Epouvantard personnel
- Riddikulus !
Le cri de Deryn sortit le garçon de sa boucle interminable et lui fit ouvrir les yeux. Face à lui, une cinquantaine de centimètres devant son visage, se tenait une barbe à papa flottant dans les airs. Sa camarade la héla et vint poser une main rassurante sur son épaule, de façon similaire à son père quand il le réconfortait après une crise. Edmund souffla fortement et, ses jambes se dérobant sous son poids, prit appui sur une table juste à côté de lui.
Deryn n'était de toute évidence pas versée dans l'art subtil qu'était celui des discours encourageants : elle bégayait, trébuchait sur les mots sans vraiment savoir quoi dire. Bien plus que ses phrase, les efforts qu'elle faisait pour lui remonter le moral touchèrent le garçon, qui tourna vers elle un regard plein de reconnaissance — et de déception. Il avait échoué, lamentablement. Et à présent il se faisait réconforter par Deryn qui avait certainement mieux à faire que de jouer les nounous — comme... oh, il ne savait pas... s'entraîner pour avoir une note passable à l'examen de fin d'année ? Quel boulet...
Juste avant qu'il n'eût le temps de s'excuser pour la gêne occasionnée et de la remercier correctement, il vit un mouvement du coin de l'œil : l'Epouvantard avait recouvré ses forces, et le cheval de la jeune fille était réapparu devant eux. Mais quelle sale bête ! Il ne pouvait pas leur laisser dix secondes de répit ? À la vue de l'animal, Deryn se décala sur le côté tout en faisant face au monstre et incita Edmund à le ridiculiser.
Surpris, le garçon marqua un instant d'arrêt en regardant la sorcière, comme attendant qu'elle lui lançât un « Poisson d'avril ! » et ne terrassât le monstre encore une fois. Après l'échec absolu qu'avait été son affrontement avec l'Epouvantard, était-elle certaine de vouloir lui confier sa sécurité ? Devant le manque de réaction de la jeune fille, il finit par se décaler légèrement vers l'armoire, de sorte à ne pas gêner le contact visuel entre le monstre et Deryn et, là, il prit le temps de réfléchir presque calmement à la façon dont il allait s'y prendre. Comment pourrait-il bien ridiculiser un grand cheval blanc aux yeux perturbants et à la crinière de joncs ?
L'équidé profita de ce que personne ne semblait lui vouloir le moindre mal pour avancer subitement vers sa proie. Un premier sabot claqua bruyamment sur le sol et un sourire carnassier lui étira les lèvres. La bête n'allait pas très vite, mais elle était plus rapide que la fois précédente, progressant à grandes enjambées vers Deryn. Surpris par le soudaine vélocité de l'epouvantard, Edmund sentit un vent de panique lui enserrer la cage thoracique : la distance entre les deux diminuait à vue d'œil !
Du fond de sa mémoire, une image vue il y a bien des années sur Internet ressurgit. Edmund brandit sa baguette d'une main tremblante — oh bon sang, pas le temps pour ça maintenant ! — et prononça la formule d'une voix chancelante. L'ongulé se stoppa immédiatement dans sa course et se releva sur ses pattes arrières. Pendant ce temps, celles de devant se transformèrent une paire de bras et un micro apparut dans une de ses mains. Des vêtements fluorescents apparurent sur son buste et ses pattes arrières, un diadème doré à paillettes enserra son front, et il leva sa main libre dans un signe rock . Pour parfaire le tableau, sa bouche s'ouvrit en grand et le cheval anthropomorphe hurla un « YEAAAAAAAH ! » à faire trembler les murs.
Omettant volontairement de se demander le comment du pourquoi de cette image mentale, Edmund observa, les oreilles sifflantes, le résultat de sa transformation, un sourire satisfait plaqué sur les lèvres. Il prit quelques instants pour souffler et se reposer contre l'armoire avant de tourner son regard vers Deryn.
- Et du coup, on fait quoi— que fait-on maintenant ? Tu y retournes ?
Après son franc succès — il faut bien savoir se flatter l'ego de temps à autres — il espérait pouvoir profiter d'une petite pause. Ne serait-ce que pour profiter d'une dizaine de secondes sans avoir à tenir sa baguette.
Le cri de Deryn sortit le garçon de sa boucle interminable et lui fit ouvrir les yeux. Face à lui, une cinquantaine de centimètres devant son visage, se tenait une barbe à papa flottant dans les airs. Sa camarade la héla et vint poser une main rassurante sur son épaule, de façon similaire à son père quand il le réconfortait après une crise. Edmund souffla fortement et, ses jambes se dérobant sous son poids, prit appui sur une table juste à côté de lui.
Deryn n'était de toute évidence pas versée dans l'art subtil qu'était celui des discours encourageants : elle bégayait, trébuchait sur les mots sans vraiment savoir quoi dire. Bien plus que ses phrase, les efforts qu'elle faisait pour lui remonter le moral touchèrent le garçon, qui tourna vers elle un regard plein de reconnaissance — et de déception. Il avait échoué, lamentablement. Et à présent il se faisait réconforter par Deryn qui avait certainement mieux à faire que de jouer les nounous — comme... oh, il ne savait pas... s'entraîner pour avoir une note passable à l'examen de fin d'année ? Quel boulet...
Juste avant qu'il n'eût le temps de s'excuser pour la gêne occasionnée et de la remercier correctement, il vit un mouvement du coin de l'œil : l'Epouvantard avait recouvré ses forces, et le cheval de la jeune fille était réapparu devant eux. Mais quelle sale bête ! Il ne pouvait pas leur laisser dix secondes de répit ? À la vue de l'animal, Deryn se décala sur le côté tout en faisant face au monstre et incita Edmund à le ridiculiser.
Surpris, le garçon marqua un instant d'arrêt en regardant la sorcière, comme attendant qu'elle lui lançât un « Poisson d'avril ! » et ne terrassât le monstre encore une fois. Après l'échec absolu qu'avait été son affrontement avec l'Epouvantard, était-elle certaine de vouloir lui confier sa sécurité ? Devant le manque de réaction de la jeune fille, il finit par se décaler légèrement vers l'armoire, de sorte à ne pas gêner le contact visuel entre le monstre et Deryn et, là, il prit le temps de réfléchir presque calmement à la façon dont il allait s'y prendre. Comment pourrait-il bien ridiculiser un grand cheval blanc aux yeux perturbants et à la crinière de joncs ?
L'équidé profita de ce que personne ne semblait lui vouloir le moindre mal pour avancer subitement vers sa proie. Un premier sabot claqua bruyamment sur le sol et un sourire carnassier lui étira les lèvres. La bête n'allait pas très vite, mais elle était plus rapide que la fois précédente, progressant à grandes enjambées vers Deryn. Surpris par le soudaine vélocité de l'epouvantard, Edmund sentit un vent de panique lui enserrer la cage thoracique : la distance entre les deux diminuait à vue d'œil !
Du fond de sa mémoire, une image vue il y a bien des années sur Internet ressurgit. Edmund brandit sa baguette d'une main tremblante — oh bon sang, pas le temps pour ça maintenant ! — et prononça la formule d'une voix chancelante. L'ongulé se stoppa immédiatement dans sa course et se releva sur ses pattes arrières. Pendant ce temps, celles de devant se transformèrent une paire de bras et un micro apparut dans une de ses mains. Des vêtements fluorescents apparurent sur son buste et ses pattes arrières, un diadème doré à paillettes enserra son front, et il leva sa main libre dans un signe rock . Pour parfaire le tableau, sa bouche s'ouvrit en grand et le cheval anthropomorphe hurla un « YEAAAAAAAH ! » à faire trembler les murs.
Omettant volontairement de se demander le comment du pourquoi de cette image mentale, Edmund observa, les oreilles sifflantes, le résultat de sa transformation, un sourire satisfait plaqué sur les lèvres. Il prit quelques instants pour souffler et se reposer contre l'armoire avant de tourner son regard vers Deryn.
- Et du coup, on fait quoi— que fait-on maintenant ? Tu y retournes ?
Après son franc succès — il faut bien savoir se flatter l'ego de temps à autres — il espérait pouvoir profiter d'une petite pause. Ne serait-ce que pour profiter d'une dizaine de secondes sans avoir à tenir sa baguette.
@Mark Dole, un peu de rock pour agrémenter les corrections ?
couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !
Epouvantard personnel
Mark avait laissé les deux Poufsouffle s'entraîner seuls contre l'Épouvantard en leur donnant pour uniques consignes de ne pas détruire sa salle de cours et de crier s'ils rencontraient un problème. L'enseignant, désormais dans son bureau, avait néanmoins laisser la porte entrouverte pour garder une oreille sur ce que faisaient les élèves de deuxième année.
Une idée apparemment judicieuse car un cri inhumain faisant trembler les murs le surprit. Lorsqu'il sursauta, le O qu'il était en train de noter dans l'en-tête de la copie se transforma en un P maladroit. Décidément, laisser seuls les deux Poufsouffle n'avait pas été une très bonne idée.
Mark se leva de son fauteuil avant de rejoindre les élèves dans la salle attenante. Plus que l'énervement du bruit exagéré des enfants, ce fut la surprise qui domina l'enseignant quand il se retrouva face à une sorte de cheval rockeur. Pas un cheval, un Kelpy. Mark se souvenait très bien avoir vu l'Épouvantard se transformer en cette créature lors du dernier cours. L'animal debout comme un homme avait désormais des bras qui tenaient un micro. Facile d'identifier l'origine du cri. Mark ne put réprimer un sourire face à cette transformation ridicule et donc réussie.
Une fois la surprise passée, l'homme se tourna vers les deux élèves. Toujours souriant, il s'adressa à eux tout en jetant un regard à l'Épouvantard fixé sur O'Connors qui commençait à perdre son apparence de rockeur pour retrouver celle du Kelpy.
« Vous auriez pu choisir une flûte traversière ou quelque chose de moins bruyant. »
Mark lança un Riddikulus sur le non-être et la créature portait désormais un costume noir ainsi qu'un nœud papillon. Toujours parée de son détonant diadème à paillettes, elle amenait la flûte à sa gueule.
« Vous souhaitez vous entraîner encore un peu ou vous préférez que je le fasse rentrer dans l'armoire ? Si vous continuez, essayez d'être un peu plus discret maintenant que vous semblez maîtriser le sortilège. »
Le professeur de défense contre les forces du Mal avait levé son pouce gauche en signe de victoire.
Une idée apparemment judicieuse car un cri inhumain faisant trembler les murs le surprit. Lorsqu'il sursauta, le O qu'il était en train de noter dans l'en-tête de la copie se transforma en un P maladroit. Décidément, laisser seuls les deux Poufsouffle n'avait pas été une très bonne idée.
Mark se leva de son fauteuil avant de rejoindre les élèves dans la salle attenante. Plus que l'énervement du bruit exagéré des enfants, ce fut la surprise qui domina l'enseignant quand il se retrouva face à une sorte de cheval rockeur. Pas un cheval, un Kelpy. Mark se souvenait très bien avoir vu l'Épouvantard se transformer en cette créature lors du dernier cours. L'animal debout comme un homme avait désormais des bras qui tenaient un micro. Facile d'identifier l'origine du cri. Mark ne put réprimer un sourire face à cette transformation ridicule et donc réussie.
Une fois la surprise passée, l'homme se tourna vers les deux élèves. Toujours souriant, il s'adressa à eux tout en jetant un regard à l'Épouvantard fixé sur O'Connors qui commençait à perdre son apparence de rockeur pour retrouver celle du Kelpy.
« Vous auriez pu choisir une flûte traversière ou quelque chose de moins bruyant. »
Mark lança un Riddikulus sur le non-être et la créature portait désormais un costume noir ainsi qu'un nœud papillon. Toujours parée de son détonant diadème à paillettes, elle amenait la flûte à sa gueule.
« Vous souhaitez vous entraîner encore un peu ou vous préférez que je le fasse rentrer dans l'armoire ? Si vous continuez, essayez d'être un peu plus discret maintenant que vous semblez maîtriser le sortilège. »
Le professeur de défense contre les forces du Mal avait levé son pouce gauche en signe de victoire.
Détective privé à Pré-au-Lard
DDM de Gryffondor du 1/9/46 au 13/10/46
Ancien professeur de DCFM
DDM de Gryffondor du 1/9/46 au 13/10/46
Ancien professeur de DCFM
Epouvantard personnel
Le kelpy s'approchait inexorablement mais il fallait qu'elle tienne. Edmund allait assurer, Deryn en était certaine. Malgré tout, elle fit un pas en arrière et pointa sa baguette en se remettant à trembler face à la créature qui la surplombait maintenant de toute sa hauteur. Enfin, son camarade se lança.
Un soupir immense s'échappa de la poitrine de la jeune fille et ses yeux s'agrandirent de surprise. Elle ne put s'empêcher de monter ses mains sur ses oreilles en rentrant la tête dans les épaules quand la créature étrange se mit à hurler. Il avait une de ces patates cet épouvantard. Un rire nerveux suivi tandis que la chose se mettait à chanter. Edmund, de son côté, semblait soudain bien plus sûr de lui et Deryn lui sourit franchement. Il lui avait quand même fait bien peur à attendre autant.
La Poufsouffle reprit au plus vite son sérieux à l'arrivée de Monsieur Dole mais le sourire qu'il leur adressa la rassura. Elle hocha la tête pour assurer qu'elle avait compris la consigne tandis que la bestiole commençait son concerto de flute traversière et répondit en retrouvant son sourire.
"Pardon. On prend note pour la suite de l'exercice qu'il faut privilégier la musique douce. Je pense qu'on peut encore s'entraîner un petit peu. Mieux vaut viser un O qu'un A pour l'examen. Comme ça, au pire, ça fera un E.
Alors que leur professeur retournait dans son bureau, Deryn jeta un regard sur le musicien qui avait déjà cessé de jouer. Décidément ce truc ne s'arrêtait jamais. Le kelpy reprenait déjà forme parmi les volutes de fumées sombres. Le rire un instant plus tôt lui avait vraiment fait du bien et cette fois, la jeune fille ne recula pas.
Deryn posa sur la créature blanche qui lui faisait face un regard dur. Au fond d'elle même elle tremblait mais pourquoi trembler devant cette chose.
"En vrai, tu n'existes même pas" dit-elle en pointant sa baguette. "Tu n'es qu'un... reflet de mon imagination, un simple... cauchemar, un mauvais rêve. Riddikulus"
Elle ne lui avait pas laisser le temps de s'approcher et la bestiole se transforma en un gros ballon en forme de licorne. Un truc blanc et rose à paillette dans lequel les moldus mettaient de l'hélium pour qu'il flotte dans les airs.
"Libérez Bob l'éponge, libérez Bob l'éponge" souffla t'elle tout bas en se souvenant des revendications que clamait son frère dès qu'il passait devant les stands de ballons des petites fêtes autour de chez eux. Un sourire s'étira sur son visage tandis qu'elle reculait pour laisser la place au suivant. Si la peur était bien présente au fond d'elle, tension qui tendait ses muscles jusqu'au bout de ses doigts, Deryn se sentait terriblement fière d'avoir réussi un exercice qui la veille l'avait laissée pantoise et suffocante.
"A toi Edmund. Moi j'ai eu mon compte pour le moment. Je prends cinq minutes de pause."
Un soupir immense s'échappa de la poitrine de la jeune fille et ses yeux s'agrandirent de surprise. Elle ne put s'empêcher de monter ses mains sur ses oreilles en rentrant la tête dans les épaules quand la créature étrange se mit à hurler. Il avait une de ces patates cet épouvantard. Un rire nerveux suivi tandis que la chose se mettait à chanter. Edmund, de son côté, semblait soudain bien plus sûr de lui et Deryn lui sourit franchement. Il lui avait quand même fait bien peur à attendre autant.
La Poufsouffle reprit au plus vite son sérieux à l'arrivée de Monsieur Dole mais le sourire qu'il leur adressa la rassura. Elle hocha la tête pour assurer qu'elle avait compris la consigne tandis que la bestiole commençait son concerto de flute traversière et répondit en retrouvant son sourire.
"Pardon. On prend note pour la suite de l'exercice qu'il faut privilégier la musique douce. Je pense qu'on peut encore s'entraîner un petit peu. Mieux vaut viser un O qu'un A pour l'examen. Comme ça, au pire, ça fera un E.
Alors que leur professeur retournait dans son bureau, Deryn jeta un regard sur le musicien qui avait déjà cessé de jouer. Décidément ce truc ne s'arrêtait jamais. Le kelpy reprenait déjà forme parmi les volutes de fumées sombres. Le rire un instant plus tôt lui avait vraiment fait du bien et cette fois, la jeune fille ne recula pas.
Deryn posa sur la créature blanche qui lui faisait face un regard dur. Au fond d'elle même elle tremblait mais pourquoi trembler devant cette chose.
"En vrai, tu n'existes même pas" dit-elle en pointant sa baguette. "Tu n'es qu'un... reflet de mon imagination, un simple... cauchemar, un mauvais rêve. Riddikulus"
Elle ne lui avait pas laisser le temps de s'approcher et la bestiole se transforma en un gros ballon en forme de licorne. Un truc blanc et rose à paillette dans lequel les moldus mettaient de l'hélium pour qu'il flotte dans les airs.
"Libérez Bob l'éponge, libérez Bob l'éponge" souffla t'elle tout bas en se souvenant des revendications que clamait son frère dès qu'il passait devant les stands de ballons des petites fêtes autour de chez eux. Un sourire s'étira sur son visage tandis qu'elle reculait pour laisser la place au suivant. Si la peur était bien présente au fond d'elle, tension qui tendait ses muscles jusqu'au bout de ses doigts, Deryn se sentait terriblement fière d'avoir réussi un exercice qui la veille l'avait laissée pantoise et suffocante.
"A toi Edmund. Moi j'ai eu mon compte pour le moment. Je prends cinq minutes de pause."
Poufsouffle vult !
Promo 44 / Première année ISMI - équitation magique / Dialogue #274E13
Promo 44 / Première année ISMI - équitation magique / Dialogue #274E13
Epouvantard personnel
L'air satisfait d'Edmund disparut tout à fait à l'apparition de Mr. Dole. Il avait complètement oublié qu'il était à une porte d'eux ! Heureusement, le professeur ne semblait pas autrement ennuyé par le vacarme qu'ils avaient causé, et se contenta d'une petite remarque humoristique. Si Edmund savait que l'humour était souvent utilisé pour dissimuler une sentiment de désagrément, cela restait tout de même plus supportable qu'un éclat de voix. Il se fendit d'un « Oui, pardon monsieur » aux joues rougies et se morigéna intérieurement.
Il ne suivit que d'un œil la prestation de Deryn, profitant du petit moment de répit qu'elle lui offrait pour poser sa baguette sur une table et se masser la main consciencieusement. Moins lourde que Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, elle imposait à l'enfant plus d'efforts pour la tenir qu'un bloc de granit, et des crampes commençaient doucement à poindre sous sa peau. Et puis s'occuper ainsi de sa main lui donnait l'impression de purger une partie de la malveillance qui n'avait pas manqué de se répandre sur ses doigts.
À la demande de changement, arrivée bien trop tôt, Edmund hocha la tête avec résignation, fixa la baguette magique qui l'attendait, sournoise, puis finit par s'en saisir. Une grimace incompréhensible lui tordit les lèvres au contact du bois avant qu'il ne la refoule, puis il s'avança bon gré mal gré vers le ballon d'hélium qui avait déjà presque achevé sa retransformation en cheval — il devrait demander à Deryn ce qu'elle lui trouvait de si effrayant d'ailleurs, pourquoi un cheval ?
Fort de sa précédente réussite, il parvint à ne pas trembler lorsque le non-être tourna vers lui ses iris dérangeant d'humanité, mais ne put s'empêcher un pas en arrière quand il entreprit de changer lentement de forme, comme se délectant du nouveau rôle qu'il allait endosser. La respiration d'Edmund s'accéléra, suivie de près par le rythme de son petit cœur peu aguerri, et il ne dut qu'à un extrême effort de volonté de ne pas fermer les yeux : il avait commis cette erreur une fois, pas deux !
L'ombre obscure réapparut devant lui, baguette à la main. Edmund recula encore d'un pas. Ne pouvant souffrir la vision de la chose, il vira son regard sur le parquet ciré et entreprit de se calmer. Tout allait bien. C'était seulement un Épouvantard. Ce n'était rien de réel. Il ne courait pas de danger.
Les formes prises par l'Épouvantard sont particulièrement dangereuses car cette créature ne se contente pas de prendre la forme de la peur qu'il choisit mais également ses capacités physiques ou intellectuelles.
La phrase issue du manuel de DCFM avait jailli dans son esprit sans préavis, et l'enfant se figea. La créature ne pouvait tout de même pas lancer des sorts avec sa baguette... n'est-ce pas ? Edmund sentit ses jambes se pétrifier à nouveau, ses muscles échappant lentement à son contrôle, la panique toquant à la porte. Non, non non non non non, ce n'était pas possible. Pas imaginable. Non non non. Juste NON !
Le manteau ténébreux entama sa lente avancée, et l'élève sentit son cœur battre de plus en plus vite, de plus en plus fort, coups martelés douloureusement contre sa cage thoracique. À chaque "pas", sa poitrine se resserrait un peu plus. Bientôt, la chose était sur lui. En voyant la baguette diabolique à quelques centimètres à peine de son visage et en devinant le rictus sadique derrière les vapeurs noires, une digue céda. Son instinct de survie primaire reprit le dessus et il bondit au dessus d'une table, puis d'une deuxième. En sautant au-dessus de la troisième, son pied agrippa un chaise et il retomba douloureusement contre un pied en bois. Avec la douleur, une part de lucidité lava son esprit et ralluma deux neurones congestionnés.
Edmund leva sa baguette et baragouina un « Riddikulus ! » presque convainquant. Un peu convainquant car la formule avait été prononcée très distinctement malgré le stress qui vrillait sa voix. Pas assez convainquant car le sortilège n'eut absolument aucun effet. L'ombre noire était toujours à trois rangées du garçon, immobile. Puis elle se remit en mouvement, son corps apparemment intangible traversant les tables de bois.
Heureusement, le garçon avait dans son malheur un peu de chance : l'ombre était très lente. Réfugié au fond de la salle, il avait tout le temps de la voir arriver. Profitant de ce que ses jambes fonctionnaient, il décida de tirer parti de sa mobilité. Qu'importât qu'il ne parvînt pas à lancer le sort du premier coup, il n'avait qu'à courir jusqu'à y arriver ! Il s'élança à travers les rangées, poursuivi par l'Épouvantard, dans une parodie de course-poursuite de film d'horreur ponctuée de tentatives de sortilèges échouées.
Le garçon, cependant, avait oublié un paramètre de taille : son endurance inexistante. Ce fut ainsi qu'après ce qui devait représenter cinq ou peut-être six minutes de course d'obstacle, le pauvre haletait, fumait, humain devenu locomotive, dans un spectacle d'une certaine cocasserie. Finalement, il s'écroula par terre, respirations acides sortant de son thorax, et, si épuisé qu'il n'avait même plus la force d'être effrayé, il prit le temps de voir l'Épouvantard glisser jusqu'à lui, lever le bras droit tenant sa baguette, étirer deux lèvres de fumée dans un sourire malsain. Puis il lança son sort.
- Riddikulus.
Le ton était plat. La peur reflouée. Le regard blasé. Il n'en pouvait tout simplement plus. L'enfant ne sentait plus ses muscles et quelques bleus s'étaient colorés sur ses jambes lors d'une ou deux réceptions manquées. Il voulait uniquement que ce calvaire physique cessât enfin. Ce fut peut-être pour cela que cette fois-ci, le sortilège fonctionna.
L'Épouvantard afficha un rictus surprit quand son corps se solidifia soudain, bras en croix, baguette remplacée par un bâton de réglisse, vêtements se parés de couleurs rouges et vertes, taille rapetissée. Il était à présent un mignon petit lutin de Noël aux vêtements déchirés.
Sur le sol, Edmund eut à peine la force de ressentir un brin de fierté avant de définitivement devenir carpette.
ahem, désolé pour la longueur de ce post
Il ne suivit que d'un œil la prestation de Deryn, profitant du petit moment de répit qu'elle lui offrait pour poser sa baguette sur une table et se masser la main consciencieusement. Moins lourde que Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, elle imposait à l'enfant plus d'efforts pour la tenir qu'un bloc de granit, et des crampes commençaient doucement à poindre sous sa peau. Et puis s'occuper ainsi de sa main lui donnait l'impression de purger une partie de la malveillance qui n'avait pas manqué de se répandre sur ses doigts.
À la demande de changement, arrivée bien trop tôt, Edmund hocha la tête avec résignation, fixa la baguette magique qui l'attendait, sournoise, puis finit par s'en saisir. Une grimace incompréhensible lui tordit les lèvres au contact du bois avant qu'il ne la refoule, puis il s'avança bon gré mal gré vers le ballon d'hélium qui avait déjà presque achevé sa retransformation en cheval — il devrait demander à Deryn ce qu'elle lui trouvait de si effrayant d'ailleurs, pourquoi un cheval ?
Fort de sa précédente réussite, il parvint à ne pas trembler lorsque le non-être tourna vers lui ses iris dérangeant d'humanité, mais ne put s'empêcher un pas en arrière quand il entreprit de changer lentement de forme, comme se délectant du nouveau rôle qu'il allait endosser. La respiration d'Edmund s'accéléra, suivie de près par le rythme de son petit cœur peu aguerri, et il ne dut qu'à un extrême effort de volonté de ne pas fermer les yeux : il avait commis cette erreur une fois, pas deux !
L'ombre obscure réapparut devant lui, baguette à la main. Edmund recula encore d'un pas. Ne pouvant souffrir la vision de la chose, il vira son regard sur le parquet ciré et entreprit de se calmer. Tout allait bien. C'était seulement un Épouvantard. Ce n'était rien de réel. Il ne courait pas de danger.
Les formes prises par l'Épouvantard sont particulièrement dangereuses car cette créature ne se contente pas de prendre la forme de la peur qu'il choisit mais également ses capacités physiques ou intellectuelles.
La phrase issue du manuel de DCFM avait jailli dans son esprit sans préavis, et l'enfant se figea. La créature ne pouvait tout de même pas lancer des sorts avec sa baguette... n'est-ce pas ? Edmund sentit ses jambes se pétrifier à nouveau, ses muscles échappant lentement à son contrôle, la panique toquant à la porte. Non, non non non non non, ce n'était pas possible. Pas imaginable. Non non non. Juste NON !
Le manteau ténébreux entama sa lente avancée, et l'élève sentit son cœur battre de plus en plus vite, de plus en plus fort, coups martelés douloureusement contre sa cage thoracique. À chaque "pas", sa poitrine se resserrait un peu plus. Bientôt, la chose était sur lui. En voyant la baguette diabolique à quelques centimètres à peine de son visage et en devinant le rictus sadique derrière les vapeurs noires, une digue céda. Son instinct de survie primaire reprit le dessus et il bondit au dessus d'une table, puis d'une deuxième. En sautant au-dessus de la troisième, son pied agrippa un chaise et il retomba douloureusement contre un pied en bois. Avec la douleur, une part de lucidité lava son esprit et ralluma deux neurones congestionnés.
Edmund leva sa baguette et baragouina un « Riddikulus ! » presque convainquant. Un peu convainquant car la formule avait été prononcée très distinctement malgré le stress qui vrillait sa voix. Pas assez convainquant car le sortilège n'eut absolument aucun effet. L'ombre noire était toujours à trois rangées du garçon, immobile. Puis elle se remit en mouvement, son corps apparemment intangible traversant les tables de bois.
Heureusement, le garçon avait dans son malheur un peu de chance : l'ombre était très lente. Réfugié au fond de la salle, il avait tout le temps de la voir arriver. Profitant de ce que ses jambes fonctionnaient, il décida de tirer parti de sa mobilité. Qu'importât qu'il ne parvînt pas à lancer le sort du premier coup, il n'avait qu'à courir jusqu'à y arriver ! Il s'élança à travers les rangées, poursuivi par l'Épouvantard, dans une parodie de course-poursuite de film d'horreur ponctuée de tentatives de sortilèges échouées.
Le garçon, cependant, avait oublié un paramètre de taille : son endurance inexistante. Ce fut ainsi qu'après ce qui devait représenter cinq ou peut-être six minutes de course d'obstacle, le pauvre haletait, fumait, humain devenu locomotive, dans un spectacle d'une certaine cocasserie. Finalement, il s'écroula par terre, respirations acides sortant de son thorax, et, si épuisé qu'il n'avait même plus la force d'être effrayé, il prit le temps de voir l'Épouvantard glisser jusqu'à lui, lever le bras droit tenant sa baguette, étirer deux lèvres de fumée dans un sourire malsain. Puis il lança son sort.
- Riddikulus.
Le ton était plat. La peur reflouée. Le regard blasé. Il n'en pouvait tout simplement plus. L'enfant ne sentait plus ses muscles et quelques bleus s'étaient colorés sur ses jambes lors d'une ou deux réceptions manquées. Il voulait uniquement que ce calvaire physique cessât enfin. Ce fut peut-être pour cela que cette fois-ci, le sortilège fonctionna.
L'Épouvantard afficha un rictus surprit quand son corps se solidifia soudain, bras en croix, baguette remplacée par un bâton de réglisse, vêtements se parés de couleurs rouges et vertes, taille rapetissée. Il était à présent un mignon petit lutin de Noël aux vêtements déchirés.
Sur le sol, Edmund eut à peine la force de ressentir un brin de fierté avant de définitivement devenir carpette.
ahem, désolé pour la longueur de ce post
couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !
Epouvantard personnel
La fierté qui l'emplissait n'avait d'égal que la répugnance qu'elle éprouvait pour ce non-être comme l'appelait Monsieur Dole. Un non-être qui jouait avec eux, qui jouait avec leur peur. Deryn tira une chaise de sous une table et s'assit un instant pour souffler. Entre l'affrontement avec la bête le temps qu'Edmund se décide et les trois sortilèges qu'elle venait de lancer, elle se sentait soudain un brin fatiguée.
Se souvenant de l'erreur d'inattention faite un peu plus tôt alors que son ami avait besoin de soutien, la Poufsouffle releva les yeux vers le spectre noir qui se dirigeait vers Edmund. Le garçon semblait à nouveau tétaniser face à cette étrange apparition. Deryn avait sa baguette en main, prête à lancer à nouveau un sortilège si besoin mais elle sentait qu'elle devait le laisser se débrouiller. Tout comme elle, il devait trouver un moyen d'affronter cette créature et d'en venir à bout.
Pourtant Edmund restait encore immobile tandis que la chose continuait à progresser. Deryn se mordilla la lèvre. Comment pouvait elle l'aider sans faire à sa place ? Soudain, il se décida. Non pas à lancer le sortilège mais à s'enfuir. Les yeux de Deryn s'écarquillèrent de surprise en le voyant se lancer à toutes jambes à travers la pièce. Mais à quoi jouait-il ? Ce n'était pas une course de relais. Médusée, elle restait là à regarder Edmund courir, sautant comme il le pouvait par dessus le mobilier scolaire. S'il y a une chose qu'elle n'avait pas prévu, c'était bien ça. Incapable de réagir, elle suivait des yeux, presque hilare devant cette situation grotesque, le mini film d'action qui frôlait le comique et qui se termina par une chute mémorable du Poufsouffle. Deryn, se reprenant pointa alors sa baguette mais Edmund, dans un dernier sursaut finit par venir à bout de la créature qui le pourchassait.
La jeune fille se dirigea au petit trot vers le garçon et s'agenouilla à côté de lui, ignorant superbement l'épouvantard qui devait surement commencer à se reformer dans l'allée.
"Tu... ça va aller ?" Ne sachant pas trop quoi faire de plus, elle poussa une chaise qui se trouvait à sa portée et qui avait chu dans la bagarre. "Rien de cassé ? Tu ferais un sacré cascadeur mais préviens moi la prochaine fois, je déblaierai le passage avant, ce sera moins risqué."
Se souvenant de l'erreur d'inattention faite un peu plus tôt alors que son ami avait besoin de soutien, la Poufsouffle releva les yeux vers le spectre noir qui se dirigeait vers Edmund. Le garçon semblait à nouveau tétaniser face à cette étrange apparition. Deryn avait sa baguette en main, prête à lancer à nouveau un sortilège si besoin mais elle sentait qu'elle devait le laisser se débrouiller. Tout comme elle, il devait trouver un moyen d'affronter cette créature et d'en venir à bout.
Pourtant Edmund restait encore immobile tandis que la chose continuait à progresser. Deryn se mordilla la lèvre. Comment pouvait elle l'aider sans faire à sa place ? Soudain, il se décida. Non pas à lancer le sortilège mais à s'enfuir. Les yeux de Deryn s'écarquillèrent de surprise en le voyant se lancer à toutes jambes à travers la pièce. Mais à quoi jouait-il ? Ce n'était pas une course de relais. Médusée, elle restait là à regarder Edmund courir, sautant comme il le pouvait par dessus le mobilier scolaire. S'il y a une chose qu'elle n'avait pas prévu, c'était bien ça. Incapable de réagir, elle suivait des yeux, presque hilare devant cette situation grotesque, le mini film d'action qui frôlait le comique et qui se termina par une chute mémorable du Poufsouffle. Deryn, se reprenant pointa alors sa baguette mais Edmund, dans un dernier sursaut finit par venir à bout de la créature qui le pourchassait.
La jeune fille se dirigea au petit trot vers le garçon et s'agenouilla à côté de lui, ignorant superbement l'épouvantard qui devait surement commencer à se reformer dans l'allée.
"Tu... ça va aller ?" Ne sachant pas trop quoi faire de plus, elle poussa une chaise qui se trouvait à sa portée et qui avait chu dans la bagarre. "Rien de cassé ? Tu ferais un sacré cascadeur mais préviens moi la prochaine fois, je déblaierai le passage avant, ce sera moins risqué."
Poufsouffle vult !
Promo 44 / Première année ISMI - équitation magique / Dialogue #274E13
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Epouvantard personnel
Le monde n'était que souffrance. L'aventurier, effondré sur le sol après son combat éprouvant contre le monstre, tentait tant bien que mal de recouvrer sa respiration. Son corps, constellation nocturne d'ecchymoses et de blessures, était une fournaise de douleur lui interdisant le moindre répit. Le héros, pourtant, éprouvait ces ondes insupportables avec une joie incommensurable : elles étaient la preuve qu'il vivait. Fermant les yeux, se délectant de la saveur épicée de la victoire arrachée au nez de la mort, il s'accordait quelques minutes de repos bien mérité. Il lui faudrait repartir sous peu affronter les mille dangers qui ne manqueraient pas d'interrompre sa quête de vengeance mais, pour l'heure, les Chandrians étaient bien loin de son esprit. Alors qu'il se sentait doucement s'enfoncer dans une agréable somnolence, il laissa ses pensées être bercées par le vent du nord.
La rêverie épique aux allures dramatiques du jeune Edmund fut interrompue par la voix de Deryn. Simulant un effort bien plus élevé qu'il ne l'était réellement, il ouvrit péniblement un œil fatigué en poussant un faible grognement, et darda son regard sur la Poufsouffle. Elle était penchée sur lui, pleine d'une sollicitude maladroitement cachée derrière une pointe d'humour. La proximité de son visage — ses yeux devaient être à trente centimètres des siens, voire peut-être même vingt-cinq ! — tira au jeune garçon un rougissement soudain. La scène de la Saint Valentin et la question qui lui trottait dans la tête depuis lui revinrent à l'esprit et avec un grognement, non simulé cette fois-ci, il se releva et recula avec hâte.
- Oui, haha, rit-il de façon forcée. Même si, euh... pour être... un vrai cascadeur, il me faudrait une cascade ! Enfin, une avec de l'eau, pas, euh, 'fin pas une cascade au sens de cascade, parce que sinon ben, la blague tombe à l'eau. Ce qui est le cas de le dire d'ailleurs ! Ha. Haha.
Son visage devenait de plus en plus rouge au fur et à mesure qu'il discourait et s'enfonçait inexorablement dans les abysses insondables de sa gêne, continuant de parler alors qu'il avait conscience de ne faire qu'empirer sa situation. Il finit cependant par réussir à s'imposer le silence en mordant violemment dans sa lèvre et il détourna le regard à la recherche d'une distraction. Pour la première fois depuis le début de leur séance de travail, ce fut avec soulagement qu'il accueillit le rétablissement de l'Épouvantard.
- Oh, regarde ! s'exclama-t-il avec bien trop d'intérêt en pointant le doigt, l'Épouvantard se reforme. Tes cinq minutes sont passées donc je te laisse t'en occuper, hein ?
La rêverie épique aux allures dramatiques du jeune Edmund fut interrompue par la voix de Deryn. Simulant un effort bien plus élevé qu'il ne l'était réellement, il ouvrit péniblement un œil fatigué en poussant un faible grognement, et darda son regard sur la Poufsouffle. Elle était penchée sur lui, pleine d'une sollicitude maladroitement cachée derrière une pointe d'humour. La proximité de son visage — ses yeux devaient être à trente centimètres des siens, voire peut-être même vingt-cinq ! — tira au jeune garçon un rougissement soudain. La scène de la Saint Valentin et la question qui lui trottait dans la tête depuis lui revinrent à l'esprit et avec un grognement, non simulé cette fois-ci, il se releva et recula avec hâte.
- Oui, haha, rit-il de façon forcée. Même si, euh... pour être... un vrai cascadeur, il me faudrait une cascade ! Enfin, une avec de l'eau, pas, euh, 'fin pas une cascade au sens de cascade, parce que sinon ben, la blague tombe à l'eau. Ce qui est le cas de le dire d'ailleurs ! Ha. Haha.
Son visage devenait de plus en plus rouge au fur et à mesure qu'il discourait et s'enfonçait inexorablement dans les abysses insondables de sa gêne, continuant de parler alors qu'il avait conscience de ne faire qu'empirer sa situation. Il finit cependant par réussir à s'imposer le silence en mordant violemment dans sa lèvre et il détourna le regard à la recherche d'une distraction. Pour la première fois depuis le début de leur séance de travail, ce fut avec soulagement qu'il accueillit le rétablissement de l'Épouvantard.
- Oh, regarde ! s'exclama-t-il avec bien trop d'intérêt en pointant le doigt, l'Épouvantard se reforme. Tes cinq minutes sont passées donc je te laisse t'en occuper, hein ?
couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !
Epouvantard personnel
Un flot de paroles jaillit soudain, rassurant quelque peu la Poufsouffle sur l'état de santé physique d'Edmund. Pour le mental en revanche, rien n'était assuré, une histoire de torrent et d'eau fit lever le sourcil gauche de Deryn. Elle mit quelques secondes à comprendre que son camarade, désormais rouge pivoine était en train de faire un jeu de mot sur la cascade. Elle finit par rire tout bas en comprenant où il voulait en venir alors qu'il se détournait.
"On prendra peut-être un ruisseau pour tes premiers entraînements en condition. Tu seras ruisseleur plutôt que cascadeur. C'est moins risqué."
L'exclamation d'Edmund l'a fit relever la tête. Effectivement, la créature était en train de s'approcher dangereusement.
"Mouais, j'ai compris le message, je prends le relais."
L'irlandaise se redressa et dépassa le garçon pour se placer entre lui et la bestiole qui avançait dangereusement. Aussitôt, la forme sombre s'arrêta comme si elle étudiait l'adversaire qui lui faisait désormais face. Peu à peu, une silhouette commença à apparaître, les sabots, le corps, ... ça allait finir par devenir lassant. D'ailleurs il faudrait qu'elle demande à Monsieur Dole avant de partir si l'épouvantard changeait de forme avec le temps. Deryn ne put réprimer un frisson devant la créature qui lui faisait de nouveau face pourtant, elle pointait déjà sa baguette, totalement confiante. Une visualisation comique... après le ballon licorne et le chanteur de rock, elle manquait tout de même d'inspiration.
"Riddikulus"
Des patins à roulettes apparurent sous les sabots du kelpy, une casquette surmontée d'une petite hélice de moulin à vent entre ses deux oreilles et une cigarette au coin de sa bouche. Deryn n'était pas vraiment certaine de savoir d'où sortait cette idée étrange mais toujours est-il que la créature s'écroula lamentablement sur le sol arrachant un sourire à la jeune fille.
"Tu veux faire une tentative en statique ou on remballe l'épouvantard dans son placard ?"
Elle se retourna vers Edmund pour juger de son état. Il lui avait semblé vraiment épuisé après sa course poursuite mais peut-être qu'il voulait malgré tout continuer.
"On prendra peut-être un ruisseau pour tes premiers entraînements en condition. Tu seras ruisseleur plutôt que cascadeur. C'est moins risqué."
L'exclamation d'Edmund l'a fit relever la tête. Effectivement, la créature était en train de s'approcher dangereusement.
"Mouais, j'ai compris le message, je prends le relais."
L'irlandaise se redressa et dépassa le garçon pour se placer entre lui et la bestiole qui avançait dangereusement. Aussitôt, la forme sombre s'arrêta comme si elle étudiait l'adversaire qui lui faisait désormais face. Peu à peu, une silhouette commença à apparaître, les sabots, le corps, ... ça allait finir par devenir lassant. D'ailleurs il faudrait qu'elle demande à Monsieur Dole avant de partir si l'épouvantard changeait de forme avec le temps. Deryn ne put réprimer un frisson devant la créature qui lui faisait de nouveau face pourtant, elle pointait déjà sa baguette, totalement confiante. Une visualisation comique... après le ballon licorne et le chanteur de rock, elle manquait tout de même d'inspiration.
"Riddikulus"
Des patins à roulettes apparurent sous les sabots du kelpy, une casquette surmontée d'une petite hélice de moulin à vent entre ses deux oreilles et une cigarette au coin de sa bouche. Deryn n'était pas vraiment certaine de savoir d'où sortait cette idée étrange mais toujours est-il que la créature s'écroula lamentablement sur le sol arrachant un sourire à la jeune fille.
"Tu veux faire une tentative en statique ou on remballe l'épouvantard dans son placard ?"
Elle se retourna vers Edmund pour juger de son état. Il lui avait semblé vraiment épuisé après sa course poursuite mais peut-être qu'il voulait malgré tout continuer.
Poufsouffle vult !
Promo 44 / Première année ISMI - équitation magique / Dialogue #274E13
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Epouvantard personnel
De façon prévisible, Deryn laissa Edmund se remettre de la gêne féroce qui l'avait envahie et alla se débarrasser de l'Epouvantard avec la même aisance que les fois précédentes. Enfin, c'était ce qu'Edmund supposa depuis sa position haletante en entendant le fatras de quelque chose de gros s'écrasant sur le sol.
- C'est pas que l'idée m'enchante pas, bafouilla-t-il péniblement entre deux souffles de forge. Mais pour être franc, hfff, je pense pas être capable... d'articuler la formule... hfff.
Cela n'avait bien entendu rien à voir avec l'horreur que lui inspirait l'Épouvantard, bien sûr. Maintenant qu'il était parvenu in extremis et par une méthode tout sauf conventionnelle à ridiculiser le monstre une toute petite minable fois, il aurait été parfaitement ridicule de sa part d'exagérer son essoufflement pour se donner une excuse. Edmund ne ferait jamais cela. C'était simplement qu'il commençait à se faire tard et que s'ils devaient attendre qu'il se remette de sa course-poursuite avant de tout ranger, ils seraient en retard. En retard sur quoi ? Eh bien... en retard, voilà tout !
Autant pour aider Deryn à remballer le non-être — comme l'appelait presque affectueusement Mr. Dole — dans son placard que pour ne pas se donner le temps de réaliser l'ineptie de ses pensées, Edmund se releva — tenta de se relever — avec grâce et prestance — deux amies qui pour l'heure l'avaient abandonné à son triste sort. Toujours fut-il qu'il se retrouva, à la fin de l'opération pitoyable, en station debout dans un état stable. Peut-être n'avait-il pas simulé tant que cela son état après tout...
- Et donc... lança-t-il, incertain, en observant le kelpie qui se débattait avec ses patins. On opère comment pour le remballer ? On le fait rouler jusqu'à l'armoire et on lui claque la porte au nez ? D'humeur particulièrement malicieuse ce jour-là, il ajouta avec humour, ou plutôt au naseau ?
Il s'était avancé pratiquement jusqu'au niveau de Deryn, juste assez en retrait pour ne pas être la cible de l'Épouvantard s'il devait retrouver la force de se retransformer avant qu'ils n'aient décidé d'une manière de le ranger.
- C'est pas que l'idée m'enchante pas, bafouilla-t-il péniblement entre deux souffles de forge. Mais pour être franc, hfff, je pense pas être capable... d'articuler la formule... hfff.
Cela n'avait bien entendu rien à voir avec l'horreur que lui inspirait l'Épouvantard, bien sûr. Maintenant qu'il était parvenu in extremis et par une méthode tout sauf conventionnelle à ridiculiser le monstre une toute petite minable fois, il aurait été parfaitement ridicule de sa part d'exagérer son essoufflement pour se donner une excuse. Edmund ne ferait jamais cela. C'était simplement qu'il commençait à se faire tard et que s'ils devaient attendre qu'il se remette de sa course-poursuite avant de tout ranger, ils seraient en retard. En retard sur quoi ? Eh bien... en retard, voilà tout !
Autant pour aider Deryn à remballer le non-être — comme l'appelait presque affectueusement Mr. Dole — dans son placard que pour ne pas se donner le temps de réaliser l'ineptie de ses pensées, Edmund se releva — tenta de se relever — avec grâce et prestance — deux amies qui pour l'heure l'avaient abandonné à son triste sort. Toujours fut-il qu'il se retrouva, à la fin de l'opération pitoyable, en station debout dans un état stable. Peut-être n'avait-il pas simulé tant que cela son état après tout...
- Et donc... lança-t-il, incertain, en observant le kelpie qui se débattait avec ses patins. On opère comment pour le remballer ? On le fait rouler jusqu'à l'armoire et on lui claque la porte au nez ? D'humeur particulièrement malicieuse ce jour-là, il ajouta avec humour, ou plutôt au naseau ?
Il s'était avancé pratiquement jusqu'au niveau de Deryn, juste assez en retrait pour ne pas être la cible de l'Épouvantard s'il devait retrouver la force de se retransformer avant qu'ils n'aient décidé d'une manière de le ranger.
Je suis complètement désolé pour ce retard ignominieux ><
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Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !
Epouvantard personnel
Si le Poufsouffle semblait à bout de souffle, Deryn de son côté sentait la fatigue s'installer. Un peu trop d'émotions contradictoires et de concentration durant cette heure passée dans la salle de classe.
Suivant le regard d'Edmund, l'irlandaise reporta son attention sur la bestiole qui bataillait rageusement affalée sur le sol. Elle s'imagina la scène et surtout le cheval devant le placard. Une vieille blague de son père lui revint en tête : comment sait-on qu'un éléphant est passé dans le frigo ? Et Deryn du haut de ses cinq ans répondait inexorablement "un éléphant dans le frigo, il ne rentre que sa trompe", faisant valser la pitoyable explication de son père qui assurait la présence d'empreintes de pattes dans le beurre. Alors que la situation semblait des plus problématiques, Deryn sentit soudain une irrésistible envie de rire monter et un instant plus tard, elle éclata.
Un rire frais et léger qui représentait parfaitement son état de fatigue, sa bonne humeur face à ses progrès évidents et cette situation grotesque. Alors que l'adolescente tentait de se calmer, elle vit avec surprise la créature se recroqueviller sur elle même devenant de plus en plus petite. Comme si ce rire franc la rendait trop ridicule. Le ridicule ne tue pas mais semblait faire du dégat sur cet épouvantard. Cette métamorphose soudaine aida Deryn à retrouver son sang froid. Elle souffla un bon coup avant de répondre.
- Vu qu'il fait maintenant une taille raisonnable, on pourrait tenter... un sortilège de lévitation ? Ça ne doit pas être lourd un non-être. Je te laisse essayer ça ou autre chose, je vais prévenir monsieur Dole qu'on arrête.
Sans attendre de réponse, elle s'écarta puis, après avoir redressé une chaise sur son passage, frappa à la porte du bureau pour prévenir son professeur que la séance prenait fin.
Je vous laisse voir qui répond en premier. J'aurais dit Edmund pour que Monsieur Dole puisse admirer/commenter le résultat final ?
Suivant le regard d'Edmund, l'irlandaise reporta son attention sur la bestiole qui bataillait rageusement affalée sur le sol. Elle s'imagina la scène et surtout le cheval devant le placard. Une vieille blague de son père lui revint en tête : comment sait-on qu'un éléphant est passé dans le frigo ? Et Deryn du haut de ses cinq ans répondait inexorablement "un éléphant dans le frigo, il ne rentre que sa trompe", faisant valser la pitoyable explication de son père qui assurait la présence d'empreintes de pattes dans le beurre. Alors que la situation semblait des plus problématiques, Deryn sentit soudain une irrésistible envie de rire monter et un instant plus tard, elle éclata.
Un rire frais et léger qui représentait parfaitement son état de fatigue, sa bonne humeur face à ses progrès évidents et cette situation grotesque. Alors que l'adolescente tentait de se calmer, elle vit avec surprise la créature se recroqueviller sur elle même devenant de plus en plus petite. Comme si ce rire franc la rendait trop ridicule. Le ridicule ne tue pas mais semblait faire du dégat sur cet épouvantard. Cette métamorphose soudaine aida Deryn à retrouver son sang froid. Elle souffla un bon coup avant de répondre.
- Vu qu'il fait maintenant une taille raisonnable, on pourrait tenter... un sortilège de lévitation ? Ça ne doit pas être lourd un non-être. Je te laisse essayer ça ou autre chose, je vais prévenir monsieur Dole qu'on arrête.
Sans attendre de réponse, elle s'écarta puis, après avoir redressé une chaise sur son passage, frappa à la porte du bureau pour prévenir son professeur que la séance prenait fin.
Je vous laisse voir qui répond en premier. J'aurais dit Edmund pour que Monsieur Dole puisse admirer/commenter le résultat final ?
Poufsouffle vult !
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Epouvantard personnel
Deryn lui répondit pleine de certitudes avant de s'en aller en direction du bureau de Mr. Dole, laissant Edmund complètement seul face à l'Épouvantard qui commençait à reprendre ses esprits.
Mais... mais elle partait réellement ? Sans s'assurer qu'il s'en sortait bien ?
D'un certain côté, il se sentait fier qu'elle lui fasse suffisamment confiance pour s'occuper du monstre, mais d'un autre côté il ne se sentait pas très serein de se retrouver seul face à lui. D'autant plus que la solution miracle imaginée par l'Irlandaise en cinq secondes montre en main était parfaitement irréalisable : Miss Perkins avait précisé durant leur cours sur le sortilège de lévitation qu'il ne fonctionne que sur les objets solides — pas sur les être vivants ou les choses liquides ou gazeuses. Il était donc tout à fait impossible de soulever un kelpy de cette manière — même s'il s'agissait d'un Épouvantard en costume de kelpy !
D'autant plus que c'était gros, un kelpy !
À moins... qu'il ne tente de ruser ? Les choses se passaient rarement comme il le souhaitait lorsqu'il rusait...
Il hésita quelques secondes puis, voyant que l'Épouvantard reprenait du crin de la bête, il se décida à tenter le coup. Dans le pire des cas, Mr. Dole avait prouvé plus tôt sa capacité à intervenir rapidement lors d'un problème.
En se concentrant, Edmund parvint — au deuxième essai — à lancer un Ridikkulus de sorte à changer de nouveau la forme de l'Épouvantard en une petite statue équine en bois d'une soixantaine de centimètres de haut. Puis, langue tirée, nez et sourcils froncés dans sa tâche, il voulut lancer le sortilège de lévitation et ranger le non-être maintenant métamorphosé en objet dans son placard.
Edmund était plutôt fier de sa maîtrise du sortilège de lévitation. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu'il s'entraînait au moins deux fois par semaine à l'utiliser dans le parc, s'efforçant à en contrôler tous les aspect avec la plus grande précision quelles que soient les conditions — pluie, vent, neige et même grêle. Il en était à trente-huit incantations successives sans erreur — il les comptait — et parvenait à maintenir une bille métallique parfaitement immobile malgré les intempéries durant cinq minutes. Récemment, il s'était même mis à tenter de faire léviter sa bille à une position fixe sans la faire bouger tout en courant en cercles autour d'elle, et si ses résultats étaient perfectibles ils n'en demeuraient pas moins tout à fait honnêtes.
Il était donc absolument évident que ce jour-là rien ne se passerait comme prévu.
Sans crier gare — et sans prêter aucune attention au garçon horrifié ou à la petite statuette de bois qui commençait à gigoter sur le sol — deux chaises adjacentes bondirent dans les airs et se mirent doucement mais sûrement à valser ensemble, suivant une musique invisible au rythme lent qui tirait peu à peu vers l'effréné.
Mais... mais elle partait réellement ? Sans s'assurer qu'il s'en sortait bien ?
D'un certain côté, il se sentait fier qu'elle lui fasse suffisamment confiance pour s'occuper du monstre, mais d'un autre côté il ne se sentait pas très serein de se retrouver seul face à lui. D'autant plus que la solution miracle imaginée par l'Irlandaise en cinq secondes montre en main était parfaitement irréalisable : Miss Perkins avait précisé durant leur cours sur le sortilège de lévitation qu'il ne fonctionne que sur les objets solides — pas sur les être vivants ou les choses liquides ou gazeuses. Il était donc tout à fait impossible de soulever un kelpy de cette manière — même s'il s'agissait d'un Épouvantard en costume de kelpy !
D'autant plus que c'était gros, un kelpy !
À moins... qu'il ne tente de ruser ? Les choses se passaient rarement comme il le souhaitait lorsqu'il rusait...
Il hésita quelques secondes puis, voyant que l'Épouvantard reprenait du crin de la bête, il se décida à tenter le coup. Dans le pire des cas, Mr. Dole avait prouvé plus tôt sa capacité à intervenir rapidement lors d'un problème.
En se concentrant, Edmund parvint — au deuxième essai — à lancer un Ridikkulus de sorte à changer de nouveau la forme de l'Épouvantard en une petite statue équine en bois d'une soixantaine de centimètres de haut. Puis, langue tirée, nez et sourcils froncés dans sa tâche, il voulut lancer le sortilège de lévitation et ranger le non-être maintenant métamorphosé en objet dans son placard.
Edmund était plutôt fier de sa maîtrise du sortilège de lévitation. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu'il s'entraînait au moins deux fois par semaine à l'utiliser dans le parc, s'efforçant à en contrôler tous les aspect avec la plus grande précision quelles que soient les conditions — pluie, vent, neige et même grêle. Il en était à trente-huit incantations successives sans erreur — il les comptait — et parvenait à maintenir une bille métallique parfaitement immobile malgré les intempéries durant cinq minutes. Récemment, il s'était même mis à tenter de faire léviter sa bille à une position fixe sans la faire bouger tout en courant en cercles autour d'elle, et si ses résultats étaient perfectibles ils n'en demeuraient pas moins tout à fait honnêtes.
Il était donc absolument évident que ce jour-là rien ne se passerait comme prévu.
Sans crier gare — et sans prêter aucune attention au garçon horrifié ou à la petite statuette de bois qui commençait à gigoter sur le sol — deux chaises adjacentes bondirent dans les airs et se mirent doucement mais sûrement à valser ensemble, suivant une musique invisible au rythme lent qui tirait peu à peu vers l'effréné.
couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
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Poufsouffle Vult !