Lorsqu'on laisse les pas nous guider
◎ Lorsqu'on laisse les pas nous guider ◎
Titre 2 - Suivre l'intuition
Personnages
♖
Mattew Thomas & Phénicia Greene
❀
Ouverture
25 avril 2046, ~ 10h
Au détour d'un couloir
@Phénicia Greene
25 avril 2046, ~ 10h
Au détour d'un couloir
@Phénicia Greene
Démarche lente. Tranquille. Silencieuse. Naturelle.
En ces lieux lui étant si familiers.
Il était en deuxième année déjà et l'impression d'être perdu dans l'immensité du château - qui arrive souvent aux élèves de première année était partie depuis bien, bien longtemps.
Il ne savait pas encore trop quoi choisir comme filière mais il y réfléchissait et se documentait beaucoup sur le sujet. Aussi, il allait plus fréquemment à la bibliothèque qu'à son habitude et en discutait également souvent avec ses camarades.
Il avait traversé ces couloirs tant de fois depuis son entrée dans cette école qu'il ne prêtait plus trop attention aux choses qui l'entouraient, par moments. Il était content d'avoir cette journée de répit dans son emploi du temps mais pensait déjà aux cours de Sortilèges et de Botanique qui l'attendaient le lendemain. Ses devoirs étaient bouclés depuis le matin car il s'était levé relativement tôt et avait terminé son travail le plus silencieusement possible afin d'éviter de réveiller ses camarades de dortoirs qui ne souhaitaient pas être dérangés dans leur sommeil.
Le Poufsouffle préférait toujours prendre de l'avance dans ses devoirs afin d'être le plus libre possible dans la journée pour vaquer à ses occupations.
Ce jour-ci, il n'avait rien prévu de particulier. Il avait tout d'abord penser à aller se prélasser paresseusement dans le Parc comme il en avait l'habitude puis avait finalement changé d'avis et décidé qu'il aviserait.
Il y avait de ces jours ou il appréciait laisser le hasard faire les choses. Cela l'avait déjà amené à faire des découvertes étonnantes, des rencontres diverses...
Bref. Sans s'en rendre compte, car complètement immergé dans ses pensées, il n'avait pas remarqué l'heure qui s'était écoulée depuis qu'il avait quitté la chaleureuse salle commune de Poufsouffle, où il avait fait un crochet après un petit-déjeuner copieux dans la Grande Salle.
Il arborait un visage souriant : classique.
Jusqu'alors, il avait toujours été heureux alors à quoi bon se donner un air déprimé ?
@Phénicia Greene,
C'est à ton tour.
C'est à ton tour.
Dernière modification par Mattew Thomas le 1 mars 2024, 11:41, modifié 3 fois.
Je cherche les Couleurs.
Lorsqu'on laisse les pas nous guider
Loin, loin remonte ce souvenir. Combien d’années ? Sept ? peut-être huit ? pour une Gamine ayant à peine entrouvert les battants de l’adolescence, tu t’en souvins assez brillement. Ta mémoire, tu aimais la comparer aux tourmentes qui insurgaient les flots de l’océan sombre qui bordait ta puissante Irlande. Ta mémoire, elle crachait des images qui te semblaient disparues, couchait sur la berge des moments de ta Vie comme le feraient les vagues avec les vieilles coques brisées d’embarcations aux destins tragiques dignes de contes et balades. C’était la voix de maman qui te revenait ce matin. Elle s’adressait, pleine d’une douceur modérée par la rudesse, à ta sœur, toi assises à ses côtés. « Ne regrette rien qui te rende heureuse, et ne t’en caches pas » qu’elle lui expliquait. Je me rappelle cette phrase qui toujours a trouvé écho en moi et fait vibrer mon âme bien que jamais je n’eus la bravoure de l’appliquer. Maman se tournait dans ma direction suivie d’un mouvement de lèvres précédant des mots que je n’entendrais pas, le souvenir avalé de nouveau dans les abysses de l’esprit.
°°°
« Le cours est fini Phenix, c’est la pause bouge-toi ! » lança ta voisine de table avant d’être emportée dans la foule d’élèves aglutinés à la sortie de la salle de classe. La remarque t’arracha un sursaut surpris puis immédiatement une bouffée de chaleur, mélange de honte et d’inquiétude, teinta de cramoisi tes pommettes piquetées de taches rousses. Te repaître de rêveries ne compenserait pas les heures d’apprentissage déjà balancées au vent frivole. C’est presque si le regard lourd de reproches de tes parents coulait dans ton dos, froide cascade remplissant le moindre pore d’une omniprésence terrifiante. N’allez pas croire qu’ils étaient méchants ! Bien au contraire. Je crois simplement qu’ils plaçaient en toi des attentes trop grandes pour un corps si frêle, susceptible d’imploser sous une pression involontairement élevée.
Ta main glissa vers ta poche où tes doigts rencontrèrent un morceau de parchemin déchiré sur lequel tu avais inscrit un fragment de chanson que tes connaissances moldues écoutaient parfois, sans donner l’impression de comprendre le texte.
*Nos espoirs s’immolent*
C’est tout ce que tu en as retenu ?
*Est-ce mal ?*
Au moins, les maux étaient dits.
Le raclement d’une branche nue que le souffle de Gaïa poussait vers la vitre de la salle acheva de te tirer, Gamine, de ta léthargie. Ton regard s’arrima au papier froissé dans ta paume moite dont la pâleur reflétait violement les Narcisses-Rayons venus s’y mirer. Ce fut sans même un regard au prof présent qui tu filas en direction de la porte. Tête baissée, tu abordas l’angle du couloir avec une assurance risible pour quiconque connaissait ta maladresse. Parfois, je songeais qu’il devait être dangereux de scruter le monde depuis tes yeux. Comme si les obstacles physiques t’apparaissaient hyalins, que ton cerveau les annihilait. Cette tare dans les pavés - nul doute que tu la savais ici depuis ta première traversée des lieux – tes pieds s’y enfoncèrent te faisant immanquablement rencontrer le sol dans un sombre rituel pouvant certainement gagner en solennité. Enfant, tu trébuchas sur le pas suivant, discrète incitation de l’Univers à prendre conscience qu’un monde t’entourait. T’englobait. Te protégeait. T’oppressait. Le Soleil froid d’avril séduisait malicieusement un nombre suffisant de personnes pour vider les couloirs, ou les remplir. Pas un timbre de voix. Mais l’âme du silence qui se profilait à chaque embranchement, le chant du mobilier débordant de potins plus que d’histoires, joint à cela les regards bienveillants des tableaux.
*C’est ça la magie. C’est là la magie*
Pourquoi n’y prendrais tu pas place ?
*Arrête de dire n’importe quoi, tu sais bien que je peux pas*
Qui l’a décrété ?
Qui peut
choisir ta
place ?
Ton cœur s’emballa, soudainement épris d’une promesse de délice, une armée de papillons en direction du lendemain décolla depuis ton ventre : tu étais tombée amoureuse de l’instant. Cet étrange personnage qui te promettait un Infini que tu ne pouvais ne serait-ce qu’effleurer. Tu levas tes bras puis mis tes mains à hauteur de visage. Les doigts tendus, tu les faisais se décoller à cadence aléatoire, te délectant des reflets que créaient sur tes pupilles les rais de lumière entrecoupés. Des moulinets de poignets devinrent des arabesques assumées virevoltant au gré de ton envie. Tu songeas qu’un ballet d’ombres ainsi faites devait être d’une insoutenable poésie, narguant les limites de drogue et hypnose. Egoïste, tu te satisfaisais d’assister seule à cette délicate création. T’en voulant aussitôt d’avoir pu penser ainsi, tu gommas toute trace de ces mots, les reléguant au rang de divagation matinale. Au point de t’en persuader.
Tu empruntas un escaliers débouchant sur un couloir plus profond et lumineux encore que le précédent, un besoin viscéral de découverte et de prose guida la cadence de ta démarche. Posée de l’extérieur, animée par un brasier d’envie pour qui savait voir. Sur ta gauche, une large vitre jalousement protégée par une pellicule de buée attira ton attention. Enfin il serait plus exacte de dire : la vue qu’elle offrait. Un camaïeu de plantes remuées par brise et enfants se découpait finement sur les nuages métamorphes, découvrant une diversité de formes inépuisable. Une frisson d’inconfort te saisit lorsque ton dos percuta le mur et tes mollets nus le sol glacial, ce dernier rapidement remplacé par la beauté éphémère de la Valse qui se jouait. Sur le dallage, les silhouettes des feuilles et du ciel s’enroulaient langoureusement, suivant toutes la similaire musique du néant. Aucuns spectateurs. Tu te laissas aller à un sourire béat de fascination. Priant pour que personne ne te surprenne. Il faut croire que tu n'entendais pas le martellement des semelles qui se rapprochait.
@Mattew Thomas, en espérant que ce Pas te convienne et que l'extravagance de ma Petite ne t'entrave pas
Ne pas mentionner d’année Rp.
Edmund n'est pas un elfe libre
Lorsqu'on laisse les pas nous guider
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Les quelques élèves qui se déplaçaient pour changer de cours se dispersèrent puis disparurent assez vite et il se retrouva rapidement seul à déambuler dans les couloirs et escaliers du château.
Mattew se souvint de la première fois où il avait emprunté ces passages : il avait été en admiration devant la virtuosité de l'architecture, toutes ces nouveautés venant chambouler sa vie, la découverte fascinante de la fameuse école de sorcellerie dont on lui avait tant parlé, dont il avait tant lu le nom dans les livres : * Poudlard. *
Il en avait tant lus, des livres sur la magie, qu'il ne comptait plus les heures passées à tourner leurs pages, dans ce délicieux petit frottement caractéristique, affalé sur le lit de sa chambre.
Mais la réalité du monde magique s'était avéré plus brillante encore, plus majestueuse, plus imposante, plus impressionnante. Cruelle aussi, et sombre.
Il s'était sentit si petit, si étranger à ce monde, lorsque le flot d'élèves l'avait emporté ici, pour rejoindre pour la première fois sa salle commune, juste après son premier repas dans la Grande Salle. Le Poufsouffle avait détaillé chaque recoin, avec l'air de quelqu'un qui peinait à trouver ses repères.
Pourtant, il s'était vite habitué à ce monde tout nouveau pour lui. Jusqu'à ce que tout cela lui devienne familier, et lui semble tout naturel et normal.
Et il en était rendu aujourd'hui.
...
Au détour d'un couloir, il s'immobilisa brusquement.
Il venait d’apercevoir une forme, là-bas, tout au fond, étendue sur le sol.
Un élève.
*Rectification*, une élève.
Son sang ne fit qu'un tour, et il se mit à courir dans sa direction, affolé.
Après quelques grandes foulées, il se stoppa net.
Il venait de remarquer de nouveaux détails.
La fille était toujours là, étendue de tout son long sur le dallage, sauf qu'elle ne semblait aucunement évanouie ou quelque chose du genre.
Non. Elle souriait. D'un sourire empreint d'admiration, fascinée par ce qu'elle voyait.
Pourtant, lui, il ne trouvait rien de fascinant ici. Enfin, le premier jour si, mais plus maintenant, c'était devenu quelconque, habituel.
Et puis il se serait difficilement prit d'admiration pour le dallage au sol.
Mattew n'était plus qu'à quelques enjambées de la fille. Il avança, silencieusement, jusqu'à parvenir à environ deux mètres d'elle. Il s'y arrêta.
Elle ne l'avait toujours pas remarquée, trop absorbée par sa contemplation.
D'une voix hésitante, il demanda, venant percer le silence qui régnait dans ce couloir du château :
- Euh... Ça va ?
...
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@Phénicia Greene
Je cherche les Couleurs.
