7 mai 2021, 11:11
S☼leil
Ce RP n’est rien d’autre qu’un moment de Lou, il n’a rien à voir avec le contexte tout comme il n’a rien à voir avec le rôle de Maître du Jeu. Lou est journaliste et comme sûrement plein d’autres journalistes, il a une vie à vivre...
Ce RP mélange plusieurs temporalité et vous vous retrouverez à un moment dans l’esprit perdu de Lou. Rien n’est laissé au hasard, c’est son esprit à lui et il n’y a pas forcément besoin d’y avoir une cohérence.
Précédemment


Soleil




Lou avait décidé, de façon consciente ou non, de tout simplement faire fi des jours et de leur décompte devenu inutile. Il savait approximativement depuis combien de temps elle lui avait dit qu’ils pouvaient essayer. En réalité, il savait avec exactitude combien de temps cela faisait, ils approchaient des trois semaines et demi ensembles. Il ne voulait juste pas se baser sur ces chiffres inutiles, préoccupé qu’il était avec les 22h22 et autres heures miroirs il s’était dit qu’il pouvait laisser de côté ce temps qui n’avait rien de semblable avec les émotions. Lou n’avait aucun calme particulier, certains temps il se disait qu’il était fatigué et qu’il devait dormir peut-être plus et faire des siestes plus conséquentes -même s’il n’aimait pas les siestes-. Sauf que passer du temps avec elle était au-delà de l’agréable. C’était un baume au cœur constant. Évidemment il avait eu peur que la chose s’estompe peu à peu, que la fougue du début parte rapidement. Et ça ne s’était pas estompé, ce que Lou n’aurait pas pensé possible avait été le fait que ça se soit transformé. Et en effet, la passion folle était devenue douce. D’un côté il adorait la folie, ça lui faisait faire de grandes choses, et de l’autre la tendresse lui apprenait à savourer chaque infime instant. Évidemment la folie le reprenait à bien des reprises et ça aussi il adorait. En fait, il vivait en harmonie avec lui-même malgré le sommeil qui pouvait manquer -ce qui était en soi pas loin d’un miracle car la fatigue était souvent capable de le terrasser ou de le mettre dans des états inappréciables-. Et surtout, il avait l’impression de vivre en harmonie avec elle. Ce qui en soi était presque plus important que lui-même bien qu’elle puisse penser ou dire le contraire. Il fallait aussi l’avouer, il la contredisait gentillement juste pour voir dans ses yeux cette petite étincelle. Et Lou adorait cette étincelle.

Un matin, toujours trop tardivement, Lou s’était mis à écrire un autre texte. Un texte pour elle et à la première personne. Chose qu’il avait perdu l’habitude de faire tout simplement parce qu’être journaliste, c’est relater les faits et gestes des autres, pas de soi. Il s’était donc posé et avait voulu travailler sur les cinq sens. Puis il s’était rendu compte quelques jours après que ce texte n’était pas parfait, de toute façon il ne pouvait logiquement pas l’être. Il avait effectué quelques retouches, des phrases en moins, des émotions en plus. En soi il n’était pas mécontent, c’était un beau texte ; du moins il l’espérait.

Soleil. Qu’est-ce que le soleil ? Le soleil, un mot, une idée, une action, un fait inévitable. Le soleil, la chaleur, le brasier ardent. Le soleil, la fusion moléculaire, la collision des âmes, la friction des atomes.

En soi, on ne connaît pas le soleil tant qu’on ne l’a pas approché de très près. Je ne t’ai pas encore rencontré d’aussi près que dans tes yeux. Je crois d’ailleurs que j’ai jamais vu d’yeux aussi près, aussi beaux parce que j’y ai pu voir les aspérités, les couleurs éclatantes, un bout de toi que peu de monde aurait pu avoir le luxe d’admirer. Le soleil c’est aussi la couleur tendre de ta bouche. Le soleil c’est t'apercevoir de loin, c’est suivre du regard tes mains. C’est contempler ces courbes qui sont tiennes. Le soleil c’est aussi tes pupilles sombres où je me perds sans cesse. Le soleil c’est s’écouter. Je ne suis pas toujours la meilleure oreille du monde, parfois distraite, parfois à côté de la plaque, parfois endormie. Et pour autant, cette oreille est et sera toujours bercée par ta voix. Parce que t’écouter c’est penser aussi. Le soleil c’est ce son agréable, ces pensées que tu me partages. Alors tous ces petits instants se transforment en moments. Des moments de cohésion d’esprit. Des moments où j’en apprends sur toi, et sur moi aussi. On dirait pas comme ça et pourtant tu me fais du bien quand tu me parles, ces monologues que tu trouves inutiles. Tout ce que tu as à offrir est à prendre, alors je prends ta voix, je garde en moi un peu de ces souvenirs, ces émotions, ces choses que tu me laisses. Le soleil c’est… le soleil c’est les conversations sans aucun rassens, ces moments qui me plongent dans cette pensivité étrangement devenue agréable. Ce visage que je vais finir par connaître par cœur, ce grain de peau sur tes joues et ton front. Ces sourcils drus, cette bouche sèche, ce nez un peu cassé comme le mien. Le soleil c’est fermer les yeux et t’embrasser à n’en plus finir, à perdre le peu de souffle que tu m’auras laissé. C’est sentir ce cœur qui bat si vite contre mon corps. Et au final, le soleil c’est mourir pour de bon.


Dans ce texte, la pensivité n’est pas celle du dictionnaire, cette pensivité là est un mot inventé par Lou tout comme le rassens a été inventé par Elle ; le premier définit notre état d’esprit quand on se perd dans nos pensées et que notre regard disparaît, tandis que le rassens désigne quelque chose qui n’a aucun rapport avec ce qui a été dit et ce sans aucun sens. Elle avait d’ailleurs commencé un dictionnaire sur les mots que Lou avait trouvé particulièrement intéressant car au-delà du fait de découvrir de nouveaux mots, ça lui apprenait à mieux connaître sa façon de penser. La création des mots signifiaient ou non beaucoup de choses, même dans la formulation des phrases l’on pouvait trouver des indices sur le type de personne que l’on côtoyait. Quand on regardait de près, le texte qu’avait écrit Lou était plutôt court mais en réalité il l’avait sûrement raccourci de la moitié si ça n’était pas plus, des choses ne lui avaient pas du tout convenu, et en faisant l’erreur de se relire correctement il avait décidé de tronquer aux yeux du monde entier certains passages complètement inutiles ou bien simplement personnels.

Puis, de façon naïve, il avait voulu revenir sur les semaines qu’il avait vécu avec elle. Il y avait eu le doute et la peur. Puis le soulagement, et enfin cette passion folle qui l’avait consumé. Ils avaient décidé tous deux de « vivre » une semaine chez Lou. Une semaine pendant laquelle il n’avait pas fait grand chose, travailler, manger de bonnes choses -Lou n’avait jamais aussi bien mangé depuis qu’il vivait seul-, et surtout, ils avaient passé du temps à s’aimer. Peut-être légèrement trop ce qui expliquait le fait qu’à la fin de la semaine les deux furent d’accord pour dormir chacun de leur côté, et de toute façon, Lou avait du travail à faire -une histoire de pari entre amis-. Et en effet il gagna ce pari. Quoiqu’il en soit, la semaine avait commencé de façon passionnée.

Il l’avait rejointe chez elle le dimanche soir après avoir travaillé quelque peu et ils avaient mangé -des trucs pas assez diététiques diraient-ils en rigolant-. Le lendemain, lundi donc, avait une journée plutôt simple dans son ensemble. Enfin, si tantôt une journée avec elle pouvait être simple. Lou était amoureux et ce sentiment ne rendait absolument rien de simple, il fallait bien faire les choses. Ils avaient dû s'embrasser pas mal de fois et avaient finalement décidé de passer la semaine chez lui. Sans rentrer dans les détails magnifiques qui regardait Lou et Elle, la semaine avait été composée de quelque petites choses : du travail, du repos, et de bons repas. Lou s’était d’ailleurs surpris à cuisiner rapidement de bonnes choses -seuls l’heure et demi à faire les burgers maison n’avait rien eu de rapide-. Une histoire de fraise et de chantilly le jeudi soir, et au final la création d’un texte sur la confiture de fraise écrit à quatre mains par Elle et lui. Texte qui avait par ailleurs été jugé « sensuel » par deux amis de Lou et cela l’avait étonné, il n’avait pas voulu parler de volupté mais plutôt d’Elle tout simplement.

Et, le vendredi après-midi -en approchant les 18h- Elle et lui s’étaient jeté le même regard : un peu de fatigue et aussi une sorte de saturation de l’un et de l’autre, ils avaient été « trop ». Il fallait couper très légèrement les ponts pour que les deux puissent se retrouver de la meilleure des manières. Alors en effet, Elle était partie tôt le samedi matin et Lou avait justement profité de cette journée pour réussir son pari. Ses dossiers étaient bouclés et malgré sa rapidité il n’était pas si mécontent des différents résultats. Un mélange plutôt artistique qu’il avait, de façon générale, fait avec beaucoup de plaisir. La seule chose qu’il avait légèrement regretté ce samedi-là était le fait qu’il n’avait finalement pas pris assez de temps pour lui et lui seul. Et, comme la semaine dernière, il était passé trois fois chez elles pour une vingtaine de minutes, ses dossiers étaient finis mais ça n’était malheureusement pas la seule chose qu’il avait à faire.

La nouvelle semaine commença en douceur lorsque les deux se rendirent compte que le samedi leur avait fait énormément de bien. Comme si le loin avait pu les rapprocher. Cette semaine, à l’inverse de la précédente, allait se dérouler chez Elle. Lou avait pris des affaires pour quelques jours tout en prévoyant de tout de même faire un ou deux aller-retours chez lui au besoin. Et pendant ces quelques jours ils firent plus de choses que la semaine antérieure. Ils étaient sortis pique-niquer presque sous la pluie, avaient pris des glaces et avaient surtout profité du temps qu’ils avaient pour vivre les choses en douceur.

En réalité Lou vient de s’apercevoir qu’il n’aime pas dire « la semaine d’après », ça donne l’impression que les semaines se suivent, que les jours aussi, et que finalement, rien ne s’inscrit réellement dans le passé autrement qu’au mot : « jour ». Alors que le jour a une unicité forte. Il est le symbole d’une continuité, d’un crescendo habile. Donc en effet, Lou n’aime pas dire « la semaine d’après », pourtant l’histoire l’oblige à dire la semaine d’après malgré le fait qu’il déteste ça. Parce que l’histoire, pour qu’elle puisse être comprise, a besoin de cette temporalité. Et parce qu’en soi, le temps est inévitable et il y a un besoin de le quantifier pour pouvoir s’y retrouver.

Ainsi, un nouveau lundi avait vu le jour sur le jeune couple qu’Elle et lui formait. Ils étaient tous les deux partis une semaine en vacances -dès le dimanche soir, mais comme il était tard, Lou n’avait pas compté les quelques heures du dimanche en tant que “vacances”-. Et donc ils étaient partis un jour et demi chez ses parents à lui et trois jours et demi chez ses parents à elle. Il fallait avouer que les deux nuits en tente n’avaient pas été de tout repos : il avait fait froid et aucun des deux n’avait pensé à prendre de coussins donc ces nuits-là n’avaient pas été tellement reposantes. Lou avait été content de revoir un peu sa famille et espérait que ses parents avaient apprécié sa compagnie et celle de son “âme-sœur” -Lou pouvait-il dire âme-sœur ? Il trouvait ce mot… étrange-. Quand il fallut rencontrer ses parents à Elle le mardi après-midi, Lou s’était senti plutôt à l’aise, ce qui l’avait par ailleurs plutôt étonné. Lui qui était habituellement réservé avait tenté d’être souriant et avenant le plus possible. Il avait découvert une famille avec un fonctionnement bien différent de la sienne et sa curiosité avait été satisfaite de rencontrer les gens proches d’Elle, ceux qui avaient en partie construit sa vie, parce qu’en effet, la famille ça nous construit au-delà des amis, des connaissances, du patron, des collègues. Et c’est pour ça que des fois la famille ça détruit -Lou avait déjà vu dans sa vie des personnes à qui la famille n’avait pas aidé et ça lui avait fait mal au cœur-. Lui, sa famille était simple. Enfin, simple ne pouvait pas être le mot approprié pour définir les personnes qui avaient vécu avec lui une grande partie de sa vie. Il y avait ses deux parents qui avaient été d’un soutien constant pendant toute son enfance et c’était là un des piliers de sa vie. Et Lou avait la certitude que sa vie venait de trouver un nouveau pilier.

Une fois justement la semaine de vacances finie. Ce fut un nouveau cycle de sept jours qui débuta avec un mélange d’émotions douces. Cela faisait bientôt quatorze jours qu'ils vivaient ensembles de façon permanente et Lou était incroyablement heureux. Elle et lui avaient trouvé un endroit sympa pour se poser et le journaliste adorait l'atmosphère et tout ce qui se dégageait de ce lieu -hormis peut-être le bruit ambiant de la ville parfois devenu trop bruyant-. En réalité, Lou essayait de la soutenir le plus possible : elle avait du travail et, de la même façon que lui, elle bossait d’arrache-pied. Alors il essayait d’être le plus présent pour elle.



Soleil. Qu’est-ce que le soleil ? Le soleil, un mot, une idée, une action, un fait inévitable. Le soleil, la chaleur, le brasier ardent. Le soleil, la fusion moléculaire, la collision des âmes, la friction des atomes. Le Soleil est une rencontre, la nôtre. Le Soleil est là depuis le début, le plus grand astre, celui qui éclaire tous les mondes encore inexplorés. Le Soleil qui nous brûle au plus profond de nos êtres.

Soleil.


La phrase à droite est vraie.
La phrase à gauche est fausse.