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Quand Mark saisit le poignet de Kristen pour l'obliger à pointer sa baguette sur lui, la directrice ne put cacher son étonnement : l'un de ses sourcils se leva, ses yeux s'agrandirent et un coin de ses lèvres remonta légèrement. C'était osé, par Merlin ! Mark n'était pas un Gryffondor pour rien. Ce constat aurait pu ne pas être très flatteur pour lui, mais en l'occurrence, ce comportement semblait à propos. Pour être considéré par Kristen Loewy, il ne fallait pas manquer d'audace. Sa main libre, elle s'enfonça elle aussi dans son fauteuil, dévisageant l'enseignant avec un intérêt grandissant.

« Si enseigner me manque ? Mh... Je ne me pose jamais la question, à vrai dire. Je dis ce que je pense, voilà tout, et j'apprécie les personnes capables de réfléchir, de remettre en question ce qui semble être acquis. Je dois cependant admettre que je manque de tolérance envers les autres. »

Elle croisa les bras et réfléchit un instant à la question de Mark sur sa matière. Elle avait elle-même été professeur de Défense contre les Forces du Mal et s'était pliée au jeu de l'école. Maintenant qu'elle était directrice, elle avait peut-être les moyens de faire prendre une autre direction aux enseignements dispensés. Pourquoi pas, si c'était bien fait...

« Le nom de Défense contre les Forces du Mal... n'est après tout qu'un nom. Il renvoie en effet à une perception très manichéenne de la chose. Le bien contre le mal, les gentils contre les méchants. Vous avez bien compris que la magie - et la vie en général - était bien plus compliquée que cela. Alors, qu'importe le nom ! Votre objectif est de former des sorciers capables d'utiliser leur baguette pour rester en vie, protéger les autres et faire ce qui est juste. Regardez le monde qui nous entoure, regardez ces Lignées, ce Conseil des Sorciers, et tous les ennemis qui rôdent et dont on ne soupçonne même pas encore l'existence. On me reproche de m'adresser aux enfants comme s'ils n'en étaient pas. On me reproche mon réalisme ! Que devrais-je leur dire ? Que tout ira bien et qu'ils pourront s'en sortir avec des sourires, qu'il suffit d'être gentil pour que le monde soit gentil à son tour ? Ce n'est pas en leur vendant des illusions que je compte les protéger. Alors oui, je préfère les heurter et les savoir en vie que leur mentir et les savoir voués à se faire marcher dessus dès leur sortie de l'école. »

Le visage de la directrice se crispa, elle croisa les bras et prit une grande inspiration. Madame Loewy, elle n'est pas gentille, elle ne sourit pas et elle fait peur, et puis même qu'elle détruit nos rêves et notre innocence...! Mais Madame Loewy, elle a passé l'âge des rêves et de l'optimisme. Le monde est pourri, et autant s'y préparer tout de suite. Le choc sera moins grand.

« Si vous l'acceptez, c'est cela, la vocation de votre matière. Entraîner les jeunes à affronter le Mal au sens large, qui dort partout, à l'extérieur et à l'intérieur. Elle sera toujours essentielle, quel que soit le nom qu'on lui donne. »

Emportée dans ses convictions, elle n'avait pas entendu la porte s'ouvrir.

« Et leur apprendre à reconnaître et accepter la lumière quand elle se présente, n'est-ce pas ? »

Aude Luneau ôta son manteau et l'accrocha à côté de l'entrée, pour laisser voir une robe chemise blanche surmontée d'un large gilet gris clair. Son petit sourire fatigué gonfla le cœur de Kristen d'une tendresse qui passait comme une brise d'été.

« Bonsoir. »

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Au fond de son siège, Mark écoutait d’une oreille curieuse les réponses de sa directrice. Au fil des paroles de Kristen Loewy, le visage de l’homme prenait différentes expressions. Une mine amusée lorsqu’elle lui admit manquer de tolérance, un air compatissant lorsqu’elle partagea sa vision du rôle d’enseignant de défense contre les forces du Mal puis un visage fermé, barré de sourcils froncés au moment où elle admit être volontairement crue dans ses discours.

Ce dernier passage dérangea l’homme qui ne réagit pas pour autant. Mark défendait lui aussi le fond des pensées de sa directrice. Bercer les élèves d’illusions n’était en rien une solution. L’anglais avait pu voir ce dont certains hommes étaient capables lorsqu’ils étaient livrés à eux-mêmes. Capables des pires sévices et horreurs, brisant parfois les limites du supportable. Des images impossibles à oublier revinrent à l'esprit de Mark et un frisson glacial le traversa des pieds jusqu'au sommet du crâne. Malgré cela, la manière et la forme avec lesquelles s’exprimait Loewy face à une assemblée si jeune laissait parfois sceptique l’anglais. Entre une version sans filtre et un discours édulcoré, il existait, pour Mark, des chemins plus judicieux et adaptés pour annoncer certaines nouvelles.

Cette divergence de point de vue ne valait cependant pas la peine d’être discutée. Il n’avait pas toujours été comme cela - loin de là même - mais aujourd’hui, Mark acceptait qu’on puisse avoir un point de vue différent du sien. Bien lui en fit car, à cet instant, l’enseignant vit la porte s'ouvrir. Kristen Loewy ne dut pas le remarquer car elle reprit la parole sur ses attentes envers Mark. Ces derniers mots entrèrent dans une oreille avant d'en ressortir par l’autre car l’esprit de l’homme voguait déjà ailleurs. La femme qui venait de pénétrer dans le bureau l’avait complètement happé par sa présence.

Les yeux rivés sur la belle inconnue, Mark sentit une vague de chaleur le traverser comme si le contraste saisissant entre la directrice de Poudlard et la femme aux cheveux blonds avait perturber le climat du lieu. En deux mois dans l’établissement scolaire, l’homme n’avait jamais eu l’occasion de croiser Aude Luneau. Et jamais il n’aurait pensé que cette rencontre aurait tant pu le troubler. Car oui, l’arrivée de la compagne de Kristen Loewy ne l’avait pas laissé indifférent. Avant même de la saluer en retour, Mark la dévisageait avec insistance comme si elle venait d’un autre monde. Pourtant, il ne vit ni les yeux fatigués ni ne perçut l’accent français sur le moment. Ce qui frappa l’anglais, c’était ce sentiment de déjà-vu. Improbable. Il était conscient qu'à priori, jamais Aude Luneau et lui n’auraient pu se croiser. Malgré cela, ce visage aux traits si fins lui paraissait tellement familier que Mark en restait figé sur son fauteuil. Il essayait d’attacher un lieu, une date, un événement où il aurait été possible qu'ils se rencontrent mais plus il avait l’impression de s’approcher d'une réponse, plus celle-ci lui échappait. Était-ce à Elda, sa dernière compagne, qu’elle ressemblait ? Non, les auras qui émanaient de chacune d'elles étaient bien différentes. Mais qui alors ? Et où ? Mark ne put se creuser davantage la tête que déjà le temps mis à répondre dépassait les codes de la politesse. Hésitant, l’homme se leva à moitié de son fauteuil ne sachant s’il devait ou non rester assis. La main en appui sur l’accoudoir et les jambes à demi-fléchies, il finit par une salutation en inclinant son buste, comme il l’avait parfois vu au Japon, avant de se redresser devant le fauteuil.

« Bon-Bonsoir … »

Quel imbécile … Si elle se fiait à la première impression, il était évident qu’Aude Luneau devait le considérer comme un étrange personnage. Que devait-il dire et faire maintenant ? Comment pouvait-il rattraper le coup ? Réfléchir à ses paroles et à ses gestes n’était pas le point fort de Mark. Toujours debout, il inspira profondément et s’approcha de la française. Il ignorait pourquoi il faisait cela mais c'était bien ce qui était en train de se passer. Arrivé près de la blonde si solaire, il lui tendit la main dans un sourire crispé.

« Je m’appelle Mark. Nous n’avons pas eu l’occasion de nous croiser depuis que j’ai récupéré le poste d’Amy Holloway. »

Pris d'un élan de confiance, l’anglais se détendit un peu et ne put s’empêcher d’ajouter.

« Les rumeurs à votre sujet étaient donc bien fondées. Vous êtes aussi magnifique qu’on le dit. »

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Oui, Aude faisait souvent cet effet-là... Sa présence était presque sacrée - et cela ne venait pas que de sa beauté physique, c'est qu'elle dégageait quelque chose qui pourrait redonner le sourire aux plus désespérés. Mark n'était visiblement pas le genre d'homme à pouvoir se tenir face à une telle femme : tout, dans son attitude, montrait qu'il était complètement perturbé par la présence de la française. Le regard insistant, le corps un peu balourd dont on ne sait plus quoi faire - à quoi sert une enveloppe corporelle quand on se trouve face à un ange ? Sa manière de saluer Aude Luneau était assez ridicule : on aurait dit un enfant tout impressionné par une grande personne.

C'est en tout cas ainsi que le percevait Kristen, qui prêtait bien souvent de drôles d'attentions aux regards des hommes sur sa compagne. C'est qu'elle avait bien raison ! Face aux femmes d'une telle beauté, d'une telle aura, les trois neurones des hommes tombaient bien souvent jusque dans leur pantalon, comme frappés par une gravité soudainement écrasante. Kristen Loewy n'aimait pas beaucoup les hommes, comme vous l'aurez compris : c'était des êtres diminués par cette excroissance difforme qui poussait entre leurs jambes. Un certain nombre d'entre eux en étaient même fiers, les imbéciles !

Et voilà qu'il bredouillait, maintenant. Kristen roula les yeux et soupira. Dommage, elle l'aimait bien, jusque-là, ce Mark Dole. Il se présenta, et blabla... vous êtes aussi magnifique qu'on le dit... Quoi ? Ce n'était pas que Kristen prenait mal les compliments qui pouvaient être faits à sa femme, bien sûr qu'elle était magnifique, c'était la pure et simple vérité... Quoiqu'elle était encore plus belle que les rumeurs pouvaient bien le dire : on ne peut imaginer tel éclat. Mais c'était bien sa femme, la sienne à elle toute seule, et Kristen était plutôt du genre possessive. Interdiction de reluquer, de montrer qu'on est ébahi.

Elle se racla la gorge. Aude le remarqua évidemment et son visage fatigué s'illumina - comme si ce n'était pas suffisant ! ses lèvres s'étirèrent gentiment et elle rit un peu.

« Ha ha ! Vous êtes bien téméraire, Mark ! »

Elle se pencha un peu vers lui et lui chuchota :

« Vous n'avez pas envie de contrarier Kristen, croyez-moi... »

La française se tourna vers Kristen et lui fit un petit clin d’œil. Boudeuse, la directrice de Poudlard croisa un peu mieux les bras et fixa le professeur de Défense contre les Forces du Mal avec des yeux trop plissés pour sembler sympathiques.

Combien de fois Kristen avait-elle cru perdre Aude, ces derniers mois ? La blonde avait beau la rassurer, les choses étaient loin d'être parfaites : Kristen la blessait, et elle le savait pertinemment... Parfois, elle se demandait si elle ne le faisait pas exprès, pour qu'Aude comprenne enfin qu'elle devait fuir. Leur séparation serait pourtant un drame, Kristen serait complètement ravagée, mais elle avait l'impression que c'était un sacrifice nécessaire pour préserver Aude de sa noirceur. La dernière chose qu'elle voulait, c'était la salir, éteindre cette lumière. Elle lui avait déjà fait tant de mal, il fallait que ça s'arrête... Mais Kristen était incapable de s'y résoudre, et Aude s'accrochait envers et contre tout.

Quand Aude semblait aller bien, quand elle souriait, quand elle riait comme maintenant, Kristen ne pouvait que douter de la sincérité de ce bien-être. Comment peut-elle encore sourire alors que je la détruis ? Elle essayait de chasser ces pensées, estimant après tout qu'Aude était assez grande pour prendre ses propres décisions... Mais elle savait aussi pertinemment que l'amour pouvait mener à prendre les pires décisions, et Kristen ne voulait pas devenir pour Aude celui qu'elle-même avait fui.

Bref, le cœur de Kristen était étiré de tous les côtés, entre la passion d'un amour profond, la culpabilité de la destruction, l'envie de protéger l'être aimé, la conscience d'en avoir besoin pour sa propre survie... La sensation que sa fuite était un mal nécessaire, et la tentation de l'enfermer pour la garder à jamais auprès d'elle. Alors, en regardant ces deux-là avec son air renfrogné, elle ne trouva pas grand-chose de pertinent à dire.

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Avant même une réponse d’Aude Luneau, un soupir s’envola dans les airs dans le dos de Mark. Suivi d’un raclement de gorge appuyé. Mais l’homme, comme hypnotisé, n’avait rien entendu. Le charme de la française l’envoutait à un point que tout son environnement s’était évaporé en un claquement de doigts. Lorsqu’Aude s’approcha pour lui susurrer quelques mots, Mark se sentit comme dans un doux cocon qu’il priait de ne jamais quitter. Même son odeur est parfaite.

… contrarier Kristen …

Mmmmm … Le professeur regardait la française d’un regard hébété. Telle un trou noir avec une chevelure blonde, Aude Luneau paraissait lui aspirer toutes ses forces qu’elles soient physiques ou mentales. Il lui fallut quelques secondes pour prendre conscience du sens des mots prononcés par la femme enivrante. Mais lorsque cela arriva, ce fut la douche froide. Tentait-il de flirter avec la femme de sa supérieure ? En réalisant cela, une décharge électrique lui parcouru le corps. Quelque chose de très désagréable. La bouche pâteuse, il déglutit difficilement et fit lentement volte-face en pivotant sur lui-même. Il craignait de voir l’expression de Kristen Loewy. S’il avait eu tendance à rougir, il est assuré qu’en cet instant le visage de Mark aurait une teinte écarlate.

Les bras croisés et le regard noir de la directrice étaient assez révélateurs même pour un homme aussi peu subtil que Mark. Il avait franchi une certaine limite. L’homme fixa Loewy sans un mot. Son cerveau tournait au rythme des battements de son cœur : à tout rompre. Deux options s’offraient à lui. S’excuser poliment ou faire comme si de rien n’était pour garder la face.

« Très bien, je crois avoir obtenu toutes mes réponses. Mark reprit la direction du fauteuil où il était installé un peu plus tôt mais s’arrêta derrière en appuyant ses mains sur le dossier. Et même plus. »

Mark tenta un sourire pour dérider sa directrice et lui faire oublier son attitude précédente. À le voir, il avait laissé ses excuses au placard et choisi la seconde voie. Contrairement à ce qu'il venait dire, il y avait en réalité une réponse qu’il n’avait pas obtenu. Il y avait peu de chance que Kristen Loewy puisse l’aider sur ce point. Indépendamment de l’effet qu’avait eu Aude Luneau sur Mark, cette impression de l’avoir déjà rencontrée ne le quittait pas. Comme une piqûre d’insecte, cela le démangeait à un tel point qu’il ne pouvait partir sans réponse. Ses mains se serrèrent davantage sur le tissu gris du fauteuil. Mark tourna de trois quarts le cou et s’adressa à la française avant qu’elle ne lui échappe. Décidément qu’elle était belle.

« Excusez-moi mais j’ai l’impression de vous avoir déjà rencontrée. Je n’arrive pas à savoir où et quand mais j'en suis pourtant persuadé. Il pointa son propre visage en faisant tourner son index en cercle avant d’ajouter. Ma tête ne vous dit rien ? »

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Kristen ne lâcha pas Mark des yeux, et elle répondit à son sourire de façon on ne peut plus forcée : il n'avait décidément rien d'honnête. Quel dommage de gâcher une conversation si intéressante par des petits regards en coin dignes d'un adolescent ! Et Aude devait le sentir, tout de même ! Mais non, elle s'était approchée du professeur et lui avait chuchoté on ne sait quoi à l'oreille, juste pour embêter Kristen, certainement. Pourtant, elle devait savoir que Kristen ne se sentait pas sûre d'elle à propos de... tout ça. Elle ne pouvait pas s'empêcher d'être rayonnante, et ça ne faisait qu'empirer les choses.

Quand Mark s'adressa à la française une nouvelle fois, Kristen se raidit et imagina tout un tas de scénarios possibles, sauf les plus probables. Ils s'étaient déjà rencontrés ? Où, pourquoi, quand ? Mais non, de toute façon, ce n'était pas comme si cette face si banale pouvait lui dire quelque chose. Mark se croyait-il si mémorable ? Kristen avait l'impression qu'elle aussi pourrait réagir comme une adolescente si elle ouvrait la bouche, alors elle préféra serrer les dents.

« Oh, c'est possible. Avez-vous été malade ou blessé, dernièrement ? »

Ah, oui, l'hôpital de campagne. C'était logique. On brouillait les pistes pour les patients : ils ne devaient pas savoir où se trouvaient les tentes, histoire que le Conseil des Sorciers ne s'y invite pas. En principe, seul l'emplacement était effacé de leur mémoire, mais il pouvait y avoir des ratés et que davantage de souvenirs concernant leur séjour disparaissent. Pas facile de faire le tri dans ces dizaines de caboches, mais tant que les patients ressortaient en pleine forme...

Si Mark avait été l'un de ses patients, Kristen espérait secrètement qu'il soit ce fameux cas dont Aude lui avait parlé : un homme atteint d'une maladie de peau ressemblant étrangement à l'éclabouille, mais localisée sur les fesses : le pauvre sorcier était incapable de s'asseoir et il avait fallu percer les pustules une à une, puis appliquer une pommade en couche épaisse, à laisser sécher à l'air libre, allongé sur le ventre. Peu ragoûtant, Kristen avait prié Aude de raconter cette histoire après le repas. Seule sur son fauteuil, elle ne put retenir un petit rire qui, elle l'espérait, passerait inaperçu.

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Kristen Loewy semblait toujours à cran. Peut-être que Mark aurait dû s’excuser finalement. Tant pis, elle s’en remettra, pensa-t-il. Il n'avait rien dit de si condamnable après tout.

Mark relâcha le fauteuil pour se redresser et se gratta les cheveux à l’arrière du crâne. Malade ? Cela était plutôt rare chez l’anglais. Et même quand cela arrivait, il évitait au maximum d’aller à l’infirmerie. Il n’avait aucune envie de montrer des signes de vulnérabilité aux élèves ni même à ses collègues.

« Récemment ? Pas vraiment. Étonnamment, cela fait bien plusieurs mois qu’il ne m’est rien arrivé. »

De mémoire de Mark, c’était la plus longue période sans grave blessure qu’avait connu l’homme depuis la fin de ses études. Malgré les dangers que lui avait rappelés Loewy, Poudlard restait un lieu sûr et sécurisé.

« Ma dernière véritable blessure remonte à octobre. J’étais encore Auror à l’époque. Un Confringo dont je me souviendrais. Enfin si on peut dire ça ... »

Instinctivement, Mark posa la main sur son oreille gauche désormais intacte. Pendant plusieurs semaines, il avait perdu l’ouïe et avait été sujet à de nombreux maux de têtes. Entre hallucinations et pertes de mémoire, cette période troublée restait floue dans la tête de l’anglais. Son rapatriement, sa prise en charge par les Médicomages, son hospitalisation, son retour auprès d’Elda, tout cela n’apparaissait que par bribes. Mark tentait de mettre derrière lui cette période sombre où il avait l’impression qu’on lui avait arraché des pans entiers de sa vie. Au rappel de ces événements, le visage de Mark s’assombrit.

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