Irlande Je retrouverais la lumière

ÉLINA CLARKE, 11 ans
3 Juillet 2045
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Sa respiration était haletante. Son corps engourdi. Son esprit embrumé. Ses pensés en pagaille. Mais l'idée de seule de *fuir* c'est endroit où tout les hypocrites s'étaient rassemblé lui suffisait pour continuer de courir. Courir jusqu'à s'évanouir. Courir jusqu'à ne plus se se sentir. Courir jusqu'à ce que fuir ne soit plus nécessaire. La colère noie sa rationalité. Elle n'en peu plus. *Peuvent pas partir de chez moi !*

Les Autres. Ceux n'ayant aucune idée de la douleur la creusant de l'intérieur. Ceux n'ayant pas le courage de s'affronter. Ceux n'ayant aucune pitié à picorer les restes d'une personne. Sans aucune pitié pour la famille Clarke, ses Autres avaient pris d'assaut leur maison, ne leur laissant aucune place pour respirer et encore moins pour affronter leur propre démon. Il était coutume d'organiser une cérémonie après un enterrement, du moins, c'est ce que Jack n'avait cessé de répéter alors que la cadette de la famille n'avait cesse de réclamer une explication. *Stupide*


Pourquoi ils veulent pas nous laisser tranquille ?
Pourquoi ils veulent pas me laisser vivre en paix ?
Pourquoi ils veulent pas être sincère avec moi ?
Me dire la vrai raison de leur présence.
Parce que je sais que c'est pas *Maman*
Non. Ils sont à la recherche d'un sujet de discussion dans leur vie monotone.
Quoi de mieux qu'une mort tragique pour subvenir à leur besoin de potin.

*Tss*


Les arbres apparaissant un à un dans son chan de vision, elle ordonne à ses jambes de ralentir la cadences pas à pas, avant de s'arrêter complètement. Sa robe noir lui collant à la peau, ses boucles brunes ruissèlent d'eau la faisant grelotter malgré la haute température en ce début de Juillet. Reprenant doucement ses esprits suite à sa course folle, elle prend conscience de son geste. Colère, panique, tristesse, c'est ce qu'elle avait été à un moment. Un moment mal choisi par un énième Autres venu lui présenté *Mes condoléances*. Sans prévenir, la bombe à retardment avait explosé face à un trop grand nombre de personne pour y faire face. Et comme la lâche qu'elle était, elle avait pris la fuite. Sous la pluie battante, elle avait couru jusqu'au parc, *Son* parc.
-Je... je suis désolé
Sa voix se brise sur les derniers mots et les sanglots reprennent de plus belle.


Je suis désolé de pas avoir tenue.
Je suis d'avoir encore craquée.
De pas avoir été correct.
Comme j'avais promis.
C'est juste que c'est trop dur.
Et moi je suis pas assez forte.


Les larmes ne s'atténuant pas, elles se mêlent à la pluie sur son visage et l'enfant ne trouve rien de mieux que de s'écraser au sol. Elle déverse sa tristesse sur le monde, comme la veille. Mais cette fois, personne ne la retient de tomber.

@Craig Devon, désolé de ce retard, mais le voici enfin, ce pas. Si vous désirez le contexte plus précis mettant ma protégée dans cette état, n'hésitez-pas à me hiboutez puisque celui-ci n'est encore écrit nul part. Dans le cas contraire, dansons à l'aveugle. :cute:

-6 heure avec la France | #356f68 | Septième année RP
• a dreamer, that’s what she was •

Irlande Je retrouverais la lumière
Dublin. Juillet 2045.

Craig avançait pas à pas, avec le calme inaltérable qui le caractérisait, qui rimait avec prudence et apaisement. Il avalait à grandes gorgées l'air doux du parc. La symétrie de l'allée encadrée de deux rangées d'arbres donnait cette impression d'ordre qui le mettait tout à son aise, et c'était peut-être le seul élément de son environnement sur lequel il posait de temps en temps un regard précis. Marcher stimulait sa réflexion, contrairement à ce "penseur" d'un célèbre statuaire français qu'il n'aurait sans doute pas compris s'il l'avait croisé. S'il avait une préférence marquée pour les moments les plus tranquilles de la journée comme les premières heures de la matinée, il s'était retrouvé un peu surpris par la foule dans ce parc d'habitude peu prisé aujourd'hui et faisait ainsi abstraction des dizaines de personnes qui l'entouraient.

Les promeneurs de ce parc de Dublin étaient comme des milliers d'unités lointaines, un nuage de points lointain sur un de ces tableaux d'exposition scientifique moldue dont le fonctionnement avait fasciné son esprit mathématique petit : les "graphiques". Pas à pas, il avançait dans cet espace plat qu'était le parc, ignorant le tout, pariant sur la très forte probabilité que les promeneurs alentour évitent la collision avec un jeune homme de sa stature large d'épaules et au regard lointain incertain.

La foule de ses pensées était bien ordonnée en ce début d'été et il déroulait pas à pas les activités qu'il s'était prévues : rangement intégral de ses affaires de Chine, dont le complément était arrivé de l'aéroport il y a soixante-douze heures ; réaménagement de sa chambre et de son espace de travail ; recherches pour présenter sa candidature pour un stage d'observation à l'Institut de recherche en histoire de la magie des objets britanniques de Londres ; envoi d'un nouvel article pour la gazette magique de Dublin qui supposait de faire quelques recherches. Son esprit ne supportait pas l'idée de présenter un travail inachevé ou inutile. Il voulait contribuer par une pierre nouvelle à construire le solide château de la recherche, et la gazette locale était un premier caillou blanc sur cette voie, avant d'atteindre la fameuse Gazette du Sorcier, et surtout les journaux spécialisés pour chercheurs dont il rêvait.

Ce stage de six mois à l'Institut, comme il se permettait d'appeler l'Institut de recherche en histoire de la magie des objets britanniques de Londres, avait une place particulière dans ses aspirations et il espérait vivement que les chercheurs sauraient apprécier la valeur de sa candidature pour remplacer le stagiaire démissionnaire annoncé dans le journal du Dublin sorcier ce matin. A défaut... non, il ne voulait pas déployer l'éventail des possibles à défaut. Son ambition volait aussi haut que les aigles qui représentaient sa maison à Poudlard.

Cependant, un sanglot lui fit louper une de ses brillantes et subtiles pensées. Il redécouvrit le défilé des Dublinois alentour et en leur coeur la jeune fille qui avait laissé échapper ledit sanglot. Il n'était pas porté sur le contact physique du tout et se contenta de s'approcher d'elle en lui adressant un regard interrogateur. Puis, au vu de son silence, il sortit silencieusement également une serviette de papier qu'il lui donna. Il n'avait pas de mouchoir sur lui autre que cette serviette gardée après le café dans le bar du port du petit matin. Elle était assez douce et surtout bleue, de la couleur des eaux près du port et de son ancienne maison, une couleur calme qu'il affectionnait.

Etant un jeune homme peu loquace et peu porté sur le contact envers les autres, il ne prononça aucune parole, continuant simplement à poser un regard intense sur les yeux de la jeune fille, adoptant une légère et fugitive moue interrogatrice.

Ex-champion des couvre-feux aux cheveux couleur de feu.
Ex- "brick in the wall" de l'EE.

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Alors que l'air peine à entrer dans ses poumons, la douleur comprime la poitrine de la petite brune. Dommage que le parc ne soit pas vide comme elle le souhaiterais, il aurait fallu attendre la nuit tombé, mais la pression était trop forte chez elle, quitter *fuir* la maison avait été la seule option pour la brune. Pourtant, même alors que la seule idée d'y retourner suffisait à mettre son estomac à l'envers, elle ne s'était jamais sentie aussi mal. Mal d'avoir laissé sa famille affronter leur proche, de les avoirs abandonné. Elle s'en voulait d'être aussi faible et de ne pas pouvoir tenir un simple après-midi. Elle aurait dû y retourner aussitôt ces pensées formulé, mais la seule idée d'être la cible des regards perçants de ses invités lui faisait froid dans le dos, augmenter considérablement l'angoisse qui brulait en elle.

Par sa course ou en symbiose à ses légers tremblements, elle peine à reprendre son souffle, son cœur battant à toute vitesse dans son petit corps. Depuis le temps que ça ne lui était pas arrivé, elle aurait cru cette phase de sa vie terminé, mais il faut croire que non et la seule personne capable de l'aider ne savait même pas où elle se trouvait. *Reste plus qu'à survivre*

Mais alors qu'elle pensait se retrouver seule contre ses démons, une serviette en papier apparut dans sa vision. Surprise, elle releva la tête afin de mettre un visage sur la personne lui tendant, sans réelle conscience, la main. D'une main tremblante, elle attrapa la serviette et s'en servit pour essuyer les larmes coulant sur son visage avant de se moucher. Elle ne savait pas ce que cet homme lui voulait. Elle n'avait jamais croisé sa chevelure rousse dans les environs et son visage ne lui disait rien. Pourtant, il l'avait aidé et même s'il n'avait pas prononcé un seul mot, le fait qu'il soit toujours à ses côtés voulaient certainement dire quelque chose, non ? *À moins qu'il veuille récupérer sa serviette, mais ça s'rait dégueu* Elle aurait pu en rire, mais son visage reste neutre. Lentement, sa respiration reprend un rythme régulier, tout comme ses battements de cœur. Et elle remercie silencieusement l'homme pour lui avoir apporter la distraction dont elle avait besoin.

Une moue interrogatrice sur le visage de l'homme à la serviette lui laisse penser qu'il souhaite qu'elle prenne la parole. Pour le remercier, s'expliquer, elle ne le sait pas, mais seule la première option lui tente réellement.

-Mer... merci.

D'une toute petite voix, elle s'était exprimée et doutait à présent que le roux l'ait réellement entendu. *Oh, et puis tant pis, dans le pire des cas, j'répèterais*
C'était à présent à son tour d'attendre. Attendre quoi ? *Chai pas*

-6 heure avec la France | #356f68 | Septième année RP
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La jeune fille était visiblement troublée. Craig n'était pas particulièrement à l'aise face à l'émotion des autres, comme il l'était déjà très peu face à ses propres émotions. Comme si ses yeux représentaient une barrière bleue que les sentiments auraient peiné à franchir. S'envelopper dans le silence pour y cacher sa personnalité comme si elle avait pu le trahir était un réflexe ancien. Expérience du petit garçon solitaire de Poudlard, du sorcier cachant sa condition dans le monde moldu ou habitude de la retenue des Chinois : autant de facteurs qui avaient contribué à la réserve qui le caractérisait.

Le silence prolongé n'avait pourtant pas la douceur des matins calmes sur le port de Dublin : il instiguait pas à pas l'embarras entre les deux personnes arrêtées au milieu du tourbillon des promeneurs du parc. Par conséquent, après quelques instants, Craig se résolut à prendre la parole, de son ton lent habituel, celui du tai-chi-chuan, cette gymnastique de santé matinale en Chine.

"Tu es seule. Tu veux marcher un peu, prendre un café ?" Son regard quitta celui de la jeune fille pour explorer les possibilités de chemins à suivre pour sortir de cet endroit. En changeant l'espace, on pouvait espérer changer l'état d'esprit. Il en était convaincu. Le voyage d'un an en Chine dont il revenait lui avait prouvé.

Il avança d'un pasen direction d'un petit chemin secondaire pour inviter la jeune fille à en faire autant. Il ne fit aucun autre geste. Se familiariser à nouveau avec les gestes occidentaux nécessitait encore quelques exercices avant de retrouver l'automatisme de ceux-ci. En Chine, Craig inclinait la tête à distance pour saluer un vis-à-vis. Il faisait un signe de main de gauche à droite pour lui signifier de venir. Ici, ce même signe signifiait 'au revoir' et le silence à l'encontre d'une personne était considéré comme impoli. La réserve de la jeune fille contribuait finalement à le mettre à l'aise, sans bousculer sa tête de ces questions de code de conduite à adopter au plus vite.

La sensation de dépaysement issue de son retour récent de Chine était en somme encore en lui, rappel d'un précédent, lorsqu'il avait 11 ans. A chaque nouveau bouleversement, l'approfondissement d'une nouvelle langue -le latin de sorts ou le mandarin-, de nouveaux gestes -avec une baguette pour jeter un sort ou pour manger-, de nouvelles postures -l'accroupissement pour les cours de divination ou ces cours de yoga qu'il avait pris l'an dernier-, de nouveaux lieux -des lourds murs de Poudlard à la grande muraille-. A chaque fois, la sensation vertigineuse de se perdre pour se retrouver, se redécouvrir.

Il ignorait les causes de l'émotion de la jeune fille. Mais revenant tout juste de Chine, en train de retrouver son propre équilibre après l'atterrissage à Dublin, il se préoccupa plus que d'ordinaire de la jeune fille perdue et la regarda de nouveau furtivement.

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Elle attendait toujours une quelconque réaction lorsqu'un coup de vent vint balayer ses bouclettes brunes. Distraite un instant, elle porta son regard sur le mouvement du parc, happé par l'innocence du monde qui l'entoure. Eux ne savait rien. Ils n'avaient aucun idée de ce qui se passait dans son monde. Pas que chez elle, ils n'avaient aucune conscience du désastre dans lequel le monde sorcier se mettait. Chacun d'eux vivaient leur vie comme des rois, comme s'ils savaient tut. Pourtant, ils n'avaient pas même conscience de l'Envers, ce monde dont elle faisait partie à bien des dépends. Parfois, elle aurait souhaité retourner en enfance. Retourner dans son monde de dauphin et de paillette, persuadé que le bien finissait toujours par vaincre. S'emmitoufler dans son innocence enfantine et s'armer de ses lunettes roses pour voir le mnde comme il pourrait être et non pour ce qu'il était.

Un sursaut de son corps, spasme incontrôlé lui ayant été imposée, suit la dernière phrase de l'homme. *Mais qu'est-ce que...?* Un café ? Elle, prendre un café ? N'était-elle pas trop jeune pour ce genre de boissons ? Du haut de ses onze ans, ce n'était peut-être pas la meilleure des idées.

-D'accord.

*Qu'est-ce que tu fais !* Aucune idée, mais ça semblait être un bon moyen pour changer d'air. Doucement, elle se relève sans un bruit et porta son regard noisette vers le roux, attendant un mouvement de sa part. Elle ne savais pas ce que la suite lui réservait, mais ça ne pouvait pas être pire que le passé, non ?

Alors même que son esprit lui hurle de ne pas suivre l'homme, son corps agit pas lui-même et elle s'engage dans la direction marqué par l'adulte. Elle hésite avant de faire un pas...

On ne parle pas à des inconnus

Oh et puis tant pis ! Et sans s'arrêter, elle s'avance dans le parc. Ses jambes étaient encore un peu flageolante et ses mouvements plus saccadé qu'habituellement, mais au moins, elle tient debout. Sans savoir où aller, elle marche quelques secondes et n'y tenant plus, elle se retourne sans préavis.

-On va où au juste ?

Pas qu'elle revenait sur sa décision, mais savoir l'apaisait et le meilleure moyen pour savoir, c'était de demander. Sa voix était toujours hésitante, mais la vague d'émotion semblait être en partie réduite, comme si la simple présence de l'autre avait suffit à l'apaiser, sans qu'elle sache comment. Il suffisait d'espérer que ça reste ainsi, l'aiderait-il si elle éclatait de nouveau. Ses nerf à fleurs de peau était loin d'être totalement calme, la possibilité était donc présente. *Arrête de trop réfléchir* Et elle le fit, calmant le flot de pensée inutile, elle se concentra sur la seule chose réelle, l'homme face à elle.

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*Nous pouvons aller...* Craig, comme pour toutes ses sorties, énuméra soigneusement toutes les possibilités dans son esprit : *au pub le plus proche, bar bruyant à l'atmosphère bariolée et animée. Ou, alternative, au café du port que je connais à deux rues de là, plus apaisant.* Des personnes âgées occupaient ce dernier à jouer au rommé pendant la journée. La logique aurait sans doute décidé que le jeune homme de 19 ans se dirige vers le premier.

Mais au fond, que signifiait l'âge ? Craig ne se sentait de commun avec ces jeunes qui s'agitaient dans le premier des deux endroits que les petits traits plantés droit sur sa carte d'identité, indiquant la date où il était né. Il n'avait pas leurs envies fougueuses et ne vivait pas une jeunesse orageuse. Il s'était toujours senti mature, précoce, en avance. C'est ainsi qu'il se représentait ce décalage de pensées.

Il avançait pas à pas dans l'allée, à pas lents, comme si une démarche mesurée allait permettre de circonscrire les inquiétudes de la plus jeune : "On suit l'allée puis deux rues. Il y a un café calme et lumineux sur le port." Son regard neutre exprimait un calme supérieur, résistant à l'agitation des promeneurs enveloppés dans les brises du vent frappant par saccades sifflantes.

Il rentra ses mains dans ses poches et ses pensées au creux de son esprit. Il expirait en lentes respirations, piétinant avec flegme et sans s'y attacher le gravier de l'allée. Son regard bleu se déplaça vers la plus jeune : "Ca t'était déjà arrivé ?".

Comme une horloge, il remontait de façon organisée la frise chronologique de ses souvenirs. Morsures au parc animalier de sa mère, A amer de DFCM en 4ème année, chute dans la réserve de potions en 6ème année. Voilà le Cerbère à trois causes qui l'avait fait pleurer, autant qu'il se souvenait. Mais ses blessures étaient cicatrisées et il irradiait de calme apparent, autant que certains avaient une joie communicative. Sa placidité était une de ses grandes facultés. Il respirait le calme, diffusait le calme, maintenant toujours son apparence de force calme.

Par une dernière enjambée, il termina aux côtés de la moins âgée de parcourir l'allée de gravier puis s'engagea dans la rue, le regard tendu vers la suite. Il jeta un coup d'oeil sur l'enfant. Il n'avait sans doute rien en commun avec elle. Mais même sans épanchements, il était foncièrement bienveillant. S'imaginant comment il voulait devenir grand pendant ces trois moments pour échapper à la difficulté. Mais son silence témoignait du fait qu'il était avant tout bienveillant théoriquement. Enfant unique n'ayant jamais eu d'enfant, il n'était peut-être pas le consolateur spécialiste.

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La fillette ne quittait pas des yeux l'homme qu'elle suivait docilement. Sa concentration lui était entièrement dévoué, essayant ainsi de se cacher des émotions qui faisait rage en elle. C'était plus facile ainsi, mettre son énergie sur une distraction extérieur plutôt que d'analyser ses sentiments. Ce n'était peut-être pas sain à long terme, mais sur le moment, c'était l'option la plus sûr pour la brunette.

De ses petits pas, elle marchait dans l'ombre du roux, toujours curieuse de savoir où il souhaitait l'amener. À sa réponse, elle hocha simplement la tête. Normalement, elle lui aurait probablement adressé un petit sourire en guise de remerciement ou encore d'accord, mais elle était lasse et ce simple relevé de joue lui semblait hors de porté. De ses yeux noisettes, elle chercha rapidement du regard le café en question, espérant le voir apparaitre de là où elle se tenait, mais comme l'adulte le lui avait décrit, il n'était pas à porter de vue. Laissant ses yeux dérivés sur Dublin, elle continua de suivre en silence la rouquin qui avait osé l'approcher. Il ne semblait pas bavard, ce qui arrangeait bien la petite brune. *Pas envie de parler* À peine cette pensée formulé que le plus vieux posa une seconde question. Question à laquelle elle ne savait comment réagir. *Arrivé quoi ?* Il lui était déjà arrivé de se rendre dans un café. Il lui était déjà arrivé de se promener avec un adulte, un adulte qu'elle connaissait, certes, mais un adulte tout de même. Il lui était déjà arrivé de se retrouver dans un parc. Mais elle évitait le réelle sujet, elle en était bien consciente.

Alors qu'elle continuait d'avancer, elle détaillait de ses prunelles noisettes, le rouquin. Devait-elle lui faire confiance ? Pouvait-elle lui parler sans inquiétudes ? On lui avait toujours répété de ne pas parler aux inconnus et la voilà qu'elle en suivait un sans aucun remord. Quelle différence ça ferait de lui parler ou non, il était déjà trop tard si elle venait de tomber dans de gros ennuis. Étant arrivée à la conclusion que la question de l'adulte concernait son état lamentable d'il y a quelques instants, elle hocha la tête. Elle détestait avoir l'air faible devant d'autres personnes, mais parfois, c'était inévitable. Et à l'instant, c'était l'un de ces moments. Les mots lui manquaient et elle craignait qu'en parlant trop, elle ne se remette en larme. En prenant une grande inspiration, elle lâcha le tout d'un coup, comme si, à la manière d'un pansement, ça ferait moins mal ainsi.

-Oui, c'pas la première fois. Ma... ma famille, c'est... difficile en c'moment, vous savez.

Elle laisse un petit blanc, ne souhaitant pas habiter l'espace de ses paroles.

-Vous non ?

La question lui avait échappé, mais elle ne le regrettait pas. Elle voulait savoir. Le rouquin avait l'air si calme, est-ce que perdre le contrôle de ses émotions lui était déjà arrivé ?

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