T'es qui toi ?

LUNDI 8 JANVIER - 19h25

Mark venait de terminer sa première journée de cours en tant que professeur. Jamais il n’aurait imaginé un jour renouer avec les bancs de Poudlard. Jamais non plus, il n’aurait pensé mener un cours dans la célèbre école de magie. Mais jamais, oh non jamais, il n’aurait cru qu’enseigner était si épuisant ! Il fallait penser à tant de choses que Mark en perdait régulièrement le fil. Il se devait alors de gérer les imprévus un à un dans la précipitation. L’homme se rendait compte qu’il avait commencé son nouvel emploi un peu trop confiant et qu'il n’avait pas pris la mesure de la tâche qui lui incombait. Résultat, il avait passé sa journée à récupérer diverses choses oubliées en courant à gauche et à droite dans le château. Demain, il ne se ferait pas avoir de la manière. Anticipation. Voilà, le mot d’ordre qu'il devait garder en tête. Anticipation.

Grimpant deux à deux les marches des escaliers du château, Mark se dirigeait vers l’infirmerie. Il devait faire un stock de bandages, pommades, onguents et autres. On ne savait jamais de quoi les élèves étaient capables. Anticipation. Quelques collègues croisés un peu plus tôt lui avaient conseillé d’aller voir la nouvelle infirmière. Une femme aux cheveux noirs, aux yeux bleus et à l’air - qu’ils qualifiaient en prenant des pincettes - d’un peu sévère.

Bienheureux fut Mark lorsqu’au détour d’un couloir, il tomba sur une femme correspondant exactement à la description donnée. Quelle chance ! Le professeur de défense contre les forces du Mal n’y alla pas par quatre chemins et l’aborda :

« Bonjour, je suis le nouveau professeur ! Est-ce que tu pourrais me donner un peu de matériel pour mon cours de demain, s’il te plaît ? Je sens que je vais en avoir besoin … »
@Joanne Taylor

Détective privé à Pré-au-Lard
DDM de Gryffondor du 1/9/46 au 13/10/46
Ancien professeur de DCFM

T'es qui toi ?
Joanne descendait doucement vers la grande salle, dans l’espoir peut-être d’y trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Elle allait à petit trot, doucement. Arrivée devant l’infirmerie, elle marqua un arrêt. Une sorte d’habitude prise à l’époque où Rafael était encore infirmier. Mais bon, là, elle ne devait pas s’attarder non plus. Elle avait entendu dire qu’une nouvelle infirmière était arrivée mais Joanne n’avait pas eu l’occasion de la croiser pour l’instant.

En continuant son petit chemin, elle tomba nez-à-nez avec un adulte au demeurant plutôt … charmant ? Joanne eut un petit sourire narquois qu’elle rangea bien vite face à la demande de son supposé nouveau collègue. Sans l’ombre d’un doute, la jeune femme était persuadée qu’il s’agissait de son collègue d’étude des moldus. Pourquoi n’avait-elle pas pensé à la DCFM ? Aucune idée mais toujours est-il qu’elle ne comprenait pas la demande de ce nouvel inconnu.

« Du matériel ? » Petit clignement d’yeux incompréhensif, zéro politesse. Qu’est-ce qu’il voulait le bel inconnu là ? Elle voulait bien lui donner quelques jeux de runes si cela pouvait lui faire plaisir mais malheureusement, elle n’en avait pas sur elle. Et puis, quelque chose lui disait qu’elle n’était pas vraiment dans le bon avec sa supposition de rune. Alors elle regarda le nouveau professeur, puis le carton, puis encore le professeur, sans vraiment comprendre ce qu’il attendait d’elle.

T'es qui toi ?
L’infirmière semblait déconcertée par la question de Mark. Le professeur de défense contre les forces du Mal se demandait s’il n’avait pas été assez clair dans ses propos ou si la jeune femme n’avait aucune envie de l’aider. Peut-être même avait-elle des oursins dans les poches de sa robe. Faisant abstraction de ces dernières hypothèses, Mark préféra croire à une incompréhension et s’empressa de préciser ses propos d’une voix désormais plus hésitante.

« Tu sais, je veux juste le minimum en cas de problème. Juste de quoi m’en sortir. »

La belle brune devait le prendre pour un sorcier de bas étage en se demandant pourquoi il ne se contentait pas d’utiliser la Magie. Cette idée dérangea le nouvel enseignant qui était loin d’avoir fait ses preuves.

« Les sortilèges, c’est bien mais il faut que les élèves apprennent à se débrouiller sans leur baguette parfois. Un peu comme des Moldus … Mark souffla du nez en tentant de retenir un petit rire. T’as de quoi me dépanner ? Je te revaudrai ça. »

L’homme se rendit compte qu’il était peut-être un peu trop insistant avec sa requête. Surtout avec une personne qu’il venait à peine de rencontrer. Il arrivait parfois à Mark de s'exprimer de manière trop spontanée. Pour alléger ses mots, l’enseignant sourit à l’infirmière et ne put réprimer un petit clin d’œil.

« Après si c’est vraiment grave, j’enverrai les élèves t’attendre dans un lit. Tu sauras mieux t’en occuper que moi ! »

Détective privé à Pré-au-Lard
DDM de Gryffondor du 1/9/46 au 13/10/46
Ancien professeur de DCFM

T'es qui toi ?
Elle ne comprend rien, de rien, de rien du tout. L’homme, plutôt beau d’ailleurs, lui demander « juste le minimum » … mais minimum pour faire quoi ? Ca, Joanne l’ignorait. Elle se contenta donc d’écouter la suite, des fois que l’élégant bipède se décide à être plus précis sur sa demande. Raté. Quand il parla des baguettes, Joanne hocha la tête. Oui, elle avait sans doute de quoi le dépanner même si elle ne savait pas trop ce qu’un professeur d’étude des moldus pourrait bien faire avec des runes mais après tout … c’était bien la première fois que l’un de ses collègues lui faisait ce genre de demande incongrue.

Elle s’apprêtait à fourrer les mains dans ses poches à la recherche d’une ou deux pierres gravées de runes quand la fin de la phrase l’acheva, au sens strict du terme. Cette fois-ci, l’homme avait perdu de sa superbe. Il paraissait même plus psychopathe qu’autre chose. Trop étrange, se disait la jeune femme. Quelque peu hébétée par les paroles de son collègue, Joanne fit la bêtise de répéter « M’attendre dans un lit ? Mais … ». Ses joues viraient au rouge cramoisi, saveur tomate d’été qui a fait une chute malencontreuse. Joanne tentait de contrôler, mais là, ça dérapait sérieusement. « J’ai du mal à savoir où ma directrice va chercher les enseignants mais … » doucement, elle sortait sa baguette « … ne faites aucun mal aux élèves ».

Le regard azuréen était tranchant, vif. Cela dénotait avec la gêne ressentie par Joanne. Il lui semblait bien loin l’instant d’avant où elle l’avait trouvé à son goût. Maintenant, il ne lui inspirait qu’un dégout plein et entier. Forcément, on ne touchait pas aux élèves. Joanne se promit intérieurement d’aller en toucher deux mots à la direction.

T'es qui toi ?
L’infirmière semblait gênée par la proposition de Mark. Ses joues s’étaient teintées d’un rouge significatif. Avait-il dit quelque chose de troublant ? L’homme se remémora les dernières secondes de la discussion pour analyser ses propos mais il fut rapidement interrompu par une baguette pointée sur lui. L’expression du visage de la femme était passée en un éclair du trouble à la répugnance.

« Houla ! Mark leva les mains en l’air en signe d’apaisement. Les propos de la femme ne rassurèrent pas l’anglais. Pourquoi voudrait-il faire du mal aux élèves ? Je … L’homme hésita. Je crois qu’il y a un malentendu. »

Mais qui était donc cette folle qui voyait un mal inexistant ? Tout ne semblait pas tourner très rond dans la tête de la jeune femme et pourtant Mark ne détecta aucun signe d’un quelconque enchantement qui aurait pu l’affecter. Ce devait être son état normal. Peu rassurant ... L’enseignant douta un instant qu’une femme comme elle puisse être infirmière. L’homme recula très lentement d’un pas. Il devait absolument peser ses prochains mots. Les personnes comme elle pouvaient agir de manière irréfléchie et dangereuse à tout moment.

« Je n’ai aucune intention de faire du mal à qui que ce soit. Est-ce que tu peux baisser ta baguette, s’il te plaît ? »

Avec une lenteur extrême, Mark descendit ses mains tout en tentant de maintenir un contact visuel permanent avec la dérangée face à lui.

« Je proposais juste aux élèves blessés d’aller se reposer à l’infirmerie. Rien de plus. OK ? »

Décidément cette première journée de cours n’était pas de tout repos.

Détective privé à Pré-au-Lard
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T'es qui toi ?
Un malentendu ? Il n’y avait face à Joanne qu’un pervers qui pensait à des choses vraiment … Insupportables. Il faisait mine qu’il n’y avait aucun problème et puis, finalement, il indiqua qu’il s’agissait de mettre les élèves à l’infirmerie. Joanne balbutia « Qu’est-ce que vous étudiez en étude des moldus pour mettre les élèves à l’infirmerie ? » L’enseignante réfléchit un court instant et ajouta « Et quel rapport avec moi ? »

Sa baguette s’était légèrement baissée, il semblait y avoir un gros malentendu entre les deux adultes mais Joanne n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Pour ne rien arranger, la direction faisait parfois des choix de recrutement aléatoire et si elle devait être honnête, l’homme en face d’elle ne semblait avoir rien en commun avec les moldus. Ceci dit, elle n’y connaissait pas grand-chose elle qui avait vécu en vase clos au sein de sa famille.

Finalement, à mesure que sa réflexion progressait, sa baguette se baissait. Peut-être qu’après tout, elle n’avait pas bien compris les choses. Quoiqu’il en soit, l’homme lui paraissait suspect, elle le gardera à l’œil, elle en était certaine. Et ce n’est pas pour le physique de l’homme, malgré le fait qu’il soit particulièrement séduisant. Et bizarre. Surtout bizarre en fait. Pour l’instant, Joanne en restera sur cette idée. Après tout, elle n’avait pas tout compris et tant que tout ne serait pas clair …

T'es qui toi ?
Mais pourquoi parlait-elle d’étude des Moldus ? Croyait-elle vraiment qu’il avait une tête à enseigner cette matière ? Apparemment, cette femme au regard bleu perçant semblait se méprendre sur la fonction qu’occupait Mark. Une étincelle jaillit dans le regard de l'homme qui pensait avoir résolu tout ce mystère.

« Je suis le nouvel enseignant de défense contre les forces du Mal. Pas d’étude des Moldus. Je n’ai rien contre eux mais de là à consacrer ma vie professionnelle à parler de ces personnes sans pouvoir, il ne faut pas exagérer. »

Voyant que la femme commençait à lever sa vigilance en abaissant lentement sa baguette, l’anglais enchaîna rapidement. Il devait rester sur sa lancée.

« Je comprends mieux pourquoi tu étais étonnée que j’interpelle l’infirmière. Mark exagéra son sourire crispé. Il tentait de rassurer cette femme qui, à tout moment, était capable d’un acte incompréhensible. Maintenant que tu connais la matière que j’enseigne, tu vois pourquoi je pourrais avoir besoin de matériel, non ? »

Mark tapota ses deux index l’un contre l’autre devant lui comme s’il voulait que la brune établisse une connexion entre ses fragiles neurones. L’homme était conscient que son geste était infantilisant mais l’infirmière ne semblait pas d’un intellect très développé. Pourtant, en la scrutant des pieds à la tête, son apparence laissait deviner le contraire. Son indéniable charisme aussi. Comme quoi les préjugés avaient la dent dure.

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T'es qui toi ?
« Ah » fut la seule chose qu’elle put lâcher en de pareilles circonstances. Quel terrible première rencontre. Voilà qui resterait dans les mémoires de la salle des profs. Elle s’apprêtait à s’excuser, à lui dire qu’elle n’était pas l’infirmière mais seulement l’enseignante d’études des runes … Mais quand elle le vit connecter ses deux index face à elle, comme si elle était une ignorante qui devait connecter deux neurones pour réfléchir, elle eut un rictus malsain. La bonne relation entre ses deux professeurs semblait vouée à l’échec.

Sans décrocher son rictus malsain de ses lèvres, Joanne rangea sa baguette et retourna le geste vers le professeur de DCFM. Deux index collés l’un contre l’autre devant son nez. Il était charmant, il l’était vraiment. Mais alors là, il chutait dans son estime à un niveau bien bas. « Eh bien très cher collègue ». Le ton était méprisant, mais après tout, comme disait les enfants, c’est lui qui avait commencé. « Peut-être qu’en connectant deux neurones tu pourrais comprendre que tu t’adresses à une enseignante et non pas à l’infirmière ».

Sans se départir de son air supérieur – il l’avait bien cherché – elle ajouta. « Voilà que tu viens de confirmer l’expression tout dans la baguette rien dans la tête ». Ah, cette punchline valait de l’or. Elle n’était pas peu fière, la « petite » enseignante de runes.

T'es qui toi ?
Une drôle de grimace barra le visage de l’infirmière. Avait-elle compris ce qu’il venait de lui dire ? Elle se mit à répéter le geste qu’avait effectué Mark quelques instants plus tôt à deux doigts de son nez. L’homme recula sa tête d’un air surpris. Il aurait cru voir une enfant mimer un nouveau mouvement tout juste appris. Soit la brune était aussi folle que Mark le pensait, soit, offensée, elle se moquait ouvertement de lui. Pour le bien des élèves, il espérait que cette deuxième possibilité se révèle exacte.

Quand l’infirmière ouvrit la bouche, le professeur de défense contre les forces du Mal écarquilla si grand les yeux que ses globes oculaires manquèrent de sortir de ses orbites. Le ton dédaigneux, les mots arrogants et l’air suffisant, tout montrait que la réaction de Mark avait piqué au vif l'enseignante. Car oui, c’était apparemment à l’une de ses collègues qu’il s’adressait. L’homme ne pensait pas avoir été si virulent avec cette femme qu'il méritait une telle réponse. Si elle avait réagi avec respect et compréhension, Mark aurait sûrement été gêné par la situation et la mécompréhension entre ces deux adultes. Mais l’attitude méprisante avec laquelle s’adressait cette harpie aux cheveux de corbeaux fit lâcher à l'anglais un grand éclat de rire.

L’homme resta là à s'esclaffer à gorge déployée pendant quelques secondes. Des larmes pointèrent même le bout de leur nez aux extrémités des yeux bleus plissés. Les essuyant du bout des doigts, Mark reprit doucement ses esprits et son sérieux même s’il ne pouvait empêcher ses lèvres de rester figées en un sourire.

« Il ne faut pas se vexer comme ça, hein ! »

Ce premier contact plein de quiproquos n’augurait rien de bon dans cette nouvelle relation. Mark souffla et tenta d’apaiser la situation afin de renouer le dialogue.

« T’enseignes quoi ? » Pas la politesse, ni le respect apparemment …

Il se garda bien d’énoncer ces derniers mots à voix haute craignant que la femme susceptible ait une nouvelle fois envie de sortir sa baguette.

« J’imagine quelque chose d’assez … Heu … Calme. »

Mark avait fait un effort considérable pour ne pas dire 'ennuyant'. De ce qu’il avait cerné de sa collègue, elle paraissait extrêmement susceptible. Il fallait donc être prudent dans les mots choisis.

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T'es qui toi ?
Vexée ? Elle n’était pas vexée Joanne, juste qu’elle avait du mal à ce qu’on trouble sa quiétude apparente pour faire des sous-entendus graveleux et des jeux de mots douteux. Ah non, ça c’était elle. Mentalement, elle se dit que si leur relation allait mieux dans un futur plus ou moins proche, elle lui ferait ses excuses comme la femme civilisée qu’elle était. En attendant … l’éclat de rire de son collègue lui fit arquer les sourcils. C’était mal barré, elle pressentait cela au fin fond de ses entrailles.

Finalement, son instinct l’avait trompé. Il engageait la conversation comme si rien ne s’était passé auparavant. Elle lui offrit un sourire doux, presque délicat alors qu’elle s’apprêtait à lui répondre. A lui parler des runes si précieuses qu’elle aurait pu en rêver la nuit. Et puis, aussi vite que le sourire était apparu, il avait disparu. Derrière le masque froid que Joanne arborait tout le temps. Inutile de faire découvrir sa passion à un homme qui ne semblait pas pouvoir comprendre ce genre de chose, fut-il professeur de défense contre les forces du mal.

Toutefois, bonne éducation oblige, elle répondit simplement « Calme oui. Les runes ». Et elle serra les dents, attendant les propos désobligeants qu’elle doutait de se prendre dans la tête. Après tout, il n’était pas mieux que les autres adolescents qu’elle avait croisé dans ses couleurs quelques années plutôt. Les runes ne passionnaient pas les foules. En regardant au loin, dans le vague comme elle le faisait, elle avait l’impression d’être revenue quelques années auparavant. Avec plus de répartie, tout de même.