière, et le public fantôme attrape cette pureté sonore, pour en faire on ne sait quoi. Tu profites de chaque seconde arrachée au Temps, tu savoures le contact lent et langoureux sur le beau piano enveloppé dans un manteau d'étoiles. Ce foutu Temps. Tu rêverais de l'écraser tel un vulgaire mégot de cigarette, mais cela t'es impossible, le Temps est puissant et dicte nos Vies. Il peut même te l'enlever. Il lui suffit d'alerter la Faucheuse, habillée de nacre, belle telle l'ébène, mais la Mort est bien trompeuse, car elle n'a pas de Cœur. Ce qui fait sa force d'ailleurs, pour achever sa besogne ingrate, celle d'ôter le souffle à des Innocents. La Nuit, elle guette, cachée derrière la Lune, sachant qu'au moins une personne s'aventurera imprudemment dans le royaume funeste. Le téméraire est châtié; un coup de Faux, sec, franc et l'Âme tombe, une poignée de secondes après le Corps. Ainsi, la dure loi de la Nature est faite. La Mort est peut-être, avec l'Homme, la pire erreur que la Mère Nature a commise.
Ton tabouret à la matière soyeuse te permet de reposer ton Corps. Un tabouret est Stable. Il est un objet extrêmement généreux. Un altruiste à l'époque des égoïstes. Il porte le poids des Hommes, un poids lourd parfois. Le poids du Cœur y est pour quelque chose. Tu as depuis toujours fait attention à ne pas blesser le siège lorsque tu te mets à chatouiller l'Instrument. Méticuleusement, tu prends le soin à chaque fois de soulever doucement le tabouret avant de le déposer au ralenti, comme s'il allait se briser à la moindre secousse. Ensuite, tu t'assois avec la délicatesse d'un papillon sur le velours noir de celui qui actuellement l'unique entité de ce monde *avec Swann* capable de te maintenir en équilibre. Opération ô combien compliqué pour toi, l'Enfant qui tangue. Tu es comme un navire sur la mer agitée. La houle te happe. Tu es secouée dans tous les sens. Chaque vague violente vient tenter de s'écraser sur ta proue. Tu résistes tant bien que mal. La coque est solide, normalement. Mais après tout, n'es-tu pas un Titanic à toi toute seule?
Un bruit se fait entendre. Autre que celui que tu produis. Autre que celui de l'Instrument. Autre que ce qui peut se rapporter à ton Être. Un bruit qui vient d'un autre Être. *Qui c'est?* Ce n'est pas le pas lourd d'un Adulte, tant mieux. Les entrevues avec les professeurs à cet horaire tardif ne te plaisent guère. Une once de plaisir fait frissonner ta Peau. Une voix te souffle que ce n'est pas une Semblable, en tout cas qu'il y a de l'espoir. Tu aimes le son presque mélodieux des pas silencieux. Tu ne peux pas distinguer le Visage de l'arrivant (ou l'arrivante). Cette personne semble être de celles qui respectent l'art de la Musique. Tu décides donc de continuer de jouer avec les couleurs contraires du Clavier. Laisser s'écouler un peu de Temps avant de t'approcher de l'Inconnu.
Alors, tu lâches les chevaux sur les touches au relief follement attirant. Tu ballades tes phalanges à toute vitesse sur les différents monts de cette vaste étendue. Tu enchaînes accélérations et ritardando, legato et staccato, tandis que noires et blanches s'affrontent dans une partitions invisibles, que seul ton Inconscient est capable de lire. Les croches orchestrent cette lutte entre les extrêmes. Les Semblables passent leur temps à cracher de leurs voix affreuses que le Blanc, ainsi que le Noir, ne sont pas des couleurs. Certes. Mais c'est parce qu'elles sont bien plus que ça. Loin de l'arrogance des autres couleurs qui se pavanent dans leur manteaux vifs, elles se font discrètes. Elle se livrent un faux-combat, qui en réalité est le jeux de deux âmes aimantes. Un amour qui leur est interdit par les codes. Et quand la nuit s'éveille, elle jouent, elles valsent. Ensemble malgré elles.
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Ton Pas est sublime, Plume. Dansons, jusqu'à en crever.
Résurgence
Les mains libres
Incroyable. C’est incroyable comme la Musique peut me réveiller, me vivifier, me rappeler que la Vie n’est pas qu’une routine horrible et ennuyeuse. La Musique. La seule chose au monde qui puisse me tenir debout, qui puisse me donner l’envie d’avancer.
C’est beau.
Fortifiant mon ouïe, ma vue est close. On perd un sens pour en décupler un autre. Et je l’écoute. Je l’entends. Elle parcourt mon être et mon âme. Elle résonne dans toutes les parois de mon corps, de mes os, de mes muscles, en des milliards d’échos. Quand elle arrive à mon cerveau, le plaisir éclate. La passion retentit. Et enfin, je Vis.
Merci
Que serait le Monde, sans musique ? Que serait mon Monde sans musique ?
Lassitude, désarroi, désillusion. Déception. Toujours.
Depuis combien de temps suis-je ainsi ? Déçue de la nature humaine ? Déçue de ma propre façon de penser ? De ma propre façon d’exister ?
Mes parents sont déçus. Max…
Mon coeur se sert à cette pensée soudaine.
Max *oui, dis-le*
Je… *assume-le*
Je l’ai… *tu es si faible*
Je l’ai déçu… *anéanti*
Tais-toi. Concentre-toi sur la musique. La musique. La musique. Rien d’autre. Juste la musique. Et cette Autre qui valse à Ses côtés.
Et respire.
Un. Deux. Écoute. Entend. La pulsation, le rythme. Joue, entend, ne pense pas, ne parle pas.
Et tout ira bien. Tout.
C’est vrai. Je ne pense plus. Je ne suis plus qu’une coquille vide, remplie de mélodie. Et je danse. Maintenant, plus rien ni personne ne pourra m’empêcher de Vivre ainsi, à ce moment précis. Rien. Le Néant m’entoure. Plongée dans un lac noir, flottant dans l’infini, mes oreilles sont embuées de cette mélodie qui me fait vivre. Je souhaiterai qu’elle ne s’arrête jamais. Jamais.
Ce lac noir, je veux y vivre. Je veux y crever. J’y suis si bien.
Sans rien ni personne *pour te parler*
Mais tout a une fin.
Dur retour à la réalité.
Quand le Silence revient, je suis comme projetée au sein de mon corps que j’avais quitté. Ce corps si petit, trop petit. J’y étouffe.
Et me revoilà dans cette pièce, dans ce château, dans ce pays et dans ce monde. Entouré de problèmes, de défauts et de jugements.
Je suis si lasse.
Mon corps tombe à la renverse, sur le sol. Dos plaqué contre le parquet froid, regard fixé au plafond.
Et l’image de Max et de mes parents refont surface.
Je plisse les yeux pour flouter leur visage.
Je tends la main devant mes yeux pour les effacer.
Rien y fait. *condamnée*
Mais j’oubliais, je ne suis pas Seule, dans cette pièce, à cet instant.
La main est toujours tendue devant moi, comme si elle tentait de toucher le plafond.
Merci, âme. Pour ce moment que tu m’as fait vivre. Pour ce moment qui m’a fait oublier.
C’est pas si facile, d’oublier.
Ni même d’atténuer.
C’est beau.
Fortifiant mon ouïe, ma vue est close. On perd un sens pour en décupler un autre. Et je l’écoute. Je l’entends. Elle parcourt mon être et mon âme. Elle résonne dans toutes les parois de mon corps, de mes os, de mes muscles, en des milliards d’échos. Quand elle arrive à mon cerveau, le plaisir éclate. La passion retentit. Et enfin, je Vis.
Merci
Que serait le Monde, sans musique ? Que serait mon Monde sans musique ?
Lassitude, désarroi, désillusion. Déception. Toujours.
Depuis combien de temps suis-je ainsi ? Déçue de la nature humaine ? Déçue de ma propre façon de penser ? De ma propre façon d’exister ?
Mes parents sont déçus. Max…
Mon coeur se sert à cette pensée soudaine.
Max *oui, dis-le*
Je… *assume-le*
Je l’ai… *tu es si faible*
Je l’ai déçu… *anéanti*
Tais-toi. Concentre-toi sur la musique. La musique. La musique. Rien d’autre. Juste la musique. Et cette Autre qui valse à Ses côtés.
Et respire.
Un. Deux. Écoute. Entend. La pulsation, le rythme. Joue, entend, ne pense pas, ne parle pas.
Et tout ira bien. Tout.
C’est vrai. Je ne pense plus. Je ne suis plus qu’une coquille vide, remplie de mélodie. Et je danse. Maintenant, plus rien ni personne ne pourra m’empêcher de Vivre ainsi, à ce moment précis. Rien. Le Néant m’entoure. Plongée dans un lac noir, flottant dans l’infini, mes oreilles sont embuées de cette mélodie qui me fait vivre. Je souhaiterai qu’elle ne s’arrête jamais. Jamais.
Ce lac noir, je veux y vivre. Je veux y crever. J’y suis si bien.
Sans rien ni personne *pour te parler*
Mais tout a une fin.
Dur retour à la réalité.
Quand le Silence revient, je suis comme projetée au sein de mon corps que j’avais quitté. Ce corps si petit, trop petit. J’y étouffe.
Et me revoilà dans cette pièce, dans ce château, dans ce pays et dans ce monde. Entouré de problèmes, de défauts et de jugements.
Je suis si lasse.
Mon corps tombe à la renverse, sur le sol. Dos plaqué contre le parquet froid, regard fixé au plafond.
Et l’image de Max et de mes parents refont surface.
Je plisse les yeux pour flouter leur visage.
Je tends la main devant mes yeux pour les effacer.
Rien y fait. *condamnée*
Mais j’oubliais, je ne suis pas Seule, dans cette pièce, à cet instant.
La main est toujours tendue devant moi, comme si elle tentait de toucher le plafond.
« Merci »
Merci, âme. Pour ce moment que tu m’as fait vivre. Pour ce moment qui m’a fait oublier.
C’est pas si facile, d’oublier.
Ni même d’atténuer.
@Hannah Hardhoke
J’aime tellement tes Mots, Plume
J’aime tellement tes Mots, Plume
Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.
Les mains libres
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L'instant sonore a cessé.
La pédale essoufflée n'a pas pu tenir plus longtemps, elle a tenté de repousser le plus loin possible la conclusion du morceau, mais toutes les bonnes choses ont une fin, et toi aussi d'ailleurs tu sens la chape de plomb que forme la Réalité t'enserrer à nouveau les entrailles, ce qui était, somme toute, hautement prévisible. Ce moment de bonheur intense, passé à sentir la douce caresse de tes doigts sur le piano, était destiné à s'achever, tôt ou tard. Le Silence étreint la Nuit, et plus tard le Jour éteindra cette paisible harmonie. Les Semblables se réveilleront, et amèneront avec eux Fracas.
Tu te souviens qu'une fille —n'est-elle pas censée être sagement couchée dans de beaux draps douillets au couleurs de sa maison respective?— attend sagement, et glisse un Mot dans l'obscurité. Merci. Fichtre! Quel mot ingrat! Nul ne sait jamais ce qu'il veut réellement dire. Il y a ces merci qu'on jette, qu'on crache à l'oreille des autres par simple respect, accompagné d'un faux sourire hypocrite. Ces merci-là sont ce qu'il y a de plus détestable parmi les formes de politesse. Mais ce merci là a une autre saveur, plus tendre, plus sincère. Un des merci qui se font rarissimes, qui n'existent presque plus que dans nos rêves, remplacés par ce merci adressé bêtement à un professeur lorsqu'il distribue une copie, alors que l'on songe qu'il n'y a rien de plus abject que de donner des examens, bien que pour ta part cela ne t'horrifie pas plus que cela. Ce merci, donc, est un volute d'idéal dans une nuit opaque. Un instant que tu respectes religieusement, comme pour imprégner de cinq lettres semblables à des reliques nocturnes.
Tu repenses à toutes les fois où, depuis le début de ta scolarité au sein de cet immense château, tu n'as pas respecté le couvre-feu qui t'a été imposé par la direction. Devrais-tu te morigéner de ce manque de sérieux? *Je ne sais pas* Ne devrais-tu pas déjà t'estimer heureuse, en tant que née-moldue *Sang-de-B... Non j'veux pas penser à ça*, d'être accueilli dans ce monde empli de sorciers? N'as-tu pas assez de temps comme cela durant tes journées? Ne devrais-tu pas te reposer pour être assidue en cours le lendemain? Ne devrais-tu...*J'fais c'que j'veux, bordel!* Alors l'image de Mrs Taylor, effrayante, refait surface et te met mal à l'aise. Très mal à l'aise. Alors tu préfères donner de l'importance à des choses qui le méritent vraiment, dont cette fille qui est dans la même pièce que toi, et qui a affirmé sa présence par son merci.
Alors, à regret, tu quittes le velours agréable de ton siège, avec langueur néanmoins (hors de question de trahir la tradition de douceur que tu entretiens avec tout ce qui est susceptible d'être lié à un Instrument). Tu n'approches pas énormément, en soi — tu n'en as d'ailleurs pas la moindre envie, et elle non plus avec un peu de chance — mais suffisamment pour que la fille de... *Serdaigle* soit identifiable. Suffisamment près pour constater que cette fille est prostrée sur le sol, position qui te rappelle un affreux souvenir lointain que tu aurais préféré oublier. Tu t'étonnes devant cette attitude. Serait-ce une âme en perdition? Une de ces personnes dont la Vie se sert de repas, les vidant de leurs force et de leur plaisir de respirer? *Cesse donc d'être curieuse*
Ce qui t'embête, c'est qu'il te sera difficile, dans cette situation, de savoir si oui ou non tu connais cette personne-qui-dit-merci. Mais est-ce réellement important? Tu hausses les épaules. De toute façon, cette quête n'aboutira pas pour le moment. La laisser tranquille semble la meilleure solution, peut-être n'a-t-elle pas besoin de ta présence. Alors tu fais un pas en arrière, comme pour sceller un pacte de Respect, lui montrant toute l'estime que tu as pour la Solitude, cette aimable *tyrannie*.
Et soudain l'appel de l'Instrument revient. Il t'attire. Lentement. La surface nacrée du piano jette un éclat brillant dans l'obscurité, étoile de la pièce. Il reflète la Lune, elle même miroir minuscule du Soleil. Une belle spirale positive, qui offre une belle lueur, éphémère certes, mais belle. Et l'Appel se poursuit. Il diffère du premier que tu as perçu. Celui-là te souffle des Mots. La barrière de tes lèvres est pour eux une simple hait à sauter, ce qu'il font avec grâce. Te laissant figée.
« Joue quelque chose. N'importe quoi. Mais crée un rêve rempli de notes»
*Et si elle refuse?*
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Plume, je m'enivre de tes Mots dans cette Danse de la Nuit
Résurgence
Les mains libres
Le silence m'enveloppe comme un cocon. J'y suis bien. Je m'y sens parfaitement à mon aise. *vas-tu te mentir encore longtemps ?* Je chasse cette étrange remarque d'un léger froncement de sourcil.
J'aimerais dire que la Solitude m'accapare, mais ce n'est pas le cas. Trop d'âmes sont présentes dans cette pièce. Et beaucoup dans mon esprit. Max, va-t-en, maintenant. Laisse-moi tranquille, pour le moment. *mais tu ne veux pas qu'il parte*
Ça suffit.
Je me redresse soudainement pour me retrouver assise, devant l'être qui m'accompagne dans cette randonnée de mélodie.
Joue quelque chose
Ce sont ses mots, pas les miens. *alors, joue*
Je jouerais sans cesse si cela m'était possible.
Créé un rêve rempli de notes
Oui. Un univers parsemé d'écho. J'y vais.
À ce moment-là, je ne pense plus à rien. Seul l'instrument devant moi m'atteind. Lui seul. Toujours.
Sans réfléchir, sans penser, sans parler, sans observer, je me relève doucement et m'approche du piano. Le silence règne. Seules deux respirations persistent.
Mais bientôt, on ne les entendra plus.
Je caresse amoureusement le bois ébène, comme à mon habitude, et m'assois sur le tabouret face à mon petit paradis. La place est chaude. Si ma conscience fonctionnait, cela ne m'aurait pas plu. Mais...
Mes paupières se ferment et mes phalanges se posent en un accord rapide. Puis tout vient, tout déferle. Les notes sont des gouttes de pluie.
Les gammes sont des vagues de l'océan.
Les croches sont des cascades d'eau douce.
Je danse tout ce que j'ai sur le coeur. Et mon coeur danse.
Ma solitude prend forme, une nouvelle fois. Encore. Elle, toujours présente.
Elle m'accompagne, elle vit à mes côtés et alors plus rien n'a d'importance.
Cette danse est un cercle.
Rond
Infini
Net
Triste
L'intérieur pour toujours exclu de l'extérieur. Une bulle increvable. Rien ne peut la pénétrer.
Cette danse, on peut la tracer à main levée. Elle est simple mais tellement complexe à reproduire. Tellement complexe à comprendre.
Cette danse, c'est moi.
Cette danse, c'est ma solitude.
Ensemble, pour le meilleur comme pour le pire.
Elle est là, elle me lâche pas.
Les gouttes de musique se font encore plus rapides et invincibles. Elle est belle, cette pluie. À cet instant, je vis. À cet instant, je rêve d'un monde simple. Aussi limpide que l'eau. Mais tout est pollué. Toujours. *pas ta musique* c'est vrai.
Et c'est pour cela que je joue. C'est ma raison d'être, ma voie, ma destinée.
Mais ni la vie ni les rêves ne sont éternels. Le silence revient dans un ultime écho décisif. Mes paupières sont toujours closes. Cet écho. Je veux qu'il persiste au fin fond de mon coeur.
Mes iris brillantes luisants de nostalgie se trempent dans celles de ma camarade. Une question muette au bout des lèvres.
Alors, que fait-on quand la solitude devient musique et que la musique comble la solitude ?
On rêve éveillé
J'aimerais dire que la Solitude m'accapare, mais ce n'est pas le cas. Trop d'âmes sont présentes dans cette pièce. Et beaucoup dans mon esprit. Max, va-t-en, maintenant. Laisse-moi tranquille, pour le moment. *mais tu ne veux pas qu'il parte*
Ça suffit.
Je me redresse soudainement pour me retrouver assise, devant l'être qui m'accompagne dans cette randonnée de mélodie.
Joue quelque chose
Ce sont ses mots, pas les miens. *alors, joue*
Je jouerais sans cesse si cela m'était possible.
Créé un rêve rempli de notes
Oui. Un univers parsemé d'écho. J'y vais.
À ce moment-là, je ne pense plus à rien. Seul l'instrument devant moi m'atteind. Lui seul. Toujours.
Sans réfléchir, sans penser, sans parler, sans observer, je me relève doucement et m'approche du piano. Le silence règne. Seules deux respirations persistent.
Mais bientôt, on ne les entendra plus.
Je caresse amoureusement le bois ébène, comme à mon habitude, et m'assois sur le tabouret face à mon petit paradis. La place est chaude. Si ma conscience fonctionnait, cela ne m'aurait pas plu. Mais...
Mes paupières se ferment et mes phalanges se posent en un accord rapide. Puis tout vient, tout déferle. Les notes sont des gouttes de pluie.
Les gammes sont des vagues de l'océan.
Les croches sont des cascades d'eau douce.
Je danse tout ce que j'ai sur le coeur. Et mon coeur danse.
Ma solitude prend forme, une nouvelle fois. Encore. Elle, toujours présente.
Elle m'accompagne, elle vit à mes côtés et alors plus rien n'a d'importance.
Cette danse est un cercle.
Rond
Infini
Net
Triste
L'intérieur pour toujours exclu de l'extérieur. Une bulle increvable. Rien ne peut la pénétrer.
Cette danse, on peut la tracer à main levée. Elle est simple mais tellement complexe à reproduire. Tellement complexe à comprendre.
Cette danse, c'est moi.
Cette danse, c'est ma solitude.
Ensemble, pour le meilleur comme pour le pire.
Elle est là, elle me lâche pas.
Les gouttes de musique se font encore plus rapides et invincibles. Elle est belle, cette pluie. À cet instant, je vis. À cet instant, je rêve d'un monde simple. Aussi limpide que l'eau. Mais tout est pollué. Toujours. *pas ta musique* c'est vrai.
Et c'est pour cela que je joue. C'est ma raison d'être, ma voie, ma destinée.
Mais ni la vie ni les rêves ne sont éternels. Le silence revient dans un ultime écho décisif. Mes paupières sont toujours closes. Cet écho. Je veux qu'il persiste au fin fond de mon coeur.
Mes iris brillantes luisants de nostalgie se trempent dans celles de ma camarade. Une question muette au bout des lèvres.
Alors, que fait-on quand la solitude devient musique et que la musique comble la solitude ?
On rêve éveillé
Encore une fois, désolée pour cet infâme retard.
J'ai aimé redécouvrir cette danse en la rejouant encore. À toi de déposer tes mots @Hannah Hardhoke
J'ai aimé redécouvrir cette danse en la rejouant encore. À toi de déposer tes mots @Hannah Hardhoke
Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.
Les mains libres
Tu avais craint un instant que la fillette de ton âge refuse, ou bien qu'elle ne te réponde piteusement qu'elle ne savait pas caresser les touches d'un Instrument. Mais fort heureusement, aucun Mot ne vint s'opposer à ton vœu, comme si de là-haut la Nuit offrait de sa clémence aux Âmes musiciennes. Il y avait, au fond, une certaine forme de soulagement qui te traverse car tu aurais été extrêmement *déçue* si cette fille avait contrecarré tes désirs. Oh, tu ne l'aurais pas injuriée pour cela, mais sans doute serais-tu partie, dépitée.
Alors, elle s'installa à son tour doucement sur le tabouret de velours.
Alors, elle goûta, à son tour, au plaisir de l’Instant qui précède la myriade de notes. Ce moment infime, aux prémices de la Note. Cette demi-seconde où l'on s'immerge dans la Concentration, où l'on s'imprègne du morceau, où l'on s'imprègne profondément de ce que l'on va produire dans l'Instant suivant.
Alors, la Bleue se mit à jouer odieusement bien. Plus rien n'exista, plus rien n'eut de valeur hormis l'infinité de notes qui jaillissait de ses doigts, parcourant, martelant, caressant le clavier à une vitesse irréelle. Tout s'enchaînait, et la mélodie résonnait toute entière dans la salle comme une ode que l'on eut dédié à la Nuit, en l'échange d'une aimable protection contre les Adultes *destructeurs*. C'est une harmonie qui enveloppe la pièce dans tous ses recoins, qui la rend presque divine.
Alors, les Sons formaient un alliage subliminal, et la Lune vous souriait.
Toi aussi, tu souriais. Toutes les peines, les Mots brûlants de haine, les moments au fond du gouffre de tes Pensées s'éclipsaient tandis que la Lune dans son éclat surpuissant faisait presque rougir le Soleil de ses Prouesses. C'était un franc sourire. Un de ses rares moments où tes dents ressortaient. La lumière extérieure vint doucement les fouetter telle une vaguelette s'échouant dans un faible clapotis sur les rochers d'une digue. Tes yeux se refermaient sans que tu ne contrôles ce mouvement. Tout était devenu évidence. Tes paupières se refermaient comme les fleurs lorsque la Nuit arrivait. Ce n'était pas quelque fatigue qui les alourdissait, mais une exhorte que clamait le Chant des Notes. Une fois que celles-ci furent totalement closes, dans ton Imagination naquit une image d'abord floue. Plus ton esprit se laissait porter vers cet état que certains auraient jugé de second et plus cette image devenait précise. Mais ce n'était pas une simple image. C'était un *souvenir*. Un souvenir qui dansait.
Tu as six ans. Il y a un brouhaha incessant qui agresse tes oreilles, mais à cette époque là tu ne maudis pas encore les cris de ces moutons qui bavardent bruyamment — peut-être est-ce parce que tu contribues à ce tumulte de ta petite voix aiguë. Soudain, tout s'arrête, tout se tait. Une douce mélodie de piano se déroule avec finesse, parcourt la foule admirative. Ton cerveau est pris au dépourvu par tant de beauté. Ce morceau semble durer une éternité. Quand enfin le piano se tait, tu tires la main de ton père, tandis qu'un tonnerre d'applaudissements accueille l'interprète. Tu lui chuchotes à l'oreille, les yeux luisants:
« C'est ça qu'j'veux faire! »
Le piano, après s'être laissé emporté par les doigts vifs de la Serdaigle, avait fini par achever son Chant, après ces quelques minutes de gloire. Tes paupières se rouvrirent alors doucement. Tu avais la soudaine impression de t'être réveillée après un long rêve musical. Un long rêve qui t'avais fait plonger dans les Profondeurs de ta mémoire. Jamais tu n'avais réussi telle prouesse. *C'est beau* Aucun doute, tu étais bien revenue à la réalité. Ton cerveau était remis en action, prêt à *trop* réfléchir, machine gargantuesque et presque inarrêtable.
Tu avais envie de remercier cette Inconnue, mais tu ne savais comment le faire. La remercier pour cette parfaite mélodie qu'elle avait fait naître sur l'Instrument. Elle avait empli la Salle d'une atmosphère un peu plus douce. Tu restais dans l'ombre, comme si le fait de se mettre en Lumière eut gâché cet instant solennel. Les Mots n'étaient pas les Maîtres dans cette pièce, mais les Notes, fruit des diverses instruments qui demeuraient dans cette Salle. *J'me demande depuis combien de temps ils sont là*
Si tes yeux s'étaient rouvert, ton sourire n'avait pas entièrement disparu. De toute évidence, les dents n'étaient désormais plus exhibées à la Lune mais cette fine virgule continuait d'apporter un rayon lumineux à ton visage encore pâle.
La Musique est de ces fleuves qui vous transportent, vous arrachent gentiment à votre morose quotidien, menant une pirogue solide qui semble ne jamais s'arrêter. Il y a toujours quelques barrages où écluses pour vous interrompre, mais elle finit toujours par reprendre le dessus, dans sa marche inachevée vers l'horizon. Lorsque vous avez appris à l'apprivoiser, la Musique de déverse en vous dans une cascade de Notes. Alors vous buvez la Musique, vous transpirez la Musique, Votre cœur bat au rythme de la Musique; Vous êtes Musique
« C'est... Je... Sublime, c'est sublime », bredouillas-tu, encore sonnée.
Sous ta peau, ton cœur battait à tout rompre.
Je te prie de m'excuser de ce retard, j'aurais du répondre bien plus tôt...
Alors, elle s'installa à son tour doucement sur le tabouret de velours.
Alors, elle goûta, à son tour, au plaisir de l’Instant qui précède la myriade de notes. Ce moment infime, aux prémices de la Note. Cette demi-seconde où l'on s'immerge dans la Concentration, où l'on s'imprègne du morceau, où l'on s'imprègne profondément de ce que l'on va produire dans l'Instant suivant.
Alors, la Bleue se mit à jouer odieusement bien. Plus rien n'exista, plus rien n'eut de valeur hormis l'infinité de notes qui jaillissait de ses doigts, parcourant, martelant, caressant le clavier à une vitesse irréelle. Tout s'enchaînait, et la mélodie résonnait toute entière dans la salle comme une ode que l'on eut dédié à la Nuit, en l'échange d'une aimable protection contre les Adultes *destructeurs*. C'est une harmonie qui enveloppe la pièce dans tous ses recoins, qui la rend presque divine.
Alors, les Sons formaient un alliage subliminal, et la Lune vous souriait.
Toi aussi, tu souriais. Toutes les peines, les Mots brûlants de haine, les moments au fond du gouffre de tes Pensées s'éclipsaient tandis que la Lune dans son éclat surpuissant faisait presque rougir le Soleil de ses Prouesses. C'était un franc sourire. Un de ses rares moments où tes dents ressortaient. La lumière extérieure vint doucement les fouetter telle une vaguelette s'échouant dans un faible clapotis sur les rochers d'une digue. Tes yeux se refermaient sans que tu ne contrôles ce mouvement. Tout était devenu évidence. Tes paupières se refermaient comme les fleurs lorsque la Nuit arrivait. Ce n'était pas quelque fatigue qui les alourdissait, mais une exhorte que clamait le Chant des Notes. Une fois que celles-ci furent totalement closes, dans ton Imagination naquit une image d'abord floue. Plus ton esprit se laissait porter vers cet état que certains auraient jugé de second et plus cette image devenait précise. Mais ce n'était pas une simple image. C'était un *souvenir*. Un souvenir qui dansait.
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Tu as six ans. Il y a un brouhaha incessant qui agresse tes oreilles, mais à cette époque là tu ne maudis pas encore les cris de ces moutons qui bavardent bruyamment — peut-être est-ce parce que tu contribues à ce tumulte de ta petite voix aiguë. Soudain, tout s'arrête, tout se tait. Une douce mélodie de piano se déroule avec finesse, parcourt la foule admirative. Ton cerveau est pris au dépourvu par tant de beauté. Ce morceau semble durer une éternité. Quand enfin le piano se tait, tu tires la main de ton père, tandis qu'un tonnerre d'applaudissements accueille l'interprète. Tu lui chuchotes à l'oreille, les yeux luisants:
« C'est ça qu'j'veux faire! »
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Le piano, après s'être laissé emporté par les doigts vifs de la Serdaigle, avait fini par achever son Chant, après ces quelques minutes de gloire. Tes paupières se rouvrirent alors doucement. Tu avais la soudaine impression de t'être réveillée après un long rêve musical. Un long rêve qui t'avais fait plonger dans les Profondeurs de ta mémoire. Jamais tu n'avais réussi telle prouesse. *C'est beau* Aucun doute, tu étais bien revenue à la réalité. Ton cerveau était remis en action, prêt à *trop* réfléchir, machine gargantuesque et presque inarrêtable.
Tu avais envie de remercier cette Inconnue, mais tu ne savais comment le faire. La remercier pour cette parfaite mélodie qu'elle avait fait naître sur l'Instrument. Elle avait empli la Salle d'une atmosphère un peu plus douce. Tu restais dans l'ombre, comme si le fait de se mettre en Lumière eut gâché cet instant solennel. Les Mots n'étaient pas les Maîtres dans cette pièce, mais les Notes, fruit des diverses instruments qui demeuraient dans cette Salle. *J'me demande depuis combien de temps ils sont là*
Si tes yeux s'étaient rouvert, ton sourire n'avait pas entièrement disparu. De toute évidence, les dents n'étaient désormais plus exhibées à la Lune mais cette fine virgule continuait d'apporter un rayon lumineux à ton visage encore pâle.
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La Musique est de ces fleuves qui vous transportent, vous arrachent gentiment à votre morose quotidien, menant une pirogue solide qui semble ne jamais s'arrêter. Il y a toujours quelques barrages où écluses pour vous interrompre, mais elle finit toujours par reprendre le dessus, dans sa marche inachevée vers l'horizon. Lorsque vous avez appris à l'apprivoiser, la Musique de déverse en vous dans une cascade de Notes. Alors vous buvez la Musique, vous transpirez la Musique, Votre cœur bat au rythme de la Musique; Vous êtes Musique
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« C'est... Je... Sublime, c'est sublime », bredouillas-tu, encore sonnée.
Sous ta peau, ton cœur battait à tout rompre.
Je te prie de m'excuser de ce retard, j'aurais du répondre bien plus tôt...
Résurgence
Les mains libres
Quand la Musique entonne son Âme, tout n'est plus qu'Elle.
Quand Elle s'arrête, tout s'arrête. Rien n'est plus pur que ce Silence, rien n'est plus triste que ce dernier écho.
Les larmes visibles dans les yeux de ceux qui m'écoutent, prêtes à fuir sur leurs joues, sont peut-être encore plus tristes. Ou encore, les larmes visibles dans mes yeux.
J'ai un don pour rendre triste ou nostalgique les Âmes qui m'écoutent. Et je ne sais pas si c'est une bonne chose. Finalement, c'est le seul moment où mon coeur et mon corps s'expriment ensemble, laissant l'esprit et le cerveau de côté. C'est le seul moment pendant lequel mes émotions sont là, visibles de tous.
Certaines personnes sont jalouses de ce don au piano que je possède, je le sais. Je l'entends et je le sens. Certaines personnes voudraient être à ma place. Oh... Vraiment ?
Jouer du piano... C'est la seule chose que je fais réellement bien.
Âme triste et ombrageuse dont la seule source de lumière réside dans un instrument.
Même la Magie ne me réussit pas. Ah, oui, bien sûr mes notes sont plus que correctes. Mais lire des livres et apprendre la théorie n'est pas compliqué.
La Magie, il faut l'avoir dans le sang et dans l'esprit. Il faut La comprendre pour La maîtriser.
J'aurais préféré ne pas être sorcière, ne pas toucher à ça.
La seule Magie qui existe dans mon coeur est celle de la Musique. Rien d'autre.
Quand ma soeur de Musique parle, je sursaute : j'avais totalement oublié sa présence. Ou bien l'avais-je effacée de ma mémoire..?
Un sourire plus léger qu'une plume se dessine sur mes lèvres et mon regard se pose sur mes mains, caressant encore les touches du clavier.
Je soupire faiblement et c'est comme si je n'arrivais plus à disposer les mots dans l'ordre.
Sublime ? Peut-être.
*c'est ça, fais ta malheureuse*
Je n'suis pas malheureuse, simplement fatiguée. Fatiguée de ces pensées, fatiguée de ces faits et gestes, fatiguée de cette fatigue constante.
*tu n'sais rien, tu m'connais pas*
Sait-elle quelque chose de moi ? Est-elle comme moi ? Se reconnait-elle dans cette fatigue ? Impossible.
Je ne la regarde pas quand je parle. Mes paroles semblent lointaines et dénuées de sens. N'importe qui me prendrait pour une idiote, pour une folle, pour une dépressive. Mais elle n'est pas n'importe qui, je le sais. Elle ne serait pas là, dans cette pièce, si cétait le cas.
La Musique, c'est un cadeau de la Vie. Sans Elle, plus aucune saveur. Plus aucune raison de vivre.
Quand Elle s'arrête, tout s'arrête. Rien n'est plus pur que ce Silence, rien n'est plus triste que ce dernier écho.
Les larmes visibles dans les yeux de ceux qui m'écoutent, prêtes à fuir sur leurs joues, sont peut-être encore plus tristes. Ou encore, les larmes visibles dans mes yeux.
J'ai un don pour rendre triste ou nostalgique les Âmes qui m'écoutent. Et je ne sais pas si c'est une bonne chose. Finalement, c'est le seul moment où mon coeur et mon corps s'expriment ensemble, laissant l'esprit et le cerveau de côté. C'est le seul moment pendant lequel mes émotions sont là, visibles de tous.
Certaines personnes sont jalouses de ce don au piano que je possède, je le sais. Je l'entends et je le sens. Certaines personnes voudraient être à ma place. Oh... Vraiment ?
Jouer du piano... C'est la seule chose que je fais réellement bien.
Âme triste et ombrageuse dont la seule source de lumière réside dans un instrument.
Même la Magie ne me réussit pas. Ah, oui, bien sûr mes notes sont plus que correctes. Mais lire des livres et apprendre la théorie n'est pas compliqué.
La Magie, il faut l'avoir dans le sang et dans l'esprit. Il faut La comprendre pour La maîtriser.
J'aurais préféré ne pas être sorcière, ne pas toucher à ça.
La seule Magie qui existe dans mon coeur est celle de la Musique. Rien d'autre.
Quand ma soeur de Musique parle, je sursaute : j'avais totalement oublié sa présence. Ou bien l'avais-je effacée de ma mémoire..?
Un sourire plus léger qu'une plume se dessine sur mes lèvres et mon regard se pose sur mes mains, caressant encore les touches du clavier.
Je soupire faiblement et c'est comme si je n'arrivais plus à disposer les mots dans l'ordre.
Sublime ? Peut-être.
- Il faut bien au moins une chose de Sublime dans mon existence.
*c'est ça, fais ta malheureuse*
Je n'suis pas malheureuse, simplement fatiguée. Fatiguée de ces pensées, fatiguée de ces faits et gestes, fatiguée de cette fatigue constante.
- Tu sais...
*tu n'sais rien, tu m'connais pas*
Sait-elle quelque chose de moi ? Est-elle comme moi ? Se reconnait-elle dans cette fatigue ? Impossible.
- Tu sais, si j'connaissais pas cette douceur, ce rêve quand je joue ou quand j'entends quelqu'un jouer, j'sais pas si la Vie vaudrait l'coup.
Je ne la regarde pas quand je parle. Mes paroles semblent lointaines et dénuées de sens. N'importe qui me prendrait pour une idiote, pour une folle, pour une dépressive. Mais elle n'est pas n'importe qui, je le sais. Elle ne serait pas là, dans cette pièce, si cétait le cas.
La Musique, c'est un cadeau de la Vie. Sans Elle, plus aucune saveur. Plus aucune raison de vivre.
Pour la centième fois, désolée de ce pitoyable retard. Mais je suis de retour et j'espère que ce Pas te plaira, @Hannah Hardhoke
Je n'suis qu'une Ombre. Mais les étoiles peuvent pas briller sans ténèbres.
Les mains libres
Par tous les mages, l'expression du visage de cette fille demeurait un constant mystère. Que signifiait cette ébauche de sourire, dont il était impossible de deviner l'émotion ? Au -delà du fait de ne pas savoir ce qui se tramait au sein du cœur de la *Fille-sans-Emotion*, ce qui te troublait — et te dérangeait par la même occasion —, c'était de lire sur ce visage le Reflet de ce que tu tentais de bâtir ; cette dose d'insensibilité, de pragmatisme. Être agacée par cette fille signifiait être agacée par toi même — *impossible*. C'était donc décidé, cette Façade inexpressive ne te dérangeait pas, même si... *non*
Le soupir qui accompagnait ce faible mouvement des lèvres ne te facilitait pas la tâche ; comment est-ce possible de sourire et de soupirer quelques secondes plus tard ? Décidément, toutes tes pensées étaient exténuées. Il demeurait impossible de cerner cette Enfant de la Nuit. Plutôt mourir que de l'avouer, mais au fond de toi tu savais que cet agacement face à ce visage *presque* insensible ne venait pas de cet effet-miroir, mais plutôt d'une pointe de jalousie face à la manière prodigieuse dont la Bleue se protégeait de l'émoi. Tu te sentais en réalité minable d'avoir lâché un « Sublime » dix secondes plutôt ; cela trahissait les frémissements de ton cœur *détestable*.
Mais enfin, la carapace se fissura. Enfin, la langue figée se délia. Enfin, la Bleue craqua la première. Le flot d'émotions et de pensées — plutôt négatif visiblement — se déversa avec fracas dans la Salle de Répétition. Si tu avais lâché un mot-traître, l'Inconnue avait lâché des fragments d'Elle. Oh, que tu souriais intérieurement — et peut-être un peu extérieurement — de voir cet Instant où le barrage fatigué cède sous la force d'un liquide surpuissant. *Les pensées et les émotions sont, plus encore que l'Eau, des forces effrayantes, qui emportent tout sur leur passage. Presque personne ne peut y résister*.
« Il faut bien au moins une chose de Sublime dans mon existence. » ; cette phrase dégoulinante d'amertume et de pessimisme passif — et non pas ce pessimisme actif, qui est l'essence même de nos actions, nous tirant du gouffre de la Léthargie — claquait avec le son d'un fouet dans les cavités de ton crâne. *Dis pas ça, dis pas ça...* avais-tu envie de lui murmurer. Jouer de la musique, demeurer Silencieuse, gratter des parchemins ; tout cela, tu savais le faire avec plus ou moins de facilité. Mais diantre ! Qu'on jette loin de ton Âme toutes ces choses *étranges* que sont la Souffrance, l'Amour et le Hasard. Ces notions étaient à tes yeux une gigantesque spirale à l'allure de Tourbillon qui t'enserrait avec ses tournoiements pernicieux. Hélas, la Souffrance victorieuse te sautait au visage ; et ton front se plissa furieusement.
Mais ce n'était pas tout. La Confidence douloureuse vint parfaire les tressautements de ton Cœur paniqué ; cela devait être terrible à voir, ces bonds effrayés d'un organisme pris à contrepied. Plus les paroles s'enchainaient et plus ton Corps implorait la Fille de cesser ce supplice — il n'en fut rien. Tu pensais que la première phrase serait la plus dure à encaisser — tu faisais fausse route. Le fer de ses paroles cognait si fort sur ton crâne ; par tous les éclairs enfantés par Zeus, c'était tout bonnement insupportable ! *TAIS-TOI !*. C'était comme ceci : « j'sais pas si la Vie vaudrait l'coup. » ; *NON !*
« Non. »
Le ton était sans appel. Non, la Vie n'est pas seulement la Musique. Non, tu ne peux pas me dire ça ici, et maintenant. Non, je ne veux pas qu'on entache l'Harmonie que l'on avait créée anonymement. Non, je ne veux pas que tu parles comme ça parce que... *parce que ça me rappelle trop ce que je pense et ce que je suis par moments* Ce mot prononcé avec fermeté voulait dire tout cela à la fois. Car le malaise que son visage avait créé était devenu une immondice en s'accompagnant de paroles ; tu avais l'impression de parler à ta Facette des Ténèbres. Il était hors de questions de plonger dans l'Obscurité de ton for intérieur une fois de plus.
« La Vie elle vaut le coup. Je dis pas que tu ne vas jamais souffrir ; au contraire, tu vas tomber à l'infini. Mais il faut que tu te relèves. Parce qu'il y a d'autres choses que la Musiques qui valent le coup. »
Cette fois-ci, il y avait moins de dureté au creux de ta voix. C'était plutôt une perche de tendue à une Âme en train de se noyer. Car oui, cette Fille transpirait la lassitude de la Vie. Oh, d'un côté, tu la comprenais. Mais tu ne pouvais en aucun cas laisser son Corps disparaître sous les eaux de la Mort — le Styx donc.
« Après chaque Nuit se lève le Jour. »
Un sourire.
Un ultime soupir.
Une cape qui fendit l'air, puis plus rien.
Le soupir qui accompagnait ce faible mouvement des lèvres ne te facilitait pas la tâche ; comment est-ce possible de sourire et de soupirer quelques secondes plus tard ? Décidément, toutes tes pensées étaient exténuées. Il demeurait impossible de cerner cette Enfant de la Nuit. Plutôt mourir que de l'avouer, mais au fond de toi tu savais que cet agacement face à ce visage *presque* insensible ne venait pas de cet effet-miroir, mais plutôt d'une pointe de jalousie face à la manière prodigieuse dont la Bleue se protégeait de l'émoi. Tu te sentais en réalité minable d'avoir lâché un « Sublime » dix secondes plutôt ; cela trahissait les frémissements de ton cœur *détestable*.
Mais enfin, la carapace se fissura. Enfin, la langue figée se délia. Enfin, la Bleue craqua la première. Le flot d'émotions et de pensées — plutôt négatif visiblement — se déversa avec fracas dans la Salle de Répétition. Si tu avais lâché un mot-traître, l'Inconnue avait lâché des fragments d'Elle. Oh, que tu souriais intérieurement — et peut-être un peu extérieurement — de voir cet Instant où le barrage fatigué cède sous la force d'un liquide surpuissant. *Les pensées et les émotions sont, plus encore que l'Eau, des forces effrayantes, qui emportent tout sur leur passage. Presque personne ne peut y résister*.
« Il faut bien au moins une chose de Sublime dans mon existence. » ; cette phrase dégoulinante d'amertume et de pessimisme passif — et non pas ce pessimisme actif, qui est l'essence même de nos actions, nous tirant du gouffre de la Léthargie — claquait avec le son d'un fouet dans les cavités de ton crâne. *Dis pas ça, dis pas ça...* avais-tu envie de lui murmurer. Jouer de la musique, demeurer Silencieuse, gratter des parchemins ; tout cela, tu savais le faire avec plus ou moins de facilité. Mais diantre ! Qu'on jette loin de ton Âme toutes ces choses *étranges* que sont la Souffrance, l'Amour et le Hasard. Ces notions étaient à tes yeux une gigantesque spirale à l'allure de Tourbillon qui t'enserrait avec ses tournoiements pernicieux. Hélas, la Souffrance victorieuse te sautait au visage ; et ton front se plissa furieusement.
Mais ce n'était pas tout. La Confidence douloureuse vint parfaire les tressautements de ton Cœur paniqué ; cela devait être terrible à voir, ces bonds effrayés d'un organisme pris à contrepied. Plus les paroles s'enchainaient et plus ton Corps implorait la Fille de cesser ce supplice — il n'en fut rien. Tu pensais que la première phrase serait la plus dure à encaisser — tu faisais fausse route. Le fer de ses paroles cognait si fort sur ton crâne ; par tous les éclairs enfantés par Zeus, c'était tout bonnement insupportable ! *TAIS-TOI !*. C'était comme ceci : « j'sais pas si la Vie vaudrait l'coup. » ; *NON !*
« Non. »
Le ton était sans appel. Non, la Vie n'est pas seulement la Musique. Non, tu ne peux pas me dire ça ici, et maintenant. Non, je ne veux pas qu'on entache l'Harmonie que l'on avait créée anonymement. Non, je ne veux pas que tu parles comme ça parce que... *parce que ça me rappelle trop ce que je pense et ce que je suis par moments* Ce mot prononcé avec fermeté voulait dire tout cela à la fois. Car le malaise que son visage avait créé était devenu une immondice en s'accompagnant de paroles ; tu avais l'impression de parler à ta Facette des Ténèbres. Il était hors de questions de plonger dans l'Obscurité de ton for intérieur une fois de plus.
« La Vie elle vaut le coup. Je dis pas que tu ne vas jamais souffrir ; au contraire, tu vas tomber à l'infini. Mais il faut que tu te relèves. Parce qu'il y a d'autres choses que la Musiques qui valent le coup. »
Cette fois-ci, il y avait moins de dureté au creux de ta voix. C'était plutôt une perche de tendue à une Âme en train de se noyer. Car oui, cette Fille transpirait la lassitude de la Vie. Oh, d'un côté, tu la comprenais. Mais tu ne pouvais en aucun cas laisser son Corps disparaître sous les eaux de la Mort — le Styx donc.
« Après chaque Nuit se lève le Jour. »
Un sourire.
Un ultime soupir.
Une cape qui fendit l'air, puis plus rien.
Oh, Plume ! Hannah est une Enfant si singulière... Il ne restera que des paroles à méditer pour Eldarya. Cette fin est si étrange ! Cette Danse poétique résonne comme un Rêve de nos Gamines. C'était sublime. Je te remercie pour ce moment suspendu dans les nuées de Notes. Et Merlin ! j'ai hâte de lire ton dernier texte.
Résurgence