Efflorescence PV A.B RP+

Alison, 2ème année
17 Novembre 2045, Grande Salle, Table de Poufsouffle.
Chamboulée.

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Privé avec @Anna Brown

La date était inscrite en lettre de feu devant ses yeux depuis le matin.
D’ordinaire, rien ne se passait durant cette journée.
Rien, pas même un mot qui changeait de place dans une de ces phrases toutes faites qu’on lui adressait, comme sorties directement d’un congélateur.
Aussi froides. Aussi insipides. Aussi décevantes. *Joyeux anniversaire. T'es contente? T'as reçu beaucoup de cadeaux? Ton gâteau était bon? Et les bougies? Et t'as eu beau temps? Mais MERDE, ON S'EN FOUT D'LA MÉTÉO!*

Elle n’avait presque pas fermé l’œil de la nuit.
Résultat ? Deux traits violacés sous les yeux, qu’elle se garderait bien de recouvrir d’une couche de maquillage. Ce truc collait, était horrible à enlever et le tout pour un résultat déplorable. Elle ne s'était pas risquée à essayer une fois.
Elle ressemblait déjà assez à un raton laveur moldu sans avoir besoin d'en rajouter une couche.

Rejetant sa couette sur ses pieds, elle fila dans une salle de bain se préparer en silence, emportant son uniforme qui reposait sur une chaise.

────────Ellipse────────



Les couloirs étaient presque vides ce matin.
Peu d’ombres pour jouer à se cacher du soleil.
Peu de soleil pour jouer à se dissimuler des ombres.

Une matinée morne.
Semblables aux autres matinées grisâtres d’hiver.
Ses pas auraient presque pu résonner dans les couloirs s’ils n’avaient pas été bondés, comme à leur habitude. Le seul moment où ils étaient vides, c’était après le couvre-feu.
Et encore.

Les sons de la grande salle lui vrillèrent les oreilles lorsqu’elle pénétra en son sein.
Jetant à peine un regard aux autres tables, qu’elle savait garnies d’élèves agglutinés les uns aux autres sur les sièges, elle se dirigea en bout de table, et s’installa sur un banc délaissé.
Il ne le serait probablement pas jusqu’à la fin du repas, mais c’était toujours un début.

Puis les chouettes commencèrent à arriver.
Elle se tendit instinctivement, même si les bestioles n’avaient aucune raison de lui tomber dessus.
Elle se remémora l’épisode de la volière de cette année, et un long frisson vint faire s’entrechoquer ses os. Eryne et les hiboux.
Les rapaces prenaient un malin plaisir à tournoyer au-dessus de sa tête, frôlant les tables de leurs grandes ailes plumeuses, hurlant à qui mieux mieux, et fichant leurs yeux de braise dans les siens à chaque virage.
Elle plaqua les mains sur ses oreilles, foudroyant le mur qui lui faisait face du regard.
Bien sûr, les pierres n’avaient rien fait.
Mais ça défoulait, et ça lui permettait de penser à autre chose.

Dégageant une de ses mains, elle accola son oreille à son épaule, décidée à ne pas se faire émietter les tympans par des *piafs stupides*.
C’est alors qu’un hibou un peu plus échevelé et endormi que les autres s’écrasa dans le plat juste devant elle, envoyant des scones partout et lui arrachant un cri de protestation.

La colère prit le pas sur la peur, et la seconde d’après, une baguette tremblante de rage mal contrôlée était pointée sur le hibou.
Celui-ci se contenta de claquer du bec, de remettre ses plumes en place, ses deux yeux regardant dans deux directions différentes comme un caméléon mal métamorphosé.

« T’as intérêt à déguerpir dans trois... deux... un... »

Puis elle remarqua le paquet attaché à la patte du hibou.
Mieux.
Elle remarqua un paquet étiqueté à son nom attaché à la patte du hibou.

Son cœur se mit à accélérer.
Un cadeau était impossible. Elle n’en recevait jamais par hibou ! Elle ne recevait rien par hibou, d’ailleurs, du moins pas officiellement dans la grande salle.
Alors... Qui lui avait envoyé le paquet ? Et pourquoi ?

Un vrai beau sourire lui entailla le visage, fendant cette grande face blanche d’un rayon arqué de soleil.
Anaë !
Elle ne l’avait pas oubliée !
C’est à peine si ses doigts sentirent la corde qu'elle décrochait à grand-peine de la patte rèche, à peine s’ils rattrapèrent de justesse une lettre qui manquait tomber par terre et à peine si elle sentit les coins *Merlin, ça fait mal...* du cadeau lui rentrer dans les cuisses.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

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17 NOVEMBRE 2045
DANS LA GRANDE SALLE


Poser un pied devant l'autre, petit à petit, sans retourner en arrière. Se pousser à affronter le bruit assourdissant de cette grande salle pour pouvoir manger ne serait-ce qu'un morceau de pain avant de repartir.
C'était devenu une banalité, un quotidien. Ce bruit, ou bien était-ce la foule, elle ne les supportait toujours pas. Malheureusement. De toutes manières, les deux allaient ensemble, et elle les évitait comme la peste. Mais elle devait bien aller ingérer quelques aliments pour essayer de compenser l'énergie qui lui manquait suite à sa nuit sans sommeil.

Anna entra discrètement dans la grande salle, ne voulant se faire remarquer par personne. Après tout, ils étaient tous bien trop concentrés dans leurs discussions ou bien par ce qu'ils allaient pouvoir mettre dans leur assiette pour se préoccuper de la jeune fille au regard vide qui passait les portes.
Elle analysa rapidement la scène, dans l'espoir de trouver une place de libre dans un coin reculé à la table attribuée à sa maison. A son plus grand désespoir, le bout de table où elle avait l'habitude de s'installer était déjà pris, tout comme la plupart des places de la table des Rouges.
Elle jeta des coups d'œil paniquée tout autour d'elle, essayant de trouver un visage familier, rassurant, parmi cette foule d'élèves.
*Pars. Tu ne trouveras personne.*
Au moment où elle allait se décider à louper son petit-déjeuner, son regard se posa sur une fille qu'elle connaissait trop bien.
La seule qui voudra bien de moi. J'espère.
*Pfff.*
Elle se dirigea en vitesse vers la table des Jaunes, pour retrouver une des seules et rares amies qu'elle avait dans ce château.

Lorsqu'elle arriva, elle vit Alison pointer sa baguette sur un hibou, venant sûrement lui apporter son courrier.
Mieux vaut pas que je m'approche trop à moins de vouloir me prendre un coup de baguette dès le matin...
Elle attendit quelques instants, pour éviter de faire deux fois plus peur à sa camarade, et s'assit à côté d'elle tout en laissant un légère distance, au moment où celle-ci avait enfin réussi à se calmer et à récupérer ce qui était accroché à la patte du joli animal à plumes.
A sa grande surprise, Anna vit un immense sourire s'afficher sur visage de la Jaune au moment où elle regarda le paquet.
Waw, ça change.
La Rouge n'osait dire un mot, de peur que ce magnifique sourire qui s'étendait sous ses yeux ébahis s'en aille aussi rapidement qu'il était apparu. Elle observait simplement cette scène de pur bonheur qui se passait devant elle, et qui était si agréable à regarder.
C'est pas mon bonheur, mais je le prends quand même.
*Pour compenser celui que t'as pas.*

- Tu veux que je t'aide à faire partir le hibou ? Sans coups de baguettes je veux dire...

*De l'humour ? Je savais pas que tu pouvais faire ça.*
Il semblait à la jeune fille qu'Alison n'était pas à l'aise avec ces animaux qui étaient pourtant si mignons, alors elle avait proposé son aide dans l'espoir qu'elle ne se fasse pas rejeter de la place où elle venait de s'asseoir. Elle savait très bien qu'en fonction de la situation, pour sa camarade comme pour elle, leurs réactions pouvaient très disproportionnées et assez difficiles à comprendre, ou bien à contrôler.
Mais nous on se comprend.

Pour essayer de combler son malaise, qui était toujours présent quand elle avait peur de ne pas être la bienvenu là où elle se trouvait, elle attrapa un verre ainsi qu'une carafe de jus de fruits, et se servit sans un mot. Au moins, si elle devait s'en aller, elle aurait eu l'occasion d'avaler quelque chose.


Chère Plume, après un long moment d'attente, l'inspiration est enfin revenue :cute: J'espère donc que le Pas t'a plus, et j'ai hâte de voir où est-ce que la Danse va nous mener...

Dans l'équipe des FlashArdentes

Couleur RP : 674ea7

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Alacrité.
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L'euphorie.
Elle ne pensait pas pouvoir un jour ressentir cette déferlante de joie qui la brûlait toute entière, la rendant excitée, heureuse, béate, exaltée, enjouée, enthousiaste, et incroyablement reconnaissante.
Elle dévorait le cadeau des yeux, faisant courir son pouce sur la tranche droite du paquet. En un instant, tout avait été absorbé par un seul rectangle entouré de papier.
Plus de sons, que celui de son cœur qui battait par à-coups dans sa poitrine. Plus de couleurs, que le carton rugueux qui s'étalait sous ses yeux. Plus de...

"Tu veux que je t'aide à faire partir le hibou ? Sans coups de baguettes je veux dire... "


Si nous n'étions pas aujourd'hui, à cette heure précise, seconde pour seconde, elle aurait pu se fâcher, jeter un regard de détraqueur à la fille qui s'était assise à-côté d'elle. Mais non seulement le cadeau lui avait enlevé du cœur la fonction "haine", mais de plus la fille en question était Anna.
Lui adressant un regard complice, elle laissa le sourire redescendre un peu pour qu'il ne soulève qu'un coin de sa bouche.

"Bonjour ! "

C'était une parole incroyablement franche. Son ton avait été doux, un peu aigu à cause de la joie et de l'adrénaline qui faisait frémir tous ses membres. Elle était vraiment contente de voir Anna pour de vrai, et de ne pas la deviner à travers les quelques mots échangés pendant les vacances.
Et puis, oui, aujourd'hui était un bon jour. Est-ce qu'il faisait bon? Peut-être, bien que ce soit assez inattendu pour Novembre. Mais ce jour avait magnifiquement bien commencé, par une de ces surprises qui sont capables de tout illuminer tellement elles sont impossibles à concevoir.

Jetant un regard surpris au hibou qui était encore posté sur la table comme un idiot, raclant de la serre le coin d'une assiette comme en attente de quelque chose, elle sentit un poids lui compresser les poumons. *Pas encore parti, lui?*
Grimaçant légèrement elle enveloppa le carton de ses bras avant de lancer à Anna, en désespoir de cause :

"J'veux bien, ouais."


Elle était assez curieuse de voir comment la Rouge allait s'y prendre. Dans son cas, soit elle aurait fait un geste de la main pour dire au hibou *des marais* de se barrer, soit elle lui aurait donné un grand coup de livre dans le croupion pour le faire déguerpir.
Pour toute réponse à cette liste intérieure, le rapace la dévisagea de ses yeux jaunes avant de claquer du bec.
*Tss, moi aussi j'sais faire hein.* Elle résista furieusement à l'envie de lui tirer la langue, ne souhaitant pas se faire ridiculiser face à Anna. Elle n'était tout de même plus une gamine !

Reposant le cadeau entre la Rouge et elle, elle se saisit d'une tranche de bacon et d'un œuf au plat pour les mettre dans son assiette.
Décrochant enfin les yeux du cadeau, elle en profita pour passer en revue le visage qui lui faisait face. Cernes, yeux bleus fatigués, bouche incurvée au-dessus d'un verre de Merlin-savait-quoi.

"Désolée de t'le dire, mais t'as une sale tronche."

Elle faillit se réprimander pour cette phrase légèrement trop franche. Anna était assez instable depuis la Voix, et un rien risquait de la faire hurler. Elle haussa les épaules mentalement. Tant pis, elle savait que ce ne serait qu'une broutille passagère. Et puis, elle avait reçu un cadeau, et c'était assez peu commun pour effacer tout ce qui pourrait se passer à la suite dans cette journée.
*En plus, moi aussi j'ai une sale gueule.*
Il fallait croire que les nuits d'insomnies à faire de longues listes de "Qui allait potentiellement mettre son nom dans l'Urne" n'aidait pas. *Au pire, y'a que le miroir qui a le temps de s'attarder sur ma figure, c'pas une catastrophe pour tout l'monde.*
Plantant sa fourchette dans la première tranche de bacon, elle l'enfourna dans sa bouche avant de s'essuyer les lèvres, les mains, et de reprendre l'enveloppe.

Celle-ci était enveloppée d'un papier assez rêche et épais, qui était auréolé ici et là de tâches d'humidité. On aurait dit des bulles de savon perdues sur de la terre sèche.
Un cachet bleu pâle assez mal fait scellait le tout, et une écriture toute en pics et en cercles avait gribouillé un "Pour Alison Morrow."

Jetant un regard pétillant à Anna, elle ne put s'empêcher d'expliquer un peu, en désignant le paquet de son index brandi :

"C'est un cadeau d'anniversaire d'ma tante !"

La fierté perçait dans sa voix, et elle s'était un peu redressée en prononçant les mots. Elle jeta un coup d’œil pour s'assurer que personne n'écoutait leur conversation avant de coller le cadeau dans les mains de la Rouge et de poursuivre :

"T'penses c'est quoi?"

Anna savait s'y prendre avec les hiboux, peut-être qu'elle possédait également un don en matière de divination de cadeaux encore emballés.
Puis, elle s'attaqua au sceau fermant la lettre, avide de Savoir.

Reducio
Le cadeau en question !
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Je crois férocement qu'Alison n'a jamais autant parlé, avec autant de joie et de gentillesse dans la voix.
C'est une première, "waw" Plume ! :lol:

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.