Ciel bleu comme ses yeux

La blonde s’agenouilla à-côté de moi. Elle me demanda où j’avais mal. *Partout. Mais c’est mon ego qui est le plus blessé*, pensai-je. J’ouvris la bouche pour lui répondre, mais le liquide chaud et au goût horrible me coula dans la gorge. Je toussai afin de l’en faire sortir, sans beaucoup de succès.

- Mon.. Mon… Mon nez… J’crois qu’il est cassé..., essayai-je d’articuler.

J’écartai les mains de mon nez et ouvris les yeux. J’étais allongée sur les dalles froides de la tour d’astronomie, le soleil brillait au loin. Je tendis une main vers le ciel, étouffant un sanglot. Je commençais tout doucement à me calmer. Ma main trouble devenait de plus en plus nette. Je distinguais mes cinq doigts ensanglantés. Je fermai les yeux et respirai lentement. La douleur me traversait le visage. Je tournai la tête vers la sortie et pensai : *Moi qui pensais m’enfuir, voilà où j’en suis ! Nez sûrement cassé et sang absolument partout !*. J’essayai de me redresser en position assise, ce qui ne fit qu’empirer mon état ; ma tête me tourna et je basculai sur ma droite. Le sol se rapprochait à vue d’œil, je tendis les bras, ce qui arrêta ma chute. *Ce n’est qu’un cauchemar, rien de plus. Tout ceci est faux. Dans quelques minutes, tu te réveilleras, tu verras.* Hélas, quand je rouvris les yeux, j’étais toujours en haut de cette tour, et non dans mon lit.

C'est dommage que l'on ne soit pas à Halloween, Ivy s'est trouvé un super costume ! :rofl:
Dernière modification par Ivy Mercer le 13 avr. 2021, 13:42, modifié 1 fois.

#457898 · 4ème année RP

Ciel bleu comme ses yeux
Ok. Ok, ça va aller… ok ?

Mes tentatives pour rassurer la Bleue et Bronze ne semblaient pas très utiles, car ses pleurs ne s’arrêtèrent pas. Quand elle éloigna ses mains de son visage, je ne pus retenir un tout petit cri de surprise. Le sang qui avait coulé de son nez, presque invisible sous le liquide rouge, recouvrait presque tout son visage, s’étant même collé à ses cils. *Rappel : ne jamais courir dans cette tour* Je la laissai s’éloigner un peu de moi pour s’asseoir, sans vraiment savoir quoi faire. Mon cerveau s’était bloqué et mes neurones fonctionnaient au ralenti, tandis que je l’observais d’un air béat. Jamais je n’avais vu autant de sang depuis que je m’étais ouvert le genou étant gamine…

Purée ! Ivy ! m’exclamai-je en la voyant chanceler de nouveau vers le sol. Je soufflai à peine en voyant ses bras stopper sa chute et m’approchai de nouveau d’elle, laissant mon instinct empathique l’emporter sur ce qu’il s’était passé deux minutes auparavant. J’entourai ses épaules de mon bras droit alors que ses yeux étaient encore face au sol pour tenter de la redresser. J’vais t’aider à t’asseoir ok ? Contre le mur ici, juste à côté, fis-je en montrant la paroi à un mètre de nous. J’ai juste besoin que tu m’aides, j’peux pas te lever seule*surtout que tu fais limite deux fois mon poids et ma taille*.

Et après, une fois que je l’aurais installée là-bas, que devais-je faire ? L’infirmerie me semblait le meilleur moyen d’apporter de l’aide à la première année mais, retraçant le trajet jusqu’à là-bas, qui comprenait quatre étages et un nombre incalculable d’escaliers farceurs et de couloirs, j’abandonnai l’idée. Peut-être trouver de l’aide ? Et tamponner sa blessure ? Je fouillai mes poches de ma main libre à la recherche du petit paquet de mouchoirs que je portais toujours sur moi, quand une pensée me traversa.

Euhh, j’crois que ta salle commune est quelque part dans une tour par ici non ? Genre tout près ? ‘Fin, c’est c’que disent les gens… Tu t’sens d’aller jusque là-bas ? demandai-je. Mais pas encore hein, faut d’abord qu’on euh… s’occupe d’ça ? Ça va aller, hein, assurai-je plus pour moi-même que la blessée à côté de moi.

Il n'y a que moi pour trouver cette scène immonde ?

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Ciel bleu comme ses yeux
-J’vais t’aider à t’asseoir ok ? Contre le mur ici, juste à côté. J’ai juste besoin que tu m’aides, j’peux pas te lever seule.

Je m’appuyai sur mes bras et forçai mes jambes à me porter. Ma tête me tournais et mes jambes tremblaient. Je me dirigeai vers le mur, où je m’adossai puis glissai contre la paroi jusqu’à atterrir en position assise. Je passai mes bras autour de mes jambes repliées sur moi et posai mon front sur mes genoux. Un sifflement dans mes oreilles accompagnait mon mal de tête. Mon regard se promenait sur les petits nuages qui flottaient au-dessus de ma tête.

– Euhh, j’crois que ta salle commune est quelque part dans une tour par ici non ? Genre tout près ? ‘Fin, c’est c’que disent les gens… Tu t’sens d’aller jusque là-bas ? Mais pas encore hein, faut d’abord qu’on euh… s’occupe d’ça ? Ça va aller, hein.

*Ma salle commune ? Mon lit… Je ne rêve que d’y retourner ! Me sentir à aller là-bas ? Y’a qu’mon esprit qu’est en état d’y aller, mon corps, y va pas bouger.*, pensai-je. Je marmonnai :

- Peux plus bouger… Mal…

Je voulais juste rester là-haut, en boule, sous le soleil qui m’apportait de la chaleur sur ces dalles froides.

- Veux… Rentrer chez moi, dis-je à la Poufsouffle, contredisant mes pensées.

Je relevai la tête pour la poser contre la fraîcheur du mur. Mes mains se posèrent sur ma nuque. Du bout des doigts, je pouvais sentir mon pouls. J’essayai de calmer les battement qui cognaient furieusement contre ma peau. Je respirai calmement et fermai les yeux.

Je me mis à rêver de ma maison, de chez moi, à Borth. Ma famille, la mer, la chaleur du sable, l’eau qui coulait sur ma peau, la maison… J’ouvris les yeux et posai un regard interrogateur à la blonde. *Et maintenant, on fait quoi ?*, demandai-je silencieusement à cette Eryne.

Ça va de moins-en-moins bien du côté de Ivy...

#457898 · 4ème année RP

Ciel bleu comme ses yeux
J’eus une impression de déjà vu en assistant à la douleur visible de la première année. Le souvenir d’un cours de sport durant lequel une élève était tombée et avait été emmenée à l’infirmerie peut-être ? Mais, là, il n’y avait aucun adulte responsable, juste moi et la blessée. C’était à moi de m’occuper de sa plaie, de diagnostiquer la blessure de cette élève – avait-elle le nez cassé ou saignait-elle simplement ? –, de tout faire en somme.

Elle se dégagea de nouveau et marcha jusqu’au mur pour s’asseoir contre celui-ci, sous mon regard inquiet. Je m’approchai de nouveau d’elle mais sans trop valoriser notre proximité, pour ne pas être envahissante non plus.

*Mal* Elle avait mal. Ok. Garder le sang froid. Pas fixer le sang, *c’pas beau*. Essayer de l’aider. Ne pas paniquer.

T’as mal où ? Seulement au nez ? Tu… t’es cognée quelque part d’autre ?

Oui, bonne idée de poser cette question, savoir si sa tête, genoux, bras favorisaient sa douleur après la chute. Et ensuite peut-être essayer d’ôter tout ce liquide rouge de son visage. Comme je l’avais fait quelques secondes avant, je fouillai mes poches. Au lieu de trouver le paquet tant espéré, ce fut un mouchoir chiffonné et en boule. *Pitié qu’il soit pas utilisé…* Après vérification, je conclus qu’il était simplement écrasé au fond de la cavité. Je m’approchai de quelques pas d’Ivy.

Euh… j’crois que tu devrais mettre ta tête en arrière. Pour que ça saigne moins.

Je pris une grande inspiration : je devais avoir l’air sûre de moi pour ne pas qu’elle panique encore plus. Donc, voix décidée, geste fermes, ne pas laisser voir mon stress.

J’vais enlever un peu l’sang et tout ok ? Tu… tu saignes d’où exactement ?

Je déchirai le papier en deux morceaux inégaux, pour pouvoir boucher le saignement du bout le plus court. Je m’accroupis à côté d’elle pour passer délicatement l’autre sur son visage et nettoyer ce qui avait coulé. *Craque-pas-craque-pas-craque-pas-c’pas-si-grave-craque-pas*.

Courage… murmurai-je

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Ciel bleu comme ses yeux
La jaune me demanda si je m’étais cognée quelque part d’autre. Je fermai les yeux. J’avais mal aux paumes des mains et aux genoux.

- Mes mains et mes g’noux, murmurai-je.

Elle me conseilla de m’allonger. Je me décalai du mur et me couchai à nouveau sur les dalles de la tour d’astronomie. Ma tête me tournait un peu moins et le sifflement de mes oreilles s’était arrêté. Je soupirai de soulagement.

- Je… veux… pas que… mes parents… divorcent, dis-je avec difficulté.

Je ne savais pas vraiment pourquoi j’avais dit ça. De toute façon, si la Poufsouffle ne me prenait pas déjà pour une folle, maintenant, elle devait le croire. Elle me demanda ensuite d’où je saignais. *Y’a donc vraiment du sang partout ?*, me dis-je. Cette pensée me fit sourire.

- D’mon nez, j’crois.

Je sentis le contact de ma peau et d’un tissu. J’ouvris les yeux afin de voir de quoi il s’agissait. Je fus rassurée en voyant un mouchoir. Je tendis la main pour prendre le mouchoir et finir de m’essuyer le visage.

- Courage, me dit cette fille.

*Courage ? J’ai besoin de courage pour affronter la douleur ?*, me dis-je. Mais je sentais qu’au fond de moi, ce mot me fit chaud au cœur.

- Merci, dis-je.

Je lui souris faiblement, puis je refermai les yeux. Laissant mon imagination s’exprimer, je me mis à chanter quelques notes de comptines pour enfants que me chantais maman quand j’étais plus jeune. Ma voix horrible gâchait toute l’harmonie de la comptine, mais je ne m’arrêtais pas de chanter pour autant.

Avec un peu d'entraînement, Ivy deviendra une diva d'opéra :lol:

#457898 · 4ème année RP

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Ses mains et ses genoux. Ok. Si ce n’était que ça, ça ressemblait à la douleur ressentie pendant toute une journée après m’être pris un coin de table dans le genou, rien de grave. Je détendis mes membres, soudain beaucoup plus soulagée. Je regardai Ivy, couchée sur le sol, qui semblait elle aussi plus calme. Prenant à cœur mon rôle de grande/médecin, je lui fis part de mon avis :

J’pense que c’est rien d’grave, t’auras juste quelques bleus… *La même phrase qu’Maman…*

Je lui offris un petit sourire. Maintenant que j’y pensais, il avait suffi que la première année fasse une petite chute pour que j’oublie les cauchemars de cette nuit, mes larmes, la Saint-Valentin, son air renfermé et ses compliments sans queue ni tête… Mais une fois que tout serait fini, je préférais quand même mettre cette dernière chose au clair. Tout n’était pas encore limpide dans mon esprit…

Je haussai soudain les sourcils en direction de la Bleue. Pas en la jugeant, nuance, mais vraiment surprise qu’elle confesse ça comme ça. Je n’étais sûrement pas la première personne à qui elle devait avoir de raconter sa vie de famille, à moins qu’elle ne l’explique à chaque personne de Poudlard, et je ne savais pas quoi lui répondre. Sans trop attendre, elle élucida ma question suivante et se saisit de mouchoir pour nettoyer les restes de sang sur son visage. Je lâchai le petit bout de papier, toujours sous le choc, sans effectuer d’autres mouvements. Que pouvais-je lui dire, maintenant ?

Je m’assis en tailleur, les jambes croisées, face à elle, qui portait encore les yeux vers le plafond. Sans avertissement, elle commença à chantonner une mélodie inconnue à mes tympans. Je la fixai d’un air ahuri, totalement interloqué. La grande Mercer n’était clairement pas une élève lambda. À quoi venait cette soudaine passion à chanter des notes fausses à voix haute, alors que j’étais près d’elle ? Décidément, je ne la comprenais pas. *Détourne cette conv’*

Tes parents divorcent ? demandai-je d’une voix douce.

Je voulais encore lui poser d’autres questions, l’aider, l’entendre stopper cet air, mais j’avais peur qu’elle n’ignore ce besoin d’une confirmation si je lui posais d’autres interrogations.

Elle a déjà pensé à s'inscrire dans une chorale ? :whistling:

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- J’pense que c’est rien d’grave, t’auras juste quelques bleus…

*J’espère bien que je n’aurai que quelques bleus ! Si je me suis cassée le nez, on m’aurait emmenée à l’hôpital ? Y a-t-il un hôpital à Poudlard?*, me demandai-je. Je continuais de fredonner des chansons que je pensais avoir oubliées depuis le temps que je ne les avais plus entendues.

- Tes parents divorcent ?

Je m’arrêtai de chanter. J’ouvris les yeux et les posai sur son visage. Je murmurai un petit :

- Oui…

Depuis mon entrée à Poudlard, mes parents n’arrêtaient pas de se disputer. Maman pensait divorcer dès les vacances d’été. J’avais été si blessée quand mon père m’avait traitée de monstre. Je détournai mon regard vers le sol puis dis :

- Mon père est… Enfin il n’aime pas… Pas les sorciers.

Je ne savais pas pourquoi je racontais ma vie à une inconnue qui devait me prendre pour une folle. Peut-être trouvai-je cela réconfortant de raconter ma tristesse à quelqu’un. *Mais alors, pourquoi à cette fille ? Y’a plein d’aut’ gens à Poudlard.*, me dis-je. Je continuai de me confesser :

- Mes parents arrêtent pas de se disputer. Quand je suis rentrée à Borth pour les vacances de Noël, mon père m’a… M’a giflée.

Je sentais les larmes à nouveau monter vers mes yeux.

- Il m’a traitée de… De…

*Monstre*. Mais le mot de voulait pas sortir. Des larmes brûlantes me coulaient sur les joues, sur mon menton, puis s’écrasaient sur ma robe. Je fermai les yeux, ce qui ne fit qu’empirer les choses, car je revoyais trop bien cette scène où mon père m’avait giflée pour la première fois de ma vie. Où ses mots m’avaient transpercées tels des flèches.

- De Monstre.

Un hoquet s’échappa de ma gorge, puis j’ouvris à nouveau les yeux pour contempler mes mains.

#457898 · 4ème année RP

Ciel bleu comme ses yeux
Elle arrêta soudainement son petit air qui faisait souffrir mes tympans et posa ses yeux sur moi. Je ne comprenais toujours pas ce qui lui avait pris de me raconter ça mais je prêtais une oreille attentive à ses mots hésitants, qui semblaient si douloureux dans sa bouche. Je regardai cette première année, si étrange que ça. Qui étais-je pour elle pour qu’elle me révèle ce qui semblait la faire sentir si mal ?

Son oui tristounet me serra le cœur et je lui rendis son regard hésitant. Je ne savais pas comment réagir. Devais-je creuser, l’encourager, lui dire que ça allait passer, la laisser là… ? Je ne dus pas réfléchir longtemps car elle me dévoila la suite sans trop se censurer. Je sentis tout d’un coup ma tête tourner, ses paroles me mirent mal à l’aise. J’appuyai une main derrière moi pour me pencher un peu en arrière. La politique, cette affaire de grands si… *voilà quoi* ne servait vraiment à rien. Comment ne pas être au courant de ce conflit entre moldus et sorciers ? Enfin, j’en avais entendu parler mais je ne m’étais jamais sentie concernée. Ou presque. *Pense pas à ça. C’pas pareil*

Je ne comprenais pas pourquoi les personnes dépourvues de magie s’en prenaient ainsi aux personnes de la communauté sorcière. Les rumeurs à Poudlard parlaient d’agressions et un tas de scènes plus horribles les unes que les autres… mais *pourquoi ?* ! Quand j’avais posé cette question à Maman, elle m’avait donné un exemple très simple. « Imagine deux enfants qui jouent dans une cour de récrée. Un jour, l’un d’entre eux apporte un nouveau jouet super stylé, très difficile à avoir, que l’autre n’avait jamais eu avant. Alors l’autre sera très jaloux et va trouver des excuses pour s’en prendre à celui qui a le jouet ! Eh bien c’est pareil pour les moldus et les sorciers. Les êtres humains ont toujours peur de ce qu’ils ne connaissent pas, discriminent toujours ce qu’ils ne comprennent pas et sont jaloux de ce qu’ils n’ont pas. Voilà pourquoi il y a ces… problèmes entre les moldus et les sorciers. »

La suite de la révélation d’Ivy me laissa de glace. Plus un mouvement. Quels genre de parents frappaient leurs enfants ? Était-elle… une enfant battue ? Un stress énorme me serra au ventre, les pensées tourbillonnant dans ma tête. D’un côté, la situation qu’elle m’avait exposé, ce que je devais dire pour l’aider, la rassurer… De l’autre, mon père, les mensonges, moi, ma mère, les mensonges… Était-il possible que, si on le lui disait, il réagisse comme ce que m’avait raconté la Bleue ? Les larmes montèrent jusque mes yeux tandis que j’observai celles de mon interlocutrice rouler sur ses joues. Je ravalai les perles d’eau dans mes yeux.

Pleure pas, Ivy. T’es pas un monstre. Les sorciers sont pas des monstres. Et, tu sais, c’est peut-être mieux si tes parents se séparent… Ta mère est sorcière, c’est ça ? je trouvais beaucoup trop de similitudes entre nos histoires. Il a pas l’droit de faire ça, ton père, tu sais ? Être une sorcière fait pas de toi un monstre… J’suppose que si… si tu veux pas qu’ils divorcent, c’est parce que t’aimes ton père, non ? Mais… ‘fin… lui peut pas te traiter comme ça. C’est mal. Alors arrête de pleurer. T’es pas en tort. J’sais qu’ça doit te faire mal mais… ça va aller. Alors pleure pas. Ça va passer. Et j’suis pas sûre que le sang mélangé aux larmes ce soit super… fis-je sur le ton de la rigolade. Si tu t’sens mieux, on peut aller mettre d’l’eau ?

Je lui offris un petit sourire d’encouragement. J’espérais qu’elle ne se soit pas fait trop mal mais, pour l’instant, la douleur semblait plutôt interne et… j’avais… envie de l’aider.

Et… tu sais… s’tu veux parler, je… j’suis là, quoi. *Même si moi aussi ça m’fait mal* Ça fait du bien d’parler à quelqu’un, parfois. Donc… voilà, souris-je timidement. *« On y va ? »*

Je vais craquer devant tant de mignonnerie :cryhappy:

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Ce que me dit la jaune me toucha. Je la regardai dans les yeux pendant son discours, les larmes coulant toujours sur mon visage. Ses mots me firent me sentir plus forte, puissante. Au fur et à mesure qu’elle parlait, je me revoyais en février, ce jour où je lui ai parlé pour la première fois, aujourd’hui, il y a à peine un quart d’heure, me présenter, puis lui cracher des mots durs à la figure. *Comment peut-elle encore me supporter, me réconforter après tout ce que je lui ai fait ?*. Son cœur si bon essayait de me soutenir alors qu’elle devait avoir ses problème, sa tristesse et sa colère.

Elle me dit aussi qu’elle était là. J’écarquillai les yeux. *Elle est là pour moi. Elle est là.*. Je voulais la remercier, lui dire que ça allait mieux, que je m’excusai de lui avoir fait subir tout ça, mais mes mots restaient bloqués dans ma gorge. Je hochai la tête pour lui faire comprendre tout ce que je n’arrivais pas à dire.

Je me levai avec difficulté, mes larmes perlant toujours sur ma peau. Je tournai sur moi-même, regardai cette magnifique école. Cette école que mon père redoutait tant. Cette école dont j’ai rêvé pendant tant d’années. Cette école qui était ma deuxième maison, et bientôt la troisième, après le… Le divorce de mes parents.

Je regardai Eryne et dis :

- M… Merci… Ça va mieux, maintenant.

Je souris à mon tour et me séchai le visage d’un revers de manche.

Sortez les mouchoirs, on va en avoir besoin :cry:

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Elle hocha la tête, ses billes marron toujours plongées dans une piscine de larmes. Elle n’était peut-être, sûrement pas convaincue par mes mots. En même temps… nous connaissions-nous vraiment ?La réponse était claire. Mais mon empathie l’emportait toujours sur tout, et je nous sacrifiais – moi et ma dignité – toujours pour aider les autres. *Fichue moi* Fichue dignité.

Quand elle se leva, je suivis son mouvement. Peut-être Ivy allait-elle partir. Ça ne servait à rien de s’éterniser ici, surtout un samedi matin, alors qu’on avait plein de choses à faire. Elle devait sûrement traîner avec ses amies, faire des devoirs, réviser ses cours… Une vie de sorcière à Poudlard, quoi. Et, en plus, rester assise et la voir me dévisager de haut, d’encore plus haut que d’habitude… Non merci, assez de gêne comme ça.

En voyant ses lèvres s’étirer, je lui rendis la grimace joyeuse, heureuse de voir qu’elle allait ne serait-ce qu’un peu mieux.

Ton nez est pas cassé alors ! m’exclamai-je comme pour nous remonter le moral, à toutes les deux. Mais… Par contre, il t’reste un peu d’sang… Tu veux qu’on aille quelque part, euh… ‘fin voilà, murmurai-je, tandis que je songeais qu’elle préférait peut-être retourner à son dortoir pour finir de se soigner seule… nettoyer c’qui reste. Ou tu préfères rentrer dans ton dortoir ? Comme t’veux*j’ai rien à faire d’autre, à part déprimer, moi. Si, des d’voirs mais…*

Je haussai les épaules pour lui montrer que c’était à elle de choisir, la bouche en une mimique timide. Je repensai à ce qu’elle m’avait dit et voulus m’assurer d’une chose avant de m’éloigner d’elle, pour m’en prendre à mes propres démons, effacer ces cauchemars de mes souvenirs et sûrement traîner un peu à la bibliothèque ou dans le Parc.

Si… S’tu veux parler un jour, comme t’es ni à Poufsouffle ni en deuxième… T’peux m’envoyer un mot, un hibou ou quoi, si… ‘Fin, j’dis ça comme ça, suggérai-je, en rougissant.

*Je propose mon aide à qui veut bien la recevoir… C’comme ça que je vais mieux* Mes larmes finissaient toujours de couler quand je séchais celles de quelqu’un autre. Et maintenant, on allait toutes les deux mieux. *Tout est mal qui finit bien*

C'est sûrement mon dernier post ici, dépendant de ta réponse !
En tout cas, ça a été un vrai plaisir de partager ce moment avec toi, ce fut court mais intense ! C'est trop bien de voir le virage que cette situation a pris – son nez soit loué :wise: –, merci pour tes réponses rapides et ces délires après chaque post. Hâte de recroiser ta petite :cute:

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