Recueil d'OS solo Les hiboux de Craig

Ce sujet rassemblera des éléments du vécu et des relations de Craig à travers ses passages dans la volière à différents moments de son évolution (en tant qu'élève puis en tant que concierge de Poudlard donc) ^^.



Pièce 1 : La première fois.


[Craig concierge est assis à son bureau, et se souvient de son premier passage à la volière en première année.]

*Mon premier passage dans la volière*


Je ne me suis jamais perdu dans les couloirs. Même en première année, je me suis toujours retrouvé. Repère marqué après volonté fixée, avec une logique toujours millimétrée.

Je les ai tellement parcourus par le passé, en commençant par les plus intéressants - ceux qui conduisaient vers la bibliothèque, la réserve des potions, la salle d’étude, les salles de cours -, puis les autres, patiemment, méthodiquement. Ma première fois à la volière : qu'y ai-je fait ? La plume posée contre mon menton, comme quand je suis plongé dans ma réflexion, une légère ride dessinée sur mon front, je suis en train de me dire que j'ai dû y venir sans plaisir, Serdaigle sans amour des oiseaux que j’étais.

J’aligne soigneusement tous mes souvenirs un à un pour retrouver le bon : toutes les lettres envoyées ici étaient toutes des parchemins identiques, de couleur et de taille académique, sans originalité. Ce n'est en procédant de façon ordonnée que je peux y arriver avec efficacité. Fouiller dans les tiroirs de ma mémoire à la recherche du moment intéressant.

Je revois cette scène avec acuité : une discussion entre deux septièmes années. Les deux élèves qui deviendront les modèles de ma scolarité. Je me vois, sur le seuil de l'entrée, arrêté, les yeux focalisés sur leur discussion. Je retrouve mon sens de l'observation en souriant. Là où mon ouïe était déjà mauvaise, je parvenais à déchiffrer les paroles prononcées doucement sur leurs lèvres.

Les premières astuces entendues, par inadvertance. Le triangle de principes que je ne quitterai jamais. Entrer dans la réserve de la bibliothèque à toute heure quitte à s’y laisser enfermer. Emménager dans le dortoir de Serdaigle le plus élevé pour pouvoir dans le plus grand des calmes étudier. Profiter de la salle d’études le week-end dans les matinées pour éviter la foule des oisifs et des dissipés. Telles étaient les règles d'or de Craig junior.

Je remis ma plume sur le parchemin posé au milieu de mon bureau. Mon premier contact avec la volière puante pleine d’oiseaux voleurs avait été en ce temps très étonnamment prometteur. Je déteste pourtant ce lieu aujourd'hui, d'une haine corporelle, démesurée, il me repousse. La puanteur de ce lieu a l'odeur de mon passé, elle m'aspire vers une quasi-égalité avec les élèves que je crains et que je rejette. Mes grandes ambitions me portent vers mon avenir que je veux tracer avec conviction. Alors ce lieu à l'odeur âcre de passé me dégoûte. Contrairement aux couloirs toujours en mouvement, il ne sait pas évoluer.

Ex-champion des couvre-feux aux cheveux couleur de feu.
Ex- "brick in the wall" de l'EE.

Recueil d'OS solo Les hiboux de Craig
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Pièce 2 : L'arrivée à Poudlard.


Une lettre par ici.


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Pièce 3 : Direction Dominion.


[Fait suite à la présence de Craig dans la Grande Salle au moment du départ des concurrents et des images sur l'écran de fumée : post 1, post 2, post 3. Entre-temps, Craig est passé dans son bureau pour rédiger la lettre qu'il s'apprête à envoyer]


Craig arriva dans la volière, retenant un plissement de nez en sentant l’odeur que les volatiles mal élevés y avaient laissée. Il détestait ce réflexe qu'il avait cherché à cacher avec les années. Mais moins qu'il ne détestait confier son papier soigneusement plié à l'un de ces gougnafiers.
Chère Maddison,
J’espère que tu te portes bien et que ton travail de potionniste te passionne toujours autant. J’ai assisté aujourd’hui à Poudlard à une scène singulière dont j’aimerais discuter avec toi. Peut-être serait-ce l’occasion de se retrouver avec Cameron, comme autrefois ? Ma nouvelle fonction de concierge m’impose des heures de présence mais je peux confier les rondes d’une journée à Argus. Que dirais-tu de se retrouver sur le Chemin de Traverse ou à Pré-au-Lard bientôt ? Les évènements par ici sont vraiment étonnants (quatre jeunes envoyés vers une possible mort...) et je serais enchanté d’avoir de tes nouvelles. Je viens d’envoyer un hibou à Cameron pour connaître ses disponibilités, et ce serait un vif plaisir de vous rerencontrer.
Bien à toi,
Craig
Craig était resté plus que vague, après avoir hésité à mentionner l'incapacité d'agir des adultes et l'écran de propagande apparu dans la Grande Salle, sa confiance dans les hiboux n'était pas suffisante pour révéler tout. Le roux n’aimait en fait pas du tout le regard jaune luisant que le hibou posait sur lui. Comme si l'oiseau pouvait percer de son regard l'enveloppe de papier pour y lire l'écriture griffonnée.

Il n'aimait pas le savoir en mesure de disposer comme il le voulait de la lettre, de l'abîmer. Il détestait foncièrement le fait de ne pas pouvoir contrôler ses moindres gestes et faits comme il pouvait tout maîtriser dans les couloirs. Sur les ordinateurs moldus, les courriels étaient entièrement gérés par lui, et le clic lui assurait le bon envoi, ici avec ces paresseux plumeux ce n'était pas le cas.

Il regarda sa lettre propre et soignée partir entre les pattes du hibou tacheté qui avait traîné dans ce marécage de plumes et d’odeurs nauséabondes. Il se souvenait de Proust, dont le parfum de la madeleine réveillait des souvenirs. Mais Proust n'était jamais entré par ici. S'il avait su, il aurait clairement pas venu, se dit Craig, se souvenant d'une autre de ses lectures d'enfance.

Le parfum doux et sucré de la madeleine de l'écrivain français qu'aimait son père bibliothécaire était en effet impossible à comparer avec les relents malodorants dans la volière. Et c’était le visage renfermé, incapable de penser à aucun souvenir à partir de cette odeur comme Proust l'avait fait, que Craig partit vif et décidé après le dépôt de sa lettre hors de ce cloaque emplumé. L'odeur puissante de cette pièce n'avait décidément d'autre avantage que de faire tout oublier, y compris la catastrophe qui était en train de se passer pour quatre des élèves de l'école.

Ex-champion des couvre-feux aux cheveux couleur de feu.
Ex- "brick in the wall" de l'EE.

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Pièce 4 : Une nuit (ou était-ce un matin ?) solitaire


Un pied puis l’autre, au pas méticuleux d’un concierge prêt à veiller, consciencieux, Craig entra dans la volière, silencieux - ses mouvements étaient maîtrisés savamment, 1m80 de souplesse pour avancer bien droit sans ralentissement dans le silence nocturne ambiant. Les yeux posés sur un hibou distant de quelques enjambées, il déposa une grande lettre juste à côté. Il n’allait pas la glisser dans le bec de l'animal. Se faire pincer ici ne lui donnait guère envie. De sa démarche droite, fière et feutrée, à lever à peine les pieds, en les soulevant de façon mesurée et millimétrée, il redémarrait en direction des couloirs où il avait distingué un duo d’ombres dans le noir. Mais pour importants que les élèves et le règlement soient, il se passerait toujours, toujours, lui, Craig Devon, devant. Toujours agir avec intelligence et individualité. Typique du Serdaigle un peu Serpentard qu’il était, à y précisément regarder. Et la lettre avait eu la priorité sur le possible duo à proximité alors que sa ronde était supposée être terminée.
Chers parents,
Je vous prie de trouver joints à cette lettre quelques dessins des objets que j’imagine pour illustrer mon ouvrage de recherche. Il prend forme dans mon esprit et j’ai grande hâte de retrouver Dublin cet été pour encore davantage échanger à ce propos. Je vous transmets aussi les amitiés de Cameron qui apprécie Londres et serait heureux de vous y voir cet été. Peut-être pourrions-nous comme il le propose passer une semaine chez ses parents comme au temps de Poudlard ? Qu’en pensez-vous ? Je suis sûr que la compagnie des Lester vous serait agréable.
Bien à vous,
Votre Craig

Craig fit quelques pas jusqu'à l'embrasure de l'endroit ; il haussait parfois un sourcil quand il réfléchissait. Il n'aimait pas réfléchir alors qu'il était ainsi en mouvement. C'était gênant. Rien de plus agréable au contraire qu'être assis dans le calme solitaire de son bureau pour se confronter aux difficultés que représentaient ses pensées. Et ce faisant, il correspondait au reproche que lui faisait son ami à qui il envoyait sa deuxième lettre, celui de ne jamais s'ouvrir aux autres. Cette association qu'il fit entre son attitude et le reproche ne put que le troubler un peu plus - intérieurement. Il avait pour habitude de ne laisser paraître que peu sur son visage - par souci de ne pas se révéler aux autres, précisément. Être en position de faiblesse était une peur qui ne l'avait jamais quitté, son Epouvantard le représentait ligoté et bâillonné. Il tenait à ses capacités de contrôle de la situation aussi fort qu'un botruc à son arbre. Il termina sur ses pensées son séjour dans la volière, sa deuxième lettre bien déposée, prêt à prendre les deux amateurs de randonnée nocturne sur le fait.
Cher Cameron,

J’ai croisé un élève aujourd’hui qui te ressemblait - je crois. Sociable, intelligent, qui avait toujours le bon mot pour tout. Et cela m’a rappelé ce souvenir que tu évoques dans ta lettre. Te souviens-tu du moment où tu avais voulu me convaincre d’aller voir un match de quidditch ? Je ne voulais pas me mêler au bruit et à la fureur des tribunes. Mais à bien y réfléchir, mes réticences étaient peut-être liées à mon caractère solitaire, tu n’as pas totalement tort sur ce fait et même, je le reconnais.

Pour autant, crois-tu vraiment comme tu l’écris qu’aller dans le stade me serait salutaire ? J’ignore tout de ce sport et je ne sais qui sera présent au match, encore. Je sais que ce n’est pas peu important de se mêler aux autres comme tu l’écris, mais je suis concierge d’un autre côté, tu comprends. Si je suis parmi eux, je n’aurais plus cette distance qui me permet de me faire respecter, à 19 ans.

Je ne partage alors pas ta comparaison avec Rusard et en serais presque blessé si elle venait d’un autre que toi : je ne hurle pas sans politesse comme mon collègue - mon isolement n’a rien à voir. D’ailleurs, si tu veux tout savoir, Argus est un collègue fiable et respectable : il surprend systématiquement les contrevenants et sait me respecter. J’espère que l’horizon pour ton travail à la banque est près de s’améliorer. Je ne crois pas comme toi qu’on doit être fortement intéressé par le travail que l’on fait - mais il faut s’y habituer. Tu avais bien fait de prendre ce poste à Londres, il faut toujours saisir les opportunités.

Bien à toi,

Craig

Ex-champion des couvre-feux aux cheveux couleur de feu.
Ex- "brick in the wall" de l'EE.